Retour sur la campagne : L’enjeu des classes ouvrières


Un combat « symbolique », « historique »
, selon les propres mots de Jean Luc Mélenchon, agitera pendant un mois la circonscription d’Hénin-Beaumont, ville-village de 26 000 habitants devenue le stigmate d’un FN enraciné dans les régions industrielles. A tel point d’ailleurs que la commune avait déjà accueilli pendant la présidentielle les croisades morales de candidats tels qu’Hervé Morin ou Eva Joly, venus vanter en vain un « projet de société pour vivre ensemble ». En effet la trop faible notoriété des champions d’EELV et du Nouveau Centre n’a guère empêché cette circonscription de voter massivement Marine Le Pen (31%) au 1er tour, et de lui assurer dans la foulée une confortable avance en vue des législatives.

Le leader du Front de Gauche, quitte a risquer gros, ne veut pas se montrer un instant intimidé par cette configuration hasardeuse et semble pleinement heureux du rôle qu’il vient de s’attribuer : « Je suis fier d’être le candidat des communistes du Pas-de-Calais » a t-il tonné pour son entrée en campagne.

« Ce n’est plus de la rage, c’est de l’amour ! «  plaisante de son côté la candidate frontiste, alors que cette dernière sort d’une campagne marquée par les bravades du même Jean Luc Mélenchon, lui qui l’a traité de « semi-démente » tout en lui contestant sans relâche sa légitimité ouvrière. Fort des réseaux du Parti Communiste, l’ancien sénateur a mobilisé sa coalition pour gêner autant que possible les déplacements de la « chauve souris » (autre surnom dont il est l’auteur) sur les terres de l’anti libéralisme, et tout particulièrement dans les usines.

Voici une séquence commentée que nous pensions représentative de cette élection présidentielle, dans le sens ou elle illustrait la lutte de deux partis pour la même catégorie sociale. Mais aujourd’hui cet extrait semble évoquer l’installation durable d’une nouvelle forme de confrontation politique. A l’heure ou la grogne anti-européenne et le vote dit populaire représentent ainsi des atouts électoraux non négligeables, il semble que le duel frontal entre extrême droite et extrême gauche, bien qu’inégal sur bien des points, soit devenu un incontournable de la vie politique, une sorte de petit frère du classique combat entre PS et UMP.

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La scène s’est déroulée le 18 janvier dernier, à l’usine de Peugeot PSA de Sochaux, entreprise rendue tristement célèbre par l’annonce, depuis décembre, d’une vague de licenciements dans l’ensemble de l’Hexagone. Les ouvriers concernés devenaient à leur tour, et bien malgré eux, le symbole d’une France qui a cessé de produire, au même titre que ceux de Gandrange, de Seafrance et de Lejaby. L’affaire émeut, et vient à attirer l’attention de beaucoup de Français à l’heure où le chômage remonte et que le moral des ménages, en légère hausse ce mois-ci, reste au plus bas depuis trois ans. L’impact médiatique est inévitable, tout comme la reprise de l’événement par des candidats toujours en mal d’affection populaire.

La traduction politique, vous la connaissez déjà, c’est le « Produire en France » de François Bayrou, le besoin de « réindustrialisation » placardée par Hollande, et la métaphore du chef de l’Etat dépeignant un pays « qui se vide de son sang industriel ».

Et voici l’enjeu majeur de l’élection mis en image, commenté, analysé par les médias, celui du rétablissement du prestige économique français. 2012 n’offre pas de surprise de ce côté : l’échéance présidentielle sera une fois de plus centrée sur le sort de la nation, et ce malgré de nombreux bouleversements à l’échelle européenne et internationale. Une orientation qui n’est pas pour déplaire à une certaine Marine Le Pen, qui livre depuis des mois son analyse d’une crise causée par les puissants et payée par les faibles, distillant ainsi un discours social de plus en plus efficace parmi des classes populaires désespérées. Autre évolution, la récente polémique des 500 signatures lui a permis de renverser les critiques sur le comportement antidémocratique de son parti. Forte de sa nouvelle image, la candidate du Front National n’hésite plus désormais à se montrer sur le terrain des usines, pourtant historiquement interdit à l’extrême-droite.

