Archives de catégorie : VALISE PLEINE DE LIVRES

BIBLIOCTAMBULE

Un nouvel envoi de Monsieur Norbert…

Vos livres-valises sont une bien jolie rubrique. Je ne résisterai sans doute pas à la tentation de mettre un peu la main à la pâte.
Un dictionnaire aléatoire pourrait faire également couler un sang d’encre parmi vos lecteurs, non ?

Il me paraît utile de conclure sur un mot-valise qui ne soit pas un simple coq-à-l’âne de la littérature, mais aussi un dévoyeur.

Biblioctambule : n. indifférencié. Le biblioctambule est un hypocondriaque de l’imaginaire. A l’heure où toute la ville dort à poings fermés, à l’heure où la nuit est blanche et où les chats changent de couleur, il est le seul à arpenter inlassablement les chemins de traverse de sa bibliothèque. Sous les grands yeux noirs de l’Insomnie, il parcourt d’une main fébrile les pages de ses in-octavo dépareillés, en cherchant désespérément à y lire entre les lignes.

André Hardellet, Gérard de Nerval et Léon-Paul Fargue furent d’inlassables arpenteurs et des biblioctambules notoires :

LES PAS
André Hardellet

Quand donc – me demanda
la vieille demoiselle –
quand donc deviendrez-vous
un peu sérieux ?

à M.C.

Quelquefois, lorsque la nuit était très pure et paisible, nous allions au bout du jardin écouter les pas.
Une simple haie nous séparait de la campagne plate et lisse sous la clarté de la lune. On aurait dit qu’un immense éclair, disparu, avait figé sa lueur derrière lui. Le temps s’écoulait plus lent, plus dense qu’ailleurs.
Nous entrions peu à peu dans le silence. Un silence comme un lac sans rivage qui finissait par résonner à force de rigueur.
Soudain nous entendions les pas, les pas de quelqu’un qui s’approchait de nous, sûrement, sans hâte. Rien ni personne ne se montrait. Les pas sonnaient sur des dalles invisibles, plus distincts, plus proches à chaque seconde. Parfois ils s’arrêtaient, comme ceux d’un homme tout à coup surpris par une présence insolite, et qui guette autour de lui. Et, nous aussi, nous guettions – en vain.
Alors les pas reprenaient, s’approchaient encore – et même nous en distinguions l’écho sous des voûtes impossibles à situer.
Maintenant ils venaient droit sur nous ; quelqu’un marchait dans le jardin, que nous allions forcément découvrir – mais que nos yeux n’ont jamais découvert. Et chaque fois, quand il arrivait à notre hauteur, le visiteur inconnu passait un peu à côté de nous. Nous avions beau avancer ou reculer, lui nous frôlait sans nous toucher, dans un autre espace – le sien.
Nous entendions les pas décroître, égaux, paisibles, emportant la sonorité d’un palais hermétique. Et jamais, non plus, nous ne pouvions surprendre cet instant où ils cessaient pour rejoindre le silence battu par l’imperceptible ressac de la nuit.
Le même espoir, toujours, me retenait là : les pas allaient enfin me traverser, m’atteindre au cœur, en ce point secret où aboutissent toutes les lignes parallèles du monde, tous les rayons de la mémoire. Alors l’invisible passant me révélerait ce qu’il voulait me dire – lui qui me cherchait aussi derrière le mur d’une solitude sans fin.
Une nuit – une nuit pourtant aussi belle que de coutume – nous n’entendîmes plus les pas. J’imagine qu’ils étaient partis vers d’autres enfants, tapis au fond d’un jardin, pareils à ceux que nous avions été.
Mais moi, lorsque j’écris, désormais, c’est toujours en écoutant à travers les mots dérisoires ce pouls mystérieux qu’ils transmettent autre part. C’est toujours en espérant cette rencontre, qui, d’un seul éclair, illuminerait la page NOIRE.

