Lever de rideau. Elisabeth Pouchelon ouvre sa permanence électorale. Le métal grince. Les dents aussi. Une fois installé dans deux fauteuils clubs, entre une affiche de la candidate et une photo de Nicolas Sarkozy, Elisabeth Pouchelon lance : « je suis un peu amère. On ne méritait pas cette défaite ». La conseillère régionale UMP estime que Nicolas Sarkozy a fait « une excellente campagne ». Les polémiques, les embardées vers les thèmes brulants de l’immigration ou de la frontière. Aucun regret. Le président sortant n’avait pas le choix. « Il a fait ce qu’il fallait faire. La France est, en Europe, un des derniers bastions de l’extrême gauche. Il était dans l’obligation de cliver ». La victoire de François Hollande « affecte » Elisabeth Pouchelon. Elle est « très triste pour le pays ». Le socialiste doit son succès « à un lynchage médiatique et de la Gauche ». Un succès du à un lynchage. Mais aussi à un « lâchage ». L’UMP « n’a pas été suffisamment unie derrière Sarko. Particulièrement pendant les primaires PS ou (la Droite) a laissé une fenêtre médiatique » aux socialistes. Pour Elisabeth Pouchelon, sans le tremplin des primaires, François Hollande n’aurait jamais décollé. Malgré ce « mea culpa », Elisabeth Pouchelon ne règle pas les comptes. L’heure est au bilan. Pas aux purges ou aux manœuvres d’appareil. Elle reconnait que l’UMP « s’est tirée une balle dans le pied ». Mais, pour le moment, elle sonne la mobilisation générale. Elle « n’a pas le temps de penser à une recomposition ». La candidate aux législatives est concentrée sur…les législatives. Elle sait que sa circonscription est difficile. « Sociologiquement pas très favorable ». Le mot est faible. Dans une Midi-Pyrénées de Gauche, la 9eme de Haute-Garonne est un territoire rose vif. Le principal adversaire d’Elisabeth Pouchelon connait cette géopolitique. Grand maitre des cartes électorales, le PS Christophe Borgel sait qu’il a, sous les pieds, un tapi de velours. Cette certitude explique, d’ailleurs, son « parachutage ». Un parachutage durement critiqué par Elisabeth Pouchelon. Christophe Borgel « est la caricature de tout ce qu’ (elle) déteste en politique ». « Un professionnel de la politique » et qui fait le choix de la facilité. De son côté, elle se « présente sur la circonscription dans laquelle elle vit ». « Femme et conseillère régionale », elle aurait pu « demander une autre investiture. Sur un terrain plus facile ».Elle est, tout de même confiante. « Le PS 31 est à bout de souffle. Il a des leaders usés ». « La Haute- Garonne est considérée comme un territoire imperdable. Cela aiguise les ambitions et les guerres de succession ». Les différentes dissidences à Gauche sont, d’après elle, les fruits amers de cette situation. La candidate UMP estime que les socialistes s’épuisent dans des luttes intestines. Des batailles de couloir. En revanche, ils ne sont pas à la hauteur de leurs mandats. « Le bilan des députés du département est, en cinq ans, très maigre ». « Il se limite à une ligne : l’antisarkozysme ». C’est tout. Pas d’élan. Pas de projet. Ainsi, par exemple, « le dossier de la LGV n’a pas été porté par les députés haut-garonnais ». En revanche, en cas d’élection, Elisabeth Pouchelon, souhaite promouvoir « le projet de la LGV et celui de université de Toulouse ».
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Retour à Toulouse. Le sénateur Mirassou revient du Sénat. Ce proche de François Hollande est sur un nuage rose. Son ami de 20 ans est le nouveau président de la République. Sous les ors du Palais du Luxembourg l’Alternance est arrivée. Avec ses collègues, le sénateur haut-garonnais a beaucoup parlé du nouveau gouvernement. « Tout le monde a en tête » ce sujet. « Il y a beaucoup de suppositions. Elles ne sont pas fondées sur les confidences de François Hollande. Il est le seul à savoir ». Jean-Jacques Mirassou n’est « pas certain qu’il ait déjà en tête le nom du futur premier ministre ». Mais, d’après lui, une chose est certaine. « La décision sera prise au trébuchet ». S’agissant des « candidats » midi-pyrénéens, Jean-Jacques Mirassou n’a pas de pronostic. Il est sur d’une seule chose : « Il n’y aura pas de place pour tout le monde. Il n’est même pas évident que la Région ait un ministre ».
