Archives de catégorie : L’EUROPE ET LA FORET

L’EUROPE ET SES FORETS : UNE HISTOIRE D’AMOUR

L’édito du rédacteur en chef

Hello!

Cela n’a pas encore fait beaucoup de bruit en France mais nous sommes entrés dans l’année internationale des forêts.

Les Européens ne sont pas tous des Idefix, en larme dès qu’on arrache un arbre, mais presque…

Ils adorent leurs bois !

C’est pour vous le faire découvrir que nous avons décidé de faire un numéro entier sur la question.

Nous avions l’embarras du choix dans les pays: nous aurions pu aller en Pologne, où se trouve la dernière forêt primaire de l’Union européenne.

En Espagne, reine des oliviers et des chênes-lièges…

Nous avons choisi d’aller en Finlande.

Là-bas, on dit que les Finlandais ne sont pas sortis de la forêt depuis longtemps…

Elle est au coeur de leur vie comme vous le montre le reportage de Denis Hauville.

Nous avons également choisi d’aller au Portugal pour illustrer les maux dont peuvent souffrir les plus belles forêts.

On se souvient des ravages exercés par les pluies acides sur les massifs forestiers du nord-est.

Au Portugal, c’est un minuscule ver qui décime les pins et le feu, qui éradique les eucalyptus.

Pour la France, j’ai essayé de trouver un sujet positif… dur dur…

Les tempêtes ont ravagé les forêts du sud-ouest et tous les professionnels de la forêt râlent contre la nouvelle politique forestière.

Le gouvernement est pris entre trois groupes de pression:

- Les écolos qui demandent une plus grande utilisation du bois dans le chauffage, la construction, etc.

- Les Français qui ne souhaitent pas voir leurs forêts de chênes et de hêtres se transformer en pinèdes.

- Les professionnels de la forêt qui, comme le montre le reportage d’Anne Berger dans le Morvan, alertent contre la future pénurie de bois en France, résultat d’une demande toujours plus grande de résineux qu’on ne trouve pas en assez grand nombre en France.

Le tout fait un magnifique magazine avec de très belles images filmées par Laurent Beaufils, Loïc Lemoigne et Lodoïs Gravel.

A+

VA

Voir ici:

« Le Parlement européen s’engage pour la protection des forêts contre le changement climatique », communiqué du 11 mai 2011.

Grenelle de l’environnement et Assises de la forêt

Europa: nature et biodiversité

Le syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel

Le syndicat national des pépiniéristes forestiers

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Les billets du reporter

Les nématodes, ces vers qui bloquent l’alimentation des arbres, ne peuvent infecter un autre arbre que grâce à un insecte.
 
Cet insecte ne se déplace que sur de courtes distances, or on retrouve des nématodes aujourd’hui en Galice, en Espagne.
 
Ce n’est donc pas l’insecte qui a propagé la maladie, mais bien le fait d’avoir transporté du bois infecté.
 
L’insecte se nourrit de ce bois, et le transmet aux forêts.
 
Ainsi, le cycle perdure.
 
Aujourd’hui, l’Union Européenne impose aux industriels portugais qui exportent leurs produits emballés dans des caisses d’avoir un certificat prouvant que le bois est sain.
 
Mais qui peut dire qu’un touriste ne rapportera pas dans son pays un morceau de bois contaminé ?
 
Qui arrêtera ce ver ? Le froid.
 
Le nord de l’Europe sera épargné, ou le très chaud.
 
Pour décontaminer le bois, il suffit de le chauffer.
 
A noter pour la coïncidence, que ce ver arrivé à Setubal venait certainement de Macao, l’année même ou l’ancienne colonie Portugaise redevenait chinoise, c’était en 1999.
 
Un cadeau de rupture empoisonné
 
Du sud du Portugal au nord de l’Europe, changement de décor, et surtout, de température.
 
Au moment du tournage, la Finlande subissait une vague de froid inhabituelle pour une fin février.
 
Bien que seulement à 200 km au nord-est d’Helsinki, pendant les dernières heures du reportage, le thermomètre affichait – 28°.
 
L’optique de la caméra a gelé, le zoom et la mise au point étaient bloqués.
 
C’est à cause du froid que la période de croissance des arbres est très courte.
 
4/5 mois par an. Il faut 70 à 80 ans pour faire un conifère exploitable.
 
Mais grâce à cette lenteur, le bois est de très bonne qualité, et les arbres poussent bien droit.
 
La machine à couper et débiter les arbres dans la forêt est fabriquée dans la région ou nous tournions (Punkaharju).
 
Le pays est un grand fabriquant mondial de ces machines, et la grande marque finlandaise Ponsse est une des plus vendue au monde.
 
La municipalité de Punkaharju, en plus de son institut de recherche, possède un musée dédié à la forêt.
 
Il s’appelle Lusto, ce qui veut dire en finnois « cerne annuel ».
 
Cette région est très touristique avec ses bois, ses lacs et sa réserve naturelle.
 