Amis lecteurs, nous attendont vos mots valises commençant par « biblio-qelque chose« …

BiblioHumanoPhage : Décervelé par la société de consommation, l’Humano-ID, simple numéro au libre-arbitre desséché au soleil des Bonnes Affaires, dont la circonspection et le bon escient auront été sacrifiés sur l’autel du toujours plus.
Cet aliéné du pouvoir d’achat a voué sa vie à l’utilisation exclusive d’un électro-ménager, qui lui, ne l’a point ménagé.
Toute sa moëlle et tout son jus auront été nécessaires à son asservissement… voilà ce qu’il en reste… la machine a eu le feu vert, l’homme s’est laissé faire.
L’ordre des choses devenu moribond, Mère Nature essaiera-t-elle de reprendre ses droits ?
Elle seule n’en doute pas, mais de quelle manière, par quel artifice, par quelle porte dérobée, par quel passage étroit ?
…Alors ? et la belle lecture ?
Celle qui sent bon l’encre, le papier, la colle et l’intelligente transpiration, bien façonnée dans ses reliures suaves et variées… peut-être pourrait-elle nous fournir une optimiste hybridation : le BiblioHumanoPhage !
Ô livre… merci pour cette servitude !
Et n’oublions pas le côté pratique; à découvrir ICI :

Par Laurent LE MOG

« Bibliocratie« , qui serait le pendant grec de la fameuse « République des lettres » (évidemment latine) et titre de roman auquel je songe de temps à autre…

Par Mikaël Hirsch. Le Blog

Bibliopathie…pathologie liée à un amour excessif des livres
A l’opposé, le bibliophobe mais dans les deux cas, une bibliothérapie  est conseillée

Biblioancolie… bibliothèque réservée à l’ancolie au fond d’un jardin…

Par Anne B.

 

BIBLIOTRUC & LIVRES-VALISES, SUITE.

BIBLIOLIBRIUS & LIVRES-VALISES A RANGER DANS UNE MALLE-BIBLIOTHÈQUE OU UN CABINET DE LECTURE & DES SINGULARITÉS

PENSE BÊTE.

Quelques livres-valises envoyés par Nicolas Millet à ranger et à classer de toute urgence…

BIBLIOBOLE (verser sa) : Expression vieillie signifiant offrir un livre de petite valeur pécuniaire mais de grande valeur littéraire. Les livres publiés par les éditions Mille et une nuits ou les éditions Librio sont particulièrement adaptés aux biblioboles.

BIBLIOCTET : Synonyme, trop peu répandu, de livre numérique.

BIBLIOFFICINE : Livre prétendant pouvoir se substituer au corps médical. (Anticancer de David Servan-Schreiber, éd. Robert Laffont ou La Méthode simple pour en finir avec la cigarette d’Allen Carr, éd. Pocket)

BIBLION-DIT : Livre rencontrant un grand succès, mérité ou non, suite au bouche-à-oreilles. (L’élégance du hérisson, Muriel Barbéry, éd. Gallimard)

BIBLIOPINEL : Ouvrage dont les pages sont particulièrement coupantes (L’Ecriture comme un couteau, d’Annie Ernaux, éd. Stock ou Le Couteau sur la nuque, d’Agatha Christie, éd. du Masque). Ou livre aux propos tranchants (Note de l’éditeur)

Alice derrière le miroir ? Non Buster K. à la page. Et une petite ressemblance certain avec Nicolas Millet. (peinture de Tim O Brian)

BIBLIOLIBRIUS & LIVRES-VALISES

BIBLIOLIBRIUS & LIVRES-VALISES A RANGER DANS UNE MALLE-BIBLIOTHÈQUE OU UN CABINET DE LECTURE & DES SINGULARITÉS

par Eric Poindron

Pour le bon docteur Jean-Paul Fontaine, auteur de Le Livre des livres et BiblioLexique, à paraître aux éditions de cendres.

