Archives de catégorie : LES AILLEURS

WHISKY POUR SHACKLETON !

Cinq caisses de whisky et de cognac ayant appartenu à l’explorateur Sir Ernest Shackleton, Explorateur anglo-irlandais, ont été retrouvées dans les glaces de l’Antarctique après y avoir séjourné plus d’un siècle, ont indiqué vendredi les membres d’une expédition New Zealand Antarctic Heritage Trust.
« A notre plus grand étonnement, nous avons trouvé cinq caisses, trois contenant visiblement du whisky et deux du cognac », a indiqué Al Fastier, de l’organisation New Zealand Antarctic Heritage Trust.
« Les caisses de brandy, dont l’une porte la marque Chas Mackinlay & Co et l’autre The Hunter Valley Distillery Limited Allandale, sont une sacrée découverte », a-t-il également déclaré.

Elles étaient enterrées sous la cabane construite en 1908 dans l’antarctique par l’explorateur lors de son expédition Nimrod pour atteindre le pôle sud. Cette dernière a échoué non loin du but. Certains caisses ont craqué et de la glace s’est formée à l’intérieur ce qui signifie que les experts auront une tâche délicate pour extraire le précieux contenu des bouteilles.
Pour Richard Paterson, maître de chaix du producteur écossais de whisky Whyte and Mackay qui a racheté dans le passé la distillerie Mackinlay dont le nom figure sur les fameuses caisses, il s’agit d’un « cadeau du ciel » pour les amateurs de whisky.

Le McKinlay and Co’s « Rare Old » est considéré comme l’un des meilleurs whiskys jamais fabriqué par les spécialistes, mais selon la légende sa « recette » a été perdue. « Si la teneur du contenu peut être confirmée, s’il peut être extrait et analysé, nous pourrons reconstituer le mélange. Compte tenu du fait que la recette originale n’existe plus, cela peut ouvrir une porte sur l’histoire », explique Richard Paterson.
Certaines caisses se sont fendues et de la glace s’est formée à l’intérieur, ce qui risque de rendre très délicate l’extraction de leur contenu.
M. Fastier s’est cependant dit persuadé qu’il y avait encore des bouteilles intactes dans les caisses, car on peut entendre un bruit de liquide à l’intérieur lorsqu’on les remue. L’odeur de whisky autour des caisses indique aussi qu’une ou plusieurs bouteilles ont été cassées.

Ernest Shackleton, à bord du Nimrod, était parti à la conquête du pôle Sud depuis le Cap Royds, entre 1907 et 1909. Arrivé à seulement 100 miles (Un peu plus de 160 kilomètres) du pôle sud mais l’explorateur n’avait pu aller plus loin étant tombé à court de vivres. L’expédition avait du abandonner une partie de son équipement dont les caisses d’alcool. Toutefois, avec quelques compagnons, Shackleton  sera l’un des premiers humains à voir et à fouler le plateau antarctique Le parcours accompli constituait cependant un exploit, qui vaudra à l’explorateur d’être anobli à son retour par le roi Edouard VII.

Le pôle sud sera atteint pour la première fois deux ans plus tard en 1911 par l’explorateur norvégien Roald Amundsen

QUELQUE PART

Où sommes nous ?

Image empruntée à Frédérique Longrée, anti-procréationiste

QUELQUES TÊTES D’EPINGLE, LE GRAND MONDE ET L’ECRIVAIN

C’est comme un jeu d’enfant… Seulement au lieu de s’égarer dans la forêt ou sur le globe, on On se laisser dériver sur la planisphère…

Et l’on trouve un pays au hasard

et quelques points sur les cartes

et l’on se met à imaginer…

Et c’est parti ; une une idée en chasse une une autre. Et une autre, et une autre…

Le gardien vous recommande la lecture de :

RÉCITS DU BUSH, tois nouvelles australiennes, de Paul Wenz (La Petite Maison)

Paul Wenz, né à Reims le 18 août 1869, mort à Forbes, Nouvelles-Galles-du-Sud, Australie, en 1939 – Paul wenz fut le conteur Français d’une authentique Australie.

