L'Homme bonsaï, de Fred Bernard. Editions Delcourt. 14,95 euros.
Petite séance de rattrapage ! L'Homme bonsaï a été publié en août dernier aux éditions Delcourt. C'est vrai que l'affaire remonte maintenant à quatre mois et que quatre mois dans le monde de l'édition, c'est long et largement suffisant pour voir disparaître, parfois mis au rebut, des dizaines de titres. Mais L'Homme bonsaï a ce petit quelque chose en plus qui fait de lui un album au long cours, un album qui peut rester des mois sur les étagères de vos librairies préférées, des mois aussi sur votre table de chevet, avant que vous ne vous décidiez finalement à l'ouvrir... et tomber sous le charme. C'est l'effet du petit quelque chose en plus, un savant mélange d'aventure, d'exotisme et de poésie qui se mérite, se doit d'être dégusté et non englouti dans une frénésie consommatoire ! L'histoire est celle d'un homme, Amédée, devenu matelot par la force des choses et qui d'aventures en mésaventures se retrouve seul sur une île perdue de la mer de Chine avec un arbre qui lui pousse sur la tête. Récupéré par des pirates chinois, Amédée devient un butin particulièrement précieux dont on prend grand soin. Chaque jour, un vieux Chinois l'éffeuille, l'ébourgeonne, l'ébranche, l'élague... et peu à peu, Amédée devient l'Homme bonsaï, une véritable force de la nature qui va dès lors régner sur les océans et prendre une revanche sur le destin... "Cest un cauchemar au départ, ce n'est pas très gai...", explique Fred Bernard, "Un mauvais rêve que j'ai vraiment fait, dans lequel un arbre me poussait sur la tête. Je perdais mes cheveux, mes cils, mes sourcils, tous mes poils et je maigrissais à vue d'oeil, et cet arbre qui poussait, poussait, allait me tuer ! A ce moment là, j'avais un ami qui était malade et qui faisait une chimio... Il n'avait pas d'arbre sur la tête, mais il avait tous ces symptômes-là...". Publié initialement sous la forme d'un livre jeunesse, avec François Roca au dessin, L'Homme bonsaï rencontre ici un lectorat plus adulte même s'il reste d'une grande accessiblité. Au récit jeunesse qui mélangeait déjà piraterie et mystères de l'Orient, fantastique et destinée tragique, le récit en bande dessinée s'enrichit d'une magnifique histoire d'amour entre le fameux Amédée et la femme d'un puissant marchand chinois, la belle et ténébreuse Changaï Li, histoire qui est d'ailleurs à l'origine de cette reprise en bande dessinée, explique l'auteur : "La première motivation était de réinsérer une histoire d'amour que j'avais pensée dès le départ et que je n'ai pas mis dans L'Homme bonsaï illustré par François parce qu'elle n'avait pas du tout sa place en jeunesse". Un album magnifique, surprenant, envoûtant, à découvrir au plus vite ! E.G.
30/12/09 :: Bandes Dessinées :: aucun commentaire


Bienvenue à Taxandria. Ici vit Aimé, un enfant. Le dernier ! Il a une dizaine d'années, le crâne rasé et le monde qui l'entourre n'est plus qu'un amas de pierres et de ferrailles. Plus un oiseau, plus une fleur, pas d'eau, pas de vent, uniquement des ruines et des carcasses de machines inventées autrefois par les hommes. Quelques survivants aussi, contraints de subir l'éternité. Car Taxandria est aujourd'hui, demain aussi, le pays de l'éternel présent. Le temps s'y est figé. Et Aimé a donc tout le loisir de se poser des questions sur ce monde pour le moins étrange. Et il s'en pose beaucoup ! Jusqu'au jour où il trouve enfin des débuts de réponses dans un grand livre rouge qui conte l'histoire du grand cataclysme. Un livre absolument interdit ! Et ce que le jeune Aimé y découvre est stupéfiant. Au commencement de tous ces malheurs : les hommes de Taxandria bien sûr qui ont agi par orgueil et vanité. Ils ont voulu partout un monde à l'image de Taxandria. Il fallait dupliquer, dupliquer les mondes, dupliquer les hommes et pourquoi pas dupliquer le soleil. C'est justement ce qu'ils ont fait, déclenchant un processus irrémédiable : fonte des neiges, incendies, raz de marée, tremblement de terre... et l'éternité pour pleurer !
