Le CABINET des CURIOSITÉS, des ÉTRANGETÉS et des SINGULARITÉS de ÉRIC POINDRON

L'HOMMAGE

Enfin (C'est Monsieur Norbert qui écrit) je ne peux résister au plaisir de rendre un dernier hommage au Cabinet de Curiosités :


" De nombreux applaudissements accueillirent la fin de ce récit, dont l’effet fut si vif que, sur-le-champ, le président proposa à l’assemblée d’admettre au nombre de ses membres l’homme extraordinaire qui venait de leur communiquer des documents historiques et scientifiques aussi précieux sur la race des Albinos. La proposition fut reçue avec enthousiasme et passa à l’unanimité. L’illustre voyageur remercia avec une modestie parfaite, et, pour en témoigner toute sa gratitude aux membres de la docte compagnie, après avoir levé les yeux vers le crocodile empaillé suspendu au plafond de la salle, il s’engagea, afin d’augmenter leur cabinet d’histoire naturelle, à leur faire don de différents objets fort rares, recueillis par lui dans ses longues traversées, tels que :

 

Le squelette d’une lamproie ;
Une de ces escarboucles qui se trouvent communément dans la tête d’un oiseau des Indes ;
L’opercule du petit poisson qui arrêta le vaisseau de Caligula, malgré les efforts des vents et des rameurs ;
Un rubis formé des gouttes sanguines de la rosée ;
Une couple de pyrales et de salamandres, qui vivent dans le feu et vivent noyées dans l’air ;
Un canard engendré de lui-même sur les côtes d’Écosse dans cette espèce de coquillage multivalve appelé anatife ou pouce-pied ;
Une branche du sycomore dont le roi Xerxès fut amoureux ;
L’aigrette d’un phénix ;
Les ailes d’un dragon ;
La tête d’un sphinx.

Pour terminer dignement cette soirée mémorable, cœna apponitur, on se mit à table. "


LES RHAPSODIES FOLLES

Un certain Monsieur Norbert, que je ne connais guère m'envoie quelques textes - et quelques hommages - qu'il me propose de livrer aux lecteur du cabinet... Alors c'est ce que je fais..

Monsieur Norbert précise : "Une petite curiosité hallucinatoire (1881), qui n'est pas dénuée de talent et mériterait peut-être d'être sauvée momentanément de l'oubli..."
 

LES RHAPSODIES FOLLES
de Patrik Bohr

…. It is a tale
Told by an idiot….
(Macb.)

Dieu, guérissez ceux qui souffrent, jetez-leur du pain et laissez-leur l’espérance ; que le proscrit rentre dans sa maison ; que le pauvre ait un foyer ; que le méprisé lève la tête.
Mais faites trembler les ingrats et les orgueilleux… âmes sans foi. Que ceux-là trouvent des serpents dans leurs coupes, de la vermine sur leur face et qu’on les enfouisse vivants, sous les boucliers rouillés de leurs ancêtres.


*


Tandis que je travaillais cette nuit à quelque fou poème, une araignée m’a troublé par son cri semblable au tic-tac d’une fantastique horloge… J’ai eu peur, j’ai cru que c’était un spectre répétant les sons de la clepsydre qui retentit sous les voûtes de l’éternité. Alors mon imagination s’est rappelée qu’il y avait un monde surnaturel d’esprits infernaux et d’esprits divins ; elle les a vus tous horribles, tous abjects à contempler… Les goules grouillaient dans un affreux cloaque avec les scorpions, dans une pénombre éclairée de temps en temps par des lèchements de flamme… Les jaracas sifflaient avec les vespertilios, des pieuvres gigantesques enlaçaient de leurs tentacules les êtres damnés, les stryges, aux membres tors, crevaient les yeux des patients, et l’araignée tintait toujours son horrible tic-tac, semblable à celui de la fantastique horloge qui gémit et compte l’éternité.

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L'ÉCRIVAIN ?

La machine à écrire de l'écrivain

Les confessions de l'écrivain :

"Mon véritable père, c'est mon oncle Pépine. Il était tout le temps à nous raconter ses histoires. Il était obsédé ; il les reprenait sans cesse, et sans cesse nous nous tordions de rire. Ceux qui ont eu la chance de connaître ma muse, mon oncle Pépine, peuvent parler de sa puissance de conteur et de la magie poétique qui assaillait les cafés et leurs belles jeunes filles quand l'oncle Pépine était là, ou quand il parlait, comme ne le font que les poètes ou les prophètes dans les rues, avec ses concitoyens. J'ai commencé à écrire parce que m'est revenu en torrent tout ce que j'avais entendu à la brasserie, les histoires de l'oncle Pépine, qui m'étaient entrées dans le sang."

L'écrivain en copilote

QUI EST L'ÉCRIVAIN ?

PATIENCE

Amédée Feuardent était un voyeur obstiné et désarmant.

Lorsqu'il dénichait une nouvelle proie, il pouvait rester des semaines,

voire des siècles à l'observer sans émettre le moindre mouvement.

DES MILLIERS DE TENTES

Il fait entre - 7°c et - 10 °c en Champagne. Il a neigé. C'est blanc et c'est beau. Nous avons fourré la dinde et dégoupillé les huitres, et, pourtant, comme l'écrivent un peu trop souvent les journalistes qui bâclent, l'actualité brûlante jette un grand froid...

SDF : Legrand promet "dans 2 mois, des milliers de tentes"
Par Sophie Verney-Cailla

"Michael Moore des SDF", le fondateur des Enfants de Don Quichotte dévoile pour Rue89 son plan d'action des mois à venir.

Deux ans après les tentes du Canal Saint-Martin, il faut s’attendre à voir revenir Augustin Legrand. Le leader des Enfants de Don Quichotte prévient: "Ce seront des dizaines de milliers de tentes" qu’il va disséminer à travers la France.

Comme chaque hiver, dès que les températures chutent, on revoit les ministres concernés monter au devant de la scène pour "rendre obligatoire l’hébergement des personnes sans abri" (Christine Boutin le 26 novembre) ou "multiplier les accueils (…) au départ peut-être contre leur volonté" (Michèle Alliot-Marie, ce vendredi).

Des idées qui vont à contre-courant de la "conférence de consensus", à laquelle Rue89 s'était associée l’an dernier et qui avait dégagé deux pistes principales pour sortir de cette approche du "tout-urgence": agir sur la prévention en amont, et sur le logement social en aval.

Deux ans après l’installation du campement des Enfants de Don Quichotte et un an après l’évacuation de ces derniers par les CRS au pied de Notre-Dame, le leader de l’association, Augustin Legrand prévient: "On a promis de revenir, on reviendra."

"On s’est fait rouler dans la farine"

Fin décembre 2007, un Collectif des associations unies rassemblant une trentaine de spécialistes du mal-logement a entamé un dialogue avec le gouvernement. De nombreuses réunions plus tard, le nombre de places d’hébergement d’urgence a atteint presque 100 000, le préfet Régnier a été nommé pour suivre ce dossier, mais les associations ont le sentiment que les promesses n'ont pas été tenues. Augustin Legrand confirme:

"On s’est fait rouler dans la farine. Il y a eu le rapport d'Etienne Pinte qui allait dans le bon sens et on sait qu’on a des soutiens, même à droite. Outre Pinte, des gens comme Philippe Séguin, Bruno Lemaire et tous ceux qui connaissent le dossier et savent que l'Etat gaspille de l’argent. Mais le gouvernement en reste à des mesurettes. Chaque hiver, on est toujours dans la même problématique: la gestion de crise, le gouvernement botte en touche."

Richard Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, renchérit:

"Le projet de loi Boutin est à contre-courant, elle est dans la logique d’une France de propriétaires alors que c’est à mille lieux de la réalité de ce que peuvent se permettre les gens, le logement social est attaqué de toutes parts."

"Pas un mais des campements"


Tous les deux reviennent de deux mois de tour de France, où ils sont allés informer les mal-logés sur leurs nouveaux droits, le film des enfants de Don Quichotte à l’appui.

Fort de cette expérience, Augustin Legrand a retrouvé l’envie de crier sa révolte. Pour Rue89, il dévoile son projet:

"On va remonter un campement à l’issue de l’hiver. On évitera l’écueil de l’acte I, on ne fera pas un mais des campements. Pendant ces deux mois, on a maillé le territoire, on a demandé aux gens de s’inscrire sur notre site Internet."

Cette fois, il se prépare à "combattre pour engager un rapport de force" avec le gouvernement et à exiger bien plus que les 2,5 milliards proposés il y a un an. "Quand on voit que 26 milliards ont été débloqués pour le plan de relance, c’est réaliste." Il précise la forme de cette nouvelle action:

"On fera des campements virtuels en amont, c’est-à-dire que les gens vont s’inscrire sur notre site pour s’engager à venir camper. On s’installera partout à l’extérieur des villes, pour ne pas être dégagés par des CRS, on filmera tout ça, et on finira par une marche vers le centre des villes."

Il promet du spectaculaire, "car sinon je ne suis pas Augustin Legrand", et prévoit 2000 à 3000 tentes d’un coup dans chaque banlieue, qui donneront "des dizaines de milliers de tentes à la fin". "Je suis le Mickaël Moore des SDF", conclut-il.

Le gardien du cabinet vous recommande de lire - très sérieusement - et d'en parler autour de vous :

DANS LA DÈCHE À PARIS ET À LONDRES, de Georges Orwell (éditions Ivréa ou 10 - 18)

Plus d'un bon esprit, à commencer par Henry Miller, juge que Dans la dèche à Paris et à Londres est, avant même 1984 et Hommage à la Catalogne, le plus grand de tous les livres d'Orwell qui écrivait pour sa part : "C'est un récit bien banal et j'espère qu'on lui reconnaîtra à tout le moins les mérites qu'on reconnaît d'ordinaire à un journal de voyages. Je puis encore ajouter ceci : Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou. Ce monde, je veux un jour l'explorer plus complètement. J'aimerais connaître des hommes comme Mario, Paddy ou Bill le mendiant non plus au hasard des rencontres, mais intimement. J'aimerais comprendre ce qui se passe réellement dans l'âme des plongeurs, des trimardeurs et des dormeurs de l'Embankment. Car j'ai conscience d'avoir tout au plus soulevé un coin du voile dont se couvre la misère."

PIANO MYSTÈRE

J'ai perdu mon portefeuille en allant à Paris, mais la préfecture de police m'a écrit pour m'informer qu'il m'attendait, presque vide, aux objets trouvés rue des morillons. En janvier, j'irai le rechercher en demandant - même si l'autorisation me sera refusé - d'aller visiter lels réserves afin de découvrir les fatras et les trésors qui attendant les propriétaires étourdis. Dans l'attente de vous raconter, voici un étrrange histoire qui s'est déroulé en Nouvelle Angletterre...

A Harwich, dans le Massachusetts (États-Unis), la police se heurte à un curieux mystère, ne parvenant pas à comprendre qui a pu abandonner un piano - qui n'était pas un Steinway  & sons malgré les rumeurs - en parfait état au beau milieu des bois ; et pourquoi un tel abandon...
Le Steinway, qui se trouvait dans les bois de Bells Neck, était parfaitement accordé et en état de fonctionnement. Il était aussi accompagné d'une banquette assortie comme s'il avait récemment servi. Il a été découvert fin novembre par une promeneuse marchant le long d'un sentier à l'intérieur d'une zone protégée.

La police se demande comment un instrument de musique aussi lourd a pu être transporté dans un endroit aussi reculé. Il a en effet fallu plus d'une demi-douzaine d'officiers de police pour le charger dans un camion afin de le ramener à la civilisation. Une enquête a été ouverte.

Amis détéctives, amateurs de conjectures insolites, avez-vous une explication afin d'aider la police ?

J'attends vos réponses...

Le gardien du cabinet vous recommande de lire :

LES TRIBULATIONS D'UN STRADIVARIUS EN AMÉRIQUE, de Frédéric Chaudière (Actes Sud, collection "un endroit où aller")

Le 28 février 1936, le soliste Bronislaw Huberman donne un concert au Carnegie Hall de New York. Des deux violons qu'il a emportés, un stradivarius et un guarnerius, il choisit ce dernier. Quand il sort de scène, le stradivarius s'est volatilisé et ne refera pas surface avant de nombreuses années. L'histoire de l'instrument disparu avait commencé par une nuit d'hiver 1706, dans une vallée des Alpes italiennes, quand un bûcheron choisit l'épicéa qu'il allait abattre en cette lune noire de janvier. De sa conception par le maître luthier Stradivari jusqu'aux rebondissements rocambolesques et véridiques qui suivirent l'enlèvement, Frédéric Chaudière raconte l'existence mouvementée d'un violon trop convoité sur un rythme de roman-feuilleton : durant trois siècles, en effet, le stradivarius cristallise et déchaîne les passions des artisans, des musiciens, des mélomanes, des amoureux de l'art, du profit et de la gloire.

Un des intérêts du livre est de désacraliser l'instrument et son institution en démontrant que l'art engendre aussi bien le sublime que la crapulerie. Pas du tout nostalgique, l'écrivain-luthier pense toutefois que notre époque a perdu l'harmonie, le charme des proportions. Dernièrement, un Américain a voulu transformer un Stradivarius volé, trouvé sur une benne à ordures, en bibliothèque pour disques compacts. D'où vient ce besoin de destruction ? Pour Frédéric Chaudière l'instrument engendre cette violence. " Le violon est aussi un instrument de torture qui demande un travail et des sacrifices énormes. Le milieu du violon ne donne qu'une image, magnifique, prestigieuse. Dans les coulisses, la musique est faite de larmes, de sang et de silences. Pour en vivre, il faut aller au supplice." Un peu comme la littérature, non ?