BIBLIOBELISQUE – Livre en forme de monument égyptien et, peut-être, écrit en hiéroglyphes ou dans un langage abscons (La Grammaire logique, ou théorie d’une nouvelle analyse mathématique résolvant les questions les plus difficiles, 1. du participe passé, 2. du participe présent, 3. du placement des pronoms après l’impératif. En tout treize règles logiques, les seules vraies et sans aucune exception, résumées en douze mots, de Jean-Pierre Brisset, chez l’auteur et à la librairie de J.-B. Fruchy, Leroy frères successeurs, 1878).

André Labarre fait remarquer que, quelque écrit qu’il soit, l’obélisque de la place de la Concorde n’est pas un livre.(Pascal Quignard.)

– BIBLIOBSCÈNE – Livre à ne pas mettre entre tout les mains (Le pornithorynque est un salopare, de Alain Créhange, éditions Mille et une nuits ; et l’auteur d’ajouter que « quand les mots se reproduisent, c’est uniquement pour le plaisir »).

– BIBLIOCIEUX (de ocieux, oisif, mais vieilli.) Livre emprunt d’une certaine fainéantise (OIblomov, d’Ivan Gontcharov, écrivain russe atteint peut-être d‘Oblomovisme – ou du moins de procrastination -puisqu’il mit plus de dix ans à écrire son chef-d’oeuvre).

BIBLIOBSCUR Livre sur lequel toute la lumière n’a pas été faite (La chouette aveugle, de Sadegh Hedayat, éditions José Corti)

BIBLIOCTAÈDRE Livre qui possède huit côtés et difficile à ranger dans une bibliothèque classique (Le Tour du jour en quatre vingt Mondes, de Julio Cortazar – à la manière de V. Jerne – auteur aussi, puisque nous y sommes de L’Octaèdre – éditions Gallimard).

BIBLIOCCULTE Livre terrifiant ou du moins mystérieux. (Le Cénacle Troglodyte ou la Bibliothèque de Babel, de Élias Thomasov, éditions du Malin Plaisir, 2003. Où il est question des égarements physiques, historiques et philosophiques de l’auteur, dans les entrailles de Reims, ville des sacres, à la recherche d’un lac souterrain et d’une bibliothèque hypothétique et supposée légendaire).

BIBLIOCTOGÉNAIRE Très vieux livre (La Mort de Mathusalem, de Isaac Bashevis Singer – qui déclarait : « Les fantômes aiment le yiddish et, pour autant que je sache il le parlent tous »- éditions Stock).

– Le BIBLIOHMMÈTRE Livre servant à mesurer les résistance électriques qui n’aurait pas déplu à Benjamin Franklin (Le Marchand de paratonnerre de Hermann Melville, auteur aussi de « l’absurde » chef d’oeuvre Bartleby le scribe qui « I would prefer not to », ou par « Je préférerais ne pas) – Voir BIBLIORAGEUX.

– BIBLIOLÉ-OLÉ – Livre de corps de garde (Les Gaillardises du sieur Mont Gaillard, Dauphinois, suivies d’autres poésies du même auteur, de Pierre de Faucherand, mont-Gailalrd, publié d’après d’après l’édition original de 1606, Librairie E.Sansot & Cie Éditeurs, Collection Varia Curiosa, Paris, 1905).

BIBLIOLFACTIF Livre à forte odeur – de soufre ? (Le Parfum de Patrick Süskind qui conte les mésaventures de Jean-Baptiste grenouille, fils de catin, parfumeur à ses heures perdues et asssasin horspair ; Le Nez de Nicolas Gogol).

BIBLIOLOPHÈRNE - Livre presque biblique et rabelaisien qui « coupe court » à un certain nombre de légende et de « fortes têtes » (‘Mémoires des bourreaux Sanson, Sept générations d’exécuteurs, de Henri Clément Sanson – dernier, et heureusement, de la lignée – P. Dupray de la Mahérie et compagnie, 1862 ; Anatole Deibler. Les Carnets d’exécutions, de Anatole Deibler – 1885 – 1939 – éditions L’Archipel, 2004 ; Anatole Deibler, L’homme qui trancha 400 têtes », de Gérard A. Jaeger, éditions Le Félin, 2001).