PAUL WENZ, (1869 – 1939), sa vie – son oeuvre (La petite Maison) – NOTICE BIO – BIBLIOGRAPHIQUE PAR JEAN-PAUL DELAMOTTE, avec deux textes de Paul Wenz sur l’amitié de Jack london et l’acquisition de Nanima.

Nanima était la maison australienne (propriété de 900 hectares) de Paul Wenz,

à Forbes, 400 km à l’Ouest de Sidney

L’HOMME DU SOLEIL COUCHANT, roman (suivi des Lettres à Joseph Krug),

LE PAYS DE LEURS PÈRES, roman (accompagné de lettres retrouvées, de l’auteur & André Gide), de Paul Wenz (La Petite Maison)

UN AUSTRALIEN TOUT NEUF (1908) (Diary of a New Chum, traduit en français), de Paul Wenz (La Petite Maison)

Paul Wenz et Hetty son épouse,

devant Nanima, près de Forbes.

Paul Wenz et William Dobson (à gauche),

dans le jardin devant Nanima,

assis sur une caisse de champagne Krug, en 1898.

Janvier-mars 1909, Jack London est en convalescence en Tasmanie, puis à Sydney. Il fait la connaissance de Paul Wenz, l’écrivain français chez les australiens et l’australien chez les français. C’est Paul Wenz qui traduira peu après L’amour de la vie.

« Avant de repartir pour l’Australie, où il dirige des cultures, Wenz est venu me revoir. Il y a quinze ans, avant son avant-dernier passage en Europe, je ne l’avais vu qu’un instant : nos derniers souvenirs communs remontent à plus loin encore, souvenirs de classe, souvenirs enfantins. J’étais pensionnaire avec lui dans la maison de Sainte-Beuve ; il ne songeait déjà qu’à partir. Il s’est fait d’abord colon en Afrique, mais les fonctionnaires algériens rebutèrent ses efforts. A présent, il est installé entre Sydney et Melbourne. Il a fait quatre fois le tour du monde. Colosse superbe, sous qui tous les fauteuils semblent plier. Son visage puissant exprime une énergie calme et douce ; il est beau tout entier. Il parle de Java, Pékin, de la Nouvelle-Zélande, de la tombe de Stevenson, dans une île du Pacifique. De sa ferme aux pacages immenses, où des eucalyptus géants se dressent isolés, en ruine, dont l’intérieur pourri forme cheminée, et dont on allume quelques uns pour fêter l’arrivée d’un ami. Sauvage étrangeté, dans la nuit vaste, de ces torches immenses… » André Gide

A BICYCLETTE

Pour Yves Letort, Libraire et cycliste d’occasion

J’aime la France mais me méfie du tour de France, j’aime les vélodidactes mais supporte mal les coureurs cyclistes. J’aime les jolies cronographes mais n’ai que faire de la vitesse. Enfin je déteste les tricheurs, la langue de bois et les sujets journalistiques qui reviennent chaque année à la même époque. Arrêter de kidnapper la France et de nous faire détester le vélo. Et ne nous parlez plus du mont ventoux, si ce n’est pour évoquer ces vins merveilleux qui valent toutes les euphories…

Le gardien vous recommande d’emporter en voyage…

L’Italie à vélocipède, de Joseph & Elisabeth Pennell (éditions La Fosse aux ours, Lyon)

En octobre 1884, Joseph et Elizabeth Pennell, jeunes Américains récemment mariés entreprennent, en tricycle, un voyage entre Florence et Rome. Ils sont vivement encouragés par leurs amis qui leur promettent une mort certaine dans cette contrée où sévissent les brigands, le choléra et la malaria !

Croisant tantôt des aubergistes, tantôt des « padrone » (père supérieur de monastère), ils savourent ces rencontres, ne se privant pas pour autant de les critiquer, ou parfois, à leur grand désarroi, des Européens pratiquent un tourisme pour gens aisés auxquels ils préfèrent les rencontres autochtones sans pour autant être condescendants.

Vaillamment pourtant, les Pennell, perchés sur leur drôle de machine, empruntent les routes de Toscane et d’Ombrie, sous le regard ébahi des populations locales. Leurs tribulations, où s’entremêlent le passé et le présent, les légendes et la réalité font de ce livre un document tout à fait original.