Né en 1963 à Dieulefit, Frédéric Chaudière est luthier à Montpellier depuis 1986. Il collabore régulièrement à la revue anglaise The Strad et écrit pour les programmes de Radio France les articles relatifs aux instruments des solistes invités. Ses instruments sont joués dans le monde entier par des musiciens renommés dont J.J. Kantorow, N. Brainin, R. Ricci, Y. C. Cho, A. Sitkovetski. " Ce sont souvent des gens introvertis, cultivés, raffinés, mais qui ont un rapport difficile au monde extérieur. Être luthier, c'est une planque, un métier mystérieux, pas vraiment rationnel. À l'écart du temps, de la science, c'est aussi un être de pouvoir ". Du violon, il parle comme l'instrument de tous les possibles. " Ce peut être une oeuvre d'art, mais aussi un réceptacle à fantasmes ou à spéculations. Un fétiche de notre civilisation, de notre culture ". Dernièrement, il a eu à exécuter la copie d'un Stradivarius, le " Troppo Rosso ", un violon rouge éclatant, à l'histoire exceptionnelle. Cet instrument volé, martyrisé engendra l'écriture de ce premier récit. Le parcours qui l'a mené à fabriquer des instruments, à devenir un luthier reconnu, recherché, puis écrivain s'avère, lui, un tantinet tortueux.

 

 

LA REINE - DE - SARA

Sarah Bernhardt s'était fait amputer de sa jambe droite à Bordeaux en mars 1915. Depuis huit ans, le membre était introuvable...

Plus de quatre-vingt-dix ans après l'opération, un photographe bordelais, Richard Zéboulon, passionné par sa ville et les histoires insolites, vient de retrouver la jambe droite de la célèbre actrice, amputée à Bordeaux le 12 mars 1915. Plusieurs histoires ont circulé sur l'existence de son membre amputé. L'une d'elles explique que, pendant sa convalescence, la comédienne aurait reçu un message du directeur du cirque Barnum à San Francisco lui proposant la somme de 100 000 livres en échange du droit d'exposer sa jambe amputée... « Laquelle ? » lui aurait répondu par télégramme Sarah Bernhardt.
Fait étrange, peut-être parce qu'il s'agissait d'une célébrité de premier rang, sa jambe fut conservée dans un bocal de formol. Elle est restée plus de quatre-vingt-dix ans dans les placards du laboratoire d'anatomopathologie de la faculté de médecine, place de la Victoire, mais il y a quelques années, en 2000, à l'occasion de son déménagement à Carreire, elle a disparu comme beaucoup d'instruments de physique et de matériel médical. « J'ai remué ciel et terre pour la retrouver », avoue le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, pourtant introduit dans la sphère médicale.
C'est Jean-Georges Duthoit, responsable des bâtiments à la faculté de médecine Bordeaux 2 Victor-Segalen, qui est le « redécouvreur » de la jambe de Sarah Bernhardt dans des locaux antérieurement occupés par le service de médecine légale. Une sorte de cabinet de curiosités où l'on conservait les bizarreries anatomiques et objets issus de faits divers - un vrai musée des horreurs - (cordes de pendus, foetus de siamois, fusils et autres pièces à conviction qui avaient servi à des meurtres horribles).
Le hasard et les circonstances l'ont mis en contact avec Philippe Prévôt et Richard Zéboulon pour leur livre « Bordeaux secret et insolite » (Éditions Parigramme, 2006), alertés sur la jambe disparue de l'actrice par le chirurgien Alexis Banayan.

À la clinique Saint-Augustin

C'est à 60 ans passés que la « divine Sarah » se blesse au cours d'une représentation du Procès de Jeanne d'Arc au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. Versions officielles : c'est en se jetant à terre qu'un clou la blesse au genou. Mais, pour certains biographes, c'est parce que son rôle lui imposait de tomber plusieurs fois à terre qu'elle se mutile la jambe droite ; d'autres affirment enfin que cette blessure est consécutive aux 11 sauts du parapet dans la scène finale de  Tosca.
Très éprouvée par ce traumatisme, elle fait d'abord appel au célèbre professeur Samuel Pozzi (1846-1918), le médecin des vedettes de l'époque. Ce grand gynécologue, né à Bergerac (où un hôpital porte son nom) et grand amateur de femmes - souvent ses patientes -, refuse d'amputer son ancienne conquête et sollicite pour l'opération le concours de l'éminent professeur bordelais Jean-Henri Maurice Denucé (1859-1924).
L'opération est donc programmée à la clinique Saint-Augustin de Bordeaux, où le grand chirurgien doit intervenir.

Convalescence à Andernos

Entre-temps, Sarah Bernhardt demeure près de deux ans à Andernos-les-Bains. Ce choix lui est imposé parce que le bateau qui assurait le service entre Quiberon et Belle-Isle - où elle possède une résidence dans un ancien fort - avait été réquisitionné par le gouvernement français. Dès son arrivée dans cette petite cité balnéaire, elle écrivit à son fils Maurice : « Des fleurs, des arbres magnifiques, des villas basses et fleuries. De partout on voit le ciel. »
Très attachée à cette partie du Bassin parce qu'à marée basse elle y trouvait le charme des paysages hollandais, la tragédienne a loué pour 200 francs par mois la villa Eurêka, située 354, boulevard de la République. Après son opération, elle se promène souvent, appuyée sur la canne d'ivoire que lui avait offert le prince Édouard VII de Galles pour admirer les arbres et les roses, « le chant des rossignols et celui des doux crapauds ». Puis elle résilie son bail le 25 Janvier 1916, abandonnant « son doux pays avec regret ».

« Impératrice byzantine »

C'est à 71 ans, depuis la villa Eurêka, qu'elle prend la décision d'être opérée. Le rendez-vous est fixé le 12 mars 1915 à la clinique Saint-Augustin de Bordeaux. Stoïquement, elle subira cette opération en fredonnant l'air de La Marseillaise. Pas une jambe de bois, mais des jambes de bois (il y en avait au total 9) lui furent adressées par des orthopédistes bordelais.
Finalement, elle préfère être assise dans une petite voiture de malade, blanche et cannée. « Dorénavant, je me ferai porter comme une impératrice byzantine. » Son entourage pense que cette opération sonnera le glas de sa carrière. Mais celle que l'on surnommait la Mère Lachaise va étonner par sa vigueur.
Amputée et toujours courageuse, elle confie à Charlot, son jardinier d'Andernos : « Faites en sorte que les mimosas ne fleurissent pas avant mon arrivée. » À son retour dans la villa Eurékâ, les Andernosiens, dans un mouvement d'admiration et d'estime, viennent une dernière fois saluer ce monstre sacré du théâtre que Victor Hugo qualifia de « voix d'or ».

* Source Sud Ouest

OISEAUX TIMBRÉS

 Quelques auteurs ont été même jusqu'à prétendre que le dronte n'avait jamais existé, et que les descriptions qui en avaient été données se rapportaient au manchot et au pingouin ; mais cette opinion était tout à fait insoutenable, car, outre les figures dont nous avons parlé, et le témoignage de naturalistes qui parlaient de l'oiseau comme l'ayant vu, il en existait encore des restes bien reconnaissables, et dont l'origine était connue.

DERNIÈRES NOUVELLES

Quelques nouvelles de la famille...

Un peu de lecture et beaucou de dessins...

Cher Eric
Merci pour ce précieux site... passe  de bonnes fêtes, épatant tous ces liens sur ton site...
Un bouquin étonnant, pour les jubilations moroses de ces temps festifs, avec le plaisir littéraire...
Baudouin de Baudinat ( La vie sur terre-  Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes) éditions de l'encyclopédie des nuisances....  mais toi qui as tout lu, tu dois le connaître! au cas où...
Amitiés
Daniel MAJA, (qu'il vous faut, nous ne le répèterons jamais assez, fréquenter chaque jour... Note du gardien)

Un peu - beaucoup - de poésie...

Comment vas tu amigo?
je suis dans le Lot glacé
jai vu un mouton tout à l'heure, de la bué plein la fourrure
il m'a dis et ton pote qui construit un labyrinthe de livres, des nouvelles?
me suis dis merde c'est vrai ça
mon professeur , on a pas gardé les bouchons ensembles,mais ce serait dommage qu'on s'éloigne...
on change pas une équipe de merde....
prends soin de ta fantaisie
d'un cabinet l'autre...
et si un jour je monte à paris je t'appel?..
j'irais faire un tour chez Ferney
et si tu veux lui conseiller le poète le plus bordélique du net
je n'y verrai nulle objection...
et aussi, je lirai bien ton truc sur Stevenson... vais voir ça à la rentrée
amitié
a+
Thomas ETC-ISTE & FISH FOR SALE


Je ne sais pas où ça nous mènera

mais ce n'est pas moi qui t'apprendrai

que les routes

sont toujours les denrières à savoir

où elles mènent

Thomas V., in Le chiens errants n'ont pas besoin de capuche

Un peu de littérature, de la passion et des confessions, et - même - des aveux...

Mardi 23 décembre – On ne devrait jamais chercher un livre dans ses bibliothèques, au milieu de la nuit, au hasard d’une insomnie ou d’un questionnement qui empêche de dormir. Et pour peu que les rayonnages soient mal rangés, défilent les titres de ceux que l’on n’a pas lus, ceux que l’on devrait lire, ceux dont on sait que l’on n’aura jamais le temps de lire, ce labyrinthe que l’on entend explorer avec ou sans fil d’Ariane. Cette course contre le temps.

la suite est à lire sur le nouveau blog de JOSEPH VEBRET , auteur inspiré des Friandises littéraires (Écriture)

N’oubliez jamais qu’une bibliothèque est hantée : les fantômes de tous les personnages devisent gaiement, Joseph Vebret.

Un peu de Bibliophilie...


Edito de Magazine du Bibliophile n°79 (décembre 2008 - janvier 2009)

Vive l'an 9 !


L’année 2009, dans laquelle nous entrons, porte en son millésime le signe de la nouveauté. Le 9 est pourtant un chiffre au symbolisme circulaire, sur lequel on retombe, reflet d’harmonies universelles, celui des 9 planètes du systèmes solaire, celui des muses... Il est d’ailleurs surprenant de multiplier 9 par n’importe quel nombre, et d’aditionner les chiffres du résultat… On obtient toujours 9, comme du neuf… Et l’expression Au gui l’an neuf ! ou O Ghel an Heu ! traditionnelle dans certaines régions françaises
possèderait aussi ce sens : Que le blé germe !

Les recettes du succès n’étant pas simples, une serpe d’or est nécessaire et il ne faut cueillir que le gui du chêne… En choisissant bien le sixième jour de la nouvelle année ou nuit de la sixième lune après le solstice d’hiver… Les calculs de calendrier nous trasportent dans un univers magique lié aux mathématiques et à l’observation des astres, surtout de ces deux luminaires, la lune et le soleil (lire p. 10).

Gravure de Jost Amman

Que le blé germe ! Voilà le neuf. Mais à quel «blé», chers lecteurs pourriez-vous ainsi vous attendre en 2009 ? Parmi les bonnes surprises que nous préparons..., en voici déjà une : nous nous recalons sur un vrai calendrier, c’est-à-dire un repère temporel qui le soit pour tous… Vous retrouverez donc Le Magazine du Bibliophile dès le 1er de chaque mois.

Et vous nous retrouverez aussi de plus en plus fréquemment sur les salons et marchés, comme à Melun (77), par exemple (lire p. 36). Nous vous rencontrerons aussi bien sûr au Salon du livre ancien et de l’estampe du Grand Palais, les 19, 20 et 21 juin prochain et sur toutes les grandes manifestations concernant le livre (avec présence du livre ancien ou du neuf traitant de l’ancien… ). Enfin – puisque nous tenons beaucoup au lien de notre «Magazine» à l’actualité –, nous rendrons davantage compte en 2009 du travail réalisé par les conservateurs des Fonds patrimoniaux des bibliothèques et médiathèques, des expositions qu’ils proposent ainsi que des concours (livre d’artiste, reliure…) qu’ils organisent.

L’année 2009 nous offre par ailleurs l’occasion d’inviter de grandes figures du passé (retour du 9…). A ce sujet, aucune ambiguïté : Le Magazine du Bibliophile n’est pas un magazine de littérature, mais celui des livres anciens et des «vieux livres», c’est-à-dire le magazine de tous les livres.
N’oublions pas que la bibliophilie, comme aime à le souligner Frédéric Castaing, président du Slam (Syndicat national de la Librairie ancienne et moderne), est le grand portail de la culture.

Dans les pages de nos prochains numéros, vous croiserez donc Jean Calvin (né en 1509), Robert 1er Estienne (mort en 1559), Jean de Rotrou (né en 1609), Rabbi Jehuda Löw (mort en 1609), Thomas Corneille (mort en 1709), Montcalm (mort à Québec en 1759), Friedrich Schiller (né en 1759 comme Robert Burns), Pierre Joseph Proudhon (né en 1809) et Jean Jaurès (né en 1859), Nicolas Gogol (né en 1809), Bettina von Arnim (morte en 1859), Simone Veil (née le 3 février 1909), Léo Malet (né en 1909), Gérard Philippe, Boris Vian (morts en 1959) et bien d’autres…

Nous célèbrerons aussi d’autres événements, ni naissance, ni mort... 1959, parution du Lolita de Nabokov en français ; 1909, Apollinaire prend les rênes de la Bibliothèque des Curieux… 1859, sortie de l’ouvrage De l’Origine des espèces de Darwin (né en 1809). Mais, sans plus tarder, commençons avec lui (lire p. 34) et le bel anniversaire de la NRF (p. 5).
Bonne année à tous !                                                           

Frederik Reitz, Rédacteur en chef.

Informations, renseignements et abonnements : reitz@club-internet.fr

Photographie d'Abelardo Morell.

QUE DE LIVRES...

Saurez-vous deviner l'indentité de la bibliothèque qui sert désormais de tétière au cabinet de curiosités et dans quelle ville peut-on consulter ses ouvrages ?

Qulques indices :

Un très célèbre - et odorant - fou littéraire y est né, un très grand savant - possédant le goût du minuscule - y a enseigné, un très grand éditeur y a étudié et un très grand bibliophile y a legué.

P.S. Notre confrère Jean-Paul Fontaine n'a pas le droit de jouer ; il peut, en revanche, apporter de nouveaux indices...

PAS SI TRAIN-TRAIN...

Vous ne serez pas -  car Anne  B.  voit tout venir - sans remarquer que j'ai changé l'image de la tétière. Après le Royal Scotsman, asurément le plus raffiné et luxueux trains d'Écosse - et d'ailleurs, d'ailleurs -  il vous faudra découvrir un nouvel endroit aux étagères solides et presque sans lmites... Dans l'attente des quelques indices, je vous invite une dernière fois dans la cabine dudit train qui, je l'espère, vous mettra le thé, puis les grands malt des hautes terres et des îles, à la bouche...

