Les points de repère pour comprendre

L’Europe de l’Éducation : en janvier 2010, l’émission avait abordé le sujet. Avenue de l’Europe avaient déjà rejoint les bancs des écoles européennes. Aussi n’allons nous pas revenir sur les outils d’une politique, il est vrai, très peu intégrée.

Les échanges, les espoirs mis dans un espace européen de l’éducation : il vous suffit de retrouver les points de repère de l’époque. Il y a eu très peu de changements depuisà une grosse nuance près tout de même.

Je vous parlais de plan stratégique pour l’éducation. Des objectifs de Barcelone, de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. En fait, l’Europe s’est rendue compte de ses échecs. Et la nouveauté réside dans ce plan adopté par la Commission européenne pour réduire le décrochage scolaire, un plan présenté fin janvier.

Mais d’abord le constat. En 2009, plus de six millions de jeunes (14,4% de la tranche d’âge 18-24 ans) ont quitté l’école ou leur formation avec pour seul bagage un diplôme de niveau secondaire ou inférieur. Parallèlement, et une récente étude intitulée « The Challenge of Shadow Education » fait le point sur la question : les européens dépenseraient des milliards dans « les systèmes d’éducation parallèle ». En clair, les cours de soutien, les cours particuliers… bref, tout ce qui n’est pas assuré par l’enseignement dispensé par les États. Un chiffre pour la France, ce secteur représentait 2,2 milliards d’euros en 2007… et augmenterait de 10% par an. A 30 euros de l’heure, imaginez quelles couches sociales peuvent profiter de ce système.

La Commission européenne veut donc changer la donne, et inscrire des objectifs ambitieux dans la stratégie 2020. Une stratégie qui cherche a atteindre l’objectif d’un taux d’emploi de 75% pour les européens âgés de 20 à 64 ans. Alors bien entendu, il ne s’agit pas de créer une « éducation européenne, des écoles européennes ». Mais chaque État va s’engager à mettre en œuvre des politiques et des objectifs nationaux. On espère toutefois pour 2012 un cadre européen commun pour des politiques performantes dans ce domaine. La Commission cherchera aussi à proposer des politiques et cela, dés la petite enfance, permettant ainsi une meilleure intégration des élèves issus de l’immigration. Et l’on se penchera également sur les différentes bonnes pratiques destinées à être mieux diffusées. Un exemple cité par la Commission européenne : celui des écoles ouvertes de Naples. Les Italiens y développent des projets organisés avec la collaboration de la société civile à l’école mais en dehors des heures « scolaires ». Des activités également (et surtout) ouvertes aux enfants qui ont quitté le système scolaire.

La Commission s’attaque également à un autre phénomène : la réduction du nombre des élèves en grande difficulté en maths, lecture et sciences. Il n’est pas interdit de penser qu’il s’agit là d’enclencher une vraie politique d’alphabétisation dans certains de nos pays européens.

C’est une véritable, mais peut-être tardive, prise de conscience que l’Union européenne vient de vivre. Comment vouloir afficher des objectifs très ambitieux comme l’étaient ceux de Lisbonne (une Europe « au sommet de son art »), sans s’être penché sur le vrai point de départ… l’école.

Dominique Voegele

Une ou deux pistes supplémentaires :

Vous retrouverez la communication de la Commission européenne faite fin janvier dernier.

Sur le site de l’Agence éducation et formation, ce résumé de la stratégie 2020 de l’UE.

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