Archives de catégorie : REVUE(S)

CHAROGNE

 

CA Y EST !

 

LE PREMIER OPUS DE CHAROGNE EST EN LIGNE

 

CHAROGNE est un magazine en ligne de poésie et de textes.

De la poésie, des textes, des carcasses et des plumes.
Il sort irrégulièrement, quand les vautours sont loin ou sur d’autres carcasses.

 

Sous la direction de Guillaume Siaudeau et Magali Planès

 

Avec des textes de Eric Dejaeger, Thomas, Vinau dit Uncle Tom, Stéphane Prat, Thierry Roquet, Antoine Bréa, Perrine Le Querrec, Océane Le Tarnec, Julien Blaine, Pascal Pratz, et de votre serviteur – qui s’est compromis en écrivant, à sa modeste connaissance, le premier poème auto-anthropophagique de l’histoire de la littérature.

vous pouvez le consulter en ligne ICI

A découvrir aussi, le BLOG CHAROGNE
 

Nous signalons aussi à nos lecteurs aimables et curieux que Guillaume Siaudeau est aussi l’animateur de l’excellent blog LA MÉDUSE ET LE RENARD, Textes en vrac, mots en vrac, lettres en vrac…

LES AFFAIRES REPRENNENT !

A lire :

La magnifique « Lettre de Richard B. à Jim H » ., par Tomas Vinau, dans le dernier numéro de la revue Décapage n° 40, animé par l’ami Jean-Baptiste Gendarme, romancier néanmoins.

Et c’est ainsi que Thomas Vinau est grand !

LA ROUTE AVEC BSC NEWS

Le nouveau magazine BSC NEWS, magzine littéraire et culturel a paru. le thème principal en est LA ROUTE.

Vous y découvrirez aussi Les curiosités littéraires de Eric Poindronn consacré à Gilles Lapouge, le voyageur sans voyages

Bonne lecture et bon Voyage

POUR DÉCOUVRIR

BSC NEWS

CLIQUEZ ICI

 

LA NOUVELLE REVUE MODERNE

En faisant un peu de rangement dans la bibliothèque, j’ai retrouvé quelques vieux numéro de la NOUVELLE REVUE MODERNE, revue littéraire et bizarre, ésthétique et incollable, artisitque et inspiré. Dirigé et imaginé- le second verbe n’est pas de trop – par Philippe Lemaire, ce curieux « objet papier » fait partie de ces aventures artistiques qui honorent  le livre et l’image. Même si l’époque n’est plus au bon goût, quelques indiscplinés contieuent à defricher les sentiers et les sous-bois de la création. Aussi, même si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un musée, une forêt enchanté, un île déserte ou un nouveau continent, qu’importe découvrez puis abonnez vous à cette fascinante revue, et vous posséderez bien davantage.

Le titre de la NOUVELLE REVUE MODERNE, est évidemment un clin d’œil à la grande tradition des revues littéraires françaises. Cette liberté à leur égard doit être comprise avec l’humour qu’impose la modestie de notre entreprise : faire partager des textes et des images que nous avons créés ou que nous aimons. L’identité de la revue peut se définir en quelques mots :

« La création, d’abord. Nous cherchons à ce que la NRM soit une incitation à créer, à laisser s’exprimer la part du rêve que chacun porte en soi, qu’il soit ou non un auteur ou un artiste affirmé et reconnu. Dans un monde gouverné par l’argent, le travail et la mort, nous entendons contribuer à l’émergence de  » l’ère des créateurs « . La présence dans les pages de la revue d’auteurs de référence comme Jacques ABEILLE, Jean L’ANSELME ou Jean ROUSSELOT indique assez clairement ce que nous attendons de la littérature : le meilleur de la vie et des mots. »

Auteur agressé par un de ses personnages

« Le collage marque aussi l’identité, notamment visuelle, de la Nouvelle Revue Moderne. Par sa capacité à combiner librement les images, comme la poésie combine librement les mots, le collage crée un langage ouvert qui élargit notre vision du réel. Dada et les surréalistes s’y sont essayés avec bonheur, continuons le combat ! Le monde lui-même n’est-il pas, selon le mot de Roman Cieslewicz, une sorte de collage, bizarre et épouvantable ? Nous n’avons qu’un monde à gagner en en recollant différemment les morceaux. »

L’horloge des désirs

Les acrobates oniriques

La critique trouve également sa place dans la Nouvelle Revue Moderne, sans exclure à priori aucun domaine de la vie, de la culture ou de la pensée. les auteurs partageront toujours l’étonnement de Jean Rousselot devant les poètes qui savent faire parler les mots et restent muets devant l’état du monde :

Et peut-on vraiment aimer

Les poètes qui s’ils savent

Comment l’esprit vient aux mots

N’en ont pas un seul pour condamner ce monde

Où l’on vous arrache les ongles

Ou les yeux histoire de rire

Où l’on joue au ballon avec des têtes d’enfant

Où la pestilence de l’air et de l’âme

A tous les titres au prix d’excellence.

Jean ROUSSELOT, Passible de… (Ed Autres Temps, 1999)

« Plus que jamais à nos yeux, pour citer encore un poète (Paul Nougé),  » tout reste fondé sur le défi et la révolte. Le donné est, sera toujours humainement inacceptable. »»

Tous les collages sont de Philippe Lemaire

La version imprimée de la Nouvelle Revue Moderne  propose des rendez-vous à chaque saison avec des parutions en mars, juin, septembre et décembre, auxquelles viennent s’ajouter, au moins deux fois dans l’année, des numéros hors-série consacrés à un thème ou à un auteur.

Le site internet NOUVELLE REVUE MODERNE est conçu à la fois comme une vitrine et un complément de la revue. Actualisé fréquemment, il  permet de suivre les projets et de découvrir des informations, des textes et des images introuvables ailleurs.