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Le vent balaie la place Dupuy. Heureusement. Il atténue la chaleur qui règne sur Toulouse. A la terrasse d’un bistrot, François Simon est au rendez vous. Après un café, la conversation débute par un regard en arrière. Sur la présidentielle. L’élu régional éprouve « un grand soulagement ». « La France était en train de se détruire ». La victoire de François Hollande enraye ce mouvement. Rapidement, le candidat aux législatives aborde la prochaine échéance électorale. « Il faut maintenant une majorité parlementaire à François Hollande ». Cette entreprise se heurte à une candidature dissidente. La veille, le mercredi 9 mai, le maire PS de Balma – Alain Fillola – est entré dans la course. François Simon est catégorique. « Alain Fillola va être exclu du parti socialiste. Mardi prochain ». « En interne, on lui a rappelé que l’intitulé « majorité présidentielle » est réservé aux candidats investis par le PS ». Le cas Fillola a été évoqué à Paris. Des coups de téléphone ont été passés pour demander au dissident de rentrer dans le rang. Il refuse. Un sondage – vrai ou faux ? – circule. Il le donne vainqueur face à Jean-Luc Moudenc. Alain Fillola croit en ses chances. Il a déjà en tête le nom de sa suppléante. Visiblement, elle viendrait des rangs du PRG. Une victoire laverait son entêtement. Elle lui permettrait de retrouver ses futurs ex camarades. François Simon ne croit pas à ce scénario. « Tout cela pour mettre un candidat de gauche à la place d’un candidat de gauche. C’est absurde ». « Ce qui ont voté à 50% pour Nicolas Sarkozy à Balma ne vont pas, d’un seul coup, préférer Alain Fillola à Jean-Luc Moudenc ».Le seul résultat est « de fragiliser la Gauche ». « Le risque est de remettre en scelle l’UMP ». Malgré le – mauvais – caillou Fillola dans sa chaussure, François Simon continue sa route. Son « seul combat est de battre le candidat UMP ». Dans les prochains jours, il va « organiser des distributions de tracts avec des militants Europe Ecologie et socialistes ». Il a « rencontré 4 sections du PS ». Il va continuer sa tournée. « La quasi-totalité des secrétaires de section (du PS 31) (le) soutient. Par légitimité à leurs partis ». Il va les associer pleinement à la préparation des législatives. Pendant les présidentielles, il a « fait campagne avec la double casquette « PS » et « Europe Ecologie » ». Il va continuer. Mais, cette fois, c’est pour conquérir un siège de député. Un siège très convoité.
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Fin du meeting. Alain Juppé et François Fillon rejoignent leurs voitures. Les militants sortent de la salle. Dans la foule, le députe du Tarn, Bernard Carayon A l’ abri de la pluie, sous un préau, il livre ses impressions. Son humeur est moins maussade que les sondages. Pour lui, « le jeu est ouvert. Les sondages montrent la volatilité de l’électorat ». Dans le droit fil de la stratégie de l’Elysée, le parlementaire tarnais estime que le 2nd tour sera une autre élection. « L’entre deux tours ne sera plus pollué » par la multitude de « petits » candidats. « Pendant 15 jours, il y aura un rapport frontal ». Ce sera « un moment de vérité ». Concernant les résultats du 1er tour, Bernard Carayon s’éloigne de la ligne « sarkozyste ». Le sortant veut sortir en tête. Devant François Hollande et ainsi enclencher une dynamique. Le député du Tarn pense, quant à lui, que les chiffres du 1er tour sont « symboliques, psychologiques ».
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Sacha Briand. Grande Halle de l'Union
Haute-Garonne. Grande Halle de l’Union. Premier et dernier grand meeting UMP dans la Région. François Fillon, Alain Juppé, François Baroin sont à l’affiche. Sacha Briand – Conseiller Régional et candidat aux législatives – est, évidemment, présent. A coté des portiques de sécurité, au fond de la salle, il évoque la présidentielle. Quatre jours avant le premier tour, il jette un dernier regard sur la campagne. Dans son esprit, « c’est la première fois, qu’il n’y a pas (dans une présidentielle) de thème central. Mais une opposition de personnalité ». Pour lui, les indications des sondages ne sont pas des pronostics. « Les choses ne sont pas faites ». Il est même optimiste. « La mobilisation de la Droite et du Centre est acquise ». Aujourd’hui même, il a « reçu 10 procurations ».
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Jean-Michel Baylet lors de la visite de François Hollande dans une entreprise albigeoise
Imperméable et mains dans les poches. Jean-Michel Baylet accompagne François Hollande. Avec Martin Malvy et Jean-Pierre Bel, il affronte les courants d’airs d’un atelier de montage. François Hollande est entre les « mâchoires » d’une meute de journalistes. Pendant ce temps, Jean-Michel Baylet discute avec des salariés et les autres personnalités. Dans un coin de hangar, il livre sa vision de la présidentielle. Il « sent bien la campagne ». Les commentateurs parlent d’une campagne molle. Jean-Michel Baylet n’est pas d’accord. « C’est la première campagne ou l’audiovisuel, avec les primaires, à oxygéner les débats ». « Cette démocratie oxygénée, c’est nouveau ». Jean-Michel Baylet salue « le retour des orateurs ». « Ils sont de nouveau à la mode ». Avant les discours étaient techno. « On retrouve le souffle des préaux d’école ».
