Le billet du rédacteur en chef
Maladies nosocomiales : direction le nord
Hello!
Le numéro d’Avenue de l’Europe de ce samedi 14 février porte sur les maladies nosocomiales, autrement dit sur ces maladies qu’on chope à l’hôpital. La France n’est pas seule à en souffrir. La prise de conscience de ce qui est tout de même un fléau s’y est fait à peu près comme ailleurs, dans les années 90.
Seulement la mentalité est telle qu’on ne va pas très vite et c’est ce qui saute aux yeux dans les reportages. Nous ne les avons pas choisis au hasard.
Premier reportage, en Norvège. Ce pays n’appartient pas à l’Union européenne mais toutes les politiques de santé sur le continent l’intègrent. On s’est focalisé sur l’hôpital Royal de la capitale (voir aussi Les billet du reporter de Françoise Scholler ci dessous). Pourquoi? Tout simplement parce que, faute de volonté ou faute d’argent, un trop grand nombre d’hôpitaux en France n’intègrent pas l’hygiène dans leur conception architecturale. Beaucoup de bâtiments sont très anciens, certes. Et alors? Quand, par malheur on y va, on a la même impression d’abandon des murs que dans nos vieilles universités délabrées. Pas étonnant qu’ils soient des nids à microbes!
Autre reportage, au Danemark. Ce qui m’a fait choisir ce pays c’est qu’il n’a pas axé toute sa politique hospitalière autour des plateaux techniques; que le service, autrement dit, le personnel est soigné, bichonné et formé. C’est bien gentil d’avoir le dernier scanner ou IRM ou robot truc muche, à quoi ça sert si on tue les patients parce que le personnel ne se lave pas les mains correctement ou qu’il fait une erreur à la suite d’une trop longue journée de travail! Autre raison de choisir ce pays : sa politique en matière de prescription d’antibiotiques. Un seul conseil à ce propos : regardez le reportage de Françoise Scholler.
Le reportage à Valence apparait dans ce contexte bien dérisoire alors que cette ville est en pointe dans la lutte contre les maladies nosocomiales en France!
Une « anecdote » pour terminer (et j’en ai d’autres. J’ai tourné en 2002 (ce n’est pas si lointain) un reportage sur des enfants autistes à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Enorme hôpital, presque une ville avec un immense jardin où se promènent familles et patients. Alors que j’attendais mon équipe au pied de l’escalier menant au bâtiment mon regard a été attiré par plusieurs sacs poubelle éventrés traînant sous ce même escalier. En sortaient seringues usagées, compresses etc… A deux mètres des enfants (parfois très indisciplinés). On croit cauchemarder! Motif invoqué: des économies sur le nettoyage du jardin! Sans commentaire.
Je vous propose de débattre de cela sur le Forum : en France, les hôpitaux n’ont-ils pas trop privilégié la technique au détriment de l’environnement et du service?
A +.
VA
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