ELYSEE 2012, la vraie campagne- film 5 – Marine… par IMAGEETCOMPAGNIE

Sans surprise, les militants du PCF sont au rendez-vous et refusent de laisser celle que leur leader baptise « la chauve-souris » voler un électorat qui n’a plus autant le cÅ“ur à gauche. En lieu et place d’une confrontation musclée (que beaucoup de journalistes anticipaient), c’est un échange des plus courtois qui s’instaure : on se critique sur les « idées » et on essaye d’argumenter pour désarçonner l’adversaire de manière « démocratique ». Préférence nationale, protection du travail et des frontières, lutte contre le patronat, tous les sujets sont débattus en quelques instants, pour finir, on le devine, sur un match nul.

Bien que la candidate n’ait probablement pas converti tous les ouvriers de PSA à sa cause en quelques minutes de tractage, sa seule présence dans un sanctuaire des syndicats, tout comme le fait qu’elle y soit tolérée, marque l’irrésistible avancée du Front National dans les consciences, mais aussi sur le terrain de la respectabilité. La bataille n’est cependant jamais finie et l’on pourra compter sur le truculent Jean Luc Mélenchon pour rendre les coups et animer ce qui est un peu l’autre combat de cette présidentielle, à savoir la conquête du vote contestataire.

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Retour sur la campagne : Hollande, la création d’une stature

François Hollande se prête à la mutation présidentielle, exercice qu'il a longuement préparé

Les Français ont découvert, aujourd’hui 15 mai, le Président Hollande dans l’exercice de la fonction suprême, entouré pour la première fois d’un décorum républicain toujours si baroque. De fait, en ce jour symbolique, c’est surtout par le style et le choix des mots que le nouveau locataire de l’Elysée, dès son discours d’intronisation, a souhaité marquer une rupture nette en déclarant: « Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout».

A contre-pied de l’hyper-réactivité de son prédécesseur, M. Hollande a ainsi pu montrer à tous qu’il préfèrerait le rôle du sage à celui du héros et qu’il gouvernerait dans la conciliation plutôt que dans la force, initiant ainsi un autre rapport du pouvoir au citoyen. Cette vision ne date pourtant pas d’hier, elle est bien au contraire le résultat d’une longue campagne (plus d’un an) où le Corrézien a pu sentir à force de déplacements et d’analyses ce que les électeurs attendaient du prochain quinquennat: simplicité, humilité, apaisement.

La rédaction d’Elysée 2012 a choisi de vous faire relire, à la lumière de l’actualité, cet article-vidéo daté du 29 février dernier, alors que celui qui n’était à l’époque « que » candidat commençait sa « présidentialisation » en exploitant ces thèmes. Tandis que la campagne se crispait alors sur les frustrations populaires et l’irresponsabilité des élites, le socialiste, fidèle à sa personne, refusait la stratégie de la colère pour continuer d’appliquer celle, visiblement plus payante, du rassemblement républicain.

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Que demande le Peuple ? (2e partie)

Nous avions vu comment les premiers déplacements de Nicolas Sarkozy avaient été marqués par la tentative de se rendre « droit au peuple », ce dernier n’hésitant pas ainsi a récupérer un vocable jusque-là confisqué par les extrêmes, tout en renouant avec les bains de foules si chers à notre démocratie. Peu avant lui, c’était Bayrou, l’homme du Béarn, qui n’avait pas hésité à lancer une campagne « Par le Peuple et pour le Peuple » accordée à une communication qui se voulait « authentique »

Seul candidat de poids à refuser cette tactique d’approche, François Hollande, fidèle à lui même, préfère exhorter au « rassemblement de tous les électeurs », quelque soit le terrain sur lequel il s’aventure. L’objectif est bien sûr le même : s’adresser de manière consensuelle au plus grand nombre de Français, mais l’emploi des mots, toujours déterminant, finit par se démarquer de façon significative de celui de ses adversaires. Parlementaire et ancien chef de parti rompu à l’art du langage et de la mise en forme, le candidat socialiste semble croire aux vertus d’un pouvoir pratiqué avec diplomatie et préfère laisser le thème de « l’autorité » à son principal rival. Humour pince-sans-rire, sympathie pleine de retenue, le Corrèzien lorsqu’il se déplace affiche partout cette bonhommie discrète, lui qui affirme que « Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme » (Discours du Bourget).