A lire aussi :

Trois hommes sur un vélo, de Jerome K. Jerome, (Arlea pocket)

C’est à vélo que, cette fois, nous retrouvons les  » Trois Hommes  » qui, dans un bateau, ont amusé des générations de lecteurs. Parcourant la Forêt-Noire, la Rhénanie et les Vosges, ils observent, ils s’étonnent, ils s’amusent et, surtout, pour notre plus grand plaisir, ils nous livrent leurs réflexions sur les moeurs des Allemands, des Français et même, parfois, des Anglais qu’ils rencontrent. Désopilant !

BATELIER DE LA VOLGA

Эй, ухнем
Эй, ухнем!
Ещё разик, ещё да раз!
Разовьём мы берёзу,
Разовьём мы кудряву!
Ай-да, да ай-да, ай-да, да ай-да,
Разовьём мы кудряву.

Мы по бережку идём,
Песню солнышку поём.
Ай-да, да ай-да, ай-да, да ай-да,
Песню солнышку поём.
Эй, эй, тяни канат сильней!
Песню солнышку поём.
Эй, ухнем!
Эй, ухнем!

Ещё разик, ещё да раз!
Эх ты, Волга, мать-река,
Широка и глубока,

Ай-да, да ай-да, ай-да, да ай-да,
Волга, Волга, мать-река,

Ah ! que l’aube est triste au vieux haleur
Sous la bise qui lui fend le coeur
La corde crisse, les eaux gémissent
Barques au front pesant
Glissent dans le vent.
Hole tire, marche tire
La corde t’usera les mains et les bras
Hola tire, marche tire
De l’aube jusqu’au soir, tire sans espoir
Ah ! les rêves bleus qui m’ont bercés,
Ah ! jeunesse et fleurs du temps passé

Tire les chaînes, tire tes peines,
Adieu les jours enfuis
Tire sans merci.

QUI VA A LA PECHE…

Souvenez-vous, car je vous l’ai déjà raconté, après avoir découvert sa nouvelle maison, feu le clown Achille Zavatta avait déclaré à son épouse : « Elle est bien cette baraque, mais elle manque de roulettes ! »

Aussi, après le kayak transparent, voici enfin la maison à roulettes pour quitter le lit un peu trop douillet de la civilisation. Et comme disait Nicolas Bouvier : « Etre heureux me prenait tout mon temps. ».

Assis sur les marches de ladite maison, le gardien vous conseille de lire :

Traité du zen et de l’art de la pêche à la mouche, de John Gierach (éditions Gallmeister)

Les récits qui composent ce “Traité” parlent de pêche à la mouche, d’amitié et de tout ce qui fait une vie de pêcheur – du café de bivouac aux voitures en passant par les cannes à mouche et autres équipements. Ni traité philosophique, ni récit d’aventures, ni manuel de pêche, ce livre combine des éléments de ces trois veines, avec en prime une bonne dose d’humour et d’esprit. Sous la plume faussement légère de John Gierach se dissimulent de subtiles considérations sur la nature et un amour profond pour ce monde dans lequel il a choisi de s’exprimer.

« Lorsque je ne peux pas aller à la rivière, je lis un livre de John Gierach ». Thomas McGuane

Itinéraire d’un pêcheur à la mouche, de John D. Voelker (éditions Gallmeister)

Célèbre magistrat et auteur de romans policiers à succès sous le pseudonyme de Robert Traver, John D. Voelker (1903-1991) a passé l’essentiel de son existence dans la petite ville d’Ishpeming, dans le Michigan, où il occupait le poste de procureur tout en écrivant des romans policiers. Le succès de son livre Autopsie d’un meurtre lui permit de se consacrer pleinement à ses deux passions : la pêche à la mouche et l’écriture. John D. Voelker fut, avant d’être un grand magistrat, un pêcheur passionné qui maniait avec un même bonheur l’écriture et la canne en bambou. Avec Itinéraire d’un pêcheur à la mouche, l’auteur nous offre un recueil d’aventures drôles et extravagantes. Livre culte outre-Atlantique, ce formidable éloge de la nature et de l’amitié est aussi une réflexion profonde sur l’art contemplatif de la pêche à la mouche. Traduit en français pour la première fois, il s’inscrit, avec Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean, dans la lignée des grands classiques américains sur la nature.

