Archives de catégorie : PERSONNAGES

KRISS IN MEMORIAM

Nous apprenons ce jeudi 19 novembre la disparition de Kriss, de son vrai nom Corinne Gorse,  une des voix les plus symboliques de France Inter et de FIP qui avait débuté à 20 ans, en 1968, à France Inter, des suites d’une longue maladie.

Elle y rencontre Pierre Codou et Jean Garretto, alors producteurs de  « l’0reille en coin », qui lui proposent de réaliser des interviews et d’animer les dimanches après midi.

En 1971, toujours sous l’impulsion de Jean Garretto et de Pierre Codou, KRISS participe à la réflexion sur le projet « FIP 514 » : France Inter Paris, devenu tout simplement FIP. Elle fut ainsi la première « fipette ». Avec sa célèbre « voix en minijupe », elle incarnait pleinement le « ton FIP ». Cette radio, très innovante pour l’époque, proposait un programme essentiellement composé de musique, d’informations et de flashs sur l’état de la circulation dans Paris. Ces flashs avaient un ton et un humour qui furent la marque de KRISS.

Par la suite, elle a animé plusieurs émissions sur France Inter dont « Roue libre » (1996-1999), « Portraits sensibles » (2000-2004), qui lui donnèrent une notoriété dans l’art de l’interview humaniste et insolite. Depuis 2005 elle animait « Kriss Crumble » puis « Crumble » le dimanche matin entre 12h et 13h, toujours sur France Inter.

Reportages, montage, écriture, sketches, interviews intimes : Kriss a joué de toutes les cordes de la radio, sauf sans doute celles de la flagornerie ou du culte du show business.

Elle faisait partie des animateurs –producteurs qui aiment remettre en question leur travail. Une émission a trouvé ses marques ? C’est le moment d’en proposer une autre, de demander à changer d’heure, de thème, de forme. Parce que le seul sillon qu’elle creusait était justement celui du renouveau toujours possible : cet « esprit d’aventure » qui rend le monde et ses habitants infiniment plus agréables à fréquenter. Ce sont ces habitants, discrets, inconnus, généreux, courageux, un brin hors-piste, qu’elle découvrait et faisait découvrir aux auditeurs.
La dernière émission enregistrée date du 21 juin 2009. Sur le site internet de France inter, elle avait écrit un message à ses auditeurs, où elle racontait sa lutte contre la maladie. « Merci à vous, merci à la direction de ne pas me laisser tomber dans cette période un brin « hard » ! Et aussi merci à la vie qui, par certains chocs, vous incite à porter un oeil neuf sur ce qui l’enrichit », indiquait son message.
Jean-Luc Hees, président de Radio France (France Inter, Fip…) a salué « la grande tendresse » et la générosité de Kriss. « C’est quelqu’un qui avait une empathie formidable avec tous les gens », a-t-il déclaré jeudi sur France Inter.

Ceux qui l’ont connue se souviendront d’une personne magnifique, drôle et lumineuse…

PETIT PEUPLE

Mais qui est donc ce petit diable polisson ?

