Bandes dessinées, livres jeunesse... Une sélection des plus belles nouveautés

Chroniques de bandes dessinées et livres jeunesse

Spirou, le journal d'un ingénu, Une aventure de Spirou et Fantasio par Emile Bravo. Editions Dupuis. 13 euros.




70 ans ! Cela fait exactement 70 ans que Spirou parcourt le monde dans des aventures toujours plus trépidantes. 70 ans qu'il anime les pages du journal qui porte son nom et dans lesquelles d'autres stars du Neuvième art comme Gaston Lagaffe, les Schtroumpfs, Boule et Bill, Tif et Tondu, Les Tuniques Bleues, Cédric, kid Paddle (la liste est énorme!) sont apparus. 70 ans et toujours pas une ride, pas un râté ou presque, pas une faiblesse au compteur. Passées de mains en mains, et quelles mains (Rob-Vel, Jijé, Franquin, Tome et Janry...), les aventures de ce héros aux couleurs de groom font encore aujourd'hui le bonheur de centaines de milliers de lecteurs. Mais aussi de nombreux auteurs de bande dessinée auxquels les éditions Dupuis ont offert depuis quelques temps la possibilité de réaliser un vieux rêve, que dis-je un fantasme : écrire une histoire de Spirou et Fantasio pour la collection hors série Une aventure de Spirou et Fantasio par....
Et ça fonctionne ! Après Yoann et Vehlmann (Les Géants pétrifiés), Frank Le Gall (Les Marais du temps), Tarrin et Yann (Le tombeau des Champignac), c'est au tour du sieur Emile Bravo de nous offrir sa propre vision de cette série mythique avec un album tout à fait surprenant, peut-être le plus intéressant de la collection à ce jour, le plus original et le plus adulte en tout cas ! Car l'auteur du notamment très remarqué Ma Maman est partie en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (primé à Angoulême comme un des 5 albums essentiels 2008) rompt ici avec les aventures "traditionnelles" du groom et de son ami Fantasio pour quelque chose de beaucoup plus réfléchi qu'il présente ainsi : "Comment un adolescent qui tient des portes dans un hôtel peut-il se révéler et devenir le jeune aventurier que nous connaissons ? Pourquoi celui-ci choisira-t-il de garder se livrée de groom ? A-t-il été amoureux ? A-t-il une conscience politique ? D'où vient son amitié indéfectible avec Fantasio ? C'est à ces questions que je me posais étant enfant en lisant les aventures de Spirou et Fantasio que j'ai voulu répondre à travers cet album". Emile Bravo rêvait de faire l'album fondateur de la série, celui qui expliquerait, ou du moins remettrait en perspective, les 49 albums parus à ce jour. Et il y est parvenu ! Avec un graphisme et un traitement narratif au goût rétro mais des dialogues très actuels, Spirou, le journal d'un ingénu peut éventuellement dérouter le lecteur qui peut avoir effectivement l'impression de lire le premier album de la série réalisé en 1938 avec des héros pourtant plus modernes qu'il y a une paire d'années. Imaginez plutôt : Emile Bravo fait boire de la bière à un Spirou qui en a assez qu'on lui colle des chocolats. Plus fort encore, on le surprend en train d'embrasser sur la bouche une séduisante jeune femme qui travaille comme lui au Moustic Hôtel !
Et toutes les questions que se posaient Emile Bravo et les nombreux fans de la série trouvent effectivement ici des réponses. Y compris la position de Spirou et Fantasio face à cette guerre qui allait jeter le monde dans l'horreur. C'était il y a environ 70 ans, une légende venait de naître, l'aventure ne faisait que commencer...
Un album indispensable, beau et fort à la fois ! Et admirez cette couverture, on appelle ça le talent je crois !
E.G.

Le rêve de Meteor Slim, de Duchazeau. Editions Sarbacane. 23 euros.



