Archives de catégorie : Coulisses

Dans les coulisses de la rédaction… Anecdotes et photos de tournage !

Tournage aux Bahamas : coulisses 7/7

Ultime épisode des aventures de Ramon aux Bahamas : « Comme un vol de flamants ».

Le lendemain, Henri est là sur le Tarmac de l’aéroport d’Inagua. Trois mois après notre premier passage, il nous annonce pour la seconde fois que les sites de reproduction des flamants sont toujours inaccessibles. Trop d’eau. Aucune ponte n’a été observée. Pour nous, c’est la douche froide.
Seule un peu de chance pourrait nous tirer de ce mauvais pas…

Nous commençons par « planquer » au bord des salines, là où Henri a observé des vols de flamants ces derniers jours.
Vers 11 heures, ce jeudi 31 mars un vol impressionnant se pose, s’attarde, grossit. Nous avons équipé la caméra de son énorme objectif, et les flamants se rapprochent, comme par miracle. Des centaines d’individus,  des têtes, des pattes, des cous. Il suffit d’élargir pour découper le groupe. Nous allons rester des heures  à l’abri de la mangrove. Enregistrer des dizaines de superbes plans… Et puis ce sera le décollage filmé en gros plan.
Pour comprendre cette situation atypique, j’ai donné rendez vous sur l’ile à une scientifique américaine, Nancy Clum. Elle travaille au Zoo de New York, et se veut l’une des grandes prêtresses dans la défense de la vie sauvage au travers de son association , la WCS (Wildlife Conservation Society).

Elle a accepté de nous rejoindre pour quelques jours. Elle a beau connaître Henri depuis des années, leurs rapports sont plutôt distants. Nancy est très professionnelle et Henri un peu timide, mais le sujet avance. L’histoire se construit au jour le jour.
Elle nous explique, sans conviction que les flamants auraient sacrifié une année de reproduction sur Inagua, faute de trouver les conditions idéales. Nancy s’interroge en direct, avoue ses incompréhensions.
Seul manque à l’appel Glenn Bannister, le Directeur de la Morton. Peut-être se souvient-il encore de notre insistance à interroger l’ambassadeur de Chine.
Glenn Bannister se cabre. Pas question de revenir filmer ses installations. Pas question de suivre Ray, l’un des employés que nous avons filmé à plusieurs reprises dans ses activités quotidiennes. Pas question de nous aider à comprendre les liens étroits qui unissent la Morton et le millier d’habitants. Nous n’aurons d’autre choix que de filmer la récolte de sel – qui reprend après plusieurs mois d’arrêt – que de loin, depuis la route. Notre super téléobjectif nous aidera à y voir de plus près.


Restaient ces hélicoptères qui tout au long du tournage nous ont survolé, le matin vers 9h et le soir vers 16h, tous les jours. Deux hélicoptères des Gardes Côtes US basés sur Inagua. Nous avons rêvé d’une séquence pour expliquer leur manège, pour montrer où ils allaient, pour survoler l’île et ses recoins inaccessibles. Les mails échangés avec le quartier Général des Gardes Côtes Américains n’y ont rien fait. Leur mission se veut discrète. Inagua est à 15 minutes d’hélicoptère de Guantanamo, à 15 minutes de Cuba. Enjeux stratégiques et secrets défense.


EPILOGUE
Au montage final, pas de Carnaval, pas d’Ambassadeur de Chine, mais des histoires qui montrent les Bahamas sous un jour différent, loin des plages de sable blanc et des bateaux de croisière.
La réalité est toujours plus forte que nous . Nous sommes souvent amenés à composer avec les conditions climatiques ou les événements.
Aux Bahamas, il aura fallu jongler avec des imprévus plus nombreux qu’à l’ordinaire, mais à l’écran vous retrouverez la même histoire, côté scène. La coulisse c’est la petite pointe de sel qui pimente notre métier.

Nassau-Blason

Blason des Bahamas avec le flamant pour emblème

Ramon Gutierrez

NDLR : le reportage sur les flamants tourné sur l’île d’Inagua sera diffusé prochainement dans Thalassa.

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Tournage aux Bahamas : coulisses 6/7

Ramon aux Bahamas, la suite des aventures : « La dame de l’île ».


