« Monsieur veut-il la carte ?
- Plaît-il ? » interroge le jeune homme ; mais il se reprend aussitôt :
« La carte ? Oui, certainement, la carte ! »
Alors, avec le geste discret dont un sommelier dans un restaurant élégant va surprendre le choix – pommard ou sauterne – du soupeur, on offre au « consommateur » un riche album où sont inscrits les divers genres de trépas que tient la maison. Il arrive que cette énumération plonge son lecteur dans un ahurissement infini. Il parcourt d’abord, du doigt plutôt que de l’?il, papillonnant, sans butiner, de-ci et de-là, et s’arrêtant à l’amusement des illustrations marginales ; puis il recommence, lisant sérieusement cette fois, sans davantage se fixer… Certes, la pendaison a des douceurs, mais l’asphyxie aux fleurs, quelle poésie ! L’âme s’envole avec l’haleine des tubéreuses… Et les poisons ! chambres 4° à 10° : vaste choix ! Et le curare indien : une piqûre d’épingle au talon ou ailleurs et psitt… plus personne. Peut-être un peu arbitraire, cette vélocité. Mais voici : les maladies perdues ! Ah ! les maladies perdues ! Par des moyens artificiels contracter la lèpre ou la peste noire, offrir aux praticiens de cette heure, que la disparition de ces « affections » désole, l’occasion de les étudier sur nature, emporter en mourant cette consolation qu’on laisse dans sa dépouille tout un champ de délicates expériences ! Cela est sans doute incomparablement plus noble que la mort par le rire dont la seule grossière idée donne la nausée et déshonore l’ingénieuse énumération de sur Richard Hoboth. Mais il y a des gens de mauvaise humeur et qu’offusque cette perspective, toute glorieuse soit-elle, de thèses soutenues autour de leur cadavre ; sorte d’aristocrates épris seulement du silence. Telle une barque sur les flots laisse après elle un sillage aussitôt effacé. À ce point de vue, quoi de mieux que le dernier bain ? Il est vrai, le bûcher est antique…
« Monsieur a-t-il fait son choix ? insinue à demi-voix le gérant immobilisé dans son attitude.
- Mon Dieu !… répond le désespéré en passant l’album de sa gauche dans sa droite, tant de variétés !… »
Le gérant agrée le compliment avec un sourire poli.
« Avouez vous-même, reprend le jeune homme que l’aménité de son interlocuteur enhardit, qu’en l’occurrence l’hésitation est permise !
- Il faut donc visiter l’établissement.
- C’est cela, je vous en prie…
- Quand il vous fera plaisir. »
Pour la première fois, les deux personnages dissocient leurs rôles : l’un ouvre la porte du bureau en s’effaçant pour laisser passer l’étranger, et l’autre lui indique, d’un geste presque affectueux, le chemin. Le premier mouvement du jeune homme est d’obéir, mais au second pas il se ravise et, timidement :
« Je désirerais savoir… auparavant… combien… Enfin la note, je vous prie.
- Le prix, Monsieur, répond du fond de la pièce la voix de basse-taille de sir Richard lui-même qui vient d’entrer, varie avec les suicides ET ON NE PAYE QU’EN SORTANT. »
(Charles Morice, Suicide-House)
Juste un dernier mot, cher Eric, pour dire que « Le Club du Suicide » a inspiré un certain nombre d’auteurs fin-de-siècle : Morice en est un exemple, mais il y en a bien d’autres.
Il se trouve que je prépare une anthologie au Visage Vert sur le sujet, et je tiens à souligner que l’idée d’un établissement spécialisé auquel puissent s’adresser les désespérés n’est pas nouvelle. Stevenson n’en est pas l’inventeur, puisqu’on trouve déjà une nouvelle étonnamment similaire sur ce thème 20 ans plus tôt. (Monsieur N.)
Voici le Stradivarius le plus cher du monde. L’instrument – un violon alto – a pu être évalué 15 millions d’euros. Un disque révèle sa sonorité exceptionnelle.
Ce pourrait être le violon alto le plus cher du monde. Le « Gustav Mahler », joué par le Français Antoine Tamestit, est un des dix altos Stradivarius parvenus jusqu’à nous. Dans le disque qui paraît aujourd’hui, le musicien a choisi un répertoire – Arpeggione Lieder de Schubert – qui révèle la sonorité exceptionnelle de l’instrument. Cet alto date de 1672. C’est le premier jamais conçu par le maître luthier, qui avait alors 28 ans. De quoi en faire l’instrument de musique le plus cher du monde. On a pu parler de 15 millions d’euros. À vrai dire, il n’a pas de prix. À la différence des violons, il n’y a pour les altos Stradivarius ni marché ni cote.
