Jeudi 27 janvier 2011

Bonjour ,

Je vous prie de trouver ci-après la programmation du CINEMA DE MINUIT.

Le cycle consacré au FILM NOIR s’achève le dimanche 6 février avec L’ENFER EST A LUI de Raoul Walsh.

A partir du dimanche 13 février commence un film dédié aux MONSTRES SACRES DE NOTRE PATRIMOINE :

Dimanche 13 février : BACCARA d’Yves Mirande avec Jules Berry.
Dimanche 20 février : DEDEE D’ANVERS de Yves Allégret avec Simone Signoret.
Dimanche 27 février : PANIQUE de Julien Duvivier avec Michel Simon.
Dimanche 6 mars : MARTIN ROUMAGNAC de Georges Lacombe avec Jean Gabin et Marlène Dietrich.
Dimanche 13 mars : FRIC-FRAC de Maurice Lehmann avec Arletty, Fernandel et Michel Simon.
Dimanche 20 mars : SI PARIS NOUS ETAIT CONTE de Sacha Guitry.

A bientôt.

Patrick Brion
 

Vendredi 29 octobre 2010

Bonjour

A la suite de nouveaux problèmes de droits, la programmation du CINEMA DE MINUIT doit encore être modfifiée.

 
CYCLE « LE PATRIMOINE FRANÇAIS »
Dimanche 17 octobre     MANON de Henri-Georges Clouzot.
Dimanche 24 octobre     L’EQUIPAGE d’Anatole Litvak.
Dimanche 31 octobre     L’AVENTURIER de Marcel L’Herbier
Dimanche 7 novembre   L’ECOLE DES COCOTTEs de Pierre Colombier.
Dimanche 14 novembre LE CHEMIN DE RIO de Robert Siodmak.
Le cycle s’arrêtera ainsi. Les deux films initialement prévus ensuite – BACCARA et LES VISITEURS DU SOIR – seront programmés en 2011.

Seront alors diffusées trois soirées « hors cycle »:
Dimanche 21 novembre DESCARTES de Roberto Rossellini.
Dimanche 28 novembre UNE HISTOIRE IMMORTELLE d’Orson Welles suivi de QUAND J’ETAIS MORT d’Ernst Lubitsch.
Dimanche 5 décembre A LA RECHERCHE DE MISTER GOODBAR de Richard Brooks.

CYCLE « HOMMAGE AU FILM NOIR »
Dimanche 12 décembre REGLEMENT DE COMPTES de Fritz Lang.
Dimanche 19 décembre NIGHTFALL de Jacques Tourneur.
Dimanche 26 décembre ASSOCIATION CRIMINELLE de Joseph H. Lewis.
Dimanche 2 janvier  THE EARL OF CHICAGO de Richard Thorpe.
Dilmanche 9 janvier  JOHNNY ROI DES GANGSTERS de Mervyn LeRoy.

Dimanche 16 janvier     DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR de Richard Quine.
Dimanche 23 janvier    SUR LA TRACE DU CRIME de Roy Rowland.
Dimanche 30 janvier    LE MEDAILLON de John Brahm.
Dimanche 6 février L’ENFER EST A LUI de Raoul Walsh

Je tiens d’autre part à vous signaler l’intérêt exceptionnel du coffret de DVD consacré à FRANK BORZAGE et édité par Carlotta.

Ce coffret qui a été supervisé par Hervé Dumont auquel on doit un admirable livre sur Frank Borzage, comprend notamment:
SEVENTH HEAVEN L’HEURE SUPREME (1927)
STREET ANGEL L’ANGE DE LA RUE (1928)
LUCKY STAR (1929)
ainsi que les fragments qui ont survécu de THE RIVER LA FEMME AU CORBEAU (1928)
ainsi que les trois courts métrages réalisés par Borzage pour Screen Directors Playhouse:
A TICKET FOR THADDEUS
DAY IS DONE et le superbe
THE DAY I MET CARUSO

La somme des informations données par Hervé Dumont va de pair avec la splendeur des trois chefs-d’œuvre du cinéma muet.
Le cinéma de Frank Borzage, à la fois tragique et romanesque, est inoubliable et les quatre films – avec les fragments de LA FEMME AU CORBEAU – portent la marque d’une perfection inégalée en même temps que celle du style de la Fox de l’époque (voir L’AURORE de F.W.Murnau).
Retrouver ainsi l’univers de Borzage est un moment magique.

A bientôt.

 
Patrick Brion

Lundi 11 octobre 2010

Bonjour

Je tiens d’abord à vous informer d’un changement de programmation du CINEMA DE MINUIT.

En effet, si le cycle consacré au Patrimoine français conserve ses dates initialement prévues, le 5 décembre, nous programmerons A LA RECHERCHE DE MISTER GOODBAR de Richard Brooks à la place de L’ENFER EST A LUI de Raoul Walsh.

Pourquoi?
Parce que les problèmes de droits sont plus compliqués que jamais. Le film de Brooks était prévu pour figurer dans notre nouveau cycle Raretés, curiosités de 2011 , vers juillet/août. Mais les droits du film en raison de divers litiges doivebnt impérativement s’arrêter au 31 décembre 2010. Donc, sous peine de risquer de ne pas pouvoir diffuser le film, il fait le programmer en 2010…

L’ENFER EST A LUI sera diffusé le 6 février 2011. Au lieu de commencer le cycle consacré au Film noir, il le terminera. Les dates données pour tous les autres films de ce cycle restent donc justes.

