L’édito du rédacteur en chef
Hello,
Le magazine de ce samedi 29 janvier porte sur les syndicats en Europe.
Que l’on me comprenne bien: il s’agit de l’action des syndicats dans chaque pays et non de l’action européenne des syndicats.
En effet, cela fait longtemps que l’on sait que le mot syndicalisme ne signifie pas la même chose d’un Etat à un autre dans l’Union européenne.
Même si la Charte sociale fête ses 50 ans, les législations sociales diffèrent considérablement d’un pays à l’autre et, avec elles, le poids des syndicats.
L’Europe sociale n’existe pas, principalement parce que le Royaume-Uni fait tout pour bloquer son existence, et sauf à la marge, il n’y a pas de réelle harmonisation des conditions de travail et, à fortiori, des représentations syndicales.
On comprend bien pourquoi il n’existe toujours pas de luttes syndicales européennes alors que les plus grosses entreprises nationales ont des entités dans la plupart des pays de l’Union.
Le meilleur des exemples a été la suppression des emplois dans les usines Renault à la fin des années 90, à l’époque où Lionel Jospin était Premier ministre.
Pas un syndicaliste français ne s’est levé pour défendre les postes supprimés en Belgique à l’usine de Vilvoorde.
Nous avons plutôt cherché à comprendre pourquoi dans un contexte de crise général, certains comme les Français se rebellaient contre les mesures de rigueur prises par leur gouvernement et d’autres, comme les Espagnols ou les Allemands, non.
Le premier reportage se situe en Espagne qui subit une crise économique aussi sévère que la Grèce.
Le taux de chomâge atteint maintenant 20% de la population et le gouvernement socialiste de Monsieur Zapatero enchaîne plan de rigueur sur plan de rigueur.
Le dernier date d’hier avec l’annonce du recul de l’âge de la retraite et du montant des pensions.
El Pais titrait: « Las pensiones dan pie al gran pacto social », autrement dit: « Les retraites provoquent un grand pacte social…«
Ce que les Français ont combattu dans la rue, les Espagnols l’acceptent sans rouspéter.
Incroyable à nos yeux.
Le reportage de Christine Boos et Guy Nevers démontre comment le principal syndicat est pieds et poings liés au gouvernement malgré un nombre d’adhérents deux fois supérieurs à ceux de la CGT.
Le deuxième reportage est une sorte de flashback sur le conflit des retraites en France, vu de la raffinerie de Total au Havre, en pointe lors du conflit.
Marie-Pierre Courtellemont a retrouvé tous les acteurs du conflit: du syndicaliste CGT de base à Bernard Thibault en passant par la DRH raffinerie de Total.
Enfin, nous sommes allés en Allemagne, plus précisément au siège du plus puissant syndicat allemand: IG Metall.
On comprend comment la législation sociale porte patronat et syndicats à la négociation plutôt qu’au conflit…
Les plans de rigueur se succèdent aussi en Allemagne, et depuis dix ans, mais c’est donnant donnant: on réduit les avantages sociaux mais on pérennise l’emploi.
Il faut dire que la situation du marché du travail allemand est totalement différente de la notre: ils manquent de jeunes pour remplacer les départs en retraite et une grande majorité des femmes ne travaillent pas.
Autant dire qu’outre-Rhin, le problème n’est pas de licencier mais de trouver du personnel qualifié.
A +.
VA