(...) Vous souhaitant une belle fin d'année et un beau voyage...

Même si je doute fort de la réincarnation, je sais que j’ai été Écossais dans une autre vie.

« Laisse-moi seulement une heure d’écosse, laisse moi la voir avant de m’endormir », était la prière que je me répétais quand j’étais enfant, avant le sommeil.

Tout ça c’est de la faute des écrivains. Walter Scott - qui n'était pas mon premier compagnon - , Sir James Matthew Barrie et son Peter Pan (parce qu’il faut toujours "ne pas grandir" et toujours "s'amuser'), Robert-Louis Stevenson comme une boussole, Arthur Conan Doyle - je suis né le 22 mai 1859, à Edimbourg, sur la place de Picardie, ainsi nommée d'une colonie de huguenots Français venus jadis s'y établir -  ; et un certain Sherlock Holmes, auteur de monographies scrupuleuses et conjecturales, qui ne m’a jamais quitté).Tout ça, c'est aussi de la faute des poètes, parce que c'est toujours de la faute des poètes. Robert Burns, LE poète.

J’ai acheté les livres, j’ai découpé les images exotiques dans les magazines de voyage et commencé à collectionner les flacons que je n’ai jamais bus. Même si je n’ai pas appris la cornemuse, je préparais mon voyage. J’ai acheté mes premières cartes sur lesquelles j’imaginais des itinéraires. Puis j’ai appris l’histoire de mon nouveau pays, les exploits de bonnie prince Charlie et l’héroïsme des highlanders. Je suis aussi devenu incollable sur les distilleries et la profondeur des lochs. Et en écho, il y  avait toujours le son des cornemuses.


Il faut toujours se méfier des voyages que l’on invente, ils peuvent nous laisser sur notre faim quand, pour de vrai, nous mettons les pieds dans le plat.

La déconvenue n’a pas eu lieu. J’étais en Écosse, et je me répétais, du lever au couchant, « Je suis en Écosse, je suis Écosse ». J’ai voulu tout voir, tout comprendre, tout goûter. J’ai dormi à Oban, dans les auberges de jeunesse ou les châteaux hantés, j’ai fréquente près d'Inverness les bed and breakfast et les auberges traditionnels, j’ai visité les pubs de partout et les distilleries jusqu’à plus soif, et ce sans jamais goûter. J’ai pris et rapporté les eaux précieuses dans des bouteilles de whisky qui, aujourd’hui encore, me servent de serre-livres. Mon guide de voyage est fort usé, mes cartes  froissées et mes annotations  intacts. En vue d’un livre à venir ou, mieux, d’un autre voyage, ce qui vaut tous les livres.
À l’exception du breakfast, des poissons fumés et des sablées pour le thé, la gastronomie écossaise ne m'a rien racontée. On ne mange pas si facilement des abats de mouton, du porridge ou des pains de viande. Bien sûr j’ai goûté, mais, comme disent les parents, « en faisant le difficile ». Alors Il demeure cette dette d’avoir été accueilli et de m’être comporté en mauvais convive. Je regrette, et c’est pourquoi  il faut, chaque fois,  que j’y retourne.

En attendant le nouveau voyage et en guise de préparation, je continue à collectionner ; et je file le train à mon enfance. Je respire à haute voix, le malt tourbé et et les brume qui donne les tournis. Si vous voulez passer à table, un soir, je vous souhaite le bon voyage. Après le repas, prenez donc un pure malt au fumoir : j'invite et serai des vôtres. Je ferai le poète, le repas, la cornemuse, le service et le bruit des trains.

 

PATÉ DE VOLAILLE EN HOMMAGE À ROBERT BURNS
 
450 g de foie de volailles ou de grouse
250 g de poitrine fumée
250 g de champignons
2 oignons
2 gousses d’ail
400 g  de beurre
5 cuillères à soupe de chapelure
Persil
Sel et poivre


Avec la moitié du beurre faites blondir dans une grande poêle le mélange d’oignons et d’ail finement hachés. Faites-y sauter à feux vif la poitrine fumé coupée en lardons, puis les foies de volailles - une grouse serait du meilleur effet. Au bout de quelques minutes ajoutez les champignons en lamelles, faites cuire encore quelques minutes en remuant sans arrêt. Mouillez avec le whisky. Salez et poivrez. Laissez mijoter une dizaine de minutes à découvert et à feu doux. Une fois le mélange tiédi, réduisez-le en purée au mixer ou à la moulinette. Incorporez le beurre en pommade, la chapelure et le persil haché. Versez dans une jatte et mettez au frais.

Vous pourrez déguster avec un Laphroaig si vous êtes joueur et fortuné ou un Balvenie, si vous êtes curieux et délicat.

Le 25 janvier, les Écossais se réunissent en famille ou entre amis pour célébrer le poète romantique et folkloriste Robert Burns – jour de sa naissance en 1759. Ce sont les
Burns Night soupers. Cette date fait figure de fête populaire. Dans le monde entier, et bien sûr en Écosse. On célèbre le poète, on lui rend hommage sous forme de discours farceurs, de poèmes ou de joutes littéraires. On sort la cornemuse et l’on danse, on récite de nouveaux vers – on en vide aussi – et on partage l'appétissant Haggis, la panse de brebis farcis.

N.B.Les Appétits sensibles préfèreront  à l'Haggis notre pâté de volaille pour saluer le grand homme.
 

Grouse noire à empailler et la seconde à cuisiner...

Le gardien du cabinet vous recommande de boire sans modération :

Whisky à gogo, de Compton Mackenzie (Éditions Terre de brume)


(...) Les aventures de Jeeves le majordome, et de son maître Wooster, de P.G. Wodehouse, où le whisky joue les très bons seconds rôles…


Jean R. et non pas Sherlock H.

Les Contes du Whisky, de Jean Ray - sans rapport avec le whisky, qu'on se le répète.

REPAS D'NOËL

On goût'ra les harengs crus
Et on boira du vin d'Moselle

En trinquant à Pierre Peret, mon p'tit loup...

MINI CONTE DE NOËL

Un soir de décembre, Marc Chagall s'est mis à lire, à haute voix, ses mémoires à venir, dans un estaminet famélique de Vitebsk. Un violoniste est monté sur le toit dudit estaminet et s'est mis à faire danser les flocons de neige.

(...) puis, presque flocon à son tour, le violoniste s'est envolé...

Maman... je voudrais être peintre.

(...) Tu le vois, maman, suis-je un homme comme les autres...



Le gardien du cabinet vous recommande de lire :

MA VIE, de  - et illustré par - Marc Chagall (Stock)

L'unique livre du peintre, et qui ressemble si fort à ses tableaux. L'enfance, la famille et les juifs, l'aspiration et Paris, l'inspiration et l'amour. Un livre rare.

A lire aussi, les écrits magnifiques de David Mac Neil (Gallimard), chanteur et homme orchestre, le fils du peintre.

 

BIBLIOPHILIE

Reçu ce jour, la belle annonce mon ami Jean-Paul Fontaine, Bibliophile, écrivain et historien du livre... Pour avoir eu le privilège de découvrir quelques épreuves et belels feuilles de la somptueuse revue à venir, je ne peux que vous inciter à vous abonner, à avertir vos poches et vos proches, et à soutenir la noble cause : celle du livre, compagnon de l'"honnête homme"...

Voici enfin la grande et bonne nouvelle : une nouvelle revue destinée aux bibliophiles va voir le jour en France. Elle est née de discussions entre deux bibliophiles qui veulent s’inscrire dans la longue tradition de revues dédiées à la bibliophilie et aux livres rares et précieux dans le passé, permettant aux bibliophiles d'approfondir leurs connaissances et de découvrir de nouveaux sujets.

Cette revue, la voici, c'est La Nouvelle Revue des Livres Anciens (dont vous découvrez la couverture ci-dessous). Cette revue paraîtra 3 fois par an, et la première livraison est prévue au printemps 2009.

Les thèmes abordés couvriront tous les sujets chers aux bibliophiles : l'objet Livre, de la typographie à la reliure ; les portraits de professionnels du Livre et de bibliophiles, d'hier et d'aujourd'hui ; les grandes imprimeries, librairies et bibliothèques, privées et publiques; les grands événements, salons, ventes, expositions et conférences ; les publications incontournables, livres et périodiques, etc.

La Nouvelle Revue des Livres Anciens est placée sous le parrainage de M. Christian Galantaris, Expert honoraire près la Cour d'Appel de Paris et auteur notamment du Manuel de Bibliophilie (Editions de Cendres, 1997, deux volumes in-8).

Elle est crée par Jean-Paul Fontaine et Hugues Ouvrard, et soutenue à la fois par des fidèles du blog, des libraires, des conservateurs de bibliothèques, et des universitaires.

Les deux numéros de 2009 (printemps et automne) de La Nouvelle Revue des Livres Anciens sont en vente par souscription dès aujourd'hui, ce qui en fait le cadeau de Noël idéal! Le montant de la souscription est de 30 euros pour ces deux numéros. La souscription est ouverte à ce prix jusqu'au 20 janvier.

Il s’agît d’une revue de luxe, de format in-4 (environ 21 x 27 cm), dos carré, sur grand papier, de 80 pages environ, illustrées en couleurs, à tirage limité et numéroté.

La souscription se fait par chèque libellé à l'ordre de « La Nouvelle Revue des Livres Anciens », envoyé à l'adresse ci-dessous :

La Nouvelle Revue des Livres Anciens
3 B, rue des 16e et 22e Dragons
F - 51100 Reims
Adresse email: nrlanciens@gmail.com

N.B. Vous pourrez, dans quelques jours, découvrir ici un long entretien avec Jean-Paul Fontaine qui s'expliquera sur la création, le contenu et l'esprit de La Nouvelle Revue des Livres Anciens

La bibliophie, cette généreuse société secrète (...)

Le livre (...) ce grain de folie qui renferme tant de grains de sagesse ; et l'inverse.

François Régulus-Deslunes, fins & fond de rayons

ENTENDRE LES VOIX...

VOIX ENSEVELIES & VOIES SOUTERRAINES

On connaissait Eirik, le célèbre fantôme de l'opéra ; on connaissait aussi les célèbres ruches installées sur les toits de l'opéra, mais on oublie peut-être un peu vite les voix souterraines, ou voix ensevelies, qui durant un siècle restèrent impénétrables... Sont-elles encore dans les sous sols où, à l'instar des trésors égyptiens, ont -elles fait l'objet de capture par des filous, des fétichistes ou des mélomanes ? Le mystère reste entier...

Mercredi dernier, dans l'après midi, une cérémonie singulière et tout à fait inédite rassemblait quelques invités dans les sous-sols de l'Opéra. Sous ces voûtes silencieuses, dans ces souterrains qui, pour la circonstance, avaient un aspect de crypte ou de catacombe, on procéda - si l'on peut dire - à la mise en cave des voix de nos plus illustres chanteurs contemporains. En présence de M.Malherbe, bibliothécaire de l'Opéra, du chimiste Bardy, de M.Clark, promoteur de l'idée, des représentants du ministre de l'instruction Publique et du sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, des disques de gramophone enregistrés furent disposés de manière à ne pas se trouver en contact immédiat les uns avec les autres et placés dans une double boite où l'on fit le vide; ce récipient, soudé, a pris place dans un des casiers métalliques aménagés dans un mur construit exprès pour receveoir les caisses de disques à mesure qu'elles parviendront. Cette petite cérémonie doit se renouveler de vingt ans en vingt ans et les caisses de disques ne pourront être ouvertes que dans cent ans. Nous signalerons simplement à titre documentaire cette tradition curieuse qui s'établit, car, seuls les arrière-petits-neveux des générations actuelles- les abonnés de l'Illustration du siècle prochain - connaîtront les résultats de la première exhumation (L'Illustration n°3383 du samedi 28 décembre 1907)

Le 23 décembre 1907, donc,  a eu lieu dans les souterrains de l'Opéra une cérémonie étrange où furent inhumés 24 disques de gramophone dont la résurrection, si nous pouvons ainsi dire, n'aura lieu que dans cent ans. M.Charles Malherbe, l'éminent archiviste de l'Opéra, commenta, dans un éloquent et charmant discours, cette solennité si originalement scientifique. Nous donnons le passage essentiel de son discours.

Sous le haut patronage d’Aristide Briand, alors ministre de l’instruction publique, le président de la Compagnie française du Gramophone, Alfred Clark, faisait enfouir 24 disques (l’invention de ce support date de 1888), destinés aux mélomanes de l’avenir.

Après avoir raconté la visite que lui fit, à la bibliothèque de l'Opéra, M.Clark, directeur de la Société du Gramophone à Paris, sa généreuse proposition d'offrir un appareil et des disques enfermés dans une boite scellée dont la clef restera dans les archives de la bibliothèque et qu'on ouvrira dans cent ans ; après avoir énuméré les difficultés de l'entreprise, comme exemples, d'épargner aux disques l'action destructive du temps, M.Charles Malherbe continue en ces termes : La science veillait, la science représentée par un chimiste distingué, M.Bardy, qui, s'attaquant au problème, a su le résoudre…

Au mois de janvier 1908, une étrange cérémonie réunissait, dans un sous-sol de l’Opéra, autour de Pedro Gailhard, alors directeur, et de Charles Malherbe, archiviste, quelques rares privilégiés admis à être les témoins d’une inhumation... Ici, dans une case, un gramophone, et puis, rangées comme des urnes en un columbarium, des boîtes métalliques scellées. Sur ces boîtes, des noms, des noms connus. Mais ce ne sont pas des cendres qu’on a pieusement recueillies là. Non, ce qu’on enterre en ce jour de janvier 1908, ce sont des voix... (extrait de Mon Paris et ses Parisiens, André de Fouquières)

Il vous intéressera de savoir que les disques sont disposés de manière à ne pas être en contact immédiat les uns avec les autres ; le poids résultant de la superposition aurait pu, avec le temps, altérer la fine gravure qui représente ce que j'appellerai le tracé sonore, et compromettre ainsi l'exécution future. De plus entre ces plaques isolées, il fallait empêcher l'introduction de l'air. L'air est l'ami de tout ce qui respire ; il est l'ennemi de tout ce qui ne vit pas ; il est le grand destructeur par excellence, si subtil qu'il se glisse en les coins les plus étroits, si obstiné qu'on a beau le chasser par la porte il trouve toujours le moyen de revenir par la fenêtre. Il fallait donc soustraire les objets à son action délétère, et l'on a construit une petite boîte en cuivre, ce métal se laissant moins pénétrer que les autres; dans cette boîte on fait le vide, et l'on dresse contre tout retour offensif la barrière d'une soudure. Le précieux objet prend place dans une seconde boîte que l'on soumet à une opération analogue, en ayant soin que les soudures de l'une ne fassent pas vis-à-vis aux soudures de l'autre, afin d'éviter l'action directe de l'air, dans le cas où quelques atomes pousseraient l'indiscrétion jusqu'à forcer la consigne qui les éloigne. Notons aussi que les disques sont établis avec des matières résineuses, et que trop de sécheresse peut leur nuire ; alors vous devinez l'action bienfaisante que doit exercer sur eux un séjour prolongé dans les caves de l'Opéra ; la privation de lumière et d'air contribuera certes au bon état de leur santé.

