Le CABINET des CURIOSITÉS, des ÉTRANGETÉS et des SINGULARITÉS de ÉRIC POINDRON

REVOLUTION !

AUTOUR DU LIVRE

1 - Pour vous, qu’est-ce qu’un livre ?

 

2 – Quel type de lecteur êtes-vous ?

 

3 -  Quel est le premier livre à vous avoir marqué ?

 

4 - Quel est votre livre préféré et pourquoi ?

 

5 - Quel est votre auteur préféré et pourquoi ?

 

6 - A quelqu’un qui n’aime pas lire, de quel écrivain conseilleriez-vous la lecture et pourquoi ?

 

7 - Quelles sont vos lectures du moment ?

 

8 - Quel écrivain, vivant ou non, auriez-vous aimé rencontrer ?

 

9 - Le développement d’Internet et des supports numériques (e-book) constitue-t-il selon vous une menace pour le livre ?

 

10 - Est-ce que selon vous la lecture demeure un vice impuni ?

 

J'ATTENDS VOS RÉPONSES ET LES ESPÈRE NOMBREUSES...

DUBO DUBON GEORGES FLIPO

Voilà quelques semaines que je me propose de consacrer un article plus que bienveillant au dernier roman de Georges Flipo, La comissaire n'aime point les vers, roman policier nous dit-on. Après lecture exaltante dudit roman, je dois avouer que ce n'est pas tout à fait un roman policier, c'est plus et mieux  qu'un roman policier : c'est du Georges Flipo, une fois encore. l'écrivain qui semble s'amuser quand il écrit détourne les codes du genre, nous fait rire à - presque - chaque ligne, et brosse des personnages chaleureux, drôles et insolites. Oui, je me suis régalé une nouvelle fois avec la prose virevoltante et cocasse et de l'ami Georges, un écrivain qui manie la plume avec soin et adresse. Et si le moral venait à baisser, hop !, un coup de Flipo comme on se ragaillardissant, naguère, de Jouvence de l'abbé Soury.

Et me voilà m'apprêtant à laisser sur le blog de l'écrivain un message de félicitation quand je tombe sur l'article qui va suivre. Georges Flipo a besoin d'aide et il s'explique, glissant ça et là deux ou trois amusants consEils. Aussi Suivez ses conseils, c'est pour une bonne cause, celle de la vraie et simple littérature...

 

(...) Côté libraires, La Table Ronde est optimiste. Je sais que c'est là que va se jouer une bonne partie de la carrière de la commissaire, et je suis plus angoissé. Je suis allé voir une librairie, une seule, et mon livre était bien en évidence sur la table "Nouveautés". Mais, pour être honnête,  je dois préciser que la libraire m'a appelé : "Vous venez voir votre livre ? Il est là, on l'a reçu ce matin !". Oui, pas vraiment significatif, elle habite à cent mètres de chez moi et me connaît trop bien. 

Je n'ai pas encore eu la force d'âme d'aller voir les autres. Et c'est là que vous pouvez me rendre service.

Si, ces jours-ci, vous passez devant une librairie, petite, grande ou très grande, pouvez-vous regarder comment La commissaire... est mis en place. C'est bien sûr au rayon policier que vous le trouverez. Et faites-moi votre rapport, cruel ou chaleureux.

Si vous voulez me rendre encore plus service :

- Si le livre est bien mis en place n'hésitez pas à vous exclamer devant le chef de rayon ou le libraire « Ah, ça y est, il est arrivé ! Vous l'avez lu ? Il paraît qu'il est très bien, il a un buzz terrible sur internet, ce bouquin ». Je vous rappelle que Buzz  se prononce beuse, pas buse. De toute façon, vous avez le droit d'adapter librement cet éloge.

- Variante si le livre est mal mis en place : allez demander le livre, en prétextant que vous ne le trouvez pas. Lorsqu'il vous l'aura mis entre les mains, déclarez joyeusement « Ah, rangé où il était, je ne le voyais pas, je croyais qu'il n'était pas arrivé. Pourquoi le cachez-vous ? Il est cochon ? C'est pour ça qu'il a un buzz terrible sur internet  ? »

Cela dit, dans les deux cas, vous allez, du coup, vous sentir obligé de l'acheter. Non, non, vous n'êtes pas obligé. Vous lirez la quatrième de couv, vous feuilleterez le début en pouffant de rire et vous le reposerez en déclarant : « Parfait. Je vais envoyer Chouchou vous l'acheter, ce sera mon cadeau de Saint-Valentin. » Vous pouvez remplacer Chouchou  par Dudu ou Zizette, sentez-vous très libre.

Si cette dernière séquence vous paraît trop compliquée à jouer, vous pouvez aussi l'acheter, ce sera plus simple.

Oui, peut-être plus simple.

La commissaire n'aime point les vers, de Georges Flipo (la table ronde)

La commissaire Viviane Lancier n'est pas du genre poète, mais la voici condamnée à se passionner pour Baudelaire : un sonnet torride dont il serait l'auteur se transforme en serial killer, envoyant à la morgue ceux qui s'y intéressent.
Flanquée de son ingénu lieutenant, Viviane Lancier plonge dans une enquête où semblent la narguer les morts, les survivants et même les revenants.


LE BLOG DE GEORGES FLIPO

SILENCE ET RESPECT

JEAN FERRAT RIP

 

RENÉ ROUGERIE LE MAGNIFIQUE

L'éditeur René Rougeries, « l'homme - poésie », est décédé

« Je publierai donc ce que j’aime. Revendiquant même le droit de me tromper. Refusant toutes les étiquettes, ne me laissant enfermer dans aucun système. Capable d’aimer aussi bien une poésie lyrique que celle concise où chaque mot porte son poids ».

Fondateur, en 1948, des éditions Rougerie à Mortemart (Haute-Vienne), consacrées exclusivement à la poésie, René Rougerie, âgé de 84 ans, est décédé à Lorient, dans la nuit de jeudi à vendredi. Farouchement indépendant, refusant les étiquettes et les modes, passionné par son métier qu'il pratiquait en utilisant toujours de vieilles presses fonctionnant au plomb, René Rougerie avait à son catalogue : BorisVian, Max Jacob, Victor Segalen, René Guy Cadou, Joe Bousquet, Pierre Reverdy... Il publiait aussi plusieurs poètes bretons contemporains : Gilles Baudry, Guénane, Yvon Le Men, Anne-José Lemonnier, Yves Prié. Quelques semaines avant son décès, il avait réédité le dernier volume des oeuvres de Saint-Pol-Roux, « Litanies de la mer», ainsi que l'oeuvre poétique » complète de l'immense Xavier Grall.

Mardi, dans une librairie de Lorient où il était venu déposer ses derniers ouvrages, comme il en avait l'habitude, René Rougerie a été victime d'un malaise. Transporté à l'hôpital de Lorient, les médecins devaient déceler un accident vasculaire cérébral, une attaque qui allait lui être fatale.

Son fils Xavier va continuer le travail du père, familiale et artisanale ; essayons d'être à ses côtés.

Pour René, l'argent ne comptait guère. Il vous « faisait un prix » ou ajoutait un poète à votre pile. Je me souviens l'avoir rencontré voilà plusieurs années et lui acheter ses livres blancs, à la typographie rouges, que je conserve comme mes trésors. Aujourd'hui, je pense A Mikaël Lugan, ou à mon autre ami Yvon Le Men et je m'associe à leur peine.

Et pour conclure, vive la typographie ...! René Rougerie

ÉDITIONS ROUGERIE

DIVASSASSINE...

Une cantatrice est soupçonnée d’avoir engagé un acteur pour dissimuler le meurtre de son époux.

C’est un fait divers digne du Fantôme de l’Opéra qui agite l’Allemagne. Une cantatrice de 55 ans, résidant dans le sud du pays, et identifiée par la presse comme étant "Waltraud G.", est accusée d’avoir tué son mari, puis d’avoir voulu dissimuler ce décès. Dans ce but, elle n’aurait pas hésité à engager un acteur pour incarner son époux.

Un stratagème qui aurait duré plusieurs semaines, avant que la police ne la place en détention provisoire jeudi.

Le mari, Hermann Hilss, un retraité de 71 ans passionné de pêche, était de 16 ans son aîné. Sa disparition avait d’abord été signalée au mois d’octobre, avant qu’une avocate n’appelle la police d’Offenburg, affirmant qu’il était en vie, et qu'il se trouvait dans son bureau avec sa femme.

Afin de vérifier qu’il s’agissait bien de l’homme recherché, la police avait fixé un rendez-vous au couple quelques jours plus tard, mais son épouse avait prétexté qu’il était parti « pour un voyage de courte durée », afin de justifier son absence.

Mais, en janvier, la police a repris son enquête, examinant quelque deux cent cinquante pistes, dont un rendez-vous chez un notaire chez lequel le retraité avait signé une procuration à sa femme, identifiée dans la presse comme Waltraud G., 55 ans. Ces recherches permirent d'établir que, peu avant le rendez-vous chez le notaire, la femme avait recouru aux services d'un artiste pour incarner son mari.

En recherchant cet individu, les enquêteurs découvrirent que plusieurs hommes avaient été sollicités par cette femme en vue de les faire passer pour Hermann Hilss. Tous avaient refusé de témoigner. "Mais mercredi, nous avons réussi. Un homme a reconnu avoir doublé Hermann Hilss", a précisé la police.

Si la chanteuse, dont la photo a été publiée par le site Bild.de , est resté muette depuis son arrestation, c’est le témoignage d’un acteur ayant reconnu avoir « doublé » son mari qui a permis de faire avancer l'enquête. « Nous avons réussi. Un homme a reconnu avoir doublé Hermann Hilss. Et pas seulement chez le notaire, aussi au cabinet d'avocats », a précisé la police. Pour le moment, aucun corps n’a été retrouvé.

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Est-ce que l'on peut poser cinquante questions en une seule phrase ?

BALLAD BY MARIANNE F.

SPECTRES QUI EXCITENT LA TEMPÊTE

Le prince de Radziville, dans son Voyage de Jérusalem, raconte une chose fort singulière dont il a été le témoin :

Il avait acheté en Égypte deux momies, l’une d’homme, l’autre de femme, et les avait enfermées secrètement dans des caisses qu’il fit mettre dans son vaisseau, lorsqu’il s’embarqua à Alexandrie pour revenir en Europe. Il n’y avait que lui et deux domestiques qui le sussent, parce que les Turcs ne permettent que difficilement qu’on emporte ces momies, croyant que les chrétiens s’en servent pour des opérations magiques. Lorsqu’on fut en mer, il s’éleva une tempête qui revint à plusieurs reprises avec tant de violence, que le pilote désespérait de sauver son vaisseau. Tout le monde était dans l’attente d’un naufrage prochain et inévitable. Un bon prêtre polonais, qui accompagnait le prince de Radziville, récitait les prières convenables à une telle circonstance ; le prince et sa suite y répondaient. Mais, le prêtre était tourmenté, disait-il, par deux spectres (un homme et une femme), noirs et hideux, qui le harcelaient et le menaçaient de le faire mourir. On crut d’abord que la frayeur et le danger du naufrage lui avait troublé l’imagination. Le calme étant revenu, il parut tranquille ; mais la tempête recommença bientôt. Alors ces fantômes le tourmentèrent plus fort qu’auparavant, et il n’en fut délivré que quand on eût jeté les deux momies à la mer, ce qui fit en même temps cesser la tempête.

Extrait de Infernaliana par Charles Nodier (réédité chez « À Rebours », délicate maison d'édition lyonnaise)

FONCE ALPHONSE !

Il existe à Honfleur une place où naquirent à quelques lustres de distance, le vaillant amiral Hamelin et celui qui écrit ses lignes. La postérité jugera.

Alphonse Allais (né de parents français mais honnêtes)

 

Il existait une gare à Saint-Sauveur, sur la route d’Honfleur. Petite, certes, mais fort jolie.  Le matin, un train passe, un second y passe le soir. Et c’est tout.  L’immense Alphonse Allais vient un jour demander le chef de gare :

– C'est pour une réclamation ?

– Du tout, mon ami.  Au contraire, je vous fais tous mes compliments, vous avez une gare charmante, mais comme elle est mal placée ! Vous auriez ça à Paris, vous feriez un argent fou…

N.B. Chaque samedi après-midi, des visites gratuites du Petit musée d'Alphonse (laboratoire des potards Allais) ont lieu dans l'arrière-boutique de la pharmacie du Passocéan de Honfleur, lieu de naissance d'Alphonse Allais. C'est le plus petit musée du monde, dont le conservateur-guide officiel-homme d'entretien (CGHE) est Jean-Yves Loriot.

RANGER / DÉRANGER, ENCORE...

Je continue à classer et à déclasser... une pile ici, une collection là ; sans oublier les mals classés ou les inclassables. Aussi, je vous reponse la question : Et vous amis lecteurs, comment rangez-vous votre bibliothèque ; avez-vous un système de classement personnel, précis, savant, extravagant, analphabétique ou autres ?

Photographie de Bruno Dayan

Fabien Loszach : chromatiquement

Monique Neubourg : A chaque déménagement, il y a une tentative de regroupement. Philo, cinéma, romans, érotiques, les dicos/Bouquins par ici, les rares cuisines par là. Et puis, plus les ans passent, moins ça tient....

Gael Depauw :  est la plus malheureuz des lizeuzes car depuis qq temps ces merveilles dépriment dans d'affreux cartons entassés sans aucune cohérence ; (((((((((((((

Odile Krief : je la reconnais cette photo, c' est ma façon de ranger mes livres...ensuite, je les siffle...ils sont très obeissant, et accourent pile sur ma table de chevet !

Gael Depauw : Quand je pense que ts mes bouquins de Fac sont encore chez Dad and mam !!!!!!!!!!! Encore une bibliothèque !!!!!!!

Odile Krief : la seule solution pratique et respectueuse...c' est faire appel à Mary Poppins à chaque déménagement, elle sait bien y faire, elle !

Frederik Reitz : Mais c'est quoi une bibliothèque ?

Lily Briscoe Yellowlounge : dans la chambre d'amis, les polars et les BD; sur le palier à l'étage, les anglophones, dans le salon le domaine français, l'art, tout le reste... dans la chambre du haut les voyages, dans un placard le jardin et la cuisine, et le reste dans les cartons au grenier...rien dans la chambre sauf une pile de livres en cours.

Leïla Pelfresne : je crois qu'on peut deviner que j'ai travaillé en librairie dans une autre vie ! :) avec moi, les rayons étaient toujours tirés à 4 épingles ! ;)

Sally Mara : par éditeur et collections pour certains, par thème pour d'autre, par auteur parfois, par genre rarement, à l'horizontale et à la verticale, de face et en diagonale, en équilibre aussi (une chute une fois par semaine), mélangés à des bidules et des carnets

Sally Mara : ah oui je voulais dire que l'important, pour moi, c'est de savoir toujours où ils se trouvent précisément, n'avoir qu'à tendre la main là pour le faire glisser

Xilix Dit Xilix : j'ai mis les miens dans des cartons.. puis l'humidité, le temps en a fait une masse compacte... j'ai pour près de 1/2 tonnes de livres...

Dupuis Bernadette : En fonction de la hauteur de mes étagères !

Photographie de Bruno Dayan

Leïla Pelfresne : personnellement, je les range par genre (je suis un peu maniaque) : une bibliothèque consacrée à la jeunesse, une à la littérature policière, à la science fiction et à la culture générale. Une pour la littérature francophone et sa sœur, pour la littérature étrangère. Ces 2 là sont triées en interne entre classique et contemporain, grand format et poche ainsi que collections.
Il y aussi une bibliothèque BD/manga/comics et une beau livre
Enfin, les livres Sciences Humaines /vie pratique sont dans un placard en attendant mieux.

Yolli Mousin : J'ai très peu de livres, une tite centaine, les autres, les éphémères, ceux que je ne lis qu'une fois, je les prends à la biblio de mon quartier...Chez moi, la poésie est sur le rayonnage du bas direct accessible, les romans au milieu, les improbables en haut...puis sur une autre biblio, tous les spécialisés..... bon jvous parle pas de tous les autres qui sont liés à mon passé de lectrice et qui trônent dans le grenier et ma chambre d'enfant chez mon Pa....et qui s'entassent, alors là carrément, pêle-mêle à la vakomjtepouss.....

Alexandra Ovigny par genre et par auteur

Odile Krief : une bibliothèque ? à mon avis, c' est ce qu' il nous reste lorsqu' on a tout lu...les ouvrages qui nous caractérisent, qui nous ressemblent, qui nous font grandir, que l' on aime relire, que l' on peut conseiller, dont on aime parler, que l' on évoque avec plaisir... la seule constante, c' est que la culture a un poids véritable, qu' il soit matériel ou cérébral, ce poids est réel et visible !

Marie-pierre Siméon : avec amour...

Mireille Noël : Je laisse les livres vivrent comme bon leur semble un peu partout dans la maison. Un peu comme les chats, ils ronronnent et murmurent...

Isabelle Marc : Quand j'ai déménagé, j'ai donné les trois quart de mes livres sur recup.net; je range toujours mes livres par ordre alphabétique...

Laurent Antoine LeMog : En fonction de leur hauteur, afin d'optimiser l'espace... ensuite je fais souvent confiance à tort à la mnémotechnique ;-)

Julien Gayrard : Pour m'y retrouver dans ma bibliothèque, je note, sur un répertoire, chacun des livres qu'elle contient. Puis je range à son tour le repertoire dans la bibliothèque en ayant pris soin de noter sur un nouveau répertroire la venue de ce livre-repertoire sur les rayons. Avant de courrir acheter un autre repertoire...

Revue Diptyque : Ils sont en transit dans toutes les armoires, caisses, casiers, en attendant que l'on finisse le living en partie tapissé d'une grande bibliothèque super chic qui malgré son rayonnage important nous imposera des choix drastiques et toujours quelques bibliothèques adjacentes. Sans compter celleS des enfants...

Barbara Landrevie : Je ne range rien !

Catheline van den Branden : Ceux qui sont lus
Ceux qui seront lus
Par langue, puis par editeur puis par auteur.
Et effectivement, j'ai séparé les poches, les brochés, et les beaux livres.

Tolau Segroeg : « Quand je les ai lus je les donne à la bibliothèque de mon village qui se charge de les ranger et de les cataloguer. Je fais ainsi des économies d'étagères, c'est la bibliothèque qui en prend soin et me les garde au chaud quand je veux les relire, ce qui est rare, et j'endoctrine ni vu ni connu plusieurs centaines de braves citoyens français...Les essentiels et autres imprêtables restent bien sûr au plus près de ma couette. »


Eric Dordilly : Il y a deux bibliothèques dans chaque pièce, et celle qui longe le couloir; je ne range pas mais je sais où chaque livre se trouve, même après plusieurs années.
Olivier Bailly je range mes livres par ordre alphabétique de grandeur chronologique de manière à avoir sous la main les livres que j'aime, c'est-à-dire mes livres, dans des pièces différentes et même dans le couloir. Bref c'est le bordel

Jacques Theillaud  : ...y a le système classique : par ordre alphabétique de noms d'auteurs, pour tout ce qui est fiction, et CDU ou Dewey pour les documentaires...c'est pro, mais c'est chiant ( je sais, ça a été mon taf pendant près de vingt cinq ans : Doc. en Collège) mais ma biblio à moi, chez moi, c'est simple : tout en bordel...bon, il est vrai que je n'ai que quelques milliers de livres...et si j'en retrouve pas un aujourd'hui, m'en fous, le retrouverai demain...

 

Et cette dernière, toujours du même,

envoyée par Fée Clo en guise de réponse...

FOU ET MÊME PIRE

Reçu ce petit mot de mon ami Nicolas Millet : Et, en ce qui concernent les fous poètes et les poètes fous, il faut lire Cadavre grand d'Ivar Ch'Vavar, au Corridor bleu...


Cadavre grand m’a raconté
, de Ivar Ch’Vavar (le corridor bleu éditions)

La première édition de Cadavre grand m’a raconté, parut il y a dix-huit ans – édition « underground », tiré à 350 exemplaires – vendue en quelques mois. L’ouvrage est introuvable depuis, mais n’a jamais été oublié, et bien des voix, année après année, se sont élevées pour demander sa réédition. Cadavre grand se présente comme une anthologie des poètes fous, crétins, naïfs du Nord de la France, réunie par l’abbé Lepécuchel et ses « disciples » Ivar Ch’Vavar et Alix Tassememouille… L’abbé Lepécuchel n’a jamais existé, Alix Tassememouille non plus, la plupart des auteurs présentés dans l’anthologie pas davantage. – Dans la première édition, ces auteurs étaient vingt-deux. Ils sont maintenant quatre-vingts, on change donc de dimension.
 
Cette nouvelle édition réunit une majorité de poètes inventés (leur personnalité, leur biographie, leurs textes), par Ch’Vavar et quelques autres, une poignée de poètes « réels » (existant bien !), comme Lucien Suel et Konrad Schmitt (deux grandes figures du Nord), quelques naïfs authentiques aussi, et… il y a d’autres cas de figures, et le « degré de réalité » de tel ou tel auteur n’est pas toujours facile à apprécier ! Certains des auteurs existants ont acceptés de se voir dotés, dans la notice qui les présente, d’une « vie imaginaire »…
Mais ce qu’il faut souligner : ce livre est un tout, constitue bien une œuvre, une œuvre complexe, foisonnante, pleine d’échos, et partout marquée de signes de reconnaissance, œuvre labyrinthique, égarante au possible, mais une, et d’une grande force et invention.
 
Et cette œuvre forme un univers. L’univers fantasmé du Nord, mais fantasmé jusqu’à sa plus grande réalité, jusqu’au moment où sa réalité profonde se dévoile et apparaît dans une évidence crue et bouleversante.
Ce livre monstrueux, totalement inclassable, ne ressemblant à rien de connu, c’est encore – même obliquement – un livre sur la poésie, ses trucs, ses charmes, ses prestiges. Sur la force de l’imaginaire, aussi, qui, pour Ivar Ch’Vavar est ce qui peut nous rapprocher le plus du réel… Et ce qui frappe le plus, en définitive, à la lecture de Cadavre grand, c’est paradoxalement, l’extraordinaire impression de réalité, de véracité, que nous ressentons.

Photographie de Gerhard Riebicke

FOU FOU...

Ces quelques mots plaisants de Anatole France, extraits de Les  Fous dans la littéraure, « Le Temps », 1887, réédité et aujourd'hui disponible aux éditions du Castor Astral dans la salutaire collection « les inattendus »

Photographie de Nadar

« Un Français, qui fit le voyage de Londres, alla voir un jour le grand Charles Dickens. Il fut reçu et s’excusa sur son admiration de venir ainsi prendre quelques minutes d’une existence si précieuse.

— Votre gloire, ajouta-t-il, et la sympathie universelle que vous inspirez vous exposent, sans doute, à d’innombrables importunités. Votre porte est sans cesse assiégée. Vous devez recevoir tous les jours des princes, des hommes d’État, des savants, des écrivains, des artistes et même des fous.

— Oui ! des fous, des fous, s’écria Dickens, en se levant avec cette agitation à laquelle il était souvent en proie dans les derniers temps de sa vie, des fous ! Ceux-là seuls m’amusent.

Et il poussa dehors par les épaules le visiteur étonné. 

RANGER / DÉRANGER...

Alors que je continue le rangement des bibliothèques, je redécouvre, en altitude oblige, Le Baron perché du farceur Italo Calvino, livre d'évasion et de saine utopie par excellence. Perché moi aussi sur une échelle me voilà à relire les aventures fantasques du singulier anachorète :

« (...) il considérait les livres un peu comme des oiseaux et ne voulait pas les voir immobiliser dans des cages. Sur le plus massif des rayonnages aériens, il alignait les tomes de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert , au fur et à mesure qu'ils lui parvenaient par un libraire de Livourne. pendant quelques temps, à force de vivre au milieu des livres, il avait eu la tête dans les nuages, quelque peu, et s'était de moins en moins intéressé au monde dans lequel il évoluait (...) »

 

Et vous amis lecteurs, comment rangez-vous votre bibliothèque ; avez-vous un système de classement personnel, précis, savant, extravagant, analphabétique ou autres ?

 

Véronique Doms-Vrancken  : Par année de parution, excepté pour les dicos et autres ouvrages de référence

Elvira Ricard  : au début par nationalité, puis manque de place il y a de curieux mélanges, et parfois pour que les livres se rencontrent et fassent connaissance quand je ne suis pas là, j'aime croire à ça aux correspondances à travers le temps.....et puis des colères aussi, enfin que ça bouge !!!!!!

Lionel Bedin  : Par époque (Antiquité, Moyen Age, XVIe, etc. et - en gros - par date de parution dans la période, et sans notion de pays. ça favorise les rapprochements...

Christi Padi  : par thème puis dans chaque catégorie pas taille

Rose Grenadine :  Houla, il faudrait dire "des" bilbiothèques : celle du coeur (les indispensables, dans ma chambre, avec ses livres classés par importance subjective et qui veillent sur mon sommeil) celle du boulot, celle des livres que je relirai peut-être ou qui sont utiles, type guides tourisques, dans la chambre d'amis, celles des livres pour enfants, celles des dicos et autres manuels à écrire... Dans chacune de ces biliothèque, le rangement continue de se faire par importance subjective ( par ex : Lacan et Freud en premier pour la bilio boulot) mais aussi en foncition de la hauteur des étagères : tout le bas de la biblio boulot est ainsi occupé par les livres d'art de haut format tandis que certaines étagères sont resserrées pour accueilir les poches. Les livres en langue angliaise sont mélangés à ceux en langue française mais les écrit sur le Québec ou le Canada sont rangés à part. Dans chacune des bibliothèques il y a un coin "en attente d'être lus" et dans celle de la chambre d'amis, à hauteur des yeux, le coin "poésie nouvelles" et "petits livres objets".

Laurent Greusard  : « (...) élaborer une authentique bibliothèque - il s'en rendait compte à chaque opération de classement- tenait de la stratégie militaire. Chaque livre était en guerre contre le monde, chaque livre était en guerre contre les faux livres, chaque livre était en guerrre contre les cerveaux humains .Chaque livre était en guerre contre les autres. Il fallait à tout prix savoir les organiser afin d'optimiser leur force de frappe. il fallait être sûr que chaque ouvrage soit en mesure d'ouvrir un crane à l'autre bout du monde.
Maurice G.Dantec ; Métacortex, p 218. 2010 »

Jean-Luc Bitton  : autodafé !

Mathieu Bourgois : dans quelques jours sur le IPAD je les classe par editeurs

Lionel Eskenazi  : Par taille et par éditeur (par exemple j'aime bien pouvoir consulter ma rangée des éditions de minuit, mes Acte Sud ou mes Christian Bourgois). J'ai plusieurs bibliothèques dans plusieurs pièces. J'ai une pièce pour les livres de poches (toutes collections confondues et classés par auteur, mais aussi par genre (par exemple, j'ai un coin polar, un coin SF, un coin poésie, un coin théâtre et un coin philo) . J'ai une bibli aussi près de mon lit avec tout un tas de bouquin pas classés que j'ai plutôt achetés récemment et que je n'ai pas encore lu ou d'autres aussi que j'ai envie de relire. Il y en a aussi au-dessus des armoires. j'ai un coin particulier pour les livres qui concerne la musique (étant journaliste musical, je les consulte souvent). J'ai dans mon salon tous mes livres d'art qui concerne le plus souvent des catalogues d'expo que j'ai apprécié; J'ai un coin aussi qui concerne les livres sur le cinéma. Enfin dans ma cuisine, j'ai tout un tas de livres de cuisine de recettes du monde entier. Je n'ai surtout pas de livres dans les toilettes, j'ai horreur de lire dans les toilettes.

Olivia Girard : comme je peux !!!! plus de place....

Clo Brion : Quelle belle construction littéraire !

Catherine Letellier : Comme sur la photo (une tres grosse pile, NDLR) c'est pratique, mais ça abime les livre, rire.

Jean Vincent Caloua : Par genre et certain livre dans un coffre a l'abri des curieux

Loreau Douchet : Carole mon mari les changent de place souvent pour qu'ils conversent les uns avec les autres ... ça me fait rire

Charlotte Saintonge : Par genre aussi, mais la place manque..Il y a du débordement!

Christine Noti : Par affinités entre auteurs.

Yvette Ghesquière : En triple file ....

Christine Noti : Ce qui implique parfois certains changements, en effet.

Catherine Letellier : Par auteurs, et par genres

Jérémie Jemrys Rueff : Dans la mesure où j'ai trop de livres et pas assez de place, le plus souvent cela dépend du nombre d'étagères et de la hauteur, c'est souvent donc par collection ou édition, c'est selon, après il y a quelques endroits qui passent au travers de ce travers, mais c'est pour mieux traverser le passage obligé vers l'achat retardé d'un meuble de plus, qui lui ne sera pas de travers, mais de préférence haut et droit.

Helene Wolff-Eugene : J'ai monté des piles autour de mon lit... mes livres me bercent et c'est un bienfait !

Simon Sanahujas : Alphabetiquement par auteur, tout bêtement... (j'ai presque honte du coup)

Clo Brion : Aléatoire, pas mal non plus.

Nicole Boffy : Par genre pour l'instant

Kreaktions Bijoux Deco Les plus poches avec les poches et par genre, les moyens idem, et les grands, en bas car c'est la plus grande étagère ! Mais dans cette dernière, c'est tout et n'importe quoi, du moment que ça rentre debout !

Nathalie Fontaine-Dunzen:  mes lectures du moment dans une boîte posée près de moi sur mon divan ou sur ma table de chevet. Aussi non c'est comme ma voisine du dessus, c'est tout et n'importe quoi, du moment que ça rentre debout !

Simon Sanahujas : Je construis mes bibliothèques moi-même te je les prévoie à hauteur des plus grands formats, ce qui me permet de les ranger comme bon me semble, sans impératifs de taille...

Loreau Douchet Carole : moi je les range bien en evidence pour bien voir les tranches et leur dire un mot, juste avant de les en extirper pour m'y plonger corps et ame... car je les aime trop mes livres

Daniella Michel : En attendant de trouver de la place pour de nouvelles étagères : en double rangées et par ordre d'arrivage.Il y a quelques piles posées où il y a de la place! Avant c'était par éditeur, par collection et en ordre alphabétique + quelques étagères d'inclassables. Les éditions de Mille et une nuit ont toujours leur étagère aux toilettes et il y reste encore quelques centimètres linéaires de libre...

