La fin d’une saison… et le début d’une autre ?

Voilà, la boucle est bouclée.
La saison est finie.
On aimerait que ça ne s’arrête pas… Peut-être un jour…

barque au Mali

Notre dernier rendez-vous survole le monde, vous proposant les plus beaux reportages des équipes de Faut Pas Rêver : un bal dans le désert, des jeunes musiciens prodiges en Amérique Latine, des funambules fous en Chine… Entre temps, on reprendra notre souffle à Paris, la plus belle ville du monde, notre camp de base pour ce dernier voyage.
Nous espérons tous reprendre notre envol dès l’été prochain et, pourquoi pas, essayer de vous retrouver ponctuellement d’ici là pour des tours du monde féériques.

Depuis quelques jours, la machine à rêver s’est remise en marche.
Et du coup, la machine à café, qui somnolait depuis juillet, aussi…
Bruits de pas dans les couloirs, dossiers qui grossissent à vue d’œil, pièces jointes dans les messageries.
La rédaction ne chôme pas !

Leur champs d’exploration : le monde !
Les propositions de destination s’amoncellent sur les bureaux des rédacteurs en chef, les journalistes indépendants nous envoient des projets.
Leurs mots défilent devant mes yeux.

Je m’imagine déjà dans la forêt en Asie, ou en pleine jungle… urbaine, dans quelque métropole lointaine, ou encore,  quelque part dans le désert, sur un site archéologique magnifique.
C’est le temps de la préparation, de la gestation, où l’on couve précieusement ces idées.
Elles prennent vie peu à peu.
D’écran d’ordinateur en coupure de journaux, de guides de voyages en documentaires visionnés.
On apprend à profiter de cette immobilité à durée déterminée, de cette routine métro-boulot-dodo. Parce qu’on sait qu’elle ne durera pas.
Que dans quelques semaines : vite ! La valise, les tenues, les dernières réunions, les contacts, les rendez-vous sur place, le passeport, l’avion, et hop… c’est reparti pour un tour… du monde !

Sachez, en tous cas, que toute l’équipe a aimé vous faire rêver cet été, que chaque voyage avec vous derrière votre petit écran a été un plaisir professionnel et une expérience humaine, et qu’on a une seule ambition : faire mieux l’année prochaine…

Bon, …quand est-ce qu’on part… ?!

Patricia Loison
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Grand Ouest Canadien

Vancouver à bicyclette

C’est sans aucun doute le meilleur burger que j’ai jamais mangé !

Je me le dis souvent, je devrais plutôt présenter « Food around the World », ou…les meilleurs desserts du monde… Mais la gastronomie fait rêver, non ?

La viande hachée est onctueuse, et mélangée à des épices. Le pain est croustillant, la sauce, légèrement acidulée, à se damner… Et les frites, une révélation. Les Canadiens de l’Ouest font frire les patates douces. Cela donne des bâtonnets légèrement orangés, à la chair plus sucrée que les habituelles « French Fries ». En plus, les portions sont gargantuesques, et encore les filles ont choisi la version « Small » !

Forcément, l’appréciation des mets dépend aussi du contexte.

Ce tournage commençait mal, et je n’y voyais pas d’issue.

Nous avions rencontré une petite équipe gérant un camping chic dans les arbres, au bord d’un lac, à trois heures de route de Vancouver. Le ciel était gris et bas, la pluie abondante, l’atmosphère, absente…

Nous nous attendions les uns les autres sous une pluie battante, et avions finalement décidé d’aller manger, et d’aviser plus tard.

Grand bien nous en fit !

Ce mets de roi une fois avalé, dans ce vaste pub au panorama époustouflant, tout nous parut plus clair.

Sur les conseils avisés d’Adrien, réalisateur de l’émission, nous avons changé notre fusil d’épaule. Nous nous sommes concentrés sur deux personnages que nous avons interviewés dans ce port de poche, aménagé sur un fjord alimenté par l’océan pacifique.

