01 jan

L’année cycliste 2013 vue par notre collaborateur Auryan Guyon

En cette période de fêtes de fin d’année et alors que les équipes professionnelles « font des bornes » au soleil en vue de la prochaine saison, le blog cycliste de Franche-Comté vous propose de revivre quelques-uns des meilleurs moments de l’année écoulée. Trois moments forts du cyclisme professionnel, rédigés sous la forme d’un podium forcément subjectif, mais passionné, de notre collaborateur et jeune coureur cycliste Auryan Guyon…

La 2e victoire de Warren Barguil (Vuelta 2013)/ PHOTO © Graham Watson

La 2e victoire de Warren Barguil (Vuelta 2013)/ PHOTO © Graham Watson

D’ABORD CETTE TROISIÈME PLACE DU PODIUM POUR L’ARRIVÉE DE LA COURSE EN LIGNE DES CHAMPIONNATS DU MONDE DE FLORENCE.
LE CONTEXTE : Qui décrochera le maillot arc-en-ciel de champion du monde sur ce parcours exigeant de Florence en Toscane ? Les favoris se nomment NIBALI, VALVERDE, RODRIGUEZ, FROOME, SAGAN, ou encore CANCELLARA… mais la liste va réduire dès les premières heures de course… La faute à une météo exécrable. Les orages ne cessent de s’abattre sur la Toscane, d’ordinaire si paisible et belle. On ne distingue plus les coureurs, vêtus comme des alpinistes pour survivre à cette journée en enfer qui s’annonce longue… (plus de 270 kms quand même).
LA COURSE : A l’entame du premier tour, des chutes ont déjà éjecté plusieurs favoris. Le vainqueur du Tour de France n’est plus là comme celui de la Vuelta… La sélection par l’arrière se fait naturellement alors que la Suadra Azzura décide de durcir la course pour son leader Vincenzo NIBALI. Cependant la course ne se décante pas vraiment et on se regarde en chiens de faïence entre les favoris. On arrive aux deux derniers tours lorsque le « requin de Messine » se retrouve à terre dans un virage rendu glissant par la pluie… Au prix d’un incroyable effort et de l’aide momentanée des voitures de course, le vainqueur du Giro revient dans la bataille avant l’entame du dernier tour qui va s’avérer décisif. On joue le « money time » dans la côte de Fiesole lorsque « Purito » place une banderille aussitôt contrée par… NIBALI ! Le champion sicilien et l’espagnol passent en tête au sommet de l’avant dernière difficulté. Juste derrière, RUI COSTA, URAN, contrôlés par VALVERDE mènent la poursuite… A l’avant, c’est RODRIGUEZ qui part à l’assaut de son rêve en profitant de la descente d’ordinaire le terrain de prédilection de NIBALI… Ce dernier, prudent après sa récente chute, est repris par un duo composé de RUI COSTA et VALVERDE, l’espagnol coéquipier de RODRIGUEZ. Le colombien URAN qui les accompagnait a chuté dans la descente.  En tête de la course, RODRIGUEZ possède une dizaine de secondes d’avance alors que c’est NIBALI qui mène la poursuite… L’italien est costaud et parvient à recoller avant que Purito n’en remette une… Cette fois, l’espagnol semble s’envoler vers le titre mais RUI COSTA, qui faisait de la « patinette » dans la roue de NIBALI, se lance à sa poursuite… La suite ? On la connaît, le portugais revient sur le catalan à quelques mètres de la ligne et le règle au sprint. Pourquoi ? Un suspens haletant dans le dernier tour avec un Purito magistral mais RUI COSTA plus opportuniste…

LA VIDEO

EN DEUXIÈME POSITION, LA FAMEUSE ÉTAPE DES BORDURES SUR LA ROUTE DE ST ARMAND MONTROND LORS DU TOUR DE FRANCE.
LE CONTEXTE : FROOME est en jaune après sa démonstration dans les Pyrénées et semble passer ces étapes de transition dans le centre de la France sans grandes difficultés, avant d’attaquer le Mont Ventoux puis les Alpes. Mais, cette étape entre Tours et Saint-Armand Montrond va lui réserver bien des frayeurs… La faute à des équipes Omega Pharma Quick-Step et Saxo Bank Tinkoff survoltées !
La course : La route est plate et rectiligne entre Tours et Saint Armand Montrond lors de la 13e étape du tour de France 2013. Mais elle est aussi exposée, avec peu d’abris, or, il y a du vent de côté ce vendredi 12 juillet dans cette région de l’hexagone. L’équipe de Mark CAVENDISH avait prévu ce scénario ce matin au briefing et les hommes de Patrick Lefévère vont appliquer les consignes à la lettre. Un premier éventail est créé et déjà les leaders sont obligés de remonter pour venir se placer en tête du peloton…Mais le vent souffle très fort et les coéquipiers de CAVENDISH pédalent très fort : le peloton explose ! Ensuite, l’équipe Belkin de Bauke MOLLEMA s’y met à son tour. Alejandro VALVERDE, 2e au général est piégé ! Victime d’un ennui mécanique, l’espagnol est obligé de s’arrêter pour changer de roue, il perd quelques mètres qu’il ne parviendra pas à combler malgré l’aide de ses coéquipiers… C’est le premier leader à voir ses chances de podium s’envoler. C’est une journée à faire perdre le tour à un leader et l’équipe Saxo Bank de CONTADOR l’a bien compris. A 30 kilomètres de l’arrivée, ils profitent des conditions favorables pour mettre en difficulté le maillot jaune. Il faut dire qu’il est esseulé dans un peloton qui ne comporte plus qu’une trentaine de coureurs… Bientôt il n’en restera plus qu’une dizaine en tête sous l’impulsion de ROGERS, ROCHE, KREUZIGER et CONTADOR ! Au final, FROOME ne perd « qu’ »une minute dans l’affaire mais l’addition aurait pu être plus salé…
Pourquoi ? Une étape au scénario aussi fou, ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas vu sur le tour. Et en plus sur une étape plate où il est encore plus difficile de faire des différences. C’est quand on est surpris que c’est le plus spectaculaire.