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Martin Malvy dans les rues d'Albi
Première étape du déplacement. Avant les rues d’Albi et la place Jean Jaurès de Carmaux, une entreprise. Devant le bâtiment, à coté des drapeaux français et européen, celui de la Région Midi-Pyrénées. Ce n’est pas innocent. Le directeur de l’usine sait que Martin Malvy accompagne François Hollande. Le président de la Région entre dans les locaux et entame la visite des lieux. Il monte, avec François Hollande, dans un tramway « made in Tarn » et déambule au milieu des employés. Le présidentiable du PS fait une conférence de presse. Martin Malvy prend l’air devant un hangar. Entre deux coups de vent, dans une ambiance hivernale, il évoque la présidentielle. Pour lui, la météo de la participation va être bonne. Il « ne croit pas à un désintérêt » des français. Dans ses nombreux déplacements, il « ne rencontre pas de gens disant qu’ils ne vont pas voter ». Sur le fond, Martin Malvy trouve que « François Hollande a gagné en crédibilité ». En revanche, « tous les jours », Nicolas Sarkozy «fait un pas vers ce qu’il n’a pas fait ».
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Gérard Poujade dans son bureau à la mairie
Deux kilomètres et une heure trente. C’est la distance et le temps qui séparent le bureau de Gérard Poujade de l’arrivée, sur l’aérodrome du Séquestre, de l’avion de François Hollande. Avant une après midi marathon, le 1er fédéral du Tarn se souvient. Pendant un moment, sa relation avec François Hollande a été celle d’un militant avec le patron du PS. « Dans les fêtes de la Rose, dans des patelins de 200 à 300 habitants », ils se sont croisés. Puis, Gérard Poujade a pris « la parole lors d’une réunion à Brive. C’était sur l’urbanisme ». Son discours a plu à des proches de Hollande. « Ils ont envoyé un sms : il faut que tu rencontres un tarnais ». Le soir, ils ont diné ensemble. Ce repas les a rapproché. Après les souvenirs, l’actualité du moment. Au menu, évidemment, le premier tour de la présidentielle. Gérard Poujade est confiant. D’après lui, la Gauche « semble uni dans la participation. Dix ans après 2002, le vote utile est toujours là ». Pour l’élu tarnais – candidat aux législatives – la mobilisation devrait être bonne. Pas de mauvaise surprise à attendre de ce côté. En revanche, il a « l’impression que Le Pen est plus haut » que dans les sondages.
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Après l’hémicycle, un meeting. Christian Picquet arrive de l’Hôtel de Région. Sa présence place du Capitole est, pour lui, « un grand bonheur ». « Un bonheur aussi grand que d’être place de la Bastille ». Carmaux et sa place Jean Jaurès aurait été plus fort symboliquement. Mais il fallait « un lieu central, vaste ». « Quand le symbole « place au peuple » a été lancé (il) n’imaginai(t) par un tel succès ». Un succès qui dépasse les rangs du Front de Gauche. Dans les couloirs du Conseil Régional, il a croisé « de nombreux élus socialistes qui veulent venir ». Un succès qui, par ailleurs, inquiète l’allié PS. Christian Picquet se veut rassurant. « Voter Hollande est un moindre mal. On veut, par-dessus tout, se débarrasser de Sarkozy. Dans cette campagne, il y a seulement deux adversaires : Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ».
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Myriam martin, place du Capitole à Toulouse
Myriam Martin fait un double parcours. En rejoignant, à la sortie de son travail, la place du Capitole elle parcourt des kilomètres. Les kilomètres séparant le Cap’ du lycée professionnel dans lequel elle enseigne. Bien sur. Mais, surtout, elle franchit une frontière. Une frontière politique. Elle s’est éloignée du NPA pour rejoindre le Front de Gauche. D’ailleurs, notre entretien se déroule sous le portrait géant de Jean-Luc Mélenchon. Pour elle, son nouveau passeport n’est pas inconditionnel. « Je vais venir avec mes idées. Même si ça fait c… ». Dans son esprit, le Front de Gauche est un rassemblement. Et un rassemblement suppose des apports différents. Parfois des divergences. En attendant, dans quelques minutes, elle va monter à la tribune. « C’est impressionnant ». Elle a « le tract ». « Quelques semaines plutôt, (elle) n’imaginai(t) pas être devant le public du FG ».
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