Le soleil était revenu. Et éclairait ce qui ressemblait à ce poster qu’on a envie d’accrocher dans nos chambres quand on rêve de voyage. Une étendue d’eau immense, ourlée de forêts, un ponton, et la nature aussi loin que le regard peut porter. Les grands espaces canadiens exactement tels qu’on les rêve.

« Tellement sauvage qu’il faut faire attention aux couguars quand on se lève la nuit et qu’on sort de la tente », nous confie un des jeunes rencontrés sur place.

Argh… mes envies de camping sauvage s’arrêtent illico.

D’ailleurs notre pilote charmeur est de retour pour nous ramener à Vancouver.

Car nous ne sommes pas venus par la route : nous nous sommes offert une balade en hydravion.

hydravion

Les garçons de l’équipe se moquent gentiment, m’accusant d’être sous le charme, mais eux aussi ont des étoiles dans les yeux quand notre as du manche survole les montagnes de si près qu’on peut discerner la consistance de la neige sur les sommets de ses voisines des Rocheuses.

Car le grand ouest canadien, c’est aussi ces montagnes qui se jettent dans l’océan, à la sortie de la ville.

En vol, on s’approche d’une cascade, on amerrit, on redécolle, pour tenter d’offrir les meilleures prises de vue possible à Yann, notre cameraman, installé dans un hélicoptère.

Arrivés à bon port, avec une ambiance assez surréaliste de métro aérien – des businessmen et women, sortant ou montant, affairés, d’hydravions qui se posent en permanence- toute l’équipe a du mal à repartir.

Les uns profitent des derniers rayons du soleil. Les autres feuillettent le journal.

Je m’assieds sur un banc, face à l’héliport, je ferme les yeux, et je me dis que décidément, oui, je pourrais vivre ici…

Patricia Loison

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Les papillons de mer

Dans son roman  « Les Papillons de mer », Jean-Marie Delthil nous convie à un incroyable voyage – un voyage que vous n’auriez peut-être jamais pu imaginer, puisque vous allez vous trouver dans la « peau » d’un papillon qui fait le tour du monde… France, Liban, Tibet, Inde, Birmanie, Japon… puis l’Amérique, l’Afrique… et un retour dans l’Hexagone, au creux des montagnes dauphinoises.

Jean Marie Delthil

Entre-temps, ce papillon aura fait de multiples rencontres, certaines amusantes et pleines d’humour, d’autres plus graves et inquiétantes ; quoi qu’il en soit, ce papillon aura vécu pleinement, et je peux vous dire qu’il n’aura vraiment rien à regretter de sa courte vie !

Le lecteur, au fil des pages de cet ouvrage hors normes et singulier, n’aura probablement pas perdu son temps, également…

couverture Les papillons de mer

A lire absolument !

Patricia Loison

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Oman

Sultanat d'Oman

En déambulant en décapotable – c’est vrai, c’est assez séduisant comme moyen de locomotion ! – je succombe enfin aux charmes du sultanat d’Oman.
L’austérité des montagnes minérales, la sécheresse, la tension autour du détroit d’Ormuz s’effacent devant les charmes de Mascate, charmante capitale portuaire.
Sylvain, le réalisateur, y est pour beaucoup, il a soigné ses lumières – naturelles ! – . Notre balade commence vers 18h, le soleil est doux et dore le paysage qui défile : les anciens forts portugais accrochés aux sommets, les portes anciennes sous lesquelles on passe comme lorsque l’entrée dans la ville forte était payante, les bouquets de maisons blanches et ocres dans leurs écrins de palmiers.
La conversation avec Mona – Omanaise amoureuse de l’Europe -, au volant, éclaire quelque peu cette société souvent opaque aux yeux des Occidentaux.
Nous finissons par aborer l’épineuse question des masques des Omanaises, en cuir, orné parfois de dorures, qui dissimulent fronts , nez et bouches.

