LÉO LARGUIER
mercredi 19 septembre 2007 :: ÉCRIVAINS :: Alerter la modération
Le faiseur d'or...
Nicolas Flamel ! Son nom seul suffit à évoquer, encore aujourd'hui, l'atelier de l'alchimiste où le plomb se change en or au fond de quelque creuset. Pourtant, rien ne prédisposait Flamel à devenir un adepte du Grand Oeuvre II vivait simplement, dans la seconde moitié du XIVe siècle, à l'ombre de Notre-Dame, où il exerçait la profession de copiste. Une nuit, il eut une vision angélique et une voix céleste lui dit : « Regarde bien ce livre; il te semble obscur à toi, comme à tout le monde, mais un jour tu y verras ce qu'il faut y voir et tu sauras ce que nul ne sait... » Flamel perçut distinctement la reliure de cuivre doré d'un ouvrage qu'il n'avait jamais vu, puis l'apparition s'effaça. Il n'y pensait plus lorsque, des mois plus tard, un étranger misérable lui vendit un ouvrage qui correspondait exactement à sa vision : c'était le Rituel de Haute Magie d'Abraham le Juif. C'est ainsi que, guidé par Dieu, Nicolas Flamel devint un des plus célèbres Maîtres de la science hermétique et qu'il découvrit la pierre philosophale.
Léo Larguier, auteur du livre Le Faiseur d’or, Nicolas Flamel raconte l’histoire de l’alchimiste de la tour Saint-Jacques. Versé dans l’ésotérisme. Guillaume Apollinaire, son voisin et ami l’évoque dans un poème que nous croyons codé.
Léo Larguier soldat mystique ô brancardier
Les vers du caporal plaisent au brigadier
Ce secteur 114 est-ce Arras ou peut-être
La ferme Choléra sinon le bois Le Prêtre
Ici la fraise est rouge et les lilas sont morts
La couleuvre se love en la paille où je dors
Quand s'éveille la nuit la Champagne tonnante
La nuit quand les convois traînent leur rumeur lente
À travers la Champagne où tonnent nos canons
Et les flacons ambrés
Et si nous revenons
Dieu Que de souvenirs
Je suis gai pas malade
Et comme fut Ronsard le chef d'une brigade
Agent de liaison je suis bien aguerri
J'ai l'air mâle et fier j'ai même un peu maigri
Des braves fantassins je connais les tranchées
Où les Gloires de pourpre aux créneaux attachées
Attendent que nos bleus les violent enfin
Au nez de Rosalie épouse du biffin
Êtes-vous en Argonne ou dans le Labyrinthe
Moi je ne suis pas loin de Reims la ville sainte
Je vis dans un marais au fond d'un bois touffu
Ma hutte est en roseaux et ma table est un fût
Que j'ai trouvé naguère au bord du Bras de Vesle
Le rossignol garrule et l'Amour renouvelle
Cependant que l'obus rapace en miaulant
Abat le sapin noir ou le bouleau si blanc
Mais quand reverrons-nous une femme une chambre
Quand nous reverrons-nous Mais sera-ce en septembre
Adieu Léo Larguier ça barde en ce moment
105 et 305 le beau bombardement
Je songe au mois de mars à vous à la tour Magne
Où est mon chocolat Les rats ont tout croqué
Et j'ajoute mon cher style communiqué
Duel d'artillerie à minuit en Champagne

Guilluame Apollinaire, 1917.
Une rencontre...
J'ai rencontré encore à Nîmes, Léo Larguier, qui eut plusieurs fois l'occasion de fréquenter la maison du 1, rue Bourbon-le-Château, et qui a publié sur la guerre un beau livre de littérateur : Les Heures déchirées. Le premier dimanche de mars, en 1915, je déjeunais au petit restaurant de la Grille, quand un caporal de la ligne se leva de table et m'aborda en me récitant une strophe de la Chanson du Mal-aimé. Je fus interloqué. Un deuxième canonnier-conducteur n'est pas habitué à ce qu'on lui récite ses propres vers. Je le regardai sans le reconnaître. Il était de haute taille, et, de figure, ressemblait à un Victor Hugo sans barbe et plus encore à un Balzac. « Je suis Léo Larguier, me dit-il alors. Bonjour, Guillaume Apollinaire. » Et nous ne nous quittâmes que le soir à l'heure de la rentréeau quartier. Ce jour-là et les jours suivants nous ne parlâmes pas de la guerre, car les soldats n'en parlent jamais,
(...)
Le lendemain, je ne revis plus Larguier. Il était parti pour un camp d'instruction d'où il alla sur le front comme caporal brancardier. Nous fûmes près l'un de l'autre à la bataille de Champagne, mais nous ne pûmes nous joindre. Il y fut blessé et nous ne nous rencontrâmes que durant une de ses permissions, justement devant le n° 1 de la rue Bourbon-le-Château, cette « sombre maison » chantée par M. Fernand Fleuret.
Extrait de Le Flâneur des deux rives.

La tour Magne, Nîmes.
A LIRE :
Léo Larguier, à livre entr'ouvert, de Paul Amargier (La Thune Marseille)



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