Il était, en effet, spécifié que les deux urnes de plomb scellées qui les contenaient – chaque disque étant isolé des autres par une plaque de verre et l’ensemble serré dans des bandelettes… d’amiante – ne devraient être ouvertes que cent ans plus tard…Il est aussi à noter que La chanson, pourtant en vogue dans les années 1900, n'a pas été jugée digne de ce geste patrimonial

C'est donc ici qu'ils vont reposer pour un siècle. Entre deux piliers, un mur a été construit et, dans l'intervalle, des casiers métalliques ont été disposés de manière à recevoir les caisses de disques, à mesure qu'elles nous parviendront. Car le généreux donateur qui a pris à sa charge tous les frais de l'entreprise ne se contente pas d'un premier cadeaux : il en promet d'autres ; il veut que , lorsqu'un progrès aura été réalisé, le témoignage en soit apporté ici, et que ces armoires se garnissent afin d'aboutir à ces deux résultats pour nos descendants :

- 1 - Montrer quel était l'un des aspects de la musique au XXe siècle, ce que chantaient et comment chantaient les principaux artistes de notre Opéra ;

- 2 -Montrer quelle aura été la marche ascendante d'une des inventions les plus géniales de ce temps, en suivant, pour ainsi dire, pas à pas, les progrès pendant une centaine d'années.

Un parchemin spécial donnera, bien entendu, la liste détaillée de tous les morceaux contenus dans les caisses, et toutes les indications nécessaires pour mettre en mouvement la machine et ses accessoires, puisque, au cours d'un si long espace de temps, bien des détails, se seront forcément modifiés, et il importe que les ouvriers d'alors, munis des outils nouveaux, ne soient pas embarrassés pour manier ceux que l'âge aura plus ou moins démodés.

A cette liste une autre sera jointe, où se liront les noms de ceux qui ont contribué à la réussite de l'entreprise et en deviennent les véritables parrains. Alors, on les remerciera, comme j'ai l'honneur de les remercier ici .

Charles Malherbe.

Puis M.Charles Malherbe remercia MM. Aristide Briand, alors ministre de L'Instruction publique

En 1907, lors de la cérémonie d’enfouissement des urnes, à l’Opéra Garnier (Photo BNF)

Au cours de la cérémonie qui précéda "l'ensevelissement des voix", dans les caves de l'opéra, les participants "écoutèrent" un grammophone "chanter" La Mort d'Othello par Francesco Tamagno, mort en 1905 d'une crise cardiaque. (Extrait de Musica N°65 de février 1908)

Un second enfouissement de trois urnes est effectué en 1912, avant un long sommeil…

C’est en 1989, lors de travaux, que l’Opéra constate que deux urnes de 1912 ont été « profanées » et vidées de leur contenu : des disques pour l’une, un gramophone pour l’autre. En faisant franchir les années à cet appareil, Alfred Clark fournissait aux auditeurs du futur le moyen d’écouter ces reliques sonores.

Pour assurer leur sécurité, la Bibliothèque nationale de France récupère les urnes avec pour mission de les ouvrir en 2007. La présence d’amiante rend l’opération longue et délicate, tandis que la décision est prise de laisser deux urnes scellées, laissant le soin de leur découverte aux générations futures.

« Ce qui est étonnant, explique Xavier Sené, responsable de la conservation au département de l’audiovisuel de la BNF, c’est le très bon état de conservation des disques, notamment ceux de 1907, mieux protégés que leurs successeurs. Aucun n’est cassé, tous sont lisibles, en dépit de quelques égratignures, çà et là. »

Leurs étiquettes aux couleurs vives, comme tout droit sorties de l’imprimerie, et la qualité de leur « signal sonore » sont frappantes, comme ont pu en juger le public invité les 9 et 10 décembre au colloque coorganisé par l’Opéra de Paris et la BNF sur le sujet.
Quelle serait la forme des urnes de 2008 ?

« Nous avons nettoyé chaque disque en profondeur avant d’en transférer le contenu sur fichier numérique (1). On remarque combien la technique d’enregistrement acoustique de l’époque favorisait les sons très forts et la voix humaine. Une fanfare rend bien mieux qu’un solo de violon, et un ténor vaillant qu’un arpège au piano ! », précise Samuel Rives, technicien-son au département de l’audiovisuel.

Le 24 décembre 1907, 24 disques étaient scellés sous le Palais Garnier afin de témoigner pour la postérité de l'art lyrique du début du XXe siècle : les deux urnes qui les contiennent ont été présentées à la presse mercredi soir, soit 100 ans plus tard presque jour pour jour.

Connus par les spécialistes comme les "voix ensevelies", ces documents n'ont cependant pas été extraits de leurs boîtes: ils le seront en 2008 en milieu confiné et sécurisé, en raison de la présence de bandelettes d'amiantes, disposées à l'époque à des fins de conservation.

Le donateur des disques, Alfred Clark, président de la branche française de la Gramophone Company, poursuivait un double but, exprimé dans le procès verbal de la "cérémonie d'enfouissement" en 1907 de ces boîtes qui devaient être ouvertes "seulement au bout de cent années".

D'abord, "apprendre aux hommes de cette époque quel était alors l'état des machines parlantes", ces phonographes lecteurs de disques plats qui allaient connaître un bel avenir mais étaient alors en concurrence avec d'autres modes de reproduction sonore.

Ensuite, outre cet objectif publicitaire, faire entendre aux générations futures "quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps".

Les disques comportent des airs interprétés notamment par la Française Emma Calvé (Carmen de Bizet), l'Australienne Nellie Melba ("Rigoletto" de Verdi) et l'Italienne Adelina Patti ("Don Giovanni" de Mozart). On y trouve aussi les grands chanteurs du temps Enrico Caruso ou encore un Niun mi tema (mort d'Otello) de Verdi que certains journalistes ont pu entendre grâce à un exemplaire "jumeau" d'un des disques enfouis, lu sur un phonographe d'époque, qui a diffusé la voix vibrante, au tremolo plein d'émotion, de l'Italien Francesco Tamagno en 1904.

"C'est une chose qui nous ramène un petit peu au Fantôme de l'Opéra, s'est réjoui le directeur de la maison, Gérard Mortier, qui s'exprimait à la bibliothèque-musée de Garnier derrière les deux urnes de plomb mises à l'abri en 1907 dans une niche creusée dans les sous-sols du palais.

Le président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Bruno Racine, a de son côté vanté chez Alfred Clark "une contribution à l'histoire et une habile promotion de sa technologie"."C'était l'avant-garde à l'époque, c'est de l'archéologie aujourd'hui", a relevé le patron de la BnF.

Ces boîtes avaient été confiées en 1989 à la BnF, chargée de leur sauvegarde après que la direction de l'Opéra se fut rendue compte que deux autres urnes, "enfouies" en 1912, avaient été fracturées et vidées de leur contenu.

Heureusement, la liste des airs enregistrés est connue. Malgré la perte de certains disques, EMI pourra donc publier en 3 CD en mars prochain les quarante-huit 78-tours de 1907 et 1912, à partir d'autres exemplaires de ces enregistrements.

L'Opéra de Paris et la BnF, pour leur part, n'excluent pas d'organiser en 2008 une cérémonie comparable à celle de 1907, qui fut sans équivalent dans le monde de l'art lyrique.

« Il s’agit d’apprendre aux hommes de cette époque  quel était alors l’état des machines parlantes, encore aujourd’hui presque à leurs débuts (…) et quelle était alors la voix des principaux chanteurs de notre temps et quelles interprétations ils donnaient à quelques-uns des morceaux les plus célèbres du répertoire lyrique et dramatique. »

"Peut-être réactualiserons-nous ce type de geste en utilisant nos nouvelles technologies, qui paraîtront à nos petits-enfants peut-être aussi primitives que l'est le phonographe aujourd'hui", indique Bruno Racine. (source et copyright AFP)

ACTUALITÉ

Les deux urnes ne seront pas ouvertes à cette occasion", préviennent cependant les deux établissements, qui ont dû tenir compte de la "dangerosité" liée à la présence de "bandelettes d'amiante disposées à l'époque pour protéger les disques".Ces enregistrements "seront extraits de leur protection en milieu confiné et sécurisé au cours de l'année 2008.

En 2008 encore, un colloque s'est tenu sur ce sujet connu comme les "voix ensevelies" et qui a contribué à nourrir les mythes du Paris souterrain et du Fantôme de l'Opéra cher à Gaston Leroux.

En 2009, les disques exhumés en 2007 feront l'objet d'un report sur CD par EMI - héritière de la Gramophone Company - et une cérémonie comparable à celle de 1907 sera organisée "afin de préserver des enregistrements représentatifs de la musique contemporaine".

Un nouvel enfouissement est aujourdu'hui à l'étude l’étude. À l’ère du MP3 et de la musique dématérialisée, quelle serait la forme des urnes de 2008 ? Des CD, DVD, baladeurs numériques, mémoires d’ordinateur ? Et leur contenu ?

(1) – En 1909, Gaston Leroux publiait en feuilleton son fameux Fantôme de l’Opéra qui entraînait le lecteur dans les obscurs souterrains du Palais Garnier.

On se rappelle que dernièrement, en creusant le sous-sol de l’Opéra, pour y enterrer les voix phonographiées des artistes, le pic des ouvriers a mis à nu un cadavre ;

or, j’ai eu tout de suite la preuve que ce cadavre était celui du Fantôme de l’Opéra ! Gaston Leroux 

(1) L’écoute des disques numérisés est possible.ICI et ICI. Un coffret de 3 CD chez EMI Classics sortira très prochainement.

PERDU ?

une devinette facile...

(...) Où peut-on se perdre dans ce légendaire labyrinthe ?

Le gardien du cabinet vous recommande de lire :

LES CATHÉDRALES DE FRANCE, de Auguste Rodin (Denoël)

L'unique texte de Rodin, croquis écrits et mystiques. Un livre unique.

CLICHÉS

AMBIANCE BON ENFAANT - AU JOUR D'AUJOURD'HUI COUP DE TONNERRE - TACLER - J'AI ENVIE DE DIRE - IMPACTER - AUX QUATRE COINS DU MONDE - CONCRÈTEMENT - SURRÉALISTE - HISTORIQUE - VOILÀ - CAPITAL - OVNI - VRAI FAUX - PHARE - CLÉ - FEUILLE DE ROUTE - DOUBLE PEINE - MI FUGUE MI RAISIN - UNE CELLULE DE SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE A ÉTÉ MISE EN PLACE - QUESTION BRÛLANTE - FAUT-IL AVOIR PEUR DE - DANS TOUS LES ESPRITS - DURABLES - ATTISER LES PASSIONS - RÉVOLUTIONS PÉTARDS MOUILLÉS - COUP D'ÉPÉE DANS LEAU - À LA CROISÉ DES CHEMINS- L'IRONIE DE L'HISTOIRE - JE DIRAIS...

source RUE89

Ceux qu'on entend trop
Le chercheur Samuel Ghiles Meilhac et Marie-Sophie Keller, webmaster à Rue89 ont trop entendu "Au jour d'aujourd'hui" .
Laurent Mauriac de Rue89 n’aime pas "tacler" (sauf dans les compte-rendus de matchs de foot).
Le président Pierre Haski voudrait en finir avec "impacter" (quand on parle de la crise économique).
"Concrètement": "ça sert mais ça m’énerve", note notre journaliste abstrait Julien Martin.

Ceux qu’on ajoute n'importe où
"Surréaliste" clichetonne régulièrement de l’avis de notre blogueur photo Louis Mesple.

Zineb Dryef trouve que l’on abuse des adjectifs "historique" et "capital".

Pour la sémiologue Mariette Darrigrand, c’est "durable" mis à toutes les sauces, y compris (ce qui renverse totalement son sens) "récession durable" qu’elle a lu récemment...

Perso, je n’aime pas les "Ovni", que ce soient des ovnis du monde politique ou un film ovni. (lu encore cette semaine dans Télérama, note de votre serviteur. Je sais, il suffit de ne plus lire Télérama...)

Samuel Ghiles Meilhac en a assez des "vrai-faux".

François Krug n'aime pas les trucs-"phare" ou -"clé", comme dans "Rue89 est un site-phare du web français" ou "le lancement d'Eco89 a été un moment-clé dans l'histoire du web français". "C'est pas parce qu'une affirmation est exacte qu'il faut utiliser des clichés", nous dit François, journaliste d’Eco89.

AIDEZ-NOUS À FAIRE LA CHASSE AUX CLICHÉS !...

Assez de lire : "Pendant que les yeux sont tournés vers la Chine" dans tous les articles ! C’est un internaute qui nous a écrit être en overdose de l’expression. Le prochain qui l’écrira sur Rue89 aura un gage. Nous l’avons aussi ajouté à notre liste des tics journalistiques interdits.