« La dernière enchère publique d’un alto Stradivarius remonte au XIXe siècle, explique Antoine Tamestit, et il n’y a pas eu de vente privée depuis les années 1960. » Les dix altos connus appartiennent à des fondations ou des musées. La Fondation Habisreutinger de Saint-Gall, en Suisse – propriétaire du « Gustav Mahler » – ne dévoile pas pour quel montant est assuré son alto.
Elle concède que la somme est proche de la valeur d’une toile de maître. Le « Gustav Mahler » est d’autant plus précieux que les trois quarts de son vernis originel sont intacts. « Les altos italiens ayant fait leur apparition vers 1670, ce pourrait être le deuxième ou troisième en date dans l’histoire de la musique », précise Antoine Tamestit. Sa valeur scientifique et artistique, l’instrument la doit aussi à ses propriétés, uniques chez un Stradivarius.
« À 28 ans, Stradivari sort à peine de chez son professeur, poursuit le musicien. Il en profite pour innover, expérimenter des formes nouvelles, d’autres types de bois : les coins sont plus allongés, les éclisses plus hautes, le bassin et les épaules plus larges. Son dos est en bois de peuplier et non en érable, ce qui lui donne des couleurs plus appuyées dans le médium-grave. » Cerise sur le gâteau, l’étiquette d’origine, à l’intérieur de l’instrument? comporte une coquille ! Le « U » d’Antonius s’est mué en un « N ». Trois Stradivarius seulement présenteraient cette particularité. Si Antoine Tamestit se passionne autant pour l’instrument, c’est aussi parce qu’il garde sa part de mystère. Le « GustavMahler » a été baptisé par Rolf Habisreutinger, fortune du textile et fervent collectionneur, qui a acheté l’instrument en 1960, année du centenaire du compositeur allemand. Auparavant, dans les années 1950, il est passé entre les mains du marchand Henry Werro, à la réputation sulfureuse. Sa trace la plus ancienne remonte à 1877, où il est signalé dans une vente aux enchères à Londres. Deux siècles de blancs à compléter ! Jamais deux instruments sur le même avion
Antoine Tamestit, lui, ne fait sa rencontre qu’en janvier 2008. Il a 28 ans. Grâce au parrainage de Christian Poltéra, partenaire de trio également soutenu par la Fondation Habisreutinger, il a pu bénéficier de conditions de prêt exceptionnelles. Des dix Stradivarius que possédait Rolf Habisreutinger, la fondation qui lui a succédé en 1995 en a conservé six, tous joués par de jeunes musiciens. Ces prêts sont accordés en principe sur dossier (la fondation reçoit une à deux demandes par mois) et mettent des années à aboutir. Il n’a fallu dans le cas d’Antoine Tamestit que quelquesmois.
Les contreparties de ces prêts d’un an renouvelables, sont minimes : une participation à l’assurance ; un concert par an pour la fondation ; le retour de l’instrument en Suisse tous les ans pour expertise et un suivi régulier chez le luthier de la fondation. Et, bien sûr, un luxe de précautions. Il est interdit de jouer en orchestre à cause du risque de chute de pupitres, et de laisser l’instrument sans surveillance à l’hôtel, au restaurant ou dans un coffre de voiture. Le musicien doit signaler tout voyage long-courrier. La fondation veille à ce que deux instruments n’embarquent sur le même avion et soit joué dans un pays «à risque».
Le gardien en profite pour vous recommander la lecture de :
Tribulations d’un stradivarius en Amérique, de Frédéric Chaudière (actes sud)
Le 28 février 1936, le soliste Bronislaw Huberman donne un concert au Carnegie Hall de New York. Des deux violons qu’il a emportés, un stradivarius et un guarnerius, il choisit ce dernier. Quand il sort de scène, le stradivarius s’est volatilisé et ne refera pas surface avant de nombreuses années.
L’histoire de l’instrument disparu avait commencé par une nuit d’hiver 1706, dans une vallée des Alpes italiennes, quand un bûcheron choisit l’épicéa qu’il allait abattre en cette lune noire de janvier. De sa conception par le maître luthier Stradivari jusqu’aux rebondissements rocambolesques et véridiques qui suivirent l’enlèvement, Frédéric Chaudière raconte l’existence mouvementée d’un violon trop convoité sur un rythme de roman-feuilleton : durant trois siècles, en effet, le stradivarius cristallise et déchaîne les passions des artisans, des musiciens, des mélomanes, des amoureux de l’art, du profit et de la gloire.
Mon ami Jean-Paul Fontaine, docte compagnon féru de sciences et parfois d’insolite, m’a envoyé ce texte savant et apssionnat qui devrait, à n’en jamais douter, réjouir tous les amateurs de curiosités médicales…
Étude anatomique du mouvement du cœur et du sang chez les animaux,
par William Harvey
Cet extrait constitue la traduction du chapitre VIII du livre le plus important de l’histoire de la médecine : Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus, publié en 1628.