Testament d’un pêcheur à la mouche, de John D. Voelker (éditions Gallmeister)

Après le succès d’Itinéraire d’un pêcheur à la mouche, livre culte outre-Atlantique, Voelker nous offre une nouvelle collection de récits à la fois tendres et hilarants, burlesques et philosophiques. Ode à la nature et réflexion sur l’art contemplatif de la pêche à la mouche, ce Testament dresse le portrait nostalgique d’une Amérique disparue.
Dans la famille des écrivains-pêcheurs américains, John D. Voelker occupe une place à part. Ce livre au charme enivrant est une nouvelle preuve éclatante de son talent.

Le gardien vous conseille aussi la lecture de TOUS les autres livres des éditions GALLMEISTER


Je pêche parce que dans un monde où les hommes semblent pour la plupart passeer leur vie à faire des choses qu’il détestent, la pêche est pour mois à la fois une inépuisable source de joie et un petit acte de rebellion (…) John D. Voelker

CÔTE EST

Quelquefois, le dimanche après midi, je fais comme les enfants ; j’allume le globe terrestre et le fais  tourner ; puis je pose le doigt sur la boule illuminué… débute alors un petit voyage sans prétention mais jamais sans intérêt…

L’hiver, le soir, du côté de Brooklin Heigts promenade.

ou la vie en Rosen dans les cottages de  Oak Bluffs

(…) sur  l’ile de Martha’s Wineyard, Massachusetts

– Le gardien vous conseille de reprendre :

Un peu d’Amérique en découvrant la jeune Maison d’édition GALLMEISTER, consacrée au natural writing et désormais à la contestation du rêve américain avec la collection americana.

« Ce n’est pas un hasard si mon premier roman s’est appelé Americana. C’était une déclaration d’indépendance, une prise de position pour affirmer mon intention d’utiliser l’ensemble de la situation, l’ensemble de la culture. » Don DeLillo

– de lire : 

CAP COD, de Henry David Thoreau. Présentation, traduction de l’anglais et notes du spécialiste de la littérature américain Pierre-Yves Pétillon (éditions de l’Imprimerie nationale)

Au Cap, plus que nulle part ailleurs, on touche la précarité de notre habitat dans le monde. Le Cap est une « solitude » à perte de vue, sans maison. « Mille hommes n’auraient pas réussi à rompre cette solitude ; ils se seraient perdus dans ce vaste paysage comme les traces de leurs pas dans le sable. » L’homme a du mal à laisser une « trace » de son passage : sur le plateau, le vent les efface ; et, sur la grève, les vagues, à la marée montante.

Le Cap est à la fois l’origine et la fin des terres. Là, plus que dans ce qu’on appelle conventionnellement l’Ouest, on est à la « Frontière ». Là, on est confronté à la réalité, dans sa sauvage nudité, dans son étrangeté, dans sa radicale altérité. Qui se tient sur cette frontière a tout le continent à la fois derrière et devant lui. Nulle part, dans la géographie imaginaire de Thoreau, on ne fait plus cap à l’ouest. L’ouest est le seul point cardinal de l’Amérique. Là, littoralement, se lève son soleil.

Cape Code ou le point Zéo. Thoreau nous prouve, qu’après Walden où la vie dans les bois, il est sans doute l’écrivain poète qui invente la littérature de la fugue et de la file de l’air.

– et de relire, et ce le plus souvent possible :

Toute l’oeuvre dessinée de Edward Gorey , le génial excentrique de Yarmouth Port, Cap Code. Quelques titres sont disponibles en français aux éditions Gallimard, collection “Le Promeneur“, animé par l’esthète Patrick Mauriès.

