Archives de catégorie : WODEHOUSE & CO

LES DERNIÈRES NOUVELLES DU CLUB WODEHOUSE

Ayant entrepris de me rafraîchir la mémoire en relisant le plus que je pourrai des étonnantes aventures de Bernie Woster et de son valet, l’incomparable Jeeves, j’ai commis sur mon blog un petit billet tout juste informatif – l’analyse littéraire reste pour moi un profond mystère – et dont voici le lien :

CLUB WODEHEOUSE

Je ne manquerai pas, dans ce retour aux sources, de signaler – preuve à l’appui – mes éclats de bonne humeur.

Mifa, IBAZAR

« UNE NOUVELLE FEMME ENTRE À L’ACADÉMIE WOODEHOUSE ! »

Mais j’adorerais rejoindre ce club ! J’aime tout ce qui est anglais, sans exception. Si je devais faire une liste j’y incluerais bien sûr ce cher P.G – que je n’ai pas lu depuis un moment (quelle honte !). Alors que diable faut-il faire pour en être, et qui fait-on ?

Emma (encore une femme !), arrivée ici via le blog de Keisha et son billet sur PG Wodehouse.

Ces photos de dandys anglais sont extraordinaires (Quel Dandy ? N.L.D.R.)

Emma, de CAFE BOOK

Emma est donc invité à faire partie du club et nous lui offrons de très rares – et exotiques – pinces à linge qui lui permettront d’accrocher les manuscurits de Wodhouse si elle réussi à jours à en dégoter chez Sotheby’s…

Notre second invité vient de nous adresser ce mot aimable :

Ma génération est pétrie d’insolence et de lucidité.
La comédie et ses métiers frappent les trois coups du paradoxe.
Résumons-nous: les valets surpassent toujours les maîtres,que ces derniers soient comte ou se nomment Puntila…
P.G Wodehouse rajoute la part d’ironie sur la scène ou paraître avant de disparaître, ceci expliquant cela.
Aussi, espérer compter parmi les amis de cet honorable auteur me semble un devoir élémentaire, presque un acte souriant d’humilité.

Puisse Eric Poindron apprécier cette adhésion à sa juste valeur…

Serviteur,

JPM

Le Distingé Jean-Paul est lui aussi accepté et se voit offrir une promenade littéraire et badine quand son temps lui permettra…

Il faut que je vous explique que feu mon oncle Henry était en quelque sorte la tache sur le blason des Wooster. Un garçon parfaitement charmant, au demeurant, et qui s’était toujours rendu très cher à mon coeur en me distribuant le numéraire avec la plus grande prodigalité du temps que j’étais à l’école ; mais il faut bien reconnaître qu’il faisait parfois de plutôt drôles de choses. C’est ainsi, notamment, qu’il entretenait onze lapins apprivoisés dans sa chambre à coucher ; j’imagine que c’est le genre de choses qui fait immanquablement penser à un puriste que vous avez déjanté. En fait, et pour être parfaitement honnête, le couronnement de sa carrière fut qu’il finit heureux comme un roi, exclusivement entouré de lapins en guise de famille.
- C’est complètement absurde, bien entendu, poursuivait la tante Agathe. Si quelqu’un avait hérité de l’excentricité – car ce n’était pas autre chose – de ce pauvre Henry, ce serait Claude et Eustache, et on ne saurait imaginer deux sujets plus fulgurants.
Claude et Eustache, les jumeaux. Je les avais eus dans mon école pendant mon dernière trimestre d’été, et un effort de mémoire me confirma que « fulgurant » était le terme qui s’imposait. La totalité de ce trimestre, pour autant qu’il m’en souvienne, avait été consacrée à les tirer d’une série d’aventures effrayantes.
- Regarde comme ils réussissent bien à Oxford. Ta tante Emily a reçu l’autre jour une lettre de Claude disant qu’ils avaient bon espoir d’être prochainement élus à un cercle très important appelé « Les Chercheurs »
- « Les Chercheurs » ? (J’avais beau me creuser la tête, il n’y avait aucun club de ce nom à Oxford, de mon temps.) Et qu’est-ce qu’ils peuvent bien chercher ?
- Ça, il ne le dit pas. La vérité, ou le savoir, j’imagine.

extrait de L’Inimitable Jeeves.

JOYEUX DRILLES…

Après où est Charlie…

… Où est Bertie ?…

« – Une bonne nuit de repos ! s’exclama Eustache. mais, cher vieux salsifi, tu ne pensais tout de même pas que notre seul désir était d’aller au lit ce soir, si ?

