Plantation d’une oseraie

1) Coupez un brin de l’année dernière, ici il s’agit du jaune de Falaise. L’osier est à la fois décoratif et utile pour fabriquer des liens

2) Plantez le de 20 cm directement en pleine terre

3) Coupez au ras du sol

4) Tassez de façon que la terre épouse bien la tige et garde l’humidité
L’osier est à la fois décoratif et utile pour fabriquer des liens



Fiche :
OSIER
Salix Fragilis
Nom commun : saule des vanniers, osier jaune de Falaise
Famille : Salicacées
Origine : Europe
Type : Arbre ou arbuste
Floraison : début du printemps après deuxième année
Fleur : chaton mâles jaunes
Hauteur : pousse de l’année de 80 cm à 2 .50 voir plus
Exposition : soleil ou mi-ombre
Sol : humide et frais
Utilisation : ici palissade vivante
Plantation : printemps mars-avril mai
Multiplication : bouture
Culture et entretien
Une palissade en osier vivant est un alignement de boutures de saules ‘salix’ plantées cote à cote pour former une étroite clôture décorative qui isole du voisin, du bruit et du vent et peut servir aussi de support pour plantes grimpantes.
L’osier pousse dans une terre humide argileuse ou tourbeuse. Sur sol calcaire ou sableux installez pendant deux ans un tuyau poreux. L’époque de plantation commence en février et pourra se poursuivre jusqu’en mai si le terrain est très humide.
Réalisation geste par geste de la palissade

Comptez une trentaine de brins pour une palissade d’un mètre de long sur un mètre de haut et prévoyez une heure de travail.
- Après avoir déballer la botte d’osier, triez 8 beaux brins. Ce sont les plus gros et plus long. Ils serviront aux 2 extrémités de la palissade. Puis coupez net et en biseau les brins. Si vous n’êtes pas prêt à planter les osiers, plongez la botte dans un bac d’eau ou dans le bassin. S’il gèle abritez l’osier dans une cave.
- Plantez deux fois trois brins d’osier au fond de chaque trou puis tassez bien la terre avec le talon de la chaussure. Vous aurez auparavant à l’aide d’une barre à mine effectuer des trous tous les 20 cm et sur 30 cm de profondeur. Vous pouvez aussi utiliser un morceau de bois taillé en pointe que vous enfoncez au marteau.
- Mettez au début et à la fin de la palissade les plus gros brins d’osier (4 d’un coté et 4 de l’autre). Il est important d’enfoncer à fond les brins d’osier pour qu’ils puisent l’humidité à 30 cm de profondeur. Puis comme pour les autres brins resserrer la terre autour des brins. Le saule est fragile ne l’écorcez pas !
- Mettez un doigt entre chaque brin et tournez les 4 brins d’osier sur eux-même de façon à réaliser une torsade. Cette opération est assez délicate car elle est parfois douloureuse pour les doigts. Si cette méthode vous semble trop difficile glissez 3 morceaux de bois que vous tournez délicatement sans plumer l’écorce.
- Croisez trois brins d’un côté et trois brins de l’autre. Ligaturez la première rangée à 20 cm du sol avec un brin d’osier (une chute) de façon à obtenir la base du premier croisillon. Prenez bien votre temps pour entrecroiser en losange calculez et crayonnez sur papier un patron les passages à l’endroit et à l’envers. Puis montez au fur à mesure la palissade pour obtenir des losanges réguliers.
- Servez–vous d’une pige pour arrêter la palissade à 1 mètre de hauteur. On peut aussi réaliser des hauteurs supérieures à 2 mètres. Normalement vous devriez trouver des brins de trois mètres chez votre osiériculteurs. Attention ce genre d’article est souvent indisponible au début du printemps. Passez commande.
- Une fois les croisillons de la palissade terminés, il reste des brins qui dépassent. Même si l’osier se plie facilement, vous ne devez pas le contrarier. Il faut le ménager si vous voulez profiter de la main courante. Suivez toujours le sens des brins, la moindre fracture provoque le dessèchement des tiges.
- Avec un sécateur coupez les petits bouts qui dépassent pour soigner votre future palissade vivante et donner de l’ordre à la main courante. Ne jetez rien ! Utilisez ces petits morceaux pour réaliser une petite oseraie au fond du jardin. Elle aussi très décorative, servira plus tard de liens pour attacher une branche d’un rosier ou lier un pied de chicorée scarole pour le blanchir. Rien ne se perd !

Réalisation et soins après la plantation
La reprise est définitive au bout de deux ans même si la palissade démarre au printemps, le saule ne doit jamais manquer d’eau. Arrachez l’herbe à la main au pied et évitez la binette et les herbicides.
Mon astuce : prévoyez un tuyau percé (les trous dirigés vers le sol) ou un tuyau poreux commandé par un programmateur.
Les meilleures variétés d’osier.
Salix alba vitellina (écorce jaune) ; Salix tiandra, dit « Noir des Villaines » (écorce brune) ; Salix viminalis (écorce verte) ; Salix purpurea (écorce pourpre) ; Salix fragilis (écorce rouge) appelé aussi rouge de Falaise et Rouge belge.