Frontispice pour un livre imaginaire

Enfin, au fil des parutions et des opportunités, la Nouvelle Revue Moderne vous propose des rencontres et des lectures annoncées dans la page agenda.

Le ciel occidental de Paris, le 17 février 1868

Nous vous invitons à souscrire dès aujourd’hui à la formule d’abonnement que nous vous proposons (5 numéros pour 25 euros), si vous voulez être certain(e) de vous procurer régulièrement La Nouvelle Revue Moderne et soutenir son existence (PHILIPPE LEMAIRE)

Philippe LEMAIRE – 68 rue du Moulin d’Ascq – 59 493 Villeneuve d’Ascq 00 33 (0)3 20 84 17 83 – mailto:phil.fax@free.fr

Découvrir d’autres collages de PHILIPPE LEMAIRE sur le site de LA NOUVELLE REVUE MODERNE

L’envers des catacombes

FOUS, FOUX, ETC.

Les Cahiers de l’Institut, Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés…

À l’aube du XXIe siècle, dans un monde où le politiquement correct et la pensée unique sont de règle, où la raison n’est que ruine de la fantaisie, il est venu le temps d’exhumer et de considérer enfin – pour éviter que ne meurent une seconde fois les grandes œuvres des petits auteurs – la cohorte des « Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés… »

Plus encore (pis même), ne reculant devant rien, l’Institut proposera des textes d’auteurs à la masse, abbés, abracadabrants, agités du bocal, algébristes, anticipateurs, archi-monarques, astrologues, astronomes, barjos, barrés, bizarres, botanistes, bricoleurs, cafouilleurs, calculateurs, calyptologues, candidats, cantonniers, capitaines, casse-pieds, cénobites, chimériques, cinglés, conquistadors, coprophages, copulateurs, cosmogones, cosmographes hérétiques, craqués, débridés, dégénérés, délirants, dérangés, dingos, éjaculateurs, énergumènes, enragés, éperdus, étymologistes, excentriques, excités, extravagants, fadas, faiseurs d’histoire(s), farfelus, faux-dauphinomanes, fêlés, fétichistes, fissurés, foldingues, follets, frappa-dingues, généticiens, géographes, géologues, géomètres, givrés, gogols, hallucinés, haricologues, hermaphrodites, hygiénistes, hypnotiseurs, (il)logiciens, illuminés, insensés, inventeurs ivres, journalistes, linguistes, logographes, loufoques, mabouls, mathématiciens, médecins, médicastres, mégalomanes, messies, météorologistes, militaires, monarques, musiciens, mystificateurs, myth(étym)ologistes, notaires, obsédés, occultistes, ondinistes, ouf, panlatinistes, persécutés, persécuteurs, pétitionnaires, philanthropes, philosophes, piqués, politiciens, polygraphes, possédés, préhistoriens, prodiges, prophètes, quadrateurs, racistes de tous poils, rêveurs, rhétoriciens, romanciers, saugrenus, savants, schizophrènes, sinoques, siphonés, sociologues, sonnés, stratigraphes, tarés, théoriciens, timbrés, toqués, universalistes, urbanistes, versificateurs, visionnaires, zinzins, zoologues, etc. Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…

En écartant le petit vélo – dans la tête – qui gêne, et en me creusant un peu la dite tête, j’ajoué’(c
te aussi :

Azimutés, Brindzingues, Foldingues, Fouàliers, Gidouilleux, Ambidextres, Kleptophiles, Philocorboliens, Ex-libristes, Sténographistes, Stakhanosophistes, Schoïnopentaxophiles, Bibliorigamistes, Alamasses, Matraqués, Asilés, Fols-à-la-messe, Titivillus, Foux…

La liste étant incomplète, vos propres cas – et cases manquantes – seront les bienvenus…

La revue bisanuelle de l’Institut possède une vocation internationale, multilingue. Elle se consacre à l’étude des écrivains hétéroclites et hétérodoxes communément appelés les Fous littéraires, et de leurs œuvres. Tout en favorisant la confrontation et la synthèse du résultat de ces recherches, la revue ambitionne de prendre en compte le plus large éventail possible d’études.

Questionnements sur la Folie littéraire (essais de définitions) et sur ce que peuvent être les « fous » plastiques, peintres, cinéastes, photographes, artistes divers. Histoire des Fous littéraires, notoires (Gagne, Brisset, Berbiguier, ou Nicolas Cirier, et les autres, dans l’anonymat le plus complet). La revue rend aussi hommage à André Blavier, auteur de Les fous littéraires (éditions des cendres) , livre monumental sur le sujet concerné.

Il est aussi, dans la revue, question d’études sur la Folie littéraire et la Folie créatrice sous divers angles. La parole est donnée aux médecins, psychiatres, psychanalystes, psychologues et cliniciens de tous poils. Mais il n’est pas question d’enfermer les fous littéraires dans un carcan clinique qui limiterait le propos et ne répondrait pas à de nombreux questionnements : – la folie ne garantit aucun génie ; – l’œuvre n’est pas forcément une guérison de la folie ; – un génie qui devient fou peut perdre le sens de sa création ; – une œuvre digne d’avoir été créé ne peut pas ne pas avoir été traversée par la folie ; – qu’est-ce qu’un texte fou ? – l’illisibilité d’un texte est-elle la « preuve » de la folie de son auteur ?

– Études sur les grands thèmes de la folie littéraire : linguistique, langues imaginaires, ortograf, celtisme, cosmogonie, héliocentrisme, tératologie humaine, curiosités et bizarreries diverses, etc.

– Études sur les parallèles entre folie littéraire et création, folie littéraire et folie artistique (arts et écrits bruts, cinéma, bande-dessinée, architecture, livres monstres, etc.) ;

Portraits de personnalités du passé et d’aujourd’hui (écrivains, médecins, psy, professeurs, linguistes, etc.)

