En ces froids hivernaux, vous pouvez vous contenter d’une bouillotte ou voir plus loin, en répondant à l’invitation de Thalassa. Nous allons vous proposer de plonger au soleil, dans les eaux chaudes de la Mer Rouge. Une ballade de 110 minutes pour découvrir l’incroyable beauté des fonds marins de cette région, un des paysages les plus grandioses de la planète. Stéphane Poulle s’est notamment rendu de Taba à Suez, puis de Suez à Marsa Alam pour tourner deux carnets de route riches en images sous-marines exceptionnelles. Interview de Stéphane Poulle.
Made in Heuzé
Pour ces deux tournages, nous avons eu la chance d’avoir René Heuzé à nos côtés. Plongeur spécialisé dans les images sous-marines, cet expert a supervisé toutes les opérations sous la mer. Pour résumer, autant je donne les indications de tournage à l’air libre, autant sous l’eau, c’est René qui dirige !
Avantages
L’atout principal de la mer Rouge est sa multiplicité de sites dotés d’une très grande richesse en poissons. Il vous suffit de faire vingt mètres en dehors de la plage et vous êtes déjà dans un aquarium ! Il n’est pas non plus nécessaire de plonger très bas pour découvrir des merveilles. A 10 ou 12 mètres de profondeur, vous n’êtes pas obligés de vous astreindre à faire des paliers, ce qui facile techniquement le tournage pour toute l’équipe.
On se calme !
Je suis quelqu’un qui a tendance à aller vite et partout. Or dans l’eau, il faut vraiment se calmer ! René Heuzé s’était donc muni d’un bip sous-marin qu’il actionnait régulièrement pour me freiner dans mes actions ! Ce milieu nécessite du temps pour « fabriquer l’image », notamment à l’intérieur des grottes. La mise en place est longue car délicate tout comme le cadrage. Nous sommes loin d’un tournage classique à terre où nous pouvons disposer d’une certaine marge d’improvisation. En fait, les paramètres à respecter pour filmer sous l’eau s’apparentent plutôt à ceux du cinéma.
Premier reportage : la péninsule du Sinaï
Pour joindre Taba à Suez, nous avons emprunté la route qui longe les côtes de la mer Rouge et suivi ce désert redevenu égyptien en 1989, après des décennies d’occupation israélienne. Nous nous sommes intéressés aux Egyptiens qui essaient de développer ce territoire encore instable politiquement. Nous avons aussi parcourru les rues de Charm El Cheikh, la « ville de la paix » et du tourisme, malgré les attentats qui en 2005 ont tué plus de 80 personnes dans les ruelles d’Old Market.
Hurghada, mecque de la plongée de masse
De notre second reportage, je retiens notre hallucinante plongée à Hurghada. Nous n’avions jamais vu une telle concentration de plongeurs sous l’eau. Des touristes, débutants pour la plupart, qu’on promène par la main, comme dans une grande piscine aménagée et sonorisée… Des ballades qui n’abîment pas que les oreilles ou la vue, mais nuisent aussi à l’environnement…
Nous avons également fait une rencontre passionnante et passionnée avec Hossam Helmi, fondateur du Red Sea Diving. Garde du corps d’Anouar El-Sadate, il a décidé, à la mort du président égyptien de changer de vie. Il tente, depuis plus de vingt ans, de concilier business et respect de l’environnement. Cette rencontre a été l’occasion de filmer de belles plongées, notamment dans un lagon riche en grottes secrètes. Une ballade inoubliable dans un labyrinthe de corail magnifique.
Intégralité de ce reportage dans notre émission du 8/1/2010.
Propos recueillis par Béatrice Dupas



