L’édito du rédacteur en chef
Hello !
J’aurai bien aimé faire porter le dernier magazine de l’année sur un thème joyeux. Mais l’actualité européenne n’est pas joyeuse. Avenue de l’Europe ne peut pas passer à côté. C’est la raison pour laquelle le numéro de ce samedi 17 décembre s’intéresse à la façon dont la rigueur s’exprime dans les pays qui sont les plus touchés, à savoir les derniers arrivés dans l’Union européenne.
Le premier reportage a été tourné au Portugal. Le pays est dans l’œil du cyclone avec une dette publique correspondant à 110% de son PIB. Le gouvernement a coupé dans toutes les dépenses publiques pour tenter de réduire le déficit de l’Etat. Dis comme ça, on reste dans le vague de la phrase technocratique. Marie-Christine Pierre et Matthieu Hauville se sont rendus sur place et leur reportage montre bien les conséquences pratiques de ces décisions. Un aéroport prévu à côté de Lisbonne a été annulé. Les autoroutes sont désormais payantes et ce sont des milliers d’emplois qui risquent de disparaître en cascade. Pas étonnant que l’on prévoit une récession de 3% au Portugal pour l’an prochain.
Le deuxième reportage a été réalisé en Roumanie. Le pays est sous la tutelle du Fonds Monétaire International (FMI) qui, en échange d’aide financière, demande à l’Etat de se serrer la ceinture. Et le gouvernement a coupé dans la fonction publique : traitements en baisse, licenciements, investissements publics gelés. Elisabeth Bonnet et Loïc Lemoigne dressent le portrait d’une enseignante et d’un chirurgien tout deux touchés par les mesures du gouvernement.
L’an prochain, la plupart des pays membres de l’Union européenne vivront une récession avec des conséquences dramatiques sur l’emploi. Il aurait été souhaitable que la Commission européenne prenne une initiative pour lancer de grands projets d’investissement financés par son budget. Mais avec un budget riquiqui (1% du PIB de l’Union), elle a les ailes coupées. Il aurait aussi été souhaitable qu’elle s’intéresse au chômage des jeunes européens et mette le turbo dans les réformes leur permettant d’aller d’un pays à l’autre pour trouver du travail. Mais Monsieur Barroso, le Président de la Commission, a-t-il seulement des idées en matière d’emploi ?
Allez… Bonnes fêtes de fin d’année à tous… Le pire n’est jamais sûr…
A +
VA
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