Les plus belles histoires sont souvent les plus tristes ! Et Le rêve de Meteor Slim n'échappe pas à cette règle ou du moins à cette généralité. Nous sommes en 1935, dans un coin paumé du Mississippi. Edward Ray Cochran marche le long d'un chemin de campagne en chantant et jouant de la guitare. Il vient de tout abandonner, maison, femme et enfant, pour réaliser un rêve, son rêve : être musicien. Rencontres après rencontres, expériences après expériences, galères après galères, le jeune ramasseur de coton forge son personnage de Meteor Slim le musicien. Mais le chemin qui mène à la reconnaissance est encore long et semé d'embuches... Même si Edward Ray Cochran, pardon Meteor Slim, est prêt à tout pour vivre de sa musique, prêt à ecumer les cabarets crasseux, à loger dans des chambres sordides ou à signer avec des producteurs véreux, cela suffira-t-il vraiment ?
160 pages de bonheur ! Un bonheur qui a la couleur du blues, noir, très noir. Frantz Duchazeau, dont on a déjà pu apprécier l'immense talent dans La nuit de l'Inca, Les cinq conteurs de Bagdad ou encore Les Vaincus (albums publiés aux éditions Dargaud), nous offre ici un album particulièrement fort en caractère, un plongeon singulier dans l'Amérique des années 30 et dans l'univers de cette musique qui a permis à certains Noirs d'échapper à leur triste condition. Ou de l'oublier un temps ! Avec un dessin en noir et blanc charbonneux et tourmenté à souhait et une narration remarquable de fluidité, Frantz Duchazeau nous transporte littéralement ailleurs. Certains diraient qu'il ne manque plus que la musique à cette bande dessinée pour que le bonheur soit complet. Eh bien, en tournant les pages, il me semble bien avoir entendu quelques notes. Admirable !
E.G.

Journal intime d’un lémurien, de Fabrice Tarrin. Editions Delcourt. 13,95 euros.




La mode est au blog et au journal intime ! Journal intime qu’on espère toutefois lu par le plus grand nombre. Un paradoxe dont on s’accommode plutôt bien dans la bande dessinée où une nouvelle fois un éditeur publie en album un journal intime justement initié en bande dessinée et sur la toile. Après le fabuleux Blog de Frantico (éd. Albin Michel), c’est au tour de Fabrice Tarrin de trouver ici un nouveau support de diffusion pour sa vie intime. Mais attention, Fabrice est loin d’être un inconnu dans le milieu de la bande dessinée. Simple précision pour dire qu’il ne suffit pas d’ouvrir un blog pour avoir du talent ! Quelques illustrations pour le journal Spirou, des strips pour Astrapi, un premier album aux éditions Soleil (Monsieur Tue-Tout), une série chez Dupuis avec Tronchet au scénario (Violine, 3 tomes) et la réalisation d’une aventure de Spirou et Fantasio avec le scénariste Yann… Fabrice Tarrin commence même à avoir une sacré réputation dans le milieu du Neuvième art. Et certainement chez les lémuriens, ces animaux auxquels il a emprunté les traits pour se mettre en scène dans ces pages. Pourquoi un lémurien ? C’est mieux qu’une vache ou qu’un cochon après tout ! Et que raconte ce journal intime, vous demandez-vous ? La vie. La vie selon Fabrice Tarrin ! Et notamment un déménagement radicalement épique entre Paris et Montpellier, une aventure totalement love-love avec Lolita, la fille du chanteur Renaud (si si ! !), des rencontres avec quelques fans de BD, avec des gens du métier aussi comme Lewis Trondheim, directeur de la collection Shampooing qui accueille le présent ouvrage, et avec quelques personnages atypiques comme ce Cyril, un ami gravement schizophrène. Et forcément, c’est drôle !
E.G.

Groenland Manhattan, de Chloé Cruchaudet. Editions Delcourt. 16,50 euros.




