Le Commun des mortels, Le Tueur (tome 7), de Jacamon et Matz. Editions Casterman. 10,40 euros.
Un océan déchaîné qui vient se jeter sur une immense digue, un habitat décrépit, une architecture dans le plus pur style colonial et, partout où le regard peut porter, des portraits du Che ou de Castro, des peintures à la gloire de la révolution ou de la patrie, aucun doute, le Tueur est à Cuba. Et plus précisément à La Havane ! Mais pas vraiment pour s'adonner aux joies du tourisme. Non, le tueur est ici pour un contrat. Il doit liquider un jeune homme dénommé Angel Carrasco, brillant Cubain proche de la présidence, commissaire spécial en charge des affaires pétrolières. Seulement voilà, sans être brutalement tombé amoureux du marxisme tendance tropical, le tueur refuse aujourd'hui de tuer Carrasco. Au risque de se mettre à dos le commanditaire qui est ni plus ni moins la CIA. Et pour se protéger de toutes représailles, il décide d'en informer les autorités cubaines et de leur demander protection. Mieux, ils vont ensemble monter une sombre machination pour faire croire à la mort brutale mais accidentelle de Carrasco. De quoi mettre le Tueur dans une fâcheuse posture...
Lancée en novembre 1998, il y a donc plus de dix ans, Le Tueur fait aujourd'hui partie des classiques de la bande dessinée noire avec un héros solitaire, froid, cynique mais très méthodique. Un professionnel en somme, un vrai ! Aux manettes, l'association du dessinateur Luc Jacamon et du scénariste Matz fait toujours merveille. Leur petite escapade pour animer une autre série au milieu des années 2000 (Cyclopes, éd. Casterman) leur a même donné un second souffle et plus de maturité. Après Modus Vivendi, le précédent volet qui se déroulait au Vénézuéla, Le Commun des mortels nous entraîne sur les terres cubaines pour une aventure qui sent la poudre et le cigare ! E.G.
13/10/09 :: Bandes Dessinées :: aucun commentaire

