L’édito du rédacteur en chef
Hello !
C’est un article paru le 1er février dernier dans le très grand journal espagnol El Pais qui m’a mis la puce à l’oreille : « En Espagne, l’abandon scolaire est deux fois supérieur à la moyenne européenne et condamne les jeunes au chômage. » Je décidais donc de lancer un magazine autour du thème des études dans l’Union européenne et de le programmer en juin, au moment du bac.
L’actualité nous a malheureusement donné raison : peu de temps après démarraient les manifestations de jeunes indignés à Madrid et Barcelone.
Vous avez sûrement vu les images de défilés géants mais, dans ce magazine, vous comprendrez enfin pourquoi en Espagne la jeunesse semble désespérée.
Dans le premier reportage à Alicante, Véronique Jan et Loïc Houeix sont allés à la rencontre de ces décrocheurs, ces lycéens qui sont sortis de l’école à 16 ans. La plupart ont cru qu’ils trouveraient facilement du travail : avec la croissance, ils pensaient se faire de l’argent dans la restauration, le bâtiment ou le tourisme. Avec la crise, ils ne trouvent plus rien et bientôt, à cause de la politique d’austérité mise en place par le gouvernement espagnol, ils ne toucheront plus d’allocations chômage. Ils n’ont pour l’instant aucune vision de l’avenir.
Seuls le Portugal et Malte font pire. Quand on analyse les statistiques à propos des 18-24 ans qui ont décroché en Europe, on ne peut que remarquer qu’elles coïncident trop bien avec les pays dont l’économie souffre le plus : Italie, Roumanie, Royaume-Uni, Bulgarie et Grèce ont des résultats en dessous de la moyenne européenne. La France se situe juste au-dessus de la moyenne des 27 États membres. Plus surprenant, les pays où les lycéens décrochent le moins sont la Slovaquie, la Slovénie et la Pologne. A méditer…
Les autres jeunes européens les plus malmenés aujourd’hui sont les Britanniques. Ils n’ont pas vu venir le coup : leur nouveau gouvernement a décidé qu’en 2012 le prix d’une année d’université serait multiplié par trois. Le jeune devra emprunter l’argent aux banques et rembourser une fois au travail. Comme vous le verrez dans le reportage de Véronique Jan et Loïc Houeix, le peuple et l’élite se sont révoltés contre cette décision, refusant qu’on s’attaque à l’avenir de leurs enfants. Pour l’instant, le Premier Ministre n’a pas encore cédé mais les jeunes n’ont pas dit leur dernier mot et là encore : on peut s’attendre à de grosses manifestations à la rentrée.
Pour l’instant, en France, tout est calme… Cela ne veut pas pour autant dire que tout marche comme sur des roulettes. Beaucoup trop de jeunes échouent en première année d’université et partent en déshérence. Ils avaient pourtant suivi une scolarité sans problème. Mais, faute d’avoir une idée précise sur leur futur métier, ils ont intégré un cursus généraliste dans lequel ils se sont noyés. Le reportage de Christine Boos et de Thibault Graillot montre que l’orientation scolaire procurée par l’Education nationale est insuffisante et vous fait découvrir que, de plus en plus, se créent des officines privées qui moyennant finance aident les enfants à trouver leur voie. Pourquoi pas ? Mais n’est-ce pas injuste pour les familles aux revenus modestes et peu en faveur de l’ascenseur social ?
A ce propos, j’en profite pour vous mettre ce lien avec une association de journalistes qui propose une prépa gratuite à des boursiers doués qui souhaiteraient passer les concours des écoles de journalistes… www.la-chance-aux-concours.org
Une info de dernière minute : d’après le journal El Pais, l’Andalousie annoncera mercredi 29 juin qu’elle a décidé de donner 400 euros par mois aux jeunes qui reprennent leurs études après avoir décroché de l’école. Cela toucherait 3000 jeunes de 18 à 24 ans.
A +
VA