L’actualité des sorties de films en DVD, me conduit, d’autre part, à attirer votre attention sur certains titres:

LES MAUDITS (1947) de René Clément. Excellente idée de la part de Gaumont de sortir dans une parfaite édition « Les Maudits ». Le film est accompagné d’un documentaire « René Clément ou le cinéma de l’épure » réalisé par Dominique Maillet et qui comprend des témoignages de ceux qui ont travaillé avec lui, notamment Costa Gavras, Claude Pinoteau et Dominique Delouche. Jean-Claude Missiaen analyse de son côté avec pertinence la place de René Clément et son importance alors que Denitza Bantcheva qui a écrit un livre sur l’auteur de « Jeux interdits » fait part de ses réflexions sur l’œuvre de Clément. 
On parle ainsi de la claustrophobie de certains des films de Clément – particulièrement évidente dans « Les Maudits », du rôle du destin dans ses films. Certains rappellent que Clément était un solitaire. Ce qui avait contribué à augmenter l’ostracisme dont il avait été la victime de la part des cinéastes de la nouvelle vague. Jean-Claude Missiaen rappelle que pour le tournage des « Maudits » un sous-marin avait été construit avec les cotes d’un authentique sous-marin et Costa-Gavras et Claude Pinoteau racontent comment a été tournée la fameuse scène du train dans « Le jour et l’heure ».
Tous rappellent combien Clément était un excellent technicien, difficile et inventif. La vision des « Maudits » le confirme aisément et permet, une fois de plus, combien le futur metteur en scène des « Félins » a été victime d’une injustice qui perdure.

LA CHEVAUCHEE DES BANNIS (DAY OF THE OUTLAW- 1959) d’Andre de Toth.
Sous le titre de « Noir comme la neige. Un western hors-la-loi », Wild Side a donc édité le film de De Toth sous la forme d’un livre/DVD. La partie livre est signée par Philippe Garnier qui a déjà écrit sur De Toth qu’il avait rencontré. L’auteur analyse la gestion de ce curieux western qui se passe dans un lieu isolé entouré de neige et qu’interprètent Robert Ryan, Tina Louise et Burl Ives.
De Toth a exigé de tourner le film en noir et blanc et Bertrand Tavernier souligne dans une interview l’aspect « dreyerien » du film. Il reste une énigme à savoir le rôle joué par Philip Yordan qui signe seul au générique le scénario. On sait que Yordan avait parfois l’habitude de signer des scénarios écrits par d’autres, notamment des écrivains victimes de la liste noire et de la chasse aux sorcières. Cela ne semble pas être le cas ici et il est diificile de créditer complètement – ainsi qu’il semblerait le faire croire – De Toth de l’écriture du scénario. Quelqu’en soit l’auteur le scénario est en tout cas le matériau idéal qui permet à De Toth qui a rarement été aussi inspiré qu’ici de s’attacher à des personnages remarquablement décrits et oppressés par une nature hostile.
Un beau western et une très belle édition.

 
MAURO BOLOGNINI. 
Carlotta  à qui on doit l’édition des films de Douglas Sirk et un beau coffret Allan Dwan s’attache ici à l’oeuvre de Mauro Bolognini.
Depuis de nombreuses années, depuis ses débuts presque, le « Cinéma de minuit » a programmé de plusieurs  films de Bolognini, reconnu en Italie comme un  cinéaste majeur et toujours sous-estimé en France.
Certains de ses films ont déjà été édités mais le fait que ce soit un coffret avec quatre films qui ne l’ont jamais été permettra peut-être – enfin! – de réévaluer cette passionnante carrière.

Les quatre films en question sont:                                 
LES GARCONS (LA NOTTE BRAVA – 1959)
, une remarquable comédie de mœurs avec Laurent Terzieff, Jean-Claude Brialy et Antonella Lualdi sur un scénario de Pier Paolo Pasolini.                                                                         

BUBU DE MONTPARNASSE (BUBU – 1971)   avec Ottavia Piccolo et Massimo Ranieri d’après le roman réaliste de Charles-Louis Philippe.  L’action a été transposée en Italie et les couleurs d’Ennio Guarnieri sont de toute beauté.                                                                                                                                  

LIBERTE MON AMOUR  (LIVERA, AMORE MOI… – 1975 avec Claudia Cardinale, Philippe Leroy  et Bruno Cirino a pour cadre l’Italie du fascisme puis de la Libération avec toutes ses ambiguïtés.                                                                                              

VERTIGES (PER LE ANTICHE SCALE – 1975)  avec Marcello Mastroianni, Françoise Fabian et Marthe Keller, se déroule dans un hôpital psychiatrique de Toscane en pleine montée du fascisme.
Bolognini que l’on à stupidement traité parfois de petit maître en raison du soin qu’il apporte aux couleurs apparaît dans ces quatre films comme un remarquable directeur d’acteurs et l’un des peintres les plus intéressants de la société italienne avec ses compromissions, ses passions, sa politique et sa violence.
Un coffret indispensable.

La société Carlotta a également édité il y a quelques mois le très beau film de Max Ophuls LES DESEMPARES  (THE RECKLESS MOMENT – 1949) avec James Mason et Joan Bennett. Il s’agit d’un très beau « film noir » en même temps qu’un admirable portrait de femme. Le film possède en bonus un documentaire avec Lutz Bacher, l’auteur de « Max Ophuls in the Hollywood Studios » et une analyse du cinéaste Todd Haynes relative à la position de la femme au foyer à travers le film.

Il faut également signaler la sortie chez SNC  de deux classiques du cinéma français de 1949 :  
MANON de Henri-George Clouzot avec Cécile Aubry et Michel Auclair. C’est l’occasion d’admirer une fois de plus le talent de Clouzot qui n’a toujours pas aujourd’hui la place qui devrait lui revenir.
Le film est accompagné d’une très intéressante interview de Cécile Aubry, disparue peu de temps après, qui parle de son admiration pour « Les visiteurs du soir » et « Les enfants du paradis », de sa dette envers Clouzot et de la manière dont il la dirigeait.
En revoyant le film, on découvre d’ailleurs à quel point Cécile Aubry annonçait en fait Brigitte Bardot par son mélange d’innocence et de pouvoir de séduction.
On trouve également chez SNC OCCUPE-TOI D’AMELIE de Claude Autant-Lara avec Danielle Darrieux et Jean Desailly, une très brillante adaptation cinématographique de la pièce de Georges Feydeau.
La vision de ces deux films  montre en tout cas à quel point l’agressivité de certains des critiques de la nouvelle vague envers Clouzot et Autant-Lara était totalement injuste et a contribué en tentant d’empêcher de tels cinéastes de tourner à un affaiblissement artistique de notre cinéma national.

 
A bientôt.