De quoi faire broncher le Général de Gaulle, qui en tant que créateur d’une Ve centrée sur « la rencontre d’un homme et de tous les Français » aurait bien du mal à accepter qu’un discours aussi dépersonnalisé puisse prendre place dans l’électorat, voir même le séduire. Quarante années d’évolution politique et deux crises économiques majeures nous séparent cependant de cette conception du pouvoir, et le candidat de la Gauche, tout en se faisant le partisan d’une certaine « hauteur », préfère instaurer un rapport moins direct, plus distant, et dont la République serait la médiatrice.

Ici à Orléans, dans un déplacement initialement dédié à l’éducation, François Hollande avait une fois de plus mis en avant cette conception : celle d’un Etat légitimé par ses engagements républicains, et non par le simple charisme de son représentant.



Si le socialiste se pose ici en défenseur de ceux qui souffrent (« les négligés, les angoissés »), ce n’est pas pour ensuite s’attaquer à un système corrompu qui serait responsable de tous les maux du peuple. Bien au contraire, il estime implicitement que la dignité du pouvoir démocratique a été bafouée pendant cinq ans par un seul homme, et que la « présidence normale » qu’il promet sera le meilleur moyen de garantir un retour aux « valeurs » qui selon lui, ont fait la France.

Comme tous les autres candidats, il se retrouve à en appeler lui aussi à ce fameux peuple, mais sans (pratiquement) jamais le nommer, et en le rattachant de manière permanente à cette République « exigente » dont il ne saurait se dissocier. De nouveau, M. Hollande préfère parier sur la prudence, en refusant pour l’instant de franchir une ligne que Sarkozy, Bayrou, Mélenchon et la famille Le Pen ont, avec les différences de méthode qui les caractérisent, déjà dépassé.

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Ennuyantes les législatives ? Huit bonnes raisons de penser le contraire….

C’est une idée fortement ancrée chez nous Français, nous qui préférons voter pour une personne plutôt que pour un parti : Les législatives sont ennuyantes, trop techno, trop locales. Trop proches aussi, peut-être, de l’élection présidentielle et de ses 8 mois de rabattage médiatique pour mobiliser des citoyens souvent lassés par la surexposition des candidats.

Le résultat se fait d’ailleurs sentir dans les urnes : l’abstention atteint en moyenne 40% des électeurs pour ce type de scrutin alors que la présidentielle en mobilise facilement quatre sur cinq. Mais alors que les élections cantonales et municipales n’ont en effet qu’un impact limité, il est important de rappeler que la nouvelle campagne à venir est loin d’être purement formelle.

Voici, pour vous le prouver, une liste qui, nous l’espérons, vous fera abonder dans notre sens. Nous vous invitons d’ailleurs à la compléter (avec humour ou sérieux) dans les commentaires.

Ces législatives seront donc pleines d’intérêt :

- Parce que vous êtes socialiste et que vous vous inquiétez forcément de savoir à quoi ressemblera la majorité de François Hollande pour les 5 années à venir. Sera t-elle issue d’un raz-de-marée PS ou au contraire d’une coalition des gauches ?

- Parce que vous pouvez croire, comme Guillaume Peltier (ex- porte parole du Président sortant), que rien n’est joué et que la droite a toute ses chances de l’emporter le 17 juin prochain.

- Parce que vous êtes écologiste, communiste, centriste ou frontiste et que cette élection représente un enjeu majeur pour vos partis respectifs.

- Parce que ce scrutin est un moment clé d’une carrière politique et qu’il influera sur l’avenir de personnalités telles que Marine Le Pen, Cécile Duflot ou encore Lionnel Luca.

- Parce que, dans un climat de tension européenne, la constitution de la nouvelle Assemblée Nationale, ainsi que l’importance du vote « anti-Bruxelles » pèseront directement sur la politique internationale du nouveau Président.