Virginie Laurans  : Les livres vont et viennent au gré de nos humeurs, les leurs et les miennes. Je ne les range pas, ils me dérangent lorsqu'ils sont trop rangés, je crains pour leur liberté, j'ai peur qu'ils oublient de vivre, de respirer dans leur petite vie trop rangée, trop étriquée, alors l'espace leur appartient! Ils déambulent, et cela leur donne un charme fou!

Véronique Doms-Vrancken : Par date de parution suaf pour les dicos et autres ouvrages de référence. Et sauf les derniers achats non lus qui se trouvent à côté de mon fauteuil préfére, en pile relativement stable

Roselyne Artaux J'essaie de ranger mes livres par types et thèmes d'ouvrages, ceux que je préfère bien en évidence les autres derrière. Comme je n'aime pas me séparer de mes livres mes étagères et bibliothèques sont bien pleines. J'ai toujours un livre sur ma table de nuit car, avant de m'endormir, je lis toujours quelques lignes c'est une habitude qui date de ma jeunesse !

Franck Cottet  : je range par...Pfff...IL y a un mur avec la littérature d'europe centrale (hongroise et tchèque surtout) un mur avec la philosophie, un mur et demi pleins de poésie un dernier avec le théâtre et le reste, l'étrange, l'inclassable, l'incongru, enfin tout ce qui ne rentre pas dans les autres murs...

Laurent Greusard  : j'ai toujours cru que Dieu ne permettrait pas que l'on meure avant d'avoir fini un livre. Alors j'en commence systématiquement un le soir avant de me coucher..d'où une pile trembalnte qui encadre la table de chevet et qui recoupe les lectures en cours. Cinq piles (soit 200 livres) sur ma table de travail des choses que j'aurais déjà du lire si...
Pour le classement, ordre alphabétique, sauf les collections que je suis à part et sauf ribemont Dessaignes et Mirbeau qui sont au salon, et sauf les ouvrages d'histoire grecque qui sont dans la chambre des enfants et sauf les petits maitres (Andrevon, Pelot, Pronzini, Moorcock, Aymé) qau sont dans ma chambre et sauf le slivres pour enfants qui sont dans l'autre chambre d'enfants (sauf les fantomette et les lieutenant X) et sauf les Poulpe qui sont aux toilettes. Sauf le programme commun de la gauche qui est rangé avec les uchronies. Enfin, il y a un ordre alphabétique avec plein de sauf pour empêcher quiconque de retourver un livre sauf moi....

Franck Cottet  : j'ai à côté de moi, tenues par ma table de chevet deux piles de livres, une des livres en cours ou en attente, une autre des livres dont j'ai du mal à me séparer...ceux dans les quels, par addiction ou gourmandise je retourne piocher une page de temps à autre. Chaque pile doit faire environ 1 mètre, 1 mètre 20 à l'estime de l'oeil...Pour l'heure, en haut de la pile des livres en cours, il y a Tribut, de Stephen Romer pour préparer une lecture à haute voix...

Thierry Gilibert : Quant à moi, mentalement je les classe par ordre de préférence, physiquement je sépare les gros non-lus des petits lus et pratiquement je les fous partout et je ne sais plus où me mettre ! D'ailleurs, si je n'ai pas de livre de chevet c'est parce que je suis au chevet du livre ! Lui dort bien mais moi dieu quelles insomnies ! Je suis tellement à croc à la lecture que je lis entre les livres, c'est à dire là où je range habituellement mon épouse et les gosses !!!

Catheline van den Branden : Ceux qui sont lus
Ceux qui seront lus
Par langue, puis par editeur puis par auteur.
Et effectivement, j'ai séparé les poches, les brochés, et les beaux livres

Oeuvre de Vladimir Kush

« (...) la lecture de l'Encyclopédie, avec ses beaux articles sur l'Abeille, l'Arbre, le Bois, le Jardin, lui fit porter sur ce qu'il avait autour de lui un regard neuf »

BIBLIOFILLES...

Hier c'était la journée de la femme, et même en bibliophilie...

Françoise ou les plaisirs du mariage.

 par Wanda de S...

Aux allées des roses, vers 1937.
Tirage à 600 exemplaires.
Une des dix gravures libres en couleurs hors texte dont un frontispice.

Une belle image, et bien sage au demeurant, dénichée sur le blog du BIBLIOMANE MODERNE, Bibliophilie & Bibliophiles d'hier et d'aujourd'hui.
 

HORS DE TOUTE POÉSIE

En relisant les Carnets (1984) du trop confidentiel Louis Calaferte :

 

« Livres. Des liens spirituels se nouent avec eux, supplantant leur valeur marchande, devant son prix, quelquefois, nous avons hésité à faire l’acquisition de l’un d’eux, finissant néanmoins par l’acheter. Le temps passé, ce qu’il nous coûté a été oublié ; il ne vaut que par la joie qu’il nous procure, dé lesté de toute relation avec l’argent, pour ainsi dire purifié. Notre sentiment à son endroit prend alors sa vrai consistance, car les livres vieillissent en notre compagnie, certains accusant visiblement les avatars de leur existence, blessés, ridés, défraichis, démantelés ; la route des expérience a laissé ses marques, mais intacte est la richesse initiale – au vrai, elle s’est même en général accrue, les bons livres bénéficiant d’une complicité avec les bons lecteurs. »

 

Et pour ceux qui le prendrait encore pour un poète :

 

« Septuagénaire, nombre de jeunes gens m’adressèrent des lettres témoignant de leur admiration pour mon travail littéraire. Plusieurs aussi se présentèrent à ma porte, que je reçus courtoisement malgré ce qui pouvait m’en coûter en fatigue, estimant qu’un écrivain n’est pas indéfiniment autorisé à se dérober à l’attention d’un public qu’il a su toucher par es livres. Au début, je ne démêlai guère dans ces entretiens à bâtons rompus ce qui avait réussi à m’attirer tant d’hommages flatteurs ; ce ne fut qu’après un certain temps que m’apparut l’inexplicable confusion : discrètement, ou avec une aisance volubile, selon leurs tempéraments respectifs, chacun de mes interlocuteurs insistait  sur la beauté formelle de mes œuvres poétiques – or il se trouve que, de ma vie, jamais je n’ai écrit un seul poème. »

 

En plus des Carnets, le gardien vous recommande la lecture de Rag-time, Londoniennes et Poèmes ébouillantés (Gallimard Poésie)

OU ET À QUI ?

Connaissezvous cette maison ?

Où peut-on la voir

et à qui appartenait-elle ?

CLASSER / DÉCLASSER

Mon ami David Collin, bibliomane obssessionel, témoigne à son tour de l'art du rangement qui, chez lui, confine presque à la science exacte...

« Le classement thématique puis par formats puis alphabétique me semble le plus efficace.
Les ouvrages précieux, envois, reliures rares, provenances exceptionnelles sont à conserver à part évidemment. Ceci dit, il y a toujours des livres qui "disparaissent...

J'aurai tendance à dire oui à tout. Mes bibliothèques au pluriel, parce qu'il y a en a une pour les grands formats au salon, avec surtout les livres d'art, de photographies, d'architecture, de calligraphie grand format, et quelques moyens formats d'ethnologie, d'explorations diverses; et une autre bibliothèque enfin labyrinthique dans les sous-sols anti-atomiques de la maison (prévention helvétique oblige), avec un classement à la fois thématique, régional (par langue, continent, région ou pays), séculaire, anarchique, sous-thématique et aléatoire. Lequel domine ? Pour l'instant le thématico-régional à tendance épidémique et diablement envahissant. Les livres anciens ont une bibliothèque à part mais trop dissimulée à mon goût. Ils n'ont pas su s'imposer sur le devant de la scène. Je ne sais toujours pas pourquoi. Vraisemblablement le goût de l'ombre et de la poussière. Il y a toujours ces livres qui s'enlisent sur une grande table et qui ne trouvent pas de rayon-asile. Par dessus s'empilent les nouveautés secondaires et dont je n'ai pas décidé le sort. De toute façon pour se débarrasser d'un livre c'est toute une histoire. La plupart du temps vouée à l'échec. Ce que j'aime bien : vérifier à distance ce que j'ai noté à l'intérieur d'un livre, pouvoir dire au téléphone où se situe le livre, troisième rayon, cinquième livre, cinquième bibliothèque à gauche. Et ça marche. Autre bibliothèque, le fichier très artisanal qui sur l'ordinateur, répertorie tous les livres. Sauf ceux de la grande table qui attendent leur heure, incertains. Autre méthode de classement pour gagner de la place et hiérarchiser (et donc souvent oublier) les livres : le toit des bibliothèques, les livres rangés verticalement par éditeurs ou collections secondaires, la profondeur, l'arrière-rayon sombre, par-dessus les livres, au pied des bibliothèques, sur le canapé-lit du labyrinthe quand ils viennent d'arriver, derrière le canapé quand ils sont tombés, sous la grande table quand ils ont été se cacher ad vitam eternam, et ceux qui viennent s'accumuler au pied de mon lit et qui sont assurés d'être lus prochainement. Il y a des prochainement qui attendent longtemps et des poissons frais qui sont immédiatement consommés. Enfin, les livres les plus importants dans les bibliothèques les plus proches de mon bureau, et quelques éternels favoris dessus, à portée de main. »

MORT SUR MESURE

 

Envoyé par Monsieur N :

« Monsieur veut-il la carte ?
- Plaît-il ? » interroge le jeune homme ; mais il se reprend aussitôt :
« La carte ? Oui, certainement, la carte ! »
Alors, avec le geste discret dont un sommelier dans un restaurant élégant va surprendre le choix - pommard ou sauterne - du soupeur, on offre au « consommateur » un riche album où sont inscrits les divers genres de trépas que tient la maison. Il arrive que cette énumération plonge son lecteur dans un ahurissement infini. Il parcourt d'abord, du doigt plutôt que de l'?il, papillonnant, sans butiner, de-ci et de-là, et s'arrêtant à l'amusement des illustrations marginales ; puis il recommence, lisant sérieusement cette fois, sans davantage se fixer... Certes, la pendaison a des douceurs, mais l'asphyxie aux fleurs, quelle poésie ! L'âme s'envole avec l'haleine des tubéreuses... Et les poisons ! chambres 4° à 10° : vaste choix ! Et le curare indien : une piqûre d'épingle au talon ou ailleurs et psitt... plus personne. Peut-être un peu arbitraire, cette vélocité. Mais voici : les maladies perdues ! Ah ! les maladies perdues ! Par des moyens artificiels contracter la lèpre ou la peste noire, offrir aux praticiens de cette heure, que la disparition de ces « affections » désole, l'occasion de les étudier sur nature, emporter en mourant cette consolation qu'on laisse dans sa dépouille tout un champ de délicates expériences ! Cela est sans doute incomparablement plus noble que la mort par le rire dont la seule grossière idée donne la nausée et déshonore l'ingénieuse énumération de sur Richard Hoboth. Mais il y a des gens de mauvaise humeur et qu'offusque cette perspective, toute glorieuse soit-elle, de thèses soutenues autour de leur cadavre ; sorte d'aristocrates épris seulement du silence. Telle une barque sur les flots laisse après elle un sillage aussitôt effacé. À ce point de vue, quoi de mieux que le dernier bain ? Il est vrai, le bûcher est antique...
« Monsieur a-t-il fait son choix ? insinue à demi-voix le gérant immobilisé dans son attitude.
- Mon Dieu !... répond le désespéré en passant l'album de sa gauche dans sa droite, tant de variétés !... »
Le gérant agrée le compliment avec un sourire poli.
« Avouez vous-même, reprend le jeune homme que l'aménité de son interlocuteur enhardit, qu'en l'occurrence l'hésitation est permise !
- Il faut donc visiter l'établissement.
- C'est cela, je vous en prie...
- Quand il vous fera plaisir. »
Pour la première fois, les deux personnages dissocient leurs rôles : l'un ouvre la porte du bureau en s'effaçant pour laisser passer l'étranger, et l'autre lui indique, d'un geste presque affectueux, le chemin. Le premier mouvement du jeune homme est d'obéir, mais au second pas il se ravise et, timidement :
« Je désirerais savoir... auparavant... combien... Enfin la note, je vous prie.
- Le prix, Monsieur, répond du fond de la pièce la voix de basse-taille de sir Richard lui-même qui vient d'entrer, varie avec les suicides ET ON NE PAYE QU'EN SORTANT. »

(Charles Morice, Suicide-House)

 

Juste un dernier mot, cher Eric, pour dire que « Le Club du Suicide » a inspiré un certain nombre d'auteurs fin-de-siècle : Morice en est un exemple, mais il y en a bien d'autres.
Il se trouve que je prépare une anthologie au Visage Vert sur le sujet, et je tiens à souligner que l'idée d'un établissement spécialisé auquel puissent s'adresser les désespérés n'est pas nouvelle. Stevenson n'en est pas l'inventeur, puisqu'on trouve déjà une nouvelle étonnamment similaire sur ce thème 20 ans plus tôt. (Monsieur N.)



LA PORTE OUVERT de Monsieur N.


TRISTE SIRE, TRISTE SORT...

Pierre Perret : tolérance zéro

Cinq ans de prison. Mais aussi 45.000 euros. C'est ce qu'encourt l'écrivain Bernard Morlino du fait de la plainte du chanteur Pierre Perret. Cinq ans ! Un bail, un bagne, une éternité. Le plus affligeant, le plus inquiétant, c'est qu'on trouve ça normal.

L'auteur compositeur d' «Ouvrez la cage aux petits oiseaux prisonniers », qu'on a connu jadis plus drôle, plus grivois, et moins liberticide, s'active à mettre sous les verrous le biographe d'Emmanuel Berl, de Philippe Soupault, de Georges Brassens, et personne ne bronche. Silence chez ses éditeurs, à la Société des Gens de Lettres, à la Maison des Ecrivains et même dans le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy, pourtant toujours prompt à défendre la veuve et l'orphelin. Tout ce beau monde semble au contraire s'accommoder de cette aberration : la convocation, le 16 février au matin, de Bernard Morlino par, tenez-vous bien, la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne, qui porta à sa connaissance la lourde peine dont il était menacé.

De quoi ce dangereux délinquant niçois de 58 ans, lecteur fervent de Paul Léautaud et de René Fallet, est-il donc coupable ? D'avoir osé, sur son BLOG où il mêle ses deux passions, la littérature et le foot, se moquer de Pierre Perret. D'avoir même écrit : « Comme Perret n'aime pas la tolérance (allusion à une vidéo où le chanteur jugeait que la tolérance était "une faiblesse") nous serons quelques-uns à ne pas en avoir pour lui. » Et surtout de ne pas avoir fait le deuil de ses amis Louis Nucéra et Alphonse Boudard, lesquels préféraient la vraie tendresse de Brassens à la fausse bonhomie de Perret, et les Copains d'abord à Tonton Cristobal. On voit par là que l'écrivain Morlino est doublement suspect : d'avoir de la verve, dont il use volontiers pour railler les impostures de l'époque, et d'être obstinément fidèle à ceux qu'il a aimés. Délit de brio et délit d'amitié, voilà son crime. Et ça ne vous choque pas, et ça vous laisse de marbre ?

Jérôme Garcin pour BibliObs

DU COQ A L'ANE, DU COQ A L'AME

Je te supplie de m'excuser

Si du Coq à L'Ane

Je vais sautant

Et que ta plume en fasse autant

Clément Marot

 

Les Editions du Coq à l’Ane ont pour mission d’éditer ou de rééditer des textes rares, littéraires mais pas trop, loufoques et plus, érudits et gourmands, poétiques et simples. Tous ces textes laissent la part belle à l’élégance et à l’illustration. Crées, et installés à Reims, depuis 1996, les Éditions du Coq à l'Ane ont développé différentes collections : la gastronomie, la petite histoire, la jeunesse, le folklore, les fictions courtes, l'ésotérisme romanesque et la géographie sentimentale. Un parti pris de qualité : c’est du cousu main. Tout ce qui est édité là est marqué du sceau du charme, de l’élégance, de la culture, du raffinement, de l’humour et du goût de la vie (GUIDE HACHETTE)

Les éditions du Coq à l'Âne, c'est fini. C'est la mort dans l'âme que Sandra Rota, la responsable de la maison d'édition a annoncé cette décision après que le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire. L'intention de fermer boutique a été prise, il y a quelques semaines, par Sandra Rota et Eric Poindron, tous deux éditeurs et auteurs, et Brigitte Gofin, la secrétaire et assistante, les trois piliers et complices de cette petite entreprise, sise au 45 bis, rue Talleyrand.
« Le Coq à l'Âne est arrivé à une étape de sa vie où les difficultés économiques nous obligeaient à prendre des mesures et à nous restructurer », explique Sandra Rota. « Cette restructuration passait par des choix humains que nous ne voulions pas faire. Au Coq à l'Âne, nous avons toujours mis en avant le côté humain, cela n'aurait donc pas eu de sens avec notre façon de travailler. C'est pourquoi nous avons préféré arrêter l'aventure. »

Mon amie Nicole à l'atelier d'écriture

Pas ordinaire...
L'amour des artisans, le savoir-faire et le travail de qualité ont toujours été la marque de fabrique de la maison d'édition qui s'est forgée une page à part dans le paysage régional. De la publication des 3 000 exemplaires des Contes rémois de Louis de Chevigné au petit dernier Le séducteur champenois ou les Rhémois, l'entreprise patrimoniale a ravi, en quatorze années, 155 000 lecteurs.
Produits du terroir remis au goût du jour, gastronomie, classiques, fables et mystères, almanachs… il y a dans la besace du Coq à l'Âne, une  cinquantaine de livres, onze marchés de Noël à Reims, dix salons du livre à Paris. Mais aussi huit ans d'atelier d'écriture adultes et enfants, des expositions à la bibliothèque Carnegie, à celle de Troyes sans oublier des rencontres avec des auteurs, des illustrateurs…
« Ce sont quatorze années d'échanges sur notre histoire et notre patrimoine qui s'envolent », ajoute tristement Sandra Rota qui souhaite dire un grand merci à tous ceux qui ont, un jour, croisé sa route. « Je pense à nos lecteurs bien sûr, mais aussi à nos auteurs, nos partenaires, nos libraires, nos techniciens. Sans oublier le centre régional du livre, l'Orcca, la Région, les bibliothécaires, notre facteur, notre propriétaire… »
Si le plaisir de partager et rendre les gens heureux a toujours été le credo du Coq à l'âne, c'est dit, une page se tourne.

© Catherine Tellier Pour L'Union

 

Et j'ai laissé sur un mur du Cabinet ces mot d'amis que je ne peux emporter :

« N'oublions jamais Eric que que l'ombre du zèbre n'a pas de rayures. Amitiés. »

Jacques Pradel

« A Reims où tous les rois furent sacrés et aucun massacrés, François Ier l'ami des libraires et des imprimeurs  et venu saluer, à cinq siècles de distance, dans le décalage horaire de l'Histoire, Eric Poindron dans son cabinet de curiosités d'homme de la nouvelle Renaissance, écrivain, voyageur, critique, amateur d'ivresse, avec son admirable égérie Sandra. »

29 mai 2006, Reims

Votre Gonzague Saint Bris


Merci à tous nos lecteurs et à nos amis pour ces quinze ans passés ensemble...

 

Toutes les photographies sont de mon ami Sébastien Manteau

 

Et le gardien en profite pour vous annoncer qu'il se prépare à de belles et nouvellles aventures...

SEME D'ÉPINES

Une citation de Anton Tchekhov, en passant : « Le chemin de l’écrivain est, de bout en bout, semé d’épines, de clous et d’orties, c’est pourquoi tout homme sensé doit, par tous les moyens, se garder d’écrire. »

Et d’en le même temps, il imprime ce paradoxe : « Il n’est pas difficile du tout de devenir écrivain (…) il n’est pas d’ineptie qui ne trouve de lecteur idoine. C’est pourquoi, courage !... »

Comme on peut le deviner le poète et entomologiste des cœurs était aussi un peu farceur.


Le gardien vous recomamnde la lecture de :

Les Conseils à un écrivain (une anthologie réalisée à partir de la correspondance de Tchekhov par Pierro Brunello), (Anatolia 2004 ou Christian Bourgois 2005)

ÉROTIQUE DE LA LECTURE

 

Par Marie-Lucile Kubacki


On désire lire. On ouvre un livre. On pénètre dans l’histoire. On caresse des pages et des idées. On dévore un récit. On lèche un style. Plaisir de la lecture. Goût des mots. Du livre au lit, il n’y a qu’une couverture. Du livre aux lèvres, le même désir. L’écrivain Roland Barthes parle d’une érotique de la lecture. Dans la lecture, un désir, celui de lire, de savoir, et son objet, le livre, son contenu. La lecture est intime. On s’isole pour lire. Souvent dans une chambre. Le texte appelle le sexe autant que le sexe appelle le texte. C’est une longue histoire.

Dans l’Enfer de Dante, on trouve une lectrice, Françoise, parmi les âmes damnées. Françoise explique qu’elle est tombée dans l’adultère à cause d’une lecture :

« Un jour nous lisions l’histoire de Lancelot
Quand l’amour nous a pris
Et nous n’avons pu lire davantage »

Le désir existait avant la lecture mais c’est la lecture qui a révélé le désir en posant des mots sur ce qui, jusqu’ici, n’était pas nommé. Le motif parcourt la littérature et revient sans cesse. Dans Le Rouge et le Noir, c’est dans la bibliothèque que tombent amoureux Julien Sorel et Mathilde de la Môle. Dans la bibliothèque que se dit et se vit l’amour. Il arrive parfois que la table d’écriture devienne elle-même chair. C’est sur le dos d’une courtisane que Valmont, le libertin machiavélique des Liaisons Dangereuses écrit à la femme qu’il veut séduire.

« La table même sur laquelle je vous écris, consacrée pour la première fois à cet usage, devient pour moi l'autel sacré de l'amour »

Emma Bovary et Léon, parlent de leurs amours à travers leurs lectures. Le livre est prétexte à l’aveu et alibi de la déclaration. On parle de soi à travers lui. Graziella, l’héroïne de Lamartine, désire son amant quand il lui fait la lecture :

« Elle regardait avec de grands yeux bien ouverts tantôt le livre, tantôt mes lèvres, d’où coulait ce récit (...) elle l’ouvrit, comme si elle eût pu, à force de volonté, en comprendre les caractère. Elle lui parla, elle
l’embrassa » (1)

Embrasser le livre c’est déjà embrasser les lèvres. Le livre est un entremetteur.
La littérature est érotique. Offrez des livres.


(1) Sce. Anfray C., La lectrice ou la révélation du désir. Etude de la scène de lecture dans les romans du XIXe siècle, Revue d'Histoire Littéraire de la France 2005/1, Vol. 105, p. 111-119)

La liseuse de roman (1853)

de Antoine Wiertz

SOLITUDE DES PROFONDEURS

Suite à l'article « Drôle d'histoire », reçu aujourd'hui ce mot laconique de  LUNULE DE CHIOS :

« et entre les rues et les pages, l'écrivain se fait sa solitude... »

Et Fabien Dubois d'ajouter :

Celui qui écrit est-il un solitaire ?
Jamais. C'est quelqu'un d'habité.

FANTASTIQUE !

LITTÉRATURES JEUNESSE DES LIVRES POUR TOUS !


Samedi 27 mars 2010, des rencontres passionnantes auront lieu à la librairie l'Escale Littéraire (Paris XIVe) avec Anne Robillard, Fabrice Colin, Daph Nobody et Benjamin Lacombe

La littérature dite « littérature jeunesse » est extrêmement riche et séduisante. Si beaucoup d'adultes en lisent, elle est pourtant souvent considérée - à tort - comme une catégorie de littérature réservée uniquement aux juniors et aux adolescents.

En partenariat avec le site spécialisé en « littérature jeunesse et adolescente » Les Histoires Sans Fin (www.leshistoiressanfin.com), la librairie L'Escale Littéraire organise, le samedi 27 mars 2010 de 14 heures à 19 heures, quatre rencontres passionnantes, avec trois auteurs et un illustrateur :

Anne Robillard L'auteure québécoise a vendu en France plus de 1,5 million d'exemplaires des neuf premiers tomes des Chevaliers d’Emeraude. Elle viendra nous parler du tome 10 qui vient de paraître ainsi que de sa nouvelle série A.N.G.E (Éditions Michel Lafon) dont le premier tome paraît le 4 mars. Le grand public s’y retrouvera sans aucun problème.

Fabrice Colin pour la Saga Mendelson (Seuil jeunesse). Cette saga romanesque en trois tomes, traitée comme une véritable enquête, est l'une des séries les plus étonnantes de la littérature adolescente d’aujourd’hui. La série pourra également convaincre un large public.

Benjamin Lacombe est l'un des illustrateurs les plus connus. Il est en effet devenu l'une des figures incontournables de l'illustration jeunesse française. Son nouveau livre, adapté d'Edgar Allan Poe, Contes Macabres (Soleil Production), est destiné aux adultes.

Daph Nobody est un jeune auteur qui surfe avec talent sur la vague « vampires », dans son roman Blood Bar (Éditions Sarbacane). Grand admirateur de Stephen King, il ne dépareille pas de son modèle.

L'après-midi permettra bien sûr au public de rencontrer les quatre auteurs, d'acquérir et de se faire dédicacer leurs ouvrages.

Parallèlement, des discussions avec les auteurs seront organisées. L’objectif de cet après-midi est de faire découvrir aux adultes que ces livres, bien entendu destinés avant tout à un public jeune, peuvent tout aussi bien ravir les plus grands, à l'instar de Harry Potter, de La Croisée des Mondes ou même de la série Twilight. 

Les exilés de Fabrice Colin

Pour en savoir plus

LES HISTOIRES SANS FIN

Toute la culture de la littérature jeunesse

DRÔLE D'HISTOIRE

 

 

Un écrivain n’est pas un historien. Quelquefois, le premier raconte des histoires quand le second n’a guère le droit ou ne l’ose pas. Les deux peuvent collectionner les livres, rares ou moins, mais le second, l’historien, est là pour tamiser, soupeser, gagner une chaire, un galon, ou quelquefois changer le cours de l’Histoire. Je me méfie de l’Histoire. Je possède beaucoup de livres sur le sujet, mais ce sont ceux que j’ouvre le moins. Quelquefois je m’y oblige et ça me coûte. Demandez-moi de me souvenir d’un poète arabe – XXX - et de ses dates, demandez-moi dans le même instant une belle victoire française, et le poète l’emportera.

L’écrivain n’est presque rien. Il marche le matin dans les villes ou dans les villages selon son lieu d’habitation. Son entourage l’assiste souvent et il refuse les contraintes. Quelquefois, il s’en accommode. L’écrivain peut aussi jouer aux échecs, bavarder avec d’autres écrivains ou somnoler. Quand il fait la sieste, il croit qu’il travaille. Il fréquente aussi les salles des ventes ou les bouquinistes parce qu’il aime les livres tout simplement ; comme le paysan collectionne des outils d’autrefois, comme le suspicieux fétichise et ne peut s’empêcher de ramasser sur le chemin les fers à cheval rouillés. Souvent, l’écrivain lit les livres qu’il achète, mais ce n’est pas une obligation. Quelquefois, l’écrivain lit deux pages puis se met à écrire comme si la lecture l’avait un peu nourri. Quelquefois aussi, l’écrivain lit de très gros livres d’histoire, ou des collections entières, dont il fera quelque chose. ou ne fera rien. L'écrivain.

 

 

 

Si vous voulez une histoire vraie ou à peu près sensée, fouillez dans les archives…

 

 

Dans les miennes, au pied du phare dans la montagne,

vous ne trouverez que des malles à mensonges.

A TIRE-D'ÎLES

Ceux que mac Orlan surnommait « les aventuriers passifs », pleutres pour certains, incertains pour d'autres ; ceux qui derrière les cartes d'orientation dénichaient une piste, puis deux. Un indice aussi, et croyait que l'aventure commençait comme ça, en cet endroit, sur les hautes étagères des bibliothèques de province...

Image de Tom Chambers

CURIEUX

Nadar, le grand Nadar, par des motifs que nous n’avons point à examiner a vendu à l’hôtel Drouot la merveilleuse collection de curiosités qu’il avait amassé à grand frais de temps et d’argent ; bien que la vente ait occupé deux  entiers ; plusieurs objets n’ont point été vendus, entre autre deux christs androgynes, aux formes féminines et au visage barbu, qui sont probablement les insignes mystérieux d’un schisme dont l’histoire et la science elle-même ont perdu la trace.


Extrait du journal Le Voleur, 1865

Nadar, Paris Souterrain

 

CELUI QUI ÉCRIT

 

Quels sont les premiers conseils à donner à celui qui écrit ?

Faut-il accepter les conseils ?

Comment  - et -  peut-on concilier une carrière professionnelle et l'écriture ?

Celui qui écrit peut-il « faire autrement » ?

Ecrivez-vous à la main ou avec une « machine » - pourquoi ?

Vous fixez-vous des horaires d'écriture ?

Est-ce celui qui écrit doit commencer par la première phrase ?

Ecrivez-vous le jour ou la nuit ?

Celui qui écrit a-t-il le droit de s’arranger avec sa conscience ?

Où trouvez-vous vos idées ?

Pouvez-vous écrire n'importe où ?

Est-ce que celui qui écrit doit voir derrière les apparences ?

Quel est votre définition de celui qui écrit ?

Pouvez-vous écrire dans le bruit ou en musique ?

Celui qui écrit a-t-il le droit de raconter sa vie ?

Comment commencer un texte ?

Comment vous habillez-vous quand vous écrivez ?

Doit-on écrire pour être lu ?

Est-ce que celui qui écrit est un menteur ?

Est-ce que celui qui écrit a le droit de mentir ?

Faut-il écrire quand on n'a pas d'idée(s) ?

Celui qui écrit doit-il se soucier de la morale ?

Faut-il prendre des notes ?

Celui qui écrit a-t-il le droit de raconter la vie d’autrui ?