Patrick Brion
 

Lundi 20 septembre 2010

Bonjour,

Je vous prie tout d’abord de trouver la programmation du « Cinéma de minuit » pour les prochaines semaines:

CYCLE « LE PATRIMOINE FRANÇAIS »

Dimanche 17 octobre     MANON de Henri-Georges Clouzot.
Dimanche 24 octobre     L’EQUIPAGE d’Anatole Litvak.
Dimanche 31 octobre     L’AVENTURIER de Marcel L’Herbier
Dimanche 7 novembre   L’ECOLE DES COCOTTEs de Pierre Colombier.
Dimanche 14 novembre LE CHEMIN DE RIO de Robert Siodmak.
Dimanche 21 novembre BACCARA de Yves Mirande.
Dimanche 28 novembre LES VISITEURS DU SOIR de Marcel Carné.

CYCLE « HOMMAGE AU FILM NOIR »
Dimanche 5 décembre   L’ENFER EST A LUI de Raoul Walsh.
Dimanche 12 décembre REGLEMENT DE COMPTES de Fritz Lang.
Dimanche 19 décembre NIGHTFALL de Jacques Tourneur.
Dimanche 26 décembre ASSOCIATION CRIMINELLE de Joseph H. Lewis.
Dimanche 2 janvier         THE EARL OF CHICAGO de Richard Thorpe.
Dimanche 9 janvier       JOHNNY ROI DES GANGSTERS de Mervyn LeRoy.
Dimanche 16 janvier     DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR de Richard Quine.
Dimanche 23 janvier    SUR LA TRACE DU CRIME de Roy Rowland.
Dimanche 30 janvier    LE MEDAILLON de John Brahm.

 

Je souhaite maintenant attirer votre attention sur l’ouvrage que vient d’écrire Hubert Niogret, « Julien Duvivier. Cinquante ans de cinéma » publié chez l’éditeur Bazaar.

Julien Duviver dont le « Cinéma de minuit » s’attache régulièrement à diffuser les fims demeure l’un des auteurs majeurs du cinéma français les plus sous-estimés.

 L’ hommage qui lui a été rendu à la Cinémathèque
il y a quelques semaines n’a , à titre d’exemple, pas reçu l’accueil qui aurait dû être le sien et il suffit pour en être persuadé de comparer les carrières et la notoriété de Julien Duvivier et de Jean Renoir.

L’un et l’autre ont commencé leur carrière à l’époque du cinéma muet, Duvivier en 1919, Renoir en 1924. Duvivier a adapté Zola (« Au bonheur des dames », « Pot Bouille ») et Simenon (« La tête d’un homme », « Panique »). Renoir a fait de même (« Nana », « La nuit du carrefour »). L’un et l’autre ont dirigé Jean Gabin, Michel Simon, Louis Jouvet, Catherine Rouvel, Françoise Arnoul, Marcel Dalio, ita Parlo, Gaston Modot, Paulette Dubost…

L’un et l’autre ont travaillé – brièvement – à Hollywod avant de revenir après la guerre en France.

Comment expliquer l’enthousiasme dont ont toujours bénéficié les films de Renoir - y compris « Le déjeuner sur l’herbe » et « Le testament du docteur Cordelier » – et l’ostracisme dont est toujours victime Duvivier.

L’ouvrage d’Hubert Niogret, parfaitement documenté, suit la carrière foisonnante de Duvivier, une carrière jalonnée de chef-d’œuvre de « La belle équipe » à « Panique », de « La fin du jour » à « Pépé le Moko » et donne la parole à plusieurs reprises à ceux qui ont travaillé avec lui (Dany Carrel, Max Douy, Pierre Vaneck, Danièle Delorme).

On trouve également certaines lettres écrites par Duvivier (à Abel Gance comme à François Truffaut) ainsi qu’une filmographie particulièrement complète qui rappelle à ceux qui en douteraient encore l’importance de la carrière du cinéaste et permet d’autant plus de regretter que plusieurs de ses œuvres majeures  soient désormais invisibles pour de tristes arguties juridiques.

Patrick Brion

 
 

Vendredi 30 juillet 2010

Bonjour
   
Voici quelques nouvelles concernant la programmation du Cinéma de Minuit.

En ce qui concerne le mois d’août, la soirée composée de courts métrages de David Wark Griffith, le 15 août, comprendra :

-    The Adventures of Dollie
-    Those Awful Hats
-    The Sealed Room
-    A Corner in Wheat
-    The House with Closed Shutters
-    The Usurer
-    The Last Drop of Water

A la suite de notre cycle « Raretés, curiosités », commencera un nouveau cycle.

« Le cinéma italien, la diversité » :

Dimanche 5 septembre   : Nuits Blanches de Luchino Visconti
Dimanche 12 septembre : Main basse sur la ville de Francesco Rosi
Dimanche 19 septembre : Viol en première page de Marco Bellocchio
Dimanche 26 septembre : Onze Fioretti de François d’Assise de Roberto Rossellini
Dimanche 3 octobre : Arte di Arrangiarsi de Luigi Zampa
Dimanche 10 octobre : Théorème de Pier Paolo Pasolini

Les deux cycles suivants seront consacrés au Patrimoine français et au Film noir.

J’ai déjà signalé dans un précédent texte, l’effort fait par la société Bach Films qui édite certains des plus célèbres serials hollywoodiens. Loin d’arrêter, Bach Films continue et met ainsi à la disposition du public:

-    « The Lone Ranger » (1938) de William Witney et John English avec Lee Purcell dans le rôle du Lone Ranger et Chief Thunder Cloud dans celui du fidèle Tonto, le cheval Silver King et Herman Brix étant également présents. George Montgomery y joue un petit rôle.Le film est présenté en version française en trois parties tel qu’il l’a été lors de sa sortie.

-    « Daredevils of the Red Circle » (Les trois diables rouges) (1939) de William Witney et John English avec Charles Quigley, Herman Brix, David Sharpe et Carole Landis. Proposé en vo et en vf, le film est – faut-il encore le rappeler – l’un des classiques du genre, riche en péripéties et en surprises diverses. C’est dans ce film que figure la fameuse séquence du héros en moto poursuivi par les flots, une scène inoubliable !