ROI DE PATAGONIE

Ils se souviennent d’Achille Laviarde, Hommage au Rémois, roi de Patagonie
 
Le saviez-vous ? La cité rémoise (entendez la ville de Reims) a compté un « roi de Patagonie » parmi ses citoyens. Des Rémois continuent de perpétuer la mémoire de ce personnage fantasque et humaniste qu’était Achille Laviarde.
« Joyeux anniversaire à vous Achille Ier, Achille le jovial, à la personnalité jamais égalée ! » : Alain Pouillart, debout sur les marches d’un immeuble de la rue du Barbâtre, s’adresse aux « Patagons d’esprit et de cœur » réunis devant un immeuble totalement anonyme. C’est ici, au n° 201, qu’est né, en 1841, Achille Laviarde « roi d’Araucanie et de Patagonie », titre hérité du prédécesseur, Antoine de Tounens. Achille Ier ne mettra jamais les pieds en Patagonie mais nommera cependant des « consuls » dans toute la France… Le personnage se fera remarquer plus par ses actions pro bonapartistes et sa vie joyeuse que par son action royale. « Que pouvait-il faire de plus ? Il fut un « relais » et c’est grâce à lui qu’on parle encore des Araucans et des Patagons », écrit Monique Ernotte-Johann, belle-sœur de Marie-France Ernotte, arrière-arrière arrière petite cousine d’Achille.
Humaniste et hyperactif
Ingénieux – il invente une machine à boucher les vins -, cavalier et nageur émérite, il stoppe un cheval emballé, repêche des passants tombés à l’écluse Fléchambault. Il soutient le candidat bonapartiste Edouard Werlé. Actif, il fonde la fanfare « l’Union », ancêtre de l’Harmonie du 3e canton. Sa lointaine parente, Marie-France, déplorant que les écrits ne mentionnent que le côté truculent et fêtard, insiste sur sa générosité : « Il savait dépenser sans compter pour les causes qu’il défendait ». Propriétaire à Reims du « Château des Grenouilles Vertes » (rasé en 2001), il en ouvre les grilles pour distribuer aux démunis fruits et légumes de sa propriété.
Hommage bon enfant
Samedi, l’hommage s’est voulu aussi joyeux que l’était le bouillant Achille : Jean-Marc Devavry, membre de l’Harmonie du 3e canton, a joué sur son « bugle » des airs de l’époque du cabaret « Au Chat Noir », une aubade de style montmartroise… repris en chœur par l’assistance ! Le drapeau patagon a été déployé et Jacques Cohen, adjoint au tourisme, a rendu un hommage empreint d’humour à « ce Rémois ambitieux » qu’il n’a pas hésité à appeler « Notre Chichille ! », précisant « Certains se moquent de ce roi chimérique, mais les gens sérieux ne sont pas toujours moins fous que les fous ». Des paroles qu’Achille a dû apprécier…

ZEITNOT

Tandis que notre personnage réféchit,

réfléchissez un peu avec lui : qui est-il ?

VIVE LE MARECHAL NEY !

Il m’arrive souvent d’envoyer des courriers en signant : « Le Grand Jeu c’est nous ! »

Puis je dépose cette photo sous mon envoi :

et dessous j’ajoute :

Et le maréchal Ney aussi…

Je ne m’explique toujours pas cette signature qui n’a rien d’un propagande ni d’une dévotion à l’Empire. Pourtant je l’admire le grand homme. Et à la réaction de mes correspondants, je m’aperçois – souvent – que je ne suis pas seul. En effet, les amis du Maréchal Ney semblent faire partie d’un société secrète ou d’un club de gentilhommes bien élevés.

Sculpté par Rude et photographié par Brassaï – excusez du peu – la sculpture du « brave des brave » résume ou, mieux, magnifie ce géant et ce fantôme de L’Histoire. Je l’ai envoyé ce jour à mon amie Cléméntine Portier-Kaltenbach, personnage érudit et fantasque – et auteur de l’admirable livre Histoires d’os et autres illustres abattis – qui s’empresse de m’envoyer quelques anecdotes sur le prince de la Moskowa…

Magnifique ! J’ai une tendresse particulière pour Ney : Sa bravoure et sa naîveté !…..

Savez vous que la statue de Rude installée devant la Closerie des LIlas a été déplacée ? En fait, Ney a été fusillé de l’autre côté, là où se trouve aujourd’hui l’entrée du RER Port Royal. Il y a une fantastique histoire de cavalier russe (en fait un hollandais rangé sous la bannière du Tsar) qui est venu caracoler autour de la dépouille de Ney et l’a faite enjamber par son cheval. Le Tsar l’a immédiatement chassé de son armée… Il l’aurait volontiers destitué s’il avait été russe !

Et puis, c’est sur la tombe de Ney au Père lachaise, que Julien Sorel vient se recueillir……

« (…) Et pour Ney et bien… notez encore que l’accusateur public au moment de son procès fut un certain Bellart; ce qui fit dire à la presse « pro Ney » de l’époque :

« L’éloquence est un bel art mais Bellart n’est pas l’éloquence  »

( Bellart était un ennemi juré de Napoléon, conseiller municipal de paris, il avait appelé de ses voeux le retour des Bourbon après la première abdication… avec lui comme procureur, Ney était cuit d’avance !)

Ainsi Clémentine rejoint ladite société… avec Jean-Paul Machetel – l’écrivain remarquable et ll’ami de talleyrand -, Benoît Virot, l’animateur frénétique des édition ATTILA – et de la revue qui met du sang dans son vin -, et la liste n’est pas close.