Rubriques supplémentaires

Chaque numéro des Cahiers de l’Institut sera centré sur un thème principal mais comporte aussi :

– Des Varia : informations sur les ventes publiques, les expositions, les travaux en cours de l’IIREFL, l’actualité des membres de l’IIREFL, appels à collaboration, nouveaux venus, présentation.

– Des Nouvelles et Chroniques de nos correspondants étrangers en provenance du Canada, USA, République Tchèque, Italie, Pays-Bas, Espagne, Angleterre, France, Belgique.

– Le Fonds littéraire de l’Institut : publication des fiches provenant des collections, les acquisitions et les enrichissements.

Les Feuilles Jaunes : petites annonces, mises en vente de livres en double, bulletin de liaison pour les abonnés.

Beaucoup d’études à venir, donc, mais pas de quoi devenir fou, si c’est de littérature…

Une fois encore, renseignements sur demande…

De Joe Gould à Antonin Arthaud…. ya bon !

Comment se procure t-on cette revue mon cher professeur P ? …

Thomas, ETC-ISTE

Tu connais Joe Gould ?!!! Nous ne sommes pas si nombreux. C’est presque un club. Arthaud, c’est autre chose, c’est un véritable fou clinique. Gould était fou, certes mais aussi poète, mythomane, pique-assiette, et tout le reste. en effet, il va falloir que l’on bavarde… Amitiés professeur.

Pour La revue fol et et littéraire :

Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…

Marc Ways

1, rue du Tremblot – 54122 Fontenoy-la-Joûte – France

Tél. : 06 88 74 58 68 – iirefl@orange.fr

N’hésitez pas à laisser un message de ma part, marce Ways est un homme – pas si – sage de la meilleur édication.

Eric

On pourra aussi se procurer FOUS LITTÉRAIRES, NOUVEAUX CHANTIER, collectif, Sixième colloques des Invalide 2002, Du lerot éditior, collection « En marge »

Le Secret de Joe Gould, de Joseph Mitchell (édition Calmann Lévy), que je ne cesse de vous recommander… Un livre culte à posséder IMPERATIVEMENT ! Joseph Mitchel, journaliste au précieux New Yorker, aimait à dresser le portrait des marginaux, des rebelles, des doux dingues et des “pas normaux”. Fameux, dès les années 30, pour ses portraits de rue (publiés dans un recueil fort justement intitulé Je tends l’oreille), Joseph Mitchell, qui fuyait «les auteurs distingués, les ministres et les actrices de moins de 35 ans», connut son heure de gloire avec les deux textes magistraux – jusqu’ici inédits en français – qu’il consacra à Joe Gould, alias Pr Mouette, clochard philosophe et haute figure de Greenwich Village. Avec Joe Gould, il fût servi… Celui-là même était une espèce de Diogène New-yorkais, mytho et mi-clochard et bohème céleste au quotidien, et pas à pas… Le bonhomme hantait Greenwich village dans les années de l’après-guerre à la recherche d’un peu oreille et d’une bière ou deux (ou plus)… Et chacun de l’écouter car Joe Gould – poète façon mouette, mytho façon provo – était en train d’écrire (même si ça faisait longtemps que ça durait) le plus grand livre de tous les temps. “The book” après La Divine Comédie... En tout cas, c’est ce qu’ils ont tous cru… À commencer par Mitchell… Seulement, la littérature c’est peut-être comme les fées ou le diable, c’est beau d’y croire, mais c’est encore mieux quand ça n’existe pas… Lisez et vous saurez pourquoi à cause de l’énergumène, les imprimeurs n’ont jamais calé les rotatives. C’est un chef d’oeuvre, pas un produit périmé.

Dans le New York de l’après-guerre, Joseph Mitchell imposa un nouveau style journalistique avec ses portraits d’une surprenante humanité. Plus que tout, il aimait les marginaux, « les imposteurs, les fanatiques et les âmes perdues ». Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement à Joe Gould, vagabond écrivain de Greenwich Village, qu’il rencontra en 1942 et qui lui inspira ses deux plus beaux articles, réunis dans Le Secret de Joe Gould. Ce livre culte est célèbre dans le monde entier.

Joe Gould a donc vraiment existé. Fils de médecin, diplômé de Harvard, ancien mesureur de crânes chez les Indiens du Dakota et futur interné psychiatrique, ce marginal enguenillé a passé l’essentiel de son temps à traîner dans les cafés, consignant dans une multitude de cahiers son Histoire orale de notre temps, au motif que «l’histoire d’une nation ne s’écrit pas sur les champs de bataille mais dans ce que les gens se disent tous les jours ».

« Madame, lui a répondu Gould, il est du devoir des gens de bohèmes de se donner en spectacle. Si mon laisser aller vous conduit à penser que je suis ivre mort ou que ma place est chez les fous, cramponnez-vous à cette certitude, cramponnez-vous bien, surtout, cramponnez-vous et étalez votre ignorance. »

LE SECRET DE JOE GOULD, de Joseph Mitchell (Calmann-Lévy)

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains dès l’instant qu’elles sont soigneuses…

Traînant sa crasse et ses sarcasmes dans les bars underground de la Grosse Pomme, Gould pouvait tout aussi bien, en échange d’une piécette, d’un gin ou d’une bière, réciter des poèmes ou s’adonner à son exercice favori, à savoir ôter ses chaussures et esquisser un pas de danse en imitant le cri de la mouette. Selon leur humeur, les gloires branchées du moment, poètes, artistes ou journalistes, traitaient Joe Gould avec humour ou condescendance. Joseph Mitchell, lui, dépassa ces loufoqueries pour se pencher sur ce personnage hors du commun et sa fameuse Histoire orale, onze fois plus longue que la Bible (à en croire son auteur) et refusée par toutes les maisons d’édition. Arnaqueur ou génie méconnu, Gould ? Là, bien sûr, n’est pas la question. Si, dans Le Secret de Joe Gould, Mitchell réussit à merveille son tableau pointilliste du New York des années 40-50 et le portrait tragi-comique de ce bouleversant roi de la cloche, son premier mérite est de garder au personnage toute sa complexité. Et son mystère. (extrait de la préface de Olivier Le naire).