Groenland, 1897. Malgré l'embarquement d'une énorme météorite sur son bateau, météorite destinée à rejoindre la collection du Muséum d’histoire naturelle de New York, Robert Peary n'affiche pas franchement la tête des bons jours. Et pour cause, l’explorateur américain n’a pas pu cette fois encore planter son drapeau au pôle Nord. Qu'importe, sur un coup de tête, il décide de ramener dans ses bagages une famille d'Esquimaux, dont Minik qui n’est alors qu’un enfant. Des « souvenirs » vivants qui devraient à coup sûr faire sensation dans le monde " civilisé " et peut-être faire oublier son échec...
Boulimique de biographies et de documentaires en tout genre, notamment des ouvrages de la collection Terre humaine, Chloé Cruchaudet retrace ici l’histoire vraie d’un jeune Esquimau ramené en Amérique pour être exhibé comme n’importe quel trophée ou animal exotique. C’est un livre en fait qui a servi de déclencheur à cette bande dessinée, celui de Kenn Harper, intitulé Minik, l’esquimau déraciné, récit de l’expédition de Robert Peary qui a ramené en Amérique quelques Esquimaux à la fin du XIXe siècle. « C’était presque froid… », confie l’auteure, « hyperdocumenté, quasiment écrit de façon scientifique. Tout était chiffré : les jours d’expédition, les kilomètres parcourus, les kilogrammes de vivres restant à bord… Je me suis amusée à imaginer tout ce qui n’était pas dit, écrit, raconté ». Et pour cela , Chloé Cruchaudet a écumé les archives, échangé avec Delphine Deloget, réalisatrice du documentaire Qui se souvient de Minik ? et apporté sa part d’imagination et de fiction. « Pour avancer dans mon récit, je me suis mise à la place du jeune Minik, j’ai essayé de comprendre ce qu’il avait ressenti, vécu, pour le transmettre par le texte et le dessin ».
A l’arrivée, Groenland Manhattan est un récit étonnant. Etonnant dans le fond avec cette approche documentée mais pleine d’humanité et de poésie autour du peuple esquimau. Etonnant dans la forme avec ce graphisme d’une beauté froide particulièrement adaptée au contexte de l’histoire. Chloé Cruchaudet, qui signe ici sa première véritable bande dessinée, expose au grand jour un talent hors norme pour conter des histoires qui s’appuient sur le réel, un réel qui dépasse bien souvent la fiction. « Je suis persuadée que l’histoire est plus riche que l’imagination », dit-elle. « En effet, si on quitte la grande histoire, celle des faits et des dates, des grands personnages et des traités, il nous reste cet immense champ de la petite histoire, celle qui met en œuvre les femmes et les hommes ». Un territoire taillé sur mesure pour Chloé Cruchaudet…
E.G.

Rencontre avec le scénariste rouennais Fred Duval, à l'occasion de la sortie du premier volet de sa toute nouvelle série : Meteors.



Fred Duval - © Olivier Roller

Figure emblématique du label Série B aux éditions Delcourt et d'une manière plus générale de la science-fiction en France, le scénariste rouennais Fred Duval lance ce mois-ci une nouvelle série d'anticipation. Son nom : Meteors. Rencontre dans un coin de l'espace...

Après Carmen Mc Callum et Travis, deux séries de science-fiction qui ont toutes deux pour contexte les années 2040, vous nous propulsez un siècle plus tard avec Meteors et son premier volet intitulé Le Règne digital. Pourquoi ce grand écart ? Un besoin d’explorer autre chose ? De sortir de l’univers Carmen/Travis sans quitter pour autant l’anticipation ?

Fred Duval. Meteors est un projet qui se préparait quasiment tout seul depuis une quinzaine d’années, en fait. En travaillant sur des séries d’anticipation comme Carmen mc Callum ou Travis, il m’arrivait de temps en temps d’écarter une idée que j’estimais intéressante, mais qui, injectée dans le monde de 2050, aurait été anachronique, allant trop vers la science-fiction. Meteors, au tout départ, est né de l’assemblage de quelques-unes de ces idées, comme celle du cadavre du cosmonaute soviétique, une image que j’avais en tête depuis fort longtemps.
Meteors est donc une série d’anticipation destinée à flirter sans problème avec les mondes sans limites de la science-fiction…

Pouvez-vous en quelques mots nous présenter la genèse de cette nouvelle série et son contexte ?