Bon, pour commencer, la troisième saison de Paddock Les Coulisses de la F1 s'adresse, il est vrai, prioritairement à un lectorat... comment dire... plutôt passionné de F1 et donc masculin. Mais les gags en une page du scénariste Pat Perna et du dessinateur Juan restent malgré tout largement "grand public" et assez fins même si on y voit beaucoup de tôles froissées et de filles défroissées. Retour sur le paddock donc avec l'écurie Broken Arms et ses nouvelles couleurs, rose comme le papier hygiénique Cali-Net du nouveau sponsor. Fort heureusement, le champion Michaël Choumaker a rejoint l'écurie et risque bien de faire passer les bolides au rouge vif... Drôle et léger !
Si vous êtes plutôt du genre "histoire de princesse et de pays merveilleux", alors, un conseil, oubliez ce livre ! D'ailleurs, l'héroïne nous prévient d'entrée dans une préface à multiples facettes. Façon intellectuel, ça donne : "On pourrait dire qu'il s'agit d'un opus introspectif. C'est le cas, n'est-ce pas, mais même si l'introspection reste le centre de mes préoccupations, j'ai toutefois ciblé mes recherches sur les objets affectifs de mon entourage.. qui ne sont pas moi (n'est-ce pas), mais qui, paradoxalement, me définissent". Pour faire simple, l'auteure Hélène Bruller a décidé de ne plus parler d'elle comme dans Hélène Bruller est une vraie salope ou Je veux le prince charmant, mais de ses amis. Façon pédante, ça donne: "J'ai beaucoup parlé de moi dans mes précédents albums... Il est temps que je parle des autres... de mes amis... mes amis à moi...". Et la voilà donc partie à brosser le portrait de son entourage, à sa façon, au vitriol. Et tout le monde en prend pour son grade : les voisins, les collègues de bureau, la famille... et nous tous ! Ca dynamite, ça disperse, ça ventile, ça éparpille façon puzzle...
Au scénario : un Lillois. Au dessin : un Rouennais. Résultat : Eclipse, un triptyque de science fiction qui vient de s'achever avec la sortie en octobre dernier du troisième volet intitulé Schwarz. Avec un style graphique beaucoup plus réaliste, sobre et élaboré que celui employé dans Mâchefer (éd. Vents D'Ouest), Sébastien Vastra offre une belle et dynamique mise en images du scénario d'Ozanam. L'histoire se déroule au XXIVe siècle et raconte les aventures et mésaventures intergallactiques de la jeune Mika lancée à la recherche de son père étrangement disparu. Les amateurs de science fiction tendance Verhoeven (Total Recall, Robocop, Hollow man...) se régaleront ! 
Juin 1743, quelque part dans le Massif Central, loin des batailles qui ensanglantent l'Europe pour la succession d'Autriche. Philippe de Valcourt vient d'apprendre que son père, le marquis Charles de Valcourt, souhaitait léguer son château et ses dépendances à sa demi-soeur Jolanne, cette "petite bâtarde" comme il l'appelle, fille d'une "vulgaire gouvernante". Mais ses gérémiades, ses insultes, n'y changeront rien. Le marquis a pris sa décision et le testament est déjà chez le notaire. Seule et unique solution pour Philippe de Valcourt : tuer son père, corrompre le notaire et tromper sa demi-soeur. Si la première étape est rudement et froidement menée, pour le reste, ce noble sans morale ni scrupules va devoir mettre les bouchées doubles question manigances ...
Un matin d'avril 1919, quelque part dans le Nord-Pas-de-Calais. Le paysage présente encore les stigmates de la Grande guerre toute proche mais, déjà, la vie et la passion tentent de reprendre le dessus sur la mort et la haine. A peine sortis des tranchées, quelques vaillants gamins ont en effet enfourché leurs vélos pour participer à l'une des courses cyclistes les plus mythiques du pays : le Paris-Roubaix ou l'Enfer du nord comme on la surnomme si justement. Quentin Ternois ne pouvait louper ça, lui, l'ancien du milieu. Même si aujourd'hui, il tente de survivre avec ce qui lui reste de poumon. Gazé, comme tant d'autres ! Il va se contenter de regarder les gars passer et de rêver au bon vieux temps avec son neuveu, un passionné de vélo lui aussi, malheureusement condamné à travailler dans les mines. Comme papa ! Pendant ce temps là, dans un orphelinat du Sud-ouest de la France, une fillette subit la violence du directeur. Elle s'appelle Reine Fario. C'est la fille d'Amédée Fario, un autre coureur cycliste tué sur le front... En apprenant son existence, un ami de ce dernier, Camille Peyroulet, va tout tenter pour la récupérer, l'adopter...