« Joseph Mitchell est un cas rare et précieux, à la fois artiste et reporter. Le Secret de Joe Gould est une merveille, à classer au même rang que les plus grands chefs-d’oeuvre de la littérature. » Salman Rushdie

« Voilà ce qu’aurait pu écrire Borges s’il avait été originaire de New York. » Martin Amis

« Un bon conseil : maintenant que ce livre est enfin disponible, ne vous contentez pas de le lire, faites des provisions d’exemplaires à offrir, au cas où… » Julian Barnes

Joe Gould vu par Al Hirschfeld pour The New Yorker.

L’ami Thomas Vinau, ETC-ISTE, s’est plu à lui consacrer un cours poème.

Pour ceux qui souahaiterait se procurer la revue Les Cahiers de l’Institut, Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés…

Dans un registre un peu identique, on pourra lire le très curieux LES FOUS VOYAGEURS, de Ian Hacking (Les empêcheurs de penser en rond)

La France de la fin du XIXe siècle est obsédée par la question du vagabondage, par les sans-papiers qui errent d’une ville à l’autre en France et dans toute l’Europe. Les vagabonds ne vont pas échapper à la médicalisation par la psychiatrie. C’est ce processus qu’étudie Ian Hacking à travers le cas emblématique d’Albert. Employé de la compagnie du gaz à Bordeaux, il s’en va pendant des jours, des mois, ou des années entières, couvrant souvent 60 km par jour, perdant ses papiers, son identité, mais jamais sa pulsion de partir, de marcher et marcher encore… Il parcourra la France, l’Autriche, la Belgique et même l’Algérie, la Russie et la Turquie. Des voyages sans buts, obsessionnels, incontrôlables… pathologiques selon le médecin qui l’examine en 1886 et pose son diagnostic de folie avec fugue. Albert est ainsi le premier « fugueur », inaugurant une véritable cascade de voyageurs aliénés à travers toute l’Europe pendant près de deux décennies. Il s’agit d’une des premières « maladies mentales transitoires », différente de celles que nous connaissons aujourd’hui…

Image de Kevin Kirby.

  • Alire aussi…

VOYAGE À DOS DE MÉROU, de Laurent Frontère, (éditions BRETZEL)

Il est courant de trouver un avertissement au lecteur dans ce type d’ouvrage . Pour le lecteur émotif, ou encore jeune, cela évoque un message cingalnt et glaçant.

Cher amis, soyez rassuré, rien de menaçant dans mon propos. Laurent Frontère, artiste polymorphe.

Qui n’a jamais rêvé de voyager sur le dos d’un mérou géant. Si la question semble étrange, Laurent Frontère – heureux qui comme ulysse –, peintre et sculpture y répond de façon tout à fait étonnante dans un gros livre qui ressemble à récit de voyage philosophique et à une leçon de choses…

Givers et Cuvelier – les deux protagonistes de l’histoire à venir – ont bien du vague à l’âme lorsqu’il découvre, sur une plage des Landes, un mérou géant abandonné. Cosse bien étonnante, le mérou parle ! Et voilà nos deux nouveaux « Bouvard et Pécuchet » chevauchant le dos de l’animal, en direction du Portugal, à la recherche d’une hypothétique éclipse…

Romain fourre-tout s’écriront certains, roman « encyclopédique » écriront d’autres. L’auteur en effet ne se contente pas de faire voyager ses deux personnages, il nous entretient sur les rois de France, la géographie et les sciences, les courants maritimes ou l’astronomie. Durant son récit, il convoque en un joyeux coq-à-l’âne Archimède, De Gaulle, Élisée Reclus ou Saint Jérôme. Laurent Frontère – sans frontière ? – s’amuse de tout et se joue de tous. Sa narration est efficace, son histoire invraisemblablement crédible, et son savoir sans limites.

À la lecture de cet objet littéraire non identifié, on songe à Rabelais, à Cyrano de Bergerac – l’écrivain philosophe – , à Laurence Sterne ou au Swift des Voyages de Gulliver. L’auteur du bagout littéraire et une culture scientifique à revendre.

Non content d’être un écrivain « exra-ordinaire », Laurent Frontère prend aussi la plume du dessinateur pour ornementer son bel ouvrage. Des centaines de dessins – hésitants entre réalisme et histoire des sciences – accompagnent l’ensemble. L’auteur ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il a aussi pris le temps, et le soin, de dessiner les lettrines, les culs-de-lampe, les colophons et tous les ornements graphiques de son grand oeuvre. Le Voyage à dos de mérou célèbre la physique, la métaphysique et la pataphysique .Un livre qui est un hymne à la découverte est à découvrir assurément.

LA ROULETTE RUSSE

Jouer à la roulette russe en solitaire est la meilleur façon de gagner… Votre serviteur.

J’ai recu hier les trois numéros d’une revue sobre, LA ROULETTE RUSSE, l’éditrice accompagne son bel envoi d’une lettre explicative et bien aimable. En attendant quelques commentaires, voilà ladite lettre. Que l’éditrice en soit chaleureusement remerciée…

… comme une…

Monsieur,

Je vous remercie de l’attention que vous portez à notre revue littéraire ; Vous trouverez, ci-joint, le deuxième numéro de LA ROULETTE RUSSE, accompagné des premiers et troisième numéros qui vous permettront d’avoir une idée de notre ligne éditoriale.