De nombreux Finlandais y ont une maison de campagne.
 
Depuis peu, les Russes voisins (la frontière est à quelques kilomètres), devenus riches, viennent s’y installer.
 
Denis Hauville
 
Pour en savoir plus:
 
- Institut de recherche sur la forêt : www.metla.fi
 
- Réserve naturelle : +358 (0)205 64 5929
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Les points de repère pour comprendre

La forêt, c’est l’une des plus importantes ressources renouvelables que compte l’Europe.

Une ressource diversifiée: la couverture forestière n’est pas homogène.

Importante ressource économique donc, mais aussi élément vital lorsqu’il s’agit de conservation du milieu naturel et de préservation de la biodiversité.

Il faut se rappeler que le territoire de l’Union est caractérisé par une très grande variété de climats et par des altitudes très diverses, marquant ainsi la typologie des forêts.

C’est en décembre 1998, lors d’une réunion des ministres de l’agriculture, que l’Europe se propose d’établir un cadre d’actions en faveur d’une gestion durable des forêts.

Cependant, déjà en 1989, un Comité permanent forestier représentait les administrations forestières des Etats membres dans le but bien compris d’harmoniser les politiques.

Des politiques qui demeurent de la compétence des Etats.

Et la stratégie élaborée en 1998 ne remettra pas en cause cette compétence, où l’on retrouve le principe de subsidiarité.

L’Union européenne ayant pour tâche de créer des programmes communautaires participant à cette idée de développement durable, c’est ainsi qu’il faut comprendre le programme Forest Focus mis en route en 2003.

Il s’agissait de mettre en place une action pour la surveillance à long terme de l’état des forêts, et ses interactions environnementales.

On pense au problème des incendies, des réseaux de surveillance et des questions de pollution atmosphérique.

Forest Focus élargissait également l’action communautaire pour la collecte des informations, les effets du changement climatique, ou la qualité des sols forestiers.

Ce programme était prévu pour 4 ans, mais a pris un peu plus de temps que prévu.

A l’arrivée, une réussite avec, par exemple, la création de l’EFFIS: le système européen d’information sur les feux de forêts.

Sur le plan de la pollution atmosphérique, c’est une vraie base de données qui a été mise en place.

Plus de 120 accords ont été signés entre les autorités compétentes en matière de gestion forestière.

Il existe par exemple une véritable coopération méditerranéenne financée par les programmes transfrontaliers Interreg: le projet Récoforme.

Trois autres exemples de programmes européens:

- MEGAFIRES, qui dresse la carte « des points sensibles ».

- MEFISTO, qui élabore en temps réel des simulateurs de feu.

- PROMETHEUS, qui étudie les effets des incendies sur la végétation.

Forest Focus aura donc été une réussite… mais s’est arrêté.

Il était conçu comme cela, certains le regrettent.

Mais Forest Focus n’a pas été le seul plan européen.

En juin 2006, un plan d’actions prévu sur 5 ans (il s’achève donc cette année) a été adopté.

Ce plan est fondé sur 18 actions clés dont le développement de la biomasse forestière, l’étude des forêts urbaines ou périurbaines, ou encore l’encouragement à l’utilisation des produits forestiers provenant de forêts qui font l’objet d’un plan de gestion durable.

Il cherche à développer la compétitivité des forêts européennes et à assurer encore mieux sa protection.

L’évaluation de ce programme est prévu courant 2012.

L’Union européenne a pris conscience de la valeur économique et environnementale de la forêt.

L’élargissement de l’Union n’y est sans doute pas étranger, car les pays entrants possédaient assez souvent des secteurs forestiers importants.

Enfin, l’Union européenne s’est aussi rendue compte de sa responsabilité à l’égard des pays tiers, ceux qui exportent par exemple des bois exotiques.

Ainsi, un code de bonne conduite se met petit à petit en place, l’Europe s’engageant à n’importer que des bois clairement identifiés, tracés et provenant d’une exploitation raisonnable des forêts tropicales.

Le Parlement européen vient de donner son aval en janvier dernier à deux accords de ce type avec le Cameroun et la République du Congo.

Là aussi, on avance…

Dominique Voegele

Quelques liens pour en savoir plus:

Tout d’abord, un petit cocorico avec le site de l’office nationale des forêts.

Sur France Nature Environnement, beaucoup d’infos et pas forcemment le même son de cloche que du côté de la Commission européenne.

Interview de Jean-Luc Dupouey, écologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

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La parole aux acteurs

L’eurodéputé Véronique Mathieu est l’une des chevilles ouvrières d’un intergroupe parlementaire du Parlement européen qui travaille sur les questions de la forêt et de la chasse.

Elle regrette la fin du programme Forest Focus mais estime qu’en général la forêt européenne se débrouille plutôt bien…

Les forêts d’Europe…Plutôt en bon état. – Ma-Tvideo France3
Pour l’eurodéputé Véronique Mathieu, les forêts européennes se tirent plutôt bien d’affaire.
Mots-clés : europe forêt interview
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