Pour la première fois, l’auteur démontre que le sang, dans un mouvement circulaire, va depuis le ventricule gauche du cœur jusqu’au bout des membres par les artères, puis remonte des extrémités vers le ventricule droit par les veines, repart de là vers les poumons et termine le circuit fermé dans le cœur gauche. Toute la physiologie moderne est née de cette découverte de la double circulation du sang.
Dès 1553, le médecin et théologien espagnol Michel Servet, brûlé comme hérétique, avait deviné que la cloison du cœur n’était pas perforée, contrairement au dogme du médecin grec Galien, et que le sang de l’artère pulmonaire allait aux poumons et revenait au cœur. L’anatomiste flamand André Vésale, pour la cloison, puis son élève italien Realdo Colombo, pour la circulation pulmonaire, avaient copié Servet, respectivement en 1555 et en 1559, sans le citer, par crainte de l’Inquisition qui sévissait encore, considérant que, créé à l’image de Dieu, le corps de l’homme était sacré et ne pouvait être disséqué. En 1569, le médecin italien Andrea Cesalpino, à qui on doit le mot « circulation », avait découvert la direction du sang dans les veines et avait envisagé la circulation générale. L’anatomiste italien Girolamo Fabrizi d’Acquapendente, plus connu sous le nom de Fabricius, avait publié sa découverte des valvules des veines en 1603 et montré qu’elles étaient dirigées vers le cœur, mais sans conclure qu’elles ramenaient le sang au cœur. Certains de ces médecins avaient pu connaître les écrits, révélés en Europe en 1547, d’Ibn al-Nafis, médecin syrien du XIIIe s. qui réfutait la communication inter-ventriculaire et décrivait la circulation pulmonaire.
L’auteur, William Harvey (1578-1657), était alors médecin de Charles Ier, roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, et professeur d’anatomie au Collège des médecins de Londres. Fils aîné d’un commerçantde Folkestone, il avait obtenu son doctorat en médecine en 1602 à l’Université de Padoue, où son maître avait été Fabricius. Il s’était installé à Londres, avait épousé la fille d’un confrère en 1604, avait été nommé médecin de l’hôpital Saint-Bartholomew en 1609 et professeur d’anatomie en 1615. S’appuyant sur l’anatomie expérimentale appliquée à de nombreuses variétés d’animaux, il avait enseigné ses théories sur la circulation dès l’année suivante. Sur les conseils d’un confrère, il fit imprimer son ouvrage par un jeune imprimeur anglais installé à Francfort. Sa propagation se fit rapidement et la 5e édition parut à Amsterdam en 1645. Plusieurs médecins réfutèrent la découverte d’Harvey, mais les objections se firent à l’image de celles, aussi ridicules qu’incompréhensibles aujourd’hui, de Jean Riolan fils, « le prince des anatomistes », et de Gui Patin, doyen de la Faculté de médecine de Paris. Le premier aurait déclaré : « Il n’y a aucune raison d’accepter que le sang circule et que la tradition soit foulée au pied, pour le seul caprice d’un médecin anglais. » Le second traita Harvey de « circulateur », jouant sur le sens du mot latin « circulator » qui signifie « charlatan ». Même ses malades l’abandonnèrent. Il ne tarda pourtant pas à avoir des partisans, dont l’illustre Descartes, dès 1637, et le roi Louis XIV qui institua en 1673 une chaire d’anatomie pour enseigner les découvertes nouvelles. L’ouvrage sera traduit en anglais en 1653 et en français en 1879. Cette découverte ouvrit la voie à d’autres, en physiologie (capillaires sanguins, vaisseaux lymphatiques, hématose pulmonaire) et en thérapeutique (injection intra-veineuse, transfusion), jusqu’à l’utilisation de la circulation extra-corporelle, au moyen d’un cœur-poumon artificiel, en chirurgie cardiaque.
Pendant la guerre civile, remportée par Olivier Cromwell, Harvey avait suivi son souverain à Oxford où il fut directeur du Collège Merton en 1645. Après la défaite du roi, il renonça à ses charges, défendit sa théorie de la circulation dans deux Dissertations anatomiques sur la circulation du sang adressées à Jean Riolan fils en 1649, et poursuivit ses recherches sur la reproduction animale, jusqu’à la parution en 1651 de ses Exercitationes de generatione animalium où il eut l’intuition, prouvée en 1827, que tout être humain provenait d’un œuf.