La Roulette russe a débuté en octobre 2007 et a, dès l’origine, une double vocation : d’une part, publier des textes d’auteurs contemporains qui proposent des imaginaires originaux et un vrai travail sur la langue. Ainsi, chacun de nos numéros commence-t-il, en guise de préludes, par des contes grotesques d’Alexis Tchkotoua qui a fait sienne la définition de Jan Kott « le grotesque est une relecture du tragique par l’absurde. » Nous ne limitons pas nos publications aux genres courts et faisons paraître aussi bien des nouvelles, des poèmes, des contes que des pièces de théâtre ou encore des romans en feuilleton tels Fragments d’une des rives.

D’autre part, la revue se donne pour tâche quasi sacrée de ressusciter des œuvres méconnues ; La Roulette russe n°2 propose, ainsi, une nouvelle traduction de la pièce de Christian Dietrich Grabbe, Plaisanterie, satire, ironie et signification plus profonde, qu’Alfred Jarry avait lui-même traduite sous le titre Les Silènes ; cette traduction a été particulièrement publiée dans La Revue blanche de janvier 1900. On peut en lire quelques fragments dans L’Anthologie de l’humour noir de Breton, lequel disait de cette pièce : « une analyse sommaire ne saurait que faire pressentir les mérites d’une œuvre dont la géniale bouffonnerie n’a jamais été surpassée, qui détonne au plus haut point dans son temps et est douée plus que de prolongements innombrables jusqu’à nous ».

Nos trois premiers numéros se caractérisent donc par une tonalité grotesque qu’on signalé tour à tour , Jacques Munier , lors de la deuxième partie de l’émission « A plus d’un titre » du 30 mai consacré à La Roulette russe et Serge Safran dans Le Magazine littéraire de juillet –août.

Nous prévoyons, dans nos prochains numéros, la traduction d’autres œuvres introuvables : Don Juan et Faust de Grabble ou encore Le Roi des Alpes et le misanthrope de Ferdinand Raimund.

Je vous souhaite une bonne lecture et me tiens à votre disposition.

Ana Cosich.

Extraits de Plaisanterie, Satire, Ironie et Signification plus profonde, pièce de Christian D. Grabbe écrite en 1827, dans une traduction inédite de Robert Piéchaud.

Acte I, scène 1

Le Maître — Arrive ici, espèce d’âne, et ouvre tes oreilles ! Je m’en vais te dire comment tu dois te comporter au château afin de leur paraître génial : soit tu la fermes – et ils penseront : « Grand Dieu ! s’il ne dit mot c’est qu’il a probablement beaucoup à taire » ; soit tu profères des trucs insensés – et ils penseront « Grand Dieu ! il a certainement dit quelque chose de profond car nous, qui d’habitude comprenons tout, n’avons rien saisi » ; soit tu manges quelques araignées et gobes des mouches – et là ils penseront « Grand Dieu ! en voilà un grand homme (ou ce qui te conviendrait mieux, un grand garçon), car il n’a peur ni des mouches ni des araignées » . — Alors, bête-à-cornes, dis-moi donc ce que tu vas faire ?

JOUER À DÉCOUVRIR LA ROULETTE RUSSE, REVUE DE CRÉATION LITTÉRAIRE

Tous les soirs à l’heure des chats de gouttière, nyctalopes seigneurs des toits, un homme sortait chargé d’énormes sacs poubelles remplis d’aiguilles et de cadrans d’horloge

Il jetait le Temps au caniveau.

L’Assassin du Temps, par Alexis Tchkotoua

PASSAGE EN REVUES

– LE VISAGE VERT NUMÉRO 14

ATTENTION UNE FEMME FATALES PEUT EN CACHER UNE AUTRE...

Une revue qui renaît est toujours une bonne nouvelle. Après quelques années d’absence, Le Visage vert reprend des couleurs et du «poil de la bête – immonde – ». Il sera question ici de fantastique ; des rendez-vous mystérieux, de textes rares et fantastiques, d’auteur qui « ressurgissent » comme d’outre-tombe…

Sous l’appellation générique de « Revue de littérature », Le Visage vert, revue de l’imaginaire par excellence, s’intéresse au fantastique sous toutes ses formes : au bizarre, à l’absurde ou au mystère. Au fil des numéros, au gré de la fantaisie de ses collaborateurs, spécialistes de l’imaginaire, chercheurs internationaux, universitaires de tous horizons, le visage vert a pour objectif de faire partager de redécouvrir des auteurs et des illustrateurs inédit. Contes ou légendes extraits, portraits d’auteur ou analyse de l’oeuvre sont à chaque fois au programme ; Romantiques allemands, auteurs anglais ou français méconnus, la liste des écrivains remis en selle est une véritable profession de foi : Bram Stoker, Horacio Quiroga, Mary Shelley, Arthur Machen, Musaüs ou l’immense Maurice Renard.

Le numéro 14 du visage vert ne déroge pas à la règle et s’interroge sur les femmes fatales et cruelles : mantes religieuses, Messaline, maîtresses du mal, goule ou mante religieuse… On y découvrira l’univers sombre d’Arsène Houssay grâce à Eric Vauthier, des nouvelles inédites de Paul Adam, de Jean Lorrain, de Huysmans ou de Hanns Heinz Ewerz, l’effrayant écrivain allemand.

Une belle étude de Michel Murger – spécialiste reconnu des monstres lacustres, des dragons et de Gilles de Rais – nous propose une érudite et savoureuse étude intitulée « L’amour cruel… Entomologie des femmes fatales » l’auteur déploie sa théorie de la déviance légitimée par les sciences naturelles, et égrène la liste de ses femmes déviantes qui fleurent bon la littérature fin de siècle. Un bine joli programme. On l’aura compris Le visage vert est une revue de haute et belle tenue : Typographie soignée et illustrations à l’ancienne. De quoi ravir les amateurs de curiosités, de spectres et de chemins – littéraires – de traverse.