Plus tard, Le cortège s’arrêtera avenue de l’Observatoire. Le maréchal refusera qu’on lui bande les yeux et, s’adressera ainsi aux soldats : « Camarades, tirez sur moi et visez juste ! » Le maréchal est mort mais rien n’est moins sûr. On parlera beaucoup – et longtemps – à son sujet…

Il reste la légende de cet homme – Peter Stuart Ney qui enseignait le français, l’allemand, l’hébreu et les mathématiques – se réclamant de son identité et mort à Brownsville en Caroline du Nord en 1846. Certains affirment avoir reconnu le Maréchal… Fable, Mystification, ou serait-ce le romanesque qui veut se faire plus gros que le réel… Ceci est une autre histoire et nous y reviendrons. en attendant, que Vive le Maréchal Ney !

Le gardien vous reommande la lecture de :

Maréchal Ney, fusillé ou évadé ?, de Michel Dansel (éditions E-Dite)

 Pour les historiens, et notamment pour les spécialistes de l’Empire, le maréchal Ney, victime d’une injuste sentence, a été condamné à mort par la Chambre des Pairs et exécuté le 7 décembre 1815. Les témoignages les plus convaincants et les plus détaillés abondent sur Ney face au peloton d’exécution, sur ses derniers mots, et même sur la manière dont il s’écroula après la salve. Mais il existe une autre version de l’Histoire ! L’exécution du Brave des braves n’aurait été qu’un simulacre. La franc-maçonnerie l’évada. Ney, réfugié aux États-Unis, s’établit en Caroline du Sud où il devint instituteur. Les preuves les plus flagrantes accréditent cette thèse. Outre-Atlantique, il existe un mémorial Ney et nombre d’archives sont rassemblées dans un département de l’université de Davidson. Par ailleurs, contrairement à la version officielle, le maréchal Ney ne reposerait pas au cimetière du Père-Lachaise. En effet, dans le petit cimetière de Third Creek, en Caroline du Nord, il est possible de lire sur une tombe cette épitaphe :  » À la mémoire de Pitt Stuart Ney, né en France, soldat de la Révolution française sous Napoléon Bonaparte, qui quitta cette vie le 15 novembre 1846, à l’âge de 77 ans.  » Pour la petite histoire, il convient de préciser que le maréchal Ney avait pris le nom de Peter Stuart Ney ; et de plus, comme il était né en 1769, il avait effectivement 77 ans en 1846.

OU ET QUI ?

Et parce que c’est l’été, voilà une devinette facile…

 

Connaissez-vous cette singulière maison (…)

(…) et son tout aussi singulier personnage ?

Comme toujours, d’autre indices après supplication.

L’ETRANGE PERSONNAGE

Une nouvelle devinette difficile et bien inutile…

Qui est cet étrange personnage et qu’a-t-il inventé ?

Avis aux amateurs de pseudo science.

Cette singuliète photo peut service de tout petit indice…

HOMMAGE A LOUIS BLERIOT

Le 25 juillet 1909, l’aviateur français Louis Blériot devenait un héros après avoir réussi à f

Le 25 juillet 1909, un homme traversait pour la première fois la Manche en avion. Il répondait au défi lancé par le Daily Mail, quotidien britannique qui promettait un prix de 1000 livres sterling à celui qui réussirait la traversée. Louis Blériot remporte ce concours à bord du Blériot XI, monoplan qu’il avait lui-même conçu.
À la vue de cet appareil, aujourd’hui suspendu sous la voûte de l’église du Musée des arts et métiers, le visiteur apprécie aisément l’exploit que représentait cette traversée, et le réel courage de son auteur, tant cet avion semble fragile voire rudimentaire. Mais loin des apparences, ce sont les multiples innovations mises au point par Blériot qui lui ont permis de franchir les 38 Km séparant l’Angleterre du continent – Douvres de calais -  en un peu plus d’une demi-heure.

Louis Blériot est une figure singulière, à la fois aventurier et homme d’affaire avisé, son parcours et sa personnalité le distinguent de ses contemporains pionniers de l’aviation. Ingénieur centralien, il a 37 ans lorsqu’il réalise cette traversée. Il a déjà fait fortune grâce à son entreprise de phares pour automobiles, ce qui lui permet de financer ses recherches en aéronautique. Sa traversée de la Manche marque le point de départ de l’industrialisation de l’aviation.

« L’Angleterre n’es plus une île ! »

Titre du Daily mail, le lendemain de l’exploit.

