Tournage sur l’Atalante

Un jour peut-être les hommes parviendront à exploiter les dépôts de minerais qui se trouvent dans les grands fonds à plus de deux mille mètres de profondeur…j’aurais peut-être pas dû  m’intéresser à cette histoire…

Voilà comment je me suis retrouvé perdu au beau milieu du Golfe de Californie, au large du Mexique pour filmer l’expédition BIG organisée par les scientifiques d’Ifremer ! A bord de l’Atalante, j’assiste aux plongées du Nautile, le sous marin d’Ifremer, qui par deux mille mètres de fond rapporte chaque jour des images incroyables et des morceaux de roche du fond des mers… Géologues, biologistes, microbiologiste, ils sont une bonne trentaine de scientifiques à étudier les sources hydrothermales présentent dans le golfe comme aux quatre coins de la planète et qui produisent une intense activité volcanique et du même coup des quantités importantes de minerais (or, cuivre, nickel,…)…

D’où les projets d’exploitation…

Pas moyen de dormir à bord de l’Atalante qui affiche complet, il m’a donc fallu trouver une embarcation capable de m’amener à bord, après plus de quatre heures de navigation depuis San Carlos et de m’héberger …

Nettement moins confortable que l’Atalante, j’ai donc élu domicile sur un bateau de pêche au gros balloté par la houle mais où je pratique mon espagnol avec les deux mexicains du bord et découvre les charmes de la côte désertique de « Baja California Sur », histoire de trouver une baie abritée pour passer la nuit…

Tous les matin je remonte à bord du navire d’Ifremer par l’échelle de coupée avec l’un des deux pêcheurs qui me sert d’assistant et s’émerveille de se retrouver dans cette aventure qui se passe au pied de chez lui… La journée commence par la mise à l’eau du Nautile qui part pour six heures de plongée et tous les soirs à cinq heure c’est le retour très attendu de ce « yellow submarine » et de ses trois passagers qui rapportent des grands fonds des centaines de données, des extraits de roches, des vers géants et des bactéries capables de vivre dans le noir à des températures de plus de cent degrés !

Tout cela disparait bien vite dans les laboratoires du bord pour être auscultés, analysés, microscopés et compléter ainsi les connaissances encore très incomplètes des scientifiques sur ces zones hydrothermales qui pourraient bien un jour voir débarquer les bull-bulldozers sous marins de l’industrie minière…

La suite se déroulera en septembre à bord d’un navire de la société « Nautilus » (un hasard) qui entreprendra la première campagne de prospection minière dans la mer de Bismarck en Papouasie Nouvelle Guinée…

Stéphan Poulle/Photo Ifremer-P. Briand

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