Le 22 mars nous repartons pour Nassau. Cette fois plus question de subir les douanes américaines et les retards. Nous ne sommes plus que 2, économie oblige, mais nous avons une arme secrète. Un énorme objectif , flambant neuf, « capable, comme dit Yvon le caméraman, de cadrer en gros plan l’œil des flamants. »

Le 23, atterrissage à Cat Island. Nous logerons dans le sud de l’île. Un superbe Resort. Pamela Sidney, qui sera notre personnage central, habite au nord et sa voiture est en panne. 60 kilomètres nous séparent… alors tous les jours nous ferons 2 heures de route pour nous retrouver. Réveil matinal obligatoire !

Pamela est toute passion. Rêve d’absolu et de Nature… elle n’imagine plus un instant retrouver les studios hollywoodiens où elle a commencé sa carrière.
Elle m’explique comment son île a été la première terre du nouveau monde où Christophe Colomb a débarqué le 12 octobre 1492, comment « San Salvador », le nom d’origine de son île, lui a été volé en 1927 pour rebaptiser l’ile voisine de Watlings, pourquoi elle est certaine que le Nouveau Monde a bel et bien commencé ici…
Il suffit de la suivre pour raconter son histoire, celle de son île, celle de sa famille.
Tous les soirs, lorsque nous rentrons, nous retrouvons les quelques couples d’américains fortunés qui logent à côté de nous. Ils ont passé leur journée sur la plage et se disent au paradis.
Aucun ne connaît les anecdotes que Pamela nous distille au fil des jours. Aucun n’aura vu les sites quasi inaccessibles, envahis par la végétation, où elle nous a conduit.

Pamela repart pour Nassau. Elle a rendez vous aux Archives Nationales pour photocopier de nouveaux documents. Elle tente de reconstruire  son histoire personnelle, l’histoire de ses ancêtres, arrivés pour certains d’Afrique, pour d’autre de France ou d’Irlande. Nous, nous  reprenons le vol Bahamasair pour Inagua.

Ramon Gutierrez

NDLR : le reportage « Une île, deux monde » tourné sur Cat Island est diffusé dans Thalassa le vendredi 13 avril 2012. Celui sur les flamants sera diffusé prochainement dans l’émission.

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Tournage aux Bahamas : coulisses 5/7

Ramon aux Bahamas, épisode 5 : « Le vol de la dernière chance ».

La décision a été prise au dernier moment. Par chance un jeune pilote est venu de l’archipel voisin des Turks and Caicos avec son avion personnel et repart ce dimanche matin. Nous profitons des 3 places disponibles… Le prix est prohibitif mais les vols réguliers sont pleins et nous avons besoin d’images aériennes.

A 7h30 nous sommes prêts à embarquer. Le soleil brille et le ciel est bleu. C’est la première fois en quinze jours que nous retrouvons un ciel limpide. Les images devraient être stables et la lumière superbe.

Le décollage a lieu pile à l’heure. Tout est prêt. Mais arrivés au dessus des salines, la grimace de Jean Christophe nous fait craindre le pire. La caméra ne veut rien entendre. Elle  ne se déclenche pas. La suite ressemble à ces arrêts aux stands dans les courses de Formule 1. Les caisses de matériel sont posées sur la tranche à l’arrière du CESSNA, et la caméra de secours est à portée de mains. Il ne faudra que quelques poignées de secondes pour changer l’objectif et disposer d’une caméra en état.

Les images aériennes de l’île, improbables à notre arrivée, nous redonnent le sourire…. Encore faudra-il pouvoir revenir pour qu’elles puissent trouver leur place dans le reportage.

Retour à Paris. Le sujet sur les « loyalistes » est prêt à la mi février. Je décide aussi de pré-monter les images du Carnaval, les plans de flamants et les quelques séquences autour de l’exploitation du sel à Inagua et pour mettre toutes les chances de notre côté, nous retardons le retour au maximum.

Entre temps il faut trouver un autre sujet pour amortir les frais d’un second voyage. Le coût du transport et de l’hébergement pour une équipe de tournage ne peut se justifier que si l’on tourne un nouveau reportage en plus du complément nécessaire pour terminer le sujet d’Inagua.

