Ce matin, un petit tour chez Jean-Louis Louis Kuffer, critique sérieux et écrivain de belle compagnie. Lectures des extraits de Notes panoptiques, année 2000

C’est un drôle de vieux grigou à la mise élégante qu’Albert Cossery, que j’ai retrouvé au Louisiane à l’heure dite, et avec lequel j’ai entamé la conversation (pas facile, car il est pour ainsi dire aphone) en attendant de rejoindre l’Emporio Armani où il déjeune quotidiennement. Mélange de malice et de fureur contre un peu tout (contre l’américanisation de Saint Germain-des-Prés, contre la télévision, contre les gens de la rue, contre les garçons de chez Armani quand nous nous y sommes pointés), il ne m’a pas dit grand-chose de plus, me glissant tout de même un petit papier, à un moment donné, sur lequel il avait écrit : Peut-on écouter un ministre sans rire ?

(...)

Ce que j’abhorre: les gens de lettres.

La notion de bon génie de la Cité, pour l’écrivain ou l’artiste, me plaît assez, surtout depuis que des gens comme Berdiaev ou Chesterton m’ont aidé à me délivrer du ressentiment que nourrit la révolte des fils de bourgeois. Entre incendiaires et sauveteurs, je me préfère sauveteur.

Ramuz fait partie, à n’en pas douter, de l’école non institutionnelle du vrai.

 

Le gardien vous recommande la lecture de :

Toute la courte oeuvre de Albert Cossery (disponible chez Joëlle Losfeld)

Le gardien vous recommande aussi la lecture des passionnantes :

Riches Heures (Blog note 2005 - 2008),  de Jean-Louis Kuffer (l'Age d'Homme)

« On n'a pas pas besoin de grades, disait à peu près Ramuz : On n'a plutôt besoin d'égards. A quoi J'ajouterai : et de regards. On a besoin d'égards et de regards. »

Ce recueil, établi à la demande de Jean-Michel Olivier, directeur de la collection Poche Suisse, rassemble une partie de mes Carnets de JLK, blog littéraire ouvert sur la plateforme HautEtFort en juin2005. Proposant aujourd’hui quelque 2000 textes, dans les domaines variés de la littérature et des arts, de l’observation quotidienne et de la réflexion personnelle, entre autres balades et rencontres, ces Riches heures de lecture et d’écriture s’inscrivent dans le droit fil des carnets manuscrits que je tiens depuis une quarantaine d’années et qui ont déjà fait l’objet de deux publications : Les Passions partagées (1973-1992) et L’Ambassade du papillon (1993-1999).

En outre, ces Carnets de JLK illustrent les virtualités nouvelles, et notamment par le truchement de l’échange quotidien avec plusieurs centaines de lecteurs, de cette forme de publication spontanée sur l’Internet, qu’on appelle weblog ou blog.
Dans l’univers chaotique qui est le nôtre, où le clabaudage et la fausse parole surabondent, ces carnets se veulent, au-delà de toutes les préventions de méfiance ou de mépris, la preuve qu’une résistance personnelle est possible à tout instant et en tout lieu pour quiconque reste à la fois attentif à la rumeur du monde et à l’écoute de sa voix intérieure. À l’inattention générale, ils aimeraient opposer un effort de concentration et de réflexion au jour le jour, ouvrant une fenêtre sur le monde.

Derrière le blogueur JLK, il existe l'écrivain Jean-Louis Kuffer.

CARNETS DE JLK
Riches heures de lecture et d'écriture