Les Cahiers de l’Institut, Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés…
À l’aube du XXIe siècle, dans un monde où le politiquement correct et la pensée unique sont de règle, où la raison n’est que ruine de la fantaisie, il est venu le temps d’exhumer et de considérer enfin – pour éviter que ne meurent une seconde fois les grandes œuvres des petits auteurs – la cohorte des « Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés… »
Plus encore (pis même), ne reculant devant rien, l’Institut proposera des textes d’auteurs à la masse, abbés, abracadabrants, agités du bocal, algébristes, anticipateurs, archi-monarques, astrologues, astronomes, barjos, barrés, bizarres, botanistes, bricoleurs, cafouilleurs, calculateurs, calyptologues, candidats, cantonniers, capitaines, casse-pieds, cénobites, chimériques, cinglés, conquistadors, coprophages, copulateurs, cosmogones, cosmographes hérétiques, craqués, débridés, dégénérés, délirants, dérangés, dingos, éjaculateurs, énergumènes, enragés, éperdus, étymologistes, excentriques, excités, extravagants, fadas, faiseurs d’histoire(s), farfelus, faux-dauphinomanes, fêlés, fétichistes, fissurés, foldingues, follets, frappa-dingues, généticiens, géographes, géologues, géomètres, givrés, gogols, hallucinés, haricologues, hermaphrodites, hygiénistes, hypnotiseurs, (il)logiciens, illuminés, insensés, inventeurs ivres, journalistes, linguistes, logographes, loufoques, mabouls, mathématiciens, médecins, médicastres, mégalomanes, messies, météorologistes, militaires, monarques, musiciens, mystificateurs, myth(étym)ologistes, notaires, obsédés, occultistes, ondinistes, ouf, panlatinistes, persécutés, persécuteurs, pétitionnaires, philanthropes, philosophes, piqués, politiciens, polygraphes, possédés, préhistoriens, prodiges, prophètes, quadrateurs, racistes de tous poils, rêveurs, rhétoriciens, romanciers, saugrenus, savants, schizophrènes, sinoques, siphonés, sociologues, sonnés, stratigraphes, tarés, théoriciens, timbrés, toqués, universalistes, urbanistes, versificateurs, visionnaires, zinzins, zoologues, etc. Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…
En écartant le petit vélo – dans la tête – qui gêne, et en me creusant un peu la dite tête, j’ajoué’(c
te aussi :
Azimutés, Brindzingues, Foldingues, Fouàliers, Gidouilleux, Ambidextres, Kleptophiles, Philocorboliens, Ex-libristes, Sténographistes, Stakhanosophistes, Schoïnopentaxophiles, Bibliorigamistes, Alamasses, Matraqués, Asilés, Fols-à-la-messe, Titivillus, Foux…
La liste étant incomplète, vos propres cas – et cases manquantes – seront les bienvenus…

La revue bisanuelle de l’Institut possède une vocation internationale, multilingue. Elle se consacre à l’étude des écrivains hétéroclites et hétérodoxes communément appelés les Fous littéraires, et de leurs œuvres. Tout en favorisant la confrontation et la synthèse du résultat de ces recherches, la revue ambitionne de prendre en compte le plus large éventail possible d’études.