Je repense à Gorda Island. Une ile rachetée par Disney il y a quelques années ou les bateaux de croisière de la célèbre compagnie font escale.

Le décor, les coulisses, les à côtés. Le sujet plait. Les mails circulent, se multiplient, gonflent, se perdent, et puis au bout de quelques semaines la réponse finale tombe. Ce tournage n’intéresse pas Disney. Patatras !

Retour à la case départ et enquête pour de nouvelles pistes à explorer, vérifier, consolider. Finalement ce sera Cat Island. Une petite ile en marge des grandes destinations de l’archipel où s’est retirée Pamela, la fille de l’acteur américain oscarisé Sydney Poitier. Une île « africaine » comme dit Pamela dans ses mails… (à suivre).

Ramon Gutierrez

NDLR : le reportage « Une île, deux monde » tourné sur Cat Island est diffusé dans Thalassa le vendredi 13 avril 2012. Celui sur les flamants sera diffusé prochainement dans l’émission.

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Tournage aux Bahamas : coulisses 4/7

La suite des aventures de Ramon aux Bahamas : « Pas le bienvenu au Paradis ».

J’ai reçu des nouvelles d’Inagua. Il semble que les flamants ne soient pas sur les sites de reproduction et qu’il ne cesse de pleuvoir depuis des semaines. La météo nous joue des tours !

Ce lundi 10 janvier le ciel est bien chargé au dessus de l’ile d’Inagua. Henri, le gardien du Parc  National, attend un peu à l’écart. Peu d’enthousiasme, tout juste de la correction. Il nous dépose à l’autre bout de l’ile, à l’« Enricas Inn » et nous donne rendez vous pour le lendemain.

Un peu dépités, nous louons la seule voiture disponible de l’ile pour effectuer un repérage.

Imaginez une vieille Renault 6 sur des pistes qui pourraient être africaines : des cailloux, du sable, des buissons partout et le risque permanent de nous retrouver perdus à des kilomètres du village. Mais le besoin de voir des flamants est le plus fort. Après 5 heures d’aventure et une quarantaine de kilomètres parcourus, maigre butin. Les flamants sont rares et le sujet en péril.

Henri nous retrouve à 8h le lendemain. Gros 4X4 et gestes lents. Il est le fils du premier gardien. Il est fonctionnaire et connaît bien son affaire, mais pas question de se plier aux éventuels caprices d’une équipe de télé. D’autant plus que le lendemain arrive l’ambassadeur de Chine sur l’île, accompagné du Ministre du travail et qu’il se doit de leur accorder la priorité. Par chance nous arriverons à filmer quelques groupes de flamants du côté des salines.

L’île est une vaste exploitation de sel à ciel ouvert, mais là encore, le directeur se montre distant et ne semble pas pressé de nous faciliter le travail.

Les premières images des installations, nous les tournerons à travers les trous dans le grillage à son invitation. Nous ne disposerons que de deux heures le lendemain pour enregistrer quelques plans supplémentaires et arracher in extrémis quelques propos à Monsieur Glenn Bannister le Directeur Général, responsable des lieux.

Le Carnaval de l’ile, le Junkanoo, aura lieu le 15 janvier. Un hasard. Je n’ai appris la nouvelle qu’une fois sur place. A court de séquences, je décide de tourner l’évènement dans l’espoir de l’intégrer à mon sujet. Je commence par les préparatifs et découvre que les décors, les costumes, les thèmes du spectacle prévu font tous honneur à Chine…

L'ambassadeur de Chine et le Ministre des affaires sociales

Je comprends mieux pourquoi l’ambassadeur de l’Empire du Milieu débarque avec sa suite le mercredi et pourquoi il loge tout naturellement chez le directeur de la Morton, la compagnie saline, la seule résidence susceptible d’héberger un hôte de marque.

L’hospitalité a pour la diplomatie chinoise des raisons que les journalistes de Thalassa ignorent. Ce qui est sûr, c’est qu’à aucun moment notre présence ne sera véritablement appréciée. Quelques plans par ci, quelques plans par là, mais toujours cette impression que seules les images convenues et formelles sont les seules tolérées. Risquer quelques questions ressemble à une provocation impardonnable. Dans un pays où les chinois viennent de déverser plus de 3 milliards de dollars au nez et à la barbe des Etats-Unis, la représentation chinoise préfère garder le silence et se contente de sourire à nos questions.

