Il y a des rois – des rois qui règnent- en République du Cameroun…
Dans l’Ouest et le Nord-Ouest en effet la tradition veut que les chefferies perdurent.
Des royaumes… Une centaine de royaumes, et une centaine de Rois… aujourd’hui en 2012 ?
Évidemment j’ai voulu en avoir le cœur net, et je suis allée à la rencontre de l’un d’entre eux.
Le Fon Zufor 3 a accepté de me recevoir et de me faire une place dans son emploi du temps surchargé.
La veille, l’Ambassadeur de Turquie était en visite à la chefferie de Babungo, et le matin c’était au tour de Madame la Ministre de la Culture camourenaise d’être accueillie en grande pompe.
J’ai également eu droit à tous les égards, et avant de rencontrer sa Majesté, un petit brief était nécessaire . Et oui, on ne se présente pas devant le Roi de quelques 30 000 sujets, les mains dans les poches.
Un ami et bras droit du Roi m’a donc fait un bref résumé du protocole: « pour le salut, il faut vous courber et taper 3 fois dans les mains, et pour vous adresser au Roi, vous utiliserez le mot Chef et parlerez à la 3 ème personne du singulier »
OK
Simple sur le papier, un peu moins dans la cour de réception ou des dizaines de statues séculaires me regardaient fixement.
Mais ça n’était pas tout. Monsieur le Roi n’était pas seul… bien au contraire. Les notables, des messieurs parés de leurs plus beaux atours, et les reines, femmes et soeurs du roi, étaient aussi de la partie.
Enfin « partie »… si j’ose dire. Parce même si l’ambiance était décontractée, je n’avais pas la moindre envie de faire un faux pas…
Et je me suis pliée aux règles, j’ai pu m’entretenir avec le Fon, et j’ai compris.
Face à ce personnage cultivé, impliqué et réaliste, j’ai saisi à quel point la tradition pouvait encore trouver sa place à notre époque ultralibérale. J’ai vu qu’au delà de ce que nous pensons être du folklore local, il y avait une simple envie de vivre en société… une société à échelle humaine.
Tania Young