-    « Adventures of Captain Marvel » (1941) de William Witney et John English avec Tom Tyler et Robert Strange. La formule « shazam » y transforme le journaliste Billy Batson en le capitaine Marvel, défenseur de la liberté et farouche adversaire du Scorpîon. On profitera de ce serial pour rendre l’hommage qu’il mérite au cascadeur David Sharpe auquel on doit de magnifiques moments. Je me permets aussi de vous rappeler que la formule magique « shazam » est l’acrostiche des dieux ou héros dont Billy possède les dons: Salomon, Hercule, Atlas, Zeus, Achille et Mercure !

-    « The Tiger Woman » (1944) de Spencer Gordon Bennett et Wallace Grissell avec Allan Lane et Linda Sterling, la vedette de « Zorro’s Black Whip » des mêmes Bennett et Grissell..

-    « King of the Rocket Men » (1949) de Fred C. Brannon avec Tristram Coffin, Mae Clarke et Don Haggerty. Jeff King, le « rocket man » y affronte le redoutable Doctor Vulcan.
Un superbe ensemble qui nous permet de retrouver ce genre étonnant qu’était le serial.

Au titre des livres, je tiens d’autre part à vous signaler la réédition augmentée de « Dans les griffes de la Hammer » de Nicolas Stanzick aux Editions Le Bord de l’eau.
La première édition était épuisée depuis longtemps. On sait l’importance qu’à joué la Hammer dans l’histoire du cinéma britannique et dans celle du cinéma fantastique. L’auteur dresse la filmographie complète de la production de la Hammer, de « The Public Life of Henry the Ninth » (1935) jusqu’à « Let Me in  » (2010).

On retrouve au fil du livre les grands classiques « The Quatermass Experiment » de Val Guest et naturellement – et surtout – l’œuvre de Terence Fisher, de « The Curse of Frankenstein » à « Horror of Dracula », de « The Revenge of Frankenstein » à  « The Hound of the Baskerville ».
Très intelligemment, l’auteur a voulu replacer la production de la Hammer et les films de Terence Fisher dans le contexte économique de l’époque.
On peut ainsi suivre les recettes des films ainsi que l’accueil critique – souvent pitoyable! – de certains de ces meilleurs films.
De même, Nicolas Stanzick a choisi d’interviewer longuement ceux qui ont vécu l’époque de l’âge d’or de la Hammer (Michael Caen, Jean-Claude Romer, Noël Simsolo), rendant compte au passage de l’importance de la salle bien connue qu’était le Midi-Minuit et de la revue qui s’y est référée Midi-Minuit Fantastique. « C’était une façon d’écrire l’histoire de la cinéphilie fantastique française via son emblème de naissance, la Hammer ».

L’auteur s’attache avec beaucoup d’intelligence aux thèmes et aux liens avec la littérature (Mary Shelley, Bram Stoker).
De même que le Midi-Minuit, désormais disparu,  l’âge d’or  de la Hammer n’est aujourd’hui plus qu’un souvenir, l’ouvrage de Nicolas Stanzick, permet de faire le point sur les films les meilleurs de la compagnie en attendant de les voir en DVD ou à la télévision…

A bientôt.

Patrick  Brion

 

Mercredi 21 avril 2010

Bonjour,

Je vous prie de trouver ci-après la programmation du CINEMA DE MINUIT pour les semaines à venir.

Fin du cycle « DRAMES, MELODRAMES » avec :

- 2 mai : L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP d’Alfred Hitchcock (Première version)
- 9 mai : VOLPONE de Maurice Tourneur
- 16 mai : PRISONIERS DU PASSE de Mervyn LeRoy
- 23 mai : TRAHISON A ATHENES de Robert Aldrich

CYCLE  « RARETES,  CURIOSITES » :

- 30 mai : THUNDERBOLT de Josef von Sternberg
- 6 juin : AMERE VICTOIRE de Nicholas Ray
- 13 juin : INSPECTEUR DE SERVICE de John Ford
- 20 juin : THE ET SYMPATHIE de Vincente Minnelli
- 27 juin : KAMPFENDEN HERZEN de Fritz Lang
- 4 juillet : SEAS BENEATH de John Ford
- 11 juillet : DAS SPIELZEUG VON PARIS  de Michael Curtiz
- 18 juillet : MALDONNE POUR UN ESPION de Anthony Mann et Laurence Harvey
- 25 juillet : I NOSTRI SOGNI de Vittorio Cottafavi
- 1er août : LES FILLES DE KOHLHIESEL d’Ernst Lubitsch
- 8 août : THE BLACK WATCH de John Ford
- 15 août : Courts métrages de D.W.Griffith
- 22 août : MAN’S CASTLE de Frank Borzage
- 29 août : E PRIMAVERA de Renato Castellani

Je souhaite maintenant attirer votre attention sur trois livres :

« Les Hommes, le dimanche » :

Le premier est « Les Hommes, le dimanche » de Robert Siodmak et Edgar G.Ulmer écrit par Raymond Bellour et publié chez Yellow Now. On connaît la beauté du film que le Cinéma de Minuit a déjà diffusé à diverses reprises. Projeté en 1930, « Les Hommes, le dimanche » est aussitôt considéré comme « le meilleur film de fiction allemand » par une partie de la presse et le générique réunit les noms de Robert Siodmak, Edgar G. Ulmer, Billy Wilder, Fred Zinnemann, Kurt Siodmak, Eugen Shüfftan et Rochus Gliese. Une réunion exceptionnelle de talents divers qui avaient ou allapent montrer leur personnalité.

Raymond Bellour écrit très justement : « Deux choses frappent surtout sitôt qu’on s’arrête à « Menschen am Sonntag ». La qualité d’émotion qui en naît, si vive, ce qui revient à qualifier un style : de cadres, de tonalités, de lumières, de formes, de figures, d’agencement de plans. Et, au fondement de cette émotion, comme son ressort aussi avoué que secret, un alliage subtil entre ce qui paraît comme fiction et ce qu’on tient pour documentaire. »

Par rapport au cinéma allemand de l’époque, « Les Hommes, le dimanche » est un fil à part, une œuvre unique. Il était donc utile – indispensable- de lui consacrer un ouvrage. Ajoutons enfin que le film est un document passionnant sur une ville qui n’existe plus comme autrefois.