Le fait est, je pense, que je ne suis plus l’homme que j’étais. Je veux dire que ces nuits blanches ne me fascinent plus autant qu’il y a quelques années. je me rappelle quand j’étais à Oxford, des bals de Covent Garden qui finissaient à six heures du matin, suivis d’un déjeuner au hammam puis, peut-être, d’une bonne bagarre avec quelques marchands des quatre saisons triés sur le volet. »

P.G. Wodehouse, L’Inimitable Jeeves.

UNE SECONDE FEMME ENTRE À L’ACADÉMIE WOODEHOUSE !

ET MÊME UNE TROISIÈME !!!

(…) Les esprits chagrins s’inquiéteront : ce club doit être aussi misogyne que le grand œuvre de Wodehouse. Pas du tout, ils ne le sont ni l’un ni l’autre : un des tout premiers membres est une femme de sexe féminin. « Vous avez dit féminin, Monsieur ? » « Oui, Jeeves, j’ai dit féminin. La gent féminine apportera à l’assemblée cette vertu indéfinissable, ce charme, ce, cette, vous voyez ce que je veux dire, Jeeves » « Oui, très bien, Monsieur, Shakespeare en parle dans le Songe d’une nuit d’été… ».

Georges Flipo. La suite du texte – de grand intérêt et d’autant de mérite – est à découvrir sur LE BLOG TRÈS BIEN TENU DE L’AUTEUR

Bonjour,

Je découvre via le mail que vous avez eu la bonté de m’envoyer, l’existence de ce Club délicieux consacré à cet grand auteur qu’est Wodehouse. Je vois que les femmes ne sont pas acceptées depuis longtemps et je me demande donc si’il m’est possible de poser candidature…

Je suis une fervente admiratrice de Wodehouse, dont j’ai lu de nombreux romans (en gros tous ses romans traduits et quelques-uns non traduits) et sa pétillante autobiographie où on apprend tout le bien qu’il pensait du grand William… Je suis sous le charme de ses intrigues un peu délirantes et de ses personnages haut en couleur, et cela fait longtemps que je pensais lui consacrer un cri d’amour sous la forme d’un billet…

Si avec cela vous jugez que je peux faire partie de ce club très select, j’en serais absolument ravie et le contraire ne m’empêchera pas de continuer à inciter le monde entier à découvrir cet auteur tout bonnement formidable.

Mes considérations jeevesiennes,

Fashion, HAPPYFEW, Le blog de la Kultur à l’intérieur

Devant tant d’amabilité et de courtoisie, après un vote à main levée, nous avons décidé, cher Fashion de vous inviter à rejoindre le Club des Amis de Woodehouse (*). Vous pourrez y faire ce que bon vous semble, dès l’instant ou ce n’est pas le mal(e)…

Et nous vous offrons en guise de bienvenue cette ampoule élecrique – en parfait état de marche…

… en gageant qu’elle vous fournisse toutes les idées qui nous font souvent – trop souvent – cruel défaut ; à l’exception du vénérable Jeeves.

Il vous faudra, parmi d’autres missions, continuer à parler du club et des ses activités autour de vous de vous et de coopter si bon vous semble.

Amicale pensée.

P.S. N’oubliez pas, tout de même que vous une femme et qu’il faut savoir se méfier des femmes – qui sont des femmes comme les autres.

(*) Dont l’intitulé exact est L’ESPIÈGLE CLUB FRANCAIS – TONITRUANT, DÉRIDANT ET FRINGANT – DES AMIS DE P.G. WODEHOUSE ET DE SES TRUCCULENTS PERSONNAGES

Oeuvre de Claudia Drake

  • DES NOUVELLES DU CLUB

L’ESPIÈGLE CLUB FRANCAIS – TONITRUANT, DÉRIDANT ET FRINGANT – DES AMIS DE P.G. WODEHOUSE ET DE SES TRUCCULENTS PERSONNAGES est, quelques jour après sa création, en plein activité à l’image de bertram wooster préparant un voyage à la campagne chez tante Dalhia. mais trève de bavardage et comme aurait pu le dire un ministre, ou un ex ministre : la pente est encore pentu.

  • Les Femmes – et malgré ce que l’on sait

Fashion, HAPPYFEW

Keisha, EN LISANT, EN VOYAGEANT

Mifa, TIBAZAR

  • Les hommes – ou ce qu’il en reste…

Frédéric Ferney

Georges Flipo, LE BLOG DE GEORGES FLIPO

Papa de Lili, SOUVENIR DE ROUTIER

Eric Poindron, LE CABINET DE CUIROISTÉS

Comme vous l’aurez remarqué, la parité est tout à fait respectée.

