Archives mensuelles : avril 2012

L’édito Cameroun de Tania Young

Il y a des rois – des rois qui règnent- en République du Cameroun…
Dans l’Ouest et le Nord-Ouest en effet la tradition veut que les chefferies perdurent.
Des royaumes… Une centaine de royaumes, et une centaine de Rois… aujourd’hui en 2012 ?
Évidemment j’ai voulu en avoir le cœur net, et je suis allée à la rencontre de l’un d’entre eux.

Le Roi de Babungo, bien entouré...

Le Fon Zufor 3 a accepté de me recevoir et de me faire une place dans son emploi du temps surchargé.
La veille, l’Ambassadeur de Turquie était en visite à la chefferie de Babungo, et le matin c’était au tour de Madame la Ministre de la Culture camourenaise d’être accueillie en grande pompe.
J’ai également eu droit à tous les égards, et avant de rencontrer sa Majesté, un petit brief était nécessaire . Et oui, on ne se présente pas devant le Roi de quelques 30 000 sujets, les mains dans les poches.
Un ami et bras droit du Roi m’a donc fait un bref résumé du protocole: « pour le salut, il faut vous courber et taper 3 fois dans les mains, et pour vous adresser au Roi, vous utiliserez le mot Chef et parlerez à la 3 ème personne du singulier »
OK
Simple sur le papier, un peu moins dans la cour de réception ou des dizaines de statues séculaires me regardaient fixement.
Mais ça n’était pas tout. Monsieur le Roi n’était pas seul… bien au contraire. Les notables, des messieurs parés de leurs plus beaux atours, et les reines, femmes et soeurs du roi, étaient aussi de la partie.
Enfin « partie »… si j’ose dire. Parce même si l’ambiance était décontractée, je n’avais pas la moindre envie de faire un faux pas…

Et je me suis pliée aux règles, j’ai pu m’entretenir avec le Fon, et j’ai compris.
Face à ce personnage cultivé, impliqué et réaliste, j’ai saisi à quel point la tradition pouvait encore trouver sa place à notre époque ultralibérale. J’ai vu qu’au delà de ce que nous pensons être du folklore local, il y avait une simple envie de vivre en société… une société à échelle humaine.

Tout en respectant le protocole, le Roi a beaucoup d'humour

Tania Young

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Shufaï et les autres…Gorilles en voie de disparition…

© Patricia Micallef

Au Cameroun une ONG s’occupe de protéger la forêt et ses gorilles.
A Bessali, Bernice aidée de Walter et Solo partent sur les traces de cet animal au dos argenté qui est chassé et convoité encore de nos jours.
Dans cette région, cet animal appartient à la race des Gorilles de la rivière Cross. Cette population n’y dépasse plus les 250 individus. Le gorille fait parti des espèces protégées mais la chasse demeure. Il est un revenu prospère pour certaines régions pauvres du globe.
Cette disparition est due en outre à la déforestation. Au détriment des gorilles, les habitants brûlent des petits lopins de terre pour y faire pousser des palmiers qui rapportent de l’argent pour leur famille en récoltant de l’huile de palme.

Des orphelinats spécialisés se sont créés afin de récupérer les bébés gorilles orphelins dont les mères ont été braconnées. Ils sont patiemment soignés, nourris, élevés jour après jour, et une fois la confiance redonnée, les bébés peuvent rejoindre les autres orphelins. Toutefois, malgré ces initiatives positives, il reste un constat alarmant : 800 gorilles toutes espèces confondues disparaissent chaque année au Cameroun…

Heureusement, l’espoir renaît : une plante pourrait les sauver… Découvrez comment dans le reportage intégral, vendredi 20 avril sur France3.

Site d’un orphelinat de gorilles

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Joyeuses funérailles

Au Cameroun, l’islam et le christianisme incorporent un animisme tenace. A Yaoundé la paroisse de N’Djong Melen célèbre de longues messes en plein air au rythme des tambours et des danses. Dans le nord du pays, les musulmans fêtent le Tabaski… accompagnés de nombreux marabouts.

