La forêt, c’est l’une des plus importantes ressources renouvelables que compte l’Europe.
Une ressource diversifiée: la couverture forestière n’est pas homogène.
Importante ressource économique donc, mais aussi élément vital lorsqu’il s’agit de conservation du milieu naturel et de préservation de la biodiversité.
Il faut se rappeler que le territoire de l’Union est caractérisé par une très grande variété de climats et par des altitudes très diverses, marquant ainsi la typologie des forêts.
C’est en décembre 1998, lors d’une réunion des ministres de l’agriculture, que l’Europe se propose d’établir un cadre d’actions en faveur d’une gestion durable des forêts.
Cependant, déjà en 1989, un Comité permanent forestier représentait les administrations forestières des Etats membres dans le but bien compris d’harmoniser les politiques.
Des politiques qui demeurent de la compétence des Etats.
Et la stratégie élaborée en 1998 ne remettra pas en cause cette compétence, où l’on retrouve le principe de subsidiarité.
L’Union européenne ayant pour tâche de créer des programmes communautaires participant à cette idée de développement durable, c’est ainsi qu’il faut comprendre le programme Forest Focus mis en route en 2003.
Il s’agissait de mettre en place une action pour la surveillance à long terme de l’état des forêts, et ses interactions environnementales.
On pense au problème des incendies, des réseaux de surveillance et des questions de pollution atmosphérique.
Forest Focus élargissait également l’action communautaire pour la collecte des informations, les effets du changement climatique, ou la qualité des sols forestiers.
Ce programme était prévu pour 4 ans, mais a pris un peu plus de temps que prévu.
A l’arrivée, une réussite avec, par exemple, la création de l’EFFIS: le système européen d’information sur les feux de forêts.
Sur le plan de la pollution atmosphérique, c’est une vraie base de données qui a été mise en place.
Plus de 120 accords ont été signés entre les autorités compétentes en matière de gestion forestière.
Il existe par exemple une véritable coopération méditerranéenne financée par les programmes transfrontaliers Interreg: le projet Récoforme.
Trois autres exemples de programmes européens:
- MEGAFIRES, qui dresse la carte « des points sensibles ».
- MEFISTO, qui élabore en temps réel des simulateurs de feu.
- PROMETHEUS, qui étudie les effets des incendies sur la végétation.
Forest Focus aura donc été une réussite… mais s’est arrêté.
Il était conçu comme cela, certains le regrettent.
Mais Forest Focus n’a pas été le seul plan européen.
En juin 2006, un plan d’actions prévu sur 5 ans (il s’achève donc cette année) a été adopté.
Ce plan est fondé sur 18 actions clés dont le développement de la biomasse forestière, l’étude des forêts urbaines ou périurbaines, ou encore l’encouragement à l’utilisation des produits forestiers provenant de forêts qui font l’objet d’un plan de gestion durable.
Il cherche à développer la compétitivité des forêts européennes et à assurer encore mieux sa protection.
L’évaluation de ce programme est prévu courant 2012.
L’Union européenne a pris conscience de la valeur économique et environnementale de la forêt.
L’élargissement de l’Union n’y est sans doute pas étranger, car les pays entrants possédaient assez souvent des secteurs forestiers importants.
Enfin, l’Union européenne s’est aussi rendue compte de sa responsabilité à l’égard des pays tiers, ceux qui exportent par exemple des bois exotiques.
Ainsi, un code de bonne conduite se met petit à petit en place, l’Europe s’engageant à n’importer que des bois clairement identifiés, tracés et provenant d’une exploitation raisonnable des forêts tropicales.
Le Parlement européen vient de donner son aval en janvier dernier à deux accords de ce type avec le Cameroun et la République du Congo.
Là aussi, on avance…
Dominique Voegele
Quelques liens pour en savoir plus:
Tout d’abord, un petit cocorico avec le site de l’office nationale des forêts.
Sur France Nature Environnement, beaucoup d’infos et pas forcemment le même son de cloche que du côté de la Commission européenne.
Interview de Jean-Luc Dupouey, écologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

