L’édito du rédacteur en chef
Hello!
Ce samedi, Avenue de l’Europe s’attaque au vaste sujet de la présence des Chinois en Europe.
Présence sous la forme d’investissement et de rachat d’entreprises, présence aussi sous la forme d’une diaspora grandissante.
Le premier reportage a été réalisé en Grèce, pays que nous avons qualifié de Cheval de Troie de l’Union européenne, car il va probablement servir de tête de pont aux Chinois en Europe.
La Grèce a besoin d’argent? La Chine en a.
La Grèce a des entreprises à vendre? La Chine est intéressée.
Pas n’importe comment, vous le verrez dans le reportage.
Elle a d’abord commencé par séduire les armateurs (la Grèce possède l’une des plus grosses flottes de commerce du monde si ce n’est LA plus grosse flotte).
Elle leur a proposé de leur construire des bateaux moins chers qu’ailleurs et aussi modernes.
Les armateurs lui ont ensuite ouvert la porte des ports de commerce et surtout, du premier d’entre eux, celui du Pirée.
La Grèce a dit oui et le dumping social est en marche sur place comme vous le verrez dans le reportage de Marie-Christine Pierre.
Manifestement, les autorités grecques n’ont pas encore pris conscience du danger.
Le deuxième reportage, comme d’habitude, a été réalisé en France.
Cela ne vous a sûrement pas échappé, la semaine dernière, un gros conglomérat d’Etat chinois a racheté en fanfare un grand domaine dans le Bordelais.
C’est la première fois qu’indirectement l’Etat chinois achète de la terre en France (chose qui nous est interdite là-bas, soit dit en passant) mais ce n’est pas le premier domaine racheté dans le Bordelais par un Chinois.
Vous verrez le reportage sur Château Latour-Laguens qui a été racheté par une jeune Chinoise grâce à l’argent de ses milliardaires de parents.
Les Chinois ne rachètent pas n’importe quel Château.
Il faut que le nom évoque quelque chose dans l’esprit de la classe bourgeoise chinoise susceptible d’acheter une bouteille de vin hors de prix (ils sont environ 250 millions à pouvoir le faire).
Château Latour quelque chose, Château Lafite xyz, etc.
Les Bordelais ont toujours aprécié les étrangers: Anglais, puis Américain ou Japonais.
Ils ont le sentiment qu’ils s’en sortiront toujours vainqueurs.
On verra si c’est encore le cas avec les Chinois…
Le dernier reportage a été réalisé à Manchester, en Grande-Bretagne.
Il décrit comment la diaspora chinoise, fort nombreuse dans cette ville, tente de s’intégrer aux Britanniques sans trop perdre ses valeurs.
Que penser face à l’arrivée des Chinois dans l’Union?
Dans les années 90, l’Union a accepté naïvement d’abolir les droits de douane sur le textile arrivant de Chine et on a vu le désastre.
Aujourd’hui, c’est l’argent qui arrive de Chine en Europe.
L’euro reste une monnaie forte dans laquelle il est intéressant d’investir: les entreprises européennes ont une excellente rentabilité et ne valent pas cher.
Les Chinois seraient bien bêtes de ne pas en profiter.
Mais nous serions bien naïfs de croire qu’il s’agit de pure philanthropie.
La Commission européenne commence à prendre conscience du phénomène et s’interroge sur le bien-fondé de mettre en place un dispositif de protection.
Espérons qu’elle va aller au-delà de la simple réflexion et qu’il n’y aura pas, comme d’habitude, un ou plusieurs pays dont le libéralisme confine à la naïveté pour bloquer toute tentative de donnant-donnant ou de bouclier.
Voir ici sur le site Euros du Village: Comment la Chine s’attaque à Bruxelles
A +.
VA








