
Le Pôle Véhicule du futur sera-t-il sacrifié pour préserver la faune et la flore "exceptionnelles" de Malbouhans? (©f3fc)
Ceux-là ne s’apprécient guère, et c’est peu de le dire. Entre Yves Krattinger, le président socialiste du conseil général de Haute-Saône et les Verts, il y a trop de cadavres dans les placards. Il y a quelques mois, les écologistes attaquaient les travaux d’aménagement de la Planche des Belles Filles pour une arrivée controversée d’une étape du Tour de France. En vain. Mercredi, la justice a cette fois donné raison aux écolos, mais sur un tout autre terrain: celui de Lure-Malbouhans, l’ancien aérodrome militaire que le conseil général veut convertir en Pôle de compétitivité consacré aux véhicules du futur. Considérant « la richesse du milieu faunistique et floristique », le tribunal estime qu’il y a « erreur manifeste d’appréciation » et annule la délibération créant la zone d’aménagement concertée (ZAC).
Les petits oiseaux et les papillons ont donc gagné. Enfin pour l’instant. Car hier soir, dans un communiqué de presse, Yves Krattinger exprimait sa « vive surprise » face à cette décision « inattendue et incompréhensible, tant elle est en contradiction avec la position prise par le rapporteur public ». Pour le sénateur, président du syndicat mixte d’aménagement d’Aremis-Lure, le coup est dur, mais pas question de reculer: la réalisation du projet « pourra être conduite dans un contexte réglementaire plus traditionnel », assure Yves Krattinger. Comprendre sans Zone d’aménagement concertée.
Les écologistes, eux, saluent la « fin de partie » à Malbouhans. « Le conseil général de Haute-Saône s’entête depuis des années à mener un projet d’urbanisation matérialisé par une zone d’aménagement concerté (ZAC) sur l’ancien terrain militaire de Malbouhans, doté d’un patrimoine naturel exceptionnel » écrit le Haut-Saônois Philippe-Eric Châtelain, porte-parole régional d’EELV.
Pour l’association CPEPESC, à l’origine du recours devant la justice, « il n’est pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. » (voir le communiqué de la CPEPESC)
« On se marre »
Sur les réseaux sociaux comme ailleurs, les écolos jubilent. « On se marre », rigole Eva Pedrocchi, ancienne secrétaire régionale engagée sur le dossier de la Planche des Belles Filles. Le conseiller régional Eric Durand propose lui de créer « une réserve naturelle régionale » sur une partie du site militaire.
Yves Krattinger assure de son côté vouloir continuer « à travailler à l’avenir de notre département, sans renier les objectifs de ce projet, tout en liant développement et environnement ! »
Le défi désormais est bien de trouver comment implanter en Haute-Saône ce projet porteur d’emplois tout en préservant les richesses naturelles du département.

Extrait des comptes twitter d'Eva Pedrocchi et Eric Durand
Voici le communiqué d’EELV:
« FIN DE PARTIE A MALBOUHANS
Il est temps qu’une véritable réflexion visant à concilier biodiversité et développement économique soit initiée dans ce département de Haute Saône qui ne manque pas d’atouts pour tracer la voie de la conversion écologique de l’économie ; Europe Ecologie – Les Verts est prêt à y participer. »
Le Conseil général de Haute-Saône s‘entête depuis des années à mener un projet d’urbanisation matérialisé par une zone d’aménagement concerté (ZAC) sur l’ancien terrain militaire de Malbouhans (70) doté d’un patrimoine naturel exceptionnel.
Nous nous réjouissons de cette décision qui, nous l’espérons protègera définitivement les espèces menacées qui vivent sur le site de Malbouhans.
Pourtant, déjà en 2007 le tribunal administratif avait annulé les PLU (plans locaux d’urbanisme) des principales communes concernées, Malbouhans et La Neuvelle-lès-Lure, ce qui n’avait pas empêché le Président du Conseil Général de Haute-Saône de persister dans sa volonté d’aménagement.