GAMA MACHADO, UN DRÔLE D’OISEAU

Si je veux conserver l’amitié de chacun d’eux, il ne faut jamais les tromper

Gama Machado

Au mois de juin de l’année 1861, un gentilhomme de la chambre du Portugal, conseiller de l’ambassade portugaise, connu sous le nom du commandeur  Joseph Joachim Da Gama Machado est mort à Paris. Or ce grave diplomate était à coup sûr une de personnalités les plus fascinantes qui vécût sous le ciel parisien. Propriétaire d’une fortune considérable, il avait laissé pour la distribuer pas moins de soixante-dix testaments (1). Passioné d’oiseaux qu’il surnommait  » ses petits amis », et auteur d’une Théorie des ressemblances, ou Essai philosophique sur les moyens de déterminer les dispositions physiques et morales des animaux, d’après, les analogies de formes, de robes et de couleurs, fut sans consteste un original-excentrique-poétique – portant des lunettes cerclés d’or -  de la meilleur espèce. Savant naturaliste de l’école de Charles Bonnet, homme célèbre et estimé pouvant être conduit par un deuil nombreux à sa dernière demeure, il n’avait voulu avoir à son enterrement  qu’un sansonnet, son oiseau de prédilection, porté dans une cage par un distingué valet de chambre. Cet oiseau l’accompagnait partout. Quand M. de Machado voyageait, et quel que soit le moyen de transport, diligence, chemin de fer, bateau, chaise de poste, l’oiseau ne manquait jamais de demander sa pitance par un cri, toujours à la même heure avec une précision de coucou suisse.

Il avait exprimé, en même temps, la volonté que que sa tombe fût élevé sur le modèle de celle qu’il avait fait dessiner à l’avance le précieux oiseau. Il avait aussi trouvé le moyen de faire inviter à ses funérailles tous les corbeaux du Louvres et de les – presque – faire venir ! Pour ce, il avait pris l’habitude d’exposer chaque jours, à trois heures précises, sur son balcon du quai Voltaire, des assiettes chargées de viande. Et peu à peu, les corbeaux était venues avec entrain à la curée. Il suffit ensuite à Gama Machado d’organiser ses propres obsèques à trois heures précises Les corbeaux du Louvre sne manquèrent pas de venir, à l’heure dite, chercher leur patée acoutumée. Ne trouvant point la pitance, les volatiles firent, en signe d’affliction (?), un vacarme funéraire de circonstance. Un témoin demeuré coi, prist quand même le temps de s’expliquer sur l’étrange cérémonie : « j’ai vu des hommes sérieux qui croyaient savoir sur les oiseaux de quoi en remontrer à tous, mais revenir de ces funérailles avec la stupeur d’un prodige inexpliqué ! »

Autre excentricité, et non des moindres, Da Gama Machado croyait fermement à la métempsychose et possédait chez lui de nombreux animaux empaillés auxquels il prétait à chacun la vie d’un membre de sa famille…

Ainsi, amis lecteurs, vous l’aurez compris, tout comme moi – ou serait-ce l’inverse, le commandeur Machado avait la passion des oiseaux, qu’il observait jour et nuit. Il se prit de passion pour les oiseaux vers l’âge de cinquant ans et, dès lors, toute sa vie leur avait fut consacrée. Après l’observation, Il avait composé étude sur étude, écrit sur écrit, hommage sur hommage ; Il disait qu’ils échappaient au grand signe d’infériorité que Dieu a infligé aux autres animaux, et en était venu à croire que les oiseaux posséddaient une âme et à leur attribuer une prééminence morale sur l’humanité – et ce n’est pas moi qui le contredirais. Il avait même, dans ses testaments, recommandé la propagation de ses doctrines et leur enseignement. il avait seulement prescrit  « qu’on retranchât ce qui pourrait froisser l’amour propre des hommes .»

Il avait laissé l’une des plus belles collections d’oiseaux rares, une centaines d’oiseaux rares et vivants, des oiseaux des vallées inconnus des Indes, d’autres cachés dans les roseaux du Gange ou dans les fourrés de l’Hymalaya. Il possédait ausi des oiseaux parleurs (il y en a qui imitent la voix humaine d’une façon humiliante pour nous), des oiseaux maçons, des oiseaux géographes, « car il en est qui, dans les déserts de sable ou dans l’infini des mers, s’orientent avec une précision que la boussole ne nous permet pas au même degré », des oiseaux tisserands, des oiseaux centenaires et, peut-être même, des oiseaux qui n’existent pas…