F.D. Nous sommes en l’an 2134, les humains, dans de nombreux pays démocratiques, ont placé les I.A. (Intelligences Artificielles) au pouvoir pour qu’elles assurent la survie de l’humanité qui s’estime incapable de solutionner les problèmes écologiques, démographiques, sociaux… Une partie de l’humanité refuse ce choix de gestion globale numérique et se réfugie dans des zones dites analogiques où les I.A. n’ont pas de pouvoir d’ingérence. Ce qui particularise, je crois, la série, c’est que les I.A. ne sont pas arrivées au pouvoir par la force et que leur mission est de veiller à la survie de l'humanité... Du moins au départ. Nous nous amusons à observer les dérives du pouvoir.

Comment s’est faite la rencontre Duval/Ogaki et comment est née l’envie de travailler ensemble sur ce projet ?

F.D. Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire des directeurs de collection du label Série B. Je lui ai fait lire le projet, il m’a tout de suite parlé, avec enthousiasme, des livres qui ont été mes influences principales, comme Hypérion de Dan Simmons. Ensuite, sa capacité à gérer la multitude de décors et engins à dessiner pour ce projet m’a séduit. Eh voilà !

Une nouvelle série, un nouveau dessinateur, un nouveau style graphique… Et une nouvelle écriture ?

F.D. Oui, il n’a jamais été question de créer, avec Meteors, une série d’action à la Carmen ou Travis. Non pas que je n’aime plus ces récits, au contraire, mais par pure volonté de ne pas me répéter. Meteors est plus construit comme un roman, par chapitres qui restent sur un des personnages. C’est une manière de présenter le monde et ses enjeux par différents points de vue. Chaque personnage ayant une problématique particulière, cela permet d’élargir le spectre. Les I.A., bien entendu, font le lien entre les personnages. Chacun des héros ayant un rapport bien précis avec elles. De plus, la dynamique de Meteors ne s’articule pas autour des scènes d’actions (peu nombreuses) mais dans la tension qui s’exerce sur chaque personnage. Nous essayons de les rendre attachants et en très grand danger.

Chacune de vos séries allie à la fois divertissement et réflexion autour de quelques grands thèmes économiques, environnementaux, sociaux, éthiques… Quels seront les thèmes abordés dans Meteors ?

F.D. Je pense que le thème principal de Meteors est celui de l’intelligence humaine qui sera forcément, un jour, dépassée par une autre forme d’intelligence, artificielle ou extra-terrestre. Ce moment arrivera sans doute bien avant l’an 2134…
Ensuite, la série propose ce que l’on appelle une dystopie, à savoir le contraire de l’utopie de Thomas More. Nous décrivons une société totalitaire tombée « volontairement » sous le joug de la dictature la plus insidieuse qui, à terme, pourrait devenir une menace pour la survie de l’espèce humaine. Avec cette série, nous observerons aussi les possibilités offertes à l’humanité pour sortir de cette domination. Nous montrons aussi que la réduction des libertés individuelles ne s’est pas faite en un jour mais par accumulation de petites mesures « pour le bien de tous »… Aucun rapport ni comparaison avec nos sociétés modernes, évidemment…

Beaucoup de nouveautés pour cette série mais également des constances comme les éditions Delcourt et le label Série B. C’est votre maison, là où votre univers peut s’épanouir au mieux ?

F.D. Oui, c’est clair que Delcourt et Série B sont mes éditeurs, c’est là que j’ai développé les séries qui me permettent d’être un auteur à plein temps. Meteors étant pour moi dans la continuité de ces projets, j’aurai eu du mal à l’envisager ailleurs. Cela ne m’empêchera pas dans les années à venir de développer des projets hors Série B et même hors Delcourt.

Les références cinématographiques ou littéraires ont toujours été nombreuses dans vos albums. Quel a été le film, le livre ou peut-être l’événement déclencheur pour Meteors ?

