Par Dominique Voegele, de la rédaction européenne.
Rio de Janeiro, 1992. Kyoto, 1997. Johannesbourg, 2002. Bali, 2007. Poznan, décembre 2008. Copenhague, 2009. Des lieux, des dates. Les témoins d'une longue prise de conscience collective pas encore achevée. Il faut lutter contre l'effet de serre, il faut "sauver la terre"...
Rio de Janeiro, 1992. Kyoto, 1997. Johannesbourg, 2002. Bali, 2007. Poznan, décembre 2008. Copenhague, 2009. Des lieux, des dates. Les témoins d’une longue prise de conscience collective pas encore achevée. Il faut lutter contre l’effet de serre, il faut « sauver la terre ».
La première réponse internationale est effectivement donnée au Brésil. 189 pays signent alors la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Il s’agit de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre. Mais le texte n’est pas juridiquement contraignant. La prochaine étape le sera.
Le protocole de Kyoto, et un premier objectif chiffré de réductions des émissions : – 5% en 2012 par rapport aux émissions comptabilisées en 1990. L’Europe signera ce protocole en 1998, les Etats-Unis n’en voudront pas, mauvais exemple pour la planète… En Afrique du Sud, pour le sommet de la terre, un seul accord ou presque. Sous forme de constat. Les résultats obtenus sont loin d’être à la hauteur des enjeux. A Bali, les signataires du texte de Rio se retrouvent et définissent une nouvelle feuille de route. C’est de l’après 2012 qu’il est question et on convient de se retrouver à Copenhague pour un accord final. Même si elle réunit tous les Etats signataires de l’accord des Nations -Unies, Poznan marque l’étape européenne du dispositif. L’UE doit trouver un accord interne pour ne pas se présenter en ordre dispersé l’an prochain pour l’accord international définitif sur le climat.
Poznan n’est qu’une étape, mais elle est importante. Pour les Français également, car on aimerait beaucoup trouver un accord sous Présidence française. Le dernier jour planifié de la conférence internationale de Poznan correspond, et ce n’est sans doute pas un hasard, au dernier jour du sommet européen de Bruxelles, le 12 décembre. Et pour le moment, c’est loin d’être gagné. L’Europe s’est voulue vertueuse. Avec un triple objectif pour 2020: réduire de 20% ses émissions de gaz par rapport à 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20ù des besoins, et faire 20% d’économie d’énergie.
C’est loin d’être évident car à Poznan, à la table des négociations, une invitée de dernière minute… : La crise. Et voilà des Etats bien moins vertueux, des industries en difficultés pas vraiment disposées à investir pour polluer moins tout en payant en même temps pour le CO2 produit. Et voilà des constructeurs automobiles faisant pression sur leurs gouvernements, et voilà à l’arrivée certains pays décidés à faire baisser les objectifs de l’Union. Car c’est vrai, ce plan a un coût et les économies sont fragiles. Ajoutons au paysage des Etats en pré-campagne électorale (l’Allemagne), et des approches très différentes du problème dans certains domaines. Ainsi le nucléaire… Energie fossile ou énergie renouvelable ? La France pays le plus nucléarisé du monde produit 78% de sa consommation d’électricité et elle émet 25% de gaz à effet de serre de moins que la moyenne européenne. On comprend donc les enjeux, économiques et politiques…
Les points de repère s’arrêtent là, car les jours et les semaines qui viennent seront à la fois très animés et sans doute aussi lourdes de sens. Quelle direction prendra l’économie et la politique de l’Union européenne, le court terme et la crise vont-ils l’emporter ? Ou bien saura-t-on prouver que l’Europe peut se mobiliser sur le long terme et pour une cause qui fait consensus :la lutte contre l’effet de serre et le réchauffement climatique. Tout cela sous l’œil anxieux des pays en voie de développement, des nouveaux pays émergents, forts consommateurs de gaz à effet de serre, sous le regard enfin des Etats-Unis dont le Président élu, Barack Obama s’est déclaré prêt à relever le défi du climat. Encore faudrait-il qu’il y soit encouragé par une Europe unie et cohérente sur ce dossier.
Dominique Voegele
Les sites à consulter
Groupe de travail au Sénat Paquet « Energie-climat »
Second Strategic Energy Review – Securing our Energy Future
Bilan énergétique de la France pour 2007 : stabilité des consommations d’énergie et des émissions de
CO2, baisse de l’intensité énergétique, forte augmentation des énergies renouvelables