Ou les voir pousser en Champagne-Ardenne ?
Dans la Vallée de l’Aisne et de la Bar et notamment à Boult-Aux-Bois, Germont, Falaise ( Ardennes) Nanteuil la Forêt et Sept Saulx (Marne), Fayl-Billot Bussières-les-Belmont (Haute Marne), Buchères (Aube)
HISTOIRE D’OSIER LA VANNERIE
En Champagne-Ardenne, Fayl-Billot est situé dans le sud est du département de la Haute Marne, au Pays d’Eau et d’Osier. C’est au XVème ou XVIème siècle qu’un moine de retour d’un voyage en orient commença à enseigner les techniques de tressage aux moines de la région. Ceux ci commercialisèrent leurs productions et enseignèrent à leur tour ces techniques. Au milieu du XVIIIème siècle, les premières oseraies furent plantées pour exploiter rationnellement l’osier qui poussait le long des cours d’eau jusqu’alors. D’une activité de complément l’hiver pour une population quasi exclusivement agricole, la vannerie profita de l’explosion des moyens de transports du milieu du XIXème siècle pour devenir une activité principale.
Au début 1900, il y avait plus de 1 000 vanniers et leurs familles qui vécurent de la vannerie dans la région de Fayl-Billot Quelques année plus tard en 1905 l’école nationale de vannerie ouvre ses portes. Elle sera et est toujours la seule école en France et une des trois en Europe. La vannerie d’osier servait de contenant pour toutes les situations, poissonnerie, fleuristerie, épicerie, agriculture etc. Les pompiers aussi utilisaient même des seaux en osier.
Au XXème siècle l’arrivée du bois, du fer, puis des plastiques marquèrent le déclin de la filière. Enfin l’ouverture des frontières à l’importation de produits essentiellement asiatiques au milieu des années 60 scella le sort de beaucoup d’osiériculteurs-vanniers qui abandonnèrent la profession pour rejoindre les villes et le monde industriel. Dans le berceau de la vannerie française, il y a moins de 10 ans, quelques vanniers décidèrent de prendre en main leurs destins. Ils souffraient que leur région soit passée de plus de 1 000 vanniers au début du XX ème siècle à une petite quarantaine au milieu des années 90. Ils firent évoluer leur A.P.V. ( Association de Promotion de la Vannerie ) en Comité de Développement et de Promotion de la Vannerie.
OSIER LA VANNERIE EN CHAMPAGNE
Extrais du bulletin n° 19 de la Société d’Etude des Sciences, des Arts et d’Histoire d’Epernay 1980 La vannerie est étroitement liée à la culture de la vigne, à la fabrication et la commercialisation du vin de Champagne. Les articles de vannerie d’abord très primitifs, évoluèrent dans leurs formes et leurs conceptions avec les modes de cultures de la vigne et surtout avec les techniques de fabrication du vin de Champagne et la commercialisation. Au 17ème siècle, les hottes et les paniers à bras à vendanger étaient utilisés par les vignerons. Dom Pérignon préconisait l’emploi de « panier mannequin » plus souple que le tonneau à vendanger pour le transport des raisins de la vigne au pressoir. Et au 19ème siècle la Montagne de Reims fut la dernière à adopter le panier mannequin en osier.
Les paniers d’emballage pour l’expédition des bouteilles datent de 1650 ; ils serviront jusqu’en 1925. La manipulation des bouteilles en caves et celliers nécessite des paniers dits « Six Cases » Le bouchage par le liège amena la fabrication de corbeilles à bouchons.
C’est ainsi qu’à partir de la moitié du 18ème siècle, les Maisons de Champagne durent s’équiper de « Paniers Mannequins », de « Corbeilles à Bouchons », de « Clayons à Bouteilles », de paniers « Six Cases », de paniers d’emballage pour les expéditions.
A partir de 1830 les industries liées à la production du champagne se développèrent et la vannerie prit un essor considérable, période de création des grands vignobles et d’ouverture de nombreuses maisons de champagne.
Les vanniers dans la Marne Avant le 19ème siècle les vanniers étaient établis au bord de la Marne, d’Ay à Condé-sur-Marne, en passant par Oiry, Plivot, Athis, Jalons-les-Vignes et Aulnay-sur-Marne.