BIBLIOMEGA Le dernier livre (Les Cavaliers de l’apocalypse, de Henri Vernes ou Fin de partie, de Samuel Beckett, éditions de Minuit)

BIBLIOMNIBUS Livre en état de marche qui auraît plu au « stylé » Raymond Queneau (L’École BUSsonnière, petits voyages et nouvelles rémoises, de Nicolas Millet, éditions du Coq à l’Ane)

BIBLIOMNIPRÉSENT Livre que l’on ne peut égarer (La Boussole du club des cinq, d’Enid Blyton sans oublier Dagobert, le chien des cinq qui ne porte culotte – courte – ni à l’endroit, ni à l’envers – éditions Hachette bibliothèque rose).

BIBLIONOMATOPÉIQUE Livre qui fait beaucoup de bruit. (Défense De Jouer De La Trompette À Jéricho Après 20 Heures, de Ephraïm Kishon – écrivain et joueur d’échecs qui survécut à la shoah et déclara : « ils ont fait une erreur, ils ont laissé un satiriste en vie » – éditions Solar).

BIBLIONÉREUX Livre rare, donc cher ; ou l’inverse (Chronicon Babylonis, de – Caetani, Benedetto – qui fut elu pape en 1294, prit le nom de Boniface VIII et que l’on jugea hérétique – édition établi par Eloi David Collin de Plancy, Editions du Malin Plaisir, 2004. Livre rare ; Catalogue d’une très riche mais peu nombreuse collection de livres provenant de la bibliothèque de feu M. le comte J.-N.-A.de Fortsas dont la vente se fera à Binche, le 10 août 1840, à onze heures du matin, en l’étude et par le ministère de Me Mourlon, Notaire, rue de l’Église, n°9 – livre(s) cher(s) – éditions des cendres).

BIBLIOPHÉLIQUE _ Livre dramatique, shakspearien, qui prend l’eau et peut mener au suicide (Bains de mer, bains de rêve, de Paul Morand, Guilde du livre, Lausanne, 1960).

BIBLIOPIACÉ Livre dangereux, interdit et mauvais pour la santé. A la manière de Thomas de Coincey, par exemple (Confessions d’un automate mangeur d’Opium, de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, éditions du serpents à plume ; et qui n’est pas sans rappeler un autre livre).

BIBLIOPTIMISME Livre de belle humeur. (Les Rencontres Fantaisies et Coq-a-L’Asne Facetieux du Baron Gratelard, tenant sa Classe ordinaire au bout du Pont-Neuf ; Avec ses gaillardises admirables & conceptions joyeuses, de Antoine Girard, dit Tabarin. A Troyes, chez J. A. Garnier, Avec Permission, Petit in-12, 1738).

BIBLIORACLE – Livre divinatoire et « à peu près (Grand livre ou petit traité sur la vie, la mort, la résurrection & les oeuvres anthumes et posthumes des astrologues champenois – prophètes, magiciens, devins, spécialistes ès science théurgiques, mathématiques et astronomiques, de jean François Cornu, in Mystères et Diableries en Champagne-Ardenne, contes, fééries, légendes, espiègleries, fables ét récits extrordinaires, Éditions du Coq à l’Ane – Où l’auteur, Homme de droit, de paix et bibliomane fait la lumière sur l’astologue aveugle ; Commelet le conjectural ; Colluche le disciple inconnu ; Jean Bélot, curé de Mil-Monts ; Pierre de Larivey, Champenois, chanoine, traducteur & astrophile ; Armande des jardins, baronne de Neuf-château, et quelques autres. Document rare).

BIBLIORAGEUX Livre qui peut avoir mauvais caractère (Dictionnaire de l’argot des typographes, suivi d’un choix de coquilles typographiques célèbres ou curieuses, de Eugène Boutmy, correcteur d’Imprimerie et polygraphe patenté, Flammarion et Marpon 1883). Voir aussi BIBLIOHMMÈTRE.