Doit-on s'identifier à ses personnages ?

Celui qui écrit a-t-il le droit de se prendre pour un écrivain ?

Faut-il avoir un plan précis ?

Est-ce que celui qui écrit doit-il étudier le crépuscule ?

Peut-on, au contraire, écrire au gré de son imagination ?

Comment savoir si une idée mérite d'être exploitée ?

Celui qui écrit  est-il le plus qualifié pour juger et corriger son manuscrit ?

Comment savoir quand le texte est terminé ?

Est-ce qu’un texte peut se terminer ?

Qu’est-ce que l’imagination ?

 

Est-ce que celui qui écrit doit se soucier de son lecteur ?

Est-ce que celui qui écrit  doit être un lecteur ?

Celui qui écrit est-il un solitaire ?



Toutes vos réponses, même partielles sont les bienvenues...

 

EN CHUCHOTANT ET EN PASSANT...

Vous me réveillerez au son de vos pensées secrètes

Je me lèverai joyeux dans votre cerisaie

Et je vous raconterai des des histoires de feuilles mortes

De renards insurgés sous la lune

Des histoires de fesse et de brioches rares

Et vous me laisserez me rendormir

Sur mes compas et mes boussoles

De guêpes retirées des affaires

Alexandre Voisard, poète suisse romand, extrait de Le Repentir du peintre.

ALICE & TIM

Tim Burton a-t-il bien lu « Alice au pays des merveilles » ?

Par Julian Barnes

 

La perception commune du chef-d'œuvre de Lewis Carroll ne rend pas hommage à ce récit complexe, écrit par un homme qui ne l'était pas moins. Alors que Tim Burton présente son adaptation des aventures d'Alice, avec Johnny Depp, Helena Bonham-Carter et Mia Wasikowska, on peut s'interroger sur ce que la postérité a fait de ce cauchemar qui ressemble tant à un rêve. C'est ce qu'avait fait Julian Barnes dans « l'Obs » en 1990.

C'était vraiment une belle journée - chacun, bien sûr, s'en souvient - chaude et ensoleillée.
On était en  1862, plus précisément le 4 juillet - ce qui fit dire plus tard au poète anglais W. H. Auden « que ce jour particulier est devenu mémorable dans l'histoire de la littérature autant qu'il l'est dans l'histoire de l'Amérique ». Le révérend Charles Dogson et son ami le révérend Robinson Duckworth emmenèrent les trois sœurs Liddell (Lorina 13, Alice 10 et Edith 8 ans) faire une promenade en bàrque sur la Tamise à Oxford. Au cours de cette « enchanteresse après-midi », le révérend Dogson se mua en Lewis Carroll pour raconter la première version de l'histoire qui allait devenir les Aventures d'Alice au pays des merveilles. Tous ceux qui participèrent à cette promenade se souviendront plus tard de ce jour d'été éclatant et chaud.

Pourtant, en 1950, un chercheur consciencieux consulta les registres de l'Office météorologique de Londres et découvrit que le temps dans la région d'Oxford ce vendredi 4 juillet 1862 avait été « froid et plutôt  pluvieux ». Pour n'importe quel autre écrivain cette information aurait été décevante, gênante même. Mais avec Lewis Carroll c'est le contraire qui se produit. Celui-ci est en effet le créateur du rêve le plus célèbre de la littérature, le créateur de ces mondes situés tout au fond du terrier du Lapin et de l'autre côté du miroir. Là, les choses sont naturellement sens dessus dessous et sens devant derrière. Là, la Licorne examine attentivement Alice « d'un air de profond mécontentement » avantde la qualifier de « monstre fabuleux ». N'est-il pas logique dans ces conditions que la perception du temps qu'il faisait ce 4 juillet reste dans la mémoire de tous sens dessus dessous et sens devant derrière, comme dans un rêve ?

Nathaniel Hawthorne, dans son journal, note qu'il projetait d'écrire un rêve « qui ressemblerait réellement au  déroulement d'un rêve avec ses illogismes, ses bizarreries, ses divagations ». Borges ajoute quant à lui « que ce projet étrange que notre littérature "moderne" tente vainement de réaliser n'a peut-être été accompli que par Lewis Carroll ». D'autres membres distingués de la modernité, chacun à sa manière, ont salué Carroll : Nabokov a traduit les Aventures d'Alice aux pays des merveilles en russe dès 1923. Aragon la Chasse au Snark en 1929. Breton, en 1932, affirme.que Carroll est un « des ancêtres du surréalisme » et lui donne une place importante, en 1940, dans son Anthologie de l'humour noir.

Oeuvre de Vladimir Clavijo Telepnev


Ces faits n'auraient pas été sans surprendre Lewis Carroll lui-même et, sans doute, de manière désagréable. Conservateur, pieux et chaste, maître de lui, ayant de plus dans le domaine de l'art un goût des plus conventionnels, il aurait été épouvanté par ce surréalisme teinté d'anarchie, d'érotisme, de paganisme, et qui réclamait de dangereuses libertés. En Angleterre Carroll n'a pas vraiment été « recadré » en dehors du travail de quelques spécialistes. Certes, le critique littéraire William Empson fit paraître une lecture  psychanalytique célèbre qui montrait que le début d'« Alice » amène facilement à l'esprit des termes freudiens tels qu'« imprégnation », « vie matricielle », « angoisse de la naissance ».

Mais en règle  générale, Lewis Carroll a été soigneusement gardé intact. Tout le monde l'a lu et pourtant il n'est pas vraiment considéré comme un écrivain mais plutôt comme un de ces amateurs inouïs qui un jour font paraître un chef-d'oeuvre. Peut-être est-il si mêlé à la culture anglo-saxonne qu'il nous est difficile, pour nous Anglais, de le voir avec un oeil neuf. Et il est possible que les traductions révèlent plus clairement les structures et l'étrangeté de l'oeuvre.

Dans notre langue, nous sommes sans doute distraits par l'accumulation des jeux linguistiques :
non-sens, mots inventés, mots-valises (portemanteau words), ceux-là mêmes qui ont deux ou trois significations. Nombre de ces termes, chargés à la fois de non-sens et d'expressivité, sont passés dans le langage courant : les écoliers dans « Stalky and Co » de Kipling s'expriment naturellement en carrollien et emploient des mots comme frabious (signifiant approximativement « heureux », « joyeux »). Car le plus souvent lorsqu'il inventait un mot, Carroll créait pour lui un espace linguistique, de sorte qu'on a maintenant l'impression que ce terme-là a toujours fait partie du langage : un mot comme chortle (chuckle-glousser + snort-grogner) signifie glousser avec éclat et galumph, galoper ou sauter lourdement. Même l'expression «portemanteau words = mots-valises » inventée par Carroll avec humour est devenue aujourd'hui en anglais un mot d'une correction lexicale parfaite.

Il s'ensuit que la vision anglaise traditionnelle d'Alice et de son créateur est douce, sentimentale, provinciale.
C'est bien entendu une erreur : le monde d'Alice est plein d'angoisse et de peur ; il est incertain et arbitraire ; et la plupart des gens et des animaux que rencontre Alice sont grossiers, tyranniques, obsédés par leur propre personne. Si nous sommes dans le monde du rêve, il s'agit sans aucun doute d'un cauchemar, et si c'est le monde des adultes vu par les yeux d'un enfant, on peut se demander lequel d'entre eux voudrait grandir pour y entrer ? Les livres racontant les aventures d'Alice ne laissent jamais apparaître la piété de leur auteur : ils parodient cruellement aussi bien l'univers des chants pieux, par exemple ceux écrits par Isaac Watts, que nos attentes concernant les récits pour enfants. Le Morse et le Charpentier vont faire sur la plage une promenade avec les Petites Huîtres : celles-ci sont impatientes de festoyer - leurs vêtements sont bien brossés, leurs visages bien lavés, leurs souliers bien propres et bien cirés. Mais que se passe-t-il ? Le Morse et le Charpentier commandent une miche de pain et avalent toutes les Petites Huîtres. Comme l'on voit beaucoup de gloutonnerie, de cruauté, de mort en suspens dans ce jardin secret.

Si beaucoup d'enfants considèrent le Chat du Cheshire Humpty Dumpty, la Tortue Fantaisie ou la Chenille comme des compagnons de jeux, ils ne manquent pas aussi de se souvenir de l'un des épisodes de l'histoire comme du premier récit réellement effrayant qu'ils aient jamais lu. Quant à moi, ce fut celui de la fin d'« Alice au pays des merveilles », lorsque tous les animaux sont projetés en l'air, puis se transforment en cartes à jouer avant de devenir des feuilles qui tombent sur le visage endormi d'Alice.

D'où vient cette peur ? En partie de la double transformation, de l'angoisse familière ressentie devant les choses qui vous sautent à la figure mais aussi de la panique soudaine qui s'empare de cette Alice qui savait si bien tout à l'heure garder son sang-froid. Même elle, même cette chère amie, ne nous inspire plus entièrement confiance.

Et il en est de l'homme comme de l'œuvre :
le révérend Dogson n'était nullement quelqu'un de chaleureux et de détendu : il ne savait certes pas glousser avec éclat. Un de ses contemporains à Oxford se souvient « de la silhouette sévère et ordinaire, du visage rébarbatif : pour tous, en dehors des petites filles, il n'était pas quelqu'un de séluisant : il était austère, réservé, tâtillon ». Il enseigna les mathématiques à Oxford sa vie durant et ses élèves se souviennent de lui comme d'un personnage cassant et ennuyeux. « Il ne souriait pas, se rappelle l'un d'eux, et ne montrait jamais le moindre signe d'humour, même retenu, ses cours étaient mortellement ennuyeux ».

Une certaine année, ses élèves firent une pétition qu'ils envoyèrent au directeur de leur collège, pour demander la permission d'assister au cours d'un autre professeur.
Il y avait une séparation stricte entre le « Dogson » qui écrivait des livres de mathématiques et de logique et le e Carroll » qui racontait des histoires pour enfants. Dogson avait demandé à la poste d'Oxford que sur toutes les lettres adressées à « Lewis Carroll, Christ Church Oxford » soit portée la mention « Inconnu à l'adresse indiquée». Ce mur entre Dogson et Carroll est indestructible.

En 1867, l'auteur d'Alice effectua son seul voyage à l'étranger pour se rendre en Russie. L'important journal qui nous est parvenu fut tenu par Dogson et nullement par Carroll. Il y a bien sûr à l'occasion d'amusantes métaphores telle celle où l'auteur compare les églises de Moscou à des cactus, mais en général le journal aurait pu être rédigé par n'importe quel pasteur de l'époque victorienne. Il contient d'interminables descriptions d'églises et de services religieux, des considérations sur les hôtels où ést descendu le voyageur et des récits de ses rapports avec les cochers. Pourtant, enfin, lôrsqu'il se rend au zoo de Moscou, le coeur du lecteur se met à battre d'impatience. Le créateur du Lapin Blanc, de la Chenille, de la Tortue Fantaisie, du Chat du Cheshire au zoo de Moscou! Que peut-il y avoir de plus... surréaliste ? Mais Dogson a laissé Carroll loin là-bas, à Oxford, et le pasteur sans génie écrit : « Dans la soirée nous avons visité le zoo où après avoir vu les oiseaux et les quadrupèdes, nous sommes restés assis sous un arbre, au milieu des guirlandes de lampions de couleurs, à écouter des chanteurs tyroliens qui donnaient un récital très agréable. »

Et même lorsque Dogson acceptait de voir vivre Carroll, quand il permettait à ce dernier de jouer avec ses petites amies, les règles et impératifs étaient extrêmement sévères. Tout d'abord il ne s'intéressait pas le moins du monde aux garçons : « J'aime énormément les enfants (à l'exception des garçons) », a-t-il écrit un jour. Les lois concernant les filles étaient, quant à elles, fortement discriminatoires. Après avoir rencontré, en 1880, une New-Yorkaise de 8 ans, il repoussa toutes les petites filles du Nouveau Monde : « Je me vbis contraint de croire qu'il n'y a pas d'enfants en Amérique. »

Il aimait donc les petites Anglaises jusqu'à 14 ans environ : « Je pense que 12 ans serait mon âge idéal : les enfants sont si maigrelets de 7 à 10 ans. » Passé cette limite, ses petites amies n'avaient plus d'intérêt pour lui. A Oxford, un contemporain remarque: « II était systématique et rigide et lorsque le ruisseau devenait rivière, l'enfant aimée, choyée était délaissée brutalement, définitivement, sans aucune espèce de remords. » Une ancienne amie, Miss Catherine Brown, manqua à la règle: elle se précipita vers lui dans son collège à Oxford et posa avec chaleur sa main sur la manche du pasteur pour annoncer fort excitée : « Oh, Mr Dogson, je suis sur le point de me marier. » L'ancien Carroll, en cet instant Dogson, enleva la main de la jeune fille, la regarda sans montrer le moindre signe d'émotion et répliqua : « Franchement. Miss Brown, je ne suis d'aucune manière intéressé par les affaires de coeur. »

C'était un photographe passionné : ses photographies d'Alice et des nombreuses autres petites filles font voir ses amies curieusement adultes et peu naturelles, avec parfois même un air boudeur plutôt qu'innocent. Il dessinait aussi ou photographiait des petites filles nues avec cependant, à chaque occasion, la permission de la mère. Et il demanda qu'après sa mort tous ces dessins et photographies soient remis à ses petites amies ou à leurs parents (apparemment rien de tout cela n'est parvenu jusqu'à nous). En tout cas, il n'y a jamais la moindre trace d'impudeur dans les images qui nous restent, sans parler, bien sûr, de pédophilie. A notre époque on se méfierait, au point de l'envoyer en prison, d'un homme qui prend plaisir à se faire des amies parmi les petites filles qu'il rencontre dans les trains ou sur plages, qui porte toujours avec lui un sac noir plein de casse-tête étranges en fil de fer et de curieux cadeaux, afin de les attirer à lui, qui a toujours dans ses poches quelques épingles de nourrice, afin que ses amies puissent relever leur jupe s'il leur prend l'envie de patauger dans l'eau et qui demande enfin la permission de les photographier.

Pourtant, Carroll était également innocent : il était d'une chasteté intransigeante. Peut-être d'ailleurs y a-t-il un rapport entre un refoulement sexuel extrême et le jaillissement soudain de magnifiques absurdités. L'autre grand écrivain du non-sens de l'époque victorienne, Edward Lear, était incapable pathologiquement de faire des avances aux femmes qu'il aurait aimé épouser, même lorsqu'il savait qu'il ne serait pas repoussé. George Orwell en parlant de Lear dit qu'« il est facile d'imaginer que quelque chose n'allait réellement pas dans sa vie sexuelle».

Toutefois, ces deux célibataires victoriens, qui semblent ne s'être jamais rencontrés ni avoir parlé de l'œuvre de l'autre, ont créé chacun de leur côté un territoire inoubliable. W.H. Auden écrit à propos de Lear « Et les enfant grouillaient autour de lui pour le coloniser comme s'il était un territoire. Et il devint un pays. » Carroll aussi est « devenu un pays ». Un pays où les cartes de géographie sont peu sûres et la topographie incertaine.  Freud soutient qu'il n'y a pas de rêve innocent, que tout a une signification, qu'il n'existe pas de hasard dans l'univers de l'esprit. Il n'est donc pas surprenant que Carroll dans ce siècle ait été souvent victime d'interprétations totalitaires. Que représente le Snark dans la plus belle œuvre de Carroll, « la Chasse au Snark » ? Est-ce le bonheur ? Peut-être. Est-ce  la mort ?

A une petite fille de ses amies, Florence Balfour, Carroll écrit en 1876 : « Quand tu auras lu le "Snark", j'espère que tu m'enverras un petit mot pour dire si tu l'aimes et si tu es parvenue à tout comprendre. Certains enfants sont déroutés. Bien entendu, tu sais ce que c'est qu'un Snark ? Si oui, je t'en prie, dis-le moi, je n'en pas la moindre idée. » C'est la nature même des vrais non-sens. Ils restent en suspens dans l'air comme le Chat de Cheshire, présent et absent à la fois, réel et immatériel, sans arrêter un instant de nous sourire.

Alice in Wonderland de Jonathan Miller

(© Bbliobs traduit de l'anglais par Michel Courtois-Fourcy)

AUTOUR DE FITZCARRALDO...

... Via Manaus, en direction de Iquitos...

Le gardien vous recommande la lecture de :

Conquête de l'Inutile, de Werner Herzog (éditions Capricci)

« Conquête de l'inutile survivra a tous mes films. J'en suis sûr. Les films ont de toute façon une durée de vie limitée. Les gens doivent bien comprendre que ce livre est une oeuvre de prose, un rêve ou un délire en état de fiêvre. A fever dream. A fever delirious. Ce n'est pas un journal de tournage. Seule la structure extérieure en adopte la forme et le ton. C'est un texte purement littéraire déguisé en journal de bord. A l'origine c'était bien sûr un journal, mais seule une toute petite partie de ce qui y est écrit est tiré d'éve évènements effectivement survenus au cours du tournage de Fitzcarraldo. Je décris avant tout des évènements intérieurs. Je le redis, c'est le rêve d'un homme qui a la fièvre. C'est un livre de catastrophes inventées. Comme si, pendant que je tournais Fitzcarraldo, j'écrivais de la poésie sur ce que c'est que vivre dans la jungle. » Werner Herzog

CLASSEMENT / DÉCLASSEMENT / SUITE

C'est Nicolas Es. qui continue d'apporter quelques réponses à notre conversation - ou modeste réflexion - collective :

Comment justifier une bibliothèque privée


(Umberto Eco, Comment voyager avec un saumon, Nouveaux pastiches et postiches, dans la partie Modes d'emploi, dans la sous-partie Utiliser livres et manuscrits)

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai droit à deux — et deux seuls — genres de boutades : « Tu es (vous êtes) celui qui répond toujours » et « Tu résonnes (vous résonnez) au creux des vallées ». J'ai longtemps cru que, par un hasard curieux, tous ceux que je rencontrais étaient stupides. En avançant en âge j'en suis arrivé à la conviction qu'il existe deux lois auxquelles aucun être humain ne peut échapper : d'abord, c'est toujours la première idée venue à l'esprit qui est la plus évidente ; ensuite, quand on a une idée évidente, on n'imagine pas que d'autres aient pu l'avoir avant nous.

Je possède une collection de titres de critiques publiées dans toutes les langues indoeuropéennes, allant de « L'écho d'Eco » à « Un livre qui fait Eco ». Mais là, je ne pense pas que ce soit la première idée venue à l'esprit du rédacteur en chef. À mon avis, la rédaction s'est réunie au grand complet, elle a discuté d'une vingtaine de titres possibles, et finalement le visage du rédac chef s'est illuminé et il s'est écrié : « Les enfants, j'ai une idée géniale ! » Et ses collaborateurs : « Chef vénéré, tu es diabolique, où vas-tu chercher tout ça? — C'est un don », a-t-il sans doute répondu.

Attention, je ne suis pas en train de dire que les gens sont banals. Penser qu'une évidence est inédite, inspirée par une illumination divine, cela révèle une certaine fraîcheur d'esprit, un enthousiasme pour la vie et son imprévisibilité, un amour pour les idées — si infimes soient-elles. Je me rappellerai toujours ma première rencontre avec ce grand homme qu'était Erving Goffman : je l'admirais et l'aimais pour le génie et la profondeur avec lesquels il savait saisir et décrire les nuances les plus subtiles du comportement social, pour sa capacité à déceler des traits infinitésimaux ayant échappé à tout le monde jusqu'alors. Nous nous sommes assis à la terrasse d'un café et, peu après, en regardant la rue, il m'a dit : « Tu sais, je crois qu'il y a désormais trop de voitures dans les villes. » Sans doute n'y avait-il jamais songé auparavant, trop absorbé par des choses bien plus importantes. Une illumination soudaine lui était venue et il avait eu la fraîcheur mentale de l'énoncer. Moi, petit snobinard empoisonné par la Seconde inactuelle de Nietzsche, j'aurais hésité à le dire, même si je le pensais.

Le second choc par évidence frappe en général ceux qui, comme moi, ont une énorme bibliothèque, si vaste que, en entrant à la maison, on ne voit qu'elle, car il n'y a qu'elle. Le visiteur s'avance et dit : « Que de livres ! Et vous les avez tous lus ? » Au début, je pensais que cette réaction était l'apanage de gens peu familiers du livre, habitués aux petites étagères où trônent cinq polars et trois volumes d'une encyclopédie pour enfants. Or l'expérience m'a appris que c'est aussi celle de personnes au-dessus de tout soupçon. Vous me direz qu'il s'agit de gens pour qui la bibliothèque est un dépôt de bouquins lus et non un instrument de travail, mais cela ne suffit pas. Je crois que face à une multitude de livres, chacun est saisi par l'angoisse de la connaissance, et dérape fatalement vers la question qui exprime son tourment et ses remords.

Le problème est que, à la boutade « Tu es celui qui répond toujours », on s'en tire avec un petit sourire ou, si on veut être gentil, avec un « Elle est bien bonne, celle-là! ». Mais pour les livres, vous êtes bien obligé de répondre, tandis que vous sentez vos maxillaires se contracter et une sueur glacée ruisseler le long de votre colonne vertébrale. Avant, j'optais pour le mépris : « Non, je n'en ai lu aucun, sinon pourquoi les garderais-je ici ? » Mais la réponse est dangereuse car elle déclenche une réaction évidente : « Ah bon! Et vous les mettez où, ceux que vous avez lus ? » Le mieux serait la réponse standard de Roberto Leydi « J'en ai lu bien davantage, Monsieur, bien davantage », qui foudroie l'adversaire, le plongeant dans un état d’engourdissante vénération. Mais je la trouve impitoyable et anxiogène. Aujourd'hui, je m'en tiens à l'affirmation ; « Non, là c'est ceux que je dois lire d'ici le mois prochain, le reste Je l'entrepose à l'université », réponse qui d'un côté suggère une sublime stratégie ergonomique, et de l'autre amène le visiteur à anticiper le moment de prendre congé.


« Le visiteur s'avance et dit : « Que de livres ! Et vous les avez tous lus ? » [...]  Avant, j'optais pour le mépris : « Non, je n'en ai lu aucun, sinon pourquoi les garderais-je ici ? » Mais la réponse est dangereuse car elle déclenche une réaction évidente : « Ah bon! Et vous les mettez où, ceux que vous avez lus ? » Le mieux serait la réponse standard de Roberto Leydi « J'en ai lu bien davantage, Monsieur, bien davantage », qui foudroie l'adversaire, le plongeant dans un état d’engourdissante vénération. Mais je la trouve impitoyable et anxiogène. Aujourd'hui, je m'en tiens à l'affirmation ; « Non, là c'est ceux que je dois lire d'ici le mois prochain, le reste Je l'entrepose à l'université », réponse qui d'un côté suggère une sublime stratégie ergonomique, et de l'autre amène le visiteur à anticiper le moment de prendre congé. »

Illustration de l'ami CASAJORDI

CLASSER / DÉCLASSER

Ainsi donc, l'un des principaux problèmes que rencontre l'homme qui garde les livres qu'il a lus ou qu’il se promet de lire un jour est celui de l'accroissement de sa bibliothèque. Tout le monde n'a pas la chance d'être le capitaine Nemo.

Georges Perec

 

Dans la Bibliothèque du Superflu dont j'aimerais qu'elle trouve toujours une place sur nos étagères, ce Dictionnaire des lieux imaginaires est, sans l'ombre d'un doute, un ouvrage dont la consultation est indispensable.

Italo Calvino

Le gardien du cabinet :

Je range mes bibliothèques et prépare quelques petits textes pour la circonstance. Ranger, déranger, à un moment, c'est presque la même chose. Le rangement peut être au sol et le dérangement sur les rayonnages. Question de point de vue. Il faut aussi que je laissse une place vide - celle d'un livre -  afin de pouvoir lire debout, prendre des notes à mon aise et faire des croix au crayon de papier dans les marges. Important les marges. Dans la Bibliothèque du Superflu dont j'aimerais qu'elle trouve toujours une place sur nos étagères, ce Dictionnaire des lieux imaginaires est, sans l'ombre d'un doute, un ouvrage dont la consultation est indispensable.

 

Evelyne Roux :

Pourquoi MES bibliothèques ? Vous avez une bibliothèque secondaire ? Tertiaire ? Quaternaire ?

 

Le gardien :

Parce que j'ai des bibliothèques dans chaque pièce - plus trois bureaux - et d'autres dans deux autres maisons. Toutefois ma compagne m'a interdit la cuisine et la salle de bain.

 

Benjamin C. :

C'est pas le tout de les ranger. Le classement alphabétique est certainement le plus commode. Le plus enquiquinant, c'est de les nettoyer (dépoussiérage annuel)

 

Le gardien :

Hélas le classement alphabétique ne suffit pas. On peut classer les romanciers, quoi que je sépare les contemporains des classiques et les littératures étrangères de la françaises. Il reste aussi toutes les autres disciplines. Et puis il y a aussi les formats. et les articles découpées dans les livres. les doubles qui servent de bibliothèque de travail... Et puis, et puis...

 

Pascal Bouchet-Spiegel :

 Maxime avait gagné sa chambre. Il y avait fait transférer sa bibliothèque et procédé à une répartition à demi-aléatoire. “Aucune perfection en matière de classement !” prétendait-il. Aussi, le rayonnage avait-il satisfait le mieux à son rayonnement. Certains rayons ordonnaient les ouvrages par la couleur, d’autres par la taille. Classés par ordre alphabétique, par auteur, par genre, par langue, par âge, par hasard, par valeur, par côte, par imprimeur, par éditeur, par collection, par utilité... Le rayon des dictionnaires y tenait une place de choix. Au dernier rang, les rossignols, muets et poussiéreux. À l’horizontale, les livres à lire ou à relire, et puis les inclassables qui tous avaient pris place dans le même rayon. Ce paradoxe des inclassables ordonnés sans peine et sans nulle autre logique que la coexistence naturelle de ceux qui se ressemblent donnait une tournure quasi-prophétique à l’assertion du chercheur : “Aucune perfection en matière de classement !” Les sentences de Maxime tombaient comme des couperets et s’ensuivaient généralement du point définitif, conçu sur le modèle du gourdin. “Le modèle alphabétique est le plus insensé qui soit.” disait-il.

 

Pascal Bouchet-Spiegel in Rue du Palindrome p.51 (éditions du Petit véhicule, Nantes)

 

Le gardien :

Cher Pascal, un beau brin de texte que n'aurait renié ni l'ami Perec, ni l'auteur de Comment j'ai écrit certains de mes livres.

(…)

Je crois – où je sais pour le pratiquer - qu'une bibliothèque ne doit être rangée que pour son auteur et accessible, de fait, uniquement à ce dernier...

Le classement selon le dessinateur Edward Gorey

 Monsieur Norbert :

« Qui ose parler de classement alphabétique ? Rien ne vaut une classification aléatoire, obéissant aux lois de la logique floue. Un anti-classement, obéissant aux impulsions du moment et aux affinités farfelues, aux rapprochements improbables, aux coups de coeur imprévisibles, et lisible pour son seul bibliothécaire. La fantaisie est le seul classement de bibliothèque qui ne m’ait jamais permis de m'y retrouver.

Bon, je le reconnais, ce n'est pas forcément toujours le plus rapide, mais que c'est bon, la lecture buissonnière ! »

(…)

Aïe ! je crains, cher Eric, que vous ne soyez désormais condamné à classer « L'Art d'accommoder les crustacés » à côté des œuvres complètes de Gérard de Nerval.

Enfin, si vous vous y retrouvez, c'est l'essentiel...

 

Benjamin C. :

Chers tous. C'est évidemment une question de point de vue. Je trouve pour ma part (est-ce inattendu ?) que le classement alphabétique fait droit aussi à d'étonnants tours. J'aime assez l'idée que Brautigan côtoie Borges, que Faulkner côtoie Fante, ou que Simak tienne au chaud entre Shakespeare et Stevenson. Essayez avec la musique, c'est encore plus marrant. Pour le reste, le classement aléatoire (ou empirique, comme on voudra) me semble intéressant bien que singulièrement casse-gueule dès qu'il s'agit de s'attaquer à un travail de recherche. A l'école, à l'université, hélas (et pardon), il s'agit aussi de rendre sa copie à l'heure.

 

Monsieur Norbert :

Comme quoi même le classement alphabétique peut être révélateur de jolies failles (pas seulement temporelles). Somme toute, la fantaisie se niche souvent là où on l'attend le moins...

Je vous rassure tout de suite, cher Benjamin, je me fais une joie de ne jamais rendre mes copies à l'heure. Mais ça, c'était, hélas ! Parfaitement prévisible...

Le gardien :

En délcassant, donc, je ne peux m'empêcher de vous faire la lecture. Les lecteurs de perec me comprendreront. oui, le rangement est presque une science inexact, surtout quand on dérange.

« Une bibliothèque qu'on ne range pas se dérange : c'est l'exemple que l'on m'a donné pour tenter de me faire comprendre ce qu'était l'entropie et je l'ai plusieurs fois vérifié expérimentalement.
(...)
Le désordre dans une bibliothèque n'est pas en soi une chose grave ; il est de l'ordre du "dans quel tiroir ai-je mis mes chaussettes ?" : on croit toujours que l'on saura d'instinct où l'on a mis tel ou tel livre et même si on ne le sait pas, il ne sera jamais difficile de parcourir rapidement tous les rayons.
(...)
A cette apologie du désordre sympatique, s'oppose la tentation mesquine de la bureaucratie individuelle : une chose pour chaque place et chaque place à sa chose et vice versa ; entre ces deux tensions, l'une qui privilégie le laisser-aller, la bonhomie anarchisante, l'autre qui exalte les vertus de la tabula rasa, la froideur efficace du grand rangement, on finit toujours par essayer de mettre de l'ordre dans ses livres : c'est une opération éprouvante, déprimante, mais qui est susceptible de procurer des surprises agréables, comme de retrouver un livre que l'on avait oublié à force de ne plus le voir, et que, remettant au lendemain ce qu'on ne fera pas le jour même, on redévore à plat ventre sur son lit.