  • Les animaux

Le bull-terrier Diogène, en hommage au philosophe que l’on sait.

Est fait Membre d’Honneur…

… Le citoyen britannique Stephen Calloway, écrivain, ésthète et dandy de l’autre siècle…

Enfin nous n’oublions pas, feux nos ainés qui auraient sans doute souhaité faire partie de la « sur-Boum ! littéraire. J’ai nommé dans le plus joyeux désordre :

Sir Winston Churchill, écrivain anglais et noceur universel qui déclara : « Après la guerre, deux choix s’offraient à moi : finir ma vie comme député, ou la finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d’avoir si bien guidé mon choix : je ne suis plus député ! »

Edward Gorey, qui fut au dessin ce que Wodehouse fut à la Littérature, à savoir, un trublion majeur.

Raymond Roussel, le dandy voyageur qui ne quitta jamais son palace roulant et crut bon nous assomer avec ses Impressions d’Afrique qui parle de tout sauf de l’Afrique.

Joe Gould, le clochard-écrivain qui n’écrivit jamais – ce qui vaut bien tous ceux qui écrivent si mal – et déclara : « Madame, il est du devoir des gens de bohèmes de se donner en spectacle. Si mon laisser aller vous conduit à penser que je suis ivre mort ou que ma place est chez les fous, cramponnez-vous à cette certitude, cramponnez-vous bien, surtout, cramponnez-vous et étalez votre ignorance. »

J’en profite pour signaler aux mebres du club que Le Secret de Joe Gould, de Joseph Mictchell (Calman Levy) est un livre formidable, unique et encore plus qu’il vous faut à tout prix découvrir… Conseil d’ami de Jeeves !

Enfin vos propositions de nouveau membres sont les bienvenus.

  • Un nouveau message…

Bonjour,

(C’est que je ne suis même pas sure d’adresser ce message au bon endroit, votre site est un peu déroutant, et il me faudra un peu d’efforts pour m’y retrouver !)

Vous avez déposé un message sur mon blog « en lisant en voyageant » et vous avez eu raison : je suis une inconditionnelle de PD Wodehouse, collectionne et lit ses œuvres depuis un quart de siècle (si, si) et mérite amplement d’être membre de ce club puisqu’il est ouvert aux femmes…

Je viens, pour me mettre dans l’ambiance, de regarder (merci You tube) un extrait de film où Wooster et Jeeves sont joués respectivement par Hugh Laurie et Stephen Fry.

A bientôt.

Keisha, EN LISANT, EN VOYAGEANT

Oui vous êtes bien au bon endroit et comme vous méritez, je vous cite :

(…)  » amplement d’être membre de ce club puisqu’il est ouvert aux femmes… »

Et que vous le prenez sur ce ton, vous êtes donc ACCEPTÉ ! Et toc !

En guise de bienvenue, le club vous offre un timbre rare et inutilisable…

… afin de, EN VOYAGEANT, vous permettre de vous diriger sur les chemins wodheousiens ; et d’éviter les autoroutes de la littérature.

Avec nos compliments…

Merci de lire enfin tout ce qui a pu être écrit sur ce blog dans la Rubrique WODEHOUSE, JEEVES, WOOSTER & CO

Courage camarade-fille, et tous les autres…

LA PREMIÈRE FEMME ADMISE AU CLUB DES AMIS DE P.G. WODEHOUSE & AUTRES NOUVELLES…

« Aux vertus qu’on exige dans un domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? »
Pierre-Augustin Caron, Comte de BEAUMARCHAIS, Le Barbier de Séville.

Comme je vous le faisais savoir voilà quelques jours, « nous » avons décidé, en tant que président du CLUB WODEHOUSISSIME, d’accepter les femmes capable de prouver – un peu – qu’elles sont des hommes ; au moins dans les grandes lignes.

J’espère ne pas fâcher, ici, notre confrère PAPA DE LILI qui souhaitait ne voir ici que de beaux specimen masuclins, moustachus ou moins…

C’est pourquoi, Miss Mifa me semble remplir les conditios idéals pour être un digne compagnon de route et même de déroute :

Il m’est impossible de prouver que je suis un homme, n’en étant pas un – encore que dans ma tranche d’âge il n’y ait plus que l’accord grammatical pour faire la différence – mais j’ai beaucoup apprécié le volume que j’avais lu des « aventures » de Jeeves. Le Club des Veufs noirs, d’Asimov, pratiquait aussi la ségrégation entre sexes, bien qu’il y ait eu une exception (mais la dame n’avait pas été admise aux agapes préalables à la traditionnelle énigme. C’est aussi un « domestique » qui était le vrai cerveau du club… Le maître d’hôtel !) Il est vrai que les femmes n’ont besoin de personne pour s’habiller ni pour consulter l’annuaire.