BIBLIORAL Livre qu’il faut lire à haute voix ( Les Oraisons funèbres de Bossuet, ou Les Sermons de Bourdaloue, toutefois nettement plus indigeste que la tarte du même nom).

BIBLIORDINAIRE Livre assez quelconque. (Propre à rien, de Gabriel Chevalier, spécialiste des urinoirs ruraux ou pire encore Scène de la vie d’un propre à rien de Joseph von Eichendorff – qui ne devait pas être si ordinaire puisque il inspira à Strauss l’un de ses quatres des Lieds, et sans doute le plus beau Im Abendrot, Dès l’aube.)

BIBLIORFÈVRE Livre de grandes valeur (Vie de Benvenuto Cellini par lui même, de Benvenuto Cellini – orfèvre et sculpteur ou Les Bijoux de la castafiore, de Hergé).

BiBLIORGIAQUE Livre « léger » à lire à plusieurs (Les Trois mousquetaires au couvent, opérette en trois actes, livret de Paul Ferrier et Jules Prével).

BIBLIORIFICE - Livre creux (Voyage autour de mon crâne, de Frigyes Karinthy ou Voyage au centre de la terre, ou aventures de quelques naufragés dans des pays inconnus, anonyme et traduit de l’anglais par M. J. Saint Albin, même s’il l’on sait aujourd’hui que nous le devons à Jacques-Auguste-Simon, dit Collin de Plancy. Le livre a sans dout influencé Jules Verne pour son propre Voyage au centre de la terre)

BIBLIORNICAR - Livre égaré (Le Monde perdu de Sir Athur Conan Doyle ou Robinson Crusoé de Daniel Defoe).

BIBLIORNITHORYNQUE Livre traitant des animaux improbables (Histoire naturelle des dragons, de Michel Meurger – spécialiste aussi des lycanthropes, de Gille de Rais, un « drôle d’animal », et des monstres lochnessien et lacustres – éditions Terre de brumes).

ou « Le Rhiocéros qui lisait Nietzsche », de Peter S. Beagle (Gallimard, Folio SF)

BIBLIORPHELIN - Livre qui n’a pas trouvé sa place dans une bibliothèque (Sans famille, d’Hector Malot, écrivain de grande probité qui vivait à Fontenay-sous-bois dans un chalet).

BIBLIORTIE - Livre qui ne manque pas de piquant et que l’on peut jeter même s’il ne faut jamais jeter un livre. (La Mustardographie. Traité en manière de dialogue Par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer l’honnête art du Moutardier, de de Mathieu Varille & Marius Audin Lyon, aux deux collines, 1935, in-18 illustré de 6 bois originaux de Bernard-Aldebert, tirés en marron. Tirage à 500 exemplaires tous numérotés. Opuscule érudit et farfelu qui conte l’histoire des producteurs de moutarde et des moutardiers et ce jusqu’à ceux de la Perfide Albion qui surent reconvertir leur moulin en changeant de grains à moudre…).

BIBLIORIGAMI Livre imprimé sur papier « japon » qui peut ressembler, par exemple, à un cygne, une « cocotte » ou à un petit bateau. (Hiden Senbazuru Orikata ou Secret de pliages des milles (*) grues – (*)qui portent bonheur au Japon – 1797).

BIBLIORRIFIQUE Livre à déconseiller aux pleutres aux esprits crédules et aux insomniaques (Naissance du fantôme, une anthologie, de Jean-David Jumeau-Lafond – arrière petit fils du peintre symboliste Carlos Schwabe, auteur de la toile superbe et macabre La Mort du fossoyeur – édtitions de la Bibliothèque).

BIBLIOSTROGOT Livre de caractère vaguement gothique (Pour ne pas citer les livres célèbres que les lettrés connaissent ou découvriront sans peine dans les bonnes histoires de la littérature, anglais et française, nous avons choisi Le Vampire, de John William Polidori, médecin de Lord Byron qui se suicida à l’acide prussique. Ce ne fut pas la seul sottise qu’il commît dans sa vie, rassurons-nous…).

