Pour Avenue de l’Europe, Denis Hauville nous enmène en Irlande et en Italie à la rencontre de traditions funéraires particulières.
En Irlande, on peur concilier son métier de croque-mort avec celui de tenancier de pub !
En Italie, petit détour près de Naples où certaines personnes adoptent des âmes…
Irlande : le croque-mort qui tenait un pub !
Le pub Leonard’s se situe à Lahardane, dans le comté Mayo, au nord-ouest de l’Irlande. C’est sans doute la partie la plus belle et la plus sauvage du pays, avec les comtés voisins du Donegal, Sligo et Galway (avec son fameux Connemara).
On peut s’en rendre compte dans le reportage, le Léonard’s est vraiment un pub traditionnel, comme il en existait dans tous les petits villages du pays. Rien n’a bougé depuis longtemps dans ce décor d’origine. Le côté épicerie vend aussi des chaussures, des bottes, des outils, des graines, etc. C’est un grand magasin en miniature. Exactement comme les bistrots « épiceries-graineteries-quincailleries » des campagnes françaises, il n’y a pas si longtemps.
La cérémonie des condoléances avec les amis défilant devant le cercueil et serrant la main de toute la famille dure des heures. JP nous a raconté que, commencé à 16 heures, le défilé devant le cercueil pouvaient se terminer après 21 heures. Il y a parfois la queue jusqu’au bout du village. Tout le monde se déplace. Si vous travaillez dans une entreprise, tous vos collègues viendront, même s’ils ne connaissaient pas le défunt…
Tout ça fait beaucoup de monde qui ira ensuite au pub. Le métier de pompes funèbres ne pourrait pas être rentable dans un petit village sans un deuxième métier, et celui de tenancier de pub est exactement complémentaire, ce n’est donc pas un hasard si les deux fonctions marchent ensemble.
A Dublin, les écuries sont situées dans un grand cimetière. Il y a bien sûr les tombes, comme dans tout cimetière, mais aussi une immense chapelle de style gothique, un crématorium, des salons funéraires… une vraie entreprise. D’ailleurs, c’est une entreprise, car, en Irlande (et aussi en Grande-Bretagne), les cimetières sont souvent privés. Celui-là est même une affaire très rentable, comme nous l’a dit en souriant Rom Massey, son propriétaire, le petit homme qui cire les sabots des chevaux. Il ne faut pas se fier à sa blouse grise… c’est un homme riche !
Avec ses chevaux, il dispose d’un corbillard noir, celui qu’on a vu dans le reportage, mais aussi dans un garage, il y en a un blanc pour les enfants (qui est tiré par des chevaux blancs). Il y a même un affût de canon pour les enterrements de militaires. Mais rom Massey n’est pas sectaire, ses chevaux non plus, puisqu’ils leur arrivent de participer à des mariages avec une espèce de carrosse kitch stationné à coté des corbillards. Mariages ou enterrements, il paraît que les chevaux ne font pas la différence…
En Italie, une pratique taboue : l’adoption des âmes
On ne sait pas encore si le record de Terenzio a été validé par le Guinness Book. Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ont tous passé une bonne journée au volant de leurs corbillards. Cela se passait à Mansano, tout près d’Ancône.
Il est curieux de côtoyer tous ces professionnels de pompes funèbres et d’observer comment ils vivent avec la mort au quotidien. Ils se baladent en corbillard comme vous allez en week-end avec votre voiture, comparent les modèles comme au salon de l’auto, jaugeant les options et les gadgets qui rendront leur outil de travail encore plus tendance…
Même si encore aujourd’hui, le look du corbillard est important, rien à voir avec les chars funèbres monumentaux d’Agostino Russo. Nous sommes près de Naples et de ses excès. Tous ces corbillards ont un nom : celui du reportage s’appelle Le Christ, il y a aussi Padre Pio, La Pieta, et la Madone de l’Abondance. L’entreprise possède également des véhicules avec de grandes tubulures pour suspendre d’énormes couronnes… Mais, comme les chars funèbres, ils sont moins utilisés aujourd’hui. Les gerbes moins chères remplacent les immenses couronnes d’autrefois.
A Naples, ce lundi, comme tous les 19 septembre depuis le XVème siècle, dès 8 heures, la cathédrale se remplit. A 10 heures, elle est bourrée à craquer quand l’archevêque annonce que le sang de San Gennaro s’est liquéfié. Tonnerre d’applaudissements dans l’assemblée, composée de Napolitains bien sûr, mais aussi de tous les corps constitués que compte le pays. Et quand on sait que la moindre fonction officielle en Italie a son uniforme, on se croirait dans un film d’opérette… A noter que l’Archevêque ne prononce jamais le mot « miracle », puisque celui-ci n’est pas reconnu par l’église, il parle d’ « évènement qui s’est produit ». A noter encore que c’est cet Archevêque de Naples, le cardinal Crescenzio Sepe, qui refuse aux parrains de la Camorra le droit d’être enterrés à l’église.
Ensuite, le prélat sort sur le parvis pour annoncer la bonne nouvelle à ceux qui n’ont pu entrer. Ambiance de kermesse, avec les pétards qui célèbrent l’évènement, il y a même dans la rue des stands de foire ou l’on vend des berlingots et sucreries diverses.
Il ne nous a pas fallu longtemps pour trouver quelqu’un qui adoptait un mort. On savait que ça existait, mais on se demandait comment mettre la main sur une de ces personnes. Le miracle a eu lieu aussi pour nous puisque les 3 premières personnes rencontrées sur le parvis de la cathédrale étaient les bonnes. Elles nous expliquent que beaucoup le font, eux-même sont adeptes. Ils ont tous adopté des âmes. Notre chance a été qu’ils le disent devant la caméra, car ces pratiques sont un peu taboues. C’est ainsi que nous suivrons Raffaele qui va prier ses âmes.
Le cimetière delle Fontanelle (des Fontaines en Français) est témoin de l’époque où l’adoration des morts se faisait au grand jour. On peut le visiter de nouveau depuis seulement quelques mois. C’est sous Napoléon Ier (alors roi d’Italie) qu’on décide de supprimer tous les charniers et cimetières de la ville pour les mettre à l’extérieur. Il y avait déjà des ossements dans ces carrières abandonnées depuis la fin du XVIème siècle. Ils avaient été entassés là lors de l’épidémie de peste qui a ravagé Naples en 1657 : 300 000 morts sur 450 000 habitants. Aujourd’hui, on estime à 40 000 le nombre de squelettes. Ou sont passés les autres ? Il parait qu’en fait, sous nos pieds quand on déambule dans les allées de ce cimetière, nous marchons sur une épaisseur de 4 à 5 mètres d’ossements concassés.
Denis Hauville


pas pu revoir reportage sur enterrements DU 29 0CT 2011 c est un reportage sur l economie allemande qui ns est presente
ERREUR !!!!