Cela dit, je me réjouis toujours de rencontrer des personnes qui ont lu les mêmes livres que moi. Vous verrez, avec l’âge, c’est de moins en moins facile !

Amicalement

Mifa, LE BLOG DE L’AUTEUR(E), TIBAZAR

  • L’extrait du jour…

Nous sommes de grand amis depuis toujours. En fait, il fut un temps ou je croyais être amoureux de Cynthia, mais cela m’avait passé. une rudement jolie file, cette Cynthia, pleine de vie et très attirante, certes, mais avec plein d’idéaux et tout ce qui s’ensuit. J’étais peut-être injuste avec elle, mais j’avais dans l’idée que c’était le genre de fille qui devait s’attendre à ce que son compagnon fasse carrière et Dieu sait quoi. Je sais que je l’ai entendu parler favorablement de Napoléon. C’est pourquoi, une chose en entraîant uneautre, cette bonne vieille passion avit fini par se tarir, et maintenant, nous étions simplement bons amis. Je la trouve épatante et elle pense que je suis plus ou moins givrée, de sorte que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Surtout entre nous.

P.G. Woodehouse, L’inimitable Jeeves.

Hauts les coeurs !

  • SECONDE BONNE NOUVELLE :

Fréric Ferney, l’auteur d’un admirable portrait de OSCAR WILDE, ou les cendres de la gloire (éditions place des Victoires) a accepté de devenir membre du club en déclarant : Les femmes sont des hommes comme les autres. Nous lui souhaitons la bienvenue et lui offrons cette paire de chaussures – il est très sensibles aux jolies chaussures – afin de nous suivre dans les chemins escarpés qui mènent aux clubs d’ici et d’ailleurs…

  • Notre ami Georges Flipo apporte aussi une aimable contribution…

Cher Eric, et chers membres du new-born club.

Je reviens un peu tard, excusez-moi, mais j’ai du monde à la maison. J’ai tenté de leur imposer d’entrée la lecture de Wodehouse, mais j’ai rencontré un obstacle imprévu : ils ne parlent pas français. Va pour une fois.

Tout cela pour dire que je n’oublie pas le club illustre, créé sur ce blog. Je ne peux m’engager à en respecter toutes les règles, je peux tout au plus le promettre, étant d’un tempérament volatil. Mais tout me plaît jusqu’ici, y compris le somptueux chandelier. Si ma candidature est cependant agréée, je me permettrai de déposer un petit bijou en cadeau d’entrée. C’est un peu long, j’en suis navré : voici le passage de Allez-y Jeeves (Carry on, Jeeves) où le jeune Bertie engage son valet de chambre, Jeeves. Ne voulant pas squatter votre cabinet de curiosités (*), très accueillant, je donnerai demain le commentaire de ce texte sur mon propre blog, en recommandant aux visiteurs les plus séduits d’aller faire un saut sur votre blog pour y déposer leur candidature au club. J’espère vous présenter ainsi des impétrants de qualité.

(*) Vous ne nous déranger auncunement cher ami et confrère…

Un extrait envoyé par notre ami Georges F.