Voilà une compilation de ce que vous ne devriez plus lire :

La manifestation s’est déroulée dans une ambiance bon enfant. Cerise sur le gâteau au moment du grand chassé-croisé des vacanciers, Nicolas Sarkozy a dû revoir sa copie. La balle est dans son camp. Il va devoir bousculer le calendrier et mettre les bouchées doubles.
Ironie de l’histoire, la tension est montée d’un cran entre Paris et Washington. Tout a déjà été écrit sur le déficit abyssal au pays du billet vert. Droit dans ses bottes, le Président a tapé du poing sur la table. Il a chargé la barque. Il a enfoncé le clou. Il n’a pas manqué d’y aller de son couplet. Il a mis les pieds dans le plat. Il a sorti l’artillerie lourde et a tiré à boulets rouges sur le pape de la finance. Un vrai pavé dans la mare !
Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Car le Président a le vent en poupe. Il caracole en tête des sondages. Et de monter au créneau pour jouer dans la cour des grands.
On l’a vu à l’enterrement du trublion médiatique. Au village où l’incendie a laissé un paysage lunaire, l’affaire a fait couler beaucoup d’encre et les langues se délient. Reste à savoir à qui profite le crime. Affaire à suivre.
S'il y a d'autres clichés qui vous indisposent, signalez-les nous, on sera ravi de les rajouter à notre liste des expressions prohibées.

Découvrir Rue89

À VOS CLAVIERS, QUELS SONT LES PONCIFS QUE VOUS DÉTESTEZ ?

ET LES EXPRESSION QU'IL FAUT - D'URGENCE - PROHIBER ?...

MOMIE, CRÂNE & FANTASTIQUE

Première pré-publication par Le Musée des Familles  (Paris), en Septembre 1840. Une fois de plus, Gautier se met en scène ; il se décrit, comme à la fin d’Omphale, en train de fureter chez un marchand de curiosités : il est à la recherche d’un serre-papier. Son regard tombe sur un pied de momie, dont il fait l’emplette. La nuit suivante lui apparaît la princesse égyptienne, Hermonthis, avec une jambe rompue à la cheville ; il comprend qu’elle cherche son pied et il offre de le lui rendre. Elle accepte, joyeuse, mais elle tient à lui laisser en échange une Isis en pâte verte qui pendait sur sa poitrine. Puis il la suit dans une montagne de granit rose, et il parvient avec elle, après avoir traversé de longs corridors, dans une salle immense où se trouvent assemblés les Pharaons. Elle le présente à son père qui, pour lui prouver sa vitalité, serre fortement son bras. Le contact le réveille ; son ami Alfred est à son chevet, il a donc fait un rêve !... Mais quelle est sa surprise en découvrant sur sa table, au lieu du pied, la petite figurine en pâte verte ! Extrait de Le Conte Fantastique en France, de  Pierre-Georges Castex (José Corti).

J’étais entré par désoeuvrement chez un de ces marchands de curiosités dits marchands de bric-à-brac dans l’argot parisien, si parfaitement inintelligible pour le reste de la France.

Vous avez sans doute jeté l’oeil, à travers le carreau, dans quelques-unes de ces boutiques devenues si nombreuses depuis qu’il est de mode d’acheter des meubles anciens, et que le moindre agent de change se croit obligé d’avoir sa chambre moyen âge.

Et l'histoire est à lire ICI, sur le site de  la passionnante  REVUE DES RESSOURCES

Le gardiens du cabinet recommande aussi aux amateur d'effroi la lecture de :

Le Crâne du Marquis de Sade, de Robert Bloch, in Rendez-vous avec la peur, de François Rivière (Cahiers du cinéma)

Un collectionneur d'objets ésotériques fait l'acquisition d'un crâne et s'aperçoit, peu de temps après, que d'étranges événements surviennent.

Le docteur Maitland voue une passion sans bornes à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un objet ésotérique. Cette fois, il pense avoir mis la main sur une très belle pièce de collection. Le crâne, dont il vient de faire l'acquisition, pourrait bien avoir être celui du marquis de Sade en personne. On ne s'approprie toutefois pas une si rare relique sans en supporter les conséquences. Maitland s'aperçoit bientôt que d'étranges événements surviennent dans son quotidien. Sa vie prend indéniablement un tour morbide. Une descente aux enfers que rien ne semble pouvoir arrêter. Le maléfice prend bientôt corps...

Sauriez-vous rendre cette tête à son propriétaire ?

Indice : celui-ci est un historique - très - mauvais garçon.

EN CAS DE CRISE

Schaunard avait élevé l’emprunt à la hauteur d’un art. Prévoyant le cas où il aurait à opprimer des étrangers, il avait appris la manière d’emprunter cinq francs dans toutes les langues du globe. Il avait étudié à fond le répertoire des ruses que le métal emploie pour échapper à ceux qui le pourchassent ; et, mieux qu’un pilote ne connaît les heures de marée, il savait les époques où les eaux étaient basses ou hautes, c’est-à-dire les jours où ses amis et connaissances avaient l’habitude de recevoir de l’argent. Aussi, il y avait une telle maison où en le voyant entrer le matin on ne disait pas : voilà M. Schaunard ; mais bien : voilà le premier ou le quinze du mois. Pour faciliter et égaliser en même temps cette espèce de dîme qu’il allait prélever, lorsque la nécessité l’y forçait, sur les gens qui avaient le moyen de la lui payer, Schaunard avait dressé par ordre de quartiers et d’arrondissements un tableau alphabétique où se trouvaient les noms de tous ses amis et connaissances. En regard de chaque nom étaient inscrits le maximum de la somme qu’il pouvait leur emprunter relativement à leur état de fortune, les époques où ils étaient en fonds, et l’heure des repas avec le menu ordinaire de la maison. Outre ce tableau, Schaunard avait encore une petite tenue de livres parfaitement en ordre et sur laquelle il tenait état des sommes qui lui étaient prêtées jusqu’aux plus minimes fractions, car il ne voulait pas se grever au delà d’un certain chiffre qui était encore au bout de la plume d’un oncle normand dont il devait hériter. Dès qu’il devait vingt francs à un individu, Schaunard arrêtait son compte, et le soldait intégralement d’un seul coup, dût-il, pour s’acquitter, emprunter à ceux auxquels il devait moins. De cette manière il entretenait toujours sur la place un certain crédit qu’il appelait sa dette flottante ; et comme on savait qu’il avait l’habitude de rendre dès que ses ressources personnelles le lui permettaient, on l’obligeait volontiers quand on le pouvait.

Extrait du Chef d'oeuvre Scènes de la vie de bohème, de Henry Murger

Intérieur d’atelier, de Octave Tassaert, Musée du Louvre. 

QUEL CIRQUE !

LA CRISE SE MET PEUT-ÊTRE À ABOYER...

(...) Mais l'orgue de barbarie annnonce que le CIRQUE VA PASSER...

Le Gardien du cabinet vous recommande de lire :

30 ANS DE CIRQUE, SOUVENIRS ET ANECDOTES, de Achille Zavatta (éditions Cartouche)


« Cet essai de définition suffit, je crois, pour présenter Achille Zavatta comme un des meilleurs artistes de la piste, un des clowns-augustes parmi les plus efficaces dans le domaine réconfortant du rire sans arrière-pensée. »   
Pierre Mac Orlan

Achille Zavatta (1915 - 1993). Il fut clown, trapèziste, le dompteur  musicien et homme libre.

Le Cirque ? c'est pas du billard !   

Bonjour à tous ! C'est moi que v'là ! Aujourd'hui, j'entame un travail qui n'est pas spécialement le mien : écrire des souvenirs comme Maurice Chevalier.
Je vous avoue tout de suite que je ne postule pas au Goncourt, encore moins à la vieille dame du bout du quai. Mon vrai «job», c'est d'amuser les foules. En piste, je me sens bien chez moi. Devant une feuille de papier, je pense que je ne dois pas avoir très bonne mine. De vous à moi, j'aime mieux tenir ma trompette qu'un stylo à bille.
A «bille de clown», comme on dit dans le grand monde.
Voici donc «mes trente ans de cirque». Un drôle de bail que j'ai vécu sur toutes les routes du monde. Vous allez penser que si j'ai plus d'un quart de siècle de souvenirs, c'est que je suis décati, versant légèrement dans la sénilité. Bref que je suis le Mathusalem du chapiteau !
Non, voyez-vous, si je peux vous conter trente années de souvenirs, c'est que dans la grande famille du cirque on entre très tôt dans la carrière, alors que nos aînés y sont encore.
Je ne tiens pas à jouer les grandes coquettes, alors disons franchement que je suis né dans une verdine cahotante, voici bientôt trente-huit ans. La chose s'est passée dans les environs de Tunis. Exactement où ? Nul ne le sait, car aucune plaque commémorant l'événement n'est encore apposée sur ce lieu historique. Mais si je me réfère à l'état civil, je suis légalement entré dans le monde à La Goulette (le port de Tunis) le 6 mai 1915.
En réalité, je dois être plus âgé de quelques jours, car les gens du voyage sont d'une négligence folle pour toutes les formalités administratives, et comme en Tunisie, il n'y a pas une mairie à tous les carrefours, je pense que mes parents ont attendu une grande ville pour déclarer leur progéniture.
Dans leur esprit, ça devait faire plus sérieux.
Je figure sur les registres officiels et républicains sous l'appellation contrôlée d'Alexandre Zavatta. Tout le monde pourtant me nomme Achille. Pourquoi ? Personne n'en sait rien. Moi surtout.

MES ENFANTS, QUEL CIRQUE ! de Éric Poindron (Éditions du Coq à l'Ane)

Où il est question d'une girafe scolarisé par mégarde dans une école Jacques Prévert...

BANG BANG !!

Certes, Lulu était charmante et même un peu plus ; ce qu'il ne l'empêchait nullement d'être intelligente. Elle souriait seulement quand elle le désirait et, bien que souvent silencieuse devant la caméra, ne mâchait pas ces mots quand cette dernière avait fini son tour de piste ou de manivelle. Et puis après tout elle se moquait de ce que l'on pouvait penser d'elle. Si un metteur de scène lui marchait un trop sur les talons aiguille, elle n'hésitait jamais à "faire le coup de feu". Cette femme là, c'était un sacré mec...

Et Pan !

Le gardien du cabinet vous recommande de lire :

LULU À HOLLYWWOOD, de Louise Brooks (Pygmalion)

On n’a pas tout dit, loin s’en faut, de Louise Brooks quand on a dit qu’elle avait le plus beau visage du monde. Car c’est toute sa tête – pour reprendre le mot de Montaigne – qui était bien faite : on s’en convaincra aisément à la lecture des textes de Louise ici réunis. Elle en était parfaitement consciente et elle a eu le courage d’assumer son intelligence plutôt que de se laisser enfermer dans sa seule image, cette représentation d’elle-même que d’autres souhaitaient imposer. D’où son mépris – radical ! – à l’égard de ceux qui s’en tenaient aux apparences. D’où cette franchise parfois brutale et ce goût forcené de l’indépendance qui, s’ils furent sans doute un obstacle à une carrière fulgurante, ont fait de celle qui donna ses traits à Loulou pour l’éternité un mythe vivant et une icône à jamais. D’où enfin le culte que ses admirateurs – cercle toujours renouvelé, et comment ne pas s’inscrire parmi eux ? – lui vouent depuis des décennies. C’est à la femme Louise Brooks que j’ai souhaité, par la publication de ses textes, rendre hommage. (Jean-Claude Zylberstein)

Quelques mots sur l'actrice et La femme sont aussi à découvrir sur le blog de l'ami RAPHAËL SORIN...

BONNE RÉPONSE

C'es Elsa, du ravissant blog MES CHIMÈRES qui a trouvé la librairie entre lumières et eaux, à savoir Shakespeare & Co.

Shakespeare & Compagny

Avant d'y découvrir quelques livres rares, faites un tour chez :

MES CHIMÈRES, mes coups de coeur, mais aussi mes: nostalgies, spleens, blues, malinconie, Heimweh, Fernweh, Sehnsucht, Schwermut, selon Elsa...

Découvrir la libraire Shakespeare & Compagny

Bien sûr qu'il faut lire les livres ; toutefois, l'on peut se contenter d'acheter quelques titres aimés pour la couverture. Voici quelques exemples trouvés chez Shakespeare & Compagny, justement...

 – Des traces de pas?
– Des traces de pas.
- D'un homme ou d'une femme? >>
Le docteur Mortimer nous devisagea d'un regard étrange avant de répondre dans un chuchotement :
<< Monsieur Holmes, les empreintes étaient celles d'un chien gigantesque! >>

Moravagine, dernier descendant d'une famille royale en exil -- incarne la folie et le mal. Son confident raconte son histoire entre révolution russe et Brumes de Londres. Moravagine est le double diabolique de Cendrars, qui signait là, en 1926, un roman d'aventures et un poème épique.

Si, maintenant, je me suis décidé à écrire, c’est uniquement pour me faire connaître de mon ombre – mon ombre qui se penche sur le mur, et qui semble dévorer les lignes que je trace. C’est pour elle que je veux tenter cette expérience, pour voir si nous pouvons mieux nous connaître l’un l’autre.

 

Le temps qui tourne à l'envers jusqu'à ce que le vieillard devienne un enfant...

UN NOUVEL INDICE

Et la bonne réponse est...

Je pense qu'il s'agit d'une statue du Hongrois Miklos Ligeti intitulée Anonymus qui, dit-on, serait un chroniqueur médiéval (probablement le roi Bela III) qui écrivit l'histoire des anciens Hongrois à partir de légendes. L'expression latine au dessous est drôlement construite.

par Bruno, de l'admirable blog ROUL PONCHON

PAS SI HOMME

L'homme est un homme pour l'homme

JOURNÉE ORDINAIRE

Dimanche presque ordinaire...

Dehors, moins 5° C.

Écouté la radio dans le bain.

Le Scaphandrier sur le canal

Collage de Cozette de Charmoy

Essayé de brancher nouvelle conenction. En vain.

Décoration avec ma fille.

Déjeuner. Testé une recette avec des Gillardeau pour livre à venir.

Musique, à l'heure de la sieste.

Pièce pour Violoncelle, Schubert.

Vu un raton laveur, en vrai !

 Lu, en partie,  les Cancioneiro de Fernando Pessoa (Christian Bourgois)

Peinture de Jose de Almada Negreiros

 

(...) Et si j'avais eu encore le temps, j'aurais peut-être bu un peu d'aquavit et pris un train pour l'Écosse, puis le Royal Scotsman afin d'acheter un château...

(...) Ou bien cette folie, si vous connaissez...

DERNIÈRES - BONNES NOUVELLES.

