Archives de catégorie : L’intégration des femmes immigrées en Europe

L’intégration des femmes immigrées en Europe

« Avenue de l’Europe » porte ce samedi 7 octobre sur l’intégration des femmes immigrées dans l’Union européenne.
Le sujet est essentiel à l’heure où l’on s’interroge sur notre politique d’immigration puisque 54% des immigrés qui sont déjà sur notre sol sont des femmes. Le projet de rapport du Parlement européen à ce propos est alarmiste (vous pouvez le consultez en allant dans les ingrédients qui nous ont servis à préparer l’émission). « Un grand nombre de ces femmes vivent en marge de la société » dit-il. Moins bien payées quand elles travaillent que leurs maris et plus souvent au chômage. Les petites filles restent moins longtemps à l’école que leurs frères et les femmes du troisième âge sont souvent isolées et sans ressource.
Aujourd’hui la discrimination positive est interdite ou tabou. Certains préconisent quand même de promouvoir les femmes par des actions spécifiques afin qu’elles accèdent à l’enseignement supérieur et qu’ainsi elles aient un plus large accès au marché du travail.
Qu’en pensez vous? Vous pouvez débattre sur cette question en allant sur le forum de l’émission.
A +.
Véronique Auger

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Les ingrédients: l’intégration des femmes immigrées dans l’Union Européenne

Voici la liste des documents et sites internet qui nous ont servis à préparer l’émission du 7 octobre sur l’intégration des femmes immigrées dans l’Union européenne:

Proposition de résolution du projet de rapport du Parlement sur le rôle et la place des femmes migrantes dans l’Union Européenne
Communication de la Commission 2005 relative au programme commun pour l’intégration
Livre vert de la Commission: »L’avenir du réseau européen des migrations »

site du FASILD (Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations)

site de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population): »Les Femmes et la migration internationale »

Billet du reporter-au Danemark

L’autre visage du Danemark

Ce n’est pas mon premier voyage au Danemark mais ce deuxième séjour m’a réservé des surprises.
J’étais déjà venue il y a un an faire des reportages sur le chômage très faible et le nombre élevé de seniors au travail.
J’avais gardé l’image d’un pays étonnement efficace, préférant le dialogue aux mesures autoritaires, ouvert sur l’extérieur.
A vrai dire, le pays m’a aussi plu pour son nombre élevé de crèches, pour ses innombrables pistes cyclables, pour la parité hommes/femmes bien plus avancée qu’en France… Et enfin pour ses harengs sauce curry tout à fait délicieux avec une bonne bière!
Cette fois-ci, nous avons rencontré d’autres populations, d’autres univers. Et découvert l’autre visage du Danemark.
L’immigration, là-bas aussi, ne laisse pas indifférent. Le thème a soulevé bien des polémiques ces dernières années. Quand il est arrivé en 2001, le gouvernement de droite a fait un virage à 180 degrés par-rapport à la politique des sociaux-démocrates. Et beaucoup limité le nombre de nouveaux étrangers, tout en renforçant les aides à l’intégration pour ceux qui sont admis à rester sur le territoire…
Ainsi, tous ceux qui peuvent rester au pays de la petite sirène ont des cours de danois obligatoires. Et ils sont pris en charge par les services sociaux pour les aider à trouver un emploi et une place en crèche pour les enfants.
Actuellement, 8,5 % de la population est d’origine étrangère.
Pour les enfants de l’immigration, le gouvernement a aussi mis en place beaucoup de mesures pour lutter contre l’échec scolaire… Notamment les cours de danois supplémentaires… Puis les modèles d’intégration… Mais sans diminuer significativement le nombre de jeunes qui sortent de l’école sans diplôme…
Pour les filles, le taux d’échec scolaire est plus faible que pour les garçons, comme pour les enfants danois d’ailleurs. Cela s’expliquerait par le fait que les filles d’immigrés restent plus à la maison que les garçons. Par ailleurs, l’école serait pour elles un moyen de s’émanciper… Mais très peu d’études ont été réalisées sur la question….
Ce qui nous a frappés dans les écoles où il y a beaucoup d’enfants d’immigrés, c’est l’intégration limitée de ces jeunes. Dans les cours de collèges, les groupes se mélangent peu. Cela montre combien l’intégration est parfois un chemin long et difficile.
Par ailleurs, la population n’est pas toujours très accueillante. Le Parti Populaire Danois ( extrême droite ) dépasse les 15 %. C’est l’autre visage du Danemark, pas du tout sympathique…
Certains enfants d’immigrés nous ont dit ne pas être toujours à l’aise dans leur pays d’adoption. A cheval entre deux cultures.
Le Danemark fait aujourd’hui le choix d’une politique d’immigration choisie. Et il favorise l’arrivée d’étrangers venant de Russie, d’Ukraine ou des nouveaux pays européens, comme la Pologne.
Pour que l’assimilation soit plus facile qu’avec les étrangers venant du Moyen-Orient.