Omanaises
« Certaines portent encore le masque, c’est le poids de la tradition. Les plus « libérées » se contentent de voiler leurs cheveux, mais nous portons toutes l’abaya, le grand sur-manteau noir. Et aujourd’hui, nous nous permettons de revendiquer cette culture, pourquoi ne pourrions nous pas en être fiers, comme vous? »…
Silence de mon côté. Je réfléchis. Je ne veux pas ouvrir un débat stérile avec Mona. Je préfère écouter. Elle poursuit.
« De toutes façons, vous avez beau porter vos visages nus, les femmes et les hommes d’Europe, vous aussi vous portez des masques. Des masques intérieurs, non? Celui du travail, celui pour les amis…Quand sommes-nous vraiment nous mêmes ? ».
Touché, la brillante Mona…
Je reste convaincue pour ma part que tous ces attirails visent – comme pour nous jusqu’à peu -, à tenter de contrôler le corps et l’esprit des femmes. Mais ses arguments sont intéressants. Moins attendus que ceux que l’on peut lire dans les magazines européens dans les débats sur le port du voile intégral.

Quand on met le pied ailleurs, quand on confronte ses convictions avec ceux qui vivent ces cultures différentes, la réplique est moins facile, on est poreux, on écoute, on est bousculé dans ses certitudes : c’est l’apprentissage, et la surprise du voyage !
Car derrière les abayas se cachent des tenues chatoyantes, des fards derrière les lunettes de soleil ; l’austérité du vieux berger précède la saveur du café à la cardamome et des dattes sucrées comme du miel et juteuses; la timidité de la femme bédouine ne l’empêche pas de vous parer les pieds d’arabesques au henné…
Les charmes de l’Orient existent bien, il faut juste se laisser apprivoiser…

Patricia Loison

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Nouvelle-Calédonie

balade Nouvelle Caledonie

L’ hélicoptère est pour l’instant posé bien sagement sur le tarmac de l’aérodrome de Nouméa.
Notre intraitable réalisateur veut tourner porte ouverte
C’est sûr que pour tourner, c’est mieux…
Mais pour un baptême en hélicoptère…, disons que c’est…pimenté!
Je me concentre, le casque déjà sur les oreilles.
Je respire, et je me rassure en me persuadant que ça ne doit pas être très différent d’un décollage d’avion…

Le baptême d'hélicoptère de Patricia Loison

En fait, c’est très différent…
Tellement même, qu’après toute cette préparation mentale, je n’ai même pas réalisé, qu’en fait, on avait déjà décollé…Droit comme un « I ». Comme aspiré par le ciel.
« Tu te mets le plus près possible du bord du fauteuil », me demande Damien, notre réalisateur-kamikaze, lui-même  sanglé et assis sur le rebord de l’habitacle.
Car en face de nous, enfin, sur une ligne parallèle…, vole un autre hélico! Avec Fabrice, notre cameraman, chargé d’immortaliser ma nature téméraire, ma zénitude absolue, bref, vous l’aurez compris, mon aisance aérienne…!
Seul le bleu du lagon commence à me détendre un peu…
Un bleu de magazine, irréel. Tellement transparent qu’on y distingue la silhouette de raies, et parfois de tortues.
Je me surprends à me pencher pour ne rien manquer du spectacle.
Avez-vous déjà surfé avec un hélicoptère?
Vous allez voir, j’ai gardé le meilleur pour la fin.
« On est à quelle hauteur? »
Ma question à notre pilote émérite entraîne un « Euh, pas très haut », presque chuchoté…
C’est qu’on flirte avec les limites mais c’est tellement beau! On frôle les vagues de si près que je sens les gouttes des embruns sur mon nez.
Ma-gi-que !
Et cette ligne plus claire, qui serpente de loin en loin?
« La barrière de de corail ! Le lagon de Nouvelle-Calédonie est l’un des plus grands du monde, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO! Sa frontière, c’est la barrière de corail. »
Après avoir survolé une épave toute rouillée échouée sur la barrière, nous saluons de véritables surfeurs, immergés jusqu’aux oreilles, et taquinant les vagues du grand large.
Alors que la balade s’achève, le phare de l’île qui nous tend les bras m’adresse un clin d’oeil, il a été fabriqué à côté de chez moi, à Issy-Les-Moulineaux

Le lagon de Nouvelle-Caledonie

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