- Parce que c’est dans ces prochains mois que vous verrez émerger les ténors d’une droite post-sarkoziste et que l’on aime tous faire des pronostics pour 2017.

- Parce que, tout de même, le sort de François Bayrou vous rend curieux…

- Enfin parce que si vous venez encore sur ce blog au lendemain des présidentielles, c’est que votre addiction à la politique est incurable et que vous en redemandez… Tant mieux nous sommes là.

Nous vous donnons donc rendez-vous le 22 mai prochain pour découvrir, commentaires inclus, les premières séquence du nouvel et dernier épisode de la série 2012 « La Vraie Campagne ». Vous pourrez, en attendant, retrouver dès la semaine prochaine une compilation des articles les plus révélateurs de ces cinq derniers mois, histoire de revivre les moments forts et anodins de la bataille électorale qui s’achève.

A bientôt….

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Législatives 2012 : nous serons là pour le troisième acte!

Hier soir les résultats sont tombés et la France a découvert le visage de son nouveau Président…

Scènes de liesse d’un côté, scènes de pleurs et de désillusion de l’autre, quoiqu’il en soit reste un troisième acte à jouer, et pas des moindres, pour connaître la fin de cette course au pouvoir version 2012: celui des législatives.
Ce nouveau scrutin est décisif car c’est de lui que dépendent l’équilibre et la capacité de gouverner du Président. Mais aussi éminemment politique car il scellera le sort des partis et nouera les alliances des mois à venir.

Depuis ses débuts, nous avons souhaité avec ce blog vous faire partager nos analyses et nos impressions en tant que témoins privilégiés de la campagne. En choisissant parmi nos nombreuses heures de rushs, c’est notre regard que nous avons voulu vous faire partager, apprécier et commenter.

Prêts à repartir aux quatre coins de la France pour suivre pas à pas la conquête du Parlement qui fera l’objet d’un nouveau film en juin, c’est donc tout naturellement que nous continuerons de vous proposer ici nos articles et nos vidéos.

Grâce au bagage constitué en 18 mois de tournage, nous profiterons de cette nouvelle campagne pour mettre en perspective les idées et les stratégies qui ont été élaborées pendant la Présidentielle. Nous reviendrons, bien sûr, sur le destin de ces hommes et de ces femmes qui ont traversé tout au long de l’année cette difficile épreuve, et qui, une nouvelle fois, devront livrer bataille, chacun dans leur circonscription, à l’occasion de cette troisième mi-temps. Seront-ils cohérents dans leurs choix politiques? Quel impact les résultats de l’élection présidentielle auront-ils sur leur stratégie de campagne pour les législatives ?

Retrouvez toutes ces analyses, en texte et en image, sur notre blog! Nous aurons toujours plaisir de découvrir vos commentaires et vos avis!

D’ici-là RV ce soir sur France 3 à partir de 20h35 pour le dernier épisode d’ELYSEE 2012, LA VRAIE CAMPAGNE!!!

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Histoire d’un soir de mai

Il est 17h00 et les esprits s’échauffent… les premières estimations de vote sérieuses viennent de filtrer par les médias belges et la grande majorité des électeurs se retrouve avertie, bien avant la fermeture des bureaux de vote, de la victoire quasi certaine du candidat socialiste. Du côté de l’avenue de Ségur, au QG de campagne de notre désormais Président, on ne peut plus se retenir et les « on a gagné » des militants euphoriques viennent railler les journalistes, qui tentent tant bien que mal de maintenir un suspens désuet. Pourtant les félicitations fusent de tous côtés et l’on tombe dans les bras du voisin, inconnu ou non, pour mieux se convaincre d’un fait qui semble irréel : la Gauche est revenue.

A l’autre bout de Paris, à la Mutualité (Ve arrondissement), les supporters sarkozistes auront quant à eux eu l’honneur d’y croire jusque dans les dernières secondes, et sinon d’avoir joué le jeu pleinement en ayant fait entendre leur cri de guerre « Hollande en Corrèze, Sarkozy à l’Elysée » jusqu’à l’annonce officielle de 20h. Une fois la défaite devenue certaine, les sympathisants reprennent leurs esprits et pensent au lendemain, en n’oubliant pas de blâmer au passage des journalistes supposés « vendus » à la Gauche, une tension, forgée par le remords, s’accumulant peu à peu. Quelques minutes plus tard, l’humour réussira tout de même à alléger l’ambiance, alors que quelques rigolards, plutôt bons perdants, entonnent un ironique « On est dans la merde » sur les rythmes d’un chant de stade.