Questionnements sur la Folie littéraire (essais de définitions) et sur ce que peuvent être les « fous » plastiques, peintres, cinéastes, photographes, artistes divers. Histoire des Fous littéraires, notoires (Gagne, Brisset, Berbiguier, ou Nicolas Cirier, et les autres, dans l’anonymat le plus complet). La revue rend aussi hommage à André Blavier, auteur de Les fous littéraires (éditions des cendres) , livre monumental sur le sujet concerné.
Il est aussi, dans la revue, question d’études sur la Folie littéraire et la Folie créatrice sous divers angles. La parole est donnée aux médecins, psychiatres, psychanalystes, psychologues et cliniciens de tous poils. Mais il n’est pas question d’enfermer les fous littéraires dans un carcan clinique qui limiterait le propos et ne répondrait pas à de nombreux questionnements : – la folie ne garantit aucun génie ; – l’œuvre n’est pas forcément une guérison de la folie ; – un génie qui devient fou peut perdre le sens de sa création ; – une œuvre digne d’avoir été créé ne peut pas ne pas avoir été traversée par la folie ; – qu’est-ce qu’un texte fou ? – l’illisibilité d’un texte est-elle la « preuve » de la folie de son auteur ?
– Études sur les grands thèmes de la folie littéraire : linguistique, langues imaginaires, ortograf, celtisme, cosmogonie, héliocentrisme, tératologie humaine, curiosités et bizarreries diverses, etc.
– Études sur les parallèles entre folie littéraire et création, folie littéraire et folie artistique (arts et écrits bruts, cinéma, bande-dessinée, architecture, livres monstres, etc.) ;
Portraits de personnalités du passé et d’aujourd’hui (écrivains, médecins, psy, professeurs, linguistes, etc.)
Rubriques supplémentaires
Chaque numéro des Cahiers de l’Institut sera centré sur un thème principal mais comporte aussi :
– Des Varia : informations sur les ventes publiques, les expositions, les travaux en cours de l’IIREFL, l’actualité des membres de l’IIREFL, appels à collaboration, nouveaux venus, présentation.
– Des Nouvelles et Chroniques de nos correspondants étrangers en provenance du Canada, USA, République Tchèque, Italie, Pays-Bas, Espagne, Angleterre, France, Belgique.
– Le Fonds littéraire de l’Institut : publication des fiches provenant des collections, les acquisitions et les enrichissements.
Les Feuilles Jaunes : petites annonces, mises en vente de livres en double, bulletin de liaison pour les abonnés.
Beaucoup d’études à venir, donc, mais pas de quoi devenir fou, si c’est de littérature…
Une fois encore, renseignements sur demande…


De Joe Gould à Antonin Arthaud…. ya bon !
Comment se procure t-on cette revue mon cher professeur P ? …
Thomas, ETC-ISTE

Tu connais Joe Gould ?!!! Nous ne sommes pas si nombreux. C’est presque un club. Arthaud, c’est autre chose, c’est un véritable fou clinique. Gould était fou, certes mais aussi poète, mythomane, pique-assiette, et tout le reste. en effet, il va falloir que l’on bavarde… Amitiés professeur.
Pour La revue fol et et littéraire :
Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…
Marc Ways
1, rue du Tremblot – 54122 Fontenoy-la-Joûte – France
Tél. : 06 88 74 58 68 – iirefl@orange.fr

N’hésitez pas à laisser un message de ma part, marce Ways est un homme – pas si – sage de la meilleur édication.
Eric

On pourra aussi se procurer FOUS LITTÉRAIRES, NOUVEAUX CHANTIER, collectif, Sixième colloques des Invalide 2002, Du lerot éditior, collection « En marge »