JEEVES ENTRE EN FONCTIONS

Mes relations avec Jeeves, mon homme de confiance, comme vous le savez ? J’allais justement vous en parler. Des tas de gens trouvent que je suis son esclave. Ma tante Agathe a même été jusqu’à l’appeler ma nourrice. Eh bien ! Je réponds : « Pourquoi pas ? » Cet homme est un génie. Il est unique en son genre. Une semaine avant son arrivée, j’avais envoyé au diable toutes mes affaires, dans lesquelles je ne voyais plus rien. C’était il y a environ six ans, immédiatement après ces histoires de Florence Craye, du livre de mon oncle Willoughby, et d’Edwin le scout. En réalité, nos relations avec Jeeves commencèrent quand je revins à Easeby, là où habitait mon oncle dans le Shropshire. J’étais en train d’y passer une semaine comme je le fais généralement en été, quand j’eus à revenir à Londres y chercher un nouveau valet de chambre. J’avais découvert que Meadowes, celui que j’avais emmené avec moi à Easeby, portait mes chaussettes de soie, chose qu’un honnête homme ne peut vraiment pas admettre. De plus, je m’aperçus qu’il m’avait filouté des tas d’affaires, aussi je finis par le mettre à la porte et je fus forcé d’aller à Londres dans un bureau de placement pour essayer d’y dénicher un autre spécimen me convenant. C’est ainsi que Jeeves me fut présenté. Je me souviendrai longtemps du matin de son arrivée. Il se trouvait que la nuit précédente j’avais pris part à un petit souper plutôt gai, et j’avais, comme qui dirait, assez mal aux cheveux. Par-dessus le marché, je m’évertuais à lire un livre que Florence Craye m’avait donné. Elle était à Easeby en même temps que moi, et deux ou trois jours avant mon départ nous nous étions fiancés. Je devais revenir chez mon oncle à la fin de la semaine et je savais qu’elle s’attendait à ce que je lui rende ledit livre après l’avoir lu. Elle tenait beaucoup à m’élever à son niveau intellectuel. Elle avait une ligne épatante, mais posait à la femme sérieuse. Je ne pourrais vous donner une meilleure idée de sa mentalité qu’en vous disant que le livre qu’elle m’avait prêté avait pour titre « Types de théories morales ». En l’ouvrant au hasard, je tombai sur la page suivante : « Le postulat de l’intelligence courante développée dans l’art de la parole est certainement coextensif, dans l’obligation qu’il comporte, par rapport à l’organisme social dont le langage est l’instrument, et il est donc difficile de discipliner les fins. » Oh ! tout cela est parfaitement net et clair, mais pas pour un individu qui comme moi, ce matin-là, avait la gueule de bois. Je m’évertuais, en parcourant ce lumineux petit volume, à y comprendre quelque chose, quand la sonnette retentit. Je sortis péniblement de mon lit et ouvris la porte. Une espèce de type revêtu d’un complet sombre, à l’air respectueux, se tenait devant moi dans le cadre de l’entrée.
– Je suis envoyé par l’agence, Monsieur, dit-il, on m’a dit que vous cherchiez un valet de chambre. Il avait la touche d’un entrepreneur de pompes funèbres ; mais je le fis entrer et il glissa dans l’antichambre tel un léger zéphyr. Cela m’impressionna tout d’abord. Meadowes avait les pieds plats et marchait comme un ours. Ce type-là semblait flotter en l’air, sans toucher terre. Il avait une figure grave, sympathique, comme s’il savait, lui aussi, ce que c’est que de souper avec des camarades.
– Excusez-moi, Monsieur, fit-il gentiment. Puis il parut s’agiter et disparut à mes yeux. Je l’entendis remuer dans la cuisine, et deux minutes après il revenait, me présentant un verre sur un plateau.
– Buvez ceci, Monsieur, me dit-il de l’air aimable que prendrait le médecin de Sa Majesté pour faire absorber un cordial reconstituant à son royal patient. C’est une petite préparation de mon invention. C’est la worcester sauce qui lui donne cette couleur. L’œuf cru rend ce breuvage nutritif. Le poivre rouge lui donne du mordant. Bien des messieurs m’ont dit qu’ils ont trouvé cette boisson tout à fait remontante après… une nuit de fête. Ce matin-là, j’aurais pris n’importe quoi, comme le naufragé attrape la bouée qui lui est lancée. J’avalai donc la mixture offerte. Au premier moment j’eus l’impression d’une bombe qui explosait dans ma bouche et qui ensuite descendait, incandescente, dans mon gosier ; puis tout se calma. Le soleil entrait par la fenêtre ; les oiseaux gazouillaient dans les arbres et, une fois de plus, l’espoir brillait dans mon ciel.
– Je vous engage ! dis-je aussitôt que je pus proférer une parole. Je sentis alors nettement que ce particulier était un de ces domestiques dont une bonne maison ne peut se passer.
– Merci, Monsieur. Mon nom est Jeeves. Pouvez-vous prendre vos fonctions immédiatement ?
– Immédiatement, Monsieur !
– Parce que je pars pour Easeby, dans le Shropshire, après-demain.
– Très bien, Monsieur ! Il regardait par-dessus mon épaule le dessus de la cheminée. Voici un excellent portrait de Lady Florence Craye, Monsieur. J’ai été pendant un temps au service de Lord Worplesdon, mais je l’ai quitté, car je ne pouvais m’habituer à voir Sa Seigneurie dîner en culotte de cérémonie avec une chemise de flanelle et une veste de chasse. Il ne pouvait rien m’apprendre sur les excentricités de ce bonhomme. Lord Worplesdon était le père de Florence. Ce vieux phénomène, quelques années plus tard, descendit un matin déjeuner et, levant le premier couvercle d’un plat, s’écria d’une voix éraillée : « Des œufs, encore des œufs, toujours des œufs ! Au diable ces sacrés œufs ! ». Et instantanément il fit ses paquets et fila en France pour ne jamais revenir au sein de sa famille.