PAS SI TRAIN-TRAIN…

Vous ne serez pas -  car Anne  B.  voit tout venir – sans remarquer que j’ai changé l’image de la tétière. Après le Royal Scotsman, asurément le plus raffiné et luxueux trains d’Écosse – et d’ailleurs, d’ailleurs -  il vous faudra découvrir un nouvel endroit aux étagères solides et presque sans lmites… Dans l’attente des quelques indices, je vous invite une dernière fois dans la cabine dudit train qui, je l’espère, vous mettra le thé, puis les grands malt des hautes terres et des îles, à la bouche…

(…) Vous souhaitant une belle fin d’année et un beau voyage…

Même si je doute fort de la réincarnation, je sais que j’ai été Écossais dans une autre vie.

« Laisse-moi seulement une heure d’écosse, laisse moi la voir avant de m’endormir », était la prière que je me répétais quand j’étais enfant, avant le sommeil.

Tout ça c’est de la faute des écrivains. Walter Scott – qui n’était pas mon premier compagnon – , Sir James Matthew Barrie et son Peter Pan (parce qu’il faut toujours « ne pas grandir » et toujours « s’amuser’), Robert-Louis Stevenson comme une boussole, Arthur Conan Doyle – je suis né le 22 mai 1859, à Edimbourg, sur la place de Picardie, ainsi nommée d’une colonie de huguenots Français venus jadis s’y établir -  ; et un certain Sherlock Holmes, auteur de monographies scrupuleuses et conjecturales, qui ne m’a jamais quitté).Tout ça, c’est aussi de la faute des poètes, parce que c’est toujours de la faute des poètes. Robert Burns, LE poète.

J’ai acheté les livres, j’ai découpé les images exotiques dans les magazines de voyage et commencé à collectionner les flacons que je n’ai jamais bus. Même si je n’ai pas appris la cornemuse, je préparais mon voyage. J’ai acheté mes premières cartes sur lesquelles j’imaginais des itinéraires. Puis j’ai appris l’histoire de mon nouveau pays, les exploits de bonnie prince Charlie et l’héroïsme des highlanders. Je suis aussi devenu incollable sur les distilleries et la profondeur des lochs. Et en écho, il y  avait toujours le son des cornemuses.


Il faut toujours se méfier des voyages que l’on invente, ils peuvent nous laisser sur notre faim quand, pour de vrai, nous mettons les pieds dans le plat.

La déconvenue n’a pas eu lieu. J’étais en Écosse, et je me répétais, du lever au couchant, « Je suis en Écosse, je suis Écosse ». J’ai voulu tout voir, tout comprendre, tout goûter. J’ai dormi à Oban, dans les auberges de jeunesse ou les châteaux hantés, j’ai fréquente près d’Inverness les bed and breakfast et les auberges traditionnels, j’ai visité les pubs de partout et les distilleries jusqu’à plus soif, et ce sans jamais goûter. J’ai pris et rapporté les eaux précieuses dans des bouteilles de whisky qui, aujourd’hui encore, me servent de serre-livres. Mon guide de voyage est fort usé, mes cartes  froissées et mes annotations  intacts. En vue d’un livre à venir ou, mieux, d’un autre voyage, ce qui vaut tous les livres.
À l’exception du breakfast, des poissons fumés et des sablées pour le thé, la gastronomie écossaise ne m’a rien racontée. On ne mange pas si facilement des abats de mouton, du porridge ou des pains de viande. Bien sûr j’ai goûté, mais, comme disent les parents, « en faisant le difficile ». Alors Il demeure cette dette d’avoir été accueilli et de m’être comporté en mauvais convive. Je regrette, et c’est pourquoi  il faut, chaque fois,  que j’y retourne.

En attendant le nouveau voyage et en guise de préparation, je continue à collectionner ; et je file le train à mon enfance. Je respire à haute voix, le malt tourbé et et les brume qui donne les tournis. Si vous voulez passer à table, un soir, je vous souhaite le bon voyage. Après le repas, prenez donc un pure malt au fumoir : j’invite et serai des vôtres. Je ferai le poète, le repas, la cornemuse, le service et le bruit des trains.