« Le corps du cinéma. Hypnoses, émotions, animalités » :

Le second est un autre livre publié par Raymond Bellour en 2009. Il s’agit de « Le corps du cinéma. Hypnoses, émotions, animalités », publié chez P.O.L.

Autant l’ouvrage sur « Les Hommes, le dimanche » est relativement court (110 pages avec de nombreux photogrammes qui restituent remarquablement le film), autant celui-ci est un ensemble de plus de six cents pages. Raymond Bellour écrit en tête du troisième chapitre intitulé « métapsychologie du cinéma » : « C’est en 1921, un an après les débuts politiques d’Hitler à Münich, l’année même où commence à paraître en feuilleton dans le Berlner Illustrierte Zeitung le roman de Norbert Jacques « Dr Mabuse, der Spieler » et un an avant que Fritz Lang n’en achève le tournage que Freud publie à Vienne « Psychologie des foules et analyse du Moi. »

Le film se compose essentiellement de trois parties : l’hypnose avec notamment « Dr Mabuse », « La femme sur la lune », « Monsieur Verdoux » et « Voyage à Tokyo », l’émotion avec « Le rebelle » de King Vidor, « L’ombre d’un doute », « Mademoiselle Oyu » et l’animalité avec « Cat People », « Tarzan l’homme singe », « Blonde Venus » et « Les oiseaux » d’Hitchcock sur lequel Bellour avait d’ailleurs écrit un texte fondamental pour les Cahiers du Cinéma.

Cet ensemble, exigeant, est une véritable réflexion sur le cinéma et ses rapports à l’hypnose et à la psychanalyse ; On y parle – évidemment – au passage du « Mystérieux Dr Korvo » d’Otto Preminger.

 
« Le roman du cinéma français » :

Le troisième est « Le roman du cinéma français » écrit par Dominique Borde er édité aux Editions du Rocher. On connaît les critiques de l’auteur au « Figaro » et c’est avec affection, mêlant souvenirs et anecdotes, qu’il évoque Claude Sautet et Maurice Pialat, Louis Malle et Yves Boisset, Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel et… tous les autres.

C’est donc à un panorama quelque peu nostalgique que Dominique Borde offre au lecteur, passant en quelques pages d’un sujet à un autre sans porter de jugement péremptoire et privilégiant au contraire ce qui a pu faire l’intérêt de ce cinéma français des années soixante-soixante-dix.

Le second chapitre, « comme une odeur de film » est pour l’auteur l’occasion d’évoquer non plus seulement les films mais les salles où il a pu les voir, ces salles de quartier dont la plupart ont été sacrifiées. Ceux qui se souviennent du quatuor « Balzac, Helder, Scala, Vivienne », du Texas, rue de la Gaîté, de l’Atlantic, rue Boulard, du Nouveau Théâtre, rue de Vaugirard, du Maine ou du Studio Bertrand, du Regina, rue de Rennes, seront émus – comme je l’ai été – par cette évocation d’une époque qui semble aujourd’hui tellement éloignée. Chaque salle de quartier avait sa personnalité, ses habitudes, son type de programmation. Il y avait des photos à l’entrée, on pouvait voir le film deux fois car le spectacle était permanent. Merci à Dominique Borde pour ces souvenirs…

 

A bientôt

Patrick Brion

 

Jeudi 4 mars 2010

Bonjour

En attendant de vous donner la suite de la programmation du CINEMA DE MINUIT qui fera l’objet de ma prochaine lettre, je tiens à vous indiquer plusieurs parutions en livre ou en dvd.

Côté DVD, il convient de signaler la passionnante collection de serials éditée par Bach Films.

On trouve déjà pour l’instant :
- DRUMS OF FU MANCHU de William Witney et John English avec Henry Brandon
- JUNGLE GIRL de William Witney et John English avec Frances Gifford et Tom Neal
- SOS COAST GUARD de William Witney et Alan James avec Ralph Byrd et Bela Lugosi
- ZORRO RIDES AGAIN de William Witney et John English avec John Carroll et Reed Howes
- DICK TRACYS G-MEN de William Witney et John English avec Ralph Byrd et Irving Pichel
- FLASH GORDON SPACE SOLDIERS de Frederick Stephani avec Buster Crabbe
- FLASH GORDON TRIP TO MARS de Ford Beebe et Robert Hill avec Buster Crabbe.

Pour tous ceux qui se souviennent du serial et des films à épisodes, retrouver ces films est à la fois un moment de nostalgie et une part de l’histoire du cinéma.
Ce dernier aspect est particulièrement bien développé dans les nombreux bonus, notamment dans les interviews de Bertrand Tavernier qui ne cache pas son admiration pour William Witney, et Roland Lacourbe.

En plus de ces présentations, la collection comprend en bonus de véritables films. LE FANTOME INVISIBLE de Joseph H. Lewis avec Bela Lugosi accompagne SOS COAST GUARD, NABONGA de Sam Newfield avec Julie London JUNGLE GIRL, LE MYSTERE DE MR. WONG de William Nigh avec Boris Karlof DRUMS OF FU MANCHU, LA MARQUE DE ZORRO et LE FILS DE ZORRO avec Douglas Fairbanks ZORRO RIDES AGAIN.
On sait que Steven Spielberg s’est volontiers inspire des serials pour sa série des INDIANA JONES. On le comprend car le genre avec ses surprises, ses « fausses fins », ses innombrables péripéties, ses dangereux criminels (Fu Manchu, l’Empereur Ming, Boroff le savant fou) et son mélange d’humour et de sens dramatique a conservé tout son attrait.