Et ça continue pendant 217 pages. Ça vous a plu ? Poursuivez cette lecture dans Allez-y Jeeves, de P.G. Wodehouse, en 10-18. Vous ne le regretterez pas.

Georges F.

Vous pensez remplir les conditions, ou posséder les vertus, pour faire partie de L’ESPIÈGLE CLUB FRANCAIS, TONITRUANT ET FRINGANT DES AMIS DE P.G. WODEHOUSE ET DE SES EXCENTRIQUES PERSONNAGES, alors n’hésitez pas à nous laisser un message ou à nous écrire au CLUB WODEHOUSE

Si je ne désirais pas de présence féminine au sein du « Club des Amis de P.G. Woudehouse » c’était pour préserver …la qualité du silence que tissent, dans un club britannique, une dizaine de gentlemen plongés dans la somnolente lecture du « Times »… (P.Daninos)

Je doute fort que le sexe opposé au notre puisse se retenir longtemps de prononcer: « Vous n’avez pas trouvé que Melle X… avait l’air ridicule dans sa robe rose hier soir? » où bien: « Qu’ai-je fait de mes clefs? Je les avais pourtant mise dans mon sac! » A partir de là, tout homme normalement constitué pouvant en déduire que « ces fichues clefs » se trouvent n’importe ou, sauf dans le ridicule réticule précité !

Mais bon ! On peut toujours faire un essa i! Il y a des exceptions à toutes choses…

Amitiés.

Papa de Lili

P.S: Des extraits de l’oeuvre de Woudehouse se trouvent (où bien se trouveront) sur mon blog FARFELUSERIES

  • L’extrait du jour…

Toujours les (mes)aventures de Bertie Wooster et les « femmes »…

« Je me souvenais que, alors que nous étions seulement fiancés, cette femme m’avait arraché des mains un roman policier en m’ordonnant de lire à la place une chose parfaitement épouvantable d’un type nommé Tolstoï. A la pensée des horreurs qui seraient arrivées quand le clergyman aurait fait son office, et qu’elle aurait eu des droits légaux de torturer mes cheveux gris jusqu’à ma tombe, l’imagination chancelait. »

DES RÉPONSES À DES QUESTIONS ou LES AMIS DE WODEHOUSE


Cul Pieds de lampe

Le charmant Gerorge F., que je connais pas (*), m’écrit un billet mot fort aimable au sujet du billet Cul-de-lampe qui n’existe guere :

C’est un billet agréable à lire, merci (je ne connaissais votre blog que par la rumeur, je le découvre avec plaisir).

Je suis simplement un peu surpris par votre remarque sur la « critique acerbe et vigoureuse » de la société. Il n’y en a, me semble-t-il, pas plus que dans les Bécassine.
Certes, les portraits sont moqueurs, mais ils restent pleins d’indulgence, je dirais presque de complicité.
Est-ce que cela gâte notre plaisir ? Certes non, bien au contraire.

(*) je sais seulement qu’il est écrivain – Le Vertige des auteurs – et a édité au Castor Astral, ce qui est tout à son honneur, comme c’est à l’honneur de son éditeur…

Donc, mon correspondant évoque ma « critique acerbe et vigoureuse » de la société. J’ai eu beau me relire, je n’ai retrouvé. Je me contremoque de la société et connais à peine le sens du mot « acerbe ». Aussi j’attends de nouveau de ses nouvelles afin qu’il éclaire ma lanterrne lampe… (suggestion de bon aloi suggerée par mon amie fantasque et clairvoyante Nicole Z.)

Dans l’attente de vous lire, Monsieur Georges, mes amicales pensées…

Je repasse ce matin sur votre blog, que je continue à explorer avec plaisir. Et m’y voici confronté à une situation délicieusement surréaliste, puisque j’y commente apparemment des propos qui n’ont jamais été tenus. C’est bien mon genre, je réponds toujours beaucoup plus finement aux questions qui n’ont été posées par personne.

Hélas, c’était trop beau ! Je soutiens, perinde ac cadaver, que ces propos ont bien été tenus : c’était à propos d’un billet, très plaisant d’ailleurs, consacré à P.G. Wodehouse, dont je suis admirateur zélé (j’impose sa lecture à tout invité qui, en été, s’attarde plus de deux jours chez nous).

J’ai fini par retrouver le billet, il est daté du 31 juillet :

« Élémentaire mon cher Jeeves »

Sans doute ai-je déposé ce commentaire dans la mauvaise boîte, et je vous prie de pardonner cette distraction.