LA VIDEO

ET LA PREMIÈRE PLACE POUR LA DEUXIÈME VICTOIRE DE WARREN BARGUIL SUR LA VUELTA.
LE CONTEXTE :  Déjà vainqueur de la 13 étape, Warren BARGUIL dispute son premier grand tour à 21 ans. Cela ne va pas empêcher le prodige breton de s’imposer une deuxième fois sur les routes de la Vuelta. Il devance l’expérimenté Rigoberto URAN, lors de la 16e étape au sommet de l’alto de Formigal. Une victoire pleine de maîtrise et de sang-froid.
LA COURSE : Profil accidenté au menu de cette 16e étape de la Vuelta avec, très vite une échappée qui prend forme. On y retrouve une bonne vingtaine de coureurs dont Warren BARGUIL, Mickael CHEREL, Juan Antonio FLECHA, Rigoberto URAN, ou encore José HERRADA… L’arrivée se joue au sommet d’un col de 15,8 kms à 4% de moyenne pour aller chercher la station de Formigal. Et certains coureurs anticipent déjà en attaquant à quelques encablures des premières pentes. C’est la cas du vainqueur du tour de l’avenir 2012 Warren BARGUIL qui prend les devants alors que l’ascension finale débute à peine… Le jeune français dans son style caractéristique de grimpeur aérien fait des écarts alors que derrière ses anciens compagnons d’échappée se regardent… Va t-il le faire ? Remporter une deuxième victoire en quelques jours pour son premier grand tour à seulement 21 ans ?! Le suspens est à son comble lorsque URAN qui est en chasse revient à une vingtaine de secondes. Il reste 2 kilomètres et le colombien fonce sur la tête de la course où l’ex coureur du CC Etupes commence à trouver le temps long. Le français se relève et attend URAN qui le rejoint à l’entame du dernier kilomètre… « Ça va se la jouer comme çà » hurle le commentateur d’Eurosport. Comprenez au sprint, « à la pédale » ! BARGUIL est calé dans la roue du coureur de la Sky qui lance le sprint. Le français est dans son sillage mais ne semble pas être en position de le dépasser. Mais à 50 mètres, le voilà qui se porte à sa hauteur et le dépasse pour remporter la victoire pour quelques centimètres !
POURQUOI ? C’est historique ! BARGUIL se révèle aux yeux du monde pour son premier grand tour en remportant deux étapes. Il a l’avenir devant lui. Le talent en tout cas est bien présent, il nous l’a montré avec deux victoires de grande classe.

LA VIDEO

ALORS BIEN SÛR, L’ULTRA DOMINATION DE CHRIS FROOME SUR LES PENTES D’AX-3 DOMAINES ET DU VENTOUX RESTERONT AUSSI DANS LES MÉMOIRES tout comme l’émergence de Nairo QUINTANA parmi les grands grimpeurs au Semnoz, l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège. On retiendra aussi le festival de Nibali sur la 5e étape de Tirenno-Adriatico ou lors de l’arrivée au Tre Cime di Lavaredo. Enfin, comment oublier l’arrivée de la 6e étape de la Vuelta où Tony MARTIN se fait griller la victoire pour… 25 mètres après une échappée solitaire d’une autre époque, la dantesque « Primavera » dans la neige et le froid, les chefs d’oeuvre de CANCELLARA sur le tour des Flandres et Paris-Roubaix ou encore le spectacle proposé par le terrible angliru sur la Vuelta. Maintenant, à vous de faire votre podium des meilleurs moments de la saison !

Auryan Guyon

04 nov

(PHOTO) « Et au milieu coule une rivière… »

Une séance photos improvisée dans la vallée de la Loue. Quelques images embarquées. Un portfolio au téléphone portable pour clore la saison de route et en attendant des jours meilleurs ; une météo plus fréquentable ; des horizons plus stables sur le réseaux et une place fixe dans le trafic. D’abord loin de la ville, dans cette toile peinte entre la rivière et la pierre. Comment ça s’appelait déjà le soleil ? Les ombres portées, toute la lumière dissoute à cent à l’heure sur le bitume…

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PHOTOS ©Tous droits réservés. JL Gantner 2013

(TEXTE) « Et au milieu coule une rivière… »

Je crois que j’écoutais Imogen Heap « Have you got it in you ». L’air filait de chaque côté de mes roues. Un air frais, bleu et salé. La lumière, ivre des derniers rayons de l’été. La Loue avait retrouvé son calme après ce début de mois d’octobre très encombré médiatiquement. Comme « des ivrognes en excursion » disait Joyce. « Dégobillant par dessus bord pour donner à manger aux poissons. Nauséeux ». Une aire médiatique de compression. Abrégée, raccourcie, réduite, amoindrie … Une aire de l’information synthétique, syncrétique. Une aire d’agrégateurs artificiels, sans hommes, sans femmes, sans ivrognes, sans poissons, sans odeur, sans gout sans rien ! Ce nouvel ordre des communions essentielles entre nous en forme de tapage permanent. Un vacarme jetable effrayant. Le commerce d’un ennui mortel programmé sur nos écrans connectés à la multitude consentante. Mais Johnny s’était barré à temps. John venait d’accumuler quelques 30 bornes le nez dans le guidon sans penser une seule fois à cette terre nouvelle en forme de courge ogéèmisée. Le nouveau paradis des coloquintes transformées en potimarrons comestibles, comme on fait aussi pousser des hamburgers aux branches et des lasagnes sous les sabots des chevaux. C’est quand même chouette la télé non ?!

PHOTO © JL Gantner

PHOTO © JL Gantner

 La route de Mouthier-Haute-Pierre en passant par Ornans et Lods juste après Vuillafans. Une trajectoire sélective surgissant d’un glissement de doigts sur une partoche de Brahms. L’indigestion de caméras passée, ce furent plutôt les parfums de noix et de pommes gâtées qui saturèrent l’asphalte à l’heure du changement d’heure obligatoire. Ouais c’est ça, passe moi dont l’heure à laquelle on évitera les embouteillages ce soir en rentrant de la foire ! Mais putain ! Qu’est-ce que je fous dans ce décor de merde ?! Et la musique qui s’arrête alors qu’on avait à peine commencé de se rappeler les paroles : « Have you got it in you ». Johny s’était dit qu’il en aurait bien besoin ! L’âge peut-être ? Le sentiment de s’éventer, de se « dégobiller »… L’obsolescence, la date de péremption sur le papier d’emballage. Je repris alors mon guidon par les cornes pour une grande opération de dézinguage d’idées à la con, dans l’alignement d’une paire de nuages déguisés en prêtres statistiques ou en montres suisses déglinguées. Une conduite d’ivrogne pour faire chier les bagnoles en stress, droit vers la porte d’entrée du couvent d’air post-ADSL. Une conduite d’ecclésiastique, sans soutane, sans capote (sans Truman), sans GPS, sans portable, sans Twitter, sans Facebook, sans Wifi, sans rien ! Pauvre homme !

