Journaliste au Mexique : un métier à haut risque

L’offensive fédérale mexicaine contre le narcotrafic, engagée en décembre 2006 par le président Felipe Calderón, mobilisant 50 000 militaires, se solde près de cinq ans plus tard par un bilan de plus de 40 000 morts dans tout le pays, dont plus de 15 000 pour la seule année 2010. Cette guerre qui ne dit pas son nom se double d’une bataille sanglante entre les cartels pour le contrôle du trafic de drogue, avec pour résultat une dégradation tragique des conditions de travail des journalistes. Bien que cette situation affecte tout le territoire, le nord du pays, bastions traditionnels des cartels, représente la zone géographique la plus exposée. Les Cartels de Sinaloa, du Golfe et de Juárez font partie, depuis plusieurs années, de la liste annuelle des prédateurs de la liberté de presse de Reporters sans frontières.

A la responsabilité du crime organisé dans cette faillite de l’état de droit s’ajoute celle des autorités, par complicité ou négligence. Les violations de droits de l’homme attribuées à la police et à l’armée et la corruption des dirigeants politiques, fréquemment impliqués dans des délits de trafic de stupéfiants, constituent autant de freins aux enquêtes sur les attaques ou les crimes subis par les journalistes et leurs rédactions. Au dernier trimestre de l’année 2010, 8 % des effectifs de la police fédérale mexicaine ont été renvoyés pour soupçons de collusion avec le narcotrafic. Une étude d’Article 19 et du Centre National de Communication Sociale (Cencos) attribue, pour l’année 2010, 49.03 % des attaques aux autorités, contre 26.45 % au crime organisé.

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Avec 77 journalistes assassinés depuis 2000 et treize autres disparus depuis 2003, le Mexique se classe toujours au rang de pays le plus dangereux du continent pour les médias. Il était, en 2010, le deuxième pays le plus meurtrier pour la presse avec l’Irak, derrière le Pakistan. Depuis le début de l’année 2010, cette vague de terreur a coûté la vie à dix-neuf professionnels des médias, dont huit en lien apparent avec la profession.

http://www.dailymotion.com/videoxjfnoc

Aucun de ces crimes n’a jamais été réellement élucidé par la justice. Le parquet spécial dédié à la lutte contre les attaques envers les journalistes (Fiscalía Especial para la Atención de Delitos Contra la Libertad de Expresión – FEADLE), n’a obtenu aucun résultat notable depuis sa création en février 2006. Face à l’escalade de la terreur, les choix de l’autocensure ou de l’exil s’offrent de plus en plus souvent à des journalistes condamnés à exercer sous la menace.

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Au plan juridique néanmoins, une avancée a été obtenue avec la dépénalisation des délits de presse au niveau fédéral, promulguée en avril 2007. Une convention sur les nouveaux “mécanismes de protection” à l’attention des journalistes a été ratifié au niveau fédéral en novembre 2010, mais son entrée en vigueur se fait attendre.

Retrouvez l’enquête de Véronique Veber « Main basse sur la ville », vendredi 6 janvier dans Thalassa.

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Une réponse à Journaliste au Mexique : un métier à haut risque

  1. Julian dit :

    Content d’avoir ainsi de tes nouvelles ! J’ai aussi teenndu parler de cette pole9mique et le pauvre Georges Pernoud serait devenu personne inde9sirable sur les terres bretonnes. Pourtant, j’ai de9je0 vu (et senti) ces algues vertes dues e0 la pollution cochonne des industriels du coin et les de9noncer ne peut eatre que be9ne9fique.Profite bien de ce paradis of9 le muguet n’est pas de provenance inde9finie (comme vu le 1er mai e0 Paris) et of9 les fleurs sont surplombe9es par de beaux nuages gratuits !