Christelle Meral

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Billet du reporter- en Allemagne

Le deuxième pays des Turcs

Nous sommes restés moins longtemps à Berlin qu’au Danemark.
Berlin, ce fut une première ! Ne parlant pas allemand, ce sont en général les journalistes germanistes qui partent en tournage en Allemagne.
Dans Berlin, on croise parfois des Turcs, mais ils sont surtout nombreux dans les endroits où la communauté se retrouve, c’est à dire les quartiers du Wedding et Kreuzberg. Ces quartiers sont toujours animés, avec beaucoup de restaurants, des femmes parfois voilées, surtout les plus âgées.
Il y a en Allemagne 2 millions et demi de Turcs. C’est la première communauté étrangère en Allemagne. Beaucoup sont arrivés après la guerre comme « travailleurs invités ». On ne peut pas les comparer avec les immigrés en France. Les Turcs n’ont jamais été colonisés par les Allemands, et ils sont fiers de la puissance il y a quelques siècles de l’empire Ottoman…

Ce qui marque aussi en Allemagne, comme au Danemark, c’est la faible intégration des populations turques. Nous avons rencontré beaucoup de femmes immigrées. Elles vivent encore le barrage de la langue. Comment s’intégrer quand on parle mal la langue du pays d’accueil ?
Quant aux jeunes, ce n’est pas forcément plus simple. Ils parlent bien l’allemand car c’est là qu’ils ont grandi, mais les différences culturelles restent fortes. Il y a peu de mariages mixtes, entre Turcs et Allemands, ce qui peut surprendre.
En février 2005, l’actualité a été marquée par l’assassinat d’Hatun Surucu, une jeune Turque, tuée par ses frères à Berlin parce qu’elle « voulait vivre comme une Allemande ».Ce crime d’honneur a accéléré une prise de conscience nationale en Allemagne contre ces traditions archaïques qui ont longtemps été passées sous silence.
Mais après ce crime, beaucoup de Turcs se sont aussi sentis stigmatisés, pointés du doigt, alors qu’eux-mêmes réprouvent ces comportements.
Lors de nos tournages, nous avons parfois senti une certaine méfiance au départ, les responsables d’associations nous demandant de préciser et re-préciser notre reportage. Car beaucoup de journalistes sont venus les voir après le drame. Les reportages réalisés n’ont pas toujours été appréciés, avec le sentiment d’avoir été piégés, les propos dénaturés…
Hormis cette méfiance, ces quelques jours à Berlin avec la communauté turque ont été un plaisir. Une fois la glace brisée, nous avons été vraiment bien accueillis. Deux familles nous ont invités à prendre le thé chez elles, ce qui n’est pas si fréquent en reportage. Des thés accompagnés de nombreuses pâtisseries sucrées et de cafés bien serrés…

Cette chaleur, cette gentillesse, cela reste notre principal souvenir de ce petit séjour à Kreuzberg et Wedding.

Christelle Meral

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