L’insolente nudité des fleurs devant l’amertume des revêtements antidérapants. Une scène de cul par dessus la Loue. Ma Marylou en tenue de dévergondage intégral, tout fard allumé sur ses paupières mi-closes. Marylou en forme de ligne discontinue sous son marteau piqueur corrodé. Du bitume jusqu’aux genoux. Des tas d’éclats de vie qui défilent de chaque côté de la route au lieu d’une télé d’administration. Bon ! Et heureusement que Tony n’avait pas lu Beckett ce jour là, si vous imaginez le boulot. Molloy de Beckett, Soupault ou Artaud… De quoi se pendre avec le fil de flotte tendu dans le talweg comme une corde qui nous enlace, Johny, Tony, Marylou et moi depuis des kilomètres. Une sacrée bande de coureurs cyclistes… amoureux des vadrouilles entre potes comme des voyages solitaires dans la campagne franco-suisse. Une bande d’éclectiques, le maillot ouvert aux quatre vents, filant à toute allure dans le lit de la rivière au rythme effréné des matières composites.

Je réécoutais un vieux Radiohead que j’avais fini par oublier à force de l’avoir trop entendu. « A woolf at the door », puis « Weird Fishes/Arpeggi aka Arpegg » (imprononçable) sur l’album « In Rainbow » (en téléchargement gratuit à l’époque de sa sortie / 2007). Le genre de titre hallucinant braqué dans la direction des vents d’ouest pour essayer de ralentir l’allure dans la montée des roches. Ouais… « On marche à la dynamite mon pote ! » disait un des frangins Pélissier au café de la gare de Coutance au départ du Tour de France 1924. Et qu’est-ce que ça peut bien leur foutre, à toute cette bande de cul-bénis, cette foule de bénis-oui-oui meuglant leur belle morale de compétition avec tous ces journaux propres sur eux ?! Une montée en surdose d’adrénaline. Le grand shoot ! Tout plutôt que rester là à crever comme un con.

Johnny était passé devant, comme à son habitude lorsque tout se relevait, la route et les emmerdes. Un truc de son enfance. Une manière qu’il avait prise déjà très jeune à force de se prendre un tas de trucs dans la gueule en faisant mine de ne pas encore comprendre les jolis principes de la nature humaine. Le truc d’une compensation un peu crue à trouver sur les pédales, mais qui trouvait rapidement sa justification au sommet des cols les plus rudes et sur les lignes d’arrivées des courses les plus prestigieuses. Tony n’avait pas pu suivre, d’abord collé à la roue du grimpeur et la langue pendante sur le porte bagage de son partenaire de galère. Marylou, elle, avait préféré coucher son clou au pied de la bosse et faucher les pâquerettes pour en faire des bouquets pour sa mère. Le beau bouquet de Marylou dans la vallée de la Loue, pendant que le soleil brillait dans les roues toutes cramées de son marlou. Qu’est-ce qu’on avait pu se marrer ! Toutes les conneries qu’on s’était racontées. « Oh Mary, si tu savais !… »

Après ça, il a fallu redescendre. Marylou en bas et nous en haut. John, Tony et moi à tombeau ouvert dans la pente descendante, pendant que Mary avait finalement décidé de se payer une séance de dénivelés toute seule la fleur au guidon. On avait retrouvé le reste du bouquet qui flottait à la surface de l’eau avec un petit mot pour sa mère : « T’auras vraiment été nulle jusqu’au bout. En commençant par me donner ce nom à la con dont un tas de gars plus ou moins déjantés s’en étaient déjà fait des tubes et des best-sellers. Marylou. Tu parles ! Des âneries de littérature beatnik ou des chansons périmées à la radio… Marylou par ci, Marylou, la pauvre fille… Marylou sous la neige et que sais-je ?… Marre d’être la Mary-chaussée de tout le monde. Je suis venu te dire que je m’en vais car tu m’en a trop fait !… » La gosse avait tout plaqué comme ça. Son nom qui en disait long sur « la joie blonde, avec ses longues boucles de cheveux pareilles à des vagues d’or… » ; son nom, ses cheveux, son bouquet, et ses potes pour partir pédaler toute seule jusqu’à la fin de l’été. Un putain de trou noir sur l’asphalte. Ouhhh ! Où es tu ma Loue ?!… le reste de la bande avait gueulé son nom pendant des heures sans succès. La plus grande séance de rappels de sa carrière, mais Marylou n’était pas redescendue. Une artiste pop-rock. Une des plus douée de sa génération. Dégommée aux cyanobactéries dans la montée de Haute-Pierre. Des jours plus tard, Tony continuait de hurler à la mort sur un morceau « sans titre » de Sigur Rós. Sa belle machine accrochée au parapet d’un balcon touristique sur les hauteurs d’une rivière dont le nom et la réputation avait d’abord fait le tour du monde avant de plonger dans les nimbes d’un tas de rapports administratifs et de consultations publiques censés protéger son lit d’un tas de saloperies qui empêchent dorénavant les ombres et les truites de reprendre leur souffle dans la lessive, le purin et la matière plastique. « Oh ma Loue, oh ma Loue, Oh ma terrible Loue… »

L’automne était passé à se fader du Gainsbourg en boucle ;  et puis l’hiver… D’abord quinze jours de coupure complète pour tenter de se nettoyer le gouvernail, les voiles, l’ancre et la chaine. Le grand décrassage annuel du moyeu jusqu’aux pneus. Les premières heures d’une longue errance hivernale à venir. 15 jours et 15 nuits à se faire chier devant la télé connectée à tout un tas de programmes débiles avant d’obtenir le feu vert de son entraineur pour renfiler le maillot. Johnny avait aussi profité de son temps de recharge pour se replonger dans la lecture de cette grande expérience radicale de la contre culture américaine des années 50. Cette prose là… où dans l’écriture souffreteuse, hypocondriaque et arthritique de quelques auteurs français du début du siècle dernier qui passaient encore aujourd’hui pour la substantifique moelle de notre identité nationale. Pour comparer. Pour mesurer une bonne fois pour toutes de quelle manière ce foutu pays avait commencé de sévèrement pédalé dans la semoule depuis au moins… Pollock, Rauschenberg, Jasper Johns ou Lichtenstein en peinture et Bernard Hinault pour ce qui est du cyclisme… « Bon, t’accélères ou bien t’attends qu’on te pousse ?! » avait lancé le nouveau coéquipier de Johnny l’asphalte… Un certain Dean, ou Neal quelque chose, enfin je ne me souviens plus exactement…
« Ho ! Tu vas tchatcher barbouillage et poésie toute la sortie, ou bien tu penses aussi réfléchir un jour à te mettre dans le rythme pour éviter qu’on nous prenne définitivement pour des cyclotouristes ?! ».
JL Gantner

30 oct

Gilles Da Costa/ Des « nourritures terrestres » au cadre politique des « choses vues » pour s’arrêter un moment sur l’objet d’une course cycliste décisive au sein du peloton fédéral

