Françoise Schöller est allée aux Pays-Bas et en Roumanie.
Pour le blog d’Avenue de l’Europe, la journaliste revient sur les évolutions de l’éducation sexuelle dans ces deux pays.
Aux Pays-Bas, il y a une longue tradition d’éducation à la sexualité.
En Roumanie, les moyens de contraception ont connut une vraie révolution.
Pays-Bas: Ni dogmes, ni tabous
« On n’enseigne pas la sexualité, on en parle. » Sur le terrain, nous avons pu vérifier que cette devise du Ministère néerlandais de l’Education n’est pas qu’un slogan de communication mais une réalité bien concrète. Dès le plus jeune âge, les enfants sont familiarisés avec le thème de la sexualité. Dans la classe d’école primaire où nous avons filmé, nous avons été frappés à quel point les enfants étaient à l’aise. Pas de regards fuyants ou de rires gênés. Je crois que si nous avions filmé le cours de géographie, le comportement des enfants aurait été le même. Pour eux, c’est un sujet comme un autre. Nous avons trouvé la même attitude totalement décomplexée chez les adolescents et les jeunes que nous avons pu rencontrer et il nous a bien semblé que c’est là que réside le secret de la réussite hollandaise: ni dogmes, ni tabous mais de l’information à tous les niveaux et pour tous les âges.
Le pays a une longue tradition d’éducation à la sexualité (quarante ans déjà qu’il s’en préoccupe!). Campagnes d’information sur la contraception et sur les risques de maladies sexuellement transmissibles, émissions de radio et de télévision interactives, sites internet (www.sense.info) très complets… Le centre d’expertise Rutgers WPF (http://www.rutgerswpf.org/ qui nous a aidés à préparer ce reportage, est renommé – à juste titre - bien au-delà des Pays-Bas). Son savoir-faire s’exporte en Afrique et en Asie; on aimerait le voir copié en Europe… D’autant plus que l’IVG reste un sujet qui fâche dans nombre de pays qui seraient donc bien avisés de s’inspirer des méthodes qui permettent de l’éviter.
La révolution de la contraception en Roumanie
« Révolution« . Le mot n’est pas exagéré quand on entend les femmes parler de l’époque où la pilule était introuvable en Roumanie et son usage sévèrement réprimé. Seul recours en cas de grossesse non désirée: l’avortement clandestin avec les dangers, voire les conséquences dramatiques (mortalité maternelle) que l’on connaît. La légalisation de l’avortement et de la contraception en 1989 a radicalement modifié le climat de la santé maternelle. Mais ce qui a véritablement changé la vie des Roumaines et diminué le nombre d’avortements, c’est le programme de planning familial. Facilité d’accès à la contraception et, surtout, information.
« C’est le poids de l’histoire« , m’a expliqué Olga, une pharmacienne quinquagénaire (on l’aperçoit dans le reportage). « Après des années d’interdiction, l’accès à la contraception et, surtout, son utilisation ne va pas de soi« . Elle m’a raconté que, maintenant encore, il arrive que des femmes demandent à acheter 10 pilules, pensant que ça suffira à les protéger efficacement. Olga a pris des contraceptifs quand c’était interdit: « J’arrivais à me procurer un stock de pilules pour six mois; les pilules qui venaient d’Allemagne ou de Hongrie étaient sorties de leur emballage et cachées dans de petites bouteilles« .
« C’est la contraception qui tue l’avortement« , nous dit Mihai Horga dans le reportage. Les chiffres confirment sa formule mais il reste des efforts à faire. Dans les prochaines années, l’accent sera mis sur l’éducation et la sensibilisation. Surtout des adolescentes, encore réticentes à demander la pilule.
Françoise Schöller
Quelques chiffres qui montrent le chemin parcouru:
1. Le taux d’utilisation de la contraception moderne est passé de presque 0% en 1989 à 10% en 1994; 33,9% en 2004 et 61,1% en 2008.
2. Taux d’avortement sur demande (pour 1000 femmes) a baissé de 164 en 1990 à 10 en 2010.
3. Mortalité maternelle de causes directes (pour 100 000 naissances) réduite de 170 en 1989 à 15 en 2010.
A. Mortalité maternelle due à l’avortement, baisse de 148 à 5.
B. Mortalité maternelle due à causes obstétriques, baisse de 22 à 10.
Pour plus d’informations: office@eeirh.org East European Institute for Reproductive Health à Tirgu-Mures +40 265 255 532
Equipe compétente et accueillante!











Pas de leçon à recevoir de cette journaliste Roumaine. Notre
protection sociale a été payée chère tout au long de notre vie de travail !!! Les Roumains ne connaissent la France que pour recevoir