F.D. Un film tiré de plusieurs nouvelles d’Arthur C. Clarke : 2001, l’odyssée de l’Espace, de Stanley Kubrick… Un autre, enfin plusieurs, ceux qui forment la saga qui reste pour moi le plus grand divertissement avec les James Bond : Star Wars, de George Lucas. Trois livres importants : 1984, d’Orwell, Le meilleur des mondes , d’Aldous Huxley et Hypérion, de Dan Simmons, déjà cité. Un événement a aussi fait avancer le fond de l’histoire : l’observation des retombées du 11 septembre sur la société mondiale avec notamment l’acceptation par la population américaine du Patriot act.

Carmen, Travis, Hauteville House, Gibier de potence, Lieutenant Mc Fly… et aujourd’hui Meteors. Quel regard portez-vous sur toutes ces années passées et ces différentes expériences ? Si vous deviez avoir appris une chose, quelle serait-elle ?

F.D. Je n’ai pas vraiment encore pris le temps de me retourner… Disons que je pense avoir développé des projets qui me tenaient vraiment à cœur et qui n’étaient pas « gagnés d’avance », comme Hauteville House, par exemple. J’ai la chance d’écrire pour des dessinateurs qui me conviennent, que je peux même choisir ou qui me choisissent… C’est une chance énorme, je ne suis pas certain de la mesurer complètement. Je n’ai connu qu’un minimum d’échecs commerciaux, certains plus cuisants que d’autres, Karmatronics avec Fred Blanchard étant celui qui me reste le plus en travers la gorge. J’ai appris à rebondir après ce genre d’échec.

Quel est aujourd’hui votre projet le plus fou ? Et quel est votre projet le plus probable, le plus réalisable ?

F.D. Le projet le plus réalisable est certainement celui que je développe pour Philippe Berthet depuis quelques mois, encore un projet de pur divertissement avec de l’ambition, naturellement. Ce sera publié chez Dargaud en septembre 2009, si tout va bien.
En septembre 2008, paraîtra l’adaptation de Tartuffe, aux éditions Delcourt, avec Zanzim et Hubert (l’équipe de l’excellent La Sirène des pompiers). Je rêvais d’adapter Tartuffe depuis très longtemps. Quand on m’en a offert la possibilité et que j’ai dressé la liste des dessinateurs avec qui j’aimerais partager l’expérience, Zanzim était en tête. Et il a accepté. J’espère que les lecteurs de bandes dessinées et les admirateurs de Molière cautionneront notre démarche. En tout cas, nous, nous passons un sacré bon moment à adapter ce chef d’œuvre absolu et universel qu’est Tartuffe.
Un truc bien dingue, tiens, sera aussi publié chez Delcourt, dans une collection dirigée par David Chauvel, ce sera ma première incursion dans le polar bien noir et cynique à la fois (…)

Propos recueillis par Eric Guillaud le 19 avril 2008.

Retrouvez la chronique du premier volet de Meteors sur ce même blog.

Flers sous les bulles!



Pour la neuvième année consécutive, Flers s'apprête à accueillir les amoureux du neuvième art pour un festival convivial dans l'espace du forum. Parmi les invités, Jean-François Charles (qui a réalisé l'affiche 2008 !), sa femme Maryse Charles, Graza, Kas, Cyrille Ternon, Fred Coconut, Julio Ribera, Michel Schetter et quelques autres. Au programme : les inévitables séances de dédicaces, des expositions, un coin lecture et maquillage, des jeux-concours pour gagner des bandes dessinées, des rencontres, des stands où vous trouverez forcémenent la pièce rare...
Infos pratiques : les 26 et 27 au Forum de Flers, entrée gratuite pour tous!
E.G.

Le Patient 1167, L'Ultime chimère (tome 1), de Bollée, Griffo et Héloret. Editions Glénat. 12,50 euros.