Docteur Jean-Paul Fontaine
« [C]e qui me reste à dire (…) sur la masse du sang qui passe dans les artères, et sur son origine, est si nouveau et si peu admis, que je crains non seulement la jalousie de quelques personnes, mais l’inimitié de tous, tant il est vrai que la routine et une doctrine adoptée, profondément enracinée dans notre esprit, sont pour nous comme une seconde nature, surtout quand le respect de la grande antiquité vient s’y joindre. Néanmoins, que le sort en soit jeté ! J’ai confiance dans la loyauté des savants et dans leur amour pour la vérité. En considérant la grande quantité de sang que je trouvais dans les vivisections et les ouvertures d’artères, la symétrie et l’étendue des ventricules et des vaisseaux afférents et efférents, je me disais souvent que la nature (n’ayant rien fait en vain) ne pouvait avoir donné en vain à ces vaisseaux une telle étendue ; enfin, en réfléchissant à l’admirable mécanisme des valvules, des fibres et de toute la structure du cœur, à l’abondance du sang mis en mouvement, à la rapidité de ce mouvement, je me demandais si le suc des aliments ingérés pouvait suffire à renouveler incessamment le sang incessamment épuisé ; je compris que les veines seraient vidées et épuisées, et que, d’autre part, les artères se rompraient par cet afflux continuel de sang, si le sang ne retournait par quelque voie des artères dans les veines et ne revenait dans le ventricule droit du cœur.
Je me suis donc d’abord demandé si le sang avait un mouvement circulaire, ce dont j’ai plus tard reconnu la vérité ; j’ai reconnu que le sang sortant du cœur était lancé par la contraction du ventricule gauche du cœur dans les artères et dans toutes les parties du corps, comme par la contraction du ventricule droit, dans l’artère pulmonaire et dans les poumons ; de même passant par les veines, il revient dans la veine cave et jusque dans l’oreillette droite, et passant par les veines pulmonaires, il revient dans le ventricule gauche.
On peut donc appeler ce mouvement du sang, mouvement circulaire (…) [G]râce au mouvement du sang, toutes les parties de notre corps sont alimentées, réchauffées, vivifiées par l’afflux d’un sang plus chaud, d’un sang complet, chargé de vapeurs et de vitalité, d’un sang (pour ainsi dire) nutritif. Arrivé aux différentes parties du corps, le sang se refroidit, se coagule, devient inactif ; il retourne alors à son principe, c’est-à-dire au cœur, comme au dieu créateur et protecteur du corps, pour y reprendre toute sa perfection : là il trouve une chaleur naturelle, puissante, qui est le trésor de la vie, qui est riche en esprits vitaux, riche (pour ainsi dire) en parfums, puis il est de nouveau envoyé dans tous les organes, et ce mouvement circulaire dépend des mouvements et des pulsations du cœur.
Ainsi le cœur est le principe de la vie et le soleil du microcosme (comme on pourrait en revanche appeler cœur du monde le soleil), c’est par lui que le sang se meut, se vivifie, résiste à la putréfaction et à la coagulation : en nourrissant, réchauffant et animant le sang, ce divin organe sert tout le corps, il est le fondement de la vie et l’auteur de toutes choses ; mais nous en parlerons mieux en discutant sur la finalité du cœur.
Ainsi les veines sont des vaisseaux qui ramènent le sang ; il faut les diviser en deux ordres, la cave et l’aorte, non pas parce qu’elles se jettent chacune dans un côté du cœur différent (comme le dit Aristote), non pas (comme le croit le vulgaire) parce que leur structure est différente, car chez beaucoup d’animaux (comme je l’ai dit) la structure de la veine ne diffère guère de celle de l’artère,mais ce qui les distingue profondément, ce sont leurs fonctions et leurs usages ; la veine et l’artère, appelées toutes deux veines par les anciens, avec raison (comme l’a remarqué Galien) sont des vaisseaux qui amènent tous deux le sang : l’artère du cœur dans les organes, la veine des organes dans le cœur ; l’une part du cœur, l’autre y va ; l’une contient un sang froid et épuisé, impropre à la nutrition, l’autre un sang chaud, complet et nutritif. »
Etude anatomique dumouvement du cœur et du sang chez les animaux, par William Harvey, chapitre VIII.
Traduction du latin par le docteur Jean-Paul Fontaine.
Jean-Paul Fontaine, docteur en médecine, est aussi historien du livre, chercheur et auteurs de plusieurs ouvrages sur l’histoire du livre. Il est aussi le directeur de publication et le rédacteur en chef de La Nouvelle Revue des Livres Anciens.
En vente sur eBay, une boîte de film toute rouillée contenant un vieux bout de pellicule. C’est surtout la boîte qui intéressait le collectionneur anglais Morace Park, parce qu’« elle était jolie ». Alors il l’a achetée, pour 3£20 (3,57€). Mais le titre inscrit sur la première image de la bobine, Charlie Chaplin in Zepped, lui a fait prendre conscience qu’il ne s’agissait pas simplement d’un « vieux film » comme le décrivait l’annonce de vente. Park raconte au Guardian qu’il s’est renseigné sur le web : « Je l’ai googlisé, et je n’en ai trouvé aucune trace sur Internet. ». Puis il s’est adressé à un de ses voisins, ancien employé du British Board of Film Classification, qui a lui-même associé à l’enquête Michael Pogorzelski, historien du cinéma et directeur des archives de l’académie américaine des arts et des sciences du cinéma.
