L’édito du rédacteur en chef
Hello !
Ce samedi, je reçois la correspondante politique de l’un des plus grands quotidiens allemands : Frankfurter Allgemeine Zeitung. Michaëla WIEGEL est en France depuis 13 ans et la connait bien. Je l’ai interrogé sur trois sujets d’actualité :
Premier sujet : la poursuite ou non du nucléaire. Il faut savoir qu’après le tsunami japonais et ses répercussions dramatiques sur la centrale nucléaire de Fukushima, les Allemands ont exercé une pression intense sur leur Chancelière pour qu’elle décide que son pays abandonne le nucléaire. Elle a réuni une commission d’éthique (Commission d’éthique sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique) composée d’experts mais aussi d’un cardinal et d’un évêque… qui en a préconisé la sortie. Ce qu’elle a fait.
La peur du nucléaire des Allemands date de Tchernobyl. Le précédent gouvernement avait d’ailleurs déjà décidé l’abandon de ce type d’énergie. Quand elle est arrivée au pouvoir, Angela Merkel avait reculé l’échéance de sortie du nucléaire en rallongeant la période de transition. Elle fait maintenant l’inverse. Une décision à priori surprenante. Même le co-président des Verts allemands que j’ai rencontré en était tout surpris. En réalité, Mme Merkel gouverne à vue en cette période électorale. Ses alliés libéraux, qui font partie de la coalition gouvernementale, sont de moins en moins crédibles et populaires. Elle tente de séduire les écolos et les socio-démocrates.
Ceci étant, entre le débat général en Allemagne sur la question du nucléaire et l’absence de débat tout court en France sur le sujet, il y a un fossé. J’ai demandé à Michaëla Wiegel ce qu’elle en pensait.
Deuxième sujet : le chômage et l’éducation. L’Allemagne affiche un taux de chômage très bas. Il y a des raisons à cela, et très diverses. Des raisons réglementaires, d’abord : pas de salaire minimum, des allocations chômage basses et sur une faible durée. Démographique ou sociétale ensuite : la natalité est très faible en Allemagne et les générations de jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont très peu peuplées. Par ailleurs, la plupart des femmes ne travaillent pas. La population à la recherche d’un travail est donc potentiellement faible.
Mais l’Allemagne cocoone ses jeunes, fort peu nombreux. Berlin est devenue la ville où il faut être lorsqu’on est un jeune créatif car elle reste bon marché. On y arrive de partout dans le monde et la capitale est devenue un bouillon de culture. J’ai demandé à Michaëla Wiegel comment elle voyait la politique de la France vis-à-vis des jeunes.
Enfin, dernier sujet : les syndicats et les relations dans l’entreprise. En Allemagne, elles sont extrêmement codifiées. On ne peut pas faire grève n’importe quand, par exemple. Mais le pouvoir des syndicats y est énorme. D’où les remarques étonnées de mon invitée sur la cacophonie et la faiblesse syndicale dans notre pays.
A +
VA
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