 

PATÉ DE VOLAILLE EN HOMMAGE À ROBERT BURNS
 
450 g de foie de volailles ou de grouse
250 g de poitrine fumée
250 g de champignons
2 oignons
2 gousses d’ail
400 g  de beurre
5 cuillères à soupe de chapelure
Persil
Sel et poivre

Avec la moitié du beurre faites blondir dans une grande poêle le mélange d’oignons et d’ail finement hachés. Faites-y sauter à feux vif la poitrine fumé coupée en lardons, puis les foies de volailles – une grouse serait du meilleur effet. Au bout de quelques minutes ajoutez les champignons en lamelles, faites cuire encore quelques minutes en remuant sans arrêt. Mouillez avec le whisky. Salez et poivrez. Laissez mijoter une dizaine de minutes à découvert et à feu doux. Une fois le mélange tiédi, réduisez-le en purée au mixer ou à la moulinette. Incorporez le beurre en pommade, la chapelure et le persil haché. Versez dans une jatte et mettez au frais.

Vous pourrez déguster avec un Laphroaig si vous êtes joueur et fortuné ou un Balvenie, si vous êtes curieux et délicat.

Le 25 janvier, les Écossais se réunissent en famille ou entre amis pour célébrer le poète romantique et folkloriste Robert Burns – jour de sa naissance en 1759. Ce sont les
Burns Night soupers. Cette date fait figure de fête populaire. Dans le monde entier, et bien sûr en Écosse. On célèbre le poète, on lui rend hommage sous forme de discours farceurs, de poèmes ou de joutes littéraires. On sort la cornemuse et l’on danse, on récite de nouveaux vers – on en vide aussi – et on partage l’appétissant Haggis, la panse de brebis farcis.

N.B.Les Appétits sensibles préfèreront  à l’Haggis notre pâté de volaille pour saluer le grand homme.
 

Grouse noire à empailler et la seconde à cuisiner…

Le gardien du cabinet vous recommande de boire sans modération :

Whisky à gogo, de Compton Mackenzie (Éditions Terre de brume)

(…) Les aventures de Jeeves le majordome, et de son maître Wooster, de P.G. Wodehouse, où le whisky joue les très bons seconds rôles…


Jean R. et non pas Sherlock H.

Les Contes du Whisky, de Jean Ray – sans rapport avec le whisky, qu’on se le répète.

VOYAGE(S)

     Il est des voyages géographico-poétiques selon Bernadin de Saint Pierre. Voyage à l’île de France, à l’île de Bourbon, au cap de bonne Espérance ; des voyages telluriques  souterrains au bout de la terre avec Jules Verne… Tant de voyages. Des voyages immobiles Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre, écervelés… Voyage autour de mon crâne de Frigès Karinthy…
      Des voyages farfelus. Voyage d’un sédentaire de Francis de Miomandre. Et puis, il y a des voyages autour du monde à profusion et en pagaille avec des capitaines célestes. Cook, La Perouse Bougainville. Des voyages  orthodoxes et anonymes avec un pèlerin russe. Des voyages en Italie quitte à user l’Italie. Un voyage chimérique et désoriental avec Gérard de Nerval. Des voyages dans le temps, des voyages pour le commerce.
Un Voyage avec Charley à travers l’Amérique de Steinbeck ; un voyage selon Georges Schéadé avec celui qui, rêvant à tous les ports du monde, ne partira jamais… 

     Connais-tu Arménius Vambery, juif hongrois, polyglotte, talmudiste, fakir ou prétendu, faux derviche et selon certains, espion de la Reine Victoria ? Vienne, Constantinople, Boukhara ou Samarcande furent ses destinations. L’homme était boiteux se munissait d’une canne et d’un âne pour visiter le grand monde. Connais-tu Georges Borrow, l’anglais pittoresque, vendeur de bible en Espagne. L’Europe, la Russie ou l’Orient furent ces terrains de jeux et d’observations. Il parlait une trentaine de langues, traduisait la bible en chinois et en dialecte gitan. Lui aussi voyageait avec un âne… Chante aussi le nom de François Augiéras, l’inspiré qui fréquenta le mont Athos, les déserts et l’Afrique, l’asile et les troglodytes du Périgord. Ecoute ces mots qui semblent du vin de Nichapur… « J’emporte les livres et les tableaux comme les nomades emportent leur dieux ».
      Ces trois là ne s’en sont jamais laissés compter. Lis-les et proclame leur  fuite et leurs élégies d’hommes libres….
      Et puis, si tu le veux,  rêve aux voyages de Raoul et de Graeme arpenteur de G.R, Rêve à nos voyages sans grades et ceux des compagnons jamais rencontrés… Jason Goodwin, anglais nomade et spécialiste de Byzance qui parcourt 3000 kilomètres à pied de Gdansk près de la mer Baltique de la mer Noire, Patrick Leigh Fermor, en route lui aussi, à dix huit ans pour Constantinople, en remontant le Rhin, en descendant le Danube, puis l’Autriche, la Hongrie, La Transylvanie et la Valachie. Nicolas Crane, un autre anglais, en route de Porto à Istanbul toujours. Qui comme Ulysse et sa suite, ont fait et feront encore un… Tous ces marcheurs forment un bel équipage.