Chez Gallimard jeunesse, on connaît la musique... La preuve avec ces deux nouveaux titres publiés dans la collection Mes premières découvertes de la musique : L'Orchestre et Le Jazz. Le principe est simple, chaque livre propose aux lecteurs de suivre une histoire mise en musique, un peu comme au cinéma, et de découvrir un genre musical, son histoire, ses instruments, ses musiciens... Une belle petite collection qui offrait déjà un voyage au pays du rock, des percussions, de la musique des gitans, de la musique russe ou encore de la musique du Maghreb. Chaque ouvrage comporte un livre et un cd, à regarder et écouter à la fois !
Toujours chez Gallimard jeunesse, sont sortis il y a quelques semaines deux "livres lus" : L'Odyssée, de Homère, et Le Ballon et autres histoires du Petit Nicolas, de Sempé et Goscinny. Pas de musique cette fois, si ce n'est d'accompagnement, mais un texte lu, pour le premier par Clothilde de Bayser et Michel Vuillermoz de la Comédie française, pour le second par Benoît Poelevoorde, qu'on ne présente plus. Cette collection, plusieurs fois couronnée par le prix de l'Académie Charles Cros, propose une lecture d'oeuvres reconnues par des comédiens talentueux et sur des mises en scènes sonores particulièrement travaillées.



Le rêve américain, l'émancipation des femmes, le génocide arménien, la montée du nazisme, le seconde guerre mondiale, la libération de la France, la révolution cubaine, la pop music, la conquête spatiale, la génération hippie, la guerre du Vietnam, le coup d'état au Chili, la catastrophe de Tchernobyl, la guerre du golfe ou encore l'attentat du World Trade center, le XXe siècle en images revient sur quarante événements qui ont bouleversé le monde et ce, à travers les clichés de grands photographes comme Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon, Alberto korda... Véritable hommage à ces hommes qui ont bien souvent agi au péril de leur vie, ce livre décrypte, analyse et replace chaque image dans son contexte pour mieux comprendre sa portée universelle. Passionnant !
13,7 milliards d'années, c'est l'âge probable de l'univers. 12,5%, c'est le pourcentage d'enfants pauvres dans les pays riches, soit 1 enfant sur 8. 1 300 000, c'est le nombre d'animaux connus sur terre. 4, c'est le nombre d'enfants qui naissent chaque seconde dans le monde.... Avec sa forme très originale, ronde comme la Terre, Le monde en chiffres aborde 60 thèmes différents, depuis la religion jusqu'au sport, en passant par la culture ou l'environnement, en associant un chiffre clé, souvent étonnant, et une photographie insolite. Un livre pour s'informer et réfléchir sur le monde, notre monde, à partir de 9 ans !

Ce n'est pas une nouveauté mais c'est toujours un événement ! Un Point rouge fait partie de ces livres passés dans le club très fermé et très prisé des grands classiques, ceux qui sont régulièrement réédités et rapidement épuisés. Ne cherchez donc pas le petit détail différent, il s'agit strictement du même album. Rien n'a changé parce que rien n'est à changer ! Un Point rouge, comme 2 Bleu et 600 Pastilles noires, les deux albums suivants de David A. Carter, est un pop-up absolument divin qui emmène le lecteur dans des sphères jamais atteintes dans ce domaine. Beau comme un tableau, Un Point rouge offre à chaque page une oeuvre d'art unique qui jaillit, se déploie et parfois crisse entre les mains des lecteurs. Il suffit alors d'admirer, d'observer et de retrouver le point rouge qui se cache dans chaque sculpture de papier. Car l'album, en plus d'être ethétique, est ludique. Un cadeau formidable pour les fêtes de fin d'année ! E.G.