Georges Perec in
Penser/Classer

Monsieur Norbert :

J'aime ma bibliothèque : c'est l'un des rares lieux où il me soit encore permis de me perdre impunément.
Il faut dire qu'elle change sans cesse de visage : elle me précède, elle me suit, elle s'échappe, elle m'entasse, elle s'empile, elle me déborde, elle me vend au plus offrant, elle m'échange, elle se donne au premier venu, elle me met en carton avec des trous pour pouvoir respirer, elle m'oublie sur un banc ou dans un grenier, elle s'oublie même parfois au pied d'un réverbère, elle me montre les crocs quand je ne la comprends pas, elle pisse sur la moquette quand je suis en colère, elle pousse même le vice jusqu'à remuer la queue et lécher la main des inconnus pour que je n'oublie pas qu'elle a toujours eu un faible pour Andréa de Nerciat.
Il faut dire qu'elle est un peu nomade : elle s'est toujours fait la belle, et a tenté plusieurs fois de me perdre. Le syndrome du Petit Poucet sans doute.
Alors, comment diable voulez-vous que je m'y retrouve, moi ?

Jean-David Jumeau-Lafond :

« Le classement thématique puis par formats puis alphabétique me semble le plus efficace.
Les ouvrages précieux, envois, reliures rares, provenances exceptionnelles sont à conserver à part évidemment. Ceci dit, il y a toujours des livres qui "disparaissent".... »

Le gardien du Cabinet vous recommande la lecture de :

 Penser/Classer, de Georges Perec(Seuil)

Des Bibliothèques pleine de fantômes, de Jacques Bonnet (Denoël)

 Rue du Palindrome, de Pascal Bouchet-Spiegel (éditions du Petit véhicule, Nantes)

Ça Et 25 Centimes de Alberto Manguel (L'escampette éditions)

 

Il s'entend que les lecteurs et les amis du cabinet peuvent prendre part à la conversation et glisser ici leurs témoignages..

Le pessimisme atteint quelqu'un qui attend la pluie ; moi je suis trempé jusqu'aux os.

Léonard Cohen

 

Au comte Jan Nepomucen Potocki qui mit fin à ses jours à l’aide d’une petite balle d’argent, façonnée à partir du couvercle de sa théière et polie par ses soins

 

Mon ami G. L. n'a plus le goût à rien, à  commencer par le goût à vivre. Il cultive son indolence avec une rigueur féroce. Lorsqu’ il lit, c'est pour mieux s'endormir sur la volumineuse Anatomie de la mélancolie de Thomas Browne qui lui sert alors d'oreiller revêche. Ses cauchemars sont ses seuls loisirs et le jeu du pendu son dernier centre d'intérêt. Jusqu'à ce triste jour, c'était avant hier, où la grande idée lui est venue. Puisqu'il a tout raté, il ne ratera pas sa sortie. Un sucide, mais quelque chose de grandiloquent, voilà ce qu'il va imaginer. Un acte désespéré dont on se souviendra longtemps. Aussi mon ami G. s'est décidé - un effort pour lui - à recenser les suicides possibles. Les barbituriques, c'est un peu trop chimique, les armes à feux, c'est bruyant ; Quant à la noyade, il déteste l'eau froide. Bien sûr, il y a les suicides romantiques, mais c'est à son goût un peu trop... romantique. Après une courte réflexion, il décide de se rendre à la bibliothèque de son quartier, certain qu'il trouvera là une documentation des plus précieuses.

–  Bonjour Madame, Je cherche des livres rares sur le suicide...

– Au fond là-bas, il y a un rayon sciences humaines, puis ce sont les arts du cirque, ensuite c'est les rayons des livres la question.

Une fois sur place, mon ami s'aperçoit que le rayon est vide. Pas un seul livre sur le sujet qui l'obsède ! Un peu interloqué, il retourne voir la bibliothécaire et lui fait part de son étonnement.

La bibliothécaire le regarde, désabusé :

– Oui, hélas, je sais cela, ce sont des lecteurs sans scrupules, ils ne rapportent jamais les livres !

Depuis mon ami ne fréquente plus les bibliothèques.

© Les égarement de Eric Poindron

HOMARD

« Nous nous sommes toujours fait un devoir, dans ce journal, d'accueillir et d'encourager toutes les tentatives ayant pour but le bonheur de l'humanité (...) »

Pour la suite, et pour ceux qui s'intéressent à la vie complexe des homards, il suffit de pousser la PORTE de Monsieur N. Du reste, elle est déjà OUVERTE

Homard à la mode « Taxidermie »

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on raconte que l'on vit Gérard de Nerval, le nyctalope et le voyant, traînant un homard vivant au bout d’un bleu ruban. L’histoire insolite circula dans Paris et ,comme les uns, les autres et les amis s’étonnaient :

« En quoi, répondit l’auteur de El desdichado, un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… »

BORGES EN APPARENCE

(...) ils'était déjà entraîné à simuler qu'il était quelqu'un, afin qu'on ne découvrît pas sa condition d'être personne.

Jorge Luis Borges

 

Jorge Luis Borges - qui n’est pas l'auteur de Mon double par moi-même mais de L'Autre, le Même - est peut-être un incertain personnage aveugle créé par un certain Jorge Luis Borges, écrivain farceur et clairvoyant à la vue perçante. Jorge Luis Borges – lequel des deux ? – fut aussi, en apparence, un bibliothécaire érudit et raffiné, collectionneur de gigognes et de double foyer. Quand Jorge Luis Borges – celui-là – en avait assez de jouer à cache-cache avec sa double identité, il prenait la place de l’autre afin de mieux se tromper – son monde.

Attention, un personnage qui n'existe pas peut quand même cacher une existence inventée.

Avec l'âge, j'ai appris à me résigner à être Borges

20 FÉVRIER

Mon bon professeur P
je vous souhaite un soyeux anniversaire
 
c'est un jour à tailler les arbres
en forme de nuages
et les nuages
en formes de rivières
 
Il faudra marcher
dans les bois
et chercher

les empreintes de bêtes

que laisse la nuit

lorsqu'elle rêve

 

Il faudra faire avec

les petites choses

les noeuds de fils de pêche

les coups de vents

les coups de dents

 

Il faudra faire avec

et continuer

à dormir dans les livres

à faire des tartes aux enfants

à graffitter les solitudes

à regarder devant

 

Mon bon profeseur P

à la bonne votre

et à la tienne

Thomas V.



Thomas Vinau

anime les blogs

ETC-ISTE

FISH OFR SALE

GALERIE DE PORTRAITS EN FORME DE PATATES

20 FÉVRIER

Pour cause d'anniversaire - le sien -, le gardien n'est pas en mesure, ce jour, d'assurer l'ouverture et la bonne tenue du cabinet. Toutefois les les étranges personnages qui hantent les lieux se sont cotisés pour lui offrir quelques bizarreries et singuliers présents capharnaumesques...

Des planètes incongrus

et d'autres...

Une demoiselle de compagnie

Une seconde...

Quant au gardien

si il ne voyage pas

en déraison

il est sans dout parti

à la chasse aux papillons... 

DES FÉES...

PAUL FORT COMME UN POETE

Je n’étais qu’un petit poète (...) je voyais des fées partout.

Paul Fort

 « La, la, la, et là, il y a des fées autour de moi ! Do ré mi, il y a des fées dans ma vie, do Remi ré, il y a des fées dans ma cité... »

En 1878. C’est un enfant qui joue près d’une cathédrale en couleurs, dans une petite rue du Clou dans le fer, exactement... Entre l’enfant et la cathédrale, il y a un cerf-volant. C’est un gars du monde fredonnant qui enchante. Petit comme on l’est à six ans, pinson comme un enfant. Rue du Clou dans le fer... Petit Paul, c’est un garçon comme le printemps. À l’Est, à Reims, un provincial, enfant comme un poète, joue à saute-mouton dans une ruelle pavée de bonnes intentions. Si l’enfant levait les yeux au ciel, il attraperait le pigeon bleu, les tours de cathédrale et le vent rouge qui file comme une chanson.

Rue du Clou dans le fer, sur le mur gris, à la craie blanche quelqu’un a écrit...

« Le poète n’a pas besoin d’apprendre à écrire La poésie raconte les enfants qui jouent Le poète est un enfant qui joue La poésie est un carillon Le poète croit aux fées, Les fées, rien que les fées, L’enfant aussi »

L’enfant qui ne sait pas lire s’arrête et lit, Puisqu’il est poète.

Il chante car il est heureux l’enfant.

L’enfant joue sa mère l’appelle Il sourit.

– On va partir, dit la mère... à Paris... Tu es grand maintenant. Ce n’est pas vrai, l’enfant est tout petit.

– Tu verras, c’est beau, c’est grand Paris...

L’enfant qui grandit va vite à grandir.

Plus de cathédrale, de bleu, de rouge et de mots blancs sur le mur se dit l’enfant. Paris, ça a beau être grand, c’est trop grand... « Les mots, emporte-les, c’est pour toi. »

– Qui a parlé ? - C’est moi, la fée à laquelle tu crois...

– Comment vous le savez ?

– Parce que je suis une fée.

– Je ne vous crois pas.

– Ne grandis pas si vite, crois-moi plutôt.

Alors l’enfant s’approche et découvre la fée, sur le clou. Rue de la fée sur le Clou dans le fer. Ça existe quand on veut... Et comme l’enfant veut...

– Emporte les mots en voyage. Remplis tes poches... prends en des poignées et jette-les sur les murs. A Paris. - J’ai le droit ? - Tu as tous les droits. Un poète pupille, ça pille puis ça éparpille. Crois en toi comme tu crois en moi. Je serai Urlurette, et tu seras l’hurluberlu. Tu seras le poète, je serai la fée savante. Tu seras un poète intégral comme l’écrira un poète... Je serai ta servante, tu seras le prince des poètes... officiel.

Puis, la fée a écrit ces derniers sur le mur de printemps. Chaque jour qui passe, tu seras un peu plus poète et ce ne sera pas ta faute...

Loin de la rue du Clou dans le fer, l’enfant a fini par grandir, puis s’est arrêté. Ensuite il est devenu vieux... Entre-temps, il a continué à devenir poète. Tout le temps, à plein-temps. Prince des poètes et poète intégral. À Paris... Plein de livres, remplis, de cerfs-volants de cathédrales et de fées... La fée ! Personne n’a su s’il l’avait oubliée...

Des spécialistes ont dit : « dans ses livres, il y avait quand même beaucoup de fées. Des fées ! »

Les autres, les “pas spécialistes” ont dû penser qu’il les avait inventées...

Puis d’avis de tous, le temps a encore passé...

Ici, le temps qui passe comme les anges de cathédrale... fiche le camp comme cerf-volant.

En 1958. A Reims, Rue du Clou dans le fer...

Les enfants cassent les jouets, mais les adultes cassent beaucoup plus.

Les villes, les cathédrales et même les perchoirs à fées. Un vieux monsieur se penche sur le clou comme d’autres sur le passé.

Plus rien.

Il écrit :

« Chaque jour qui passe, je suis un peu plus poète... Et ce n’est pas ma faute... »

Seulement un vieux monsieur. Le petit Paul. À Reims, car ça se passait à Reims et personne ne l’a su. Pensez... Un poète, ça n’intéresse personne. Attention, c’était un poète célèbre. Alors ça aurait pu intéresser ceux qui ne s’intéressent à rien. Il a réussi à Paris. A Paris, vous savez, mais il est d’ici !

Puis petit Paul est parti, vieux comme tout. Puis il est mort. Deux ans après. Comme tous les poètes qu’on dit immortels.

Aujourd’hui, sur le mur, sous le Clou dans le fer, un enfant a écrit :

« Ici naquit Paul Fort qui croyait aux fées et à la poésie.»

« La, la, la, et là, il y a des fées autour de moi ! Do Remi ré, il y a des fées dans ma cité, Do ré mi, il y a des fées dans ma vie... »

Le Prince de Poètes

 

© Les petits mots-hommages de Eric Poindron

RÉPONSE A BERNARD-HENRY LEVY

par Aude Lancelin


Invité dans l'émission « On n'est pas couché » le samedi 13 février, sur France 2, Bernard-Henri Lévy a cru bon de tenir à mon sujet des propos inexacts et malveillants sur lesquels je me vois obligée de revenir.
A l'animateur, Laurent Ruquier, qui l'interrogeait sur la référence à un philosophe fictif - et surtout grotesque  - contenue dans son dernier essai et lui lisait un extrait de mon article ayant révélé la chose, Bernard-Henri Lévy a répondu :

« Mais même la personne qui écrit (ça)... Elle a été la première à m'interviewer pour ce livre, elle a organisé un dialogue entre Slavoj Zizek et moi. Elle savait pas non plus (sic) que Botul s'appelait Pagès. Elle a lu le livre, elle l'a annoté, elle nous a fait parler de tout ça, elle ne le savait pas non plus.»

Face à un tel procédé, on sourira nécessairement en songeant à ce que Castoriadis écrivait déjà du même « BHL » dans le même journal, Le Nouvel Observateur, il y a plus de trente ans :

« Il faut, en effet, un fantastique mépris de son propre métier, de la vérité certes aussi mais tout autant des lecteurs, pour inventer des faits et des citations. Il faut ce mépris du public au carré pour faire mine, lorsque ces bourdes sont relevées, de retourner l'accusation d'ignorance contre celui qui les a signalées.»


Ainsi ai-je le regret de devoir préciser à Bernard-Henri Lévy que ses allégations sont mensongères. Tout autant que les insinuations contenues dans un article intitulé « Les étranges méthodes d'une journaliste du Nouvel Observateur », mis en ligne sur son site officiel, bernard-henri-levy.com, le 10 février dernier.

Ayant reçu les épreuves de son livre début janvier, je suis bien entendu immédiatement tombée sur le passage effarant où Bernard-Henri Lévy se réfère avec sérieux à un texte bouffon qu'il s'efforce aujourd'hui de présenter partout comme « très crédible ». L'œuvre d'un certain Jean-Baptiste Botul, que j'avais déjà personnellement évoquée en tant que canular à plusieurs reprises dans Le Nouvel Observateur, notamment dans un papier du 18 janvier 2007. Une fois encore, Bernard-Henri Lévy aurait dû vérifier ses sources.

La charité la plus élémentaire incitait à ne pas évoquer ce ratage lors du débat organisé avec Slavoj Zizek. L'adversaire de Bernard-Henri Lévy, un des penseurs radicaux auxquels celui-ci s'en prend nommément dans son livre, en eût été pour le moins amusé. A cela il faut ajouter que lors de cette entrevue, le 13 janvier, je n'avais encore nullement prévu d'évoquer la bévue en question, ni sur BibliObs.com ni dans les pages du Nouvel Observateur. Seul le matraquage promotionnel invraisemblable dont Bernard-Henri Lévy a par la suite bénéficié dans la presse, et qui se poursuit aujourd'hui à un rythme effréné sur tous les écrans, dans tous les journaux et toutes les stations de radio, m'a convaincue de la nécessité de le faire.

Compte tenu des proportions prises par le « Botul gate », notamment dans la presse étrangère, conséquences qui me dépassent largement et ont pu entraîner des excès, Bernard-Henri Lévy a bien entendu le droit de se défendre. Le sens de l'humour inoxydable qu'il revendique depuis quelques jours devrait lui permettre de le faire autrement que par la diffamation.

© A.L. BibliObs

LA SUITE DU PLAISIR, Une interview exclusive du créateur de Botul, C'EST ICI...


PRESQUE UN QUESTIONAIRE DE PROUST...

AVEC FLORENCE ALCAIDE VILLANUEVA

Artiste multi-cartes, Florence A.V. est une jeune fille rétro-post-moderne né au XXe siècle et se jouant du XXIe. Elle a aussi, dit-elle, « renoncé à l'unique ambition qu'elle avait dans la vie : devenir normale.» Quand elle ne s'adonne pas à la sieste ou à une procrastination méritée, elle collabore à CHRONIC'ART où elle « defraie les chroniques » Mutant du mois et Bastard academy. Le reste du temps, elle peut bien faire ce qu'elle veut ou ne rien faire du tout, et ce tout aussi bien. En attendant un repos bien méritée, la voilà acoquinée avec Marcel Proust, écrivain préchi-précieux, l'instant de quelques réponses coqalanesque.

 

1. Quel est pour moi le comble de la misère ?

 Ne communiquer qu’avec les morts

 

2. Quel est le principal trait de mon caractère ?
La constance dans l’inconstance

 

3. Quelle est la qualité que je préfère chez la femme ?
Sa complémentarité d’avec l’homme

4. Quel est mon idéal de bonheur terrestre ?
La topographie de l’Ile de la Réunion remplacerait le sol parisien
 

5. Quelles fautes m'inspirent le plus d'indulgence ?
Les fautes de déclinaison allemande 

6. Si vous n'étiez pas vous-même, qui auriez-vous aimé être ?

Ma chatte Chiquita 

 

7. Où aimeriez-vous vivre ?
A Mexico DF
 

8. Ce que j'apprécie le plus chez mes amis

Ils sont différents de moi

 

9. Mon principal défaut
La jalousie

 

10. Mon occupation préférée
La rêverie

 

11. Mon rêve de bonheur
Un ranch à la faune et à la végétation luxuriante

 

12. Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre les miens

 

13. Ce que je voudrais être en ce moment précis

 Une brillante et prolifique peintre et écrivain

 

14. Mets et boissons préférés / Couleurs, fleurs, oiseaux préférés

Les frites, le vollkornbrot, le fromage, l’eau, le thé et le whisky-coca / noir, jasmin, colibri

 

15. Mes auteurs favoris
Edgard Allan Poe, Benoît Duteurtre, Gaston Bachelard

 

16. Mes héros / héroïnes fictifs

 Robin des Bois, Carmen, Alice au pays des merveilles


 

17. Mes compositeurs / mes peintres préférés  

Gustavo Santaolalla/ Edward Hopper

 

18. Le mot que je préfère / mon juron préféré

Pourquoi / bâtard

 

19. Mes héros / héroïnes dans la vie réelle

Le Général Lafayette / Frida Kahlo 

 

20. Mon personnage historique favori
La Malinche

 

21. Mes prénoms favoris

Cuauhtémoc / Félicity

 

22. Ce que je déteste par dessus tout (ou ma bête noire)

Les virus

 

23. Personnages historiques que je méprise le plus

Le Maréchal Pétain, Jean-Paul Sartre

 

24. Le fait militaire que j'admire le plus / La réforme que j'estime le plus

La non-participation à la guerre d’Irak / La réforme du droit des personnes handicapées

 

25. Le don de la nature que je voudrais avoir

Le camouflage

26. Comment j'aimerais mourir

En glissant doucement et lucidement

 

27. État présent de mon esprit 

Impatient

 

28. Ma devise

Foi de morue

 

29. Si dieu existe, que voudriez-vous lui entendre dire en vous accueillant ?

Pardonne mes offenses

 

30. Si dieu existe, que lui dites-vous en arrivant ?

 J’espère que ça t’a au moins récréé

 POUR DÉCOUVRIR CHRONIC'ART


AMI-AMI

« – Si vous le vouliez, Monsieur le comte, vous n'auriez que des amis !
– Taisez-vous, vous me faites peur! »


(Robert de Montesquiou à son secrétaire)

Cité par Jean-David Jumeau-Lafond

PAS DE COGNAC POUR EGAR POE !

Le mystérieux visiteur nocturne n'est pas venu fleurir la tombe d'Edgar Poe...

C'est ce qu'Edgar Poe aurait sans doute appelé un mystère insoluble. Depuis six décennies, un inconnu célébrait chaque année l'anniversaire de l'écrivain en déposant des roses et une bouteille de cognac à moitié vide sur sa tombe à Baltimore. Mais cette fois, le « Poe toaster » n'est pas venu, plongeant dans la perplexité ceux qui espéraient trouver un jour la clé de l'énigme.

Le mystérieux visiteur nocturne qui chaque année dépose des roses et une bouteille de cognac entamée sur la tombe du poète américain Edgar Poe le jour de son anniversaire a manqué mardi à la tradition pour la première fois depuis au moins 60 ans, a indiqué un membre de la Poe Society.

Le visiteur a peut-être renoncé à la tradition car il est de plus en plus difficile d'entrer en toute discrétion dans ce cimetière entourant une église alors qu'une petite foule de gens attend pour voir ce rituel désormais célèbre, a-t-il supputé.

« Il n'est pas venu ce matin », a dit Jeffrey Savoye, le secrétaire et trésorier de la Poe Society qui compte 380 membres, admirateurs de l'écrivain répartis partout aux Etats-Unis et dans le monde, dont plusieurs en France où ses oeuvres ont été traduites par le poète Charles Baudelaire au XIXe siècle.
Généralement il venait entre minuit et cinq heures du matin dans le petit cimetière de Baltimore (Maryland, est) le 19 janvier, depuis au moins 1949 notant que cette année-là a marqué le centième anniversaire de la mort de Poe.
Une cinquantaine de personnes ont attendu toute la nuit de mardi à mercredi, dans le froid, sur le trottoir longeant le cimetière, mais en vain, a précisé Jeffrey Savoye.
Plusieurs de ces personnes étaient venues de loin aux Etats-Unis pour ce pèlerinage qui cette année marque le 201e anniversaire de la naissance d'Edgar Allan Poe.

Le mystérieux admirateur a-t-il rendu l'âme ou été victime d'un malheureux contretemps? Est-ce la fin de la tradition? Le conservateur de la maison musée de Poe, Jeff Jerome, restait désemparé devant le rendez-vous manqué de mardi. « Je ne sais pas ce qui se passe », avouait-il.

Le mystère s'épaissit donc, même si le nom de David Franks, un poète de Baltimore, amateur de canulars, a été cité. Agé d'une soixantaine d'années, cet artiste passionné par Poe et connu pour ses performances grotesques, s'est éteint la semaine dernière. Mais rien ne permet de prouver qu'il s'agissait bien de l'admirateur inconnu.

Maître du macabre, considéré comme l'inventeur du roman policier, Edgar Allan Poe, l'auteur des Histoires extraordinaire, né le 19 janvier 1809, est mort à Baltimore dans une taverne à l'âge de 40 ans. Le rituel du « Poe toaster » remonte au moins à 1949, date à laquelle l'Evening Sun de Baltimore évoquait "un citoyen anonyme qui vient chaque année placer subrepticement une bouteille vide (d'une excellente marque)" contre la pierre tombale.

Depuis 1978, Jeff Jerome guettait chaque année le passage du Poe toaster au Westminster Hall and Burying Ground. Caché dans l'église presbytérienne avec quelques amis et fans de Poe, il épiait l'inconnu, silhouette vêtue de noir, au chapeau à large bord et à l'écharpe blanche, qui se glissait la nuit dans le cimetière pour déposer trois roses et le cognac avant de s'éclipser.

Une autre version existe, mais elle est contestée vigoureusement par Jeff Jerome. En 2007, Sam Porpora, ancien historien du Westminster Hall, avait affirmé être le « Poe toaster », disant en avoir eu l'idée à la fin des années 60 pour faire un coup publicitaire. Mais il change régulièrement de version et reconnaît que de toute façon quelqu'un avait repris depuis la tradition.

En 1993, le visiteur avait commencé à laisser des messages, dont l'un qui annonçait: « le flambeau va être repris ». En 1998, une note laissait entendre que l'initiateur de la tradition était mort, laissant ses deux fils lui succéder.

En 2004, en pleine brouille entre la France et les Etats-Unis sur la guerre en Irak, le message précisait qu'il n'y avait  « pas de place pour le cognac français » et que la bouteille avait été déposée avec une « grande réticence ».

Le gardien vous recommande la lecture de :

Enquête sur Edgar Allan Poe, de Georges Walter (PhébusLibretto)

Névrosé, ivrogne, pervers, dandy fainéant et nécrophile : une sombre légende auréole le célèbre auteur de La Chute de la maison Usher, Edgar Allan Poe. En fervent admirateur, le romancier Georges Walter emprunte au poète, considéré comme l’inventeur du roman policier, le génie de la construction romanesque, et livre un récit haletant digne des plus célèbres enquêtes. Fin limier, il se rend sur le terrain, allant jusqu’à visiter chaque lieu que Poe fréquenta de son vivant. Il exhume, entre autres indices, une correspondance en partie inédite en France. Le biographe explore les relations du poète avec la civilisation, la culture et la grandeur de son pays, et révèle un homme bien plus américain que ne le voyait Baudelaire.
Véritable redécouverte de celui que Julien Gracq appelait « notre oncle d’Amérique », cette enquête dresse le portrait d’un homme « qui ne fut jamais fou que d’écriture » et dont la célèbre noirceur ne tient qu’à la trop grande clairvoyance de ses propos.

Virginie & Edgar poe par Sylvie Huet

WHISKY POUR SHACKLETON !

Cinq caisses de whisky et de cognac ayant appartenu à l'explorateur Sir Ernest Shackleton, Explorateur anglo-irlandais, ont été retrouvées dans les glaces de l'Antarctique après y avoir séjourné plus d'un siècle, ont indiqué vendredi les membres d'une expédition New Zealand Antarctic Heritage Trust.
« A notre plus grand étonnement, nous avons trouvé cinq caisses, trois contenant visiblement du whisky et deux du cognac », a indiqué Al Fastier, de l'organisation New Zealand Antarctic Heritage Trust.
« Les caisses de brandy, dont l'une porte la marque Chas Mackinlay & Co et l'autre The Hunter Valley Distillery Limited Allandale, sont une sacrée découverte », a-t-il également déclaré.

Elles étaient enterrées sous la cabane construite en 1908 dans l'antarctique par l'explorateur lors de son expédition Nimrod pour atteindre le pôle sud. Cette dernière a échoué non loin du but. Certains caisses ont craqué et de la glace s'est formée à l'intérieur ce qui signifie que les experts auront une tâche délicate pour extraire le précieux contenu des bouteilles.
Pour Richard Paterson, maître de chaix du producteur écossais de whisky Whyte and Mackay qui a racheté dans le passé la distillerie Mackinlay dont le nom figure sur les fameuses caisses, il s'agit d'un « cadeau du ciel » pour les amateurs de whisky.

Le McKinlay and Co's « Rare Old » est considéré comme l'un des meilleurs whiskys jamais fabriqué par les spécialistes, mais selon la légende sa « recette » a été perdue. « Si la teneur du contenu peut être confirmée, s'il peut être extrait et analysé, nous pourrons reconstituer le mélange. Compte tenu du fait que la recette originale n'existe plus, cela peut ouvrir une porte sur l'histoire », explique Richard Paterson.
Certaines caisses se sont fendues et de la glace s'est formée à l'intérieur, ce qui risque de rendre très délicate l'extraction de leur contenu.
M. Fastier s'est cependant dit persuadé qu'il y avait encore des bouteilles intactes dans les caisses, car on peut entendre un bruit de liquide à l'intérieur lorsqu'on les remue. L'odeur de whisky autour des caisses indique aussi qu'une ou plusieurs bouteilles ont été cassées.

Ernest Shackleton, à bord du Nimrod, était parti à la conquête du pôle Sud depuis le Cap Royds, entre 1907 et 1909. Arrivé à seulement 100 miles (Un peu plus de 160 kilomètres) du pôle sud mais l'explorateur n'avait pu aller plus loin étant tombé à court de vivres. L'expédition avait du abandonner une partie de son équipement dont les caisses d'alcool. Toutefois, avec quelques compagnons, Shackleton  sera l'un des premiers humains à voir et à fouler le plateau antarctique Le parcours accompli constituait cependant un exploit, qui vaudra à l'explorateur d'être anobli à son retour par le roi Edouard VII.

Le pôle sud sera atteint pour la première fois deux ans plus tard en 1911 par l'explorateur norvégien Roald Amundsen

MÊME PAS VRAI

« Raconter des histoires, c’est raconter des mensonges »

  Bryan Stanley Johnson

L'ÉTRANGE QUESTIONNAIRE DE JEAN-DAVID JUMEAU LAFOND

Jean-David Jumeau-Lafond est critique d'art et auteur d'un livre admirable Naissance du fantôme, auxéditions de la bibliothèque. Il est aussi l'arrière petit-fils du trop méconnu Carlos Schwabe, admirable peintre « fin de siècle » et symboliste, auteur de la célèbre toile La mort du Fossoyeur.

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE JEAN-DAVID JUMEAU LAFOND

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert

Les questions ne sont jamais indiscrètes. Les réponses le sont parfois.

Oscar Wilde

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.

Cette année-là, les hortensias n’avaient pas fleuri…

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?

Minuit

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?

Elle n’a plus d’aiguille !

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?

Elle n’a plus d’aiguille !!!

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?

Seulement pour le passé.

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?

Uniquement pour le futur

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?

Oui

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?

Je me demande à quoi « ils » pensent..

9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?

Le couvercle de la théière qui se soulève tout seul avec un bruit étrange.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?

Le regret du temps où on les construisait encore.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?

Le visage des voix.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?

La vraie voix des visages

13 - Avez-vous peur ?

Oui

14 – De quoi avez-vous peur ?

Du démon dans les bois la nuit

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?

Amélie Poulain

16 - De qui avez-vous peur ?

Des imbéciles et des médiocres

17 - Vous êtes vous déjà perdu ? Oui

18 - Croyez-vous aux fantômes ? Oui

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?

Une ombre

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?

Les oiseaux dans le jardin de l’ambassade du Congo

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?

« L’onde hurlante », selon l’expression de Pierre-Jean Jouve, qui est l’accord en si que Alban Berg a placé entre la mort de Marie et la scène de la taverne dans Wozzek

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?

J’ai fait tourner la roue d’une bicyclette accrochée dans le parking où je gare la voiture.

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?

Oui

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.

Impossible puisque c’est innommable

25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »

Le lieu où l’on accumule les fantômes de notre esprit, matérialisés en vases, en hiboux, en coquillages ou en cheveux de sorcières.

26 –Croyez-vous à la rédemption ?

« Sauver l’âme par le corps, sauver le corps par l’âme », disait Oscar Wilde. Oui.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ? Oui

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?

Parfois

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?

Une discussion avec le pape Jean-Paul II dans une sorte de cloître, à propos de la réversibilité.

30 – Que vous inspire le brouillard ?

Une vive sympathie

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?

Bien entendu.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?

Des peintures symbolistes.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?

Demander à perdre ce don.