Voici, histoire d’illustrer le propos, une séquence que vous pourrez découvrir dans le 90mn de ce soir et que nous avons souhaité vous faire découvrir « Ã  chaud » au lendemain d’un scrutin qui marque la France entière, Droites et Gauches réunies.

Bon quinquennat à tous!

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Rendez-vous le 7 mai

Chers électeurs et électrices….

Ce soir, dès 20h00, vous découvrirez comme nous tous le nom du prochain président proclamé. Vous pourrez alors enfin cesser de vous torturer avec des calculs interminables basés sur des sources souvent discutables.

Ce soir dès 20h00 certains d’entre vous sauteront au plafond et laisseront exploser leur joie, tandis que les autres, déçus, devront se contenter de faire la grise mine avant de remettre le champagne au frais en vue d’une autre occasion.

Quelque soit votre état d’esprit, nous vous invitons d’ores et déjà a jeter un dernier (tout dernier) regard sur cette campagne en découvrant, demain soir sur France 3 et en prime-time, le dernier épisode de notre série présidentielle. Des extraits de la soirée du second tour seront en prime disponibles dès l’après-midi sur ce même blog, afin de vous donner un léger avant-goût du cru Moati 2012.

D’ici là nous vous souhaitons quoiqu’il arrive un bon vote, et une soirée électorale pleine d’intensité.

A vos bulletins!

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Citoyens, citoyennes !

Nous voici au terme de 8 mois de campagne présidentielles, de 8 mois passés à suivre sans relâche les moindres rebondissement d’une grande messe citoyenne qui, contrairement aux prévisions, mobilise toujours autant que par le passé. La participation s’annonce en effet un peu plus forte qu’au second tour, les électeurs prouvant ainsi une seconde fois que cette campagne, souvent jugée creuse ou inintéressante, exposait de véritables enjeux démocratiques.

En ce jour fatidique, la rédaction n’a pas pu résister à l’envie de publier un nouvel extrait, non sans respecter cependant la neutralité qu’impose un tel instant. Elysée 2012 la vraie campagne évitera donc, ce 6 mai 2012, de vous parler des deux finalistes pour revenir sur une séquence anodine, presque a-politique.

Nous sommes le 20 avril dernier, à deux jours du 1er tour, et du côté d’Europe-Ecologie-Les Verts on veut tenter un dernier coup avant le grand soir pour arrondir à la hausse les mauvais scores qui s’annoncent. Nous vous invitons à découvrir en exclusivité la « hotline Eva Joly », séquence décalée ou l’ancienne juge échange avec quelques sympathisants avant de tirer publiquement, et sans avoir peur de l’auto-critique, les leçons de la bataille présidentielle.

Bon dimanche à tous….

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Du côté de Solférino, l’ambiance des derniers jours

Le candidat socialiste semblait assez convaincu de sa victoire sur RTL ce matin, à deux petits jours du vote final. Ne pouvant pas se permettre d’être trop optimiste au vu de la gravité qui marquera le prochain quinquennat, il y a pourtant bien pratiqué une rhétorique des plus présidentielles, évoquant la préparation et la hauteur qu’exige la fonction suprême, et sous-entendant du même coup que les clés de l’Elysée sont à sa portée. Il faut dire que la bonne séquence du second tour, marquée par l’unité de la Gauche et le soutien-surprise de François Bayrou, permet de maintenir un écart de sondages suffisant pour que le Corrézien puisse se permettre quelques anticipations, aussitôt rattrapées d’ailleurs par les habituelles formules de précaution ( « Je reste humble avant l’échéance de dimanche » etc…).