Pour un premier pas sur votre blog, ce n’est pas très réussi. Le pire, c’est que je reviendrai quand même.

Merci pour vos mots aimables sur mon blog : il en est tout rougissant. Je voudrais simplement préciser, très vite, que je ne suis pas seulement romancier au Castor Astral, mais aussi nouvelliste, chez Anne Carrière.

Je m’apprêtais à répondre quand le distingué Monsieur Georges, qui à dû lire au travers de mes pensées ou de mes encres sympathiques, me repond :

Bon, décidément, le feuilleton continue : il y a eu cette fois-ci une erreur de retranscription, mais elle ne m’est pas imputable. Je me dois donc de préciser que le dernier paragraphe « J’ai eu admiration sans borne, etc. jusqu’à petite visite », enchaîné à ma réponse, n’est pas de moi (Georges F.) mais de la plume de Verbatim.

Ce qui n’enlève rien à l’amitié que j’ai pour Jean-Yves, Marc et Bénédicte, faut-il le dire. Je publie da’illeurs chez eux un second roman à la fin de l’année. Ici finit la séquence pub.

Cher Monsieur Georges F. ou Flipo, puisque désormais tout le monde vous connaît, ou presque…,

Vous voilà de retour…

… avec dans votre sac à malice l’expression perinde ac cadaver – je frissonne en songeant à Brke et Har, les détrousseurs de cadavres quii firent les belles nuits d’Edimburgh et coluant le sang puis beaucoup d’ancre – et les doux mots et nom de « surréalisme » et « Wodehouse »; Je crois que nous sommes fait pour nous entendre ! Je suis, moi aussi, un peu – beaucoup – prosélyte de ce côté-là… Une journée sans wodehouse est, en effet, presque une journé manqué. Et comble de malchance je suis un peu à court de munition. Il est toujours possible de se rabattre sur Saki – formidable ! – , Waugh’s writers – père et fils, même si ils sont un peu réac à mon goût ; surtout le père – , les Mémoires de jeunesse de Sir Winston churchill ou un jeune amuseur de première, Will Cuppy, auteur de Comment reconnaître vos amis des grands singes.

Pourtant ni les uns ni les autres ne remplaceront le géniteur de Jeeves, de Bertie Wooster, des tantes assassines, des oncles pingres, des cousins mal-élevés, des demoiselles vengeresses et mariables – donc dangereuses – , des cousins chahuteurs, des membres du Drone’s club et les bambocheurs de tout poil.

Oui, quitte à me répeter, quand Wodhouse est absent il me manque – et la réciprocité est sans doute vrai puisqu’il n’est pas rare que l’écrivains’adresse à son lecteur. Me vient une disgression de Erik Satie notre maître qui disait à peut près ceci : j’ai perdu mon parapluie et mon parapluie doit être bien triste, lui aussi, de m’avoir perdu.

Pardonnez moi aussi de ne pas avoir citer vos références de nouvellistes, mais J’ai eu admiration sans borne pour les éditions du Castor Astral et une amitiés sans limite pour ses éditeurs. j’ai nommé Bénédicticte Perot et Jean-Yves Reuzeau que je salue ici et bien bas, en gageant que ces baisers quasi fraternels leur parviendront. Et toujours dans le registre des pince-fesses sincères, j’en profite pour saluer le prince Patrice Delbourg, chantre des dédaignés et des oubliés, qui me fait parfois l’hommage et l’honneur d’une petite visite…

Très amicale pensée, sans oublier de vous redire que vous êtes toujours ici le bienvenu.

Votre serviteur.

Et pour vous faire plaisir, voic une photographie délicieuse du tandem Bertie & Wooster extraite de l’hilarant feuilleton de la BBC

Voilà quelques Jours, j’avais aussi reçu ce mot plaisant d’un autre Wodehehousephile :

Loïs qui connait les bons blogs vient de me diriger chez vous! Et je tombe droit dans l’univers d’un homme qui connait Wodehouse… Parce qu’ils sont rares en France, ceux qui connaissent ce grand humoriste! Et plus rares encore ceux qui l’apprécient! Ce qui est, bien sur, mon cas !

Donc je vais continuer à faire votre connaissance… avec plaisir !