Le verdict de l’historien est incroyable : « C’est une trouvaille extrêmement intéressante. Un film de Charlie Chaplin inconnu et non référencé. » La pellicule de nitrate, datée de décembre 1916 et éditée en Egypte, contient un petit film 35 mm mélangeant prises de vues réelles de Charlie Chaplin et images d’animation. D’une durée de sept minutes, le film montre Chaplin transporté sur un nuage des États-Unis en Angleterre, puis faisant décoller un dirigeable zeppelin, avant de tourner le bombardier en ridicule en coupant la scène par un plan du Kaiser Wilhem sortant la tête d’une saucisse. Les zeppelins étaient utilisés durant la première guerre mondiale par l’Allemagne, et ont notamment été impliqués dans plusieurs raids contre le Royaume-Uni en 1915. Morace Park et son voisin, John Dyer, ont émis l’hypothèse que le film était une pièce de propagande visant à désamorcer la terreur inspirée par ces engins.
Mais la pellicule ne fut jamais projetée au public. Selon Michael Pogorzelski, il pourrait s’agir d’un montage réalisé par le studio Essanay, avec qui Chaplin avait signé un contrat en 1914 avant de prendre ses distances. Essanay avait la propriété des prises de vues de l’acteur extraites de trois films déjà exploités, mais n’avait pas obtenu son autorisation d’y mêler de nouveaux plans de zeppelins dans un remontage de propagande. « Un acte de création ou de piratage, selon le côté de la barrière duquel vous vous trouvez », plaisante Pogorzelski. David Robinson, auteur de la biographie Chaplin : His Life and Art, affirme qu’une véritable bataille juridique avait éclaté entre Chaplin et Essanay lorsque le studio avait tenté de recycler un maximum d’images de films précédemment produits, tels que Burlesque on Carmen, pour continuer à tirer profit du succès de la star. La controverse juridique aurait entraîné l’avortement du projet. Mais l’explication de Robinson ne provient que de sa connaissance de la carrière du réalisateur et, n’ayant pas encore visionné la bobine découverte par Park, il n’exclut pas que celle-ci puisse également contenir des images inédites : « Il y a toujours une chance qu’on découvre un tout nouveau gag de Chaplin ! » Il estime que sa valeur pourrait alors atteindre les 40 000 livres sterling (44 600 euros).
La façon dont le film est passé des archives du studio aux annonces d’eBay, quant à elle, reste un mystère. Park et Dyer, actuellement à Los Angeles, continuent leurs investigations.
Jour de pluie, en ai profité, entre deux activités pécuniaires pour relire ce court texte finement troussé que j’avais déjà lu – et fort aimé – cette été…
Le colonel Riltamer ne manque pas de savoir vivre, ce qui l’a conduit à jouir de l’âge de sa retraite en comptant les morts pour la France, pour le Roi ou pour l’Empire. L’homme sage n’aspire qu’a marier sa fille, et à soigner une goutte expiatoire du péché de bonne chère. La sauce voilà l’ennemi. Un penchant qu’il partage avec quelques autres briscards de son acabit, loin de cette acné politique qui marque l’éternelle adolescence de la Nation. Mais le péril est en la demeure et la confusion pénétrante, qui passe la porte de la maison Riltamer tel un fantôme, retrouvé flottant dans la scène. Aux armes, citoyen. Un roman » dix-neuvième « , parisien et bordelais, par l’auteur marseillais du Crapaud qui fume. Un peu d’histoire, un peu de polar et une langue XIXe très rigoureuse. Un livre confidentiel pour étoffer toute bibliothèque qui se respecte.
LE SOUDARD EBERLUÉ, de Serge Scotto (L’écailler du sud, Marseille)
« La veuve Raillard, qui vend du vin aux bateliers, a une cave secrète que nous connaissons tous, mais que les commis ignorent. Elle en venait hier, sa clé dans une main, dans l’autre une bouteille, quand les commis l’arrêtent au détour des Ruaux, saisissant sa bouteille. Elle, d’un coup de clef, la brise entre leurs mains. Tout le monde en a ri. La contrebande n’est point une chose qu’on blâme. Peu de gens aujourd’hui mettent dans un contrat le vrai prix de la vente. Le gouvernement trompe, et qui le peut tromper est approuvé de tous. Il enseigne lui-même la fourbe, le parjure, la fraude et l’imposture. D’un empire si saint la moitié n’est fondée. »
Paul-Louis Courrier, extrait de la Gazette du village (1823)
A époque morose, il nous fallait un personnage plaisant, buveur, utopique et iconoclaste pour dérider le quoitidien et reprendre un peu la plume. Jules Depaquit est l’homme qu’il nous faut. Né ardennais (à Sedan en 1869), il fut le premier maire de la commune libre de Montmartre et, lui qui aimait par dessus tout les fêtes et les farces, se permit le luxe effronté de mourir quelques jours avant le14 juillet (de 1924 pour être précis). Dessinateur, farceur, artiste désargenté, ami de Erik Satie, et de la bohème farfelue, il fréquenta Le Chat noir et Le Lapin agile comme d’autres font leurs éducations. On lui doit la ccréation de la fète des vendanges de Montmartre. Il milita aussi, mais en vain, pour la construction de toboggans pour descendre la Butte, l’iInstallation de trottoirs roulants pour se rendre d’un bistrot à l’autre, l’Interdiction de mourir sur le territoire de la Commune libre, sous peine de mort, Suppression des mois de décembre, janvier, février afin de faire disparaître l’hiver, et la la déclaration de paix en cas de déclaration de guerre. Un brave homme en somme…
L’enseigne du Lapin agile
par Adré Gill
« Là, peint A. Gill »
LATOUPIE-BOTTIN par Jules Depaquit
Depuis des années, Latoupie s’adonne à la lecture du Bottin, celui de Paris bien entendu, car le Bottin des départements le laisse froid comme une carafe frappée.
