Les points de repère pour comprendre

Tout d’abord, c’est l’un des pays les plus neufs de l’Union, si l’on excepte les derniers Etats nés après la chute du Mur.

En effet, la Finlande est née le 6 décembre 1917, avant de devenir après la ratification de sa constitution, une République, en 1919.

Auparavant, occupée sous couvert d’une croisade d’évangélisation par les Suédois à partir de 1155, elle vivra sous domination de son voisin scandinave jusqu’en 1809.

Et ce sera un autre voisin, mais à l’Est cette fois, qui recevra après une courte guerre, la Finlande des mains des Suédois.

La Russie fera de la Finlande un territoire très autonome reconnaissant par exemple la langue finnoise en 1863.

Il y aura certes des périodes plus tendues avec des tentatives très dures de russification de la Finlande, en particulier sur la fin, mais le pays pourra se structurer politiquement et socialement sous domination russe.

Ainsi, les femmes pourront dès 1907 (les premières en Europe) obtenir et le droit de vote et le droit d’éligibilité.

Profitant de la révolution, la Finlande se proclamera donc indépendante en 1917.

Dés lors, une partie de son histoire demeure clairement marquée par ses relations avec le grand voisin devenu Union soviétique… et par la recherche de ce perpétuel équilibre.

Dés le 30 novembre 1939, l’Union soviétique attaquera la Finlande malgré sa neutralité proclamée.

Une guerre terrible, la « Guerre d’hiver », 150 jours durant.

Les Finlandais se retourneront ensuite contre l’ennemi soviétique en soutenant l’Allemagne.

Ce qu’elle payera à la fin de la guerre en perdant des territoires en particulier la Carélie.

Mais jamais, paradoxe de l’histoire, la Finlande n’aura été occupée durant la Seconde Guerre mondiale.

L’après-guerre et le développement du pays

Pour les Finlandais, l’après-guerre ne sera pas simple du tout.

Mais le pays réussira à garder son indépendance, à se développer économiquement et socialement.

L’Union soviétique ne fera pas de la Finlande un satellite, et le pays représentera la frontière entre l’Est et l’Ouest durant plus de deux décennies.

Une vraie réussite pour la Finlande qui deviendra alors un acteur essentiel de l’histoire contemporaine européenne.

A partir de 1973, et grâce à la neutralité affichée de sa politique, elle pourra abriter dans sa capitale Helsinki la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).

Une conférence qui permettra petit à petit un meilleur « vivre ensemble » entre les deux blocs et qui contribuera certainement, mais un peu plus tard, à la chute du bloc de l’Est. Equilibre toujours.

Petit à petit, la Finlande saura développer son économie et son modèle social et, en 1995, elle adhérera à l’Union européenne.

Quelques années plus tard, en 2002, elle renoncera à sa monnaie, le markka, pour adopter l’euro.

Ce qui ne l’empêchera pas de continuer à oeuvrer pour une coopération régionale étroite avec le Conseil nordique qui regroupe cinq Etats du nord de l’Europe.

La Finlande n’abandonnera pas le caractère non engagé de sa politique de défense.

Ainsi, sur le plan européen, si elle participe à la Politique européenne de défense et de sécurité de l’Union, elle oeuvre avant tout à la gestion non militaire des crises.

Elle participe aussi au programme de maintien de la paix de l’Otan mais n’est pas membre de l’organisation.

Une politique qui tient encore et toujours compte d’un certain équilibre entre l’Est et l’Ouest, même si beaucoup de choses ont changé.

Il faut croire que cette politique d’équilibre, parfois d’équilibriste paye.

La Finlande a considérablement progressé économiquement, jouant parfaitement de ses atouts traditionnels: la forêt en général et le bois en particulier.

Tout en choississant aussi d’investir dans les nouvelles technologies ou en privilégiant le nucléaire pour l’énergie.

Elle a développé ses relations commerciales aussi bien avec l’Europe qu’avec son voisin immédiat, et a surtout servi de modèle social sur de nombreux points, en particulier l’éducation, la transparence administrative ou l’égalité des sexes.

Un modèle social un peu en recul aujourd’hui, la crise aussi est passée par là.

Tout semble donc aller pour le mieux… Pas tout à fait.

La Finlande compte de plus en plus d’eurosceptiques, et les partis populistes aussi trouvent un certain écho.

La crise n’épargne personne…

Et la Finlande (voir notre vidéo), qui avait consenti il y a quelques années de très gros efforts pour tenir la ligne sans aide européenne, voit sans plaisir l’Union aider désormais quelques mauvais élèves qui n’avaient pas, eux, les mêmes scrupules…

Dominique Voegele

Pour en savoir plus:

http://www.info-finlande.fr/ Ce site francophone regorge d’informations.

http://www.ranska.net/  Beaucoup de choses sur la culture. Le site des expatriés français en Finlande.

http://institut-finlandais.asso.fr/  La Finlande culturelle en France.

http://www.france-finlande.fr/  Le site des amis de France et de Finlande.

http://osakunta.free.fr/frameset_index_fr.htm  Né en 1996, le club prône l’amitié entre les jeunes des deux pays (site bilingue).

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