Avez-vous déjà imaginé la vie d'une allumette ? Celle-ci s'appelle Céleste et, comme toutes les autres allumettes, Céleste rêve de briller comme une étoile dans la nuit. Elle s'imagine même un destin hors du commun, comme offrir un instant de chaleur à un mendiant ou éclairer un naufragé et permettre ainsi son sauvetage. Mais pour le moment, Céleste est bien au chaud dans sa boîte où, blottie au milieu de ses semblables, elle donne malgré tout l'apparence d'une allumette heureuse. Et puis un beau jour, Céleste est extirpée de sa boîte et s'enflamme. Le moment de gloire est éphémère et Céleste rejoint rapidement les étoiles. Pour l'éternité. Ce récit de Gaelle Callac et Marie Desbons peut vous faire penser à un autre récit, La Petite fille aux allumettes, de Hans Christian Andersen. Et c'est normal ! Comme l'explique l'auteur elle-même, "Je voulais écrire l’histoire d’une allumette car de par sa fragilité et l’instantanéité de sa flamme, la vie d’une allumette me semblait proche de la condition humaine. J’ai tenté de créer une sorte de mise en abyme du conte d’Andersen La petite fille aux allumettes en racontant l’histoire d’une des allumettes qui éclaira la vie de la fillette. Si le thème principal du conte d’Andersen est la pauvreté, la cruauté des hommes, il n’en est rien pour Céleste. En commun cependant, le hasard des destins, la furtivité de la vie. Céleste est un livre sur la réalisation des rêves, de ceux qui sommeillent en chacun de nous. C’est aussi une histoire sur le désir de postérité. L’homme aime, en général, laisser la trace de son passage sur terre, je crois (oeuvres, enfants, etc)". Un beau livre conçu comme une boite d'allumettes. L'album se glisse dans une pochette avec grattoir sur les côtés.

Que serait Noël sans sa fameuse dinde aux marrons, sans ses petits présents échangés sous une pluie de remerciements, sans ses éclats de rire, parfois forcés, sans ses chansons, ses chapeaux pointus, ses cotillons et autres buches glacées ? Rien ! En tout cas, ce ne serait pas Noël, et surtout pas ce Noël qu'on aime célèbrer à Houppeland. Et à Houppeland, justement, le Noël, on le célèbre tous les jours... Tous les jours, sans exception. Et ceux qui refusent de se plier à la tradition sont pris en charge par la brigade des Joyeux Drilles, une bande de gars qui ne plaisante franchement pas lorsqu'il s'agit de maintenir l'ordre festif...
Les éditions Dupuis nous proposent une sympathique petite virée dans la plus célèbre capitale du cinéma au monde, Hollywood, avec une magnifique intégrale en noir et blanc reprenant les trois aventures du privé au flegme légendaire, le dénommé Hyppolyte Finn. Publiées dans le journal Spirou dès 1983, ces trois uniques histoires seront publiées en albums de 1985 à 1990 avec, dans l'ordre d'apparition, Le privé d'Hollywood, Amerika et Retour de flammes. Trois petits tours et puis s'en vont ! Trois petits tours et puis reviennent. Car, il faut bien l'avouer, si les aventures du privé n'avaient peut-être pas rencontré leur public il y a vingt-cinq ans, un rapide petit coup d'oeil sur les planches suffit pour en percevoir aujourd'hui toute la finesse du graphisme et des ambiances, toute l'intelligence des scénarii qui mettent en scène un Los Angeles à deux faces : d'un côté, les villas de luxe, les stars, les sudios de cinéma, et d'un autre, la violence, les meurtres, les trahisons, les vengeances, les rivalités et autres sombres intrigues. Ce récit noir et élégant, complété par trois nouvelles et une préface signée Phillippe Vandooren, est un cadeau idéal pour tous les amoureux du polar américain ! E.G.



La petite Chloé va avoir 7 ans ! Et pour son anniversaire, elle pense que ses parents vont lui acheter un cheval. Oui, un vrai cheval ! Bon, c'est sûr, le faire grimper tous les jours dans l'appartement au 9ème étage ne sera pas une mince affaire mais il est grand, l'appartement. Et la chambre de Chloé aussi. Il pourra dormir à côté de son lit. En tout cas, Chloé se voit déjà aller à l'école à cheval. Trop la classe ! Enfin le grand jour arrive et Chloé découvre enfin ses cadeaux... Publié dans la collection Smalls des éditions Le Buveur d'encre, Le cheval de Chloé est un récit drôle et frais qui va ravir toutes les passionnées - et elles sont nombreuses - du monde équestre. A lire au triple galop ! E.G.