UN BIBLIOPHILE DOIT-IL SAVOIR LIRE ?

Sur le blog du bibliophile, voilà quelques semaines, le grand maître a posé cette question passionante :
Selon vous, un Bibliophile doit-il savoir lire, ou en d’autres termes, n’est-il de bon bibliophile que celui qui lit les livres qui constituent sa bibliothèque…?
Je me suis permis de reprendre les deux réponses de mon ami Jean-Paul, bibliophile et historien du livre, qui valent leur pesant de maroquins :
Premier commentaire
Question 1 : écrire un livre, c’est pour quoi faire si ce n’est être lu pour partager avec le lecteur ?
Question 2 : qui a dit que vous étiez bibliophile ? ça veut-dire quoi être bibliophile ?
Sourires ….
Second commentaire
Restons simple, en effet : la différence entre un bibliophile et un bibliomane est que le second, au contraire du premier, ne lit pas ses livres. Personne depuis Lucien de Samosate (IIe s.) ne l’a jamais contesté.
Souriez, on vous lit !
Pour me part, je me rallie au sentiment d’Umberto Ecco, érudit, lecteur, bibliophile – puisqu’il possède plusieurs dizaines de milliers de livres dans ses différentes maisons et bibliomatique. A force de les ranger, classer, dépoussier, prendre en main, caresser, humer, Le romancier et sémoticien croit même connaître le contenu immense de tous les livres – en latin, hébreu, grec, français, anglais ou italien – qu’il n’a pas lus
et puis pour paraphraser plus qu’en partie Alberto Manguel, on pourrait ajouter : « on lit les livres qu’on veut, on collectionne ceux que l’on peut… » la citation est de moi.

Quelle ne doit pas être ta honte, lorsque quelqu’un, te voyant un livre à la main, et tu en as toujours, te demande de qui il est, orateur, historien, poète ? Comme tu en as lu le titre, tu as peut-être de quoi répondre, Mais si la conversation s’engage, comme il est tout naturel que cela arrive dans un commerce amical, et que ton interlocuteur blâme ou approuve certains passages, te voilà tout perplexe ; tu n’as pas un mot à dire. Lucien de Samosate