BIBLIOTOMATE Livre qui n’a rien d’humain et donts les ressorts sont plus mécaniques que dramatiques – La Poupée sanglante et La machine à assasiner, de Gaston Leroux, éditions de l’aube)

BIBLIOULIPIEN Livre qui peut posséder plusieurs queues et plusieurs têtes (Je me souviens… de La Disparition de La Belle Hortense, La Belle jardinière, durant 53 jours et de ses ces Exercices de style, ses Cent Mille Milliards de Poèmes. Toi qui connais du monde, Le Voleur de nostalgie, Le Château des destins croisés, Les Villes invisibles et et La Vie mode d’emploi. Si par une nuit d’hiver un voyageur…Pas un jour sans Les Revenentes, collectif et introuvable. Avec toutefois l’aimable participation de Georges Perec, Raymond Queneau, Italo Calvino, Jacques Roubaud, Paul Fournel, Hervé Le Tellier & votre serviteur).

BIBLIOVIDIEN Livre qui peut prendre plusieurs apparences, appelé aussi livre des Métamorphoses (Mon caméléon, de Francis de Miomandre, écrivain prolixe et poétique qui aimait prendre ses aises et l’apéritif à La Closerie des lilas).

BIBLIOVIPARELivre fragile que n’aurait pas renié Christophe Colomb. (Les Grenouilles, de Cyriël bruysse (Éditions finitude, collection, les contes songuliers, nantes)Catalogue des reptiles et batraciens du département de l’Aube et étude sur la distribution géographique des reptiles et batraciens de l’est de la France, de Victor Collin de Plancy, 1878 – ministre plénipotentiaire en Extrême-Orient. Premier ambassadeur de France en Corée du Sud (1853-1922) – et fils de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, démonologue, Voltairien à demi, calottin et auteur d’une oeuvre dense et pseudonymique contenant notemment le célèbre Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l’enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles.)

BIBLIOVNI Livre qu’il est mal aisé de définir (Les Foux littéraires d’André Blavier, éditions des cendres ; les Floux itinéraires que personne n’a encore pris le temps de rédiger ni eu le courage d’emprunter ou Le Nouveau et Le Nouveau Nouveau magazin d’écriture, de Hubert Haddad, éditions Zulma).

A suivre…

Je tairai le nom de ce Pic de la Mirandole « à la diable », mais il se reconnaitra… Plus vaniteux qu’érudit, il croyait tout connaitre et tout posséder; pourtant il lui manquait l’essentiel : Le Grand livre de l’humilité. François Régulus-Delusnes, Cabochard et pied-de-cochon, éditions du du Puit qui fuit & du trou sans fond.

Et comme il est souvent écrit : la liste ne saurait être exhaustive. Alors à vot’ bon coeur… Messieurs les bibliopathes.

Quelques livres-valises envoyés par Nicolas Millet à ranger et à classer de toute urgence…

BIBLIOBOLE (verser sa) : Expression vieillie signifiant offrir un livre de petite valeur pécuniaire mais de grande valeur littéraire. Les livres publiés par les éditions Mille et une nuits ou les éditions Librio sont particulièrement adaptés aux biblioboles.

BIBLIOCTET : Synonyme, trop peu répandu, de livre numérique.

BIBLIOFFICINE : Livre prétendant pouvoir se substituer au corps médical. (Anticancer de David Servan-Schreiber, éd. Robert Laffont ou La Méthode simple pour en finir avec la cigarette d’Allen Carr, éd. Pocket)

BIBLION-DIT : Livre rencontrant un grand succès, mérité ou non, suite au bouche-à-oreilles. (L’élégance du hérisson, Muriel Barbéry, éd. Gallimard)

BIBLIOPINEL : Ouvrage dont les pages sont particulièrement coupantes (L’Ecriture comme un couteau, d’Annie Ernaux, éd. Stock ou Le Couteau sur la nuque, d’Agatha Christie, éd. du Masque). Ou livre aux propos tranchants (Note de l’éditeur)