13 juil

8000 emplois supprimés chez PSA: les élus réagissent

Un « choc profond pour l’ensemble du pays » pour la présidente de Région Marie-Guite Dufay; une « terrible nouvelle pour l’industrie française » pour le sénateur Claude Jeannerot; une « catastrophe et un coup très dur pour des milliers de familles » selon le député Jean-Michel Villaumé; « une véritable catastrophe économique et sociale nationale » pour l’écologiste Éric Alauzet. Les réactions politiques se multiplient suite à l’annonce de 8000 suppressions de postes chez PSA. En Franche-Comté, 621 emplois vont disparaître à Sochaux, Belchamp, Hérimoncourt et Vesoul (voir le détail). Tous les élus sont d’accord: il faut se battre pour maintenir l’industrie automobile à flot. Mais évidemment, selon qu’ils soient de droite ou de gauche, les avis divergent sur les solutions à apporter…

D’abord, un constat, établi par le sénateur et président du conseil général du Doubs Claude Jeannerot: « l’impact économique et social réel sera bien au delà de ces 8000 emplois », affirmait-il hier à la tribune de la Haute Assemblée. « Au total, ce sont 2 à 3 fois plus de licenciements indirects, touchant ainsi de plein fouet le tissu local des territoires concernés », estime sa collègue parlementaire Barbara Romagnan, députée PS de Besançon.

Marie-Guite Dufay et Jean-Michel Villaumé s’interrogent sur les choix de la direction du groupe automobile. « En réduisant encore les capacités de recherche et développement de l’entreprise, c’est sa capacité d’innovation qui se trouvera affaiblie. C’est un choix stratégique d’autant plus dommageable dans une période où le travail autour des nouvelles mobilités est fondamental », écrit la présidente de Région, qui a demandé un rendez-vous avec le PDG de PSA et attend toujours une réponse de Philippe Varin. « Il est indispensable que l’Etat regarde de près comment cette stratégie a été menée », renchérit le député de Haute-Saône. « La stratégie industrielle du groupe et sa gestion doivent impérativement être revues », poursuit Barbara Romagnan.

Claude Jeannerot juge que ce n’est même plus la question: « Il n’est plus temps, bien sûr, d’épiloguer sur la stratégie de PSA, ou plutôt sur l’absence de stratégie du précedent gouvernement, nous devons faire face ensemble à la situation. »

L’UMP Marie-Noëlle Biguinet, conseillère municipale et générale de Montbéliard, propose de suivre l’exemple de l’Allemagne, qui a « fortement baissé les charges de ces entreprises, aujourd’hui plus compétitives que les nôtres. La TVA anti-délocalisation de Nicolas Sarkozy ou la CSG de François Hollande peuvent résoudre ce problème ».

Les élus socialistes comptent eux beaucoup sur le plan national de soutien à l’automobile que présentera le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 25 juillet. Ce plan devra « apporter des réponses, tant sur les questions sociales que sur le maintien d’une industrie automobile forte », pour Marie-Guite Dufay, qui souhaite une « vraie politique industrielle contruite de manière conjointe entre les grands groupes, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics ».

« Cela suppose d’investir dans les véhicules, les motorisations, les matériaux innovants, de mettre en place des partenariats durables entre constructeurs, équipementiers et fournisseurs de la sous-traitance », détaille Jean-Michel Villaumé. Le député EELV bisontin Éric Alauzet propose lui aussi ses solutions: « Il est indispensable d’évoluer vers un produit du 21e siècle : lutter contre l’obsolescence programmée pour des véhicules plus robustes et solides, des véhicules sobres, de petite taille (la voiture de 600 kg), à encombrement minimal (réduction des embouteillages et des difficultés de stationnement), à coût d’achat et d’usage moins élevé. »
« Avec le gouvernement, nous mettrons tout en œuvre pour soutenir l’emploi sur nos territoires et lutter contre la désindustrialisation de notre pays« , assure pour sa part Claude Jeannerot.

Reste que la décision du groupe automobile est prise, et semble inéluctable. PSA « doit trouver une solution d’emploi pour chaque salarié » prévient le député-maire d’Héricourt. Marie-Guite Dufay craint que ce ne soit qu’un début, et que l’alliance entre PSA et General Motors présage d’autres mauvaises nouvelles. « Là encore le travail se fait dans l’ombre et les décisions prises en matière de stratégie d’achat par exemple impacteront fortement la sous-traitance: ce n’est pas anodin dans une région telle que la Franche-Comté ».

Pour ne pas hypothéquer un peu plus l’avenir de la filière automobile, Marie-Noelle Biguinet décrète la mobilisation générale: « Peugeot et l’Etat ont une grande responsabilité certes, mais chacun d’entre nous en a aussi sa part, lors de l’achat d’une nouvelle voiture. Si vous le pouvez, c’est le choix de Peugeot (ou Citroën) qu’il faut faire, vous participerez ainsi au dynamisme du Pays de Montbéliard. »
Quand la marge de manœuvre politique est aussi étroite, il n’est pas inutile, parfois, de rappeler les responsabilités de chaque citoyen.

  • http://jeanpierre.becker.free.fr/ <span class="author">jpb</span>

    J’ai déjà une voiture PSA, et ne compte pas en acheter une seconde. Quand un marché est saturé, il est inévitable de réduire la production.