Le visage vert, Editions zulma

– CONFERENCE

« Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la conférence… La cause de la vérité devrait être la cause commune… »

La citation de Montaigne inscrite sous le titre de l’élégante – et très exigeante – revue donne le ton à la fois savant, inspiré et humaniste des huit cents pages ( !) à venir. Depuis sa naissance en 1995 Conférence s’est imposée comme l’une des meilleures revues littéraires françaises. Revue de toute liberté, mélangeant sans complexe la littérature ou les arts (peinture, photographie), la philosophie ou la réflexion politique, Conférence est une véritable « parole vivante ». Tous les six mois, la revue sur papier-bible aux allures de livres permet au lecteur, aux chercheur, à l’artiste de s’interroger sur le grand monde ou sur le monde intérieur. Chaque numéro comporte : un cahier thématique de 150 à 200 pages ; un cahier de création : poésie, prose, essais (auteurs français et étrangers) ; un cahier d’images : peinture, gravure, photographie ; un cahier de traductions ; un ou plusieurs inédits de grands auteurs disparus

Il est question dans ce numéro du paysage dans la littérature latine du Moyen Âge, des livres et de la bibliothèque, de l’abbaye de Maurice Chappaz, de ces livres que nous ne lirons pas, d’un portrait d’Augustin par Pétrarque. Il est aussi question de la démocratie ou de la poésie chrétienne d’aujourd’hui. L’éditeur a défini son champ de recherche en se plaçant sous les auspices de Claudel : « il faut beaucoup d’espace pour que la vie commence ».

Après l’érudition, place à une poésie plus légère, des traductions de lao Tseu, de passionnants extraits de Julio Cortazar – cela fait des années que j’ai renoncé à penser de façon cohérente, mon stylo Waterman pense mieux à ma place – ou des chroniques inédites du poète suisse Charles-Albert Cingria qui fit l’enchantement de Nicolas Bouvier, l’écrivain voyageur.

Le mot « Eclectisme » revient de droit à la revue Conférence, et toujours avec cette main tendue vers l’autre, à savoir le lecteur qui se réfugie dans le savoir pour, ensuite, mieux le faire partager.

– INCOGNITA

Pour Patrick Vidal et Luc Hamelin, les créateurs d’Incognita, la poésie est une façon de respirer et une véritable profession de foi : « Nous n’avons avec cette nouvelle revue aucune cible ou, s’il en est une, alors elle est un territoire où l’on arrive jamais … pas de cible mais un axe – on pourrait dire un axe de vie : tenir debout, debout contre tout ce qui nous menace. »

Pour son premier numéro, Incognita réussit sa mission : être une revue hors-temps d’un vrai temps de lecture dans le jeu de la vie, selon ses créateurs. La poésie sera au cœur de chaque page, avec pour ambition de se préparer à recevoir, comme si les poètes et les curieux ne faisaient plus qu’un. Aussi, plutôt que de chercher dans une poésie dite officielle ou déjà diffusée, Incognita préfère dénicher quelques poètes en vie, en marche et en dehors des premiers cercle. Pour ce numéro inaugural, un hommage – fort mérité – est rendu à franc Mallet, poète des îles, de grands horizons et de l’humain. Ce poète-là a plus d’un tour dans son sac –de voyage - : il écrit démesurément édite toute son œuvre ou presque et n’hésite à rencontrer ses lecteurs dans les salons du livres ou sur les marchés de Bretagne. Libraire éditeur ou poète et colporteur, comme autrefois ; comme il n’y a guère. « l’appel du vent n’incite aucunement à se replier au fond de quelque maison, mais à déployer ses ailes de goéland »

A côté de Franc Mallet, d’autres géants déploient leurs ailes : René Guy Cadou ou la vie transfiguré (par Joël barreau) ou Emmanuel Bove en mode Mineur (par Thierry Piquet). Les auteurs et les poètes l’ont décrété, ils vous nous abreuver de mots aussi ont-ils décidé de s’adresser à chacun mais à chacun en tant que « singulier ».

Ainsi l’on passe – et l’on passera – de dossier complet en douces chroniques, de rubrique musicales, en cartes blanches ou en entretiens sur la théâtre. Ici la poésie, l’esprit de l’Atlantique ou l’œuvre tourmentée de David lynch se confondent. Qui a dit que la poésie ne s’intéressait qu ‘à la poésie ?

Incognita, éditions du Petit véhicule, Nantes

– ART SUD

Art sud, sous titré « éthique et esthétique de l’autre hémisphère » est une revue trimestrielle des « nuances socio-culturelles » de l’autre hémisphère. Revue moderne, romantiquement et politique, résolument baroque et irrévérencieuse, elle couvre tous les champs d’expression : architecteur, peinture, sculpture, vidéo, photographies, cinéma, littérature , poésie, théâtre, philosophie, danse, musique, design, mode, voyages ou art de vivre. Autant de rubriques que de voies nouvelles explorés par les créateurs. Elle tente de faire la part au créateur rebelle, aux créateurs hors norme et aux rêveurs d’aventure. De Marseille à Tunis, d’Alger à milan, de Nice à Tanger, de Toulouse à Barcelone, de Montpellier à Beyrouth, d’Aix-en-Provence à Istambul, de Johannesburg à Caracas, Le Sud est représenté sous toutes ses lumières, tous ses cultures et toutes ses latitudes.

