Avec l’arrivée des étrennes, des enveloppes garnies au pied du sapin, des aumones salutaires, des « mois compte-double », des primes à tout crin et des dessous de table, vous n’aurez AUCUNE EXCUSE pour ne pas garnir vos bibliothèques des chef-d’oeuvres suivants…

(…) et il se noya dans ses pensées…
« Savoir comment et pourquoi dans cette infime partie du monde, toutes les communications s’étaient interrompues, et presque toute vie disparue… »
Magnifique défi lancé à Maxime Phébus, explorateur qui n’est pas sans nous rappeler l’extravagant professeur Lidenbrock du Voyage aucentre de la terre de Jules Verne, ou encore le fantasque baron de Münchhausen. Hélas, le plan de la cité disparue de Sémiopolis se révèle une chausse-trappe où chutent, à qui mieux-mieux dans le ridicule,les professeurs pédants et pseudo-savants qui accompagnent Maxime Phébus dans sa quête. […] Pascal Bouchet utilise un fatras de trouvailles humoristiques qui mettent en relation les mots et les images. […] Ces éléments iconographiques et linguistiques mis bout à bout d’une manière faussement approximative, dessinent une fiction au pays
du langage, des lettres, des mots et des figures de style.
Rue du Palindrome, de Pascal Bouchet, Polygraphie (éditions du petit véhicule Collection « Les Confins »)


Que se cache-t-il dans ce jardin labyrinthique, noyé dans une mer de fleurs et d’arbres gigantesques ? Quelle est cette plante mystérieuse ignorée par tous les livres de botanique ? Et pourquoi cet homme se sent-il épié par des êtres invisibles dans la semi-obscurité ?
Fleur de lune, de Einar Turkowski (éditions autrement)


Tony Tanner, représentant en philatélie, trouve abandonné sur le banc d’une gare un livre dans une reliure ancienne assez mystérieuse. Il parcourt les premières pages avec curiosité, il s’agit du journal intime d’une jeune fille du XVIII siècle, Hortense des Orphées… Il décide de l’emporter pour se distraire pendant son voyage en train.
La jeune fille évoque sa rencontre avec un étrange personnage, érudit distingué, fin politique, ce gentilhomme était connu de toutes les cours d’Europe pour ses dons de magicien et d’alchimiste. Certains le prétendaient même immortel…Il se faisait appeler Comte de St Germain, sans qu’on ait beaucoup de précision sur ses origines véritables. Sur le chemin de ces multiples vies, le comte croisa donc un jour Hortense. Follement amoureux, il tenta de la persuader de boire elle aussi l’elixir d’immortalité et de s’enfuir avec lui…
Tout à sa lecture des secrets d’Hortense, Tony Tanner croit presque l’entendre à son oreille … il lève les yeux et la voit, assise devant lui dans le compartiment du train… Notre voyageur n’en a pas fini avec les surprises et les rencontres, dans le décor de ses lectures commence pour lui une troublante aventure… au-delà de la réalité des paysages qui défilent sous ses yeux, il devient lui-même un personnage essentiel qui peut-être délivrera les âmes errantes de ces amoureux d’un autre temps.
On retrouvera ici avec bonheur, les magnifiques et délicates illustrations d’Antonio Marinoni qui servent avec grâce le texte onirique et élégant de Massimo Scotti
L’heure bleue de Massimo Scotti, illustrations d’Antonio Marinoni, (éditions Naïve)


« On approchait du soir qui allait marquer le dixième jour où le chevalier Zifar avait gagné le cheval qu’il montait. Ainsi, alors qu’ils bavardaient, le cheval s’écroula, mort, sur le sol. Le chevalier Zifar eut juste le temps de sauter à terre et de s’en écarter. “Que s’est-il passé? s’inquiéta le seigneur de l’armée. — Cela me colle à la peau, répondit le chevalier Zifar. Il pèse sur moi une telle fatalité qu’aucun cheval ni aucune bête ne me dure plus de dix jours.”»
Le chevalier Zifar est maudit : tous les dix jours, son cheval meurt. Accablé de malheurs, mais soutenu par sa vertueuse épouse, il abandonne sa terre, en quête de vérité et d’honneur. Au cours de son errance, le valeureux chevalier sera mis à l’épreuve par Dieu de mille façons. Libérateur de la ville de Galapia et de sa reine, il se fera passer pour un fou afin d’infiltrer le royaume de Menton assiégé ; flanqué d’un habile compagnon, aussi bavard que malin, il se battra contre les plus grands chevaliers et deviendra roi. Séparé de sa femme — enlevée par les pirates —, et de ses enfants — l’un est croqué par un lion tandis que l’autre disparaît dans une ville inconnue —, il devra accepter tours et détours pour retrouver sa famille et clore ses aventures. À moins qu’une nouvelle histoire ne commence…
Roman de chevalerie écrit à l’orée du XIVe siècle, au ton vif et souvent ironique, flirtant parfois avec le fantastique, le Livre du chevalier Zifar est tantôt récit d’aventures et de batailles, flirtant parfois avec le fantastique, tantôt roman d’apprentissage fleuri d’anecdotes et de contes.
Le Livre du chevalier Zifar est un joyau.
Livre du chevalier Zifar – livre de Anonyme. Traduit du castillan (XIVe siècle) par Jean-Marie Barbe, accompagné d’un essai de Juan Manuel Cacho Blecua et magnifiquement illustré par Zeina Abirached (éditions Monsieur Toussaint Louverture)