Frères d'armes, de Naseer Ahmed, Saurabh Singh, Abdul Sultan P.P. et Partha Sengupta. Editions Casterman. 16 euros.
Si la bande dessinée japonaise fait aujourd'hui partie intégrante du paysage culturel français, si la bande dessinée coréenne et la bande dessinée chinoise s'imposent peu à peu, grâce notamment au travail des éditeurs Casterman (collection Hanguk) et Xiao Pan, la bande dessinée indienne, quant à elle, est pour le moment encore méconnue. A tort, semble-t-il si l'on en juge la qualité de cet album paru chez Casterman en ce début d'année. Frères d'armes réunit en fait deux récits, Cachemire et Kerala, deux récits aux graphismes très différents mais à la thématique identique : la confrontation de la société indienne contemporaine avec le fondamentalisme religieux. De ces deux hsitoires, Cachemire, de Naseer Ahmed et Saurabh Singh, est certainement la plus surprenante, la plus originale, à la fois dans la forme et dans le fond. Inspirée de faits réels, elle raconte la destinée d'un jeune cachemiri qui s'engage dans la lutte armée pour l'indépendance de son pays. C'est sombre et violent, aussi sombre et violent que peut l'être la vie dans cette région du monde, revendiquée par l'Inde et le Pakistan, déchirée entre les fondamentalismes musulman et hindou. La lecture de ce récit, un long monologue du personnage principal, nous fait immédiatement penser à certaines bandes dessinées-documentaires francophones telles que Le Photographe, d'Emmanuel Guibert, Garduno en temps de paix et la suite Zapata en temps de guerre, de l'excellent Philippe Squarzoni, Shenzen et Chroniques birmanes, de Guy Delisle. Bref, Frères d'armes fait partie de ces oeuvres fortes qui apportent un témoignage et un éclairage particuliers, destinés comme le souligne si bien l'éditeur à "secouer les consciences, réveiller les intelligences". A découvrir de toute urgence ! E.G.
29/01/09 :: Bandes Dessinées :: aucun commentaire


Troub's aime avant toute chose les voyages. Ceux qui forment la jeunesse, comme on dit, au contact direct des populations. Il aime également le dessin et la bande dessinée. Aussi, ses divers périples, que ce soit en Chine, en Australie, ou à Madagascar, ont-ils déjà fait l'objet de livres, de superbes carnets de voyage mêlant dessins, bandes dessinées et textes. Parmi ceux-ci : Troub's en Chine, Manao Sary ou Walkatju, tous les trois publiés aux éditions Beaulet. Avec Le Paradis... en quelque sorte, publié cette fois chez Futuropolis, le dessinateur-voyageur nous invite à le suivre en Indonésie, sur l'île de Bornéo. Point de départ : la petite ville de Balikpapan où il donne durant trois semaines des cours de dessin dans une école française réservée aux enfants des employés de la compagnie Total. Puis il s'échappe, désireux de profiter de ses sept semaines de visa pour découvrir le pays. "Des milliers de possibilités s'offrent à moi", écrit Troub's, "L'Indonésie est un pays immense, un archipel, des centaines d'îles, toutes chargées de saveurs uniques. Je me suis dit que j'allais laisser faire les choses, ouvrir grand les yeux et mes oreilles, et que le moment de choisir une route plutôt qu'une autre viendra alors presque de lui-même. Vers quelle île voguer ? Pourquoi ne pas rester tout simplement sur celle où je me trouve ?". Et c'est finalement ce qu'il fait, remontant le fleuve Mahakam, direction les villages reculés des indiens Dayaks. "J'ai toujours été fasciné par les Peuples Premiers, par les systèmes sociaux qui n'ont pas subi d'invasions destructrices, qui sont encore le reflet d'un temps lointain où l'homme était en harmonie avec la nature... Tout celà est bel et bien révolu, j'ai pu m'en rendre compte, et même si je le savais déjà, j'avais besoin d'aller le constater moi-même". Et de fait, Troub's constate que le XXIe siècle est bien arrivé jusqu'au village le plus isolé. Il le constate, le note et le dessine. "En voyage, j'ai toujours sur moi des carnets de tailles différentes pour dessiner, et un petit pour écrire. Tout commence là, je note assidûment, obsessionnellement peut-être, tout ce qui me fait réagir, sans aucune censure. J'accumule et c'est un vrai plaisir. Ensuite, de retour dans mon atelier, j'essaie d'y mettre de l'ordre. Pour ce livre, j'ai commencé par reprendre mes écrits pour en faire un texte cohérent et lisible par n'importe qui, un journal de bord. Ensuite, j'ai placé les croquis faits sur place, un peu comme des illustrations du texte. Et pour finir, j'y ai inclus des pages de bd, des strips, aux endroits où celà me paraissait opportun". Un très beau livre qui nous invite à découvrir et voir le monde autrement ! E.G.
