Bandes dessinées, livres jeunesse... Une sélection des plus belles nouveautés

Chroniques de bandes dessinées et livres jeunesse

Rencontre avec Loïc Dauvillier, scénariste de La Nuit des cendres, album paru aux éditions Carabas.



Loïc Dauvillier ou du moins sa main. © L.D.

Loïc Dauvillier est un passionné ! Un passionné de bande dessinée et plus généralement du livre et des techniques d'impression. Il a d'ailleurs lancé les Editions Charrette avec pour ambition de créer un nouveau terrain d'expérimentation qui placerait l’auteur au centre même de la création. C'est en 2004 qu'il se lance dans l'écriture. Quelques livres pour les petits (La Petite famille, Super cochon...), pour les plus grands aussi (Le Portrait, Comment Je me suis fait suicider...), quelques adaptations d'oeuvres littéraires (Le Tour du monde en 80 jours, Oliver Twist...), Loïc Dauvillier a déjà un beau parcours à son actif. Aujourd'hui, il s'associe au dessinateur Joël Legars pour nous offrir un huis clos surprenant chez Carabas. Son titre : La Nuit des cendres. Rencontre...


Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots la genèse de ce récit ?

Loïc Dauvillier. La nuit des cendres est une histoire que j'ai écrite en 2004. A l'époque, c'était ma première histoire intimiste pour les adultes. Je vous propose de remonter dans le temps….. pifffffffffffffffffffffffff ! J’ai connu Joël grâce à son blog. J’étais et je suis très admirateur de son travail graphique. Nous avons échangé et rapidement je lui ai proposé de travailler ensemble. Il m’a fait confiance et je me suis lancé dans La Nuit des cendres. Il est très clair que j’ai écrit cette histoire dans le but de la voir dessinée par Joël Legars. Sans Joël, cette histoire n’existerait pas. D’ailleurs, pour l’anecdote, c’est Joël qui a trouvé le titre. Maintenant, nous pouvons revenir au présent…… piffffffffff ! Ca va ? Je sais, la première fois, c’est très perturbant mais on prend vite l’habitude des petites secousses. Nous en étions où ? ? ? ? Ah ! oui ! Pour des raisons diverses et variées, l’album ne sort que maintenant. Donc, La Nuit des cendres est une histoire d’avant qui sort maintenant.
A l’époque, mon but était de faire un récit choral. Mes références étaient dans le cinéma. Principalement, Cédric klapisch (eh oui ! j’étais prétentieux) Comme je trouvais que le défi n’était pas assez costaud, je me suis mis un deuxième poids sur les épaules. J’avais en rêve de faire un huis clos. Pour moi, le must au cinéma, c’est Garde à vue. Bien sûr, il y a également La corde et j’aime beaucoup 8 femmes. En bande dessinée, Alex Clement est mort est un ouvrage qui mécaniquement m’impressionne. Avec le recul, je pense que ce récit est la première pierre du cycle que j'ai développé ensuite. Je parle des ouvrages Ce qu'il en reste, Mamè, Inés (à venir en 2009), Théo (à venir en 2009). Le principe de ce cycle, c’est de tenter d'utiliser le minimum de mot pour exprimer le maximum de sentiment. Il est évident qu'à un récit choral, c'est un peu plus facile car lorsqu’une personne garde le silence, un autre en profite pour occuper la place. L'homme a peur du vide et du silence ;).

Pouvez-vous nous dire quel était l’objectif recherché dans cette façon de promener le lecteur dans une ambiance festive tout au long du récit avant de le plonger dans un final très sombre et déroutant ?

L.D. La phrase en quatrième de couverture résume ce que je pense. Les choses ne sont pas toujours ce que l'on croit, ni ce que l'on aimerait qu'elles soient.... C'est une thématique que j'aime. Je pense que c'est une des bases pour l'écriture d'une bonne histoire. Si je vous propose un récit cousu de fil blanc, vous allez dire que cela n'a rien d'original. Par contre, si dans un récit ordinaire, je place un événement pour perturber le petit train train... là, j'ai toute les chances de vous surprendre et d'attirer votre attention.

