Cette semaine, Marie-Pierre Courtellemont est allée en Grèce et aux Pays-Bas.
La Grèce :
Mon dernier reportage en Grèce datait de 2004. Il traitait de la préparation de ce pays à recevoir les Jeux Olympiques… Athènes dans toute sa splendeur… L’un des pays les moins riches de l’Union Européenne allait montrer au monde entier sa capacité à organiser un événement sportif planétaire… Que les grecs étaient fiers! A 100 jours de l’inauguration, Athènes n’était encore qu’une immense ruche, difficile alors de circuler dans la capitale hellénique, les embouteillages étaient monstrueux. Des ouvriers travaillaient jour et nuit pour que tout soit fin prêt le jour J… Beaucoup doutait… Ce fut en fait une belle réussite. Mais déjà, j’avais un pressentiment. Que d’équipements sportifs somptueux, que d’infrastructures mises en place… Combien cela allait-il coûter? Tous les officiels que nous avions alors rencontré éludaient la question… L’heure était à la fête. La Grèce Antique allait prendre sa revanche…
Sept années ont passées. A l’occasion de cette Avenue de l’Europe consacrée aux médiums, nous avons eu l’idée de partir en Grèce pour savoir si le pays célèbre entre autre pour ses femmes qui lisent l’avenir dans le marc de café avaient vu venir la crise qui touche le pays de plein fouet… Et puis, surtout, quand une population est plongée dans une telle détresse, elle a souvent tendance à se tourner vers des pratiques plus ou moins ésotériques… Les Grecs seraient-ils revenus massivement vers cette pratique ancestrale?
Au-delà de cette enquête, j’ai surtout été attérrée par l’ambiance qui règne aujourd’hui dans les rues d’Athènes. Premier constat, voici la capitale d’Europe où l’on circule le plus facilement… Plus aucun embouteillage. Normal: en un an, le prix du litre d’essence a doublé. Il est passé de un à deux euros… On peut comprendre que la population préfère les transports en commun. Nous avons pu nous garer n’importe où, n’importe comment. Notre traductrice nous a expliqué que ce n’était pas un problème: la police ne met pas de PV. L’Etat n’a plus la structure pour récolter l’argent des contraventions. En revanche, cette même police, accompagnée de l’armée, est omniprésente. Devant tous les bâtiments officiels bien sûr, mais aussi à chaque coin de rue. L’oeil aux aguets. Ils sont là pour réprimer la moindre tentative d’émeute, le moindre début de manifestation. Athènes est aujourd’hui une ville en état de siège.
Dans les rues, les grecs, d’habitude doté d’un tempérament méditerranéen chaleureux et souriant, ont le visage fermé. Régulièrement, nous nous sommes faits agressés : « Vous venez ici pour filmer notre misère ? ». Un magasin sur trois est fermé. Nous avons tourné le reportage en pleine période des soldes. Un magasin sur deux encore ouvert affiche « Derniers soldes avant fermeture… »
J’ai voyagé dans le monde entier. Je connais bien les pays du tiers-monde. Pour la première fois, j’ai vu un pays occidental, faisant partie, rappelons une fois de plus de l’Union Européenne, un pays occidental à genoux.
Alors oui, certains Grecs profitent de la crise en ouvrant des officines dans lesquelles une nouvelle clientèle se presse pour se faire tirer les cartes, les tarots ou demander à ce qu’on leur lise leur avenir dans le marc de café ? Vous devez vous demander si j’y crois… La première voyante que j’ai rencontré lors de ce reportage m’a dit que je renvoyais des ondes négatives. Deux heures plus tard, une autre m’a dit qu’elle ressentait chez moi beaucoup de positif et d’optimisme… Je préfère compter sur Zeus et surtout sur moi-même…
Les Pays-Bas :
Quelques mots sur notre reportage aux Pays-Bas. Le moment que je redoutais était la rencontre avec cette enfant autiste, Fabienne. Tout au long de ma carrière, je n’ai jamais eu l’occasion de réaliser de reportage sur cette maladie. J’étais donc assez stressée sur sa réaction face à une équipe de télévision composée de trois personnes, une caméra, un micro d’une taille qui souvent impressionnent les personnes interviewés. Tout s’est formidablement bien passé. D’abord parce que Fabienne est tellement enfermée dans son monde que je crois qu’elle a à peine remarqué notre présence. Et puis un grand bravo au charisme et à au travail du magnétiseur Harry Smit qui semble pour le moment obtenir de bons résultats avec cette enfant.
Enfin, coup de chapeau aux mutuelles des Pays-Bas qui osent rembourser les thérapies para-normales « tant, explique l’un de leur représentant, qu’elles font du bien au patient ». Quand on pense que l’ostéopathie n’est toujours pas prise en charge par la Sécurité Sociale Française… Nous avons du chemin à faire !