Singulière conformation d’une âme !
Quand il le sait par coeur, il va trouver le propriétaire d’un grand café sur les boulevards dont je tairai le nom, car j’ai horreur de toute réclame qui ne m’est pas payée. Il lui dit :
— Pardon, monsieur, mais vous n’auriez pas besoin d’un Bottin de Paris, par hasard ?
— Justement si, mon ami, répond cet excellent homme. Le mien commence à s’user et j’allais le remplacer. Veuillez avoir l’obligeance de me mettre l’article en mains.
— Alors, touchez-là, Monsieur.
— Comment cela ?
— Le Bottin en question, c’est moi.
Et Latoupie met en deux mots le propriétaire du café au courant de la situation.
— Fort bien, dit cet homme, je vous arrête, car j’aime les attractions vraiment originales et celle-ci en est une. Vous entrerez en fonctions ce soir, vous serez logé, couché, nourri, blanchi et vous aurez vingt francs par mois. Cela vous va-t-il ? En ce cas, topez là !
— Parfaitement, c’est une chose entendue, dit Latoupie…
— Alphonse Allais ?
— 7, rue Detaille, au troisième, la porte à gauche, répondait imperturbablement Latoupie.
— Jean Goudezki ?
— 23, passage de l’Élysée-des-Beaux-Arts, au premier, la porte en face, répondait non moins imperturbablement Latoupie.
Dix années après ces évènements, je revis Latoupie. Il était triste, vieilli et découragé.
— Eh bien ? lui demandai-je.
— Eh bien ! mon cher monsieur, je ne suis plus Bottin.
— Ah bah !
— Oui, il arrivait à des clients de me demander pour s’assoir dessus. Je ne sais s’ils faisaient cela par ignorance ou par malice, mais en tout cas cela m’affligeait profondément. Alors, voyez-vous, j’ai lâché.
— Et maintenant ?
— Maintenant, je suis Dictionnaire français-latin au Lycée Louis-le-Grand. C’est moins rémunératif, mais c’est plus distingué, et on a plus d’égards pour moi. Vous comprenez, Monsieur, un Dictionnaire français-latin !!!
Heureux Latoupie !
Le gardien vous recommande la lecture de :
Jules Depaquit, Dessinateur, Poète, Farceur, Maire De Montmartre, collectif (édition Revue Les Amis De L’ardenne)
Et pour les plus studieux d’entre vous, il est encore temps de retourner faire un tour à la bibliothèque Richelieu avec l’ami lettré et gastronome Charles Monselet…
On nous permettra de commencer cette esquisse par le département des Imprimés, – et de pénétrer dans la grande salle de lecture, encore déserte.
Auparavant, tâchons de bien saisir le sens et les termes du règlement, qui est placardé sur la porte.
Voici ce que dit ce règlement :
« Ne seront point communiqués les ouvrages contraires aux moeurs, les pièces de théâtre, les oeuvres dramatiques des auteurs vivants, les romans publiés séparément ou faisant partie des oeuvres d’un auteur (il paraît qu’il y a – à la Bibliothèque – des romans qui ne font point partie des oeuvres de leurs auteurs), les éditions dites illustrées, les journaux français quotidiens des vingt dernières années, les brochures politiques ou de circonstance, les almanachs d’adresses, les livres purement scolaires de tout genre, et les ouvrages qui se trouvent dans les cabinets de lecture. »
Hum ! voilà bien des choses destinées à n’être point communiquées !
La dernière ligne surtout est singulière : « …. Les ouvrages qui se trouvent dans les cabinets de lecture. » Mais on n’y trouve pas rien que l’Enfant du Carnaval, dans les cabinets de lecture ! Nous en connaissons où abondent les livres d’histoire et de science. Le règlement nous la baille belle, en vérité.