Qui mieux que Jacques Tardi, dans le milieu du Neuvième art, peut nous parler de la première guerre mondiale ? L'auteur de la série Adèle Blanc-Sec, de Rumeurs sur le Rouergue, du triptyque Le Cri du peuple, de C'était la guerre des tranchées, de La Véritable histoire du soldat inconnu ou encore des adaptations en bande dessinée des enquêtes de Nestor Burma, pour ne citer que ces quelques albums tirés d'une bibliographie particulièrement conséquente, revisite à nouveau l'époque de la Grande guerre pour nous en montrer toute l'horreur et l'absurdité. Paru en octobre 2008, alors qu'on s'apprêtait à commémorer le 90e anniversaire de la fin de la guerre et que venait de mourir le tout dernier poilu, Jacques Tardi met ici un point d'honneur à nous expliquer le quotidien de ces hommes que l'on envoya la fleur au fusil se faire transpercer le ventre dans l'une des plus grandes boucheries organisées du XXe siècle. "C'était nous les petits soldats français sous un soleil de plomb, les pieds dans les champs de blé, la tête au champ d'honneur, la trouille au ventre et la merde au cul...", fait dire Jacques Tardi au narrateur (un de ces poilus) en ouverture de l'album, "Pourtant, on avait confiance. Dès la porte de Bagnolet, Berlin était déjà tombé entre nos mains. C'était l'occasion de la revanche de 70, puisque les si lourds teutons recommençaient leurs bêtises. Mais cette fois, nous étions prêts, on allait leur faire bouffer leurs casques à pointe en cuir bouilli!". On connaît la suite ! Des années de putain de guerre dans la boue, la merde et le sang. Et Même si cet album est avant tout une fiction, Jacques Tardi l'a voulu le plus documentaire, le plus proche de la triste réalité possible, animé par un souci extrême de véracité et de rigueur dans la reconstitution historique. En évitant toute vision héroïque ou lyrique de la guerre. Ce qui peut expliquer l'absence total de dialogues, préférés à une narration off, et un récit qui débute en couleurs (c'est le début des hostilités) pour finir en noir et blanc (la guerre s'est installée). En plus du récit de Jacques Tardi, l'album contient un cahier d'une vingtaine de pages, signé de l'historien Jean-Pierre Vernay, qui permet de ressituer le contexte. Valeur sûre ! E.G.
Sans conteste, l'un des plus beaux, sinon LE plus beau livre de l'année ! Mu, la toute dernière histoire du célèbre aventurier Corto Maltese, a été publiée en 1988, il y a tout juste vingt ans. Et pour célébrer cet anniversaire, les éditions Casterman ont souhaité offrir au récit un écrin de toute beauté. Résultat des courses : une édition inédite de 512 pages, au format original des planches couleur d'Hugo Pratt, soit 31 cm sur 15 cm, le tout présenté sous forme de “brique de l'Atlantide” d'une épaisseur d'environ 6 cm. C'est beau de l'extérieur, c'est tout simplement somptueux à l'intérieur. Et c'est surtout un album indispensable pour tous les amoureux de Pratt, du Neuvième art ou plus généralement du livre. E.G.
