Deux semaines avant l’ouverture de la pêche à la truite sur les rivières première catégorie, le collectif SOS Loue et rivières comtoises publie une video sur l’état des rivières de notre région. Pour que l’on oublie pas qu’il y a toujours des poissons malades. Cette fois-ci, le collectif publie également quelques images d’endroits préservés… C’est à la fin de la video. Une autre façon pour eux de dire que leur combat est encore utile à condition d’agir vite !
L’autre adresse que je vous recommande est la nouvelle page facebook du blog Hydrobioloblog tenu par Marie Mezière-Fortin. Une manière de se tenir informer des dernières publications de ce blog. Je vous recommande l’article du 18 février : c’est la troisième partie d’une publication intitulée « Restauration, renaturation, est-ce possible ? »
Un travail intéressant en particulier pour ceux qui s’intéressent au projet de restauration de la basse vallée de la Loue…
Tous les spécialistes de l’Apron devraient se retrouver ce mercredi à Quingey pour faire le point sur les actions entreprises pour sauver le Roi du Doubs, un petit poisson présent seulement dans le bassin du Rhône ( en Franche-Comté dans le Doubs et la Loue). Le plan national a été présenté voilà maintenant plus d’un an, maintenant il s’agit de faire le point sur les premières actions entreprises.
Ce plan doit permettre de mieux connaître l’Apron et ainsi de tenter de le sauver. Ce poisson protégé par la convention de Berne est en voie de disparition. Au cours de cette réunion, Marianne Georget, du conservatoire d’espaces naturels Rhône Alpes, fera le point sur la plainte déposée par plusieurs associations dont SOS Loue et rivières comtoises et Pronatura. Le conseil de l’Europe lui a précisé qu’un expert avait été sollicité pour venir enquêter en France et en Suisse fin mai. Il a fallu trouver un spécialiste qui ne soit ni Français ni Suisse…
Au cours de cette réunion, il sera par exemple question de l’étude génétique menée par l’Onema et la fédération de pêche du Doubs sur 45 kilomètres de la Loue entre Chenecey et Arc-et-Senans. Des prélèvements ont été effectués délicatement sur les nageoires des Aprons pour mieux connaître les populations. Ce qui est particulièrement intéressant est d’évaluer l’impact de la dizaine de barrages existants sur cette partie de la Loue. Ces obstacles empêchent le brassage génétique et par conséquent la survie de l’espèce. Dans les différentes actions pour la Loue, il est justement prévu de supprimer une partie de ces ouvrages. Cette étude devrait aussi permettre de voir si la passe à poissons de Quingey remplit son rôle. Nous vous présentions cette réalisation dans l’un des tout premiers articles du blog de la Loue, c’était en novembre 2010 !
Dans son communiqué, le collectif revient sur l’importance de la convention de Berne: elle est placée sous le contrôle du Conseil de l’Europe et c’est un des principaux outils de l’Europe en matière de protection de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats. Et si l’association précise que la France et la Suisse sont placées sous surveillance du Conseil de l’Europe , c’est parce qu’un expert va venir sur place pour voir si réellement les états suisses et français prennent des mesures pour protéger l’Apron, un petit poisson symbole de la richesse biologique des deux rivières.
Mais, (il y a toujours un mais..), la qualité de l’eau de la Loue et du Doubs est loin d’assurer un bon environnement pour l’Apron. Dans son communiqué, le collectif affirme que « la Loue comme le Doubs franco-suisse subissent au contraire une dégradation catastrophique de leur état écologique, et actuellement on en est qu’aux déclarations d’intention. Aucune mesure concrète n’a encore été prise alors que les mortalités massives ont débuté en 2010 et que les signes annonciateurs étaient patents depuis dix à quinze ans ».
Nous attendons donc avec beaucoup d’intérêt la venue de l’expert du conseil de l’Europe…
Et si 2013 allait être une année efficace pour la santé de la Loue ? Le préfet du Doubs vient de signer la semaine dernière l’arrêté officialisant la création de la Conférence départementale de la Loue et des rivières comtoises. Et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (via son Comité de bassin) « appelle à relancer une opération de lutte contre l’eutrophisation ».
En soi, il n’y a rien de neuf mais tout de même, maintenant, le Comité de bassin ( un des outils de l’Agence de l’eau) déclare qu’il « s’agit d’un impératif tant écologique qu’économique ». C’est intéressant parce que l’Agence de l’Eau est essentiellement un financeur. Cet organisme collecte des fonds et les redistribue pour aider, par exemple, les communes ou les agriculteurs à améliorer leurs installations et diminuer ainsi leur impact sur l’environnement. Encore faut-il que les nouvelles installations traitent l’azote et le phosphore qui sont responsables de l’eutrophisation de la Loue.
Le Comité de bassin reprend, dans son communiqué de presse, les conclusions déjà énoncées lors des Assises de la Loue : la lutte contre l’eutrophisation repose sur 3 piliers : améliorer l’assainissement des eaux usées et les techniques d’épandage, réinstaller un couvert forestier dense sur les berges de la Loue et supprimer des seuils et enfin faire un bilan sur la présence des micropolluants. Vous pouvez lire également l’étude du comité scientifique du comité de bassin.
Autre évolution, une volonté, semble-t-il, d’ouvrir le débat. Le comité de bassin demande de « faciliter l’accès de tous aux connaissances par la mise en place d’un portail internet exhaustif ». Autre initiative, le lancement d’une consultation publique sur l’avenir de l’eau et des milieux aquatiques. Vous, moi, tout le monde peut s’exprimer jusqu’au 30 avril 2013 sur les sites internet www.rhone-mediterrannee.eaufrance.fr et www.eaurmc.fr. Ses avis devraient « nourrir les travaux de préparation du futur schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE 2016-2021). Après , rien ne dit que nos avis seront réellement pris en compte…
Donc, si l’on regarde le verre à moitié plein, cette année 2013 commence sous de bons auspices. La Conférence départementale devrait se réunir début mars et le groupe de travail scientifique est entrain de se constituer. Et si l’on veut continuer à être optimiste, il va falloir ne pas se contenter de se réunir mais agir encore plus sur le terrain.
Vous aimez la Loue. Pour ses rives ombragées et ses truites taquines. Pour bien d’autres raisons aussi..
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