Le Secret de Joe Gould, de Joseph Mitchell (édition Calmann Lévy), que je ne cesse de vous recommander… Un livre culte à posséder IMPERATIVEMENT ! Joseph Mitchel, journaliste au précieux New Yorker, aimait à dresser le portrait des marginaux, des rebelles, des doux dingues et des “pas normaux”. Fameux, dès les années 30, pour ses portraits de rue (publiés dans un recueil fort justement intitulé Je tends l’oreille), Joseph Mitchell, qui fuyait «les auteurs distingués, les ministres et les actrices de moins de 35 ans», connut son heure de gloire avec les deux textes magistraux – jusqu’ici inédits en français – qu’il consacra à Joe Gould, alias Pr Mouette, clochard philosophe et haute figure de Greenwich Village. Avec Joe Gould, il fût servi… Celui-là même était une espèce de Diogène New-yorkais, mytho et mi-clochard et bohème céleste au quotidien, et pas à pas… Le bonhomme hantait Greenwich village dans les années de l’après-guerre à la recherche d’un peu oreille et d’une bière ou deux (ou plus)… Et chacun de l’écouter car Joe Gould – poète façon mouette, mytho façon provo – était en train d’écrire (même si ça faisait longtemps que ça durait) le plus grand livre de tous les temps. “The book” après La Divine Comédie... En tout cas, c’est ce qu’ils ont tous cru… À commencer par Mitchell… Seulement, la littérature c’est peut-être comme les fées ou le diable, c’est beau d’y croire, mais c’est encore mieux quand ça n’existe pas… Lisez et vous saurez pourquoi à cause de l’énergumène, les imprimeurs n’ont jamais calé les rotatives. C’est un chef d’oeuvre, pas un produit périmé.
Dans le New York de l’après-guerre, Joseph Mitchell imposa un nouveau style journalistique avec ses portraits d’une surprenante humanité. Plus que tout, il aimait les marginaux, « les imposteurs, les fanatiques et les âmes perdues ». Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement à Joe Gould, vagabond écrivain de Greenwich Village, qu’il rencontra en 1942 et qui lui inspira ses deux plus beaux articles, réunis dans Le Secret de Joe Gould. Ce livre culte est célèbre dans le monde entier.
Joe Gould a donc vraiment existé. Fils de médecin, diplômé de Harvard, ancien mesureur de crânes chez les Indiens du Dakota et futur interné psychiatrique, ce marginal enguenillé a passé l’essentiel de son temps à traîner dans les cafés, consignant dans une multitude de cahiers son Histoire orale de notre temps, au motif que «l’histoire d’une nation ne s’écrit pas sur les champs de bataille mais dans ce que les gens se disent tous les jours ».

« Madame, lui a répondu Gould, il est du devoir des gens de bohèmes de se donner en spectacle. Si mon laisser aller vous conduit à penser que je suis ivre mort ou que ma place est chez les fous, cramponnez-vous à cette certitude, cramponnez-vous bien, surtout, cramponnez-vous et étalez votre ignorance. »
– LE SECRET DE JOE GOULD, de Joseph Mitchell (Calmann-Lévy)
Un ouvrage à mettre entre toutes les mains dès l’instant qu’elles sont soigneuses…
Traînant sa crasse et ses sarcasmes dans les bars underground de la Grosse Pomme, Gould pouvait tout aussi bien, en échange d’une piécette, d’un gin ou d’une bière, réciter des poèmes ou s’adonner à son exercice favori, à savoir ôter ses chaussures et esquisser un pas de danse en imitant le cri de la mouette. Selon leur humeur, les gloires branchées du moment, poètes, artistes ou journalistes, traitaient Joe Gould avec humour ou condescendance. Joseph Mitchell, lui, dépassa ces loufoqueries pour se pencher sur ce personnage hors du commun et sa fameuse Histoire orale, onze fois plus longue que la Bible (à en croire son auteur) et refusée par toutes les maisons d’édition. Arnaqueur ou génie méconnu, Gould ? Là, bien sûr, n’est pas la question. Si, dans Le Secret de Joe Gould, Mitchell réussit à merveille son tableau pointilliste du New York des années 40-50 et le portrait tragi-comique de ce bouleversant roi de la cloche, son premier mérite est de garder au personnage toute sa complexité. Et son mystère. (extrait de la préface de Olivier Le naire).
« Joseph Mitchell est un cas rare et précieux, à la fois artiste et reporter. Le Secret de Joe Gould est une merveille, à classer au même rang que les plus grands chefs-d’oeuvre de la littérature. » Salman Rushdie
« Voilà ce qu’aurait pu écrire Borges s’il avait été originaire de New York. » Martin Amis
« Un bon conseil : maintenant que ce livre est enfin disponible, ne vous contentez pas de le lire, faites des provisions d’exemplaires à offrir, au cas où… » Julian Barnes

Joe Gould vu par Al Hirschfeld pour The New Yorker.
L’ami Thomas Vinau, ETC-ISTE, s’est plu à lui consacrer un cours poème.
Pour ceux qui souahaiterait se procurer la revue Les Cahiers de l’Institut, Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés…