Ca sent la série à succès. Je ne sais pas pourquoi mais... Ou plutôt si ! Boulevard des illusions, le premier volet de Mister Hollywood, a tout pour plaire au plus grand nombre. D'abord un graphisme clair, de bons dialogues et une narration limpide, ensuite un beau gosse pour héros, un décor hollywoodien toujours magique, des villas somptueuses, des voitures de rêve, des jeunes femmes élégantes... Et on pourrait continuer longtemps comme ça ! En fait, cet album fait penser à la première aventure d'un autre beau gosse, Largo Winch, publiée il y a dix-huit ans, et dont on connaît aujourd'hui le long et magnifique chemin parcouru. Comme dans la série de Van Hamme et Francq, le graphisme et l'histoire de Mister Hollywood ne sont pas franchement révolutionnaires mais tous deux se complètent à merveille et font mouche ! Pourtant, Gihef, qui a travaillé auparavant sur les séries Haute sécurité chez Dupuis et Enchaînés chez Vents d'Ouest, signe ici son premier scénario, laissant la partie graphique à Eric Laenaerts (Sur des Eaux troubles, au Lombard, Romantiques, chez Casterman...) et à son magnifique trait réaliste que l'on dit proche d'un certain Berthet. Belle référence ! Quoiqu'il en soit, Boulevard des illusions nous plonge de belle manière dans les coulisses du cinéma avec le jeune Orson Wells, à ne pas confondre avec le célèbre réalisateur Orson Welles. Le nom de notre héros s'écrit avec deux L mais un seul E. Ce jeune scénariste vient de quitter son New Jersey natal, bien décidé à conquérir Hollywood... Un premier livre remarquable, aux bases solides. On attend la suite avec une certaine impatience ! E.G.
Des raisons, on peut toujours en trouver. Des bonnes ou des mauvaises. En pagaille. Mais c'est pas mon boulot. Il y a des spécialistes pour ça. Ils vont sûrement me poser un milliard de questions sur les coups que j'ai pris quand j'étais môme et sur les trucs que je voyais à la télé, et sur la fois où j'ai rayé la voiture de ma prof de géo ou encore sur mes poissons que j'ai laissés crever de faim pendant les dernières vacances. Après ça, ils me montreront des tâches qui ressemblent à rien et ils attendront que je leur dise à quoi ça ressemble. Je vois pas ce que je pourrai leur raconter... Ainsi commence ce nouveau récit d'Alfred. Après Abraxas, réalisé sur un scénario de Corbeyran, Le Désespoir du singe, avec Peyraud, La Digue, avec à nouveau Corbeyran, ou plus récemment Pourquoi j'ai tué Pierre, avec Olivier Ka, l'auteur a cette fois choisi d'adapter un roman de Guillaume Guéraud, paru dans la collection doAdo Noir des éditions du Rouergue. Et, à l'instar du roman qui a été très justement récompensé par le Prix sorcières en 2007, l'adaptation d'Alfred est un petit bijou noir, très noir. L'histoire ? Presque banale mais totalement tragique ! Celle d'un gamin, un ado, Martial, qui vit avec sa famille dans un village comme les autres, ou presque : Mortagne. 1219 habitants. Du bois et de la vigne comme seules ressources de la commune. Des ressources qui alimentent les deux entreprises : le château Clément et la scierie Listrac. Ici, on travaille pour l'un ou pour l'autre. Et quand on travaille pour l'un, on voue une haine sans fin à l'autre. En dehors de ces deux là, pas d'existence, pas d'avenir ! Sauf que Martial, lui, a choisi la mécanique... Et lui qui a toujours préféré fuir ces querelles de clocher va finir par basculer dans la folie meurtrière le jour du mariage de son frère. Un récit choc, une adaptation parfaite ! E.G.