J’aurais d’abord voulu filmer le gars, s’esquinter les biscoteaux sur un vélo de course en compagnie d’un peloton de copains de son âge et du mien. L’ancien coureur cycliste, en plan serré sur un de ces bolides qui aurait quand même eu pas mal de gueule devant la façade du conseil régional un jour de visite ministérielle. J’aurais bien voulu… mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut ?! L’idée venait d’un collègue de travail, un confrère reporter, intéressé d’en connaître un peu plus sur le patron du cyclisme comtois. « Vendu » comme on dit.  Va pour le projet du tournage d’un portrait du patron du cyclisme franc-comtois. Un portrait de l’homme, de ses responsabilités et de son état d’esprit. Une difficulté dont j’avoue n’avoir pas tout de suite réalisé l’ampleur de la tâche, tant l’exercice réclame en général de la distance, une sorte de périmètre de sécurité garantissant l’objectivité du point de vue. Tant il est vrai aussi qu’il n’est jamais simple de réduire la vie d’un homme à quelque fonction si haute soit elle ou à quelques traits de caractères même flagrants. L’objet d’un métier qui réclamât ce temps précieux de l’examen, le temps de l’étude celui de la critique corroborée et constructive dont plus personne d’entre nous aujourd’hui n’en dispose plus. Mais passons. Caméra au poing (si l’on peut dire avec un engin de plus de 10 kg sur l’épaule d’un cameraman accroché à son opérateur du son), j’ai donc suivi le haut fonctionnaire lors d’une journée banale faite de plusieurs réunions de services disposées entre d’incessantes séances de signatures… Pas nécessairement le meilleur moyen de disséquer l’intimité du directeur des services du conseil régional de Franche-Comté. Mais tout de même… L’occasion de fouler un peu de la route empruntée chaque jour par celui qui de Montbéliard, il y a un peu plus de cinquante ans, s’était fixé une ambitieuse ligne d’arrivée dans la discipline du service public.

 

REPORTAGE © France TV 2013
JL Gantner, JM Baverel, Pierre Mayayo, Stephanie Chevalier

Gilles Da Costa qui me citait « Les nourritures terrestres » d’André Gide alors que nous terminions presque notre conversation dans son appartement bisontin. Tout au fond, dans un bureau d’un dépouillement spartiate, presque exclusivement agrémenté de plusieurs dizaines de jeux de sociétés empilés sur de grandes étagères de bibliothécaire. « Pour partager des moments avec des copains » avait répondu le cadre de la structure territoriale qu’il dirige sous les ordres de l’élue socialiste Marie-Guite Dufay. Gide… Peut-être pour évoquer ce principe, cette morale… de ne jamais faire l’économie de notre vraie nature. « Ah ! de combien de choses, Nathanaël on aurait encore pu se passer ! » écrivait celui qui voulait à tout prix se dégager de ses conformismes justement. « Mais sans aller jusque là » avait aussi conclu le nouveau président du conseil fédéral de cyclisme. Tiens, oui, justement ! Ce conformisme dont on peut se souvenir qu’il caractérise une tradition on ne peut plus ancrée au sein de l’instance nationale de cyclisme, et contre laquelle Gilles Da Costa entend bien tenter de gommer quelques excès avec beaucoup de vigueur ces prochains mois, mais aussi grâce à son sens des épreuves en peloton (cette science des alliances de circonstances et des points d’appuis passagers…) Une tâche d’équilibriste. Même si l’on considère tout le travail déployé en Franche-Comté ces dernières années et qui pourrait servir le cas échéant de modèle pertinent à la tête de la fédération… Oulah…  « Surtout ne pas jeter le manche avant la cognée !… » rétorque aussitôt le patron du cyclisme régional dans une jolie métaphore de bûcheron ; nous laissant entendre par là qu’il ne faudrait peut-être pas non plus « vendre la peau de l’ours… » La présidence de la fédé… l’ancien puncheur amateur y pense bien-sûr ! (comme me l’ont affirmé quelques-uns de ces amis proches et face caméra, considérant aussi la perte que constituerait ce départ, pour le cyclisme franc-comtois…) Car qu’on ne se la raconte pas ! ! L’initiateur de cette sorte de tout nouveau parlement du cyclisme français (largement inspiré de ce vieux modèle républicain de la séparation des pouvoirs, et dont les travaux ont débuté au printemps), y songe même certainement beaucoup lorsqu’il avoue « d’abord devoir consulter son épouse avant d’envisager cette échéance ».  Élu à la tête de sa propre création (cette assemblée, censée garantir une meilleure représentation des différents courants de pensées répartis dans l’ensemble des comités locaux), il faut bien dire que Gilles Da Costa pédale de plus en plus rond dans la direction de la région parisienne. C’est un fait. Relevant aussi que le gars a appris à tourner les jambes dans la bonne géométrie depuis longtemps ; habitué à la mare politique dans laquelle il baigne par la force de ronds dans l’eau dont il connaît l’origine et le principe de leur déploiement par cœur. De Besançon à Paname. Pour enchaîner avec le cadre géographique le plus flagrant de ces « choses vues » cédées à la postérité par Victor Hugo, et où l’on trouve ce verdict très à propos dans un fragment daté de 1870 ou 71… : « Je ne suis pas avec un parti ; je suis avec un principe. Le parti, c’est le feuillage ; cela tombe. Le principe c’est la racine ; cela reste. Les feuilles font du bruit et ne font rien. La racine se tait et fait tout. » Oui, bon, juste pour l’histoire de causer de ce que l’on a pas eu le temps de se dire ce jour là d’un tournage un peu véloce au lieu de poursuivre sur le terrain du philosophe Jean-Luc Marion… Un sujet de réflexion de Gilles Da Costa à propos de cet « Homme machine » qui saurait sûrement mettre toute la fac de Besançon « dans le dur » songeant à Bahamontes, Merckx ou Bobet  jouant de « bordures » dans la langue de Céline où dans celle de Frédéric Dard. Le prétexte d’un chouette reportage en perspective si le service public est toujours disposé à faire un peu de place à quelque érudition vélocipédique dans son planning d’animations météorologiques toujours aussi surchargé. On s’est alors quitté là, sur la sensation d’un homme fidèle à des valeurs de jeunesse qu’il affiche volontiers sur les estrades officielles, et dont l’ambition semble conditionnée par son besoin de demeurer libre en toute occasion. Une réminiscence de son histoire familiale. Certainement son moteur le plus précieux. La fin d’une interview au cours de laquelle j’avoue m’être plusieurs fois posé la question de l’impudeur dans l’opération de devoir mettre à nu les gens pour les seules faveurs d’une caméra de télévision. Je dis ça, cherchant encore la faille opportune qui m’aurait permis de justifier l’agression. JL Gantner

 

26 oct

Tour de France 2014/ L’effet Doppler sur la scène du palais des Congrès au moment du verdict !