Samedi, toute l’île prépare la fête. Costumes impressionnants, musique endiablée. Toute la population d’Inagua prend part au Junkanoo et l’ambassadeur sourit et applaudit depuis les gradins.

Jean Christophe, le caméraman, porté par la foule, filme en continue. Il est 2 heures du matin quand nous rentrons faire nos valises.

Devant l’absence de flamants, l’accueil réservé par la Morton, et les difficultés de tournage, je préfère écourter la mission et envisager de revenir plus tard… (à suivre)

Ramon Gutierrez

NDLR : le reportage sur les flamants sera diffusé prochainement dans Thalassa.

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Tournage aux Bahamas : coulisses 3/7

Episode 3 des aventures de Ramon aux Bahamas, « Le mystère des bagages volants »…

Lendemain de notre arrivée aux Bahamas : réveil à 5h. Le gardien de l’hôtel nous apporte une bonne nouvelle… immédiatement suivie d’une mauvaise. Les bagages sont arrivés, mais ils sont  bloqués à la douane !

5h 30 : l’aéroport. Nous avons nos billets sur le vol Bahamasair de 6h30 pour Marsh Harbour,  sur l’archipel des Abaco’s mais… pas un douanier à l’horizon. Pour nous, une terrible impression de « déjà vu » ! Hormis quelques agents de nettoyage ou de surveillance, l’aéroport de Nassau est totalement vide.

L’officier des douanes fait finalement son entrée à 7 heures. Notre vol est parti. Toutes nos affaires sont là dans le petit réduit grillagé. Madame Manise, chef des douanes rit aux éclats. Elle me parle de son récent séjour à Paris et n’a qu’une idée en tête… la date de notre retour. Il faudra impérativement repasser la voir.

Reste à payer  la modique somme de 10 dollars, rédiger un reçu et nous voilà partis à la recherche d’un vol pour Marsh Harbour, notre destination finale.

Bahamasair propose 16h30…. Soit une journée de tournage perdue. Inenvisageable ! Ce que nous ignorons, c’est que personne au comptoir ne souhaite nous signaler le vol de 9h30 sur Sky Bahamas la petite compagnie concurrente. Nous finirons par découvrir cette possibilité et croiserons les doigts pour que nos 120 kg de matériel rentrent dans la soute. C’est tout juste mais ça passe. Ouf !

J’ai pu prévenir Peggy, ma correspondante,  qui nous attend chez elle à Hope Town, mais trop tard, hélas. Sa belle sœur est déjà parti pour l’aéroport. Un peu plus tard dans la journée, elle revient, pour la deuxième fois, nous chercher  au pied de l’avion. C’est elle qui nous conduit en bateau sur l’ile voisine qui sera notre « camp de base ».

En fait de camp de base, les conditions sont franchement luxueuses. Nous disposons d’une coquette maison au centre de Hope Town, la petite ville historique sur Elbow Cay, décor de carte postale et paradis pour touristes fortunés.

Entrée du port de Hope Town sur Elbow Cay

Hope Town sur Elbow Cay

Peggy est mariée à Chris Thompson. Ce sont eux que nous allons suivre pendant quelques jours, le temps de comprendre et d’illustrer l’histoire de leur famille. Une famille « Loyaliste » arrivée des Etats-Unis d’Amérique en 1783,  juste avant que ne sonne l’heure de l’indépendance.

Peggy et Chris Thompson

Peggy et Chris se mettent en quatre pour nous aider. Contacts sur l’ile voisine de Man O War, autorisations pour monter au phare, besoin de trouver un avion pour survoler l’archipel, ils ont des amis partout …. Ou, plutôt, ils font partie d’une histoire, d’une culture, avec ses membres et ses réseaux.

Cinq jours de tournage, une dernière invitation à diner… Tout paraît si simple ! Le sujet suivant va nous rappeler les aléas du métier… (à suivre)

Ramon Gutierrez

NDLR : le reportage sur les « Loyalistes » sera diffusé prochainement dans Thalassa.

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