Amitiés

Papa de Lili, SOUVENIR DE ROUTIER

Aussi et désormais, puisque nous sommes trois comme les quatre mousquetaires, il était peut-être temps de crée la Société Française de amis de P.G. Wodehouse – nom définitif à définir – et d’elaborer quelques reègles d’inconduite (Notez bien qu’il existe ce type de société dans tous les pays du monde, y compris la Russsie. On m’aurait même laissé entendre que les Venusiens en personne s’apprêter à déposer leurs propres statuts)

L’ESPIÈGLE SOCIETÉ FRANCAISE TONITRUANTE ET FRINGANTE DES AMIS DE P.G. WODEHOUSE ET DE SES SATANÉS PERSONNAGES

Exemple : les membres s’engagent à citer au moins une fois par jour le nom de leur héros ainsi qu’un extrait croustillant de son oeuvre…

Les membres s’engagent à fuir toute proposition de mariage, surtout ceux qui le sont déjà, puisque la bigamie est sévèrement réprimandée.

Les membres s’engagent a se faire passer pour de véritable gentlemen et à faire croire à leur entourage qui’il possède un majordome de première ordre et si discret qu’il est guer possibe de l’aperçevoir.

Etc.

Proposition de logo ou de signe de ralliement

En attendant avec impatience vos suggestions

Votre serviteur.

Photo de Rodney Smith

Houla! Je viens de trouver un « com » (oui! c’est trop long d’écrire commentaire!) sur mon blog. Est-il pour moi ? Est-il pour un autre ? Ma vitesse de compréhension étant égale à celle de Bertie, je me pose la question,(sans y répondre!). Quoi qu’il en soit, je suis heureux de vous recevoir en ma modeste demeure…

Et je suis tout prêt à devenir membre d’un « Club Wodehousiste »! (Si interdit aux femmes !)

Amitiés.

Le papa de Lili, le Blog de l’auteur-voyageur

En tant que président – autoproclamé – de les femmes seront acceptées à la condition de prouver, u peu à la manière de tante Dahlia, qu’elles sont des hommes. J’en connais ; j’ai des nom – n’est-ce pas miss Nicole Z ou Loïs ?…

En, attendant, voici la citation du jour, extraite de Merci Jeeves :

Le sang des Wooster se mit à bouillir. Au fond à s’en tenir simplementau fait , qui est Jeeves, après tout, après tout , Un valet de chambre. un salarié. Et un un type qui ne veut pas se soumettre éternellement à son valet de chambre. Est-ce « se soumettre » que je veux dire ? Oui je sais que ça commence commence par un S. il arrive un moment oû l’on doit se rappeler que ces ancêtres ont brillamment combatu à Crécy. Le moment était maintenant arrivé.

Mifa, LE BLOG DE NOTRE AMIE

ELÉMENTAIRE MON CHER JEEVES

Pelham Grenville Wodehouse a certainement été le plus grand humoriste anglais du XXe siècle. Comme tel, il a été internationalement reconnu dès l’entre-deux guerres, produisant indifféremment comédies musicales et plus d’une centaine de romans. Son univers nous décrit sans cesse la haute société britannique en amenant, sans en avoir l’air, une critique acerbe et vigoureuse qui se dissimule sans cesse sous le masque du sourire : jeunes nobles écervelés qui se font gouverner par leur maître d’hôtel, jeunes filles évanescentes ou femmes mûres comme de redoutables dragons, ducs et pairs qui ne songent qu’à élever les plus beaux cochons ou les plus grandes citrouilles du monde. C’est tout un monde de fantoches qui nous est décrit, avec une logique aussi infernale que celle que l’on trouve dans le théâtre de Feydeau.

Dans une Angleterre éternelle peuplée de jeunes filles énergiques et épuisantes, de tantes redoutables, d’oncles débonnaires et passifs, de toute une galerie de personnages excentriques, domine la figure de Jeeves, le génial et flegmatique majordome du narrateur Bertie Wooster, jeune célibataire oisif et écervelé qui a l’art de se fourrer dans des situations inextricables.

Ce sommet de l’humour anglais a enthousiasmé des générations de lecteurs, et a inspiré à un critique ce commentaire définitif :

« Il n’y a que deux sortes de lecteurs de Wodehouse, ceux qui l’adorent et ceux qui ne l’ont pas lu. »

«Ce qu’a fait Shakespeare est très différent de ce que je fais, mais cela ne veut pas forcément dire que c’est moins bien.»

Pelham Grenville Wodehouse

FLON-FLON

Pour Loïs de Murphy qui comprendra…

Bertram Wooster s’essayant au trombone, ou l’art du cultiver le bon goût, les mauvais sons et le bonheur…

ou comme disait breton : « la musique, le plus coûteux des bruits… »

et comme ajoute Loïs d Murphy citant Desproges : « Un gentleman, c’est quelqu’un qui sait jouer du trombone à coulisse, mais qui n’en joue pas. »