Notre homme ne vivait que pour « pour écouter les chants de l’oiseau, admirer sa grâce fugitive et étudier ses formes savantes. ». Il était en rapport avec tous les savants de son temps, Russes, Anglais, Allemands. S. M. le roi de Portugal a bien voulu visiter ses volières, et les princes de la science y venaient aussi curieusement. Mais quels soins de tous les jours, quelle sollicitude il y fallait ! Il y a là des oiseaux qui ne s’accommoderaient pas de notre température glacée ; il est indispensable de leur ménager une chaleur graduée sur leur organisation, un air pur et vif leur est nécessaire ; ils ne vivraient pas huit jours dans la rue du Bac. Mlle Élisabeth les connaît et ils la connaissent ; ils s’aiment, ils se le disent et ils se le prouvent… Elle donne à chacun ce qui lui convient : l’air du pays natal autant qu’on puisse l’imiter, la vue des marronniers des Tuileries, à défaut des jungles de l’Inde. Il possédait aussi un merle bleu qu’il avait legué au grand Geoffroy Saint-Hilaire – Savant magnifique qui, pour l’anecdote, est avec la girafe de Charles X le personnage principal de mon prochain roman.

Certains oiseaux oiseaux, tissaient avec notre bienfaiteur des pièces de soie. Le commandeur avait énoncé une théorie qu’il avait appelé, « la théorie des couleurs », d’après laquelle identité de plumage et de nuances devait donner identité d’aptitude. théorie qu’il avait , du reste, essayé sur des oiseaux analogues aux oiseaux tisseurs. Il avait deposé des flocons de soie à la portée des nouveaux venus  et les nouveaux venus s’étaient mis à tisser ! Ce fut, parait-il, le plus jour de la vie de l’ornitologue inspiré.

On devine sans peine que tous ces êtres chers à leur maître ne pouvaient manquer d’avoir leur part  dans ces dernière volontés. N’y avaient-ils pas des oiseaux de tous les climats et de tous les appétits ? Celui-là ne pouvait vivre que dans une atmosphère douce et tiède, celui-là dans un air pur et vif, ces autres ne se nourrissant que de fruits d’Orient, d’ananas, de grenades,de babas ou d’oeufs sucrés, de vers enfarinés de safran ou de pain cressini ou même de drégés. D’autres ne pouvaient se passer de raisinq chasselas un seul jour de l’année. Et puis il fallait songer aussi à l’eau fraiche, aux médications de toutes sortes, et aux bains à exacts températures. Chaque oiseau possédant sa bropre baignoir qu’il empruntait, dit-on, sans jamais se tromper…

Que fit donc le commandeur avant de mourir ? Durant sa vie, Il avait à ses côtés une personne de grande confiance, une femme (1) de grand soin et de grande pratique, pour veiller sur son petit peuple ailé. Alors il a legué au dévoué serviteur tous ces oiseaux. Et il a ajouté à ce don un leg de 39000 francs de rente viagère et une place à ses côtés dans sa sépulture.

Amis des oiseaux et de Paris, si vous flânez du côté du Père Lachaise, allez donc saluer notre Saint-François d’Assise moderne.

Joseph Joachim Da Gama Machado (1775-1861)

(1) – Après la mort du commandeur, Me LÉON DUVAL, avocat de la demoiselle Élisabeth Perrot,  a exposé les faits suivants :

«Le commandeur de Gama Machado, gentilhomme de la chambre de S. M. le roi de Portugal et conseiller de l’ambassade portugaise, est mort à Paris, le 9 juin 1861, laissant une grande fortune. Il laissait aussi un testament enrichi de soixante-dix codicilles, des héritiers du sang, des légataires de toutes sortes, et parmi ceux-ci, la demoiselle Élisabeth Perrot, pour qui je parle, et à laquelle il a légué 30 000 fr. de rente viagère. Mlle Élisabeth est entrée au service du commandeur à l’âge de vingt ans ; elle en a aujourd’hui soixante-six, et pendant ce demi-siècle elle a donné de tels soins à son maître, que les plus respectables amis du commandeur sont devenus les siens ; que des personnages qui comptent aux premiers rangs de la noblesse portugaise sont entrés en correspondance avec elle, et qu’enfin M. Machado lui a légué une place à côté de lui dans sa sépulture.

Malheureusement la santé de Mlle Élisabeth s’est détruite au service du commandeur, elle a aujourd’hui le privilége d’une maladie bien rare en Europe, l’éléphantiasis, des souffrances, des infirmités, une vieillesse qui tient à un fil. Parmi les devoirs qu’elle remplissait avec le plus intelligent dévouement, il faut mettre l’entretien d’une collection d’oiseaux des plus rares, une centaine d’oiseaux vivants, pris dans les ravins inconnus des Indes orientales, dans les roseaux du Gange, et les fourrés de l’Himalaya.