Côté  livre, l’ouvrage de Natacha Thiéry « Photogénie du désir Michael Powell et Emeric Pressburger 1945-1950 » est particulièrement intéressant. Et – on peut le dire – dès sa couverture où l’on trouve à la fois une superbe photo de fondu enchaîné extraite du « Narcisse noir » et l’indication dans le titre que l’auteur ne se contentera pas de ne parler que de Michael Powell, mais qu’elle n’oubliera pas son alter ego, Emeric Pressburger, régulièrement relégué dans l’ombre dans les habituels ouvrages.
Natacha Thiéry commence par faire une judicieuse analyse des rapports entre le cinéma britannique et la presse française. Détesté par Truffaut, le cinéma anglais s’est longtemps résumé pour certains à la carrière britannique d’Hitchcock.
Le corpus envisagé par l’auteur se compose de six films « Je sais où je vais ? », « Une question de vie ou de mort », « Le narcisse noir », « Les chaussons rouges », « The Small Back room » et « La Renarde ».
Natacha Thiéry écrit à leur propos : « S’ils ne forment pas un ensemble continùment homogène au sein d’une œuvre elle-même polymorphe, ces films génèrent en revanche des questionnements similaires, et l’émotion qu’ils suscitent a un fondement commun ».
Comme je l’ai indiqué plus haut, l’auteur indique la part importante de Pressburger au sein du couple – elle se réfère ainsi très souvent à leur compagnie The Archers – plutôt que de privilégier systématiquement Michael Powell, tout en écrivant pourtant très justement : « L’image powellienne donne la sensation de résulter de couches superposées les unes aux autres, d’un feuilleté de visible et d’invisible. »
A propos justement des Archers, elle ajoute : « Les films des Archers ne sont réductibles ni à un genre, ni à un unique courant esthétique. Ils sont au contraire le fruit d’une mosaïque d’influences et d’une combinaison complexe d’appropriations et d’inventions. » Suit une étude particulièrement juste des rapports de ces films avec l’expressionnisme.
La qualité du texte va de pair avec une illustration – des photogrammes – superbe. A ne pas manquer.

A bientôt

Patrick Brion

 

Lettre du 26 janvier 2010

Bonjour

Je vous prie de trouver ci-après la nouvelle programmation du CINEMA DE MINUIT :

CYCLE « DRAMES, MELODRAMES »

- 7 mars : NAPLES AU BAISER DE FEU d’Augusto Genina avec Viviane Romance, Michel Simon, Mireille Balin et Tino Rossi.
- 14 mars : FLESH de John Ford avec Wallace Beery.
- 21 mars : NANA de Christian-Jaque avec Martine Carol et Charles Boyer.
- 28 mars : L’AMANT DE LADY CHATTERLEY de Marc Allégret avec Danielle Darrieux et Erno Crisa.
- 4 avril : REMORQUES de Jean Grémillon avec Jean Gabin et Michèle Morgan.
- 11 avril : HARA KIRI de Fritz Lang avec Lil Dagover.
- 18 avril : WHITE CARGO de Richard Thorpe avec Hedy Lamarr.
- 25 avril : LA SCHIAVA DEL PECCATO de Raffaello Matarazzo avec Silvana Pampanini et Marcello Mastroianni.

Parlons maintenant des DVD.

Alors même que les major companies américaines sortent de moins en moins de leurs films anciens en dvd, des sociétés de distribution moins importantes mais peut-être plus dynamiques témoignent d’une grande vitalité.

Je tiens à vous signaler ainsi :
La collection Serial Polar dirigé par Stéphane Bourgoin chez Bach Films firme dont on ne peut que louer l’éclectisme et les efforts de recherches. On découvrira ainsi avec un véritable intérêt :
-     « The Scar » de Steve Sekely avec Paul Henreid et Joan Bennett (une brillante variation sur le thème du double).
-    « L’antre de la folie » (Behind Locked Doors) de Budd Boetticher avec Richard Carlson et Lucille Bremer, un film dont le sujet annonce « Shock Corridor » de Samuel Fuller,
-    « Lady Gangster  de Robert Florey (le film est signé du pseudonyme de Florian Roberts !) avec Faye Emerson et Julie Bishop.
-    « Blonde Ice » de Jack Bernhardt avec Leslie Brooks et Robert Paige qui présente un très beau personnage de femme vénale prête à tout, une authentique tueuse.
-    « Jail Bait » d’Ed Wood dont la fin – une invraisemblable chute – est digne de Tex Avery.

Ces films de série B, peu connus et rarement diffusés, sont non seulement de véritables curiosités cinématographiques mais aussi les représentants du « film noir » dont on peut apprécier une fois de plus l’originalité des sujets et la passion de leurs metteurs en scène capables de boucler en une heure et quelques minutes une intrigue aux multiples rebondissements. Une leçon de cinéma que pourraient méditer certains !
Signalons enfin, toujours dans la même collection, « The Bat Whispers » (1930) de Roland West avec Chester Morris et Una Merkel. Le film souffre un moment de son origine théâtrale mais on est vite frappé par le format du film, un format proche de celui du cinémascope, et par  l’originalité de la réalisation et des cadrages (travellings avant, plongées, etc.). Roland West, le cinéaste d’ « Alibi » et de « The Monster » avec Lon Chaney, est vraiment un metteur en scène curieux dont la carrière s’achèvera avec « The Corsair » en 1931. Il sera mêlé – de très près ? – au meurtre de Thelma Todd.

La sortie chez Carlotta de quatre films allemands de Douglas Sirk (Detlef Sierck). Ces quatre films sont « Paramatta bagne de femmes » (Zu Neuen Ufern), « La Habanera », « « La fille des marais » (Das Mädchen vor Moorhof) et « « Les piliers de la société » (Stützen der Gesellchaft). Ils ont donc été réalisés par Sirk en Allemagne avant qu’il ne parte pour sa carrière hollywoodienne. Ces films qui ont d’ailleurs tous été diffusés dans le cadre du « Cinéma de Minuit » témoignent – comme il se doit- du goût du cinéaste pour le drame et le mélodrame, opposant des êtres souvent seuls à un monde qui les entoure et les oppresse ( cf. plus tard « Tout ce que le ciel permet » ou « Ecrit sur du vent »). La direction d’acteurs (Heinrich George, Zarah Leander pour « La Habanera » et « Zu Neuen Ufern ») est éblouissante. Inutile de rappeler que ce sont des films à ne pas rater. Carlotta poursuit ainsi avec une louable fidélité l’édition en DVD de l’œuvre de Sirk.