Polygamie, mariage avec dot, rituel de veuvage, cérémonies funéraires festives… le Cameroun entretient des coutumes et traditions qui, sans toujours faire l’unanimité, sont encore largement présentes.

Danses durant des funérailles

Polygamie
Même si les femmes tendent maintenant à rejeter cette situation, la polygynie est encore largement répandue. Durant la cérémonie du mariage, le maire donne la possibilité aux époux de choisir polygamie et monogamie. Les épouses sont généralement ensuite souvent amenées à se côtoyer au quotidien.

Veuvage
Selon les régions et les ethnies, les veuves sont soumises à des épreuves pour s’assurer que la femme s’est bien occupée de son mari jusqu’au décès, ou au contraire réconfortées par les autres veuves.

Le culte des crânes
C’est une des plus étonnantes cérémonies pratiquées en pays Bamiléké. Les « funérailles » d’un défunt ne sont pas l’enterrement de sa dépouille, mais symbolisent son retour parmi les vivants. Réunie pour une fête exceptionnelle, la famille au grand complet se retrouve quelques mois après avoir déterré, dans l’intimité, le crâne de l’être aimé et l’avoir placé dans la maison des crânes ou il reçoit désormais des visites régulières. Quant la saison sèche est bien installée, les funérailles sont alors le théâtre de grandes fêtes tant attendues dans toute la région, où familles et sociétés secrètes se retrouvent pour célébrer le retour du défunt.

Ne manquez pas la suite de ce reportage diffusée dans l’émission Cameroun vendredi sur France 3 !

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La sape : le dandysme à l’Africaine

La SAPE (Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes) est née lors de l’indépendance du Congo-Brazzaville et du Congo-Kinshasa, se répandant au-delà des frontières, notamment au Cameroun.
Proche du dandysme, ce mouvement place la haute couture sur un piédestal.

Le culte de l’habillement
Les sapeurs (les membres de la SAPE, ou plus généralement les passionnés de mode) obéissent à une véritable obsession où les codes vestimentaires sont le cœur de leur mode de vie. Des leaders sont ainsi vénérés quasi-religieusement, portant des titres tantôt pompeux tantôt humoristiques tels qu’ « Archevêque » ou « Bachelor », bien que de nombreuses dissensions existent entre divers sous-mouvements. Parfois critiqués pour leur amour immodéré de la fringue, les sapeurs assument leur passion et préfèrent payer un beau costume qu’une semaine de vacances. Une chose est certaine pour tout aficionado de la sape : avant d’être footballeur, homme politique ou musicien, on est sapeur.

Etre ou paraître ?
Si les sapeurs consacrent un maximum de budget à leur passion, cela dénote souvent avec leur situation financière réelle. Les détracteurs du mouvement dénoncent ainsi un contraste révoltant entre les tenues soignées des sapeurs et le taux d’analphabétisme et de chômage alarmant dont ils pâtissent. A Brazzaville, où des gentlemen marchent en Weston dans la boue, on murmure de plus en plus que la sape détourne la jeunesse de la véritable éducation au profit d’un futile et onéreux divertissement.

Bien plus que de la mode
Toutefois, si l’on distingue en premier lieu un sapeur par sa recherche de l’ensemble vestimentaire idéal et de l’élégance physique, la sape est aussi un comportement : parfois égocentrique, souvent gentiment présomptueux, le sapeur soigne sa manière de marcher, de parler, de regarder, d’être.

Ce qu’évoque ce soin porté à l’habillement et au comportement, c’est avant tout une lutte pour la reconnaissance et pour exister aux yeux des autres, car bien s’habiller, c’est prouver sa réussite sociale (bien que cela n’aille pas toujours de paire).
Leurs tenues permettent également aux sapeurs d’affirmer leur identité et leur unicité, et sont donc un respect logique d’eux-mêmes et des autres. La recherche de l’ensemble vestimentaire idéal devient alors le travail d’une vie, synonyme d’une humble quête de soi.

La coupe du monde de la sape aura lieu à Libreville (Gabon) à la fin de l’année, et au Cameroun en 2013. D’ici là, chaussez vos plus beaux souliers et ajustez votre cravate, voici un extrait exclusif de notre reportage bien sapé :

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