Afin d'accompagner la sortie de l'adaptation en BD du film Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon, les éditions Delcourt ont eu l'excellente idée de rééditer en un volume Les Mangeurs de cailloux et La Boîte à 1 franc , deux récits de Jean-Luc Loyer dans lesquels l'auteur relate ses souvenirs d'enfance dans le nord de la France. Tour à tour drôle, sensible, émouvant, insolite ou triste, ce dyptique en noir et blanc nous plonge dans un univers à la fois très noir par son décor de terrils, de corons et de puits de mines, et haut en couleurs par ses personnages. "L'intention du récit Les Mangeurs de cailloux se résume en quelques mots dits par un enfant...", confie Jean-Luc Loyer en post-scriptum de l'ouvrage : "c'est l'enterrement d'un mineur qui est mort d'avoir creusé des trous. Alors, quand il est mort, on le met dans un trou. C'était la réflexion que je m'étais faite lors des funérailles de mon oncle, décédé de la silicose. Mais plus qu'à son enterrement, c'est à la fin d'une époque que j'assistais. Les mines fermaient, la compagnie des houillères cessait d'exister... Et puis il y avait la tristesse de ma famille. Les larmes de ma mère. Le froid de ce matin là, dans le Pas-de-Calais. Mais techniquement , je ne pouvais faire passer autant d'émotions que si j'avais auparavant expliqué la vie de ces gens. Il me fallait faire naître une empathie pour ces personnages. Un peu à la manière d'Amarcord, le film de Frederico Fellini. C'est l'histoire d'une famille, haute en couleurs, à qui il arrive des choses, avec en arrière-plan des faits précis... C'est d'ailleurs cette même intention qui m'animera quelques mois plus tard pour réaliser le tome deux, La Boîte à 1 franc. C'est l'histoire d'un gamin, qui regarde la télé, alors qu'à côté de lui, son vrai héros, son père, est en train de mourir...". Plus qu'un récit autobiographique, Une Enfance ch'ti est un véritable document, un témoignage, sur une région et une époque.
Un monument du Neuvième art. Ni plus, ni moins ! Paru initialement aux Etats-Unis entre 1981 et 1992, ce roman graphique sur New York a été publié en France de façon désordonnée. Le premier volet, La Ville, est sorti en 1985 chez Albin Michel, le second, L'Immeuble, chez Rackham en 1999 et le troisième, Les Gens, chez Comics USA en 1992. Les éditions Delcourt, qui ont entamé en 2000 la réédition des plus grands albums de l'auteur américain, dans la collection Contrebande, remettent donc un peu d'ordre dans ce désordre, publiant en moins d'une année et en trois volumes l'intégralité du récit. C'est une véritable déclaration d'amour à sa ville natale, New York, que nous offre dans ces pages Will Eisner, même si les histoires contées ici ont quelque chose d'universel. "Peindre un portrait est une tâche très subjective, qui reflète finalement ma propre vision des choses", écrivait Will Eisner en introduction au premier volet, "Le fait que j'ai grandi à New York m'a amené à bien connaître son architecture et son mobilier urbain. Mais j'ai pu découvrir de nombreuses autres grandes villes,et ce que je propose ici vaut, à mon sens, pour toutes ces cités.". La ville, l'architecture, le mobilier urbain, les immeubles, les gens... c'est la ville dans tout ce qui la constitue qui se retrouve ici dans la peau du personnage principal. Dans un style graphique et surtout narratif inimitable, Will Eisner enchaîne les chroniques sur un ton parfois léger, parfois grave, tentant de rendre l'inconnu un peu plus familier. Incontournable ! E.G.
Ca y est, les Bidochon, Raymonde et Robert, ont acheté un ordinateur et vont pouvoir découvrir le net. Enfin... quand l'engin sera installé. Ce qui n'est pas gagné d'avance. Dis donc ! Qui c'est cette Line qui te donne son numéro de téléphone???, demande Raymonde. Maiiis non!, répond Robert, c'est le prénom de la fille qui te renseigne en cas de problèmes !! Et pourquoi Hot Line ?, poursuit Raymonde. C'est son nom, ça, Hot ???... Ca ne s'invente pas ! Mais bon, après quelques heures de savants bidouillages et de crises d'impatience, Raymonde et Robert, les yeux écarquillés de bonheur et de fierté, peuvent enfin naviguer sur la toile, aller fouiner dans des sites plus ou moins recommandables, envoyer des mails et tchater avec le monde entier et même avec des Chinois. Oui Monsieur, des Chinois. C'est quand même beau le progrès !