Si vous me permettez, je ne suis pas d'accord avec l'idée d'une fin très sombre (...) Si vous voulez lire des histoires noires, je vous invite à lire Nous n'irons plus ensemble au canal saint-martin aux éditions Les Enfants rouges. Là, je revendique clairement le coté très noir.

Serait-ce une histoire inspirée d'un fait réel ?

L.D. Je pense que le but d'un créateur est de poser un regard sur le monde qui l'entoure. Cela ne veut pas dire que l'ensemble de ces histoires doivent se passer à notre époque, il peut aussi transposer. En partant de ce principe, je me dois d'être réceptif aux éléments qui m'entourent. Non, je n'ai pas vécu ce que je décris dans cette histoire mais j'observe et je me questionne constament. Je pense que je suis un peu de Fred. Je crois que je pourrais avoir la même réaction face à ce type de problème.

Auriez-vous une vision assez sombre de la vie ?

L.D. Nous ne sommes pas ce que nous écrivons. Nous ne sommes qu'un morceau de ce que nous écrivons. Comme vous, j'ai parfois des journées de soleil et des journées de pluie...


Propos recueillis par Eric Guillaud le 27 juin 2008

Retrouvez la chronique de l'album La Nuit des cendres sur ce même blog.

Le blog de Loïc Dauvillier
Le blog de Joël Legars

La Nuit des cendres, de Joël Legars et Loïc Dauvillier. Editions Carabas. 13,90 euros.




Ce soir, c'est la fête chez Fred et Blandine. La méga fête. Punch à gogo, Abba à fond les manettes, retrouvailles et embrassades dans tous les coins, rigolades et discussions à tout rompre, fumoir improvisé sur le balcon, piste de danse ouverte jusqu'au petit matin... On en oublierait presque les raisons de la fête. Ah oui, au fait, s'interrogent subitement les invités. C'est quoi le prétexte ? Un anniversaire ? Une promotion ? Ou peut-être un bébé ? Il parraît justement que Blandine a arrêté la cigarette. Malheureusement, Les choses ne sont pas toujours ce que l'on croit, ni ce que l'on aimerait qu'elles soient...
Cette dernière phrase, inscrite en quatrième de couverture résume parfaitement La Nuit des cendres. Joël Legars, auteur de plusieurs ouvrages jeunesse chez Carabas, et Loïc Dauvillier, créateur des éditions Charrette et responsable entres autre des adaptations en BD du Tour du monde en 80 jours et d'Oliver Twist, pour les éditions Delcourt, nous offrent ici une histoire pleine d'humanité autour de l'amitié, de l'amour, de la vie... Sans en dévoiler la fin, La Nuit des cendres prend le lecteur par la main pour lui réserver une surprise finale. Loin du happy end attendu ! Un récit intimiste surpenant à découvrir d'urgence !
E.G.

Retrouvez l'interview du scénariste de La Nuit des cendres sur ce même blog.

Des livres jeunesse à découvrir les pieds dans le sable...


Les vacances approchent ! Il est grand temps de préparer les bagages. Maillots de bain, lunettes, crème solaire, tong.... il ne faut rien oublier ! Côté livres, voici quelques pour vos enfants...

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Tout petit mais malin, le carnet de Taro Gomi, publié au Seuil, propose des cartes postales à décorer, colorier, griffoner et surtout à envoyer. On le glisse dans la poche, on le ressort dès qu'on a cinq minutes de libre, on sélectionne le dessin selon l'humeur du moment, on y ajoute sa touche personnelle, on colle un timbre et hop... c'est parti !