En 1787 les « Paneries » de Vitry le François et d’Ablancourt étaient très réputées et très prospères ainsi que celles de Cheppes, de Saint-Germain-la-Ville et de Moncetz. Ces « Paneries » travaillaient pour le vignoble et le « négoce champenois ». Elles disparurent dans le courant du 19ème siècle. Dans le premier quart du 19ème siècle en comptait 50 à 80 vanniers à Matougues et Jalons-les-Vignes qui confectionnaient des « Hottes » et « Caques » (panier mannequin à vendanges de 60kg) ainsi que d’autres paniers, et qui donnaient lieu à un actif commerce à Epernay, Reims, Ay et au-delà des limites du département avec Paris, Bar-sur-Aube et la basse Champagne. Dans le milieu du 197me siècle, Condé-sur-Marne devint un centre vannier important qui comprenait les villages de Matougues, Jalons les vignes, Recy, Aulnay-sur-Marne et Athis.
Dans la seconde moitié du 19ème siècle, les vanniers se dispersèrent petit à petit et s’installèrent dans le pays vignoble, Le Mesnil-sur-Oger avait une fabrique comprenant 9 ouvriers, Vertus comptait 4 vanniers en 1883, Avize on en dénombrait 8 à 10, à Chouilly une fabrique occupait 30 à 40 ouvriers, Oiry avait aussi une fabrique de 25 ouvriers, de même à Pogny. Ay et Condé-sur-Marne furent à cette époque les deux centres les plus réputés. Deux fabriques d’une dizaine d’ouvriers existaient à Ay.
A Reims, deux fabriques de 25 à 30 ouvriers étaient spécialisées dans la production de paniers « mannequins » des paniers « Six Cases » et des hottes à terre. Les d’emballage utilisés dans cette région provenaient des Vouziers (Ardennes). A Epernay, chaque atelier comptait 8 à 10 ouvriers qui fabriquaient des paniers »Mannequins », des paniers « Six Cases », des corbeilles à bouchons, des clayettes à raisins.
Dans la vallées de la Marne à Troissy, on dénombrait 5 vanniers. Toutes les maisons de champagne possédaient leur atelier de vannerie. Vers 1900, les principaux centres étaient : Ay, Condé-sur-Marne, Esternay et Sézanne (63 artisans vanniers à Esternay). Après 1918 Epernay devint le centre de fabrication des vanneries champenoises et connu une grande prospérité jusqu’en 1930 (près de 500 vanniers). La Marne était donc autrefois un département vannier important, mais les besoins des vignerons et Maisons de Champagne étaient tels que l’on devait faire appel aux régions vannières voisines. La région de Vouziers fournissait des paniers d’emballage par exemple. Les hotte d’osier fabriquées dans la Marne servaient pour remonter la terre dans les vignes et transporter les fumures, les outils, les victuailles quand ils allaient travailler dans les vignes.
Les hotte du vignoble ardennais et argonnais provenaient de Ballay, Toges, des Alleux et dans la région de Vouziers. La grande crise économique des années 30 provoqua la fermeture de presque tous les ateliers de vannerie d’Epernay. Puis la modernisation très rapide des techniques de travail de la vigne et de la fabrication du vin, l’introduction massive des matières plastiques dans le domaine de la manipulation et de l’emballage, fermèrent les vanneries champenoises.
L’osier dans la Marne Du 17ème au 19ème siècles, l’osier provenait des bords de la Marne et des Tarnauds. On en trouvait dans les vallées du Cubry, de la Vesle, du Petit et du Grand Morin, de la Suippes, la Saude, de la Seine sur les bords des marais de Saint-Gond, dans la région d’Esternay, dans le Val d’Or ou la vallée de la Livre à Avenay et dans la région de Sainte-Ménehould et Moiremond, Vésigneul sur Marne, Recy, Matougues. On en trouvait partout dans les régions marécageuses (Mourmelon, Livry Louvercy, Courtisols et enfin dans le Tardenois. Au 20ème siècle les osiers employés en vannerie provenaient des Ardennes, de l’Aisne pour les osiers bruts, de la Haute Marne pour les osiers blancs (écorcés ou décortiqués).
L’osier se vendait à la « Poignée » (petite botte), il servait de « Liars »pour botteler les sarments et à l’état fendu pour tortiller les cercles de tonneaux. Au 19ème siècle, le département de la Marne possédait 289 hectares d’osier qui furent délaissés et abandonnés vers la fin du siècle et peu de temps avant la guerre de 1914.
Où les trouver ?
- Gilles Durmois, Vannier-osiériculteur 08240 Boult-aux-Bois
Tél. 03 24 30 05 48
- Laurent Bouché, Osiériculteur 08240 Germont
Tél. 03 24 30 05 81
- Gery Lasserre Vannier-osiériculteur 51170 Serzy Eprin
Tél. 03 26 97 49 09
Une adresse pour plus de renseignements :
L’école d’Osiériculture et de Vannerie à Fayl-Billot, Haute Marne.
Tel 03.25.88.63.02
Remerciement Brigitte Batonnet Documentaliste au CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne)
© Hubert le Jardinier
© Photos- Grégory Fontaine
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