34 - Qu’est-ce qu’un fou ?

Quelqu’un qui a une autre intelligence

35 - Etes-vous fou ?

Malheureusement pas.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?

Parfaitement

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?

La théogonie des patriarches de Saint-Yves d’Alveydre

38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?

Est-ce si difficile ?

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

Tout est étrange

40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?

Un film dont je ne me souviens plus

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?

Oui, à condition que j’ai un uniforme de chef de gare.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?

Ca m’arrive

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?

Non, j’ai déjà essayé.

44 – Où ?

En Allemagne

45 – Pourquoi ?

C’était horrible !

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vu ?

C’est aussi le plus beau : L’Année dernière à Marienbad.

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?

Oui

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?

Le Fantôme de Remy de Gourmont

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?

Les sabliers

50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches ?

Les loupes

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ?

Rien

52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?

Oui

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?

Beaucoup

54 – Que se passe-t-il dans les souterrains ?

On y entend surtout les pierres.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?

Un tilleul dans le jardin de l’ambassade du Congo ; il a été abattu il y a trois ans.

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

Les fantomes sont toujours de l’autre côté du pont

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

N’est ce pas Nosferatu de Murnau ?

58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?

Oui malgré tout

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.

« Cette année-là, les hortensias refleurirent. »

59 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?

Une heure ?

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?

Toujours pas d’aiguille.

La mort du fossoyeur de Carlos Schwabe

 

DECOUVRIR LE SITE DE

JEAN-DAVID JUMEAU LAFOND

BIBI-LA-PURÉE

BIBI-LA-PURÉE

Sacré André- Joseph Salis, dit Bibi-la-Purée, clochard, vendeur de fleurs et de lacets, et quelquefois meme cireur des chaussures des grands hommes. Il connaissait le quartier latin « comme personne » et le fréquentait comme tout monde. Roi de la bohème famélique ou prou. En guise de costume il ne possédait ni lauriers ni couronnes mais des chapeaux trouées et des poches cabossés. Filou et beau parleur, il se disait l'ami de Paul Fort. il était surtout l'ami des ivrognes et de l'absinthe. Il se disait aussi le secrétaire de Verlaine et, à la mort de son maître, il vendit des dizaines de fois, à regrets, la canne du poète.

Picasso, Villon, Joyce, paul Fort et les autres lui ont rendu hommage... Voilà un singulier bien oublié. Heureusement, il reste les poètes pour laisser quelques traces... Une anecdote : Bibi la Purée, poète du caniveau aussi célèbre que famélique, s’invitait chaque jour dans la cuisine d’Adèle Renoir, il disait un poème tout en vidant le bocal de cornichons et un litron de rouge.

Bibi-la-Purée, debout, par Picasso

COMPLAINTE POUR COMPLAIRE À BIBI-LA PURÉE

par Jehan Rictus

Stupeur du badaud, gaîté du trottin,

Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,

La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres

Et la requimpette au revers fleuri

D’horribles bouquets pris à la Poubelle,

Ainsi se ballade à travers Paris,

Du brillant Montmartre au Quartier-Latin,

Bibi-la-Purée, le pouilleux célèbre,

Prince des Crasseux et des Purotains !

Le Mufle au sortir d’un bon restaurant

Hurle en le voyant paraître aux terrasses :

— « Quel est ce cochon ? ce gâte-soirée,

Ce Brummell fétide et malodorant,

Vêtu de microb’s et ganté de crasse ?

Vraiment la Police est plutôt mal faite ! »

Mais point ne s’émeut Bibi-la-Purée

Qui porte en son cœur un vaste mépris

Pour quiconque n’est bohème ou poète.

Et lors il s’en va promener ailleurs

Sa triste élégance et sa flânerie.

Cy sont ses métiers, besognes étranges

Et premièrement, simple j’m’en-foutiste,

Puis, chacun le sait, ami de Verlaine,

Ami des ponant’s, ami des artistes,

Modèle à sculpteurs dans les ateliers,

Guide à étrangers, cireurs de souliers,

Vadrouilleur encore, s’il vous plaît, bon ange,

Bon ange à poivrots perdus dans la nuit,

Estampeur, filou, truqueur proxénète,

Ainsi va Bibi, l’illustre Bibi !

On dit de Bibi : — « Chut ! c’est un mouchard. »

D’autres : — « Taisez-vous, il est bachelier ! »

Et d’autres encor : — « Bibi est rentier. »

Mais nul ne peut croire à la Vérité :

Bibi-la-Purée, c’est le Grand-Déchard.

Et quel âge a-t-il ? on ne sait pas bien.

Son nom symbolique en le largongi

Proclame qu’il est assez ancien,

Quasi éternel comme la Misère,

Et trimballes-tu, tu trimballeras,

Ô Bibi, toujours ta rare effigie.

Bibi-la-Purée jamais ne mourra.

Va, comédien, noble compagnon,

Cabot de misère, ami de Verlaine,

Errant de Paris, spectre d’un autre âge

Que ne renieraient Gringoire ou Villon,

Vilain, dégoûtant, lécheur de bottines,

Gibier de prison, chair à échafaud

Que couve l’œil blanc de la guillotine,

Dandy loqueteux, fabuleux salaud,

Ô qui que tu sois, gas d’expédients,

Ministre déchu, ex-étudiant,

Mouchard ou voleur, suce-croquenots,

Tu portes un nom bien plus beau que toi :

— « Bibi-la-Purée » : a dit la Putain ;

— « Bibi-la-Purée », dit la Faubourienne

Aussi la Mondaine, aussi le Bourgeois ;

— « Bibi-the-Piourée », daigne l’Angleterre,

— Bibi-la-Purée, songe le Poète...

C’est le Pèlerin, c’est le Solitaire

Qui depuis toujours marche sur la Terre...

C’est un sobriquet bon pour l’Être Humain.

Bibi la purée, par Picasso

LA DISPARITION D'EDGAR ALLAN POE

A l'instar de Nerval qui disparut quelques jours dans les ruelles de Troyes en Champagne, d'Arthur Cravan qui disparut pour toujours dans le golf du Mexique, Egar Allan Poe (1809 - 1849) disparut aussi durant quatre jour joutant ainsi à sa vie un bien étrange mystère romanesque...


Le 27 septembre 1849, Poe quitte Richmond, à bord d'un navire, pour retrouver sa ville natale de Baltimore. Une fois sur place, il disparait durant quatre jours. C'est le secret total. L'auteur du Corbeau et des Contes extraordinaires disparaît bien. Quand il retrouve Baltimore, le poète est en proie à divers mots inexplicables. Bien qu'ayant des démêlés avec l'alcool, il ne semble pas sous son emprise. Pas de traces, non plus, d'opium ou de « substance à mal rêver ».

Hôpital de Baltimore

Conduit à l'Hôpital de Baltimore, Poe s'agite, délire, conversant même, dit-on, avec des objets imaginaires. Il transpire, semblant désorienté. Le lendemain, un mieux se fait sentir, puis il retombe dans les limbes de la démence. Les infirmières doivent le maintenir dans le lit. Il veut quitter sa chambre. Le quatrième jour, il rend l'âme. Diagnostic officiel : congestion cérebral. Pourtrant on parlera de rage, d'agression. le mystère reste entier. A suivre...

Manuscrit de Le Corbeau, écrit et traduit par Mallarmé.

GLOIRE A BOTUL

Les Amis du désormais célèbre Botul rendent un hommage ironique à BHL

Du « botulisme » au « béhachélisme » : Frédéric Pagès, président de l'Association des amis de Jean-Baptiste Botul, un personnage fictif, rend mercredi un hommage plein de dérision au philosophe Bernard-Henri Lévy qui s'est laissé piéger par ce canular littéraire.

« C'est une divine surprise de voir le nom de Botul cité par BHL entre Aristote et Lévinas. C'est inespéré et pour tout dire surprenant », relève dans une vidéo diffusée sur le site d'information MEDIAPART
Frédéric Pagès, agrégé de philo, journaliste au Canard Enchaîné et l'un des créateurs de Jean-Baptiste Botul voici une dizaine d'années.

« Nous sommes ainsi passés d'une philosophie de tradition orale (celle de Botul) à une philosophie télévisuelle, du +botulisme+ au +béhachélisme+", ironise sur la même vidéo l'écrivain Hervé Le Tellier, membre éminent de l'association.
« On pourrait se demander aussi si BHL existe en tant que philosophe (...) et si Botul, bien que mort en 1947, n'aurait pas eu peut-être la prémonition de l'irruption, des années plus tard, du béhachélisme en France », s'interroge Frédéric Pagès.
A la page 122 de son dernier livre, De la guerre en philosophie (Grasset), BHL se référait avec le plus grand sérieux à "une série de conférences aux néo-Kantiens du Paraguay" donnée par Botul, ce prétendu spécialiste de Kant au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Bernard-Henri Lévy a avoué avoir cité souvent La vie sexuelle d'Emmanuel Kant de Botul et assuré que nombre de critiques étaient avant lui tombés dans le panneau.
« Quoiqu'il en dise, c'est le premier à être tombé comme ça les deux pieds dans le piège. Dans les articles consacrés à Botul, les autres flairaient quelque chose et restaient sur leurs gardes, même les étrangers », insiste Frédéric Pagès.
« Il n'y a pas eu intention de nuire (...) On n'a jamais eu l'idée de piéger quelqu'un, ni BHL bien sûr, c'est lui qui est tombé lui-même » dans le piège, assure-t-il.
Et « quand un canular a 15 ans, on peut s'imaginer qu'il est connu », relève Hervé Le Tellier sans pitié.


Copyright © 2010 AFP

Bouleversés par le surgissement inespéré de leur héros à la page 122 de La Guerre en philosophie, l'un des nouveaux livres de Bernard-Henri Lévy, les membres de l'Association des amis de Jean-Baptiste Botul ont souhaité s'en féliciter. Un reportage vidéo de MEDIAPART

L'ETRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE CHRISTINE VAN DE PUTTE

Christine van de Putte est une réalisatrice et romancière épatante et drôle. Les Filles c'est vraiment des pauvres types et La Colombe, c'est la femme du pigeon (Flammarion) doivent IMPÉRATIVEMENT garnir les bonnes bibliothèques.

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE CHRISTINE VAN DE PUTTE

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert
 

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.
Blandine avait pour mission d’éradiquer un poème de Beaudelaire, tâche ardue quand on pense que les mots sont plus difficiles à détruire que des déchets nucléaires.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il
9h30

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?
10h24, merde encore doublée.

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?
Des petits arrangements.

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?
Si je les cherche, oui, même si tout les mots qui ont logique pour suffixe prêtent à déjanter.


6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?
Voir 5.

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?
Oui et les nuages quand il fait jour.

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?
Je n’en pense rien, je m’enfuis là-haut.

9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Un basilic.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les
calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?
Des trucs passé qui ont tué et fait vivre un maximum de pigeons, tout ça pour qu”ils leur chient dessus aujourd’hui. Ainsi va la vie.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?
Que dalle. Parlez pas de malheur.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?
Tout.

13 - Avez-vous peur ?
Parfois.

14 – De quoi avez-vous peur ?
De mes petits arrangements avec les choses et le temps.

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?
Une merde française subventionnée.

16 - De qui avez-vous peur ?
De moi.

17 - Vous êtes vous déjà perdu ?
Oui, dans des venelles italiennes et encore à Paris.

18 - Croyez-vous aux fantômes ?
Oui


19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?
Un ami.

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s)
entendez-vous ?
Vague rumeur très sourde de la ville un lundi 3 août, ressemble à une source.

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?
La voix d’un acteur dont j’ai oublié le nom.

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?
Manger un rouleau de printemps avec son film plastique en me disant que je ne retournerait plus dans ce restaurant dégueulasse.

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?
Une fois et c’était chaud (récit détaillé dans les filles c’est vraiment des pauvres types)

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.
Quelquefois, dans des mauvais jours, je veux être riche.

25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »
Un collector de Maître Poindron

26 –Croyez-vous à la rédemption ?
Oui, autant qu’aux cycles de la lune.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?
Non

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?
Plus tellement.

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?
Un périple dans une grotte avec Daniel Pennac. Il avait l’air d’en connaître tous les recoins, le malin.


30 – Que vous inspire le brouillard ?
Un agréable voyage solitaire.

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?
Non. Dès qu’on croit à une chose, elle existe.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?
Des photos.  Martin bébé assis sur le pont neuf emballé par Christo - Daniel Day Lewis - de Björk -  Bob Dylan qui rigole derrière son poing- Toute petite photo de Madonna avec un T shirt Kiss my ass - Louis Jouvet se reposant par terre dans un couloir de studio près du plateau C. Bernard Blier écroulé sur son épaule - Elwood Reid photographié par Matsas - grande photo coloriée : Faulkner se massant le coude phortographié par Cartier Bresson, deux chiens aux aguêts derrière lui -  Une phrase de John Keats : Much have I travell’d in the realms of gold recopié par un enfant ( Benji quand il avait 9 ans, il y a 9 ans. Un étui de cigarillos Panetelas  de Raphaël Sorin du 27 février 2001 posé sur le socle d’une sculpure en bois fabriqué par Martin. Un polaroïd de Cassavetes avec un sous titre On passe un temps fou à se faire du souci... Un autre du même avec pour sous titre : ... Et si peu à s’interesser aux autres.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?
Je collerai un nègre à la Présidence des Etats-Unis.

34 - Qu’est-ce qu’un fou ?
Un descendant de tas de générations perdues.

35 - Etes-vous fou ?
Plutôt moins que la moyenne. C’est à dire pas mal quand même.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?
Si je veux.

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?
Je ne lis pas de livre étranges. Des journaux, si, parfois.


38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?
Chauffé, avec des amis, dans un décor écossais et un climat méditerranéen.

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Un type avec une poèle à ses pieds dans le bus. Une demi-dizaine de personnes, à tour de rôle, ont demandé à la cantonnade: c’est à qui, la poêle, là ? Il a répondu à chaque fois: c’est à moi.

40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?
Un truc avec “Lac” dans le titre. Et ce n’était pas le splendide Lancelot.

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?
Chauffée avec des amis et du bon  matériel de peinture, oui.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?
Parfois. Mais je ne le sais qu’après.

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?
Oui

44 – Où ?
New York

45 – Pourquoi ?
Parce qu’il y a du neuf dans le nom même de la ville. Parce que Melville, Withman, Kerouac, Hawthorne, Jarmush, Lou Reed et tutti quanti.

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ?
Betteljuice que j’ai aimé et le truc avec “Lac “dans le titre que j’ai quitté en route. 

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?
J’ai déjà. Près de Toulouse. C’était pas mal du tout.

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?
Les livres, je ne les trouve jamais étranges.

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?
Les globes terrestres.

50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches
Les armes blanches

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ?
Le monstre du Loch Ness qui est devenu super cool après tout ce temps passé
à faire peur.



52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?
Non

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?
Oui

54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?
Des préparations d’oeuvres.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?
Une petite boîte de tournevis Muji.

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Un style surranné.

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Je ne sais pas.

58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?
Oui.

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.
A suivre.

59 – Sans regardez votre montre, quelle heure est-il ?
11h30

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?
12h04. Ah la la.




 

FILOUSOPHE !

Bernard-Henri Lévy en flagrant délire

Ce devait être le grand retour philosophique de BHL. Patatras! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans
De la guerre en philosophie, à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes.


Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L’opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au Nouvel Observateur, le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans l’Express, portrait d’ouverture dans Paris Match, couverture de Transfuge, panégyrique dans le Point signé Christine Angot, interview de six pages dans Marianne. On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais Pièces d’identité, recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et De la guerre en philosophie, version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.
Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, De la guerre en philosophie, se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.
« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés. » Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.
Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme »? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de La Critique de la raison pure, « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 2004 aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : Landru, précurseur du féminisme.
Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech ? « C’est sans le moindre état d’âme que j’ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l’habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu’est devenue l’Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.
Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s’interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c’était l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par le Nouvel Observateur les nombreuses perles d’écolier contenues dans son essai, Le Testament de Dieu. Cette fois-ci, c’est un philosophe burlesque qui n’existe même pas

© Aude Ancelin pour BibliOs.com

Note de votre serviteur :  L'hebdomadaire Télérama,  en la personne de Martine Laval,  s'est aussi laissé prendre aux frasque boutulienes  comme on peut le Lire ICI


Exclusivité ActuaLitté : L'affaire tourne sur Internet depuis le début de la journée : BHL se prend les pieds dans le plat avec bonheur, en citant dans son livre destiné à en découdre avec Kant un philosophe imaginé par Frédéric Pagès, Jean-Baptiste Botul... En sa qualité de président de l'association des amis du philosophe, il nous raconte l'histoire d'une « imposture d'autant plus spectaculaire que personne ne l'a recherchée ».
« Si BHL avait pris le temps, ne serait-ce que de quelques clics sur internet, il aurait pu démasquer la farce. Mais à Botul, nous restons flegmatiques et exprimons toute notre compassion à l'égard de ce pauvre philosophe pris au piège des mots. »

Mais, Président, quand avez-vous appris la chose ? « Je le savais depuis quelques jours. J'avais reçu les épreuves du bouquin, mais je pensais qu'une maison sérieuse comme Grasset allait évidemment corriger ces choses. J'ai attendu que le livre soit imprimé, mais pour des raisons éditoriales, c'est le Nouvel Obs qui en a parlé en premier. Évidemment, il y aura un encart spécial dans le Canard, je suis en train de le boucler. »

FRANçOIS MATTON EST UNE VILAINE BÊTE

Non, décidément, François Matton n'est vraiment pas du tout gentil avec les girafes...

THÉATRE

Inutile d'en faire un drame...

Un peu de papier, des doigts de fées, quelques idées..

...Théatre de papier

LES CARNETS BLANCS

LES CARNETS BLANCS

DE MATHIEU SIMONET

Il s’agit d’un projet littéraire très singulier : l’auteur tient depuis son enfance des carnets intimes, où il raconte ses relations familiales et sentimentales. Ses carnets, il les détruit, de diverses manières, en les donnant à des artistes pour qu’ils en fassent des sculptures, à des vidéastes, à des cuisiniers, à des amis. Mais il en retient, avant destruction, quelques éléments, pour constituer ce livre qui est tout à la fois une sorte de reliquat de sa vie intime, sauvée de la destruction et un objet artistique en soi. C’est beaucoup plus qu’un journal intime, c’est une sorte de happening autobiographique, avec des histoires drôles, avec un témoignage assez exceptionnel sur la maladie de sa mère, avec une grande liberté de ton sur la sexualité d’une nouvelle génération.

 

Disparition du carnet n°99

caché dans la Seine par un policier
photographies de Alain B

« J’ai relu tous les carnets que j’ai écrits pendant vingt ans, puis je m’en suis séparé (un carnet a été transformé en robe, un autre a fait un tour du monde, un troisième a été caché dans un musée d’art contemporain, etc.)

 

Une centaine de personnes - dont des artistes, des enfants, des inconnus - m’ont aidé à mener ce projet.

 

Les Carnets blancs (à paraître au Seuil, le 11 février 2010) a  été écrit en parallèle de cette expérience.

 

Des

expositions

 

sur  la « métamorphose » de mes carnets (en sculptures, vidéos, bijoux en papier,…) seront présentées au cours de l’année 2010. »

Disparition du carnet n°48
Une sculpture de Jeanne Bouchart

VANITÉS

SOUVIENS TOI QUE TU MOURRAS

Le musée Maillol, c'est ICI

EDITION

« A voir ce qui s'imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit obligé de faire preuve d'ignorance. »

Paul Louis Courrier, in Correspondance, dans mon édition Firmin-Didot et Cie, 1894, N.DL.R.

AMES SENSIBLES S'ABSTENIR

« Cher Eric,

Vous êtes une telle perle qu'il faudrait vous installer sous une bulle de verre, vous alimenter d'un air purifié à la lavande et de mets raffinés dont Escofflier n'aurait pas osé rever et entamer toute une série de manigances mauriciennes (ou ... de rosaires) pour que vous continuiez indéfiniment à nous (m') enchanter. D'ores et déjà je plante un clou mérovingien (offert par le Pdt Fleury) dans une Belle de Fontenay afin que les cieux vous soient toujours propices. »

Marie-Thérèse de B.


Ce petit courrier reçu hier me ravit autant qu'il m'effraie... Même en me forçant un peu, j'ai du mal à m'imaginer sous cloche. Moi qui aime m'agiter, je m'y sentirai à l'endroit. A bien choisir, je préférai une belle taxidemie, et un propriétaire qui me déplacerait à sa guise. Un coup dans la bibliothèque, un autre au milieu des armures d'autrefois ; une fois dans la salle de billard ou dans une cave bien tenu. Et des yeux de verre du meilleur effet...

Et s'il fume, je conseillerai même au propriétaire de ma dépouille de glisser ses objets usuels - briquet, coupe-cigare, crayon de papier, cloche pour les domestiques lou unette demi-lune pour la lecture - dans les poches profondes de mon élégante robe de chambre afin de ne pas avoir à les chercher. Ainsi remplirai-je, en plus d'objet décoratif du plus bel effet, la fonction d'insolite majordome à tout - bien - faire.

Mon futur - possible - triste sort n'est pas sans me rappeler celui encore plus infâmant du mystérieux « Espagnol empaillé » du musée d’Allard à Montbrison dans la Loire. L’homme de Montbrison était alors présenté comme étant un forgeron car il a la taille ceinte d’un tablier de cuir caractéristique de ce métier. L'écrivain et poète en-partie surréaliste Élie Charles Flamand - auteur d'une admirable monogaphie sur la tour Saint-Jacques, soit écrit en passant - se souvient dans son livre Les méandres du sens (París, Dervy, 2004) de ses visites dans les années 40 au musée d’Allard, à Montbrison, et sa rencontre avec le plus « spectral » de ses trésors, un homme empaillé, présenté à l’époque dans une vitrine avec pour légende : « le corps d’un forgeron ». Flamand écrit à son sujet : « Son visage, rongé par les sels de mercure, comme son regard figé, procure une vraie peur. »

Pourtant, c'est un journal espagnol La Vanguardia, qui, en publiant un article fouillé, va se rapprocher de la vériter : « El último prisionero de Napoleón » : le dernier prisonnier de Napoléon. L’article évoque l’étrange « objet » qu’un musée français garde dans ses collections : le corps empaillé d’un Espagnol. Il s'agit bien du « forgeron » évoqué par Flamand, couché dans un modeste cercueil en bois et remisé dans les fonds du Musée.

L’hypothèse sur l’origine espagnole du corps s’appuye sur la tradition orale. Il s’agirait de celui d’un Catalan, un des 1 600 prisonniers espagnols déportés en 1808 dans la cité forézienne après l’entrée des troupes de Napoléon dans la péninsule. Le journal espagnol nous en apprend plus sur cette histoire étonnante. Les prisonniers ayant participé à de nombreux travaux à Montbrison. Notre  Homme, de son vivant, aurait été embauché sur le sol français par un notable de la ville, Jean-Baptiste d'Allard, pour travailler comme ouvrier à la construction de son hôtel particulier. Il serait décédé en tombant d'un échafaudage vers 1825. Il avait une trentaine d'années. Le riche aristocrate aurait alors eu l'idée de faire  « travailler » le corps par Edouard Dupont, naturaliste à Paris, afin qu'il rejoigne les espèces animales - ours, tigre, girafe ainsi qu'une multitude d'oiseaux, comme en témoigne encore les oiseaux du Musée -  à qui il avait fait subir le même sort, dans le but de les exposer dans son cabinet de curiosités à l'intérieur de sa nouvelle demeure.

Il est aussi intérressant de signaler les similitudes avec un autre corps, celui de « El Negro » du musée Darder de Banyoles, en Espagne. Tous les deux seraient morts environ à l’âge 30 ans, à la même époque, vers 1830. Edouard Dupont était alors en poste au Musée du Jardin des Plantes de Paris et que Jules Verraux, auteur supposé de la momie « El negro de Banyoles », y officiait aussi.

De bien étranges taxidermistes, vous en conviendrez...

Le gardien en profite pour vous recommander la lecture de :

El Negro et moi, de Frank Westerman - Christian Bourgois.

Est-il possible de retrouver, un siècle et demi plus tard, la cause de la mort de quelqu'un ?
C'est ce qu'une équipe de neuf médecins légistes tente de faire en juin 1993. Sur la table repose le corps bien conservé d'un Africain anonyme mort en 1830 ou 1831 « Objet numéro 1004 ».

En 1983, Frank Westerman découvre, en Catalogne, le Musée d'histoire naturelle de Banyoles, le corps naturalisé d'un Bushman, exposé comme le sont les animaux et plantes rares dans un tel musée. El Negro date des années 1830. Qui était cet homme ? Qui l'a empaillé et dans quel but ? Comment cet " objet " a-t-il été perçu par ses contemporains ? Comment a-t-il atterri en Catalogne et pourquoi disparaît-il vingt ans plus tard, au grand dam des habitants de la petite ville qui semble s'en être emparé comme symbole assez paradoxal de leur singularité catalane ? Frank Westerman mène l'enquête et entraîne le lecteur dans le monde des naturalistes du XIXe siècle, à l'époque des grands débats sur l'évolution. Il l'initie aux secrets de la taxidermie, évoque l'histoire de l'esclavage et de l'étonnant retour d'anciens esclaves vers l'Afrique dans les années 1780. L'auteur nous confronte également au problème du racisme et au vaste débat sur le devenir du continent africain ? Enquête journalistique sur un sujet insolite, réflexion humaniste et récit autobiographique.

«Il était là : le « négro » empaillé de Banyoles. Lance dans la main droite, bouclier dans la gauche. Vigilant et légèrement penché, les épaules relevées. À demi nu, juste une parure de raphia et un petit pagne orange pelucheux. Sa peau était prodigieusement noire. Je ne savais pas qu'existaient des gens aussi noirs, et aussi petits et chétifs. El Negro était un adulte, avec la peau sur les os, qui atteignait à peine mon coude. Il se trouvait dans une vitrine, au milieu du tapis. Sur le socle on avait vissé une petite plaque : Bochiman du Kalahari.
Plus encore qu'auprès des caïmans, j'avais l'impression qu'il allait se mettre à bouger. Ou diriger un moment son regard vers moi. Désapprobateur ? Fâché parce que je venais l'épier ?
On n'était pas chez madame Tussaud. Je n'étais pas en train d'admirer une illusion de la réalité ; ce Bochiman n'était pas un moulage fait pour donner le frisson, ni l'une ou l'autre momie trouvée par hasard dans la tourbe ou ailleurs. C'était une personne, écorchée puis empaillée comme on le fait pour un animal. Il y avait donc eu quelqu'un pour faire cela et, de toute évidence, les rapports étant ce qu'ils étaient, le préparateur devait avoir été un Européen blanc, et son objet un Africain noir. L'inverse était impensable. Je sentis la chaleur m'envahir et la racine de mes cheveux me démanger – un sentiment de honte diffus tout bonnement. »

Frank Westerman

BIBLIOMANE

Bibliomanie : Impulsion pathologique qui pousse à posséder des livres.

 

Bibliopathie : terme générique désignant les états pathologiques provoqués par l’amour des livres. Mot utilisé en 2003 par l’auteur de ce Bibliolexique dans la revue Le Bibliophile Rémois.

 

Jean Paul Fontaine, Bibliolexique à l’usage de l’amateur de livres. Editions des Cendres

 

Julien Bogousslavsky devant ses juges.

L'ex-neurologue vedette du CHUV a-t-il vraiment détourné des millions pour assouvir sa passion des livres? Son procès s’est ouvert le 24 janvier.

L'accusant d'avoir détourné des millions, le CHUV vire avec effet immédiat Julien Bogousslavsky. En avril 2006, cette annonce avait fait l'effet d'une bombe. Chef du service de neurologie de l'hôpital, professeur respecté, conférencier très demandé, patron de la Fédération mondiale de neurologie, le médecin du CHUV, alors âgé de 52 ans, est une star dans son domaine. Arrêté, il va passer deux mois en prison, puis sera libéré moyennant une caution d'un demi-million.

C'est sa passion dévorante des livres rares et anciens qui l'ont poussé aux malversations, dit-on alors. Il reconnaîtra une partie de faits et, dans un communiqué, présentera ses excuses à ceux qui ont eu à souffrir de ses actes. Puis retrouvera rapidement du travail dans une clinique privée.

 

Manœuvres habiles


Près de quatre ans plus tard, l'éminent neurologue comparaît en justice. Son procès s'ouvre ce matin au Tribunal correctionnel de Lausanne. Julien Bogousslavsky est accusé d'avoir détourné 5,3 millions de francs des caisses de l'hôpital. L'ampleur exacte des malversations sera au cœur du procès, qui s'annonce technique.

Car on reproche au brillant médecin d'avoir habilement échafaudé toute une série d'escroqueries financières pour détourner de l'argent. Sommes versées pour des recherches qui n'ont jamais eu lieu, fausses factures, notes de frais bidon ou gonflées, prélèvements douteux dans les caisses du CHUV: en tout, la justice devra éplucher l'une après l'autre une trentaine de cas d'abus présumés, s'étalant de 2000 à 2006. La justice a prévu deux semaines pour décortiquer les malversations présumées de Julien Bogousslavsky.

 

Personnage énigmatique


Mais si la majeure partie des débats portera autour des questions de gros sous, le procès devra aussi permettre de percer le mystère de l'énigmatique Julien Bogousslavsky. Au fond, ce sont ses motivations qui intriguent. Sa seule passion des livres rares permet-elle d'expliquer ses dérives? Ou ne parle-t-on que de cupidité? A moins que le mandarin, riche, reconnu, puissant - il touchait 500 000 francs par an, sans compter ses rémunérations en tant qu'organisateur de congrès ou conférencier - se soit cru au-dessus des lois? Le procès, au final, répondra peut-être à cette question: pourquoi un homme qui a déjà presque tout veut-il plus encore ?

En 2006, le journal l'Hebdo a révélé l'existence d'un catalogue, dressé par Julien Bogousslavsky, listant l'ensemble de ses ouvrages rares. Sur 153 pages, publiées sous le nom de « Lukas Jesus von Boilgy » (anagramme de son nom), il décrit et illustre 80 de ses plus précieux ouvrages, parmi lesquels un exemplaire numéroté de La prose du Transsibérien de Blaise Cendrars illustré par Sonia Delaunay ainsi que les Poésies de Stéphane Mallarmé illustrées par Henri Matisse. 