L'été est toujours source de découvertes et notamment autour de nos amis insectes. Toujours au Seuil est sorti un livre bien pensé qui propose un tête à tête privilégié avec vingt-quatre de ces petites bêtes. Qu'ils habitent les bois, les champs, les mares, les jardins ou les maisons, qu'ils s'appellent cigales, mantes religieuses, tipules du chou ou freulons d'Europe..., Claire Villemant et Philippe Blanchot apportent d'étonnantes révélations et de croustillantes anecdotes, textes documentés, dessins scientifiques et somptueuses photographies à l'appui. Saviez-vous par exemple que le phasme de Bornéo, avec ses 36 cm de long et 56 cm quand il allonge ses pattes, est le plus grand insecte du monde ? Un CD audio permet en outre de découvrir les petits bruits de ces animaux : stridulations, vrombissements et craquettements en tout genre, le tout en stéréo.



Chez Sarbacane, Fançois David et Eric Battut nous proposent avec Jardin secret un récit fort sympathique, poétique et magique, où l'on peut rencontrer un lutin-poète, une baleine-palmier, un arbre à sorcières, un asticot bonne poire, un ogre végétarien et même des nénuphars de cirque. C'est frais, c'est fin, ça se mange sans fin !



Toujours aux éditions Sarbacane, le talentueux Davide Cali et la très prometteuse Camille Jourdy proposent l'histoire franchement drôle de Léopold qui aurait aimé être chien de magicien, chien de course, chien d'aveugle, chien de concours ou même chien de motard et qui doit se contenter d'être le chien d'un auteur de bandes dessinées. Alors, forcément, c'est moins pétillant mais il va apprendre très vite que le maître idéal n'existe pas ! A noter l'humour irrésistible de Davide Cali et l'aisance graphique de Camille Jourdy.



Après l'été vient l'automne, puis l'hiver et finalement le printemps. Histoire de tout connaître des saisons, de leur rythme, de l'évolution de la nature et des paysages, de la météo, de l'activité des animaux..., les éditions Gallimard viennent de publier un Almanach des saisons particulièrement riche en informations mais aussi en activités et en conseils pratiques. Une version qui se veut réactualisée des almanachs d'autrefois totalement indispensable pour découvrir la nature.



Un peu de musique pour finir avec ce petit livre-disque paru aux éditions Didier Jeunesse intitulé Lulu la mouche et l'chat . Michèle Moreau, à l'écriture, Alex Grillo, à la musique, et Martine Bourre, à l'illustration, offrent un tout petit opéra fantaisiste autour d'une jeune héroïne, Lulu, de son chat et d'une mouche qui a perdu son ombre et la cherche partout dans la maison. Côté musique, vibraphone, contrebasse, piano... accompagnent les voix d'enfants du choeur Les P'tits chanteurs de Barbès. Des bruitages ponctuent les mélodies, évoquant les bruits de la maison et les bruits du dehors. Enfin, les dernières pages du livre réunissent les partitions et divers commentaires autour de cet opéra.
E.G.

Cartes postales à gribouiller, de Taro Gomi. Editions Seuil Jeunesse. 10 euros.
Tête à tête avec les insectes, de Villemant et Blanchot. Editions Seuil Jeunesse. 18 euros.
Jardin secret, de François David et Eric Battut. Editions Sarbacane. 13,50 euros.
Léopold, chien de divan, de Cali et Jourdy. Editions Sarbacane. 14,90 euros.
Almanach des saisons, de René Mettler. Editions Gallimard Jeunesse. 9,90 euros.
Lulu, la mouche et l'chat, de Moreau, Bourre et Grillo. Editions Didier Jeunesse. 17,50 euros.

Les Marins perdus, de Clément Belin, d'après le roman de Jean-Claude Izzo. 16,50 euros.




