Le Billet du Rédacteur en chef
Pourtant que la montagne est belle
Hello!
Un sujet de saison pour le magazine de ce samedi 13 février: la montagne, celle qui se vide de ses occupants et pas celle des sports d’hiver.
Trois très beaux reportages illustrent cette thématique: le premier en Grèce montre l’effort d’un maire pour redonner vie à son village à 200 km du Mont Olympe. Le deuxième dans le Doubs raconte comment, grâce à l’appellation d’origine contrôlée du Comté, on a réussi à maintenir les gens au pays. Et le troisième, dans l’une des îles des Canaries où les habitants qui restent cultivent leur langue sifflée devenue l’an dernier patrimoine mondial de l’humanité.
Un magazine tout en douceur… ça fait du bien en ce moment…
Je reviens de Bruxelles où avait lieu jeudi un sommet informel autour de la situation économique de la Grèce. Un grand malaise à la sortie: les dogmes, les textes et les égo ont pris le pouvoir. Dans ce cadre, déclarations et décisions ne peuvent pas décoller bien haut.
Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont déclarés solidaires de la Grèce. Pouvaient-ils dire autre chose? Ils ont affirmé qu’ils contrôleraient les efforts grecs. Ah oui, et comment? Ils ont aussi demandé plus d’efforts aux Grecs. Le premier ministre grec l’a promis, mais qu’en pensent les Grecs? Que fera-t-il si la situation sociale s’envenime? Et s’ils n’arrivent pas à tenir leurs promesses, que fait on? On les exclut de la zone euro? On les gronde? On leur met une amende?
Bien sûr les Grecs ont caché leur vrai visage quand ils sont rentrés dans l’euro et ils méritent d’être sanctionnés pour cela. En ce qui concerne les Etats de la zone euro, il est trop tôt ou trop tard pour le faire: ce n’est pas quand la maison est en feu qu’on gronde l’enfant qui a joué avec les allumettes. Pour l’instant il s’agit surtout de montrer qu’on fait bloc derrière le plus faible afin de démontrer que la zone euro forme un pack uni et indestructible. En finance on gagne de l’argent sur les mouvements ou sur les écarts. Un manque de solidité se teste.
Or, jeudi, les marchés financiers n’ont entendu que des déclarations de soutien mais aucun mécanisme de soutien concret n’a été annoncé. Pas sûr que cela les calme, au contraire. Aujourd’hui la Grèce affirme qu’elle n’a pas besoin d’argent. Elle en a emprunté suffisamment. Mais si la situation économique et sociale lui imposait de lever un nouvel emprunt que feront les Etats membres de la zone et la Banque centrale? Pour l’instant, mystère. La réunion des ministres de l’économie et des finances à Bruxelles mardi sera essentielle. Espérons qu’ils seront plus précis et plus menaçants vis à vis des opérateurs sur les marchés financiers.
Et dire que tout cela arrive parce qu’au moment de la création de la zone euro tout le monde a été lâche. Une monnaie commune mais pas d’harmonisation fiscale obligatoire, pas de fonds monétaire européen au cas où l’un des Etats membres faiblirait. Pas de sanction non plus si l’un des Etats membres ne respecte pas les règles hormis un avertissement de la Commission…. Brrrr! ça fait peur d’être dirigés ainsi…
Je ferme la parenthèse et vous suggère de plonger dans le visionnage du magazine. C’est plus cool…
A +.
VA
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