C’est un exercice bien compliqué auquel se livre ainsi le favori, ce dernier se retrouvant contraint de prouver sa stature sans pour autant apparaître trop crâneur ou triomphant. Cette ultime mutation s’inscrit dans la dernière étape de cette campagne, celle qui exige aux deux finalistes d’apparaître comme (l’éventuel) Président de tous les Français, capable de rassembler et de se montrer solennel. Ces quatre derniers jours se seront justement prêté à cette évolution de style pour François Hollande, entre l’hommage rendu à Pierre Bérégovoy et la démonstration d’une certaine « pugnacité » (l’expression est désormais sur toutes les lèvres) lors du dernier débat. Il se sera ainsi prêté de manière quasi- collégiale à la prise de distance nécessaire à un homme d’Etat, enfouissant ainsi, au moins pour un temps, l’image d’un homme « mou » ou encore « irresponsable ».

Au parti socialiste, on espère que la tactique adoptée paiera, bien que le mauvais souvenir de 2002 empêche les plus optimistes de crier leur joie trop prématurément. En retournant à Solférino la veille du 1er mai, pour filmer une des dernière réunions de l’équipe communication de Manuel Valls, cet espèce de sentiment partagé, flottant, s’est fait ressentir à plusieurs reprises. L’angle adopté ici à l’occasion de la fête du travail y est révélateur du paradoxe que se doit de maîtriser le PS jusqu’à dimanche : s’ancrer à gauche tout en parlant à l’ensemble des Français.

La prudence est donc de mise, l’équipe de François Hollande étant bien soucieuse de réussir sa dernière ligne droite, d’éviter un faux pas de dernière minute qui viendrait compromettre les efforts menés depuis des mois. C’est dans cette optique que David Assouline, chargé de la mobilisation dans cette campagne, annonce que le PS saluera les cortèges syndicaux du 1er mai sans pour autant défiler à leurs côtés, histoire de ne pas prêter le flanc aux critiques d’une Droite qui a fait du soutien de la CGT aux socialistes un contre-argument de campagne.

Extrait inédit que nous ne pourrons pas monter dans le documentaire, faute de place, cette scène vous permet d’avoir un aperçu de l’ambiance qui a régné au PS cette semaine, et d’éclairer (un peu) dans la foulée le comportement médiatique des porte-paroles de François Hollande dans les derniers jours. A vous d’apprécier.

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Les étapes de campagne de Jean François Copé

Ce week end aura été celui des grandes manoeuvres pour l’UMP : pas moins de sept « figures » majeures (Fillon, Juppé, Copé…) auront animé autant de meetings dans tout l’Hexagone, avant de laisser le Président candidat, retransmis en duplex depuis Toulouse, prendre le relais et tenter une dernière percée pour conjurer le sort d’un second tour qui s’annonce sans suspense. A tel point d’ailleurs que les lieutenants de la majorité anticipent désormais sans complexes une défaite prédite par tous, histoire de mieux préparer le coup d’après et refonder une droite qui, battue ou non le 6 mai prochain, sera appelée de toute manière a repenser ses fameuses « valeurs » sur des thèmes aussi centraux que le libre-échange, la politique sociale, l’image de la nation…

Qu’elle s’inscrive dans une continuité ou qu’elle se base encore une fois sur la « rupture » l’idéologie qui se forgera dans les années à venir devr être incarnée par un chef qui aura su au préalable rassembler le peuple de droite tout en faisant émerger un autre style que celui de notre actuel président, ce dernier étant à la fois inimitable et éprouvé. Au premier rang des prétendants à la succession tant convoitée, François Fillon, chiraquien et gaulliste de la première heure, dispute déjà la place à un Jean François Copé qui privilégie pour sa part un style conservateur plus « à l’américaine ».

Le terme est ici bien pesé : l’actuel chef du parti majoritaire a passé en effet une partie de sa jeunesse outre-atlantique, où il a beaucoup appris des techniques de managements néo-libérales qui avaient marqué les campagnes Reagan dans les années 80. Bien qu’il soit aussi passé par l’ENA, cet avocat de formation se sera construit au fil des années une « success story » basée sur le volontarisme, l’ambition décomplexée et la détermination pour faire émerger un caractère détonnant des traditionnels cadres de la droite. Ici, fin 2011, devant les jeunes UMP, fort de sa position de chef de parti, Jean François Copé se livre justement à un discours des plus révélateur de sa vision politique.