Quand M. Machado a vu la mort de près, il s’est demandé à qui léguer ses chers oiseaux. Il n’y avait qu’un légataire possible, Mlle Élisabeth, qui est leur mère depuis si longtemps, qui sait seule la qualité, les secrets, les proportions de leur nourriture. Le commandeur les lui a légués.

Mais ici une difficulté ardue a surgi.

Les héritiers du sang sont en Portugal. Mme Valpole a un legs important, et elle est Anglaise. Qui sait si le testament ne sera pas attaqué ? Les demandes en délivrance sont faites, mais il a fallu observer les délais de distance, qui sont considérables. En attendant, que faire des oiseaux ? On a bien nommé M. Trépagne administrateur provisoire ; mais, si ce notaire était obligé de gouverner et de nourrir les oiseaux, soit dit sans l’offenser, il serait bien embarrassé. Dans cette perplexité, ne voulant pas délivrer à Mlle Élisabeth les créatures ailées qui lui ont été léguées, de peur d’engager sa responsabilité par l’exécution du testament ; ne pouvant non plus s’en rapporter à personne du soin de nourrir ces petites bêtes, vu la difficulté de la tâche, M. Trépagne a mis les volières en séquestre et en a confié la garde à Mlle Élisabeth. Mais alors elle ne possède pas, animo domini ; les oiseaux ne sont que ses locataires, il faut payer leur entretien et leur nourriture. Là se placent des détails nécessaires.
(…)
L’instinct médical des oiseaux a de quoi nous faire honte. Voyez chez nous les vieillards et même beaucoup d’adultes ; ils attendent les rigueurs de l’hiver occidental, ils les subissent en fatalistes, et ils meurent presque tous d’un rhume. Si nous avions le bon sens des hirondelles, nous chercherions comme elles des climats plus propices : et la durée de la vie humaine en serait doublée. Mais c’est encore Mlle Élisabeth qui est la meilleure infirmière de ses oiseaux ; je vais plus loin, elle connaît leur caractère, et eux le sien ; elle sait les amitiés qui se sont formées dans le logis, et le voisinage qu’il faut à chacun, sous peine de mort ; oui, sous peine de mort, car qui ne sait que l’oiseau est trop frêle pour le chagrin, et que les amants ne survivent jamais à leurs maîtresses ?
(…)
Je demande donc que le tribunal accorde une large et généreuse provision à Mlle Élisabeth : il faut conserver ces oiseaux à la science, ils portent presque tous un problème.»

 

Le gardien du cabinet vous recommande la lecture de :

LES EXCENTRIQUES, de Champfleury (éditions Michel Levy, libraire-imprimeurs, 1852). A noter que le livre, réédité voilà quelques années aux éditions Plein chant, à Bassac, est peut-être encore disponible.

C’est en effet Gama machado qui ouvre le bal des excentriques…

LE PERROQUET DE FLAUBERT, de Julias Barnes (stock, collection « la cosmopolite »)

 Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, « Loulou », le perroquet  empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l’authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l’écrivain ? Si rien n’est certain, l’inspecteur Barnes, au bour de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c’est le texte…

 « ce que j’ai devant moi, sur ma table, depuis huit jours ?

Un perroquet empaillé.

Il y reste à poste fixe.

Sa vue commence même à m’embêter.

Mais je le garde, pour m’emplir la cervelle de l’idée de perroquet.

Car j’écris présentement les amours d’une vieille fille et d’un perroquet »

© Les enquêtes insolites de Eric Poindron

 

SATANE PERSONNAGE !

Allez, avant la nuit, une devinette facile, pour faire quelques cauchemards… Qui est dont cette étrange personnage ? Non ce n’est pas pas « le moine bourru ». Du reste, saurez-vous me dire qui était le moine bourru ? Ce n’est aps non plus l’abbé Poindron, prêtre défroqué qui tint, pour un temps, chaire dans le département de l’Aisne. Ce n’est pas non plus Cornélius Coriolis ni Jacques Albin Auguste Simon Collin de Plancy – polygraphe unpeu fou, escroc patenté et auteur du Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l’enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles -  même si il lui ressemble un peu ? Alors…

XXX ?

Et comme à chaque, fois indice sur demand, mais après supplication.

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