LA SALLE DE LECTURE. – LES EMPLOYÉS-PHARES :
M. COMBETTE, M. CHÉRON. M. VINTRE.
Nous ne décrirons pas cette salle immense, ou plutôt cette galerie, connue de toute l’Europe savante ; les livres en constituent d’ailleurs l’unique décoration. – L’oeil y découvre, après le premier examen dû à l’ensemble, un bureau central et trois autres petits bureaux, placés de distance en distance comme des phares, et occupés par des employés solitaires.
Le premier de ces employés, faisant face à la porte d’entrée, est M. Combette, – ou le phare de Bréhat.
Le second de ces employés, situé au milieu de la salle, est M. Paul Chéron, – ou le phare de Cordouan.
Le troisième, relégué à l’autre extrémité, est M. Vintre, – ou le phare de Biarritz.
Consacrons quelques lignes à chacune de ces physionomies.
M. Combette est l’homme impassible par excellence : rien ne l’émeut, rien ne l’étonne. A peine entré, il quitte ses bottes, – de fortes bottes, avec de fortes empeignes, de fortes semelles et de fortes tiges, – et il met des chaussons de lisière. Dans un âge plus candide, M. Combette, ignorant le mal et les méchants, abandonnait ses bottes dans les salles d’en-bas ; mais, depuis un événement odieux et qui se refuse à toute narration, il ne les perd plus du regard ; elles reposent, comme de fidèles compagnes, à côté de son bureau.
Une calotte de couleur ponceau orne le chef placide de M. Combette. Dans les intervalles de repos que lui laissent les habitués de la Bibliothèque, il dévore la collection du Musée des Familles, il en fait sa substance, son tout. – Pour lui, la vie est bornée au nord par le Musée des Familles ; au sud, par le Musée des Familles ; à l’est et à l’ouest, encore par le Musée des Familles. Le Magasin pittoresque l’effraie un peu : ce mot de pittoresque ne lui semble pas avoir une allure et une prononciation orthodoxes ; cela sent le romantisme, – tandis que le Musée des Familles, cela est plus bourgeois, plus digne, plus rassis. Il l’abandonne cependant quelquefois, mais c’est pour aller se chauffer devant une des bouches du calorifère. M. Combette traîne un fauteuil bien en face du conduit calorique, il s’y installe, appuie les paumes de ses mains sur ses genoux et les descend le long de ses tibias avec une certaine vigueur, en poussant de petits cris de satisfaction ; il les remonte lentement et recommence ce manége pendant quelques minutes ; sa figure revêt une expression béate, il ferme les paupières, il frissonne de volupté, il produit des gonflements avec ses joues. C’est un homme heureux, – jusqu’à ce qu’un lecteur impitoyable le renvoie à son pupitre.
Ce que M. Combette donne le plus et le mieux, ce sont les manuels-Roret. En dehors de cette spécialité, il est tout despotisme ou tout caprice.
Un jour, un de nos amis eut besoin, pour une étude sur un personnage très-connu, de consulter Adèle et Théodore. Dans ce roman, madame de Genlis donne quelques détails assez curieux sur l’enfance du personnage en question. Après avoir, à force de diplomatie, conquis l’autorisation des conservateurs, notre ami se rend près de M. Combette et lui remet son bulletin. – M. Combette le lit attentivement, part, et revient avec les Veillées du Château.
- Mais ce ne sont pas les Veillées du Château que je vous ai demandées ; c’est Adèle et Théodore.
- Eh bien ! répond M. Combette, vous voulez lire madame de Genlis, n’est-ce pas ? voilà un ouvrage de madame de Genlis !
Et M. Combette se remet tranquillement à la lecture du Musée des Familles.
Un autre jour, un lecteur lui présente un bulletin ainsi conçu : les Grandes Chroniques de France. Tout le monde sait qu’il s’agit de la Chronique de Saint-Denis. M. Combette fait un signe d’intelligence, part, et revient avec Froissart. Vives réclamations. Cette fois, M. Combette eut un léger mouvement d’impatience, et ce fut avec une nuance d’aigreur assez prononcée qu’il répondit :
- Eh bien ! vous demandez des chroniques, n’est-ce pas ? en voilà une ; lisez d’abord celle-ci, je vous en donnerai une autre après…
M. Paul Chéron, l’employé du milieu de la salle, n’est occupé qu’à se dissimuler le plus possible aux yeux du public. Pour cela, il s’entoure d’une citadelle de livres, qui ne laissent voir qu’une tête jaune ; le reste de son corps est engouffré dans un fauteuil immense. Son voeu serait de passer pour un lecteur ordinaire, pour le premier venu. Lorsqu’on l’interroge, il ne répond pas ; insiste-t-on, il gémit, il lève les yeux au ciel, il frappe du pied. Gardez-vous de lui demander aucun renseignement ! – Est-il frappé en pleine poitrine par un bulletin lancé du bureau central, M. Chéron se résigne ; il s’arrache lentement à son fauteuil, il prend le bulletin des mains du quidam, sans le regarder, sans l’écouter. Ce quidam a dérangé M. Chéron, – M. Chéron ne pardonnera jamais à ce quidam.