ELYSEE 2012, la vraie campagne – épisode 4 -… par IMAGEETCOMPAGNIE

On l’aura compris, les « racines » n’ont pas grande valeur aux yeux du secrétaire-général, ce dernier préférant exhorter ses troupes a conquérir par elles-même des « circos » (circonscriptions) de gauche, en dépit de toutes les difficultés qu’une telle audace implique. Celui qui n’a « jamais été coaché par personne » semble ainsi livrer un manifeste du self-made man, de l’homme combatif qui ne doit rien à quiconque. Loin de ce qu’on appelait jusque là les « héritiers » ( à savoir les élites françaises sorties du moule des grandes écoles) dont il fait pourtant partie, M. Copé, tout en battant la campagne pour son candidat, tente de séduire les militants à travers une leçon d’individualisme assumé qui bouscule les codes de l’ascenseur social « à la française ».

Reste à savoir désormais si la petite révolution de style entamée par ce dernier finira par séduire un électorat qui, au fur et à mesure qu’il entre dans le XXIe siècle, se lasse des traditionnels clivage droite-gauche et des méthodes trop « franchouillardes » de notre vie politique.

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Le grand écart à droite (2/2)

« Le front anti-national » est mort. Du livre de Nathalie Kosciusko-Morizet, il ne reste rien. En cette semaine d’entre-deux tours ou chaque voix, chaque soutien compte désormais, la danse du ventre à Marine Le Pen a remplacé la lutte « anti-FN ».

Il est toujours violent de violer le temps, en rapprochant par-delà les mois et les événements deux situations aussi dissemblables. Septembre 2011, avril 2012, deux photographies de l’instant qui semblent raconter deux histoires radicalement différentes. Et pourtant, la première laissait déjà présager de la seconde.

Il est toujours instructif de montrer que la politique reste, au-delà des idéaux, une affaire de conquête de pouvoir, avec des stratégies établies de longue date au sein des partis. C’est dans cette optique que la ministre de l’Ecologie d’alors se voyait confier la difficile mission d’incarner la lutte contre l’extrême-droite, tandis que Claude Guéant se frotterait, dans le cadre du ministère de l’Intérieur, au discours sécuritaire qui fait recette auprès d’une certaine droite. L’ange blanc et l’ange noir, symboles d’une famille politique qui entend ratisser large et tester les réactions de son électorat pour savoir sur quel terrain mener campagne.

Mais la lutte contre le Front National n’est pas affaire de nuance ou de demi-mesure. Et la question de la pertinence du casting pour mener cette lutte peut se poser légitimement en revoyant cette séquence. Face à Marine Le Pen, véritable « animal politique », quelle place restait-il à une Nathalie Kosciusko-Morizet qui semblait alors perdue dans ses fiches ? Un combat inégal et de toute évidence particulièrement dur à incarner pour la ministre au sein d’une droite qui joue le grand écart depuis le départ. Depuis 2007 en réalité.

Puis est venu le temps de la déclaration de candidature. Le Président était désormais candidat. Nathalie Kosciusko-Morizet devenait dès cet instant la porte-parole d’une campagne qui allait se mener à droite, très à droite. De porte-étendard de l’UMP contre le FN, la voici maintenant défenseuse des propos de Nicolas Sarkozy sur le Hallal ou encore le droit de vote des étrangers. Un grand écart difficile pour NKM qui tente tant bien que mal de faire le job face aux journalistes en conférence de presse. Mais ce n’est pas elle, ce n’est pas sa came, ce n’est pas son style et ça se sent.

Et nous, l’équipe d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! », nous voici observateurs privilégiés d’une confrontation censée s’ancrer sur les valeurs. De valeur, nous n’en voyons pourtant qu’une seule : celle de la démocratie ; une démocratie dans laquelle tous les coups semblent permis, même les plus vils, mais une démocratie malgré tout. Le jeu en vaut sûrement la chandelle. La fin justifie probablement les moyens. C’est en tout cas la seule chose à se dire si l’on ne veut pas détourner les yeux de ce récurrent spectacle qui n’apparaît pas très vertueux.

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