© D'après Renaud Michiels pour Le Matin

Oeuvre de Teun Hocks

MERVEILLES AU PAYS DES VITRAUX

Vous reprendrez bien un peu d'Alice ?...


Une fois de plus, elle se trouva dans la longue salle, tout près de la petite table de verre. « Cette fois-ci, je vais m’y prendre un peu mieux », se dit-elle, et elle commença par s’emparer de la petite clé d’or et par ouvrir la porte qui donnait sur le jardin. Puis elle se mit à grignoter le champignon (dont elle avait gardé un morceau dans sa poche) jusqu’à ce qu’elle n’eût plus que trente centimètres ; puis elle traversa le petit corridor ; et puis… elle se trouva enfin dans le beau jardin, au milieu des parterres de fleurs aux couleurs vives et des fraîches fontaines.

La suite de l'aventure est à découvrir ICI

DU BEAU MONDE...

Certains esprits se sont posés, sur la création, d'étranges problèmes qu'ils ont résolus hardiment. UrbainChevreau, dans son Histoire du Monde (1686, 2 vol. in-4°), rapporte que, suivant les uns, le monde a été créé au printemps, et, suivant d'autres, un vendredi, le 6 septembre, à quatre heures de l'après-dînée. Un autre, dont nous regrettons vivement d'avoir oublié le nom, avait trouvé la date du '21 décembre.

 

Un érudit italien du dix-huitième siècle, monsignor Baïardi, dans un entretien avec l'abbé Barthélemy, lui raconta qu'il s'occupait d'un abrégé de l'histoire universelle, où il devait préluder par la solution d'un problème des plus importants pour l'astronomie et pour l'histoire : il s'agissait de fixer le point du ciel où Dieu plaça le soleil en formant le monde : II venait de découvrir ce point, dit Barthélemy, et il me le montra à l’abbé sur un globe.

 

SE MOUILLER POUR UN LIVRE...

Editions La Dragonne

Et Ambre nous écrit...

Sont-ce les auteurs qui plongent ou les lecteurs ?

Un autre auteur... à découvrir, je "me mouille", une plongée dont on ressort trempé et secoué mais avec le même plaisir qu'après une balade poétique sous des cieux pluvieux.

ESTHÉTIQUE DES PÔLES

Groenland, Spitzberg, Sibérie, Antarctique… Autant de noms qui évoquent le froid, la glace et les explorateurs en perdition. Jean-Baptiste Charcot qui parcourut les mers des deux pôles fut d’ailleurs victime d’une pathologie que sa formation de médecin avait quelques difficultés à diagnostiquer : « d’où vient, disait-il, l’étrange attirance de ces régions polaires, si puissantes, si tenaces, qu’après être revenu on oublie les fatigues morales et physiques, pour ne songer qu’à retourner vers elles ? »
Terres de liberté fantasmée où les fantaisies humaines n’ont plus de limites, zones arides où l’homme ne peut que survivre, espaces « vierges » symboles des ravages causés par l’être humain à notre planète… les Pôles sont devenus au fil des témoignages, récits, cartes et documentaires qui ont émaillé leur découverte et leur exploration cet objet paradoxal dont la « réalité » se nourrie tout autant de l’imaginaire collectif que des faits scientifiques, géographiques et ethnologiques rapportés. Pureté absolue des terres arides et noirceur de l’âme humaine : les régions polaires sont à la fois une maladie incurable et une drogue aux pouvoirs hypnotiques, un espace hostile où l’homme est confronté à son moi profond, à sa magnificence et à sa petitesse.
Dans notre société où chaque chose et chacun est à sa place, où le temps, la lumière et l’espace sont devenus des denrées chiffrées et monnayables, l’horizon sans fin des pôles fascine et s’offre comme un ultime refuge pour les belles utopies, pour les « valeurs » de nos pères à jamais disparus.
Ces espaces sont aussi parmi les derniers où effort humain et dépassement de soi prennent tout leur sens, où l’élan primitif qui sommeille au plus profond de chacun de nous vient bousculer l’assurance de notre confort et de nos habitudes.

Ces motivations antagonistes où romantisme et pensée écologique ne sont pas en reste ont certainement quelque chose à voir avec l’engouement actuel des artistes pour ces territoires en voie de disparition.
Désarroi profond face à un monde en mutation ou désir d’exotisme aventureux sont les deux alternatives (parfois antagonistes, parfois complémentaires) entre lesquelles oscillent les œuvres présentées dans cette exposition. Qu’elles prennent la forme du journal intime, du livre de bord ou du documentaire, qu’elles proposent une exploration physique, symbolique ou une expérimentation scientifique, elles tissent un réseau d’images, de sons et de mots où voyage initiatique et utopies sociales se rejoignent, où l’être redevient humain.

FRAC LORRAINE

16 OCT - 09 FÉV 2010
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE METZ


ROMAN FEUILLETON

C'est en 1836 que le feuilleton débuta en France. Le première ligne  « la suite au prochain numéro » date du 30 septembre de la même année. Quelques tentatives anglaises – Le Robinson Crusoe de Daniel Defoe, par exemple, dans le London Post – ou françaises – sous le Directoire – avait déjà en partie séduit le lecteur. Toutefois, il fallut attendre le génie de Emile de Girardin (1) et de Armand Dutacq (2) pour lancer véritablement la formule.

Ce fut bientôt une véritable folie de concurrence. La Presse de Girardin et Le Siècle de Dutacq s’arrachèrent Alexandre Dumas. Celui-ci se faisait payer 1 fr 50 la ligne, une somme, évidemment, pour l’époque et pour l’écrivain ! Les mauvaises langues – et certains historiens de la littérature – affirment que le style haché du célèbre auteur contribuait à augmenter ses recettes. On se souviendra, par exemple, de cet extrait de La Dame de Monsoreau :

      J’ai encore une idée, dit Saint-Luc

      Allons donc !

      Et si c’était…

      Si c’était ?

      - Non

      - Non ?

      Mais si

      Parlez.

      Si c’était M. le Duc d’Anjou ?

 

On laissera le lecteur calculer ce que le romancier pouvait gagner en quelques lignes. Toutefois, les éditeurs aux allures de dindon de la farce  décidèrent rapidement qu’une ligne comporterait un minimum de mots pour être acceptée comme telle.

Alexandre Dumas, secondé par Auguste Maquet, démarra ainsi Les Trois mousquetaires dans La Presse. Sa prolifique production lui valut par la suite quelques mésaventures. Il écrit, par exemple, dans Le Collier de la Reine : « Ah ! Ah ! dit don Manoël en portugais ».  

Dans Rocambole, on doit à Ponson du Terrail, feuilletoniste échevelé, l’immortelle bévue : « Sa main de cet homme était froide comme celle d’un serpent. »

Mieux encore, Ponson du Terrail embrouillait tant et tant ses intrigues qu’il lui arrivait de ressusciter ses personnages malgré les « poupées témoins » qui lui servaient de pense bête. Toutefois, il ne faut pas ici jeter la pierre au romancier fécond car sa femme de ménage, en relevant les poupées, en était la première responsable.

« La suite au prochain numéro… »

 

Notes

 

(1) - Chateaubriand, Lamartine, Balzac ou George Sand collaborèrent à La Presse

(2) - Charles Nodier, Léon Gozlan, Alphonse Karr, Jules Sandeau ou Balzac collaborèrent au Siècle.

 

Le gardien vous recomande la lecture de :

 

Signé Dumas, de Cyril Gely et Éric Rouquette, d'après la pièce de théatre éponyme (les impressions nouvelles)

Février 1848 : Alexandre Dumas et son collaborateur Auguste Maquet travaillent ensemble. Si c'est Dumas qui signe, la besogne abattue par Maquet est colossale. Pourtant, depuis dix ans, ce nègre discret et rigoureux est resté dans l'ombre du grand homme et n'a jamais contesté sa suprématie. Mais quand éclate une querelle entre les deux écrivains, une question cruciale se pose : quelle est la part exacte de l’un et de l'autre dans cette grande réussite ? Qui est le père de d’Artagnan et de Monte-Cristo ? En un mot, qui est l’auteur ? Leur relation, si paisible jusqu’ici, passe de l’alliance au doute, hésite, puis bascule dans l’affrontement.

STRADIVARIUS

Voici le Stradivarius le plus cher du monde. L'instrument - un violon alto - a pu être évalué 15 millions d'euros. Un disque révèle sa sonorité exceptionnelle.

Ce pourrait être le violon alto le plus cher du monde. Le « Gustav Mahler », joué par le Français Antoine Tamestit, est un des dix altos Stradivarius parvenus jusqu'à nous. Dans le disque qui paraît aujourd'hui, le musicien a choisi un répertoire - Arpeggione Lieder de Schubert - qui révèle la sonorité exceptionnelle de l'instrument. Cet alto date de 1672. C'est le premier jamais conçu par le maître luthier, qui avait alors 28 ans. De quoi en faire l'instrument de musique le plus cher du monde. On a pu parler de 15 millions d'euros. À vrai dire, il n'a pas de prix. À la différence des violons, il n'y a pour les altos Stradivarius ni marché ni cote.

« La dernière enchère publique d'un alto Stradivarius remonte au XIXe siècle, explique Antoine Tamestit, et il n'y a pas eu de vente privée depuis les années 1960. » Les dix altos connus appartiennent à des fondations ou des musées. La Fondation Habisreutinger de Saint-Gall, en Suisse - propriétaire du « Gustav Mahler » - ne dévoile pas pour quel montant est assuré son alto.

Elle concède que la somme est proche de la valeur d'une toile de maître. Le « Gustav Mahler » est d'autant plus précieux que les trois quarts de son vernis originel sont intacts. « Les altos italiens ayant fait leur apparition vers 1670, ce pourrait être le deuxième ou troisième en date dans l'histoire de la musique », précise Antoine Tamestit. Sa valeur scientifique et artistique, l'instrument la doit aussi à ses propriétés, uniques chez un Stradivarius.

« À 28 ans, Stradivari sort à peine de chez son professeur, poursuit le musicien. Il en profite pour innover, expérimenter des formes nouvelles, d'autres types de bois : les coins sont plus allongés, les éclisses plus hautes, le bassin et les épaules plus larges. Son dos est en bois de peuplier et non en érable, ce qui lui donne des couleurs plus appuyées dans le médium-grave. » Cerise sur le gâteau, l'étiquette d'origine, à l'intérieur de l'instrument? comporte une coquille ! Le « U » d'Antonius s'est mué en un « N ». Trois Stradivarius seulement présenteraient cette particularité. Si Antoine Tamestit se passionne autant pour l'instrument, c'est aussi parce qu'il garde sa part de mystère. Le « GustavMahler » a été baptisé par Rolf Habisreutinger, fortune du textile et fervent collectionneur, qui a acheté l'instrument en 1960, année du centenaire du compositeur allemand. Auparavant, dans les années 1950, il est passé entre les mains du marchand Henry Werro, à la réputation sulfureuse. Sa trace la plus ancienne remonte à 1877, où il est signalé dans une vente aux enchères à Londres. Deux siècles de blancs à compléter !

Jamais deux instruments sur le même avion
Antoine Tamestit, lui, ne fait sa rencontre qu'en janvier 2008. Il a 28 ans. Grâce au parrainage de Christian Poltéra, partenaire de trio également soutenu par la Fondation Habisreutinger, il a pu bénéficier de conditions de prêt exceptionnelles. Des dix Stradivarius que possédait Rolf Habisreutinger, la fondation qui lui a succédé en 1995 en a conservé six, tous joués par de jeunes musiciens. Ces prêts sont accordés en principe sur dossier (la fondation reçoit une à deux demandes par mois) et mettent des années à aboutir. Il n'a fallu dans le cas d'Antoine Tamestit que quelquesmois.

Les contreparties de ces prêts d'un an renouvelables, sont minimes : une participation à l'assurance ; un concert par an pour la fondation ; le retour de l'instrument en Suisse tous les ans pour expertise et un suivi régulier chez le luthier de la fondation. Et, bien sûr, un luxe de précautions. Il est interdit de jouer en orchestre à cause du risque de chute de pupitres, et de laisser l'instrument sans surveillance à l'hôtel, au restaurant ou dans un coffre de voiture. Le musicien doit signaler tout voyage long-courrier. La fondation veille à ce que deux instruments n'embarquent sur le même avion et soit joué dans un pays «à risque».

 Arpeggione Lieder, de Franz Schubert, ( CD Naïve)

© Thierry Hilleriteau pour Le Figaro

Le gardien en profite pour vous recommander la lecture de :

Tribulations d'un stradivarius en Amérique, de Frédéric Chaudière (actes sud)

Le 28 février 1936, le soliste Bronislaw Huberman donne un concert au Carnegie Hall de New York. Des deux violons qu’il a emportés, un stradivarius et un guarnerius, il choisit ce dernier. Quand il sort de scène, le stradivarius s’est volatilisé et ne refera pas surface avant de nombreuses années.
L’histoire de l’instrument disparu avait commencé par une nuit d’hiver 1706, dans une vallée des Alpes italiennes, quand un bûcheron choisit l’épicéa qu’il allait abattre en cette lune noire de janvier. De sa conception par le maître luthier Stradivari jusqu’aux rebondissements rocambolesques et véridiques qui suivirent l’enlèvement, Frédéric Chaudière raconte l’existence mouvementée d’un violon trop convoité sur un rythme de roman-feuilleton : durant trois siècles, en effet, le stradivarius cristallise et déchaîne les passions des artisans, des musiciens, des mélomanes, des amoureux de l’art, du profit et de la gloire.
 

CE MATIN J'AI COMPRIS UN TRUC...

« Ce matin, j'ai compris qu'au théâtre, les personnages parlaient beaucoup plus fort que les gens dans la vraie vie, mais que ça les empêchait pas de mourir. J'AI PAS RAISON !? »

« Ce matin, j'ai compris qu'une goutte de pluie, c'est un peu un flocon de neige qui aurait raté sa vie. J'AI PAS RAISON !? »

« Ce matin, j'ai compris que les gens polis ne montaient pas à cheval car on ne joue pas avec la nourriture. J'AI PAS RAISON !? »

Voilà quelques théories lues ce matin sur le Blog  THÉORIE D'ENFER. Aussi, si à votre tour...

THÉORIE D'ENFER

C'EST ICI

COMME UN DIMANCHE...

Ce week-end, conversation téléphonique plaisante avec F.C., écrivain et illustrateur de grand talent, auteur d'ouvrages admirables et précieux que j'admire depuis fort longtemps. Quand je lui demande où en est son dernier roman - magnifique et délicat,  en passant - , il me raconte que les deux éditeurs avec qui il travaille d'ordinaire lui ont refusé. motif avoué, le roman fait un peu trop appel à l'imagination !... Pauvres éditeurs qui sont obligés de dire non parce maintenant les artistes se mettent à avoir de l'imagination...

Comme un dimanche, mais avec imagination...

Et malgré des notes de lectures élogieuses, tant pour l'histoire et tant pour le style, les éditeurs confus ont ajouté :  « on ne saurait vous défendre »

Sans défense, la vie d'artiste en somme...

DECOUVRIR

LE SITE DE FRÉDÉRIC CLÉMENT

&

INSTANTS CLÉMENTS

Carnet de Frédéric Clément déposé sur un banc,

feuilleté par le vent ou qui veut

UNIVERS

« L’univers est innombrable, mais fertile en symétries, en coïncidences, en pléonasmes, en contradictions. Rien n’y est suspendu, isolé, flottant dans une totale indépendance. Sans cesse il se répète et sans cesse on y découvre de nouveaux prodiges. Les rêves, qui à leur façon appartiennent à l’univers, eux aussi constituent une cohérence, à un niveau du monde qui possède comme les autres ses constances et ses aberrations. »

Roger Caillois, La lumière des songes, éditions Fata Morgana

MOT À MOTS...

Amis curieux,

Je vous propose un nouveau jeu, écrire une histoire en une seule  phrase, même si celle-ci peut être longue...

Ecrivain ou non, à vos stylos...

C'est bien connu, c'est John qui meurt à la FIN. Robin le Berre

 je l'ai vue, j'ai su, j'y ai cru, j'ai couru et puis elle a disparu, quelle morue ! Vanessa Lambert

Son ami Pierrot qui habite loin de Rueil vient en métro, les beaux dimanches, avec Odile et Zazie, dessiner des bâtons chiffres et lettres, et autres exercices de style. Helene Sturm

La femme s'est affalée sur le sofa fané et a avalé son petit-déjeuner. Paola Boubli Beskow

Elle se leva, regarda autour d'elle et décida de se recoucher. Aitor Alfonso

Encore une journée à ne rien faire" se lamenta-t-elle. Puis elle enfouit sa tête dans son oreiller. Thibault Daligny

Un jour qu'il faisait nuit, j'étais debout assis sur le bord au milieu de mon lit à lire un livre qui n'était pas encore écrit à la lumière d'une chandelle éteinte ... Christele Voisin

La balle monta...puis retomba; l'attraction universelle fut sans pitié. Aitor Alfonso

La confiture compacte, retenue sous le verre, engoncée dans son pot; un "poc" libérateur vint tout remuer. Aitor Alfonso

Ce petit corps enfin mûr préféra l'antre de sa mère et lui prit la vie. Paola Boubli Beskow

Un jour dans un univers, dans un système solaire, sur une Terre, dans une clairière jouaient l'ombre et la lumière... et puis plus rien. Fabien Dubois

Elle avait le verbe mauvais, plus par maladresse que par méchanceté, et décida de le garder. Paola Boubli Beskow

La lune a joint ses deux cornes, the earth was born, un enfant est apparu, une explosion, tout s'est tu, il a tout cassé. Isabelle Marc

La marquise sortit à cinq heures. Pierre-M. Gason

Le vent était frais, le soleil glissait sur son visage épanoui ; un coup de klaxon la fit sursauter, tressaillir, elle fut happée sans rien comprendre ; la foule s'agglutina autour de son corps souriant, le soleil glissait sur son visage endormi. Thibault Daligny

Aujourd'hui jeudi 28 janvier 2010 à 14h03'50'' : je suis-là (est-ce de la "littérature-réalité" ?) Fabien Dubois

Eblouie par ce soleil du nord Tunisien, il m'aparut, comme venu de nulle part et son sourire généreux et coquin me donna l'envie de me laisser séduire !! Dominique Juillard

J'ai une sarkosyte qui me demange ! est-ce grave docteur ? Da Froissart

Sans air ,le marquis le prit... Isabelle Jasselette

A peine sorti de chez lui, après avoir fait ses adieux à Pénélope et à son chien, prêt à conquérir le monde et à vaincre mille créatures monstrueuses et malignes, Ulysse se dit que non, pas cette fois. David Collin

 Il monta quatre à quatre les trois marches qui descendaient au grenier et vit par le trou de la serrure bouchée un nègre blanc qui déterrait un mort pour le manger vivant. Christele Voisin

A l'heure où les grands fauves vont boire au marigot, alors qu'au loin les voitures vrombissaient sur le périphérique, Jean décida qu'il était temps pour lui de devenir quelqu'un de bien et, dans le calme de sa chambre, il cliqua rageusement pour valider l'envoi de ses dix euros aux comités qui luttaient contre la misère en général et les moribonds d'Haïti en particulier, sans se douter qu'au même instant sa voisine de palier, envoyait elle aussi son obole. Laurent Greusard

« Il me conta que ce qui l'avait véritablement obligé de courir toute la Terre , et enfin de l'abandonner pour la Lune , était qu'il n'avait pu trouver un seul pays où l'imagination meme fût en liberté.» (Cyrano de Bergerac) Beatrice Deveix

Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy se leva et pensa in petto que cela allait encore être une journée crevante. Laurent Greusard

Oui, gardien, je voudrais faire une dernière déclaration, je voudrais dire qu'à Huntsville, Texas, le taux d'ensoleillement est très élevé et que les gens ont un accent charmant, il y a des fleurs et des petits animaux dont je n'avais même pas idée qu'ils existaient avant qu'on me les raconte, il y a cette délicieuse nonchalance dans l'air, propre au Sud, et c'est pourquoi tout cela, gardien, les sangles, les regards des témoins tournés vers moi, le froid qui me pénètre, tout cela ne peut être qu'un malentendu, un peu comme quand un benêt vous raconte une histoire et que vous n'y reconnaissez pas complètement le monde tel qu'il est, le monde vu à la verticale, quand on est debout, si différent, tellement plus solide que celui que je vois maintenant et qui va se briser juste après le point de cette phrase. Stephane Meliade

Je lui ai tapé dans l'oeil, on a voyagé, je l'ai fait souffrir, il m'a malmenée et après une dernière aventure, j'ai fini au placard, comme toute bonne chaussure que je suis. Alix Loiseleur des Longchamps

Je ne connais aucune Mademoiselle Estelle, ni jeune ni vieille, ni laide ni belle, de riche pas plus que de désargentée, et quand bien même ce prénom réveillerait un souvenir enfoui loin dans un recoin de ma vie, rien ne dit qu'il s'agirait de la même personne, ni même qu'il s'agirait d'une personne véritable, peut-être seulement un rêve, une envie de soleil qui n'aurait pas mûri, le regret d'un silence qui aurait tout salopé de son jaune pisseux quand les mots étaient si près des lèvres pourtant, qu'on les auraient presque entendus mais ce n'était que dans le vaste Sahara de l'esprit hurlant son désespoir tandis que la porte s'ouvrait, puis se fermait, puis qu'un pas lentement descendait l'escalier de l'immeuble, non sans hésitations, sans attente de quelque chose qui ne vint jamais et qu'enfin il s'éloignait, disparaissait, se perdait dans les remous d'une ville elle-même oubliée depuis, de sorte que je puis vous assurer, Mademoiselle, que je ne suis pas l'homme que vous prétendez chercher et qu'un instant vous avez cru reconnaître en moi qui, pour tout dire, ai cessé d'exister depuis bien longtemps. Alain Kewes

J'ai faim. Nicolas esprime

J'ai soif. Nicolas esprime

J'ai envie de tirer ma crampe. Nicolas esprime (c'est élégant !!!, note du gardien)

Seuls. A deux dans l’ascenseur social, vibrant d’une indécise verticalité. La Loi des séries. Et pourtant ce silence, qui pénétrait leurs corps dans une étrange indécence… Clo Brion


Le poisson rouge nageait sans entraves dans un espace que sa courte mémoire rendait infini. Aitor Alfonso

N.B. L'illustration est de Géraldine Gonsalez

Il était une fois un vilain petit crapaud qui, azimutant une chouette greluche qui roupillait avec une seule godasse, vira dare-dare les nains qui peuplaient sa couche pour lui rouler une pelle et ainsi raviver la poulette, laquelle toutefois était déjà crevée parce qu'un grand méchant loup l'avait bouffée et qui, s'étant fait passer pour la belle, bouffa aussi le crapaud, dont la dernière pensée fut de se dire, en guise de réconfort, que s'il avait pu vivre heureux avec elle, il aurait fallu en revanche besogner gros pour avoir des enfants. Benjamin-Hugo LeBlanc

Avant de se jeter par la fenêtre, devant les yeux de son mari, oui, c'est insensé, mais Irène l'avait décidé, ce matin même, et rien ne pouvait la faire changer, elle venait d'apprendre que Georges la trompait avec la fille de la voisine, une délurée d'à peine vingt ans, une dévergondée, une folle furieuse, à peine rentrée comme pigiste, le mois dernier, mais déjà bien au fait des manigances pour influencer sa promotion, avant de se jeter par la fenêtre, c'était décidé, vingt ans de mariage, pas une seule entorse, rien que d'y penser elle suffoquait, Irène voulait être certaine qu'il y avait foule dans la rue et se demandait si elle allait atterrir sur le crâne chauve et luisant de son tendre et cher ou sur le journal qu'il tenait entre ses mains, comme chaque samedi pour vérifier d'éventuelles coquilles non corrigées ou des faiblesse de style, elle s'imaginait déjà à la une de ce journal, la femme du directeur s'est jetée violemment sur son mari, une dernière façon de lui marquer son amour, mais y avait-il un risque pour son Georges, l'amour de sa vie, le blesserait-elle, non, elle ne pouvait l'admettre, et finalement, prise de panique, les jambes tremblantes et la voix teintée d'une angoisse incontrôlable, elle cria, Georges, tu viens me faire la lecture, et d'habitude c 'était un code entre eux, Georges fit semblant de ne pas entendre, puis s'élança dans le couloir sombre où un escalier l'attendait pour dévorer ses pas à grandes enjambées pour faire craquer le bois des marches juste avant qu'il n'accomplisse comme chaque week-end à la même heure, son devoir conjugal en rêvant à la jeune pigiste qu'il embrasserait à nouveau demain. Dominique Sampiero

A dix-neuf ans il quitta son village de montagne, rejoignit les troupes révolutionnaires dont grâce à son courage et son goût de l'intrigue il prit bientôt la tête, renversa le Chef Suprême, instaura un régime populaire autocratique soutenu par une armée bien entraînée et une police politique aux ordres, et au moment de mourir, dans son grand Palais Blanc cinquante-cinq ans plus tard, il murmura à l'oreille de sa petite-fille muette, diaphane et medium : "Pourquoi ta mère et ta grand-mère ne m'ont-elle jamais aimé ? Christian Garcin

Sans oublier les réjouissantes propositions de monsieur Norbert et autres artiste de la phrase unique que je vous invite à découvrir dans les messagers...

MONEY...

Reçu aujourd'hui cette citation. Amusant à l'instant du sommet de Davos...

« Si vous devez cent dollars à la banque, c’est votre problème. Si vous devez cent millions de dollars à la banque, c’est le problème de la banque. »(John paul Getty)

PROPOSE DE CLAUDE SEIGNOLLE

Ce petit mot, comme ça, en passant de l'ami Claude Seignolle qui vaut aphorismes...

Cher Vieux Fou,

Après avoir béatement subi le charme évanescent de ton texte internautique voici, en toute innocence, quelques lignes terre à terre de mes pensées, hélas bien plates.
Mais fais avec, je ne vais pas fouiller tout mon magasin pour te dénicher l'article génial que tu prêtes à mon esprit jouant "relâche". je retourne aux champs paisibles à
l'ombre de mes blés sereins.

- Avec l'âge l'esprit ponds sans cesse des oeufs de soucis que l'on couve malgré soi.
- Chaque matin on nait du ventre de son lit.
- Si on ne fait rien dans sa vieillesse, je me demande quand on fera quelque chose ?
- La critique voit trop souvent où il n'y rien à voir
- Il faut vivre coûte que coûte afin de ne pas faire de peine à ceux qui vous aime.
- Lorsque je lis une glose universitaire ardue c'est comme si je baisais une belle fille sans parvenir à jouir.
- Faire de "tout un peu" donne de "rien beaucoup".
- Sa méchanceté le faisait se mordre lui-même.
- Un livre de moi dans la bibliothèque des autres c'est comme mon regard chez eux.

La dessus, lèche-toi la plante des pieds et passe une bonne nuit.

Claude

Le meneur de Loups

BESTIAIRE URBAIN

A son étrange façon, mon ami David Collin est un explorateur et un naturaliste d'antan. Remplaçant la loupe et le filet à papillons par un appareil photo toujours opérationnel, il  capture à tout va les animaux insolites qui se cachent au coeur de nos villes. Extrait de son tableau de chasse...

Amusant de traquer les poisssons quand on s'appelle Collin...

Pour découvrir le site de

David Collin

CLIQUEZ ICI

JEU DE MOTS

Je vous invite à déposer une phrase, une citation - ou plusieurs - poétique, farfelue, iconoclaste, drôle ou irrévérencieuse, ou irrévérenvicieuse ! - que je déposerai ensuite sur le cabinet de curiosités.

Qui se lance ? Allez, c'est pour une bonne cause : LES MOTS,

LES JOLIS MOTS !!!

Ce matin je fume jusqu'à plus soif. Florence Alcaide Villanueva

Agent d'âmes à vendre au diable. Louise Emeraude Mann

Il y a pire qu'échouer mieux. MadMan Claro

Le saule est en fleurs, tes cheveux sentent blonds et moi j'ai l'esprit qui bat la champagne. Frédérique Longrée

Il faut battre sa mère tant qu'elle est chaude. Eli Zabeth Flory

Paume droite et claquement entre deux circonflexes sourcillés, main gauche et maladroite qui tape le front et le renverse: les bouts mis bout à bout , ça ne reconstitue pas. Sally Mara

J'étrenne mon bureau défraîchi, auréolée de mon statut de boss fraîchement nommée. j'ai troqué l'open space moquetté d'un immeuble parisien pour un local en béton froid et sec où l'odeur du cambouis se mêle à celle du café. j'ai chaud au coeur. Milena Poncik

J'arrive pas à y arriver mais j'essaie d'essayer ou j'essaie d'y arriver mais je n'arrive pas à essayer mais encore j'arrive à essayer en essayant d'y arriver, quelque chose dans ce goût là... Adeline Malaterre


Mon regard aux longs cours a déchiré sa voile aux vents de tes amours.

Le regard vide,
Consumé aux fantasmes de mes nuits,
Lourd de mes mains sur ta peau,
Brûlure ultime,
Cendres fumantes de mes envies,
De mes inavouables orgies solitaires.

j'irai,

Amoureusement te déposer dans l'urne,
Comme l'arbre pleure en décembre
Ces bouquets où s'embrassent à minuit les amants.

J'irai,

Sereine,
Vers la fin de mon temps.

Nadine Lejeune

Le beau en rage n'est jamais rouge - Il rode.  Sebastien Ecorce

Le silence, le plus grand des hurlements. Edouard Savart

Occire l'or des rats règne sur le mots.  Sebastien Ecorce

Les mots...  Sebastien Ecorce

Bah ! si peu.. Olivier Husson

Sans qu'un pourcentage des mots recueillis ne soit reversé à la bonne cause du jour ? Pfff, sans-coeur ! Myriam Laffont

« Une bête bleutée de profil, pleine de ventouses sous les pieds " ( T.F.). »  Sebastien Ecorce

Les jolis mots sont des menteurs. Jany Pineau

Onde de plaisir tu
lame de fond ténue
en ma perle tendue
à la pensée que tu....