Le numéro 25 est consacré à la biennale de Venise avec ce sous-titre « Vive la guerre » qu’il faudra savoir lire en les lignes. Quant à l’édito, il se demande s’il faut, un brin caustique, supprimer le festival de cannes pour mieux réhabiliter la fondation Vazarely qui se meurt d’indifférence à Aix-en-provence. Le ton est donné. Au fil des pages, on découvrira une Birmanie secrète ou les photos lumineuses de Lartigue. On apprendra que les rouleaux de la morte ont – peut-être – livré leur secret ou qu’il fait bon fréquenter les rencontres chorégraphiques de Carthage. La littérature est fort bien représentée : un article passionnant est consacré aux femmes d’occidents et d’orients, un autre à l’écrivain Daniel Rondeau et à son dernier livre, le passionnant Journal de lectures. Le poète Eugène Guillevic – qui aurait eu cent ans en 2007 – fait aussi partie de la livraison ou de l’équipée. Ainsi on feuillette en désordre comme on le ferait d’un voyage. Il faut savoir prendre son temps, emprunter les chemins confidentiels et pourquoi pas s’étonner en levant les yeux hauts vers le ciel. C’est toute la philosophie de cette revue. On dirait le Sud…

_ Art Sud, éditions Transbordeurs__

– LE MAGAZINE DU BIBLIOPHILE et de l’amateur de manuscrits & de livres anciens

Collectif, sour la direction de REITZ Frédéric

Livre d’heure ou livre d’artiste, impression populaire ou incunable, ouvrage de piété ou livres condamnés couverture muette ou paré d’un maroquin aux armes, habillé d’une peau de vélin, le livre est est une source de connaissances et de plaisirs mêlés. Alors le magazine du bibliophile explore le livre sous toutes ses formes et sous toutes ses coutures. Derrière l’écriture d’un modeste envoi signé ou du manuscrit d’une œuvre, la présence d’une personnalité des lettres, des arts, c’est l’histoire de la littérature qui se met à revivre. Le magazine du bibliophile s’adresse à l’Amateur, au débutant ou au professionnel sans distinction et sans jugement. Résolument moderne et exempt de tout passéisme, il ambitionne avec modestie de faire partage la passion du livre. Chaque mois, ce sont des articles sur des auteurs, des éditeurs, des artistes, des relieurs, des époques ou des thèmes éclairés par l’actualité ; des portraits de collectionneurs et des visites des fonds du patrimoine public et Toutes les informations sur les salons, foires, marchés, expositions et ventes publiques.

Le numéro de septembre, vendange oblige, est consacré au rapport passionnel entre le livre et le vin. Souvenons-nous que les deux sont étroitement liés depuis Gutenberg et l’invention de l’imprimerie. D’où ce génial rhénan aurait pu tirer l’idée des presses à vis, sinon de celle des pressoirs ?, nous rappelle Frédéric Reitz, le rédacteur en chef. Au fil du numéro, les promenades entre caves et bibliothèques s’alternent. Philippe Bourguignon, sommelier émérite, présente sa collection d’ouvrages dédié au vin ; Louis de Chevigné, auteur des célèbres contes rémois, raconte l’histoire d’un vin mythique, celui de Champagne.

Chaque mois, le magazine propose ainsi d’explorer l’univers du livre, ses coulisses et sa fabrication. Chaque numéro développe un thème (Voyage, gastronomie, histoire naturelle, ésotérisme, curiosa), propose des enquêtes bibliophiliques ou littéraires, et permet de se repérer – ou se perdre avec délices – dans les arcanes du livre ancien.

LE MAGAZINE DU BIBLIOPHILE et de l’amateur de manuscrits & de livres anciens

CONFÉRENCE, UNE REVUE D’EXCEPTION

REVUE CONFÉRENCE

« Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la Conférence… La cause de la vérité devrait être la cause commune… » Montaigne

Revue semestrielle paraissant au printemps et à l’automne.

Depuis sa naissance en 1995 Conférence s’est imposée comme l’une des meilleures revues littéraires françaises. Elle veut servir une parole vivante. C’est en cela qu’elle est une revue. — Une vie sans enfermement : littérature, mais aussi réflexion politique, traductions de grands textes passés et présents, inédits d’auteurs essentiels que l’état de l’édition méconnaît, gravures et photographies. Non pas une juxtaposition, mais une orientation généreuse et décidée, qui accroît la conversation et dessine une allure possible pour la vie actuelle. — Ce sont, tous les six mois, 700 pages environ sur papier bible, dans le souci de l’objet irremplaçable qu’est un livre.

Conférence est aujourd’hui présente dans de nombreux établissements prestigieux : les bibliothèques du Collège de France, de l’Ecole Normale Supérieure, de Harvard, Yale, Stanford, sont par exemple des abonnés fidèles.

Conférence est publiée avec le concours du Centre National du Livre et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Chaque numéro comporte :

– un cahier thématique de 150 à 200 pages ;

– un cahier de création : poésie, prose, essais (auteurs français et étrangers) ;

– un cahier d’images : peinture, gravure, photographie ;

– un cahier de traductions ;

– un ou plusieurs inédits de grands auteurs disparus

Comité de rédaction : Philippe Blanc, Camille Carraud, Christophe Carraud, Isabelle Olivo-Poindron, Olivier Rey, Pascal Riou, avec la collaboration de Osanna Balian, Laetitia Bienaise, Pauline Bruley, Joachim Caillosse, Matthieu Cassin, Alexandre Cuignache, Catherine Fromilhague, Marie Guyon, Nicolas Idier, Maria Martinez.

Direction : Christophe Carraud.

Conférence, 1, route nationale, 77440 Trocy-en-Multien

- Tél. : 01 64 34 03 04. Fax : 01 60 44 01 28 – comite@revue-conference.com

LE SITE CONFÉRENCE

LE VISAGE VERT, UNE RENAISSANCE CHEZ ZULMA

LE VISAGE VERT, La résurrection d’une revue de qualité

Le Visage vert n° 14

Collectif (Sophie Geoffroy-Menoux, Michel Meurger, Etc.)

Le Visage Vert fait peau neuve, après quatre années d’absence, avec un numéro consacré en grande partie aux femmes fatales dans la littérature française et allemande décadente. Au sommaire: Jean Lorrain, Félicien Champsaur, Arsène Houssaye, Bret Harte, Fitz-James 0′Brien, Robert de Machiels, E.F. Benson… Garanti sang pour sang !