De quelle occupation cependant a-t-on détourné M. Chéron ? M. Chéron refait la France littéraire de Quérard, – que M. Quérard refait lui-même de son côté. Mais cela est bien égal à M. Chéron !
Le troisième employé, M. Vintre, occupe, comme nous l’avons dit, le fond de la galerie, à côté de la salle vitrée, dite salle du Parnasse. M. Vintre n’a que deux manies : – la première, c’est de vous dissuader de prendre l’ouvrage que vous lui demandez ; – la seconde, c’est, lorsque la première n’a pas réussi, de vous envoyer vous-même chercher votre livre, sous l’escorte d’un frotteur.
A l’aide de ces trois silhouettes, on peut déjà formuler l’axiome suivant :
Une figure littéraire singulière, que ce Henri de la Touche (1785-1851), qui évoque du sérieux et de la fantaisie, de la piété littéraire et le goût singulier des mystifications. Si le titre d’honneur de Henri de Latouche est d’avoir, en 1819, publié 1′oeuvre d’André Chénier (« Mon seul orgueil se compose en littérature de deux souvenirs : avoir édité André Chénier et empêché George Sand de s’occuper de portraits à l’aquarelle »), il se plut à des pastiches, à la fabrication de correspondances imaginaires comme celles du pape Clément XIV et du comédien Carlin, à des imitations d’Hoffmann, données comme des découvertes d’ouvrages inédits. Au demeurant, d’universelles curiosités, sans qu’aucun de ses livres ait vraiment survécu. Mais il ne s’agit ici que du journaliste, et ce qui rappelle le journaliste, c’est l’ancien Figaro des dernières années de la Restauration, faisant au gouvernement la guerre par l’esprit, lui décochant incessamment des flèches acérées. Auprès de lui se groupaient Nestor Roqueplan, Yictor Bohain, Jules Janin, Gozlan, Alphonse Karr. Le Figaro resta journal d’opposition jusqu’à 1835, époque où il passa en d’autres mains. — Henri de Latouche se trouva faciliter les débuts de plus d’un écrivain qui devait devenir célèbre: ainsi accueillit-il George Sand, faisant ses premières armes littéraires en compagnie de Jules Sandeau.
Un numéro du Figaro de la Restauration fut fameux, celui du 10 avril 1829, au lendemain de la constitution du ministère Polignac, véritable défi à l’opinion. Le Figaro parut encadré de noir. Ses mordantes attaques prenaient la forme de prétendues informations. Toute la rédaction du Figaro avait contribué à cette manière de pamphlet, qui fut saisi et valut au gérant, Victor Bohain, une condamnation à six mois de prison.
Lisez Bien, je vous l’ai déjà dit, rien ne change et souvent c’est pire. Autrefois, au moins, c’était drôle.
FAUSSES NOUVELLES VRAISEMBLABLES
Au lieu d’illuminations à une solennité prochaine, toutes les maisons de France doivent être tendues de noir.
– Quelques jeunes seigneurs, légèrement pris de vin, eurent hier une rencontre avec des hommes du port qu’ils maltraitèrent. Justice sera faite des manants du port.
– L’architecte de la cour est chargé de présenter un plan pour la reconstruction de la Bastille. Les prisonniers d’Etat ont été provisoirement déposés ce matin à la Force.
– M.Franchet a fait présenter dans la journée d’hier un rapport sur le rétablissement des lettres de cachet.
– Il n’est plus question de la continuation du Louvre. Des fonds viennent d’être faits par le ministère de l’intérieur pour établir des oubliettes dans tous les châteaux seigneuriaux des provinces de France.
– M.Récamier vient d’examiner un possédé dans la grande salle de l’Hôtel-Dieu. Le savant docteur avait pris le soin de se présenter, avant la consultation, au tribunal de la pénitence.
– Tous les contribuables de France ont fait écrire sur leurs portes : Crédit est mort, les mauvais payeurs l’ont tué.
– Une ordonnance porte le rétablissement de trois couvents de capucins. Les capucins de Paris auront pour prieur M.le maréchal Soult, qui est entré en religion, et qui prendra le nom de frère Basile (1).
(On avait vu le maréchal Soult suivre une procession, un cierge à la main. (Ce qui nous rappelle aussi qelques événements récents N.DL.R.))
Si à votre tour vous souhaitez laisser ici
QUELQUES FAUSSES NOUVELLES VRAISEMBLABLES
ne vous gênez pas…
Vous noterez aussi que la pie perchée et moqueuse est une oeuvre de Polly Morgan.