A bientôt.

Patrick Brion
 

Lettre du 3 décembre 2009








Bonjour

Tout d’abord, pardon pour cette lettre très en retard mais il était impossible de caler la programmation du CINEMA DE MINUIT tant que les problèmes de matériel et surtout les problèmes juridiques n’étaient pas totalement réglés.
Voici donc la nouvelle programmation du CINEMA DE MINUIT à la suite du cycle consacré à Gérard Philipe :

Dimanche 20 décembre  TOVARICH de Jacques Deval avec André Lefaur et Pierre Renoir
Dimanche 27 décembre LOIN DE LA FOULE DECHAINEE de John Schlesinger avec Julie Christie et Peter inch

HOMMAGE A LOUISE BROOKS

Dimanche 3 janvier    LOULOU de G.W.Pabst.
Dimanche 10 janvier  JOURNAL d’UNE FILLE PERDUE de G.W.Pabst.
Dimanche 17 janvier  PRIX DE BEAUTE d’Augusto Genina.

REDECOUVRIR MAURO BOLOGNINI

Dimanche 24 janvier   CI TROVIAMO IN GALLERIA avec Sophia Loren et Alberto Sordi.
Dimanche 31 janvier   LA VENA D’ORO avec Marta Toren et Richard Basehart.
Dimanche  7 février     LA VIACCIA avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale.
Dimanche  14 février   LA CORRUPTION avec Alain Cuny et Rosanna Schiaffino.
Dimanche 21  février   METELLO avec Massimo Ranieri et Ottavia Piccolo.
Dimanche 28  février   LA VENITIENNE avec Laura Antonelli et Jason Connery.

Parmi les films que nous diffuserons l’année prochaine, il est déjà possible de prévoir deux films de Fritz Lang HARA KIRI et KAMPFENDEN HERZEN, DAS SPIELZEUG VON PARIS de Michael Curtiz dans sa période autrichienne et THUINDERBOLT de Josef von Sternberg. D’autres films – notamment des raretés d’origine italienne – sont en négociation avec de multiples problèmes à résoudre.

Il faut en effet savoir qu’aujourd’hui, en dehors des films qui sont régulièrement diffusés, les films rares de certains des plus grands cinéastes posent de réels problèmes car certains négatifs sont  – provisoirement ? – perdus et des droits d’auteur sont à renouveler avec des héritiers prêts à exiger n’importe quoi… L’édition DVD témoigne aussi de ces difficultés car s’il existe en effet beaucoup de films de qualité, il en manque encore plus…

En ce qui concerne les DVD, je tiens justement à vous signaler :

Le coffret Allan Dwan paru chez Carlotta. Depuis longtemps, cet éditeur met à la disposition du public des œuvres très intéressantes enrichies de nombreux bonus. On se souvient notamment des ensembles consacrés à Douglas Sirk et à Joseph L. Mankiewicz.

Le coffret Allan Dwan se compose de sept films « QUATRE ETRANGES CAVALIERS », « LA REINE DE LA PRAIRIE », « TORNADE », « DEUX ROUQUINES DANS LA BAGARRE », « LE MARIAGE EST POUR DEMAIN », « LES RUBIS DU PRINCE BIRMAN » et « LA PERLE DU PACIFIQUE SUD ». Il s’agit donc des films réalisés par Allan Dwan pour le producteur Benedict Bogeaus. On y retrouve notamment Barbara Stanwyck, Arlene Dahl, Rhonda Fleming, Yvonne de Carlo et, du côté masculin, Robert Ryan, John Payne, Ronald Reagan et Dan Duryea.

Trois de ces films sont de véritables chefs-d’œuvre : « DEUX ROUQUINES DANS LA BAGARRE » (SLIGHTLY SCARLET), superbe et frémissant « film noir » en couleurs et les deux westerns « LE MARIAGE EST POUR DEMAIN » (TENNESSEE’S PARTNER) et « QUATRE ETRANGES CAVALIERS » (SILVER LODE), ce dernier film ayant été considéré comme une parabole sur le macarthysme en raison du nom qu’y porte Dan Duryea.

Les recherches faites par Dwan dans le domaine des couleurs (« DEUX ROUQUINES DANS LA BAGARRE ») et le lyrisme de ces films sont exceptionnels.

C’est dire que c’est un ensemble à ne pas manquer. Il est accompagné de nombreux bonus, notamment une très longue interview de Dwan par Peter Bogdanovich qui avait d’ailleurs fait un petit livre passionnant sur le cinéaste.

La collection Rudolph Valentino chez Bach Films. Après Cecil B. de Mille, Lon Chaney  et Mary Pickford, Bach Films continue à faire un remarquable travail patrimonial en s’attachant au cinéma muet, si mal représenté dans l’édition DVD.

On peut ainsi trouver avec Rudolph Valentino « LES QUATRE CAVALIERS DE L’APOCALYPSE » de Rex Ingram, « LE BON PETIT DIABLE » de Robert Z. Leonard, « LA DAME AUX CAMELIAS » de Ray C. Smallwood,   « LA VIERGE MARIEE » de Joseph Maxwell, « LE CHEIK » de George Melford, « LE FILS DU CHEIK » de George Firmaurice, « MORAN DU LADY LETTY » de George Melford, « L’AIGLE NOIR » de Clarence Brown, « ARENES SANGLANTES » de Fred Niblo et « COBRA » de Joseph Henabery.  

On (re)découvrira notamment avec un très grand intérêt « LA DAME AUX CAMELIAS » avec Alla Nazimova, « MORAN DU LADY LETTY » qui est un film d’aventures très mouvementé, et « L’AIGLE NOIR » avec Vilma Banky et Louise Dresser.

Cet ensemble permet en tout cas de constater une nouvelle fois  ce que l’on savait déjà, à savoir que Rudolph Valentino loin de n’être que le séducteur latin que l’on connaît était aussi un comédien de talent au jeu très varié (voir « COBRA » et « LES QUATRE CAVALIERS DE L’APOCALYPSE »).