 

ENFIN, Le nouveau Blog de JOSEPH VEBRET, animateur inspiré du MAGAZINE DES LIVRES et auteur de l'indispensable et  déliceux FRIANDISES LITTÉRAIRES (*) - éditions Écritures -  qu'il vous faut découvrir, est en train de naitre... et s'intitule DISGRESSIONS, BLOG NOTES

Digressions et pérégrinations éditoriales, notes prises au jour le jour, simples repères chronologiques autour d'un quotidien entièrement consacré aux livres et à l'écriture, carnets "virtuels", sorte de mémoire en mouvement au fil de mes lectures, de mes coups de coeur, coups de gueule et autres rencontres plus ou moins fortuites...

(*) – FRIANDISES LITTÉRAIRES, de Joseph Vebret (Éditions Écritures)

- Quel écrivain s'est présenté 24 fois en vain à l'Académie française ?
- Quel écrivain était le plus jeune au moment de son prix Goncourt ?
- Combien de mots y a-t-il dans A la recherche du temps perdu ?

Combien de livres sont cités dans les friandises de Joseph Vebret ?



Dans l'esprit des recueils de mélanges, Friandises littéraires n'aborde que la littérature, mais dans son ensemble, d'hier et d'aujourd'hui, petite et grande, de tous pays et de tout genre. Au fil des 220 entrées surprenantes, décalées, insolites, inattendues et singulières de cet almanach, le lecteur découvrira entre autres : la liste des écrivains morts dans des accidents de la circulation ; les armes du crime le plus souvent utilisées dans les romans policiers ; l'emplacement des tombes des grandes plumes ; les plus mauvaises ventes du prix Goncourt ; les coups bas et autres chausse-trapes des prix littéraires ; les plagiats les plus mémorables ; le catalogue des pseudonymes ; les maîtresses « officielles » des écrivains ; les auteurs qui furent emprisonnés, fusillés, et ceux qui se sont suicidés ; ceux qui allaient au bordel, ceux qui n'y allaient pas ; les auteurs d'un seul livre ; un annuaire de la négritude... Et des anecdotes, des citations, des vignettes...

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir - et ne pas savoir - sur la littérature se trouve dans ce recueil, où l'inutile confine à l'indispensable.

Après la lecture, c'est sans doute le moment de regarder tourner le gramophone et d'écouter Django Reinhardt, fin de “Studio 42″ préliminaire à “Swing 42″

(...) grâce à l'ami LUC, et c'est ICI...

Le prince

A LA ÂTRE

Avant d'être le fils du bois, le feu est le fils de l'homme.

Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu.

C'est le moment ou jamais...

(...) de faire un feu de cheminée...

Le gardien du Cabinet vous recommande de lire :

CONSTRUIRE UN FEU, de Jack London (Phébus)

Une fois encore, big Jack nous emmène au coeur du Wildernesse, du Grand Nord et de la ruée vers l’or. Construire un feu est assurément l'une des plus belles nouvelles de Jack London ; son extrême dépouillement stylistique s'accorde parfaitement au minimalisme de l'intrigue. L'histoire - un trappeur, sûr de lui, confronté à la force de la nature -, prend très vite un côté fantastique oppressant. La nudité monotone du paysage, la répétition des mêmes gestes, semblent prises dans un tourbillon sans fin ; très peu de textes font ressentir à ce point cette sensation presque physique de menace mortelle. La survie de l'homme dépend d’une poignée d’allumettes

"Accroupi dans la neige, il tirait des branchettes du fouillis de bois mort et les posait directement sur la flamme. Il savait qu'il ne pouvait risquer un échec. Quand il fait soixante-quinze degrés au-dessous de zéro, on ne peut pas échouer dans sa première tentative de construire un feu. "

ANIMAUX ÉTRANGES

Vous connaissez déja "Le pigeon Marsupial" qui niche dans les tours de la cathédrale et qui fait partie du Cabinet de Curiosités d'Eric Poindron

(...) Mous saurez-vous vous reconnaitre cet autre étrange animal ?...

 

Indice :

L'animal est enfermé dans un château de - presque - conte de fées sur le chemin de Compostelle

PAS SI BÊTES

Afin de ne pas faire comme les drôles d'oisaux qui peignaient la girafe, montainet sur leurs grands chevaux, faisaient l'autruche ou le pied de grue, payaient en monnaie de singe, noyaient le poisson, vendaient la peau de l'ours, bouffaient la grenouille, comptaient les moutons, avaient d'autres chats à fouetter, jouaient les barbots (*), riaient comme une baleine, se regardaient en chien de faïence, mettaient la puce à l'oreille, tournaient comme un lion en cage, tuaient la poule aux oeufs d'or mais ne cassaient pas quatre pattes à un canard, posaient un lapin, gobaient les mouches, dormaient comme un loir, ménageaient la chèvre et le chou, donnaient de la confiture aux cochons, bayaient aux corneilles,  couraient deux lièvres à la fois, mangeaient de la vache enragée, mettaient la charrue avant les boeufs, versaient des larmes de crocodles, sautaient du coq à l'âne, ou donnaient leur langue au chat, le très - souvent - sérieux savant Monsieur Pinçot n'hurlaient pas avec les loups. Il préferait colorier la tortue afin de lui donner une allure un peu plus iconoclaste et kaléodoscopique ; et prouvait à ses pairs qu'il n'était pas une mauvaise bête et encore moins à cours d'imagination...

(1) Les lettrés savent que barbot s'écrit aussi barbeau. Les pêcheurs savent qu'il s'agit d'un poisson et les crapules un mot d'argot qui signifie mauvais garçon.

Le gardien du Cabinet vous recommandera quelques livres demain...

QUELQUES NOUVELLES

Conversation téléphonique avec Frédéric Ferney cet après midi. Je vous confirme que les nouvelles sont bonnes. Deux projets d'intérêt devraient voir le jour dans les semaines à venir. Bien sûr, nous vous tenons au courant...

 

Quelques conseils de lecture et livres remarquables :

Friandises littéraires de Joseph Vebret (Ecritures). Des miscéllanés pour les lettrés et pour ceux qui en manquent - de lettres. A posséder de suite et à lire de toute urgence.

Le secret de Gaspar Jacobi, de Alberto Ongaro (Anacharsis). Roman gigogne ntre Perez-reverte et Umberto Eco

Les Coqs et les vautours, poésie de Albert-Paul grenier (Équateurs, collection parallèle). Un poète rare, redécouvert par Claude Duneton qui soutient la comparaison avec Apollinaire ; c'est tout dire...

Le Quart, le chef d'oeuvre de Nikos Kavvadias (poète et marin) enfin édité en livre de poche (incontournable). Le livre des marins et de l'amer définitivement.

Pluie Rouge de Cees Nooteboom (Actes Sud). ou les méditations de l'écrivain néerlandais à Majorque.

Sans oublier le dernier numéro du Magazine du Bibliophile consacré à Zola et la photographie...

Et puis il y a longtemps que je voulais rendre hommage au travail admirable du photographe Michel Loup qu explore les lacs du Jura en apprenti capitaine Némo. je pense à lui souvent car je regarde ses photos quand je suis à mon bureau. Alors c'est le moment de partager...

Brochet au lac d'Ilay

Nympheas rouges

 

Et puis, sans rapport aucun, quelques amis chers m'on forcé à m'inscrire sur Facebok. Alors j'ai accepté puisque ce sont des amis chers... et qu'Il parait que l'on s'y fait pleins de nouveaux amis ?!... Qu'est-ce que je vais faire de tous ces amis ?...

Où EST-CE ?

Les amateurs de livres n'auront aucune peine à reconnaitre ce lieu où il est si facile de se perdre...

QUI SUIS-JE ?

Je suis un écrivain célèbre même si la postérité n'a pas retenu mon nom...

ÉNIGME PHOTOGRAPHIQUE

« La photographie anonyme nous contraint à nous demander ce qui l’élève au-dessus du fortuit et du banal. [...] Voici l’occasion de tenter de déterminer la raison pour laquelle certaines images [...] nous émeuvent, nous fascinent et restent gravées dans nos mémoires, au même titre que certains tableaux ou morceaux de musique. »

William Boyd

Quelquefois le quotidien peut devenir extraordinaire et le fantastique déboucher au coin d'une rue...

Photo anonyme extraite du livre

Anonymes, images énigmatiques de photographes inconnues

de Robert Flynn Johnson

SNOBISME(S)

Alors que l’on interrogeait Paul Morand sur le snobisme, l’écrivain diplomate prit une nuit à la réflexion et répondit le lendemain qu’il n’avait plus le temps d’être infini sur un sujet qui le méritait.

Paul Morand n'est pas au volant

Le Gardien du Cabinet vous recommande de lire :

HISTOIRE DU SNOBISME de Frédéric Rouvillois (Flammarion, collection au fil de l'histoire)

Février 1914 : une grande enquête est lancée pour déterminer le sujet le plus « parisien » du moment. Alsace-Lorraine, tensions avec l'Allemagne, poudrière des Balkans ? Erreur. La réponse est : Bergson. Les élégantes qui se pressent aux cours du philosophe s'arrachent d'ailleurs la dernière robe du grand couturier Worth, joliment appelée « M. Bergson a promis de venir... »

Chers snobs, que le Collège de France préoccupe davantage que la guerre qui menace. Bergsoniens à la Belle Époque, ils ont été amateurs de loirs au miel dans l'Antiquité, bourgeois gentilhommes ou précieuses ridicules au Grand Siècle, Incroyables ou Merveilleuses sous le Directoire, fashionables sous la Restauration... mais il leur a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour connaître la consécration, grâce au livre du romancier anglais Thackeray, Le Livre des snobs, acte de baptême du snobisme. Dûment nommés, nos snobs s'habillent à l'anglaise et courtisent les clubs chic, convoitent l'onction du titre de noblesse ou de la particule, s'émerveillent de la mise du comte d'Orsay, de Boni de Castellane, d'Oscar Wilde ou du prince de Galles. Après la Grande Guerre, la séduction du grand monde finit par se tarir. Fleurit alors un snobisme nouveau, aujourd'hui plus vivace que jamais : il faut être dans le vent, ou mourir ! Goûter l'art cubiste puis abstrait, quand la foule en est aux impressionnistes ; s'affoler de la cuisine dite nouvelle pour, quand elle vieillit, célébrer les élucubrations chimiques de chefs inspirés...

Ridicules, les snobs ? Avant de leur jeter la pierre, faites votre examen de conscience, en méditant le propos du maître en snobisme que fut Robert de Montesquiou : « il faudrait manquer d'esprit pour ne pas être snob »...

LIMINAIRE

Palimpseste, livres, journal, dérives, in visu, lectures versatiles ou poésieréalité, ssont quelques instants ou quelques traces à découvrir sur :

LIMINAIRE, Le bloc note de Pierre Ménard

Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution

(...) et puis, nous ne sommes pas si nombreux à lire LE THÉATRE DE MAURICE BOISSARD (Gallimard), alors serrons-nous les coudes...

PAGE 48 À HAUTE VOIX

Livres et littérature

Participez aux lectures versatiles en enregistrant la Page 48 de votre choix.

Ce projet s’inspire d’un texte de Joe Brainard, I Remember, dans lequel l’écrivain américain évoque ses souvenirs à partir d’une formule récurrente lui servant de leitmotiv et dont s’inspirera ultérieurement Perec en publiant "Je me souviens".

“Je me souviens d'avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j'emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m'en être vite lassé.”


Le principe de ce podcast est simple, il s'agit d'une série de lectures de différents livres, mais une seule page, toujours la même, la page 48, comme autant de pages arrachées à ses livres de chevet, ses ouvrages de référence et d’autant de pages originales... 

Adresse électronique : marellezap@yahoo.fr

Site web:    page48.blogspot.com/
Adresse :    19 rue Eugène Varlin Paris, France

Vous pouvez nous envoyer l'enregistrement du texte de votre choix (en version mp3 ou wav) par courrier électronique à l'adresse email du site Page 48.

contact@liminaire.fr

Prière d'accompagner cet envoi d'une copie de la page en question. Par avance, merci et à très bientôt...

Mais vous pouvez également enregistrer la lecture de votre page 48 par téléphone sur la boîte vocale Free du numéro suivant : 09 51 18 74 60

Attention : N'hésitez pas à laisser sonner un long moment avant que l'on vous invite à laisser votre message. De plus, notez que les appels émis depuis une Freebox vers cette boîte vocale sont gratuits, mais coût à prévoir pour les autres appels suivant les fournisseurs.

Merci de votre participation. Et bonnes lectures.

 

DECOUVRIR PAGE 48

Je ne me souviens plus très bien pourquoi ces quelques "je me souviens"

Je me souviens qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient.

Je me souviens – avec mon ami J.L.B. - qu’il faut aussi rendre à Joe Brainard, l’américain, ce qui lui appartient.

Je me souviens que Georges Pérec a emprunté I remember à Joe Brainard, le peintre américain.

Je me souviens que Joe Brainard a été édité chez Babel actes Sud un peu après l'an 2000.

Je me souviens que les I remember de Joe Brainard sont très personnels.

Je me souviens que les Je me souviens de Georges Perec semblent très impersonnels et sont en fait très codés.

Je me souviens que dans W ou les souvenirs d’enfance, Georges Perec raconte que son père est enterré à Nogent-sur-Seine - où vivait et rêvait mon ami Siméon Kass, disciple de Chamisso.

Je me souviens qu’après Perec, tout le monde s’est mis à se souvenir.

Je me souviens du Je me souviens de je me souviens et de Je me souviens encore mieux de je me souviens de Roland Brasseur (les deux ouvrages du même auteur au Castor astral, si ils sont encore disponibles...)

Je me souviens que Brasseur est mathématicien, oulipien sur les bords - on s'en serait douté - et s'amuse disséquer le texte de Perec.

Je me souviens qu’un auteur qui n’écrivait pas m’a proposé d’éditer son « Je me souviens ».

Je me souviens que le père de Pierre Marcelle, « le poète aux cheveux » les plus ras du monde depuis Arthur Cravan, fut rémois.

Je me souviens qu’il me le l’a dit un soir devant « Le Vin des rues », le bistre bien connu.

Je me souviens que Pierre Marcelle aimait Robert Giraud et tous les Vin des rues, en livre ou en bistrot.