Mercredi 23 octobre, le palais des congrès était archi comble et triait plutôt sévère aux entrées.  Des invitations passées au crible, et des tronches triées sur le volet. Un tamisage en règle Porte Maillot à l’heure de la présentation officielle du Tour de France 2014 au départ du Yorkshire. (Non, pas la peluche en forme de chien !… )

tdf-presentation-2014-chris-froome © Simon Wilkinson / SWPix.com

Chris Froome lors de la présentation du Tour de France 2014/ PHOTO © Simon Wilkinson – SWPix.com

Forcément pas mal d’anglais d’Harrogate, de York, de Leeds ou de Sheffield nippés en Marks & Spencer ; et puis des bobos de Cambridge ou des londoniens sapés chez Harrods. Du british en Vivienne Westwood , Gareth Pugh, Sarah Burton ou Paul Smith… pour viser le podium du bout de l’avenue de la Grande Armée, et faire peur ensuite aux animaux dans les allées du jardin d’acclimatation. Du froc slim et de la gabardine de grande classe au premier rang de l’immense amphithéâtre, où l’on a pris soin de respecter la hiérarchie du peloton. En commençant par placer les coureurs devant, Froome, Cavendish (d’abord les English…) et puis Contador, l’espagnol, et le français Riblon… Du beau maillot jeté en pâture aux webcams et aux MMS de « Vïpe »… Un parterre de stars installé au pied de la scène pour faciliter la navigation des vedettes entre les vagues de cameramen et de photographes. À l’intérieur : le ministre Emmanuel Valls, au lieu du service des sports de l’Élysée resté planqué dans son musée de l’avenue de France. Le chef de la garde républicaine venu éprouver sa cote de popularité au sein du petit monde de la bicyclette… mais en gardant son costume de flic pour encadrer le nouveau président de l’UCI, Brian Cookson et son bras droit David Lappartient, au cas où les représentants du cyclisme mondial auraient aussi eu l’intention de se faire la belle avant d’avoir régler les comptes de Pat McQuaid. Les huiles bien ancrées au pied du ponton sur lequel Christian Prudhomme siffle le prochain débarquement du Tour de France sur les écrans de télé de la planète entière. Derrière : des dizaines de délégations d’élus locaux, suivies de la presse venue tout exprès des 4 coins du monde ; et enfin des « badauds », tout le gruppetto… Je veux dire tous les vrais passionnés de cyclisme et des centaines de gens de terrain ; des responsables de clubs amateurs, des mécanos ; des arbitres de vire-vire dominicaux, des vendeurs de gaufres et de sandwichs ; des signaleurs et des artistes peintres en lignes d’arrivées anonymes ; des entraineurs de milliers de gamins partout en France et souvent à leurs propres frais plutôt que des « coachs » de papier glacé. Une mezzanine de bénévoles un peu loin de l’écran, conviée au cirque promotionnel de la grand’route cycliste annuelle, selon un plan de table dressée pour obéir au protocole d’une gare de triage hors d’âge. Pour ne pas vous mentir : Beaucoup des convives en savaient déjà beaucoup sur le menu du jour. Un parcours gardé « secret », dont les plus agiles connaissaient la moindre zone de ravitaillement entre les hôtels de départ et d’arrivée réservés depuis le mois d’août. Comme le détail de ses 3 jours de festivités prévues en Franche-Comté entre le 14 et le 16 juillet. (Une arrivée d’étape à la Planche-des-Belles-Filles en Haute-Saône ; puis une journée de repos, et un départ le lendemain matin de Besançon.) Un suspens, vous l’imaginez alors ! à son comble dans toutes les officines qui commentaient déjà le grand départ 2015 à Utrecht aux Pays-Bas. (Si le Blog Cycliste vous le dit !?) Une sorte d’effet Doppler sur la scène au moment du verdict. Jean-Luc Gantner

Présentation du Tour de France 2014 : L’Est à l’honneur !

Auryan Guyon (le jeune coureur de l’Amicale Cycliste Bisontine) décrypte le parcours du Tour de France 2014 pour le Blog cycliste.

Comme on le savait déjà, l’est de l’hexagone sera à l’honneur à l’occasion du 101ème tour. Un parcours truffé de pièges avec une première semaine atypique.

En effet, le tour 2014 s’élancera de Leeds dans le nord de l’Angleterre, ce qui en fait le départ le plus septentrional de son histoire. Une première étape de sprinteurs (on pense déjà au britannique Mark Cavendish…) puis un deuxième volet beaucoup plus corsé à l’image de celle de l’année dernière sur l’ile de beauté. Une étape « Liège-Bastogne-Liège » avec 3000 m de dénivelés répartis sur les 198 kms entre York et Sheffield. Il s’agira forcément d’une étape piège tout comme la 5e manche entre Ypres et Arenberg-porte du Hainaut, une fois le Tour revenu en France, une étape de 9 secteurs pavés (environ 20 kilomètres). Nul doute que les favoris prendront leurs précautions et feront des reconnaissances dans le Nord. On se souvient qu’en 2010 sur le même type d’étape, Lance Armstrong y avait perdu de précieuses minutes et Frank Schleck une clavicule…

TDF 2014 (carte)


Ensuite, le tour fait cap à l’est avec 3 étapes dans les Vosges dont la première avec l’arrivée au sommet du mur de la Mauselaine (2 bornes à 10%) à Gerardmer. La « perle des Alpes » accueillera le lendemain le départ d’une étape pour baroudeur avec l’arrivée à Mulhouse. Puis le 14 Juillet, jour de fête nationale, une étape avec 4000 m de dénivelé devrait décanter le classement général. Pas moins de 6 cols avec des pentes raides comme la trouvaille d’ASO  (le col des Chevrères) avant l’arrivée au sommet à la Planche des Belles-Filles qui fait son retour deux ans après la victoire de Christopher Froome.
Le lendemain ce sera repos à Besançon avant un départ fictif, le 16 juillet, en longeant les voies du tramway pour un départ réel à Avanne en direction d’Oyonnax (186 kms).
Deux jours plus tard on sera déjà dans les Alpes avec deux étapes avec arrivée en altitude. La première à Chamrousse sur les hauteurs de Grenoble où Lance Armstrong y avait remporté un contre la montre en 2001. La deuxième à Risoul où Nairo Quintana s’était révélé sur les routes du tour de l’avenir en 2010 à l’issue… d’un contre la montre, qui, en 2014, n’aura lieu qu’à une reprise sur les routes du tour. En effet, seulement 54 kms sont réservés à l’exercice solitaire sur la prochaine grande boucle lors de l’avant dernière étape entre Bergerac et Périgueux.
Avant cela, les Pyrénées auront sûrement fait le ménage car avec 3 étapes difficiles dont la première qui relie Carcassonne à Bagnères de Luchon avec le Port de Balès comme juge de paix sera longue de 237 kms ! Le lendemain, la 17e étape entre Sary Soulan et le Plat d’Adet est vue par beaucoup comme l’étape reine. Il faut dire qu’avec 40 kilomètres d’ascension (4 cols) en 125 kilomètres seulement, les plus forts seront forcément devant. Enfin, la dernière étape Pyrénéenne qui emprunte le col du Tourmalet avant l’ascension finale à Hautacam sera le théâtre de l’explication finale entre les favoris.
Pour finir, la traditionnelle « étape de gala » avec l’arrivée sur les champs Élysées, ne se fera pas en nocturne comme l’année dernière. Vivement le 5 Juillet ! A.G