Dans un registre un peu identique, on pourra lire le très curieux LES FOUS VOYAGEURS, de Ian Hacking (Les empêcheurs de penser en rond)
La France de la fin du XIXe siècle est obsédée par la question du vagabondage, par les sans-papiers qui errent d’une ville à l’autre en France et dans toute l’Europe. Les vagabonds ne vont pas échapper à la médicalisation par la psychiatrie. C’est ce processus qu’étudie Ian Hacking à travers le cas emblématique d’Albert. Employé de la compagnie du gaz à Bordeaux, il s’en va pendant des jours, des mois, ou des années entières, couvrant souvent 60 km par jour, perdant ses papiers, son identité, mais jamais sa pulsion de partir, de marcher et marcher encore… Il parcourra la France, l’Autriche, la Belgique et même l’Algérie, la Russie et la Turquie. Des voyages sans buts, obsessionnels, incontrôlables… pathologiques selon le médecin qui l’examine en 1886 et pose son diagnostic de folie avec fugue. Albert est ainsi le premier « fugueur », inaugurant une véritable cascade de voyageurs aliénés à travers toute l’Europe pendant près de deux décennies. Il s’agit d’une des premières « maladies mentales transitoires », différente de celles que nous connaissons aujourd’hui…

Image de Kevin Kirby.

VOYAGE À DOS DE MÉROU, de Laurent Frontère, (éditions BRETZEL)
Il est courant de trouver un avertissement au lecteur dans ce type d’ouvrage . Pour le lecteur émotif, ou encore jeune, cela évoque un message cingalnt et glaçant.
Cher amis, soyez rassuré, rien de menaçant dans mon propos. Laurent Frontère, artiste polymorphe.
Qui n’a jamais rêvé de voyager sur le dos d’un mérou géant. Si la question semble étrange, Laurent Frontère – heureux qui comme ulysse –, peintre et sculpture y répond de façon tout à fait étonnante dans un gros livre qui ressemble à récit de voyage philosophique et à une leçon de choses…
Givers et Cuvelier – les deux protagonistes de l’histoire à venir – ont bien du vague à l’âme lorsqu’il découvre, sur une plage des Landes, un mérou géant abandonné. Cosse bien étonnante, le mérou parle ! Et voilà nos deux nouveaux « Bouvard et Pécuchet » chevauchant le dos de l’animal, en direction du Portugal, à la recherche d’une hypothétique éclipse…
Romain fourre-tout s’écriront certains, roman « encyclopédique » écriront d’autres. L’auteur en effet ne se contente pas de faire voyager ses deux personnages, il nous entretient sur les rois de France, la géographie et les sciences, les courants maritimes ou l’astronomie. Durant son récit, il convoque en un joyeux coq-à-l’âne Archimède, De Gaulle, Élisée Reclus ou Saint Jérôme. Laurent Frontère – sans frontière ? – s’amuse de tout et se joue de tous. Sa narration est efficace, son histoire invraisemblablement crédible, et son savoir sans limites.
À la lecture de cet objet littéraire non identifié, on songe à Rabelais, à Cyrano de Bergerac – l’écrivain philosophe – , à Laurence Sterne ou au Swift des Voyages de Gulliver. L’auteur du bagout littéraire et une culture scientifique à revendre.
Non content d’être un écrivain « exra-ordinaire », Laurent Frontère prend aussi la plume du dessinateur pour ornementer son bel ouvrage. Des centaines de dessins – hésitants entre réalisme et histoire des sciences – accompagnent l’ensemble. L’auteur ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il a aussi pris le temps, et le soin, de dessiner les lettrines, les culs-de-lampe, les colophons et tous les ornements graphiques de son grand oeuvre. Le Voyage à dos de mérou célèbre la physique, la métaphysique et la pataphysique .Un livre qui est un hymne à la découverte est à découvrir assurément.