Je me souviens que Robert Giraud – auteur de Le Vin des rues aimait Siménon et qu'il le relisait chaque année.

Bob Giraud, aux Pipos, sur la Montagne Sainte-Geneviève. Photo de François Lartigue.

Je me souviens que Raphaël Sorin aimait Robert Giraud.

Je me souviens qu'ils sont en couverture, avec Doisneau, de Parisiennes (Éd Le Temps qu'il fait), attablés rue du Bac.

Je me souviens que la mémoire est à tout le monde et qu’il n’y a pas d’âge pour être nostalgique.

Je me souviens qu’il est écrit sur les plaques minéralogiques québécoises, « je me souviens ».

Je me souviens de tout, du moins je le crois ; pourtant, à force de souvenir, je ne me souviens plus très bien.

Pour découvrir le copain de Doisneau BOB GIRAUD

 

 

REPRÉSENTATION, ILLUSION ?

Louis Béroud (1852-1930)

QUELQUES NOUVELLES

J'étais fan de droits d'auteur et du Bateau livre, or j'ai vu une annonce de bonnes nouvelles au sujet de Frédéric Ferney, pourriez vous en dire plus maintenant? Un retour sur le net?
Merci,
Cordialement
I.M

Alors ces bonnes nouvelles de Frédéric Ferney, c'est quoi, un blog internet ?

Ororea

Les BONNES NOUVELLES de FRÉDÉRIC FERNEY, c'est pour très très bientôt...

Marie-Josèphe Croosonbouillon, lectrice attentive et scrupuleuse, nous écrit à propos d'une biographie de Jack London chroniquée par mes soins voià quelques semaines sur France 3 :

Bonjour, dommage pour Jack London, il méritait mieux, le livre de Jennifer Lesieur, très documenté est à déconseiller coûte que coûte, criblé de fautes de frappe, d’orthographe, de style, d’incorrections, de maladresses, un vrai calvaire pour les amoureux de la littérature.
Je ne sais pas si chez Tallandier ils ont les moyens de relire ce qu’ils publient.
Leur ai fait part de ma déconvenue et de ma colère : message resté sans réponse de leur part.
Il vaudrait mieux le faire savoir et surtout en informer l’auteur !
Merci

A bon lecteur...

Et puis reçu aussi ce mot charmant de l'ami Daniel Maja :

Les dérives fréquentes au cabinet de curiosités, un état d'esprit (parfois de mauvais !) jubilation pour l'autruchement qui vaut bien la psychanalyse ou la vie monastique, s'extraire du monde ou s'autrucher (1), c'est tout un ! Je cours commander le livre de Wlll Cuppy (2) pour mesurer mes abimes d'ignorance !

A bientôt

Daniel

 A PROPOS DE L'AMI MAJA, les parisiens ne manqueront pas l'exposition que lui consacrel'Atelier Girard du 11 déc. 2008 au 21 fév. 2009, 7 rue Campagne Première, 75014 Paris.

Les absents, même avec un bon mot d'excuse, seront sévèrement réprimés.

Note
(1) – Les non Champenois auront du mal à comprendre le jeu de mot : en patois d'ici, "s'entrucher" signifie avaler de travers. Exemple : ne mange pas des grandes cuillères à soupe de caviar, tu vas t'entrucher !

(2)COMMENT RECONNAITRE VOS AMIS DES GRANDS SINGES, de Will Cuppy - l'un des livres les plus drôles jamais écrits par un homme, qui plus est écrivain -, aux exceptionnelles éditions ANATOLIA

LES EXPLORATEURS DU SUBCONSCIENTS

   

Voici publiée pour la première fois, un document inédit et troublant : la seule photographie connue du groupe des “Explorateurs du subconscient”, baptisé plus laconiquement de “gang des chapeaux melons”, par les services de police. Ces dix individus en goguette venaient de mettre au point leur immonde forfait. Il devait le mettre à exécution le lendemain même, à la nuit tombée. Pour marquer sa domination sur le groupe, Eric Moindron, agile comme un singe, était monté dans l'arbre.

 

 La suite est à lire ICI, sur PARIS SECRET & INSOLITE

 

ATELIERS D'ÉCRITURE

NICOLE Z. de LA CAVERNE DES MOTS a écrit :

A quand la rencontre avec les écrivaillons sparnaciens ? On n'attend que ça, nous, devant tes projets alléchants !! Novembre est passé ? Voilà la période des fêtes où plus personne ne touche terre ? Peut-être pourrons-nous prévoir de tous nous rencontrer courant Janvier ? On se téléphone un de ces jours ! Ou peut-être aurai-je le temps de faire un saut sur votre chalet de Noël? ?
Bises en attendant de se parler !

Les éditions du Coq à l'Ane s'ouvrent à nouveau au public avec deux  ateliers qui vont verront le jour début janvier.

Le premier est destiné aux adultes. Il est intitulé « Salons d'écriture et de curiosités ».

Le second, pour les enfants, intitulé « Ateliers du jeu et de l'écrit ».


Salons d'écriture et de curiosités

Animés par Eric Poindron, écrivain, éditeur et critique littéraire, ces « salons » réuniront entre 10 et 12 personnes toutes curieuses d'écriture et de rencontres. « Pour les « écrivants » », explique Sandra Rota, éditrice, « ces salons seront à la fois un atelier traditionnel d'écriture mais aussi l'occasion de nombreuses rencontres ».
Sous forme de modules de 2 mois, à raison de deux heures les lundis mardi et jeudis de 18 à 20 heures. Prix : 200 euros le module.


Ateliers du jeu et de l'écrit
Les « ateliers du jeu et de l'écrit » seront animés par Sandra Rota, éditrice. Ils s'adressent aux enfants de 7 à 10 ans. « Cette génération est la plus exposée aux SMS, internet… », explique Sandra Rota « L'idée est de les familiariser avec l'écrit sous toutes ses formes. Tout en jouant en s'amusant. Mots-croisés, charades, poésie, théâtre mais aussi musique, jeux… tout est permis pour montrer que l'écrit n'est pas qu'une matière d'école. Et surtout que c'est un instrument pour faire de jolies choses ».


Inscriptions pour un mois, le mercredi de 15 h 30 à 17 h 30. Prix : 60 euros le mois.
Inscriptions sur place aux éditions du Coq à l'Ane, 45 bis rue de Talleyrand les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8 h 30 à 16 heures.

Tous les renseignements au 03.26.04.49.95. ou sur le mel coqalane@wanadoo.fr



 

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE ADELE RINER

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE ADELE RINER

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant
. Le Robert

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.

La sensation de froid intense précéda mon réveil. Le chat ne ronronnait plus sur l’oreiller et le vent hurlait ses chimères.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il

Minuit trente.

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?

1h03… Bip.

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?



J’ai toujours cru en ma faculté d’étirer le temps pour y mettre davantage de choses. D’où une nette propension à arriver en retard.

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?

Je préfère les prévisions des vieux au bistrot du village.

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?

Pas du tout. Mais j’avoue avoir été surprise de portraits tirés de mon signe astrologique précis.

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?

Je ne peux pas m’en empêcher, même si je n’y connais rien.

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?

Les étoiles sont comme une carte personnelle, des repères privés, car j’ai l’impression que personne ne voit exactement les mêmes..



9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?

Mes chats endormis en tas.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?

Un sentiment d’infini, du respect, du mystère.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?

J’aurais inventé les couleurs.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?

Les œuvres des grands peintres.

13 - Avez-vous peur ?

Rarement, mais intensément lorsque cela m’arrive.

14 – De quoi avez-vous peur ?

De perdre ceux que j’aime, ce qui est une peur à la fois raisonnable et irraisonnée. Des araignées de plus de deux centimètres d’envergure, ce qui est totalement ridicule.

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?

La maison du diable de Robert Wise, pour le faire découvrir à ma fille aînée.



16 - De qui avez-vous peur ?

De ma voisine. Je crois qu’elle est une sorcière du monde noir. Je précise que je n’ai pas peur des sorcières, puisque j’en suis une selon certains.

17 - Vous êtes vous déjà perdu ?

Oui, en amour. Oui, dans le temps. Curieusement jamais dans une ville inconnue.

18 - Croyez-vous aux fantômes ?

Evidemment, je les guette.

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?

La subtile résurgence d’un être disparu. Une trace.

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?

Le ronflement du poêle à bois.

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?

L’horrible craquement de l’immense porte de la grange quand le vent l’a arrachée de ses gonds en pleine nuit. La respiration d’un chat huant dans le grenier de mes grands-parents.

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?

J’ai demandé conseil à ma grand-mère décédée pour soigner mon cheval.

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?

Non. Je préfère assumer mes péchés.

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.

Je ne sais pas dire non à un verre de vin. J’aime les plaisirs solitaires.



25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »

Un assemblage hétéroclite de bizarreries : un mannequin d’enfant des années 30, le squelette d’un chat sans queue, un bézoard, un nid de frelon et la mue d’un anaconda, le portrait d’un vampire, un grimoire du XVIIIe siècle, un instrument scientifique en cuivre à l’usage inconnu, une pierre de tonnerre, un cristal taillé, une lampe à huile romaine, un fragment de bandelette de momie, un miroir de sorcière…

26 –Croyez-vous à la rédemption ?

Oui, quand ceux qui hantent votre culpabilité vous ont pardonné.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?

Comme toutes les nuits.

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?

Parfois, quand ils sont particulièrement réalistes, ou tellement étranges qu’ils me réveillent et que je me lève au milieu de la nuit pour les noter sur le dos d’une enveloppe.

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?

Cette nuit. Je m’introduisais clandestinement dans un atelier de haute couture installé dans le sous-sol d’un palace parisien. Je rêvais devant des robes somptueuses datant du dix-neuvième siècle. J’ai fini par rejoindre mon mari dans une chambre magnifique, le reste est censuré.

30 – Que vous inspire le brouillard ?

J’aime quand je conduis les enfants à l’école et que la campagne est entièrement engloutie dans le coton. J’ai la sensation que quelque chose de merveilleux va surgir au coin d’un chemin.

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?

Ils existent puisque j’y crois.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?

Un tableau raté, l’ombre de l’escalier en fer forgé sur le placo que nous n’avons pas fini de poser.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?

Je rajouterais douze heures volées à mes jours, pour y caser ce que j’ai à faire, ce que j’ai envie de faire et le temps de rêver.

34 - Qu’est-ce qu’un fou ?

Quelqu’un qui ne rentre pas dans les cases imposées. Mais les fous sont ceux qui créent les cases.

35 - Etes-vous fou ?

Oui puisque je ne rentre pas dans les cases. Je déborde, j’extrapole, j’emmêle et j’emberlificote.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?

Bien sûr, j’en fais partie, même si je suis plus observatrice qu’actrice.

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?

J’ai relu dernièrement « De l’autre côté du miroir ». Il me semblait que je n’étais pas à même de comprendre la « seconde vue » quand j’étais adolescente. Et je n’ai pas eu l’impression de lire le même livre.

38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?

Oui, avec trente chambres que je décorerais de façon différente, pour y dormir selon mes humeurs.

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

La passage des grues cendrées au-dessus de ma maison cet après-midi, une étoile manquante ce soir, une tache inexplicable sur le mur qui n’était pas là hier.

40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?



Je n’ai pas vu de film étrange récemment. Je n’ai plus la télé depuis 18 mois, et le premier cinéma est à 25 km.

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?

Non, j’aurais trop peur des fantômes sur les quais et je déteste les au revoir.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?

Non. Je suis toujours surprise.

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?

Oui, mais seulement pour un temps donné, jamais pour toujours.

44 – Où ?

Au Canada.



45 – Pourquoi ?

Parce que tout y est plus contrasté, et que lorsqu’il fait froid les gens sont plus chaleureux.

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ?

Elephant Man de David Lynch, même si ce n’est pas très original. Ainsi que d’autres films du même réalisateur : Blue Velvet, Mulholland Drive, la série Twin Peaks.

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?

Oui, j’aime l’ombre des églises.

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?

Le maître du Haut Château de Philip K. Dick est le premier qui me vient à l’esprit, mais ce n’est sans doute pas le plus étrange que j’ai lu.

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?

les globes, surtout anciens, qui inventent des pays inconnus.



50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches

Les loupes pour détailler le minuscule, et parce que la loupe est un emblème de Sherlock Holmes.

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness

De la vase et beaucoup de mystères.

52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?

Non, ils me font peur, j’ai l’impression qu’on leur a volé leur corps. Je les préfère vivants.

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?

Oui, quand je suis suffisamment trempée pour que plus rien n’ait d’importance. Alors je joue dans les flaques et je tourne mon visage vers le ciel.

54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?

Des choses mystérieuses que j’aimerais connaître.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?

La fenêtre désespérément noire.

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

Il avait marché un pas de trop, il ne pouvait plus reculer.

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

Aucune idée. C’est célèbre, dites-vous ?

58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?

Oui, dans la forêt parce qu’on y fait des rencontres improbables, et dans les cimetières parce qu’on y est environné de fantômes. Ceux-ci ne me font pas peur, contrairement à ceux des gares désaffectées… J’aime les cimetières de jour comme de nuit. On y trouve des prénoms oubliés, et on a une pensée pour la sépulture tombée dans l’oubli, que plus personne n’entretient.

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.

Elle ne pouvait détacher ses yeux du portrait, du regard cerné de la femme en noir, de l’étincelle de ses prunelles de jais qui enfin imprimaient l’ombre d’un sourire à ses lèvres hermétiques.

59 – Sans regardez votre montre, quelle heure est-il ?

1h50.

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?

2h12, c’est toujours la même histoire…

 

LA MAUVAISE RÉPUTATION

Après la publication sur le site du respectable Eric Poindron, de révélations sur le comportement ahurissant et scandaleux d'un mien ancêtre : Rodolphe Trouilloux, j'ai convoqué un conseil de famille dans mon cabinet de curiosités. Pour rétablir toute la vérité, même si elle n'est pas entièrement bonne à dire, Raymonde, Arsène, Ludivine, Anselme Trouilloux et moi-même (qui ne suis pourtant qu'un cousin bien éloigné) avons décidé de révéler à la face du monde, grâce à de précieuses archives toujours inédites, le comportement étrange et souvent indigne de Eric Moindron, persécuteur de notre ancêtre mais néanmoins inventeur de talent.