Hôpital psychiatrique Björn Wirdheim, île de Gotland. Ici, la plupart des patients présentent un fort taux de dangerosité. Morgan Shepherd est toutefois un cas à part. Pour Léna Ekström, seule médecin femme de l'établissement, il est avant tout le patient 1167 qu'elle décrit comme un homme d'environ 40 ans, au visage marqué et creusé, aux yeux fixes, silencieux. Il ne parle jamais. C'est peut-être pour cette raison que personne ne prête attention à lui, personne sauf Léna. Dans son dossier, rien. Rien... si ce n'est le crime qui l'a mené ici : Morgan Shepherd a tué sa femme et ses deux filles. Le problème, car il y a un problème, est que ce crime remonte à 1967. Et nous sommes en 2129 ! Shepherd serait donc détenu depuis 162 ans, sans que personne ne s'en émeuve particulièrement. Un cas d'école pour la Fondation Witzler, une étrange organisation justement chargée de recenser tous les mystères de la Terre depuis l'origine des temps...
Laurent Frédéric Bollée, notamment scénariste de la série Apocalypse Mania (éd. Dargaud), débute avec Le Patient 1167 une saga pour le moins ambitieuse qui devrait entraîner le lecteur dans un voyage de près de 40 siècles. Particularité de cette nouvelle série : chaque tome (7 sont prévus) sera dessiné par des auteurs différents. Griffo et Héloret ouvrent le bal. Suivront Griffo, Brice Goepfert et Philippe Aymond (tome 2), Griffo, Héloret et Olivier Mangin (tome 3), Griffo et Fabrice Meddour (tome 4), Griffo et Olivier Mangin (tome 5), Olivier Mangin seul (tome 6) et enfin Griffo seul (tome 7). Ce premier volet offre une bonne mise en place de l'intrigue... Affaire à suivre!
E.G.

Le Règne digital, Meteors (tome 1), de Duval et Ogaki. Editions Delcourt. 13,95 euros.



Oubliez tout ce que vous connaissez ou croyez connaître du monde qui vous, qui nous entourre. Car demain ne sera pas ce que vous pouvez imaginer aujourd'hui. Si Le Règne digital, premier volet de la série Meteors, nous plonge d'emblée dans un monde sous très haute-surveillance, tendance Big-Brother-est-là-pour-vous-surveiller (ça, on peut d'ores et déjà le concevoir !), le récit met très vite l'accent sur un aspect beaucoup moins prévisible : la domination de l'homme par une intelligence nettement supérieure à la sienne, celle des programmes informatiques. Un comble quand on sait les années de travail et de mises à jour qu'ils ont nécessité à ces mêmes hommes pour être opérationnels. Aucune reconnaissance !
Fort heureusement, nous avons encore quelques années devant nous puisque ce nouveau récit de science fiction signé par l'un des maîtres en la matière, le Rouennais Fred Duval, se situe en 2134. Ouf ! Enfin quand même, il en faut dans le cerveau pour imaginer un monde comme celui-là, un monde où le Sahara ne peut plus être arpenté sans protection respiratoire tant les déchets de la nanotechnologie s'y sont gentiment agglutinés. Un monde où des unités d'armures venues de l'espace percutent le sol à la vitesse d'une météorite. Un monde où le métier d'éboueur de l'espace n'a rien de dégradant, surtout lorsqu'il s'agit de récupérer un cosmonaute russe (enfin ce qu'il en reste!) en perdition dans le grand vide intersidéral depuis près de 165 ans. Un monde où les Intelligences Artificielles ont définitivement pris le pouvoir (quoique?) sur la race humaine et de façon tout à fait démocratique. Un monde enfin où le film "2001, l'Odyssée de l'espace" a été purement et simplement interdit pour avoir donné une image dégradante de ces mêmes Intelligences Artificielles. On croit rêver... mais non !