Abdul, Diamantis et Nédim sont des marins, des vrais, de ceux qui n'échangeraient pour rien au monde leur vie en mer contre une petite mort à terre, même par gros temps ! Quinze jours à quai entre deux voyages et déjà ils tournent en rond ! Alors, imaginez un peu, cinq mois à bord d'un cargo immobile, bloqué au bout d'une digue à Marseille à attendre un hypothétique repreneur. Cinq mois à rouiller sur place parce que le tribunal de commerce a saisi le navire en garantie des dettes contractées par son armateur. Cinq mois que l'équipage attend. Enfin ce qu'il en reste : Abdul, le capitaine, Diamantis, son second, et Nédim, un matelot. Les autres sont déjà repartis chez eux. Entre leur bateau et les quartiers du port, nos trois marins tuent le temps comme ils peuvent. Diamantis, lui, a décidé de partir à la recherche d'une prostituée qu'il a follement aimée ici même il y a vingt ans...
Adaptation du roman de Jean-Claude Izzo, paru aux éditions Flammarion en 1997, Les Marins perdus est le premier album de Clément Belin, un jeune Marseillais de 31 ans qui a lui-même, un temps, parcouru le monde sur des bateaux de la marine marchande. Un monde qu'il connaît donc paraitement et qui le fascine. "J'ai adoré le roman d'Izzo...", souligne-t-il, "qui évoque un monde qui m'est familier, qui me parle très directement. Le port de Marseille, j'y ai moi-même gardienné un cargo sur le digue du large pendant plusieurs mois. J'ai été séduit par les personnages brut de décoffrage mais pleins d'humanité et je me suis vraiment régalé à tenter de redonner dans mes dessins l'atmosphère du bateau. J'espère que j'ai réussi à faire passer auprès du lecteur cette proximité, cette affinité que je ressens avec l'univers du roman, tout en tentant d'en donner ma vision personnelle".. Essai réussi, Clément Belin fait avec Les Marins perdus une entrée remarquée dans le monde du Neuvième art. Un album à l'atmosphère particulière et au ton épris d'humanité et un auteur à suivre...

E.G.

La Seconde guerre mondiale, de Robert Giraud. Editions Castor Poche. 8,50 euros.




De la paix retrouvée au lendemain de la Grande guerre jusqu'aux premières heures de la guerre froide, en passant par la montée du Nazisme et du Fascisme, le Front populaire, l'entrée en guerre, la débâcle, la déportation, la Résistance, le débarquement, la victoire des forces alliées... La Seconde guerre mondiale , publié dans la collection Castor Doc, retrace toutes les étapes clés de cette époque sombre et meurtrière mais combien passionnante. Robert Giraud, auteur de plusieurs autres documentaires dans cette même collection, aborde ici non seulement les grandes batailles militaires mais aussi la vie des civils, en France et dans le reste du monde, grâce à des textes aussi brefs que clairs et une iconographie abondante. Un index, un lexique, deux cartes représentant les principales batailles à travers le monde complètent ce petit ouvrage fort agréable et bien sûr très instructif. Pour les enfants à partir de 11/12 ans.
E.G.

C'est encore loin l'amour?, Elza (tome 2), de Didier Lévy et Catherine Meurisse. Editions Sarbacane. 12 euros.




C'est encore loin l'amour ? Toujours trop pour le petite Elza. Elle qui n'a pourtant jamais sa langue dans la poche et ne manque pas d'asssurance commence à en avoir assez d'enchaîner les chagrins d'amour : 127 au total, 127 garçons qu'elle a aimé sans retour ! Mais les choses vont devoir changer : "Alors voilà...", dit-elle, "je voulais dire aux garçons que s'ils ne tombent pas amoureux de moi pour mon caractère, mes qualités morales, ma personnalité exquise... ce n'est pas grave... ils peuvent aussi m'aimer juste pour mon physique" C'est dit et bien dit. Sauf que, même côté physique, Elza n'est pas franchement un modèle. Et encore moins un top modèle. Avec ses tendances boulimiques, son pull de marin pêcheur et sa petite poitrine, elle n'attire pas vraiment les foules. Seul Robert-Louis, son fidèle amoureux qu'elle ne trouve beau et élégant que dans ses rêves, est toujours là, à ses pieds...
Didier Lévy n'est pas un inconnu ! Avec Angelman, Les Oubliés de l'étagère, Petit dernier ou plus récemment La Bête curieuse et l'Empire des cimes, il est devenu l'un des auteurs phares des éditions Sarbacane et plus généralement du livre jeunesse. Il propose ici le journal intime d'une pré-ado, un récit au ton vif, cruel, mordant, en adéquation totale avec le trait de Catherine Meurisse, proche du dessin de presse. Un petit bonheur au format à l'italienne pour les 10 ans et plus !

