Bonjour,
Je vous prie de trouver ci-après la programmation du CINEMA DE MINUIT pour les semaines à venir.
Fin du cycle « DRAMES, MELODRAMES » avec :
- 2 mai : L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP d’Alfred Hitchcock (Première version)
- 9 mai : VOLPONE de Maurice Tourneur
- 16 mai : PRISONIERS DU PASSE de Mervyn LeRoy
- 23 mai : TRAHISON A ATHENES de Robert Aldrich
CYCLE « RARETES, CURIOSITES » :
- 30 mai : THUNDERBOLT de Josef von Sternberg
- 6 juin : AMERE VICTOIRE de Nicholas Ray
- 13 juin : INSPECTEUR DE SERVICE de John Ford
- 20 juin : THE ET SYMPATHIE de Vincente Minnelli
- 27 juin : KAMPFENDEN HERZEN de Fritz Lang
- 4 juillet : SEAS BENEATH de John Ford
- 11 juillet : DAS SPIELZEUG VON PARIS de Michael Curtiz
- 18 juillet : MALDONNE POUR UN ESPION de Anthony Mann et Laurence Harvey
- 25 juillet : I NOSTRI SOGNI de Vittorio Cottafavi
- 1er août : LES FILLES DE KOHLHIESEL d’Ernst Lubitsch
- 8 août : THE BLACK WATCH de John Ford
- 15 août : Courts métrages de D.W.Griffith
- 22 août : MAN’S CASTLE de Frank Borzage
- 29 août : E PRIMAVERA de Renato Castellani
Je souhaite maintenant attirer votre attention sur trois livres :
« Les Hommes, le dimanche » :
Le premier est « Les Hommes, le dimanche » de Robert Siodmak et Edgar G.Ulmer écrit par Raymond Bellour et publié chez Yellow Now. On connaît la beauté du film que le Cinéma de Minuit a déjà diffusé à diverses reprises. Projeté en 1930, « Les Hommes, le dimanche » est aussitôt considéré comme « le meilleur film de fiction allemand » par une partie de la presse et le générique réunit les noms de Robert Siodmak, Edgar G. Ulmer, Billy Wilder, Fred Zinnemann, Kurt Siodmak, Eugen Shüfftan et Rochus Gliese. Une réunion exceptionnelle de talents divers qui avaient ou allapent montrer leur personnalité.
Raymond Bellour écrit très justement : « Deux choses frappent surtout sitôt qu’on s’arrête à « Menschen am Sonntag ». La qualité d’émotion qui en naît, si vive, ce qui revient à qualifier un style : de cadres, de tonalités, de lumières, de formes, de figures, d’agencement de plans. Et, au fondement de cette émotion, comme son ressort aussi avoué que secret, un alliage subtil entre ce qui paraît comme fiction et ce qu’on tient pour documentaire. »
Par rapport au cinéma allemand de l’époque, « Les Hommes, le dimanche » est un fil à part, une œuvre unique. Il était donc utile – indispensable- de lui consacrer un ouvrage. Ajoutons enfin que le film est un document passionnant sur une ville qui n’existe plus comme autrefois.
« Le corps du cinéma. Hypnoses, émotions, animalités » :
Le second est un autre livre publié par Raymond Bellour en 2009. Il s’agit de « Le corps du cinéma. Hypnoses, émotions, animalités », publié chez P.O.L.
Autant l’ouvrage sur « Les Hommes, le dimanche » est relativement court (110 pages avec de nombreux photogrammes qui restituent remarquablement le film), autant celui-ci est un ensemble de plus de six cents pages. Raymond Bellour écrit en tête du troisième chapitre intitulé « métapsychologie du cinéma » : « C’est en 1921, un an après les débuts politiques d’Hitler à Münich, l’année même où commence à paraître en feuilleton dans le Berlner Illustrierte Zeitung le roman de Norbert Jacques « Dr Mabuse, der Spieler » et un an avant que Fritz Lang n’en achève le tournage que Freud publie à Vienne « Psychologie des foules et analyse du Moi. »
Le film se compose essentiellement de trois parties : l’hypnose avec notamment « Dr Mabuse », « La femme sur la lune », « Monsieur Verdoux » et « Voyage à Tokyo », l’émotion avec « Le rebelle » de King Vidor, « L’ombre d’un doute », « Mademoiselle Oyu » et l’animalité avec « Cat People », « Tarzan l’homme singe », « Blonde Venus » et « Les oiseaux » d’Hitchcock sur lequel Bellour avait d’ailleurs écrit un texte fondamental pour les Cahiers du Cinéma.
Cet ensemble, exigeant, est une véritable réflexion sur le cinéma et ses rapports à l’hypnose et à la psychanalyse ; On y parle – évidemment – au passage du « Mystérieux Dr Korvo » d’Otto Preminger.
« Le roman du cinéma français » :
Le troisième est « Le roman du cinéma français » écrit par Dominique Borde er édité aux Editions du Rocher. On connaît les critiques de l’auteur au « Figaro » et c’est avec affection, mêlant souvenirs et anecdotes, qu’il évoque Claude Sautet et Maurice Pialat, Louis Malle et Yves Boisset, Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel et… tous les autres.
C’est donc à un panorama quelque peu nostalgique que Dominique Borde offre au lecteur, passant en quelques pages d’un sujet à un autre sans porter de jugement péremptoire et privilégiant au contraire ce qui a pu faire l’intérêt de ce cinéma français des années soixante-soixante-dix.
Le second chapitre, « comme une odeur de film » est pour l’auteur l’occasion d’évoquer non plus seulement les films mais les salles où il a pu les voir, ces salles de quartier dont la plupart ont été sacrifiées. Ceux qui se souviennent du quatuor « Balzac, Helder, Scala, Vivienne », du Texas, rue de la Gaîté, de l’Atlantic, rue Boulard, du Nouveau Théâtre, rue de Vaugirard, du Maine ou du Studio Bertrand, du Regina, rue de Rennes, seront émus – comme je l’ai été – par cette évocation d’une époque qui semble aujourd’hui tellement éloignée. Chaque salle de quartier avait sa personnalité, ses habitudes, son type de programmation. Il y avait des photos à l’entrée, on pouvait voir le film deux fois car le spectacle était permanent. Merci à Dominique Borde pour ces souvenirs…
A bientôt
Patrick Brion