LES 21 ÉTAPES DU TOUR DE FRANCE 2014
  5 juillet : 1ère étape, Leeds (Angleterre) – Harrogate (Angleterre), 191 km
  6 juillet : 2e étape, York (Angleterre) – Sheffield (Angleterre), 198 km
  7 juillet : 3e étape, Cambridge (Angleterre) – Londres, 159 km
  8 juillet : 4e étape, Le Touquet-Paris-Plage – Lille, 164 km
  9 juillet : 5e étape, Ypres (Belgique) – Arenberg Porte du Hainaut, 156 km
10 juillet : 6e étape, Arras – Reims, 194 km
11 juillet : 7e étape, Epernay – Nancy, 233 km
12 juillet : 8e étape, Tomblaine – Gérardmer La Mauselaine, 161 km
13 juillet : 9e étape, Gérardmer – Mulhouse, 166 km
14 juillet : 10e étape, Mulhouse – La Planche des Belles Filles, 161 km
15 juillet : Journée de Repos
16 juillet : 11e étape, Besançon – Oyonnax, 186 km
17 juillet : 12e étape, Bourg-en-Bresse – Saint-Etienne, 183 km
18 juillet : 13e étape, Saint-Etienne – Chamrousse, 200 km
19 juillet : 14e étape, Grenoble – Risoul, 177 km
20 juillet : 15e étape, Tallard – Nîmes, 222 km
21 juillet : Journée de Repos
22 juillet : 16e étape, Carcassonne – Bagnères-de-Luchon, 237 km
23 juillet : 17e étape, Saint-Gaudens – Saint-Lary-Soulan Pla d’Adet, 125 km
24 juillet : 18e étape, Pau – Hautacam, 145 km
25 juillet : 19e étape, Maubourguet Pays du Val d’Adour – Bergerac, 208 km
26 juillet : 20e étape, Bergerac – Périgueux, 54 km (contre-la-montre individuel)
27 juillet : 21e étape, Evry – Paris Champs-Elysées, 136 km

17 oct

INTERVIEW/ La belle année de Rémi Aubert

UNE INTERVIEW D’AURYAN GUYON
(Collaborateur du Blog Cycliste de France 3 Franche-Comté)

Paris-Tours, et la cinquième étape du tour de Beijing sont venus clôturer la saison cycliste sur route. Le moment pour le Blog Cycliste de faire un bilan avec certains des acteurs marquants de ces derniers mois. Pour commencer, notre collaborateur Auryan Guyon a rencontré Remi AUBERT. Le junior de l’Amicale Cycliste Bisontine, auteur d’une année exceptionnelle et pleine d’expériences.

Remy Aubert (AMCB) sur la coupe des nations juniors 2013

Remy Aubert (AMCB) sur la coupe des nations juniors 2013

Pour Rémi, tout a commencé idéalement cette année, avec une victoire sur la première course de la saison en Franche-Comté : le critérium du printemps, à Nommay. Un succès devant le Néo-Zélandais Scott Ambrose, puis un autre sur sa deuxième course (le contre-la-montre des Boucles de la Seine et Marne) qui démontrait la motivation du garçon à l’aube d’une saison qui le verra intégrer les rangs de l’équipe de France junior. Début mai, c’est encore une belle 6e place et un maillot de meilleur grimpeur sur la renommée Course de la Paix en république Tchèque. Ensuite, on retiendra bien évidemment cette 2e place sur la classique des Alpes, le premier gros objectif de la saison du Doubiste. Une belle récompense après avoir été un des principaux animateurs de la course avec notamment Bonnamour, et Paret-Peintre le futur vainqueur de l’épreuve.
La suite ? Un mois de juin consacré au baccalauréat qu’il obtiendra avec une mention très bien. Auparavant, il n’avait pas oublié de compléter ses révisions par de longues et dures séances d’entraînement avec Matthieu Nadal, son coach au Pôle espoir de Franche-Comté. Des entraînements qui porteront leurs fruits lors du mois de juillet. Une période importante dans le calendrier cycliste junior avec de belles courses comme le GP Patton qu’il dispute avec le maillot de l’équipe nationale. Une course où Rémy Aubert se classe 8e au général et premier français ! Le tour du Valromey et les championnats d’Europe viendront confirmer le talent et la forme du grimpeur de l’Amicale Bisontine avec deux nouveaux top 10 à la clé (une 10e et 9e place).
Le mois d’Août sera un peu plus décevant pour le Franc-Comtois mais sa sélection aux championnats du monde viendra récompenser l’ensemble de sa saison. Une saison qu’il nous raconte en détail pour le Blog Cycliste. Une interview recueillie par notre collaborateur Auryan Guyon.
 
Le blog cycliste : Bonjour Rémi, tu viens de terminer ta deuxième année en junior. Quel bilan tires-tu de cette saison ?

Rémi Aubert : D’une manière générale, l’année 2013 a été une très bonne année pour moi. J’avais plusieurs objectifs.
Tout d’abord, il me fallait confirmer ma première saison de junior qui était correcte. Mais aussi, pourquoi pas, intégrer l’équipe de France sur une course. Je peux maintenant dire que je suis allé au delà de mes espérances, avec 5 sélections dont une pour les mondiaux, une 2ème place à la classique des Alpes. Sans oublier (en dehors du cyclisme) le bac en poche et mon intégration a l’INSA (de Lyon, ndlr).

Rémi Aubert à l'arrivée de la classique des Alpes qu'il termine 2e. (photo U19 racing team)

Rémi Aubert à l’arrivée de la classique des Alpes où il termine 2e/ PHOTO © U19 Racing Team

 
Une saison en cyclisme, c’est long, mais quel a été ton meilleur moment cette année sur le vélo ?