Michèle Sébal

Se lever depuis l'appel, sur les touches même d'un simple clavier se lever, et partir vers... Anissa Tamene

Au-delà des naufrages, nos images ont une âme. Muriel Velty
 
Veuve Vierge la Javanaise

Dans un bouge à bannir s'ébattent des ribaudes. Brunes, blondes ou bois d'ébène, elles sont là, buvant, baisant, branlant les boute-feux et brasse-mottes de bambocheurs béats. Céans se savourent sans soucis ces aspersions salines et savoureuses qui suintent ou jaillissent des bourses de messieurs vicieux mais point avaricieux. De la fête des fouteurs fuse sans faiblir, avec force fureur, le foutre sur les frisures des fières femelles… Ô le beau bordel!...

Michèle Sébal

Qand les mots, ô dommage
sont bannis de l'hommage...
la censure qui nous lie
fait de nous une lie.

Michèle Sébal

Entendu hier dans un café: à 26-27 ans, c''est normal d'avoir testé toutes les possibilités de la débauche... Liane De Pougy

Je ne regarderai plus jamais TF1. Sophie Poirier

Il savait déposer les armes avec grâce : le drapeau blanc piqué de fils multicolores. Cécile Fargue

Rien n’est dit.
L’on vient trop tôt
depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes.

(Poésies, II, LAUTREAMONT) L'aPince ÀLinge

« De Jean Languide à son ami Hébert: "Pendant mille soixante-trois biceptrilliards une seconde deux, j'ai tenté vainement chaque minute de me succéder." Ainsi disent, et ils font. » (Valère Novarina, L'Animal du temps.) Lily Briscoe Yellowlounge

Le Chevalier Des Touches. Pascal Bouchet-Spiegel

« Les hommes qui ont pris la résolution de détester leurs semblables ignorent qu'il faut commencer par se détester soi-même. » (Lautréamont) Lionel Eskenazi


Daphné : We can’t get married at all

Osgood : Why not ?

Daphné : Well, in the first place, I’m not a natural blonde !.

Osgood : Doesn’t matter...

Daphné : I smoke. I smoke all the time..

Osgood : I don’t care.

Daphné : I have a terrible past.

For three years now, I’ve been living with a saxophone player..

Osgood : I forgive you.

Daphné : I can never have children.

Osgood : We can adopt some

Daphné en ôtant sa perruque : You don’t understand, Osgood, I’m a man !.

Osgood : Well.. nobody’s perfect !

(Some Like it Hot, Billy Wilder, sortie américaine : 29 mars 1959) L'aPince ÀLinge

« Les enfants s'aiment comme des amants, nous ignorons leurs petits drames dans le courant de notre vie d'adulte. » (Jack Kerouac) Saliha Taouti

« Gargantua aime boire et manger, mon chien aime boire et manger, donc Gargantua est un chien ». Elisandre L'Oeuvre Au Noir

 « Le soleil se lève avant moi, moi je me couche après lui : nous sommes quittes. » (Jules Renard) Lionel Eskenazi

« L'imaginaire c'est ce qui tend à devenir réel. » (André Breton) Lionel Eskenazi

« Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants. » (Denis Diderot) Fabien Dubois

« Le jour une lune se lève en moi, et si dehors / C'est la nuit - un soleil brille à l'intérieur. » (Attila Joszef, «Éveil», À coeur pur, Verticales) Kateri Lemmens

Un doigt pointe vers la lune, tant pis pour ceux qui regardent le doigt (Proverbe Bouddhique) Elisandre L'Oeuvre Au Noir

« Mieux vaut avoir l'âge de ses artères que l'âge de César Franck. » (Jean Yanne) Valentin Ka

La bouche usée par les baisers !!.... Agnès Joussaume

« Heureusement que Jésus-Christ n'est pas mort dans son lit, sinon en Bretagne, il y aurait des matelas en granit à chaque carrefour. » (Jean Yanne) Elisandre L'Oeuvre Au Noir

« Enfin, condamné à quinze jours fermes pour vagabondage, je pus sortir de la cabane et me précipiter assez content sur le premier zèbre que j'aperçus au soleil ». (JP Clébert. La vie Sauvage, Denoël, 1953) Olivier Bailly

C'est à écrire,à écrire... qu'il nous faut !... Christiane Castillo

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec on atterrit au milieu des étoiles. Oscar Wilde. Cécile Polard

Un être vous manque, et tout est dépeuplé... Nejma Tabti

Le coeur a ses raisons que la raison ignore... Nejma Tabti

Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité. (St Exupéry) Pascale Ecrement-Moressée

Tu veux des mots des mots tards, mots ribons, des mots laçons, des mots lusques !!! Agnès Joussaume

« L'homme a tendance à oublier que la vraie richesse de ce monde ce n'est pas le nombre de billets verts qui reposent au fond de sa poche mais le nombre d'espèces, de vies différentes, qui évoluent autour de lui. » Olivier Chrapkiewicz

Les Mauxdits ! Béatrice Scarfogliero

Ayant toujours eu du mal avec la première phrase je passai directement à la deuxième. Alain Giorgetti

« Je vais promener mes cheveux, ça va leur faire du bien ! » Béatrice Scarfogliero

« Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction » (Picabia) Laura Naudeix

« Mais non il fallait pas nettoyer les toiles d’araignées, j’avais dit tout sauf les toiles d’araignées !! » (Spiderman) Isabelle Marc

« La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et les suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. » (Anonyme ?) Fabien Dubois

« La véritable jeunesse est une qualité qui ne s'acquiert qu'avec l'âge » (Jean Cocteau) Nathalie Lallouette

« L'argent aide à supporter la pauvreté. » (Alphonse Allais) Fabien Dubois

« Il a tout piétiné,y compris sa propre ombre; tout souillé de ses premières amours, tout pollué de ses dernières déjections. Que le patriote bêlant dont l'oreille et le foie s'épanouissent au cocorico d'Aragon ne se gêne pas ; il le trouvera dans la poubelle en bas de mon escalier,et il peut l'y ramasser.Et maintenant je vais me laver les mains et me rincer la bouche » (Jean Malaquais, Le nommé Louis Aragon ou le patriote professionnel) Archantael Kicéça

« Aucune chose n'est en haut comme on la voit en bas. » (Maria de Naglowska) Donald Traxler

« La ponctuation me surprend
La forme des temps, tout autant
Des points avant les virgules
Votre style est vraiment nul
Un accent par ci, un accent par là
Mais jamais au bon endroit
Du futur au lieu du présent
Malgré l’action du maintenant
Trop de verbes à l’imparfait
Le conditionnel me déplaît
Vous oubliez les traits d’unions
Et les règles de conjugaison
Où sont passées les majuscules ?
Préférez-vous les minuscules ?
Votre prose n’a aucun sens
L’objet perd de sa substance
Le rythme crée une tension
Telle une mauvaise partition
Comme un cochon, vous écrivez
Votre cerveau est-il gaucher ?
L’encre se déverse sur les pages
Il y en a même sur mon corsage
Mauvais conteur, allez-vous-en !
Je vais choisir un bon roman

Louise Brook de Facebook

Une rondelle ne fait pas le printemps ! Raymond Alcovere

"Les hommes sont des infirmes qui frappent sur des tambours pour se donner l'illusion de marcher". Ambre

Ce bleu royal, azur héraldique en bande au bord du drapeau, au-dessus des créneaux, et ces céramiques maures sous les balcons : chimériques Chimènes qui hantent ibériques les zones historiques habitables, et frôlant en coupé décapotable navy le camping dit d'El Cid, on rit d'être un bas-bleu en microshort denim. Aurélia Bonnal

Et pour la cause des mots, il hurla le plus déchirant d'entre eux et s'en étrangla. Gilbert Pinna

quand le mot ment, il est mot tif à couper, mais les mots dits, non mots mi fiés, sont des mots coeurs. Michèle Sébal

On conseille aux jeunes de construire leur avenir, on devrait leur enjoindre de se faire un passé. François

Longtemps, je me suis tu de bonne heure.

Au commencement, était l'interjection : merde !

Toujours préférer les mots d'amour crus aux cris de haines recuites.

François

 La servitude tragique de l'artiste qui courtise un public qu'en secret ils méprise ! Sylvaine Vaucher

« Une truite dans la marmite vaut mieux que deux saumons dans la rivière... »  (un proverbe irlandais, c'est bien aussi ?) Ines Trouette

J'aime errer sur le clavier, filer doux, à mots couverts, tisser d'aimants songes... Jean-François Paux

Ma grand-mère : « CHACUN SON MAUVAIS GOUT » Bouquinerie Kontrapas

Composé un soir en l'honneur de la défunte Société des Francs-Péteurs de Caen :

Il arriva que le Roi, de la guerre s'enquérant,
Chercha conseil auprès de son stratège.
Mais voilà que, mû par l'envie du chant,
D'un seul souffle l'homme s'allège.
Point un soupir, mais un tonitruant
Dont l'humage, souffert par tout le cortège,
Indispose les plus reniflants.
Par tous les dieux, mais quel est ce manège?
De s'écrier le Roi, à l'adresse du flatulant.
Ne vous apprend-t-on, Monsieur, au Collège,
Qu'on ne s'adresse à Nous que par devant?
Au cachot se retrouve sitôt le sacrilège
Musicien du fondement, compositeur incontinent
D'une seule et unique mélodie qu'on abrège.
Si bien que de son conseil jamais on n'eut vent
Sinon, du moins, par la charité de son siège.

Benjamin-Hugo LeBlanc

La ponctuation me surprend
La forme des temps, tout autant
Des points avant les virgules
Votre style est vraiment nul
Un accent par ci, un accent par là...

Louise Brooks de Facebook

Heu..nan rien ! Robin le Berre

De toutes les perversions sexuelles LA plus incompréhensible est certainement l'abstinance... Bourrinet Nathalie

Alexandre a Diogene "Que désires-tu ?" , Diogene "Ôte toi de mon soleil" Olivier van Eetvelde (Cher Alexandre, fon fils s'appelle Diogène !)

« ...La gravité est le plaisir des sots..il ne faut jamais se prendre au sérieux...en revanche il faut prendre au sérieux ce qu' on est, ce qu'on dit, ce qui compte vraiment, ce qui est plus grand que l'Homme... l'autobus, par exemple. » (Alexandre Viallatte) Jacques Theillaud
 
Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix, qui suffirait seul pour rendre cette existence chère et douce. (Jean-Jacques Rousseau) Rue des Promenades

La forme des pyramides le prouve, l'homme a toujours eu tendance à en faire de moins en moins. (source inconnue). Melmothia Soror Deus Sekor

J'abandonne mon être à mes lettres, car l'écriture sans âme n'est que lettres. Mélina Hoffmann

« La conscience ? Elle n’empêche jamais de commettre un pêché. Elle empêche seulement d’en jouir en paix ». (Theodore Dreiser) Mélina Hoffmann

vieux démon cherche costume d'ange pour se racheter. Ines Trouette

L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité. (Oscar Wilde) Léo Rouzier

« On sait qu'on a trouvé quelqu'un de spécial quand on peut la boucler et partager un silence agréable » (Quentin Tarantino Pulp fiction) Corinne Laurent

Les mots les mots les mots ils enragent mes vecteurs lorsqu'ils restent coincés à l'intérieur. Sally Mara

Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu. Olivier Cousy

"Le plasticien est à l'Art ce que le Tupperware est à la gastronomie" (NiboR) Robin le Berre

« Notre époque ne fait plus de musique. Elle camoufle par du bruit la solitude des hommes en leur donnant à entendre ce qu'elle croit être de la musique. » (Jacques Attali) Helena Hababou Rosenstein

La fleur que je préfère ? L'iris de ses yeux. Nicolas Millet

 Il n'y a pas de gens équilibrés, il n'y a que des équilibristes Jac Barron

« Je me méfie des gens modestes, s'ils le sont, c'est qu'ils ont de bonnes raisons de l'être » (Nietzsche) Marie-Thérèse de Brosses

« Ces petits bouts d’hommes ... sont volontiers cholériques. La raison physicale est parce qu’ils ont le coeur près de la merde. » (François Rabelais) Alix Loiseleur des Longchamps

« Les têtes qui sont vides et faibles sont toujours susceptibles d'avoir à l'intérieur des petits trucs noirs qui font un sacré raffut. » (E.W. Shepherd-Walwyn) Franck Jamet

« La route de l'exces mene au palais de la sagesse. » (William BLAKE, 1754-1827) Jean Claude Junin

« Qui commence par le rêve et la folie sait très bien où il va: à la folie et au rêve. Mais le raisonnement nous jette en pleine aventure. (J Paulhan, Entretien sur des faits divers) Chantal Remigereau

Ce corps parfumé de légumes, semblait engendrer la paix... Paola Boubli Beskow

Renverse la nuque fleur d’oranger
les montagnes s’endorment à pas de loup
un lotus drapé sur les berges muettes
carrousel filant l’étoffe de mes nuits

Adeline Malaterre

« N'exagère rien. Sois calme et bien coordonné. Développe en toi-même la grand vertu du coeur : l'équilibre. » (Maria de Naglowska) Donald Traxle

« La connaissance qu'a un seul homme de la faute de cent autres ne lui sert à rien. » (Marguerite Duras) Emmanuelle Guillouet

« Mon Dieu, je vous en supplie, qui que vous soyez, soyez ! »(Frédéric Dard) Emmanuelle Guillouet

« Moi je ne mourrez pas dans très longtemps, mais quand même dans un petit peu longtemps » (Emmanuel Carrère) Julián Admiraï

« Un livre est comme un jardin que l'on porte dans sa poche » (Gladys taber) Pascal Durif

« la phrase qui illustre la vitrine de ma bouquinerie le thème actuel étant le banditisme la criminalité , prostitution, drogue... : la maison poulaga reçoit même les dimanches & jours fériés! » Marie-pierre Siméon

« Le fil rouge du meurtre se mêle à l'écheveau incolore de la vie. » (Sir Arthur Conan Doyle, Etude en rouge) Fantastic Mister Fox

Pas la plus originale, pas la plus irrévérencieuse mais pour moi la plus belle : « Il était une fois... » Casajordi

« Fornication? But that was in another country, and besoides, the wench is dead. » (Barabas dans Le juif de Malte de Christopher Marlowe) Taoufik Said

 Rien n'est sérieux sauf ce qui ne l'est pas Xavier Mathieu

Il n'est qu'un crétin qui ait pu trouver son oeuvre parfaite, et ce crétin-là, c'est... Dieu ! (William Vogt, l'Altière confession, 1892) Monsieur Norbert

Les mots me font défaut, seules les images peuvent être singulières… quoique ! Alexandra

L'avantage de se lever de bonheur, c'est qu'on peut se lever de bonheur .... à toute heure, nom d'un fulchibar ! Artemus Dada


"Les adieux ont des progénitures lointaines et les paysages les recouvrent de broussailles et de poussière." (Fleur Jaeggy) Claude Chambard

« Les mots... toujours les mots, bien sûr ! Citoyens ! Aux armes ! Aux pépées, Citoyens ! A l’Amour, Citoyens ! Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés ! Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas... C’est vous dire ! » (Léo ) Olivier Bailly

« Les tellines n'excèdent pas la grandeur d'une fève", (Dezallier d'Argenville dans sa Conchyliologie). Denis Montebello

« La porcelaine cassée dure plus que la porcelaine intacte» : (Jules Renard) Helene Sturm

« Le Titien aboie et le Caravage passe ». (Perec) Helene Sturm

« Un concerné n'est pas obligatoirement un imbécile encerclé. » (Pierre Dac) Taoufik Said

« Celui qui est parti de rien pour arriver à pas grand chose n'a de compte à rendre à personne » (Pierre Dac) ...Na!!! Christiane Castillo

 Vieux motard que jeune cycliste. Xavier Mathieu

Où que tu ailles, où que tu sois, si je ne suis pas là je serai autre part. Nadia Le Roux

Plus je pédale moins fort et moins j'avance plus vite. Xavier Mathieu

« Je ne donnerai pas ma fille pour une forêt de singes » (Shakespeare) Eric Dussert

« Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme » (Nelson Mandela) Beatrice Deveix

« Qu'il est bon de baiser sa maîtresse, mais qu'il est bon de pisser qaund ça presse ! » (un vieil ami belge) Eric Locret

« Qu'il est bon de baiser des petits culs et de boire dans de grands verres, malheureusement pour nous punir, Dieu a fait les culs beaucoups trop gros et les verres beaucoup trop petits ! » (St Pierre) Eric Locret

Mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche.... Valérie Arboireau (une superbe Corse )

Comme un axe tragique renverse l'excès. Muriel Couteau

 Rubrique farfelue et coquine  :

« Viens que je te bisoute
ma langue, ta langue en folie
jusqu'au bout de la zoute
jusqu'au bout de la nuit »


Jeanne Magnani


Bain de minuit pour les étoiles.
Les baigneuses scintillantes éclaboussent l' onde noire.
Elle pétille, mer précieuse, sous le ciel assoupi.
Et tu ris, merveilleuse, sous la lune pâle d' envie...

Séverine Halaoui


La pluie fait des claquettes
A Saint-Jacques de Compostelle

La lluvia baila claqué
En las calles de mi tierra...

Le claqué de ma terre
Des gouttes de pluie
à Saint-Jacques de Compostelle.

Marian Vega


« Vengeance! mort ! rugit Rostabat le géant. Nous sommes cent contre un. Tuons ce mécréant ! » Victor hugo, La Légende des siècles) Chantal Remigereau

« Ils seront deux pour être complets, mais ils ne se comprendront pas pour ne pas être parfaits.» (Zeyneb Hanoum) Donald Traxler

« La paix n'est pas un don de Dieu à ses créatures. C'est un don que nous nous faisons les uns aux autres. » (Elie Wiesel) Baptiste Arlie


Non je ne me souviens plus
je ne sais pas pourquoi
pourquoi je me trouvais seule et nue
ce mois de novembre, ce matin-là
dans cette toute petite rue

Florence Alcaide Villanueva


Les hommes naissent libres et égaux en droit... C'est tout de suite après que les emmerdements commencent... Henri Lepine

Gronde orage une étoile sur l’épaule
lueurs confuses à bras-le-corps
un feu tergal posé sur la joue
des roseaux lunaires infusent dans la nuit...

Veilleur de souffle éclaire ces torrents
la paume évasée à contre-jour

Adeline Malaterre

Cérumen : Cire humaine, se garder de l'oter parce qu' elle empêche les insectes d'entrer dans les oreilles. Alexandre Dubois

« Pour que les vins du Rhin et de la Moselle soient bons, il est nécessaire qu le Rhin et la Moselle aient coulé aussi peu que possible dedans. (Georg Christoph Licntenberg - Aphorismes) » Henri Lépine

« Ecrire, pour atteindre le silence. » (J. Dupin) Clo Brion

« Never believe the truth » (John Cassavetes) Christian Garcin

Le jeu est le dernier recours avant l'ennui. Brice Tarvel

Mourir, c'est guérir de la vie. Brice Tarvel

« Entre un Homme Élégant et une Femme Élégante il n'existe guère plus de différence qu'entre un chien et une chienne. » (L'Homme Elégant, de Roland Topor. Texte complet sur le blog de Charles Tatum Sus au vieux monde) Valentin Ka

« Nous survivons : et c'est la confusion
d'une vie qui renaît hors de la raison.
Je t'en supplie, ah, je t'en supplie:
ne veuille pas mourir. »

(P.P. Pasolini, Supplique à ma mère) Eva Truffaut

Ma France à moi elle parle en S.M.S., travaille par MSN,
Se réconcilie en mail et se rencontre en M.M.S
et moi c'est sur le net où chaque jour je me délecte de toutes les réflexions de mon ami Poindron

Christele Voisin de Tokyo

LES MASQUES DE DAVID M. BOWERS

Jeux de masque, jeux de rôles, jeu de dupe...

(...) ou de l'autre côté du miroir déformant...

Ainsi est l'étrange univers de David M. Bowers...

Saltimbanque pictural et artiste farceur

On s'y plaît ou on le fuit,

on s'y effraye mais on ne s'ennuie...

CLOWN(S)

Lu cette déclaration de James Ellroy. Il s'entend évidemment que ces propos n'engagent que l'auteur du Dahlia noir...

 « Au fond, l'Amérique a été la plupart du temps gouvernée par des clowns. Nixon ? Un vrai clown : il se soûlait à mort et appelait les agents fédéraux à 3 heures du matin - il faut croire qu'il ne s'est jamais remis d'avoir été recalé au FBI. Clinton ? Excellent clown ! Carter ? Un petit homme très en colère. George Bush Junior ? Clown n° 1 ! Obama ? Non, pas lui. Trop raide, trop digne - donc trop ennuyeux pour faire un bon clown ! » 

ANNUAIRE

 

Attention cet annuaire fort subjectif est un work in progress des amis, des lieux et visites indispensables. Il est mis à jour quotidiennement.

Vos propositions sont les bienvenues

A SAUTS ET A GAMBADES Promenades littéraires & légèretés livresques

L'ALAMBLOG Littérature, petits éditeurs, secon rayon & -belle - compagnie

LES ÂMES D'ATALA Maisonnette d’édition consacrée aux littératures finiséculaires. Elles ont pour but de révéler la monstrueuse beauté de textes déviants, joyaux de la fange pornographique, médicale ou prolétaire qui éclaboussent les fins de siècles

AMATEUR D'ART PAR « LUNETTES ROUGES » et aimant visiter des expos, découvrir des artistes et échanger

ANIMA VAGULA Rives et dérives de l'art brut

ANNE B. La peinture est une bête de grand air..

ARCANE 17 Aventure terrestre et céleste et surréaliste en hommage à André Breton

L'@ROBASE STR@TEGIQUE Nouvelles & contes improbables

ANATOLIA  Samuel Brussel, Le plus grand éditeur

APPAS rayonnant phare de la littérature européenne moderne

ARMAND ARAPIAN Les déambulations poétiques du chanteur baryton  français dorigine grecque et arménienne

ARTEFAKE Documentation des arts magiques

ÉDITIONS ATTILA  Minuscule éditeur gigantesque

L'AUTOFICTIF l'écriture au quotidien de Eric Chevillard

BARBOTAGES Craque,hoax, couac, Witz, puff, kitsch

LE BATEAU LIBRE Le blog de Frédéric Ferney

LE BATEAU LIBRE L'émission littéraire de Frédéric Ferney

LE BIBLIOMANE MODERNE beaux livres, raretetés, reliures & bibliognosie

BIFFURES CHRONIQUES sur l'actualité, les médias et les livres, coups de coeur, textes courts et humour, par Lois de Murphy

BLAISE HOFMANN Le blog du délicat écrivain helvète

BLANCHE PAINCHAIN Le blog de l'écrivain Hervé Jubert et de son univers l'univers de ses livres fantastico-policiers

LE BLOG À LUC Essai magnifiques, laboratoire graphique et poétique

BOB GARCIA ET LE SPECTRE DU TOCARD Afin de rendre Tintin aux enfants

BOYZ OF SKANDALZ Poésie - politique - littérature - autre formes terrifiantes d'humour

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LE POIGNARD SUBTIL Des passerelles entre l'art populaire, l'art brut, l'art naïf, le surréalisme spontané et l'art immédiat: une poétique de l'immédiat

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RAYMOND ALCOVÈRE Littérature, arts plastiques, citations, extraits, air du temps... Lisez des livres et vous verrez, ils vous le rendront bien !

RÉPONSES SAUVÉES DU VENT Questionaire pour auteurs à tendances bordéliques

LA REVUE DES RESSOURCES Webzine situationniste. Rubriques de créations et de critiques littéraires, d'entretiens et de dossiers, de « Biblionomadie »

RUINES CIRCULAIRES Déambulations littéraires

SANAHULTIVERS Les univers fictionnellse et parallèles de l'écrivain Simon Sanahujas

DES SENS Le blog coquin, mutin & libertin de Claire O.

DE LA SEXUALITÉ DES ARAIGNÉES Des mots, beaucou de mots, très peu de sexualité et encore moins d'araignées

SOCIÉTÉ SHERLOCK HOLMES DE FRANCE Élémentaire mon cher détective

SOLKO Littérature, histoire, théâtre, polémiques à Lyon comme ailleurs

STALKER Dissection du cadavre de la littérature

STRICTEMENT CONFIDENTIEL Revue littéraire et « icoquinoclaste » animée par Sophie K

SUR LA PISTE DE TARZAN Deux amis, l'un photographe (Gwenn Dubourthoumieu), l'autre romancier (Simon SanahujaS), partent en Afrique sur les traces du personnage légendaire.

SURNATEUM Le Muséum d'Histoire Surnaturelle explore depuis quelques décennies déjà les univers étranges et parallèles qui existent aux frontières de notre réalité

TAKUHERTZ  Boîte à jouets et malle de voyage pour l'espace public, les écrits urbains et quelques surprises de la vie.

LA TAVERNE DU DODGE LOREDAN L'antre des curieux de littérature « souterraine »

LE TIERS LIVRE François Bon, littérature & Internet, ateliers d'écriture, édition numérique

UN NÉCÉSSAIRE MALENTENDU Littérature et cetera

LE VAMPIRE RE'ACTIF Coups de sang culturels

LE VIEUX MONDE QUI N'EN FINIT PAS Note bleue, film, imprimé. L'ennui et l'agonie du vieux monde. Charles Tatum écoute et mate.

LE VISAGE VERT le blog de la maison d'édition et rveue fantastique du même nom

VOYAGE AU BOUT DE LA LETTRE Aimer les mots. Aimer un mot, le répéter, s'en gargariser.

ÉDITIONS VOLETS VERTS où le bonheur d'éditer

ZOÉ LUCIDER L'arbre à palabres

LES 807 Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard, deux fois par jour, à 8h07

© Les Curiosités de Eric Poindron

PANNE DES SENS

Il avait perdu la vue, comme d'autre perdent le nord ou leur latin

Tourmenté, inquiet, il avait tatonné à l'aveugle...

... Pour finir par mettre la main sur "des regards".

Comme quand il était enfant ,

et qu'il approchait l'oreille des coquillages.

MAIS

Mais cette fois, il n'entendit pas, 

il vit la mer...

BIBLIO-LOGIS

A la bibliothèque, tandis que je me fais copiste de textes précieux pour les besoins d'une collection que je vais diriger prochainement, je musarde, de Guy Patin, lecteur du XVIIe siècle, médecin, honnête homme et franc parler, en passant par Louis Brouillon - et son Etang maudit - jusqu'à d'autres auteurs curieux et infréquentables que je tais pour l'nstant et que je dévoilerai en un temps voulu. A l'instant d'une pause, je m'arrête sur l'Introduction de la psychologie bibliologique qu'un certain Nicolas Roubakine, ami de Tolstoï, fit éditer à Paris en 1922 (chez J. Povolozky, pour ceux que ça intéresse). La bibliologie, ou science des livres - qui passionnera Roubakine, comme elle passionnera Paul Otlet, l'esprit libre et visionnaire, créateur du Mundaneum (1) - m'accapare un temps. Je lis en diagonale, tente en vain de comprendre et relève cette définition pour le moins déconcertante. D'après le théoricien Roubakine, le livre est « une espèce d'appareil, d'engin, d'instrument psychologique, servant à provoquer dans l'être psycohlogique du lecteur des expériences déterminées et complexes. »

Je relis plusieurs fois la définition mais me voilà coi, tenant dans les mains un engin, une espèce d'appareil que, voilà encore quelques instants, je nommais livre. Je repose avec délicatesse le théoricien, guère convaincu par le postulat, en me disant que l'égarement est un divertissement rare et que l'histoire du plaisir de lire dans les bibliothèques reste à écrire. BiblioLOGIS...

Note (1) : Le gardien vous encourage à lire l'article Paul Otlet, l'homme qui voulait classer le Monde

Photographie de Ryotaro Shiba

UN MONDE SI GRAND, OU L'INVERSE

Pour Ambre...

La vision est l'art de voir les choses invisibles.

Jonathan Swift

Photographe allemande, Julia Fullerton-Batten, joue - et se joue - des dimensions.

Pour découvrir l'univers de Julia Fullerton-Batten

ABSENCE DE DIALOGUE...

Le premier : – Vous voulez ma carte de visite ?

L'autre (désagréable et même un peu soupe au lait) : – Non merci !

L'ART

A propos du modeste espace consacré à Anish Kapoor - voir arcticle ci-dessous -, Ambre m'écrit :

 

A chaque fois que je vous rends "visite" je me dis : il est grand temps que je change d'ordinateur. Votre site est si riche que mon vieux pc parvient à peine à vous faire apparaître; il lui faut du temps, trop de temps. Car vous en valez la peine.
Cet Anish Kapoor me "titille" sans doute pas de la même façon que "l'establishment britannique", non il me "titille" agréablement. Toute provocation, en art, m'est essentielle. (Seulement en art).

Aussi il m'a semblé utile de lui répondre :

 

« Maître, dites-nous : qu’est-ce que l’art ?

– Voulez-vous la réponse des philosophes ? Ou vous intéressez-vous à l’opinion des riches qui décorent leur intérieur avec mes images ? ou encore : voulez-vous savoir ce qu’en pense le troupeau bêlant, qui loue ou rejette mon œuvre par écrit et en paroles ?

– Non maître, quelle est votre réponse à vous

– Après quelques secondes Apolonios dit : Quand je vois, quand j’entends, ou quand je sens quelque chose qu’un autre fait ou exécute et si, dans cette trace qu’il laisse, je découvre un homme, sa connaissance, sa volonté, ses désirs et ses luttes, pour moi c’est de l’art.


Oeuvre de Violise Lunn

TIRER À BOULET ROUGE

« Je reconnais que cette exposition est une manière pour moi de titiller un peu l’Establishment britannique, si c’est bien ce que représente ce bâtiment de la Royal Academy ! Mais j’espère surtout que c’est une provocation qui a trait à l’espace et ce qu’il est possible de faire avec un bâtiment, mais aussi en sculpture. »

Anish Kapoor

L'arme...

Action !