Décédé en 2003, Franz était considéré comme l'un des principaux représentants de la bande dessinée franco-belge réaliste mais aussi, à partir du milieu des années 70, comme l'un des dessinateurs emblématiques du renouveau du journal Tintin. Autant dire un pilier du Neuvième art. Parmi ses nombreuses créations (Jugurtha, Poupée d'ivoire, Thomas Noland, Wyoming doll...), Lester Cockney est la première série qu'il écrit et dessine seul. Nous sommes en 1980, son héros, un Irlandais déserteur des armées des Indes, va connaître des aventures tumultueuses jusqu'au milieu des années 90. En 1994 et 1996 paraissent Irish melody et Shamrock song, deux récits qui s'intéressent à l'enfance et à l'adolescence du héros devenu culte. L'intégrale aujourd'hui publiée au Lombard réunit ces deux magnifiques récits. Un grand classique vivement conseillé pour tous les amoureux de l'aventure avec un grand A. E.G.
Madila s'étire sur la côte comme le fait une femme en vacances. La plupart de ses avenues conduisent vers la mer. Et sur sa longueur, l'artère principale bat au rythme des autres régions très animées du globe. Madila, sur le quatrième continent, un été torride est en train de mourir... Ainsi débute cette histoire écrite et dessinée par Chantal de Spiegeleer. Une histoire originale qui n'a pas pour personnage principal un homme ou une femme, mais une ville, Madila, où se cotoient l'extravagance et la vanité, l'hypocrisie et l'illusion. "Madila Bay était un album seul au départ...", précise l'auteur dans une longue interview publiée en ouverture du présent album, "Quand Le Lombard m'a proposé de commencer une série, j'ai choisi cette ville imaginaire comme lieu de ralliement car toute personne est conditionnée par son environnement. Je voulais sonder un milieu fondé sur l'illusion. En outre, j'aime beaucoup le cinéma qui se situe entre les années 1920 et 1960, et puis, la mode comme moyen d'expression. Madila est devenu mon terrain de jeu. Cette ville représente ce que j'aime dessiner, tout en partageant quelques impressions : l'apparence exploitée à outrance avec les pièges qu'elle charrie. Cependant, il n'y a pas de naturel sans artifice. Madila est la ville où je ne voudrais jamais habiter...".
Xavier n'est pas du genre à s'embarrasser d'un enfant. Mais alors, franchement pas ! Il n'a d'ailleurs jamais eu l'instinct paternel et, qui plus-est, son planning ne lui a jamais laissé le temps de pouponner. Xavier est un chef d'entreprise hyperactif et ses bébés à lui sont plutôt de l'ordre du virtuel : des logiciels. Mais un beau jour, une vieille connaissance ressurgit dans sa vie et bouleverse les choses établies. Son nom : Natacha. Signe particulier : mère d'un enfant dont le père serait Xavier. Pendant treize ans, Natacha a élevé cet enfant, Julien, seule, sans demander quoique ce soit à quiconque. Jusqu'à ce jour où, devant être hospitalisée pendant quelques jours, elle demande à Xavier de s'occuper de Julien. Celui-ci accepte à contre coeur. Il découvre cet enfant, un enfant pas comme les autres. Julien est en effet atteint d'une maladie rare qui lui donne l'aspect d'un vieillard...
Pau, Yannick Corboz, Bengal, Colonel Moutarde, Chloé Cruchaudet, Jean-Sébastien Bordas, Jérôme Jouvray, Nathalie Ferlut, Philippe Larbier, Alice Picard ou encore Jenny, ils sont onze au total, onze auteurs de bande dessinée, plus ou moins connus mais tous talentueux, à rendre un hommage vibrant à nos amis félins dans une série d'histoires courtes réunies dans cet album intitulé Mon chat à moi. Réaliste ou suréaliste, comique ou dramatique, peu importe le style graphique ou le genre littéraire, tous les matous et les mimines sont ici à la fête. Un album indispensable pour tous les amoureux du chat et plus généralement des animaux ! E.G.
L'Intégrale Spirou et Fantasio, sixième des huit volumes prévus, comprend trois longs récits, Le Prisonnier du Bouddha, Spirou et les hommes-bulles, Tembo Tabou, ainsi que deux courts, intitulés Les Petits formats et Spirou découvre l'Europe. Tous datent des années 58/59 et marquent une étape importante dans la série puisque André Franquin, alors très demandé, doit s'entourer de plusieurs collaborateurs pour réaliser à temps les histoires du groom. Et parmi ces collaborateurs, on retrouve des gens comme Greg au scénario, Jidéhem et Roba au dessin, des gens qui vont faire un sacré bout de route par la suite. Comme chaque volume de cette collection, celui-ci comprend en ouverture un dossier d'une quinzaine de pages qui ressitue dans leur contexte les cinq histoires présentées avec des extraits d'interviews ainsi que divers documents.