J’ai eu plusieurs grands moments au cours de la saison. Ceux qui me reviennent particulièrement sont les championnats du monde (une expérience fantastique), les championnats d’Europe (un super résultat des Français, une belle course) et bien sûr la classique des Alpes.
Sans oublier, les déplacements avec le club et les nombreux entraînements avec le pôle, qui sont autant de bons moments partagés.
 
Au contraire, quel est, s’il y en a une, ta déception ?

Je retiendrai tout de même quelques échecs sur cette saison, notamment mon championnat de France raté. Mais plus largement mon mois d’août sur lequel j’ai marqué le pas. Ou encore mon abandon sur l’étape en ligne de la 2ème manche du challenge national, sous la pluie à Jugon, qui m’a aussi touché.
 
Grâce à tes bons résultats tout au long de la saison et surtout cette 2e place à la classique des Alpes, tu as eu le privilège de participer à LA course du calendrier cycliste : les championnats du monde. Comment s’est déroulée ta préparation et celle de tes coéquipiers de l’équipe de France ?

Mon approche des mondiaux a été un peu différente de celle de mes coéquipiers juniors en équipe de France.
En effet, ils ont participé à une course par étape en Italie : le Giro de basilicata (gagné par Aurélien Paret-Peintre) sur laquelle il fallait une équipe de 6. Or, nous étions 7. J’ai donc effectué une semaine de cours avant de rejoindre les espoirs en stage le week end précédant les mondiaux. J’ai été très bien accueilli par l’équipe de France espoir et j’ai pu profiter de leur stage jusqu’au mardi, date à laquelle nous avons rejoint les autres en Italie.
Je connaissais déjà mes équipiers, notamment depuis le stage effectué en Bretagne début septembre. De plus, l’ambiance était excellente. Nous formions une équipe, une belle équipe.
 
Ensuite, tu as découvert ce fameux parcours annoncé difficile du côté de Florence, en Italie.

En effet, nous avons reconnu le circuit le jeudi pour le samedi. Comme nous l’avions mis en évidence lors d’études du profil au préalable, la première côte (la côte de Fiesole longue de 4.5 km) était usante mais pas insurmontable. Seuls les 2 derniers kilomètres étaient au dessus de 8% sur une route neuve.
Ensuite, la descente qui suivait (annoncée technique) était en réalité rapide sur du sec, avec seulement 2 ou 3 virages plus serrés. Le point d’orgue du circuit était, selon moi, la bosse courte mais raide (la Via Salviati : 800m à 15% de moyenne, avec le haut à 20%). C’est là que j’éprouvais le plus de difficultés. Le reste était sinueux en ville, avec une dernière bosse de 200m à 3 bornes de l’arrivée. Enfin, la ligne droite finale de 1.5km était impressionnante. C’était donc en somme un beau parcours, mais avec la possibilité de se reprendre entre les côtes. Pour la petite histoire, nous avons pu effectuer un tour dans les roues de l’équipe de belgique élite et parler avec eux. Super expérience!
 
Raconte-nous comment s’est déroulée cette course (remportée par le grand favori : le Néerlandais Mathieu Van der Poel)?

J »ai eu du mal à me plaçer dans le peloton sur la partie en ligne (qui précédait le circuit final à parcourir plusieurs fois), qui était plane et rectiligne. Un gros coup de 16 coureurs est parti dès les 10 premiers km, avec un Français (David Rivière). Quant à moi, j’ai réussi à me replacer après 25km environ, aux alentours de la ville de notre hôtel. C’est là qu’un Polonais a démarré juste devant moi, avec un Tchèque. Je les ai accompagnés, sans rouler pour protéger David. Cela m’a permis d’arriver sur le circuit en bonne position et sans avoir à frotter dans la partie sinueuse au centre de Florence avant d’entamer les boucles.
Une fois repris par le peloton, nous avons fait le premier des 5 tours bien placés. A la fin de celui ci, alors que nous nous apprêtions à rouler (consigne du DS), Élie (Gesbert, le champion de France, ndlr)  est tombé quelques mètres devant moi. On a alors un peu gambergé, on a fait relever ceux qui roulaient en tête.
Mais lorsque l’on est passé devant un de nos DS, il nous a dit de continuer de rouler, nous ne pouvions plus attendre. On a donc sacrifié Élie et tout misé sur Franck (Bonnamour).
Ainsi, avec Aurélien, Axel et Rémy (Paret-Peintre, Journiaux et Rochas), nous avons réduit l’écart entre le peloton et le groupe de tête de 6′ à l’entrée du circuit à 30″. Je me suis garé au bout de 2 tours et demi, puis j’ai fini en roue libre avec Aurélien. On était secs ! Devant, Franck a attaqué mais VDP (le futur vainqueur) attendait son heure…
 
Tu vas faire des cyclo-cross cet hiver ou te concentres-tu déjà sur la prochaine saison sur route ?

Non, je ne ferais pas de cyclo-cross cet hiver, si ce n’est peut être les régionaux pour m’amuser et travailler un peu. Je vais couper dans quelques jours, après 2 semaines tranquilles où j’ai fait quelques courses gentleman. Ensuite, on verra…
 
Justement, comment vois-tu cette première année Espoir qui se profile ?

Je vais commencer en 2ème catégorie, et l’objectif sera de monter en première, si possible en effectuant de belles courses, comme le Tour de Franche-Comté… Je suis conscient que la marche à franchir est importante mais je pense pouvoir y arriver avec l’aide de mon club l’Amicale Bisontine et celle de mon entraîneur Matthieu Nadal. Enfin, c’est une année charnière pour moi, avec mon entrée dans les études supérieures et mon passage au niveau élite. J’espère pouvoir mener ces deux projets à bien, comme je l’ai fait jusqu’ici.

Un grand merci à Rémi pour sa disponibilité et sa gentillesse pour répondre aux questions du blog cycliste de France 3.
Auryans Guyon

Auryan Guyon

 

 

10 oct

Le reportage TV de l’Extrême-sur-Loue 2013

Le reportage de l’Extrême-sur-Loue 2013 diffusé dans le 19/20 de France 3, dimanche 6 octobre. Une édition remportée par Urs HUBER (Team Bulls), pendant que le Franc-Comtois du VC Ornans Jérôme CHEVALLIER termine premier français, à la 6e place de la compétition. Sally BIGHAM (Topeak Ergon Racing Team) l’emporte chez les filles.

