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La prostitution en Europe: le bordel

Le thème du numéro de ce samedi 4 novembre est la prostitution.

Vous vous souvenez sûrement des cris d’horreur des Français(es) quand ils ont appris l’existence de maisons closes géantes près des stades de foot pendant le Mundial en Allemagne? L’opinion française était contre, résolument contre mais quand on parlait avec des Allemand(es) ou plus généralement avec des anglo saxons on entendait un tout autre discours: c’était plus hygiénique et moins hypocrite que nos rues à putes dans nos villes ou bien nos bois…
L’actualité de ce mois ci nous a permis de plonger dans la réalité européenne: vous découvrirez dans l’émission qu’il y a trois philosophies en Europe et qu’aucune ne marche parce que, quoi que l’on pense de la prostitution, elle est vérolée par la traite des femmes et notamment par celle des femmes de l’est vers l’ouest.
Tant que les 25 ne se mettront pas d’accord sur un système commun de la prostitution les proxénètes et surtout les réseaux mafieux utiliseront les trois systèmes pour rester impunis.
La question sur laquelle nous vous proposons de débattre sur le forum est volontairement provocatrice:
Faut-il abolir la prostitution?

Un conseil: si vous n’avez pas vu l’émission à la télé allez la visionner sur le site avant de débattre.

A+.
Véronique Auger

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La prostitution – Les ingrédients

Voici la liste des documents et sites internet qui nous ont servi à préparer l’émission du samedi 4 novembre consacrée à la prostitution en Europe:

Site de la Commission européenne – Lutte contre la traite des êtres humains – Le cadre législatif

Site de la Commission européenne – Lutte contre la traite des êtres humains – L’action de l’UE

Site de la Commission européenne – Organisation de l’UE contre le crime organisé

Conseil de l’Europe – Prostitution – Proposition de résolution

« Prostitution : légaliser ou pas ? » par Amy Otchet

« Dix raisons pour ne pas légaliser la prostitution » par Janice G. Raymond

Le Séminaire dans le cadre du Plan d’action de l’UE pour lutter contre le trafic des êtres humains s’est déroulé à Helsinki, au Scandic Continental in Helsinki, du 31 octobre 2006 au 1er Novembre.

Au cours de la dernière décennie, l’UE est devenue de plus en plus attentive au problème croissant de la traite des êtres humains.
La Commission aborde la traite des êtres humains comme un crime contre la personne ayant pour objet l’exploitation même de la personne.
L’article 1 de la Décision Cadre 2002/629/JHA du 19 juillet 2002 définit la traite des êtres humains à des fins d’exploitation de leur travail ou d’exploitation sexuelle et l’article 5(3) de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne stipule: «La traite des êtres humains est interdite».

Toutefois, la Commission Européenne comprend l’importance de transformer ces déclarations et législations d’actions concrètes.
De telles mesures impliquent une meilleure prévention, une protection adéquate et une aide aux victimes, la criminalisation de la traite des êtres humains et des mesures qui visent assurer l’application de la loi ainsi qu’une coopération judiciaire plus active.
En vue d’encourager la mise en place du Programme d’Action sur la Traite des Etres Humains, la Présidence Finlandaise organise un séminaire pour partager les bonnes pratiques dans l’identification d’enfants à risque.

Se battre contre la traite des êtres humains exige de la part de l’Union une action claire et déterminée. Un élément supplémentaire à prendre en compte : les enfants victimes de la traite humaine requièrent une protection et une aide qui leur est caractéristique.
Le Séminaire soulignera l’importance de passer à une approche des droits de l’homme tournée autour de la victime et qui incite à une coopération efficace ainsi qu’à la consolidation des démarches menées contre la traite des êtres humains.

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Prostitution – Billet du reporter à Amsterdam

A Amsterdam la prostitution est partout mais les prostituées infilmables.
On nous avait prévenu que nous ne pourrions pas les filmer dans les vitrines.
Le risque : qu’elles en sortent en colère et jettent la caméra dans les canaux.

Nous avons donc utilisé une caméra cachée. La première fois en ma présence, cela n’a rien donné.
Les filles nous ignoraient : les clients ne se baladent pas dans le Quartier Rouge avec leurs épouses s’ils veulent consommer !
Le caméraman, Xavier Roman et le preneur de son, Stéphane Auvray, ont du y retourner seuls. Cela a été beaucoup plus efficace. Pour ce qui est des interview il aurait fallu payer. Nous y avons renoncé par déontologie.
Quelle valeur aurait un témoignage devenu un produit ?

Par contre dans la maison close – le top de la prostitution, environ 10% des professionnelles – tout a été très facile. Clients, prostituées, et patronne du club, ils se sont tous prêtés au jeu de l’interview avec beaucoup de gentillesse. Objectif : nous démontrer que c’est un business comme les autres. Seule une femme prostituée a souhaité que son visage soit masqué : ses 3 enfants ignorent la manière dont elle gagne sa vie.

Laure-Anne Berrou

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Prostitution – Billet du reporter en Lituanie

En Lituanie, la prostitution est un sujet tabou. Est-ce parce que pour cette ancienne république soviétique c’est encore l’asservissement des pauvres par les capitalistes version hommes/femmes ?
Ou bien est-ce dû au fait que le pays est redevenu très catholique ?
80% des lituaniens sont catholiques, 60% déclarent pratiquer.
Toujours est il que mes premiers contacts là bas ont été très difficiles.
Des prostituées ? Non pas chez nous ou très peu.

L’agence de traducteurs avec qui l’émission travaille habituellement n’a trouvé personne pour nous accompagner.
Finalement grâce à mes contacts en France, j’ai trouvé 2 associations qui ont accepté de travailler avec nous.
L’une d’elle s’occupe de filles victimes de la traite. Il a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour qu’elles acceptent de laisser rentrer une caméra dans leur refuge…
L’autre association s’occupe d’environ 500 femmes qui font le trottoir à Vilnius.
Le tabou là aussi est évident. Ce centre n’a pas voulu s’appeler « centre pour les prostituées » mais « centre des victimes du sida », alors que les chiffres des malades du sida sont très bons en Lituanie par rapport à d’autres pays.

Malgré ces difficultés, le reportage s’est bien passé. Il s’est quand même terminé par un lapin : le chef de la police chargé de la prostitution à Vilnius ne s’est tout simplement pas présenté à notre rendez vous.

Laure-Anne Berrou

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