De René Goscinny, tout le monde connaît bien évidemment les récits des irréductibles et célébrissimes Gaulois, Astérix et Obélix. Mais parmi ses oeuvres de jeunesse figurent les aventures d'un petit personnage fort sympatique, affublé d'une moustache et d'une casquette bleue, chauffeur de taxi de son état, le sieur Strapontin. Publiées dans le journal TIntin de 1958 à 1968, ses aventures permettent déjà au scénariste de s'adonner à un de ses exercices favoris : la satire sociale. Les éditions du Lombard ont réédité une partie de cette oeuvre dans un album collector, avec couverture à l'ancienne et dos toilé rouge. Il comprend trois récits, Strapontin et le tigre vert, Strapontin et le monstre du Loch Ness, La Ruée vers l'ivoire, ainsi qu'un dossier réalisé par Jacques Pessis.
Une autre star de la bande dessinée : Yoko Tsuno. Et un autre génie de la case : Roger Leloup. Lancées en 1970, les aventures de cette Jeune et belle Japonaise électronicienne rencontrent très rapidement un immense succès auprès du jeune public. Parmi les 24 albums de la série, La Frontière de la vie est même considéré par beaucoup comme l'un des chefs-d'oeuvre absolus de l'histoire de la bande dessinée. Avec la volonté affichée de lui offrir un bel écrin, les éditions Dupuis viennent de rééditer l'album dans un format géant avec, en supplément, un dossier dans lequel l'auteur se livre à quelques confidences à propos de la genèse de l'histoire. Avec Le Septième code, sorti en 2005, c'est la deuxième aventure de Yoko qui bénéficie d'une édition aussi luxueuse avec un format qui permet d'admirer plus encore le trait de l'auteur. Un monument de la bande dessinée totalement indispensable à un prix encore abordable ! E.G.
Comment ça, vous ne connaissez pas Raoul ! Mais non, pas Raoul Volfoni, pas celui des Tontons flingueurs. Raoul Cauvin, l'un des plus talentueux et des plus prolifiques scénaristes de bande dessinée humoristique franco-belge. Si je vous dis Sammy, Pauvre Lampil, Du côté de chez Poje, L'Agent 212, Les Femmes en blanc, Cédric, Les Psy, Pierre Tombal, Cupidon ou encore Les Tuniques bleues, là vous ne pouvez plus hésiter car toutes ces séries ont un point, non deux points communs : un succès populaire énorme et la signature du fameux Raoul. Des millions d'albums vendus à travers la planète, 240 titres toujours inscrits au catalogue rien que chez Dupuis, des collaborations avec les meilleurs dessinateurs du journal Spirou, tels que Laudec, Malik, Kox, Bercovici ou Lambil, des pages et des pages de gags à pleurer... Raoul Cauvin est sans conteste un grand, un immense, un gigantesque auteur... pourtant très discret. Pour fêter dignement ses 70 printemps, les éditions Dupuis ont ressorti, en édition de luxe, quatre albums mythiques, pour la plupart devenus introuvables. Quatre oeuvres datant des années 60 à 80 qui n'avaient plus été rééditées depuis aux éditions Dupuis. Il s'agit des albums Pauvre Lampil, dessiné par Lambil (1974), Le Vieux bleu, réalisé avec Walthéry (1974), Les Naufragés, avec Claire Bretécher (1968) et Les Grandes amours contrariées, avec Bercovici (1979). Ces livres sont disponibles séparément mais également dans un coffret contenant, en bonus, une monographie de 96 pages racontant la carrière de Raoul Cauvin, illustrée par une sélection d'histoires complètes, mais aussi des travaux insolites. Dos toilé rouge, papier épais... les amateurs de Cauvin et plus généralement du Neuvième art apprécieront ! E.G.