C'est en 1894, le 18 mai exactement, que Rodolphe Trouilloux fut abordé sur l'impériale de l'omnibus Batignolles-Clichy-Odéon, par un individus bien mis, souriant, chauve et aux petites lunettes cerclées d'or. Il se présenta en offrant un Bristol : “- Eric Moindron, président des “Explorateurs du subconscient”. J'ai lu vos livres. Vous me faites l'effet d'être un homme sérieux, compétent et sincère. Nous nous réunissons demain au Café des aveugles, Péristyle de Beaujolais, Palais Royal. Rien que des amis partageant nos convictions.” Et en descendant les marches du petit escalier de fer de l'omnibus, il termina par ces mots : - ” demain, vingt heures, venez, je vous attends!”.

 

 

LA SUITE EST À LIRE ICI...

LIVRES LIBRES

Bon nombre d'honnêtes gens n'ont pas laissé d'autre oraison funèbre que le catalogue de leur bibliothèque, où toute louange est contenue ! On se souvient encore du savant comte de Boutourlin, recommençant, le lendemain du vaste incendie, une admirable bibliothèque de vingt-six mille volumes, qu'il avait réunis dans son palais de Moscou. La ville du Czar brûlait encore, et déjà M. de Boutourlin revenait à son entreprise illustre...

Extrait de L'AMOUR DES LIVRES, de Jules Janin

Dessin de Andreas Nossmann

JAMAIS VOLAGE

Découvrir Delphine Volange, c'est comme apprendre le mot "grâce"...

Photoographies de Cécile-Fleur Brunod

L'univers enchanté de Delphine Volange, c'est ICI

THÉATRE, CE SOIR

Ce soir au Regent Theatre de Stoke on Trent, on la pièce rare L'Eschdole de qui vous savez,

il y aura peut-être cet étrange spectateur, qui observe, se tait sans comprendre...

(...) mais qui n'en pense pas moins.

Parce qu'il existe des coups de coeur comme des coups de théatre.

BIBLIOMANIE

Les bibliothèques sont des êtres vivants à l'image de notre complexité intérieure. Elles finissent pas composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir, nous pouvons très bien ne plus sortir. Dans ce petit traité sur l'art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d'autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de " contrôleur du droit des pauvres " ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick.
En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.

Voilà quelques mots de Jacques Bonnet et, avant de commenter son livre dans les jours à venir,  je vous propose de répondres à quelques questions, que l'auteur, lui aussi, se pose...

Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l'écroulement de votre bibliothèque ?

L'accumulation de livres ne met-elle pas en danger l'existence même de votre famille ?

Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ?

Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ?

N.B. Vous pouvez-aussi vous poser d'autres questions ou en poser à votre tour...

 

"CHOISIS TON ARME"

Bibliothèques Sans Frontières
Communiqué 
de
 presse


Paris, lundi
 1er
 décembre




LANCEMENT 
DE
 LA
 CAMPAGNE

« CHOISIS TON ARME »


Paris,
1er
décembre 
2008.
 Bibliothèques
 Sans
 Frontières
 donne
 le
coup
 d’envoi
 de
 la 
nouvelle
 campagne
 d’information 
intitulée
 «
Choisis 
ton 
arme
».


Chaque
jour, BIBLIOTHÈQUES SANS FRONTIÈRES œuvre
 pour
que
 l’accès 
au
 savoir 
à
 tous,
 partout
 dans 
le
 monde,
 soit
 une
 réalité.
 BSF 
est
 une
 Organisation
 Non
 Gouvernementale
 qui 
puise
 son 
origine 
dans
 le
 don
 d’ouvrages,
mais
prend
tout
son
sens
dans
l’accompagnement
de
l’ensemble
de
la
chaîne
du
livre.


A
 travers
 la
 campagne 
«
Choisis
 Ton
 Arme
», 
BSF
 invite
 les 
internautes 
à 
considérer
 le
 livre
 comme
 une
 arme
 pouvant 
incarner 
ou
 promouvoir
 la 
paix
 et 
la 
justice 
dans
 le
 monde.
Les 
internautes
 viennent
 remplir 
le
 formulaire 
en
 ligne
 pour
faire 
valoir 
leur
 «
livre‐arme
»
 et 
tenter
 de 
lui
 faire
 remporter 
la
 palme
 d’or.


L’objectif
 pour
 Bibliothèques 
Sans
 Frontières 
est 
double 
:


• Faire
 connaître 
l’action
 de 
l’association
 et
s ensibiliser 
le
 public
 à
 l’importance
 du
 livre
 dans 
la
 transmission
 du
 savoir
et 
des
 valeurs
 de
 paix 
et
 de
démocratie. 
Les 
bibliothèques 
ne
 sont
 pas
 des 
boites 
à 
livres, 
ce
 sont
 de
 véritables 
lieux
 d’échange,
 de
 dialogue
 et 
d’ouverture
 sur
 le
 monde.
 Le
 défi
 de
 l’accès
 aux
 livres
 et
 au
 savoir
 au
 Sud
 doit
 être
 partagé
 par
 tous
 pour
 construire
 le
 mon de
 de
demain.


• Elaborer 
une 
liste 
de 
livres ‐ arme
 qui
 comptent
 pour
 les 
internautes. 
Cette
 liste
 doit
 être 
un
 premier
 pas
 vers
 l’élaboration
 d’une
 bibliothèque
 numérique
 pour
 la
 paix,
 plateforme
 qui
 regroupera 
des 
ouvrages 
au
 format 
numérique, 
venus
 des
 quatre
 coins
 de 
la
 planète. 
Ce
 projet
 est
 en
 cours
 de
 préparation
 aujourd’hui
 et
 devrait
 voir
 le
 jour
 en
 2010.
 La
 campagne
 choisistonarme.fr 
sera 
l’occasion
 d’engager 
les
 participants,
 dès
 février
 2009
 dans
 la
 constitution
 d’une
 communauté
 pour 
la
 construction
 de 
cette 
plateforme.

Cette
 campagne
 ludique
 se
 déroulera
 jusqu’au
 31
janvier
 2009
 sur
 le
site
 Internet 
de
 BSF 
et 
s’achèvera

par
 la
 publication 
des 
résultats.


Retrouvez 
toute 
l’actualité
 de 
la
 campagne
 sur
 www.bibliosansfrontières.org

BIBLIOTHÈQUES SANS FRONTIÈRES –
 69, 
rue
 Armand
 Carrel 
–
 75019 
Paris
 –
Tel
 :
 01.43.25.75.61


www.bibliosansfrontieres.org


Contact presse BSF 
Jérémy 
LACHAL 
‐ 
Directeur 
–
jeremy.lachal@bibliosansfrontieres.com
 –
 Tel
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 01.43.25.75.61



 

LE BAIN

Avec l'arrivée des premiers vrais froids...

(...) Il serait peut-être temps de vous dire à qui appartient cette étonannte baignoire ?

Une femme française, vivant sous Napoléon III, ayant une position certaine ?
Une cocotte : Liane de Pougy, Cléo de Mérode, La Païva - non la sienne était en onyx - , Valtesse de la Bigne, la Belle Otero ?
Je donne ma langue au chat...
(Adele Riner)

Chère Adèle Riner,

Il manque à cette liste - justement sous Napoléon III - la comtesse de Castigilonne...

Il s'agit en fait de la baignoire du - très - grand décorateur, antiquaire et marchand d'art Axel Vervoordt - et de son épouse May, que vous connaissez sûrement. Le tableau dans l'alcôve, portrait d'une fille du roi George III d'Angleterre,e st attirbué à Thomas Gainsborough. La salle de bain fait partie du château de 's-Gravenwezel, demeure de Axel Vervoord, commune belge de Schilde, dans la province d'Anvers.

P.S. Chez Adèle Riner, il n'y aurait pas un peu de Irène Adler, 'LA femme', selon S.H. ?

Le Château de 's-Gravenwezel

Photos de Paul Lepreux pour Marie-Claire Maison

COMMENT FABRIQUER UN ÉLÉPHANT ?

 

Le GARDIEN du Cabinet vous reocmmande de lire :

COMMENT RECONNAITRE VOS AMIS DES GRANDS SINGES, de Will Cuppy - l'un des livres les plus drôles jamais écrits par un homme, qui plus est écrivain -, aux exceptionnelles éditions ANATOLIA


«Les moyens vieillots et dans l'ensemble bien peu efficaces pour reconnaître vos amis des grands singes ne manquent pas, je vous l'accorde. Quand vous êtes au zoo, par exemple, rien n'est plus simple. Les grands singes se trouvent derrière les barreaux. D'accord, mais quand vous êtes sortis du zoo, vous faites quoi ?»

Depuis les fameuses classifications d'Aristote, on n'avait rien lu de plus révolutionnaire que les leçons d'anthropologie et de zoologie de Will Cuppy. Après s'être penché sur les origines de l'homme et des primates, l'auteur étudie ainsi des catégories comme «Les oiseaux parfaitement imbuvables» ou encore «Les mammifères qu'il faut connaître ou pourquoi être un rhinocéros ?». Un grand classique de l'humour pseudo-scientifique, signé par l'homme qui écrivit à propos des pékinois : «Je ne vois vraiment pas pourquoi ils ont l'air si contents d'eux. Ils ne sont pas mieux que nous.»   

Will Cuppy (1884-1949) fut un des meilleurs humoristes de la première génération du New Yorker, aux côtés de Dorothy Parker, Robert Benchley et James Thurber. Comment reconnaître vos amis des grands singes est son premier livre traduit en français.

Quelques lignes sur ce qu'il dit de l'éléphant et sur un certain penchant :

"Les éléphants ont un faible notoire pour l'arak. le mandrill préfère la bière brune et le gin, alors que le babouin et le hérisson. parmi!s les autres vertébrés portés sur l'alcool, citons le mangabey enfumé ou cercocèbe à col blanc, le raton laveur et le cheval. Sir Stamford Raffles avait adopté un ours des cocotiers qui refusait de consommer autre chose que du champagne. Rare sont les animaux qui savent s'arrêter à temps et ne pas boir le verre de trop."

Alors, posons nous la question : est-ce qu'un éléphant gris peut voir des élépants roses ? (question de votre serviteur)

SO OS

« Signa, te, signa ; temere me tangis et angis ? »

« Signe-toi et signe, ne te rends-tu pas compte que tu me serres et m'étrangles ?

FAIRE L'AUTRUCHE...

Une question que me pose ma fille, Cléo-Lunes, sans raison, à son réveil, et à laquelle je vous demande de répondre sans réfléchir : Est-ce qu'une autruche, ça vole ? Et pourquoi...

 

Alors, tout de go, merci de ne pas faire l'autruche...

Et encore moins l'oeuf...

 

CARADEC IN MÉMORIAM

François Caradec, la fin d'un Oulipien
Par Patrice Delbourg


L'homme-orchestre  (1924-2008) s'en est allé. Son chapiteau abritait des ribambelles de mots : mots espiègles, mots qui sonnent et qui trébuchent, mots de tous les jours, mots de mauvaise vie, mots qui tombent à pic.

Amoureux d'autographes rares et curieux, il collectionnait aussi, avec son ami Doisneau, dans la sciure des «comptoirs des zincs» de petits chefs d'œuvre de littérature spongieuse, brèves de troquet avant la lettre. François Caradec préférait les lectures divergentes, comme on dit de certains strabismes.

Son péché mignon était de renflouer des auteurs trop effacés: Mac-Nab, Franc-Nohain, Georges Auriol, Eugène Mouton, ou Chavette. L'argot moderne n'avait pas de secret pour lui, les paravents des cafés-concerts de la Belle Epoque non plus. Il était l'indiscutable hagiographe de Joseph Pujol, alias Le Pétomane ou l'art de faire une carrière avec du vent, l'ancêtre du TOP 50 d'aujourd'hui...

Avec son patronyme qui résonnait comme une presqu'île du Finistère, il était né il y a quatre-vingt-quatre ans à Quimper, patrie de Max Jacob, l'un des rares écrivains auquel il n'aura pas consacré d'étude biographique autorisée, contrairement à Lautréamont, Alfred Jarry, Raymond Roussel, Willy. Il courtisa encore Jane Avril et la Femme à barbe, mais l'indispensable Caradec aura employé une grande partie de son passage terrestre à la mise au jour du continent d'Allaisie.

Œuvres anthumes et posthumes d'Alphi exhumées dans leur totalité, contes, fables, historiettes arrachés un à un à la poussière des bibliothèques de Haute et Basse-Normandie. La magistrale biographie de salubrité publique qu'il consacra à Alphonse Allais, d'une érudition courtoise, élégante, et jamais pompeuse, reste un modèle du genre. Il poussait le mimétisme affectueux avec le Viking d'Honfleur en arborant une même moustache nicotinée, un visage parcheminé de bon vivant aguerri, un œil d'une tendre rosserie et les parfaites manières d'un contremaître anglais.

Orfèvre en pastiches et mystifications, Régent du collège de Pataphysique depuis l'origine, Oulipien dégagé, très éloigné des douaniers de la syntaxe, jamais de corvée de lettrine, il préférait lutiner le thésaurus, fignoler l'homonymie réjouissante avec cette exquise bougonnerie de type scrogneugneu. Pilier historique des «Papous dans la tête», émission de France Culture créée par Bertrand Jérôme et animée aujourd'hui par Françoise Treussard, il y avouait un penchant pour le contrepet «Canada dry» et le zeugme escarpé. Il appartenait à une génération de lettrés, polissons mais pointilleux, en voie d'extinction, qui ne croient guère à la littérature qui se tire à plus de 3.000 exemplaires.

Sur la couverture de son dernier livre, publié ces jours-ci (1), roman policier hors norme aux parfums très autobiographiques, genre qu'il abordait pour la première fois, un «rompol» (trouvaille due naguère à Georges Perec, souverain en toutes circonstances) planait l'anagramme de Boris Vian, qui n'était son aîné que de quatre ans.

La nuit, quand la ville dormait et que les mots baissaient leur garde, François Caradec se reposait d'écrire en écrivant encore.

(Copyright http://bibliobs.nouvelobs.com)

(1) Le doigt coupé de la rue du Bison de François Caradec, Fayard noir, 230 p., 16 euros.

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