A propos d’Alla Nazimova, il convient aussi de ne pas rater le superbe « SALOME » de Charles Bryan d’après Oscar Wilde, également chez Bach Film, avec de stupéfiants décors et costumes « art  déco » de Natacha Rambova.

A très bientôt.

Patrick Brion

Lettre du 5 octobre 2009

Bonjour

Voici tout d’abord la programmation du CINEMA DE MINUIT pour les semaines qui viennent :

11 octobre       JE NE VOULAIS PAS ETRE UN HOMME d’Ernst Lubitsch. Première diffusion à la télévision en France.

18 octobre       THE PRIVATE AFFAIRS OF BEL AMI d’ Albert Lewin avec George Sanders.

25 octobre       LE VEUF de Dino Risi avec Alberto Sordi.

1er novembre   LAZYBONES de Frank Borzage. Première diffusion à la télévision en France.

8 novembre      MARIANNE DE MA JEUNESSE de Julien Duvivier. Le film est diffusé dans sa version allemande avec des interprètes différents de ceux de la version française. Le film termine le cycle « Raretés et curiosités » et, en même temps, inaugure le cycle consacré à Julien Duvivier.

15 novembre     ALL BERLIN, ICI PARIS ! de Julien Duvivier.

22 novembre     LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS de Julien Duvivier avec Harry Baur.

29 novembre     POT BOUILLE de Julien Duvivier Le film marque la fin du cycle consacré à Julien Duvivier et, en même temps, inaugure celui consacré à Gérard Philipe.

6 décembre       MONSIEUR RIPOIS de René Clément avec Gérard Philipe.

13 décembre      LE DIABLE AU CORPS de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe et Micheline Pres
 

Je tiens aussi à vous faire part de la sortie de deux livres :

-        le premier est « Cinémas de France 1894-1918 » de Jean-Jacques Meusy, paru aux éditions Arcadia.

Le livre est une histoire des premières projections et des premiers cinéma avec de nombreuses photos. On voit naturellement les documents relatifs à la projection des courts métrages des frères Lumière dans le Salon indien du Grand Café.

L’utilisation tout au long du livre de cartes postales d’époque offre par ailleurs une documentation précieuse sur la place des cinémas dans la vie quotidienne. La vue d’un petit cinéma forain au pied de l’église de Breuillet (Essonne) est une merveille ! On découvre, peu à peu, le passage d’une projection itinérante (les forains, les foires, les « ménageries ») à de véritables salles de cinéma (par exemple le Mel-Kior Cinéma de Melchior Pinard à Lyon, l’Alhambra de Montargis et naturellement les salles de paris (l’Eldorado, le Fauvette, l’Omnia,).

L’admirable Gaumont Palace, « le plus grand cinéma du monde, ex-Hippodrome, trouve plus loin la part capitale qu’il mérite. Une raison de plus de regretter la disparition de cette salle mythique que les plus âgés d’entre-nous ont pu connaître et qui aurait dû être classée parmi les monuments historiques afin d’empêcher sa destruction.

Ce n’est ps sans émotion que l’on revoit au fil du livre ces façades disparues, ces salles et ces foyers qui n’appartiennent plus aujourd’hui qu’au passé.
 
Le texte et l’iconographie sont une mine de renseignements. Les dernières parties du livre sont dédiées au « cinéma produit d’appel » avec la reproduction d’affiches et de programmes de l’époque et aux cinémas durant la Première Guerre mondiale.

-  le second est l’ »Antiquité au cinéma » de Hervé Dumont, paru aux Editions du Nouveau Monde en collaboration avec la Cinémathèque Suisse.

On connaît les travaux d’Hervé Dumont, ancien directeur de la Cinémathèque Suisse. Ses ouvrages sur Robert Siodmak, William Dieterle et Frank Borzage – sans oublier son Histoire du cinéma suisse – sont d’irremplaçables sommes, plus que jamais inégalées.

Dans son nouvel et monumental ouvrage (648 pages), Hervé Dumont couvre la totalité – mais oui, la totalité – des films consacrés à l’Antiquité.
 

On y trouve donc aussi bien des films récents comme « Gladiator » de Ridley Scott (1999) que « Soldiers of the Cross » de Joseph H . Perry et Herbert Booth dont la notice indique qu’il s’agit des « martyres de saint Stéphane et de saint Polycarpe à Rome sous Marc Aurèle ».
 
Tous les pays, toutes les années sont soigneusement répertoriés, l’auteur ne se contentant pas d’une énumération mais analysant avec une  exceptionnelle justesse les œuvres les plus importantes.
 
Que vous cherchiez Caligula ou Amphitryon, Constantin le Grand ou Esope, Holopherne ou Ramsès II, Spartacus ou Salomé, chacun a ici sa place. On est fasciné par les recherches faites par Hervé Dumont, par les photos et les affiches reproduites avec soin et ce qui n’aurait pu être qu’une fastidieuse liste se lit comme un passionnant livre d’aventures, riche en d’anecdotes, en jugements exemplaires et en informations.
 

A un moment où l’édition de cinéma est souvent décevante – est-il encore obligatoire de faire un livre sur… (mettez le nom que vous voulez !) ? – un livre comme celui d’Hervé Dumont est remarquable.
 

Même si l’on croit avoir quelques idées plus ou moins documentées sur cette période de l’Antiquité et ses personnages célèbres, l’ouvrage montre que la vérité est plus complexe.
 

Saviez-vous combien il y eût d’adaptations du « Songe d’une nuit d’été » avec Thésée ? 35 !

Dans combien de films voit-on Orphée et Eurydice ? 33 ! et Damon et Pythias ? 9 !

Lorsqu’il s’agit de Cléopâtre, du Christ, d’Hercule ou de Troie, les chapitres sont encore plus fournis.
 

Un livre indispensable pour tous ceux qui s’intéressent au cinéma et à l’histoire. Espérons qu’Hervé Dumont va continuer sa descente dans le monde des films historiques. A quand le Moyen Age ?

 

A bientôt

 

Patrick Brion