La revue littéraire spécialisée Le Visage Vert ne se contente pas de la publication bisannuelle de la revue elle-même. Régulièrement sont publiées des anthologies de nouvelles, toujours sur les thèmes du  » fantastique, anticipation ancienne, littérature mystérieuse, humour fin-de-siècle, conte cruel ou gothique « , et toujours accompagnées des études et biographies à la fois abordables et poussées qui permettent une bien meilleure approche et compréhension des oeuvres.

Depuis sa naissance en octobre 1995, le Visage Vert a publié 14 numéros. Sous l’appellation générique de « Revue de littérature » (il s’intéresse au fantastique, mais aussi à l’anticipation ancienne, au bizarre, à l’absurde ou au mystère), le Visage Vert se présente comme une revue de découvertes, de traductions (ou de retraductions), d’essais et d’illustrations. Tel un archéologue dévoué aux marges de la littérature, le Visage Vert arpente les genres et les mouvements esthétiques liés à l’imaginaire. À son actif, la publication de plus de 90 nouvelles, légendes et contes, soit près de 80 écrivains de différentes nationalités, de l’époque romantique allemande à nos jours (Bram Stoker, Horacio Quiroga, Mary Shelley, Arthur Machen, Musaüs etc.). Autant d’essais également, d’articles de fond et de présentations d’auteurs, indispensables lorsqu’il s’agit de faire revivre les oubliés ou les laissés pour compte de l’histoire littéraire.

Ce projet s’est constitué au fil des numéros, au gré de la fantaisie de ses collaborateurs, spécialistes de l’imaginaire, chercheurs internationaux, universitaires de tous horizons, avec pour seul objectif de faire partager avec ses lecteurs les plaisirs de la redécouverte d’auteurs et d’illustrateurs rares, de textes fondateurs et de mises en scène contextuelles érudites. La revue n’est pas attachée au seul patrimoine littéraire français (les auteurs du monde anglo-saxon sont majoritaires) ; elle souhaite explorer mieux encore d’autres domaines linguistiques, européens en priorité, mais aussi sud-américains ou asiatiques.

LE VISAGE VERT – Editions Zulma

Le roman Le Visage vert de Gustav Meyrink paraît en 1916 à Leipzig. Il est moins connu que le célèbre Golem, mais certains critiques le considèrent comme le chef d’oeuvre de son auteur. Alchimie, magie, kabbale, taoïsme, bouddhisme – Mayrink a abordé toutes ces doctrines et elles se reflètent dans toutes ses oeuvres. Le Visage vert raconte l’expérience spirituelle de l’ingénieur Hauberisser qui, grâce à des exercices spirituels fréquents, se retrouve à la charnière des deux mondes – le monde des humains vivant dans leur médiocrité et celui des esprits inaccessibles et fuyants. Il rencontre une jeune femme, Eva, et s’éprend d’elle, mais un jour elle disparaît. Lorsque, après un immense effort spirituel, il la fait revenir, le bonheur des amants réunis n’est que d’une courte durée. Un matin, Hauberisser se réveille et trouve Eva inanimée dans son lit. Au comble du désespoir et au bord du suicide il voit apparaître Chidher le Vert, personnage qui symbolise la quête des mondes secrets, le Juif errant, qui lui permet de passer de l’autre côté du miroir, de déceler la face cachée des choses. Cette scène donne à Meyrink l’occasion de décrire ce qu’il appelle l’inversion des lumières, l’opération magique qui modifie radicalement la perception de la vie des initiés. « Veux-tu aller dans l’empire des morts pour y chercher des vivants? » demande Chidher le Vert à l’amant désespéré qui veut se tuer…

Gustav Meyrink, l’initié

« Chidher le Vert était devant lui comme autrefois dans la boutique de la Jodenbuurt: vétu d’un talar noir, avec des boucles blanches le long des tempes. « Crois-tu que le au-delà soit le réel?, dit-il. Ce n’est que le pays des félicités passagères pour des spectres aveugles, comme la terre est le pays des douleurs passagères pour rêveurs aveugles! Celui qui n’apprend pas à voir sur la terre ne l’apprendra pas de l’autre côté. Penses-tu, parce son corps semble mort (il désigna Eva), qu’elle ne pourra plus revivre? Elle est vivante, c’est toi seul qui est encore mort. Celui qui, une fois, est devenu vivant comme elle, ne peut pas mourir, mais celui qui est mort comme toi peut devenir vivant. »

Il prit les deux candélabres et les intervertit: celui de gauche à droite, et celui de droite à gauche, et Hauberisser ne sentit plus battre son coeur, comme s’il avait tout à coup disparu de sa poitrine.
« Aussi vrai que tu peux maintenant mettre ta main dans mon côté, tu seras uni à Eva quand tu auras la nouvelle vie spirituelle. Que les gens la croient morte, que t’importe? On ne peut demander à ceux qui dorment de voir ceux qui sont éveillés. » (…) « Dans la boutique magique du monde, tu as désiré avoir des yeux neufs pour voir sous un jour nouveau les choses de la terre. Souviens-toi: ne t’ai-je pas dit qu’il faudrait d’abord perdre tes yeux anciens à force de pleurer, avant de pouvoir recevoir des yeux neufs? » (…)

Lorsque la femme de ménage, Mme Ohms, apporta le déjeuner dans la chambre, elle vit avec effroi le cadavre d’une belle jeune fille étendu sur le lit et Hauberisser à genoux devant elle, la main de la morte pressée contre son visage. Elle envoya un messager à ses amis, et lorsque Pfeill et Sephardi arrivèrent, croyant le trouver évanoui, il reculèrent, effrayés, devant l’expression souriante de son visage et le rayonnement de ses yeux. »

Le Golem ou Prague sublimé