A Lire : Une grosse malle de voyage(s) avec tous les livres précédemment cités

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Image d’Elizabeth Soule

DIEU, LES MARTIENS ET LE VATICAN

Croire en Dieu et aux petits hommes verts, ce n’est pas incompatible, selon le directeur de l’Observatoire astronomique du Vatican. Extraits de l’interview du jésuite José Gabriele Funes publiée par l’Osservatore Romano sous le titre “L’extraterrestre est mon frère”.

Dans la Genèse, on parle de la Terre, des animaux, de l’homme et de la femme. Cela exclut-il la possibilité de l’existence d’autres mondes ou d’êtres vivants dans l’Univers ?

Selon moi, cette possibilité existe. Les astronomes estiment que l’univers est formé de centaines de milliards de galaxies, chacune étant composée en moyenne de 100 milliards d’étoiles. Beaucoup de celles-ci – presque toutes, peut-être – pourraient avoir des planètes. Comment peut-on exclure que la vie se soit aussi développée ailleurs ? Il y a une branche de l’astronomie, l’astrobiologie, qui étudie justement cet aspect et qui a fait beaucoup de progrès ces dernières années. En examinant les spectres de la lumière issue des étoiles et des planètes, on pourra bientôt identifier les éléments de leur atmosphère trahissant des conditions favorables à la vie – les biomarqueurs – et comprendre quelles sont les conditions de la naissance et du développement de la vie. Du reste, il pourrait même en théorie exister des formes de vie sans oxygène ni hydrogène.

Vous vous référez aussi à des êtres semblables à nous ou plus évolués ?

Jusqu’ici, nous n’avons aucune preuve. Mais, dans un univers aussi grand, nous ne pouvons exclure cette hypothèse.

Et cela ne serait pas un problème pour notre foi ?

Je pense que non. De même qu’il existe une multiplicité de créatures sur terre, de même il pourrait y avoir d’autres êtres, créés par Dieu, y compris des êtres intelligents. Cela ne contredit pas notre foi, car nous ne pouvons pas poser de limites à la liberté créatrice de Dieu. Pour le dire avec saint François d’Assise : si nous considérons les créatures terrestres comme des “frères” et “sœurs”, pourquoi ne pourrions-nous pas aussi parler d’un “frère extraterrestre” ? Il ferait de toute façon partie de la Création.

Et en ce qui concerne la rédemption ?

Prenons l’image évangélique de la brebis égarée. Le berger laisse les 99 brebis à la bergerie pour aller chercher celle qui s’est perdue. Nous pensons que, dans cet univers, il peut y avoir cent brebis, correspondant à diverses formes de créatures. Nous qui appartenons au genre humain pourrions être la brebis égarée, les pécheurs qui ont besoin du berger. Dieu s’est fait homme en Jésus pour nous sauver. Ainsi, s’il existait aussi des êtres intelligents, il n’est pas dit qu’ils doivent avoir besoin de la rédemption. Il se pourrait qu’ils soient restés en totale amitié avec leur Créateur.

J’insiste : si en revanche ils étaient pécheurs, une rédemption serait-elle possible pour eux ?

Jésus s’est incarné une fois pour toutes. L’incarnation est un événement unique, qui ne peut être répété. Toutefois, je suis sûr qu’eux aussi, d’une façon ou d’une autre, auraient la possibilité de jouir, comme l’Homme, de la miséricorde divine.

(Propos recueillis par Francesco M. Valiante). Source Courrier International.

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