 

REPORTAGE © FRANCETV 2013 / JL Gantner, JM Baverel

07 oct

Urs Huber remporte L’extrême sur Loue. Jérôme Chevallier 6e à Ornans

Bon et si on parlait de sport justement ?! D’un beau sport qu’on aime tout spécialement dans les colonnes du Blog Cycliste de France 3. De l’Extrême/ Loue… et d’une grande victoire du Suisse Urs Huber (Bulls) par exemple…

Urs Huver (Bulls) vainqueur de l'Extrême-sur-Loue à Ornans © JL Gantner 2013

Urs Huber (Bulls) vainqueur de l’Extrême-sur-Loue à Ornans © JL Gantner 2013

URS UBER (CH) VAINQUEUR POUR LA 3e FOIS À ORNANS
LE FRANC-COMTOIS JÉRÔME CHEVALLIER 6e ET PREMIER FRANÇAIS

84 km pour l’élite (60 km pour les féminines). La distance habituelle de l’Extrême-sur-loue pour recevoir un peloton prestigieux malgré quelques absents notoires cette année pour cause d’un calendrier français superposé à un agenda international déjà surchargé. Le champion de France Thomas Dietsch en Malaisie après sa victoire sur la Forestière dans le massif du Jura, Karl Platt en Allemagne… Mais Alban LAKATA (Topeak Ergon Racing Team) ou Urs HUBER (Team Bulls) en pleine forme sur un de leur principal objectif de la saison. Une tête de peloton prête à affronter la pluie toute la journée, dans lequel le Bisontin du Vélo Vélo Club d’Ornans Jérôme Chevallier va réussir à tirer son épingle du jeu… Très fort Jérôme ce dimanche ! Sur la selle presque tout le long des 84 km malgré des descentes jugées « impraticables «  par beaucoup de ses poursuivants. « J’ai dû marcher 500 mètres à peine à côté du vélo… » raconte le coureur tout terrain Franc-Comtois premier français au classement de cette 15e édition. Jérôme CHEVALLIER déjà lancé dans sa saison de cyclo-cross. Pas tout à fait l’entrainement adéquat pour tenir la distance d’un marathon de cette classe à la vitesse de 4H et 50 minutes si l’on voulait rester objectif. « J’étais vraiment bien. je suis parti plutôt doucement, comme a mon habitude, sans jamais me mettre dans le rouge. Ça m’a permis de rester lucide dans les derniers kilomètres… » Le grand crossman d’Ornans, qui expliquait sur la ligne d’arrivée avoir fini dans un état de forme « bien meilleur que lors des championnats du monde » il y a 1 an où il avait conclu l’épreuve à la 32e place et 2e Français derrière Thomas DIETSCH.

Jérôme Chavallier (VC Ornans) sur l'Extrême/Loue

Jérôme Chevallier (VC Ornans) sur l’Extrême/Loue à Mouthier-Haute-Pierre © JL Gantner

Derrière, c’est un peu l’hécatombe, forcément ! La distance, la boue… Une bavante où l’on trouve aussi des gars du CC Étupes comme Nicolas MARCHE ou Thomas BOUTEILLE. Des coursiers spécialistes du bitume, mais au cœur entrainé pour toutes sortes de réjouissances physiques, quel que soit le mode de locomotion. Thomas BOUTEILLE, vainqueur de la dernière manche du challenge Crédit Mutuel il y a une semaine sur le Prix de Velesmes-Essarts, et qui avait signé du même coup sa fin de saison sur route. Le capitaine de route du pays de Montbéliard riant aux éclats à quelques minutes du départ en pensant aux difficultés qui l’attendaient au bout de « 5 petits kilomètres de plat seulement !…  » Tom, auteur d’une 16e place plus qu’honorable ce dimanche 6 octobre à Ornans.

Chez les dames, c’est la Britanique Sally BIGHAM (Topeak Ergon Racing Team) qui s’est promenée en tête de la section de jeunes femmes venues en nombre restreint pour batailler contre les éléments. très largement devant la suissesse Esther SÜSS (Wheeler IXS Team). Fanny BOURDON (Look Beaume de Venise) première Française, termine 4e devant Hélène MARCOUYRE (BH SR Suntour KMC).
JL Gantner

CLASSEMENT SCRATCH HOMMES (TOP 20)
1HUBER Urs (Team Bulls) SUI 04h27’52 » / 2 LAKATA Alban(Topeak Ergon Racing Team) AUT 04h29’01 » / 3 GERBER Philip (IXS Swiss Bixs) SUI 04h42’34 » / 4 FANGER Martin (BMC Mountainbike Racing Team) SUI 04h43’39 » / 5 PERRIN Damian (Zimmermann BMC New York) SUI 04h49’28 » / 6 CHEVALIER Jérôme (V.C. Ornans) FRA 04h50’31 » / 7 LAFFONT Rémi (Egobike) FRA 04h55’40 » / 8 CRONE Claus (Cycling Team Rungsted CK) DEN 04h57’45 » / 9 PLIEM Manuel (Team Rad Sport Szene Ausseerland) AUT 05h02’16 » / 10 HUGUENIN Jérémy (BMC Mountainbike Racing Team) SUI 05h09’05 » / 11 ARNAUD Vincent (UC Montmeyran Valence) FRA 05h09’07 » / 12 GOMBERT Frédéric (Egobike les Florans) FRA 05h09’27 » / 13 BUCHLI Lukas (Ixs Pro Team) SUI 05h10’32 » / 14 STARK Sébastien (RCG52 STALLBERG) GER 05h10’57 » / 15 PASCAL Grégory (V.S. Romanais Péageois) FRA 05h11’45 » / 16 BOUTEILLE Thomas (C.C. Etupes) FRA 05h14’01 » / 17 VAN AELBROECK Michiel (Wassland MTB Team Cube Schalbe) BEL 05h16’20 » / 18 MARHEM Denys (V.C. Ornans) FRA 05h18’07 » / 19 BOURDEVAIRE Julien (Les Bleus de France) FRA / 20 BOURDEVAIRE Jean-Louis (Les Bleus de France) FRA / 21 PHILIPPE David (Jura Cyclisme) FRA / 22 DUNFORD Tim (Mountain Trax RT) GBR / 23 OSTERLE Benjamin (MTB) GER

CLASSEMENT SCRATCH FEMMES
1 BIGHAM Sally (Topeak Ergon Racing Team) GBR / 2 SÜSS Esther (Wheeler IXS Team) SUI / 3 LANDTWING Milena (Topeak Ergon Racing Team) SUI / 4 BOURDON Fanny (Look Beaume de Venise) FRA / 5 MARCOUYRE Hélène (BH SR Suntour KMC) FRA / 6 PIRARD Alice (Team Merida Wallonie) BEL / 7 BLANC Perrine (Bikers des 7 Monts)

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