De nouveau par jugement rendu le 12 décembre 2012, le juge a estimé que le projet d’urbanisation, relevait d’une erreur manifeste d’appréciation estimant que l’aménagement de ce site n’était pas compatible avec la préservation de son exceptionnel patrimoine naturel. »
Voici le communiqué d’Yves Krattinger:
A lire aussi: Planche des Belles Filles: et tout le monde est content ! François Hollande veut reporter cantonales et régionales à 2015 Yves Krattinger: « Les bases des impôts locaux sont injustes » Yves Krattinger: « Surveiller les lieux publics c’est nécessaire »Suite à l’annulation de la délibération de la Communauté de communes du Pays de Lure portant création
de la ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) AREMIS-Lure, le Président du SYMA tient à réagir :« J’exprime ma vive surprise quant à cette décision. Elle est inattendue et incompréhensible, tant elle est
en contradiction avec la position prise par le rapporteur public qui avait confirmé la régularité et la qualité
du travail réalisé pour ce projet et écarté les douze motifs mis en avant par la CPEPESC et la LPO
(audience du 15 novembre 2012).Ce travail collectif, accompli par le Conseil général, la Communauté de communes du Pays de Lure
(CCPL), la Chambre de Commerce et d’Industrie de Haute-Saône, en partenariat avec les associations
regroupées dans le cadre du Groupe Technique Environnement* et les communes concernées par le
projet, est un travail de qualité. Je tiens à les remercier particulièrement pour leur implication.La CCPL ayant préalablement révisé les documents d’urbanismes des cinq communes concernées,
ceux-ci étant compatibles avec le projet préparé et n’ayant pas été contestés devant la juridiction
administrative, sa réalisation, étape par étape, pourra être conduite dans un contexte réglementaire plus
traditionnel.Nous continuons à travailler à l’avenir de notre département, sans renier les objectifs de ce projet, tout
en liant développement et environnement ! »Yves Krattinger
Président du SYMA-AREMIS-Lure




Ca fait 6 ans que ça dure et qu’est des études environnementales approfondies sont menées, rendues publiques en parallèle du démarrage concret du projet ITS.
On se demande ce que veut la CPE… Et ses alliés politiques
Tuer complètement le projet ? En prétextant qu’il est possible d’élus trouver une place ailleurs dans la région du pôle véhicule du futur…
Faire en sorte que seuls, Belfort et Montbeliard puissent se développer au plan économique avec les grandes zones d’activités créées ou en cours, la bas ?
Affronter les politiques devant le juge administratif pour montrer leurs muscles dans l’attente des futures périodes électorales…
La sagesse, au regard de la réalité des enjeux environnementaux qu’il faut savoir et vouloir préserver serait d’encadrer mieux le projet dans ses zonages, ses secteurs et l’action d’accompagnement du développement de la biodiversité sur site et dans ses alentours immédiats. Mais, avec leurs compétences en la matière, le veulent ils vraiment ?
La Haute Saône doit elle retourner à ses patates, la bougie et être le désert vert franc comtois… that is the question
Ca fait 6 ans que ça dure et que des études environnementales approfondies sont menées, rendues publiques en parallèle du démarrage concret du projet ITS.
On se demande ce que veut la CPE… Et ses alliés politiques
Tuer complètement le projet ? En prétextant qu’il est possible de lui trouver une place ailleurs dans la région du pôle véhicule du futur…
Faire en sorte que seuls, Belfort et Montbeliard puissent se développer au plan économique avec les grandes zones d’activités créées ou en cours, la bas ? Sans impact écologique au fait ?
Affronter les politiques devant le juge administratif pour montrer leurs muscles dans l’attente des futures périodes électorales… ?
La sagesse, au regard de la réalité des enjeux environnementaux qu’il faut savoir et vouloir préserver serait d’encadrer mieux le projet dans ses zonages, ses secteurs et l’action d’accompagnement du développement de la biodiversité sur site et dans ses alentours immédiats. Mais, avec leurs compétences en la matière, le veulent ils vraiment ?
Avancer par étapes pour un projet qui ne doit pas se terminer avant 2030 ou 2040, c’est difficile à comprendre ?
La Haute Saône doit elle retourner à ses patates, son affouage, la bougie et être le désert vert franc comtois (sans oublier parfois sa risée) … that is the question !
Bonjour, L’écologie à tout va nous aurait laissés à la cueillette et un style de vie semblable à celui des « Amiche ». Cela se conçoit si l’on veut continuer à vivre en autarcie, chacun dans son coin. Malheureusement la civilisation a fait un choix depuis plusieurs millénaire : le progrès pour améliorer le confort de tous, (en théorie). La Communication a accéléré ce phénomène depuis le XVIIIème siècle. Parallèlement aux évolutions technologiques, une évolutions des prises de conscience écologiques s’est opéré pondérant la nocivité du progrès. Chacun veut maintenant « écraser » l’autre ce qui amène des situations ubuesques comme celle-ci : d’un côté un maillon important de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, la création d’emplois sur un bassin sinistré et de l’autre un milieu naturel à préserver « absolument ». Un principe d’aide à la décision devrait s’appliquer dans ce genre de situation : « entre 2 maux, choisir le moindre ». Connaissant les 2 versants de ce dossier, les 2 sont nécessaires. Plutôt que de vous taper dessus travaillez en concertation et la Nature et Lure seront gagnant. Le Pôle de Compétitivité « Véhicule du futur » risque de laisser tomber et partir ailleurs car il est urgent de valider les innovations pour des véhicules propres. Ce qui sauvera bien plus de papillons, de grenouilles et d’oiseaux. Et sauf erreur de ma part, les microcosmes particuliers devaient être préservés et/ou déplacés à proximité.
Bonne journée « propre » à Tous
Bruno G