E.G.

Antoon Krings et ses drôles de petites bêtes...




Contrairement à ce que pourrait laisser penser sont nom, Antoon Krings est français. Oui Monsieur ! Et on ne va quand même pas se priver d'une petite - toute petite - pointe de chauvinisme quand on connait le succès de sa série : Les Drôles de petites bêtes. Créée en 1995, elle compte aujourd'hui une bonne quarantaine de titres dans la série mère mais aussi des livres-puzzle, des livres-cd, un cd-rom... Elle a même été l'objet d'une série animée en 3D aujourd'hui disponible en DVD. En mai, fait ce qu'il te plait, Antoon Krings, lui, développe son bébé avec trois nouveautés : un livre de coloriage où l'on retrouve bien sûr Mireille l'abeille et tous ses amis du jardin, un petit livre autour d'un nouveau personnage, Edouard le Loir, où il est beaucoup question de sommeil, d'insomnie, du rythme des saisons, et une nouvelle présentation des Drôles de bébés qui initient les 15 à 24 mois à l'univers enchanteur du grand Antoon Krings. Totalement conseillé pour toute la famille !
E.G.

Les Coloriages de Mireille l'Abeille. Editions Gallimard. 5 euros le volume.
Edouard le Loir. Editions Gallimard. 6 euros le volume.
Les Drôles de bébés. Editions Gallimard. 2 euros le volume.

Extraordinaire océan en pop-up et Etranges dinosaures en pop-up, de Richard Fergusson. Editions Gallimard Jeunesse. 12,90 euros le volume.




Après Etonnant safari et Fabuleux insectes, la collection de pop-up Découvertes de Gallimard se penche sur l'océan et les dinosaures selon le même principe, chaque livre offant six pop-up photos en double page montrant les animaux dans leur milieu naturel et six fiches coulissantes délivrant nombre d'informations sur l'alimentation, le comportement, l'habitation, la longévité ou encore le poids de chacun. Dauphins, pieuvres, requins, méduses ou animaux d'un autre temps, tels que les fameux pentaceratops cornus ou velociraptors, c'est un véritable plongeon au coeur de la vie animale que proposent ces deux nouveaux ouvrages conçus pour les enfants de 4 à 7 ans !
E.G.

Bienvenue à Boboland, de Dupuy et Berberian. Editions Fluide Glacial. 11,95 euros.




Pour ce nouvel album sous-titré Le Comportement humain en milieu urbain, le duo Dupuy - Berberian s'attaque à du lourd et à du sérieux, je veux parler des bobos, ces êtres étranges sortis de nulle part ou presque, vaguement descendants de ce qu'on appelait il y a quelques années les baba cools mais avec quand même beaucoup plus d'argent. Car les bobos, même s'ils aiment les quartiers populaires pour leur authenticité, pensent aussi à la plus-value qu'ils vont faire à la revente de leur jolie appartement. Comme nous le montrent avec bonheur Dupuy et Berberian, les bobos détestent la guerre parce que "c'est pas bien tatatin". Ils achètent dans les commerces équitables, mangent bio, habitent si possible un loft, pratiquent le freestyle en matière sexuelle et le Book crossing en matière culturelle. Pour les petits curieux, le freestyle étant une certaine liberté au niveau des partenaires et le Book crossing, une démarche visant à partager les petits bonheurs de lecture avec les autres en déposant les livres appréciés dans un lieu public. Enfin, les bobos prennent de préférence un brunch le dimanche et supportent difficilement d'être réveillés par des cris d'enfants le matin. La vie de bohème en somme dans une ambiance un tantinet bourgeoise ! Et Dupuy et Berberian savent de quoi ils parlent, reconnaissant avoir débuté l'album pour répondre à de nombreuses questions qu'ils se posaient eux-mêmes et d'abord à celle-ci : "Est-ce qu'on est vraiment des bobos ?". "Je me sens parfois comme un Nicolas Hulot,qui observerait deux types qui prennent un café à dix euros le long du canal Saint-Martin", confie Philippe Dupuy. "Mais en même temps, je me rends bien compte que ces gars, ca pourrait être moi : les vrais bobos sont les premiers à dire qu'il n'en sont pas. Le bourgeois qui est en moi estime qu'il n'est pas bohème et vice versa. Ca prouve à quel point je dois l'être..." Après avoir obtenu le Grand prix de la Ville d'Angoulême en 2008, qui vient récompenser une oeuvre à quatre mains particulièrement féconde, notamment autour de leurs deux personnages vedettes, Henriette et Monsieur Jean, Dupuy et Berberian signent ici un one-shot vraiment drôle, cent pour cent bio et fatalement très urbain.
E.G.