Il fallait être au moins deux pour imaginer un monde pareil. Et ils sont justement deux ! D'un côté, Fred Duval dans le rôle du scénariste confirmé. De l'autre, Philippe Ogaki, dans le rôle du dessinateur fraîchement débarqué sur la planète BD après un petit passage par le cinéma comme designer et story-boarder. Si le graphisme peut surprendre par une double influence très prononcée, à la fois japonaise et européenne, le scénario, lui, est coulé dans le béton! Rien ne dépasse, tout est maîtrisé. Il faut dire que Fred Duval s'y connaît en matière d'anticipation. Carmen Mc Callum ou Travis, ses deux séries fétiches également publiées chez Delcourt (respectivement 8 et 9 tomes) lui ont permis de faire ses armes dans un genre codifié mais en perpétuel renouvellement. Et de rencontrer un énorme succès auprès des lecteurs grâce à des aventures alliant action et réflexion selon un habile dosage. Une nouvelle et grande aventure commence... Et elle commence plutôt bien !
A noter pour finir que la première édition de l'album comporte en supplément un cahier de 6 pages de croquis.
E.G.

Retrouvez l'interview du scénariste Fred Duval sur ce même blog.

Du même scénariste chez le même éditeur :
Carmen Mc Callum (8 tomes), Travis (9 tomes), Hauteville House (4 tomes), Gibier de Potence (4 tomes), Lieutenant Mc Fly (3 tomes)...
Du même dessinateur chez le même éditeur :
Les Guerriers du silence (3 tomes)

Le Parapluie vert, de Yun Dong-jae et Kim Jae-hong. Editions Didier Jeunesse. 12,90 euros.




Il y a des livres comme ça qui, dès la première page, vous happent littéralement l'esprit sans vraiment le relâcher un jour. Le Parapluie vert fait partie de ceux-là ! Une merveille de sensibilité, de finesse, d'humanité, de force graphique et narrative. Un miracle serait-on presque tenté d'écrire. Un miracle coréen qui raconte l'histoire d'une petite fille, Yeong, en route pour l'école. Il pleut très fort ce matin là et juste avant d'arriver, Yeong voit un vieux mendiant assis par terre, adossé contre un mur. La pluie le transperce. Il dort. Yeong lui laisse son parapluie vert...
Le texte de Yun Dong-jae, très économe en mots, s'accorde à merveille avec les illustrations particulièrement sobres de Kim Jae-hong. De celles-ci jaillit une réelle émotion grâce à une mise en images très maîtrisée et originale. Recours au hors champ, aux images floues, aux jeux de contrastes... le parti pris des auteurs fait ici la différence! Côté thématique, la générosité, le respect de l'autre ou la marginalité sont abordés avec une immense pudeur et jamais sur un ton moralisateur. Une sucrerie venue d'ailleurs!

E.G.

Des Planches et des Vaches, septième édition !

Le festival de bande dessinée d'Hérouville Saint Clair se déroule ce week end avec, au programme, une exposition consacrée à l'invité d'honneur Max Cabanes, des ateliers de dessin, un coin pour discuter avec les auteurs, des boutiques de livres neufs ou d'occasions... Parmi les auteurs invités : vous pourrez rencontrer Mallouche, Baloo, Boiscommun, Cabanes, Edith, A. Floc'h, Kokor, Riff, Tieko, Turf et beaucoup d'autres encore... Et n'oubliez pas la remise des prix samedi 5 avril vers 18h00! L'événement BD incontournable de la région.
E.G.

Infos pratiques: Les 5 et 6 avril à La Fonderie d'Hérouville
Gratuit pour les moins de 10 ans
2 euros par jour pour les plus de 10 ans

Le blog relève du régime de la loi sur la Confiance et l'Economie numérique (LCEN) du 21 juin 2004.

A ce titre, le blogueur pourra voir sa responsabilité engagée dans les cas prévus par la loi sur la presse et la communication (injure, diffamation, atteinte à la vie privée), de même qu'il est passible des dispositions de l'article 227 du code pénal au titre de la diffusion de message à caractère violent ou pornographique, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité de la personne humaine.

France Télévisions Interactive décline donc toute responsabilité concernant le contenu du blog mais se réserve toutefois le droit de suspendre, refuser ou retirer, à tout moment et sans mise en demeure, l'accès et la diffusion de tout ou partie d'un blog contrevenant aux lois et règlements en vigueur, et de demander au participant de supprimer un Contenu manifestement contraire aux règles de conduite ou faisant l'objet de réclamation par des tiers.