... Le résultat

« Shooting into the Corner » Oeuvre de Anish Kapoor

QUESTIONNAIRE DE PROUST

Miss Eva T. me suggère de répondre au « Questionnaire de Proust » -  de son prénom Marcel - un écrivain du XXe siècle assez réputé m’assure-t-on. Il faudra que je me renseigne. A y observer de plus près, ce n'est pas tout à fait le questionnaire de Proust, aussi me voilà abusé, mais me voilà aussi amusé ! En attendant, voici mes réponses. Si à votre tour vous souhaitez vous dévoiler un peu…

 

1. Quel est pour moi le comble de la misère ?

 

Le manque de curiosité et l'obssion des chiffres

 

2. Quel est le principal trait de mon caractère ?

 

L’obssession et l'irrévérence

 

3. Quelle est la qualité que je préfère chez la femme ?

 

Le bel esprit

 

4. Quel est mon idéal de bonheur terrestre ?

 

Vivre auprès d’un lac

 

5. Quelles fautes m'inspirent le plus d'indulgence ?

 

L'indulgence, justement

 

6. Si vous n'étiez pas vous-même, qui auriez-vous aimé être ?

 

Sherlock Holmes ou Thomas Carnacki

 

7. Où aimeriez-vous vivre ?

 

En Ecosse, dans les Highlands

 

8. Ce que j'apprécie le plus chez mes amis

 

La drôlerie et la fantaisie

 

9. Mon principal défaut

 

L’impatience & l'acribie

 

10. Mon occupation préférée

 

La lecture, l'observation du brouillard, la eueillette et la préparation des champignons

 

11. Mon rêve de bonheur

 

Un château délabré - avec un butler - rempli de chats et d’oiseaux qui parlent

12. Quel serait mon plus grand malheur ?

 

Ne pas croire en l’invisible

 

13. Ce que je voudrais être en ce moment précis

 Un gentleman anglais

 

14. Mets et boissons préférés / Couleurs, fleurs, oiseaux préférés

 

Huitres Gillardeau, Champagne mais jamais blanc de blanc -, vodka / neige, rose trémière, inséparables & caméléons

15. Mes auteurs favoris

 

Restif de la Bretonne, Taigu Ryokan, Gérard de Nerval,  Joseph Delteil, François Augérias, PG Wodehouse et cent poètes

 

16. Mes héros / héroïnes fictifs

 

Athos, le neveu de Rameau, Des Esseintes,  Sherlock Holmes / Alice

 

17. Mes compositeurs / mes peintres préférés

 

Schubert / Odilon Redon

 

18. Le mot que je préfère / mon juron préféré

 

Nostalgie, Schoïnopentaxophile / Diantre & crapule !

 

19. Mes héros / héroïnes dans la vie réelle

 

Diogène / la comtesse de Castiglione

 

20. Mon personnage historique favori

 

Gabriele d’Annunzio

 

21. Mes prénoms favoris

 

Jean-de-la-Lune & Cléo-Lunes

 

22. Ce que je déteste par dessus tout (ou ma bête noire)

 

L’insalubrité morale

 

23. Personnages historiques que je méprise le plus

 

 Mépris dites-vous, non exécration ? Alors Charles X, pour sa mesquinerie, ses faiblesses et son mépris du peuple

 

24. Le fait militaire que j'admire le plus / La réforme que j'estime le plus

 

L'invention du clairon / La fin du service militaire

 

25. Le don de la nature que je voudrais avoir

 

Passe-muraille afin d'écrire ma propre histoire

 

26. Comment j'aimerais mourir

 

En regardant un lac

 

27. État présent de mon esprit 

 

Dubitatif

 

28. Ma devise

 

Ici nous vivons tous dans une ambitieuse pauvreté & j’ai moi-même vécu comme un mendiant pour apprendre à des mendiants à vivre comme des hommes.

 

29. Si dieu existe, que voudriez-vous lui entendre dire en vous accueillant ?

 

Qu’est que tu bois ?, ce qui sous-entend que ça commence bien

 

30. Si dieu existe, que lui dites-vous en arrivant ?

 

Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant 

 

N.B. N'hésitez pas, à votre tour, à répondre aux questions...

 

FOYER

SYLVE

Dans la forêt grincante

naiît un léger bruit

c'est l'eau mui murmure

le vent qui gémit

la feuille tremblante

qui bruit en glissant

la chouette lente

qui hurle en passant

Puis une voix grêle

domine tout bruit

des esprits pêle-mêle

la forêt s'emplie

écho des ténèbres

dansent aux chanson

et les cris funèbres

percent les vallons

Dans l'air qui scintille

à l'entour de lui

comme un feu de nuit

on le voit qui brille

et le voyageur

égaré dans l'ombre

suit cette lueur

sur la route sombre

Anonyme XIXe

 

Le Faune est une oeuvre merveilleuse de Jeanine Janette que l'on peut admirer à Paris au Musée de la chasse et de la Nature.

DENT POUR DENT

Lu ce matin sur le blog de l'Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires,Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres… :

« On sait que, depuis quelque temps, les dentistes américains ont pris l’habitude de faire sauter les dents mauvaises au moyen d’une toute petite cartouche de dynamite. Plusieurs personnes nous ont demandé si l’explosion ainsi provoquée ne présentait pas quelque danger. Nous sommes heureux de les rassurer immédiatement. L’explosion de la cartouche est absolument inoffensive, à condition toutefois que l’on ait la précaution de s’éloigner à quelque distance au moment où elle se produit. »

Gaston de Pawlowski, Inventions nouvelles. Dernières nouveautés, (éditions Finitude, Bordeaux) Préface et choix d’Eric Walbecq.

LA GRANDE HYPOCRISIE

Le Dernier Crâne de Monsieur de Sade le livre posthume de Jacques Chessex va sortir couvert. Enveloppé dans une couverture de cellophane pour protéger les « innocents » de son caractère sulfureux.

Avant même d’ouvrir le livre, car là n’est pas la question (comme dirait Zendali), je m’interroge sur cette incroyable hypocrisie que soulève cette affaire. Premièrement parce que l’ouvrage en question, dont le premier tirage est tout de même de 25000 exemplaires, bénéficie ainsi d’une formidable opération de marketing qui avait déjà très bien fonctionné avec la bande dessinée pour adulte de Zep. Le goût du mystère, de l’interdit, l’excitation du procédé. Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir, je n’en serai que plus émoustillé. En somme, en rendant inaccessible l’objet on le rend plus désirable encore. On attire l’attention sur lui; plutôt que d’en faire le moins possible, pour un objet à priori réservé aux lectures d’alcôve et qu’on devrait se passer sous le manteau. S’il est si scandaleux qu'on veut le faire croire.

Donc, sous prétexte d’une pudibonderie qui n’est sans doute pas complètement artificielle, on fait parler le plus possible de ce livre à ne pas mettre dans toutes les mains. Pudibonderie malgré la grossièreté apparente de l’opération marketing qui ne trompe personne. Pudibonderie car aujourd’hui, étrangement, on oscille entre un retour d'une bigoterie bourgeoise effarouchée, et un grand déballage de vulgarité sur la place publique (la véritable pornographie qui s’étale dans les journaux, la publicité et à la télévision).

Alors qu’on voudrait nous faire croire qu’il est sain de protéger nos enfants d’un livre écrit par un ogre lubrique (Chessex), peu importe le contenu (comme dirait Zendali), on leur donne à lire et à voir comme jamais, les pires vulgarités, devenues normalités, et étalées sans aucun souci moral ou pudique aux yeux de tous. Ill faudrait savoir ce qu’est véritablement la pornographie d’aujourd’hui. Il faudrait distinguer cette pudibonderie déplacée à l’égard de l’érotisme, de la sexualité et du corps, des manifestations diverses de la pornographie d’aujourd’hui : voyeurisme et exhibitionnisme à outrance, « peoplisation de la société », recul de la démocratie, vulgarité sans gêne ni retenue, et respect pour autrui réduit à néant.

Au lieu de laisser jouer les rois du marketing et les hérauts pudibonds, ne devrait-on pas renverser les choses, cellophaner les gratuits et les journaux people, refuser de diffuser les sketchs de Bigard sur les chaînes publiques en prime time, faire lire Bataille aux collégiens, et surtout valoriser la culture du livre et de la lecture ? Oui, même Chessex, même Sade.

David Collin.

Le site de l'auteur en cliquant ICI

« Un vieux fou est plus fou qu'un jeune fou, cela est admis, quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l'enfermement comprime sa fureur jusqu'à la faire éclater en scènes sales ? »
Quel est l'homme de 74 ans enfermé dans l'hospice de Charenton, au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, rescapé, embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné d'inceste, et pourtant encore là, bouillant d'idées et d'ulcères, désireux de poursuivre l'œuvre de chair. Quel usage Mademoiselle Madeleine Leclerc fait-elle de ses 16 ans, de son corps efflanqué, vicieux ? D'où viennent ces hurlements ou ces soupirs ? A quoi l'isolement contraint-il ces libertins en chambre ? N'aurait-il pas au moins peur de la mort, où " chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonnent plus fort ? " Le forcené a en effet trois mois à vivre.
Cet homme se nomme Monsieur de Sade. La figure dont Jacques Chessex tire la matière de son récit, ce n'est pas le Sade en gloire, mais le malade fulgurant, et plus encore ce que le romancier complice à travers les âges raconte ici, ce sont ici les destins successifs de son crâne, comme une extension naturelle du corps sadien. Sade meurt en décembre 1814, sa tombe au cimetière de Charenton sera ouverte en 1818, et son crâne " ornement lui-même, de magie intense, de hantise sonore " passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin qui le veilla jusqu'à la mort. Relique, vanité, rire jeté à la face de toutes choses, effroi érotique, le crâne de M. de Sade roule d'un siècle à l'autre, incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce livre.

Le Dernier Crâne de Monsieur de Sade, de Jacques Chessex (Grasset)

DROLE DE JEU

« Ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura aucun survivant »

Alphonse Allais.

PASSAGES

Combien ai-je pu « emprunter » de livres dans cette si chic et désuète librairie ?... Rue-Gît-le-Coeur, par expemple, les émouvants et simples souvenirs de Vitezslav Nezval chef de file du Poétisme et fondateur du Groupe surréaliste tchèque...

« j'ai toujours souhaité me poser en aéroplane dans certaines villes, en passant de ma table de travail à leurs rues les plus animées, comme cela se produit dans les rêves »

Accompagner un écrivain qui marche, c'est un peu écrire avec lui. Croyez-le, ce n'est pas un lieu-commun, c'est un lieu-dit ; chuchoté.

Les passages de Doisneau,

Monnaie de Paris, 11, quai  de Conti (VIe)

du lun. au ven. de 11 heures à 17 h 30,

sam. et dim. de 12 heures à 17 h 30.

Jusqu'au 15 janvier.

Tél. : 01 40 46 56 66

POUR UNE ANNÉE BLEUE...

« En ce temps-là, le charbon était devenu aussi précieux et rare que des pépites d’or et j’écrivais dans un grenier où la neige en tombant par les interstices du toit, devenait bleue. »

Pierre Reverdy, extrait de La Lucarne ovale

Bleue grenouilles

Bleu planète

Bleu hiver

bleu poésie

Bleu Tour saint Jacques

bleu mots

Bleu Gérard Lardeur

Bleu traits

Bleu inséparables

Bleu cathédrale

Bleu Roussel

Bleu rêve

Bleu lenteur

Bleu encyclopédiste

Bleu Philippe Ramette

Bleu Coronelli

(...) Alors ouvrez l'oeil... et le bleu

 

La vue -Trois scènes de la vie décrites avec ironie - , de Raymond Roussel, illustré par l'immense maja, est disponible aux réjouissantes éditions Volets verts

LIVRE(S)

1 – Qu’est-ce qu’un livre ?

2 – À quoi sert un livre ?

3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?

4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?

5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?

6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ?

7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et qu vus vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?

8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?

9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?

10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?

11
– Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?

13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?

14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?

15 – Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains insurpassables) ?

©

HOLMES

Mai 1891. Sherlock Holmes a péri dans les chutes de Reichenbach en affrontant son plus grand adversaire, le Professeur Moriarty. C’est du moins ce qu’affirme la presse. Une version hasardeuse, car Holmes est bien vivant et compte tirer profit de sa mort présumée pour parcourir le monde. Mais, s’il est aisé de tromper le commun des mortels, d’autres ne se laissent pas si facilement convaincre. Holmes voit ses projets contrariés quand des vampires londoniens retrouvent sa trace à Paris. Commence alors la plus sombre enquête du détective contraint de pourchasser Owen Chanes, un vampire défiant l’autorité de son maître. Une enquête qu’il devra résoudre au plus vite, sous peine de voir la vie de ses proches menacée... Sans parler de la sienne. Des héros de la littérature classique évoluant dans un univers aux accents fantastiques.

SHERLOCK HOLMES & LES VAMPIRES DE LONDRES - TOME 1 - L'APPEL DU SANG, bande-dessinée de Laci (éditions Soleil)

A Londres, en août 1889, J. M. Stoddart, un agent littéraire américain du Lippincott's Monthly Magazine,  organise au Rafles un dîner  où ont réunis Abraham Stoker - dit Bram Stoker -, Robert Louis Stevenson, Arthur Conan Doyle et Oscar Wilde... A la fin du repas, ces deux derniers s'engagent auprès de l'agent à écrire chacun un roman. Pour Doyle, en mal de clients dans son cabinet de médecine, ce sera Le Signe des quatre, seconde aventure de Sherlock Holmes après une Etude en rouge - qui réparait aujourd'hui aux éditions Anatolia sous le nom de Ecrit dans le sang, dans une traduction vivifiée de Béatrice Vierne - et pour Wilde, Le portrait de Dorian Gray. on notera que ci qui unit les convives, c'est un attrait certain pour les forces du mal, les doubles ou les doublements fantatiques. Quant à leur héros respectifs, ils ne vont pas tarder à prendre chair à exister sans leurs créateurs et à se jouer des chassés-croisés pour le plus grand plaisir littéraires des écrivains future...

Aussi Le gardien vous recommande la lecture de :

Le dossier Holmes-Dracula, de  Fred Saberhagen (pocket)

Il était impossible que leurs chemins ne se croisent pas, mais qui aurait pu prévoir l'étrange relation qui allait se tisser entre eux...
Sherlock Holmes se trouve confronté à deux problèmes apparemment insolubles : d'une part, les activités de maîtres chanteurs qui menacent de lâcher sur Londres des milliers de rats porteurs de la peste et, d'autre part, un étrange tueur qui laisse derrière lui des cadavres entièrement vidés de leur sang. Dracula détient la clef des deux énigmes. Revenu à Londres pour raisons personnelles, le comte se trouve rapidement pris dans un piège diabolique face auquel même ses pouvoirs surnaturels risquent de se révéler impuissants.
Mais les grands esprits finissent toujours par se rencontrer.

L'Ordonnance de Transylvanie,  de Owen Cox (terre des brumes)

Pastiche holmesien mettant en scène l'affrontement du détective londonien et du comte dracula, suivi d'un entretien entre Conan Doyle et Bram Stoker, qui rappelons-le, étaient amis et s'admiraient mutuellement.

MYSTÈRE...

Quand la neige fond, où va le blanc ?

Christophe Borhen, LES LETTRES LIBRES

Photographie de René Maltête

UNE RENCONTRE

Quand j'ai rouvert les yeux, l'animal singulier avait disparu.

J'ai plusieurs fois voulu raconter l'étrange rencontre, mais on ne m'a jamais cru.

N.B. Le gardien vous informe qu'une courte bibliographie éléphantaisiste est disponible dans les messages ci-dessous.

TRÉSOR(S)

Avec l'arrivée des étrennes, des enveloppes garnies au pied du sapin, des aumones salutaires, des « mois compte-double », des primes à tout crin et des dessous de table, vous n'aurez AUCUNE EXCUSE pour ne pas garnir vos bibliothèques des chef-d'oeuvres suivants...

(...) et il se noya dans ses pensées...

« Savoir comment et pourquoi dans cette infime partie du monde, toutes les communications s’étaient interrompues, et presque toute vie disparue… »

Magnifique défi lancé à Maxime Phébus, explorateur qui n’est pas sans nous rappeler l’extravagant professeur Lidenbrock du Voyage aucentre de la terre de Jules Verne, ou encore le fantasque baron de Münchhausen. Hélas, le plan de la cité disparue de Sémiopolis se révèle une chausse-trappe où chutent, à qui mieux-mieux dans le ridicule,les professeurs pédants et pseudo-savants qui accompagnent Maxime Phébus dans sa quête. […] Pascal Bouchet utilise un fatras de trouvailles humoristiques qui mettent en relation les mots et les images. […] Ces éléments iconographiques et linguistiques mis bout à bout d’une manière faussement approximative, dessinent une fiction au pays
du langage, des lettres, des mots et des figures de style.

Rue du Palindrome, de Pascal Bouchet, Polygraphie (éditions du petit véhicule Collection « Les Confins »)

Que se cache-t-il dans ce jardin labyrinthique, noyé dans une mer de fleurs et d'arbres gigantesques ? Quelle est cette plante mystérieuse ignorée par tous les livres de botanique ? Et pourquoi cet homme se sent-il épié par des êtres invisibles dans la semi-obscurité ?

Fleur de lune, de Einar Turkowski (éditions autrement)


 

Tony Tanner, représentant en philatélie, trouve abandonné sur le banc d’une gare un livre dans une reliure ancienne assez mystérieuse. Il parcourt les premières pages avec curiosité, il s’agit du journal intime d'une jeune fille du XVIII siècle, Hortense des Orphées… Il décide de l’emporter pour se distraire pendant son voyage en train.
La jeune fille évoque sa rencontre avec un étrange personnage, érudit distingué, fin politique, ce gentilhomme était connu de toutes les cours d’Europe pour ses dons de magicien et d’alchimiste. Certains le prétendaient même immortel…Il se faisait appeler Comte de St Germain, sans qu’on ait beaucoup de précision sur ses origines véritables. Sur le chemin de ces multiples vies, le comte croisa donc un jour Hortense. Follement amoureux, il tenta de la persuader de boire elle aussi l’elixir d’immortalité et de s’enfuir avec lui…
Tout à sa lecture des secrets d’Hortense, Tony Tanner croit presque l’entendre à son oreille … il lève les yeux et la voit, assise devant lui dans le compartiment du train... Notre voyageur n’en a pas fini avec les surprises et les rencontres, dans le décor de ses lectures commence pour lui une troublante aventure... au-delà de la réalité des paysages qui défilent sous ses yeux, il devient lui-même un personnage essentiel qui peut-être délivrera les âmes errantes de ces amoureux d’un autre temps.

On retrouvera ici avec bonheur, les magnifiques et délicates illustrations d’Antonio Marinoni qui servent avec grâce le texte onirique et élégant de Massimo Scotti

L'heure bleue de Massimo Scotti, illustrations d’Antonio Marinoni, (éditions Naïve)

« On approchait du soir qui allait marquer le dixième jour où le chevalier Zifar avait gagné le cheval qu’il montait. Ainsi, alors qu’ils bavardaient, le cheval s’écroula, mort, sur le sol. Le chevalier Zifar eut juste le temps de sauter à terre et de s’en écarter. “Que s’est-il passé? s’inquiéta le seigneur de l’armée. — Cela me colle à la peau, répondit le chevalier Zifar. Il pèse sur moi une telle fatalité qu’aucun cheval ni aucune bête ne me dure plus de dix jours.”»

Le chevalier Zifar est maudit : tous les dix jours, son cheval meurt. Accablé de malheurs, mais soutenu par sa vertueuse épouse, il abandonne sa terre, en quête de vérité et d'honneur. Au cours de son errance, le valeureux chevalier sera mis à l’épreuve par Dieu de mille façons. Libérateur de la ville de Galapia et de sa reine, il se fera passer pour un fou afin d'infiltrer le royaume de Menton assiégé ; flanqué d'un habile compagnon, aussi bavard que malin, il se battra contre les plus grands chevaliers et deviendra roi. Séparé de sa femme — enlevée par les pirates —, et de ses enfants — l'un est croqué par un lion tandis que l'autre disparaît dans une ville inconnue —, il devra accepter tours et détours pour retrouver sa famille et clore ses aventures. À moins qu'une nouvelle histoire ne commence…

Roman de chevalerie écrit à l'orée du XIVe siècle, au ton vif et souvent ironique, flirtant parfois avec le fantastique, le Livre du chevalier Zifar est tantôt récit d'aventures et de batailles, flirtant parfois avec le fantastique, tantôt roman d'apprentissage fleuri d'anecdotes et de contes.

Le Livre du chevalier Zifar est un joyau.

Livre du chevalier Zifar - livre de Anonyme. Traduit du castillan (XIVe siècle) par Jean-Marie Barbe,  accompagné d’un essai de Juan Manuel Cacho Blecua et magnifiquement illustré par Zeina Abirached (éditions Monsieur Toussaint Louverture)

UN PEU D'IRÉVÉRENCE...

« un écrivain, c'est quelqu'un qui ne peut pas s'empêcher d'appeler un chat un tigre. »

« en voyage, brève halte dans un cybercafé pour vérifier que le monde s'est bien arrêté de tourner durant mon absence. je repars tout à fait rassuré : effectivement, aucun message dans ma boîte mail, aucun commentaire sur mon blog - LE JOURNAL D'ANTONE BREA  note du gardien -, aucune ligne à mon sujet dans le landerneau numérique et littéraire ; les gens retiennent patiemment leur respiration. »


La suite, le reste, et bien plus encore est à lire sur LE JOURNAL D'ANTONE BREA

On peut aussi retrouver l'auteur en train de hurler contre les loups sur BOYZ OF SKANDALZ Poésie - politique - littérature - autre formes terrifiantes d'humour

C'EST CADEAU

Quel est le cadeau le plus insolite que vous avez eu à Noël ?

ou...

 

LE PARIS INSOLITE DE JEAN-PAUL CLÉBERT

         1946 : un jeune loup revient de guerre. La plupart de ses camarades sont rentrés dans le rang. Lui, décide de vivre une vie de vagabond dans le Paris d'après-guerre qui suinte de partout. Le nez au vent mauvais, sans un sou en poche, il se fait un chemin au milieu de la déglingue des traîne-patins avec petits boulots pas toujours avouables (pour se nourrir et surtout boire jusqu'à plus soif). Il navigue au plus près des clochards, des tapineuses, de personnages étonnants : peintres tatoués, aristocrates déchus en frac, et rose à la boutonnière. Il connaît les douceurs du sommeil « à la ficelle » dans des hôtels crasseux et le bonheur d?échouer dans les trous, caches et recoins purulents des venelles et cul de sacs des quartiers populaires : une tournée permanente « des Grands Ducs » de la cloche !

         « Quand on a choisi ce genre d'existence, ce modus vivendi, qu'on a dit merde une bonne fois à l?avenir, que l?on a refusé une bonne fois de prendre une assurance vieillesse [?], évidemment on n'a guère le droit de gueuler contre la faim, c'est le jeu ».

         Et pourtant il gueule, pas pour lui mais contre le « spectacle » permanent de la misère dont se régalent parfois, tout en se détournant, les petits bourgeois. Frissons à bon compte M'sieurs-dames !...
Texte dense, poétique et sans pathos qui secoue les tripes !

par un anonyme

Paris Insolite, de Jean-Paul Clébert,photo de Patrice Molinard (Attila)

GRAND BAIN...

Compétition de natation dans la Seine, le 25 décembre 1909, Coupe de Noël, Meister, le vainqueur, remonte au pont Alexandre.

« Je suis démasqué! Il ne faisait pas chaud ce 25 décembre 1909, mais j'étais plus jeune, et je n'hésitais pas un seul instant à plonger pour épater la jeune Adélaïde Mirepoix, actrice du Français que je voulais conquérir... Le soir de  ce plongeon qualifié d'"héroïque" par le quotidien l'"Excelsior", la belle succomba au charme de mes biceps et céda à mes ardeurs juvéniles !
Nous passâmes le reste de la soirée chez Maxim's, autour d'une bolée de caviar et force bouteilles "Mumm grande cuvée 1907". Un souvenir troublant et pétillant pour le jeune vieillard que je suis ! »

Rodolphe Trouilleux, Paris secret & Insolite

C'EST CADEAU(X)...

Lttle Man, de Thomas Vinau (éditions Asphodèle)

Le bruit de mes pas sur la neige / l'appel d'une buse / une goutte figée à la pointe d'un barbelé / les traces de chevreuil qui vont se perdre dans les bois / aujourd'hui le poème s'est écrit sans moi

 

Un bel objet de chez FRANCK DELMARCELLE,

cabinet de curiosité, galerie,et caetera

 

Un tour du monde avec une halte à l’hôtel Imaretl, une  résidence construite en 1817 pour Mohamed Ali Pacha, le fondateur de l’Egypte moderne

 

Un coffret IONESCO, 3 DVD, dont le Rhinocéros mis en scène par le fougueux Emmanuel Demarcy-Mota (Arte)

– Je suis étonné de vous entendre dire cela, mon cher Jean! Perdez-vous la tête ? Enfin, aimeriez-vous être rhinocéros ?

– Ouvrez vos oreilles. J'ai dit, pourquoi ne pas être un rhinocéros? J'aime les changements.

Un abonnement à une revue rare

Une petite bibliothèque de survie contenant :

Sherlock Holmes et le mystère du Haut Koenisbourg, de Jacques Fortier (le verger éditeur)

Brève histoire des fesse, de Jean-Luc Henning (Zulma)

La cinquième saison du monde, de Tristan Ranx (Max Milo)

Le voyageur sans commerce, de Charles Dickens (Arbre vengeur)

Le Livre des Vagabonds, séance d'un beau parleur impénitent, de Badî al-Zamâne al-Hamadhânî (Phébus)

Voyage au pays des Kalmouks (Russie du Sud, début du XXIe siècle), de Simon Roger (éditions Cartouche)

Questionnaires, de Max Fritsch (éditions cent pages, collection « cosaques »)

 

 

Un saut dans le vide avec Agyness Deyn

 

La tour Saint-Jacques

parce que...

Malgré le vote de deux amendements positifs à l’article 52 de la loi de finance 2010, le Sénat a entériné la possibilité pour l’Etat de céder n’importe quel monument historique lui appartenant à toute collectivité territoriale qui en ferait la demande. Dans sa rédaction actuelle, ce texte met pratiquement fin à l’inaliénabilité des biens du domaine public de l’Etat. Il permet de transférer n’importe quel monument et, pourquoi pas d’ailleurs, n’importe quel musée, puisque ceux-ci sont également concernés, aux collectivités locales. Celles-ci pourront ensuite les brader à n'importe quel acheteur privé, sous prétexte de finances défaillantes. Son adoption définitive porterait un coup gravissime, un de plus, au patrimoine français.

 D'autres livres pour garnir la bibliothèque de survie

L'homme qui était Sherlock Holmes, de Ely M. Liebow (Baker Street). Un biographie du docteur Joseph Bell, chirurgien et professeur qui inspira à Conan Doyle, son célèbre détective.

Terre des affranchis, de Liliana Lazar (Gaïa), ou l'histoire d'un assasin, reclus, copistesous l'ère de Caucescu, entre Bram Stoker et barbey d'aurevilly. le plus beau livre de l'année !

Lettres à Aube, de André Breton (Gallimard), ou quand le pape surréaliste écrit à sa fille

Les Dossiers secrets de Harry Dickson, de Brice Tarvel (Malpertuis), ou « à la manière de » et en hommage au « Sherlock holmes Américain »

 

Une plongée de l'autre côté du miroir avec miss Alice

Un abonnement à un club d'escrime car les bonnes manière se perdent.

Du vieux vin (cher)

Un double de clefs, on ne sait jamais... Pour vous donnez l'impression que vous êtes quelqu'un de prévoyant. Et parce que la prévoyance est la vertu des honnêtes gens.

Deux paires de cyclistes. Pour les regarder tourner et vous éviter de pédaler. 

 

Une peite machine à vapeur pouvant aussi fait office de presse papier ou de serre-livres, si vous possédez du papier ou des livres.

Des cours de clarinette

 

Un vaccin contre le virus de votre choix...

(...) ou un baiser mortel, parce que le danger est indémodable et qu'il faut savoir vivre dangereusement...

 

Les moustiques n'aiment pas les applaudissements, de Auguste Derrière (éditions Le Castor Astral)

Une photo dédicacée, au verso, de Mademoiselle Suzette. C'est quand même autre chose que Harcourt ! Prix sur demande. Une remise peut-être accordée à Yves Letort, libraire amoureux des belles choses.

Un miroir Brisé, si vous vous souhaitez de vilaines choses, ou si vous n'êtes pas superstiteux !

le droit de se prendre  pour Jérôme Bosch

Un nouveau tailleur...

 Une demoiselle de compagnie - attention, c'est aps de la soupe !

 

Un nouvel ordinateur, mais pas un portable, du lourd !

Et de la poésie avant toute chose

A DÉCOUVRIR ICI

 

LE QUESTIONNAIRE SANS QUEUE NI TÊTE

1 - Quelle est la différence entre une tortue et un kangourou ?

2 - Quel est le héros le plus courageux - mais aussi le plus hypocrite - de la littérature française ?

3 - Que pensez-vous de la farce qui sert à farcir les tomates farcies ?

4 - Quel est, selon vous - et ça n'engage que vous - le plus petit poète du monde - et pourquoi ?

5 - Croyez vous que la lune existe - pourquoi ?

6 - Dans quel livre apparait pour la première fois le personnage de mademoiselle Suzette, née Gribouri ?

7 - Préférez-vous manger des ortolans ou que l'on vous offre un couple d'inséparables ?

8 - Est-il concevable qu'un écrivain consacre une partie de son oeuvre à un caméléon ?

9 - Fut-ce bien utile que le savant Clairaut mesurât la queue d'un comète ?

10 - Est-ce que l'étude forcenée des Lettres est une perversion ou façon astucieuse de camoufler sa médiocrité au jeu du bilboquet ?

N.B. Merci de na pas répondre par oui ou pas non, mais au contraire d'étayer vos réponses.

Nous signalons que ce questionnaire ne sera pas noté.

Je précise à l'auteur de ce questionnaire qu'il aurait dû l'intituler Le Questionnaire sans tête, la queue se trouvant à la question 9.

 

Franck Garot

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