Mes Premières découvertes. Editions Gallimard Jeunesse. 8 euros le volume.




La collection Mes Premières découvertes, qui s'adresse aux jeunes enfants de 2 à 5 ans, vient de subir une véritable cure de jouvence pour offrir une approche encore plus adaptée à la tranche d'âge ciblée. Livres plus épais, contenu parfois simplifié, prix ramené à huit euros, chacun des quelques trente titres aujourd'hui disponibles propose un arrêt sur image autour d'un théme précis, qu'il s'agisse du cirque, de la couleur, du train, du bateau, des poissons, du bébé, du tigre, des pompiers ou encore de l'avion. Les nombreuses illustrations, réalistes et précises, sont acccompagnées de pages transparentes et parfois d'une lampe magique qui permettent de révéler certains détails cachés ou de découvrir l'envers ou l'intérieur des choses. Une très belle collection documentaire à découvrir ou redécouvrir !

E.G.

Pauvres zhéros, de Baru et Pelot. Editions Casterman. 15,95 euros.



Sylvette n'aurait jamais dû sortir seule avec les enfants de l'institut Saint Maurice. Elle n'aurait surtout pas dû les lâcher du regard, ne serait-ce qu'une minute, le temps de batifoler dans les herbes hautes avec son galant. Non, vraiment, elle n'aurait pas dû. Car cette minute d'inattention va avoir une fâcheuse conséquence. Une très fâcheuse conséquence. Un des enfants a disparu. Le petit Joël, un handicapé mental. Prévenue, la police se met à sa recherche. Quelques habitants aussi... Mais rien, absolument rien ! Même du côté de la bicoque d'Albert où on a pourtant retrouvé le chapeau du gamin. Albert qui est encore sous le choc d'une rencontre avec un "esstraterresst" comme il dit, l'autre soir devant chez lui... Depuis, il ne lâche plus sa carabine... Mais tout ça ne nous dit pas où est ce foutu gamin...
C'est noir, franchement noir ! Rien de bien étonnant en fait puisque ce nouvel album du grand Baru est l'adaptation d'un polar publié chez Payot dans la fameuse collection Rivages et signé Pelot, l'un des maîtres en la matière. Tout y est coupé à la hache, l'histoire d'abord qui sent le pas net, le pervers, le sordide, le cadavre, à plein nez. Les personnages, ensuite, avec leurs gueules de soulards dégénérés. L'atmosphère enfin, lourde, pesante, qui dégueule de jalousies, de rancoeurs et de haines. Ici, il n'y a pas beaucoup de gentils, surtout des affreux, sales et méchants ! Alors oui, c'est noir, forcément très noir...
E.G.

Parus dans la même collection :

Nuit de fureur, de Hyman, Matz et Thompson. 16,95 euros.
Sur les quais, de Van Linthout, Rodolphe et Schulberg. 15,95 euros.
Pierre qui roule, de Westlake et Lax. 16,95 euros.

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