Archives de catégorie : FRANCE 3 LIVRES

DELIVREZ-VOUS – SAMEDI 24 MAI

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

LES FANTÔMES DE BAKER STREET & LES PORTES DU SOMMEIL, de Fabrice Bourland ([10 – 18, coll. « Grands Détectives »)

ÉLÉMENTAIRE MON CHER BOURLAND

Par Éric poindron

Le 221 b, à Baker Street – lieu de résidence d’un certain Sherlock Holmes à Londres – est sans doute aucun l’adresse la plus célèbre de la littérature universelle. Fort de ce constat Fabrice Bourland, écrivain à la plume agile comme un fleuret s’en donne à cœur à joie, dans Les Fantômes de Baker Street, pour revisiter la capitale anglaise et quelques-uns de ses mythes effrayants. Si notre détective escorté de son Watson de Docteur règne sur l’époque victorienne, Fabrice Bourland, quant à lui, préfère explorer les bas-fonds londoniens des années 30. Pour ce il met en scène avec maestria deux nouveaux détectives – littéraires et occultes – qui feront date dans l’histoire du polar fantastique : Andrew Singleton et James Trewlaney. Quand le second est athlétique et sanguin, le premier se révèle être un lettré usant de son érudition pour résoudre de bien étranges affaires… Il va alors être question de table tournante, de séance de spiritisme, d’ectoplasme et d’apparition, pour le moins inopinée. L’auteur s’amuse à mettre en scène une cohorte monstre comme seul Londres a pu les enfanter… Il est ici question d’un certain Dorian G., de Jack the R. et d’un Mister H.. Mais ne confessons pas l’innommable afin de laisser quelque poire pour la soif du lecteur…

Dans Les Portes du sommeil, opus II des aventures de nos nouveaux détectives, c’est à Paris, à l’ombre déjà grandi de la Tour Saint Jacques et sous les auspices du fantôme de Gérard de Nerval que nos héros s’abattent en plein surréalisme. André Breton et de la partie et malheur à celui qui s’endort sans crier gare…
Alexandre Dumas pensait que l’« on a le droit de violer l’histoire à conditions de lui faire des beaux enfants » , c’est ce qu’à fait le jeune romancier en écoutant les conseils précieux de son illustre aîné.

À lire sa prose fluide comme les feuilletonistes et les romanciers populaires d’antan, on pourrait s’écrier, sous forme d’hommage à peine déguisé, « élémentaire mon cher Bourland. ».

L’AFFAIRE DU CHIEN DES BASKERVILLE, de Pierre Bayard (éditions de Minuit)

Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l »intérieur des textes et vont jusqu’à commettre des meurtres à l’insu de l’auteur.

Faute de l’avoir compris, Conan Doyle a laissé Sherlock Holmes se tromper dans sa plus célèbre enquête, Le Chien des Baskerville, et accuser à tort un malheureux animal, permettant au véritable assassin d’échapper à la justice. Ce livre rétablit la vérité.

Extraits :

Comment Conan Doyle a-t-il pu se tromper à ce point ? Il lui manquait sans doute, pour résoudre une énigme aussi complexe, les outils de la réflexion contemporaine sur les personnages littéraires. Ceux-ci ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent dans les livres une existence autonome, allant parfois jusqu’à commettre des meurtres à l’insu de l’auteur. Faute de mesurer cette indépendance, Conan Doyle ne s’est pas aperçu que l’un de ses personnages avait définitivement échappé à son contrôle et s’amusait à induire son détective en erreur.

Cet essai, en engageant une véritable réflexion théorique sur la nature des personnages littéraires, leurs compétences insoupçonnées et les droits qu’ils peuvent revendiquer, se propose donc de rouvrir le dossier du Chien des Baskerville et de résoudre enfin l’enquête inachevée de Sherlock Holmes, permettant par là à la jeune morte de la lande de Dartmoor, errante depuis des siècles dans l’un de ces mondes intermédiaires qui environnent la littérature, de trouver le repos .

EN VRAC

Histoires d’os et autres illustres abattis : Morceaux choisis de l’Histoire de France, de Clémentine Portier-Kaltenbach (J-C. Lattès)

« Les ossements sans histoire se comptent par millions. Chacune des trente-six mille communes de France possède un ou plusieurs cimetière où cohabitent pacifiquement des générations entière de trépassés. Ces défunts-là, célèbres ou inconnus, ont été ensevelis une fois pour toutes après leur disparition. Reposant six pieds sous terre sous une dalle déclinant leur état-civil, ils sont en quelques sorte les nantis du royaume de morts. De profundis, fin de l’histoire ! »

Même morts nos grands hommes ne sont pas tranquilles ! A peine refroidis, leurs cheveux, leurs dents, le moindre de leurs os font l’objet d’un commerce insolite, d’une spéculation effrénée. Clémentine Portier-Kaltenbach, en véritable détective, en historienne légiste, a mené une enquête passionnante sur le destin de ces reliques dont la possession suscite tant de convoitise. Quel chemin mystérieux le corps de Descartes a-t-il suivi avant de trouver la paix dans l’église Saint-Germain-des-Prés ? En quoi la barbiche de Richelieu prouve-t-elle l’authenticité de son crâne ? Qu’en est-il des vestiges des héros entrés par la grande porte du Panthéon – Mirabeau, Marat… – et sortis en toute discrétion par la petite ? Qu’a-t-on découvert en ouvrant les cercueils de Voltaire et Rousseau ? Et Napoléon, y a t-il un mystère des Invalides ? Sans oublier les énigmes qui entourent la côte de Jeanne d’Arc, la jambe de Catherine de Médicis, les dents de Louis XIV, le cœur de Louis XVII… et surtout le fabuleux reliquaire de Vivant Denon dont le contenu défie l’imagination ! Ce sont ainsi des épisodes – des morceaux – de l’histoire de France, inconnus, saugrenus, surprenants qui surgissent du passé non pas comme des fantômes mais comme la preuve que les destins exceptionnels continuent à vivre dans notre présent.

« Que la seule idée de reliques « dermiques » n’inspire que répugnance ne dipense pas pour autant de rechercher si oui ou non de telles reliques existent. Le saint nombril ou le saint prépuce du Christ ont déjà été cités, et quelques sanctuaires possèdent bien des parcelles de « peau de saints » ; mais Dieu soit loué, serait-on tenté de dire, le petit monde des reliques d’hommes célèbres ne présente guère de trophées équivalents. »

  • INTERPOLART

La troisième édition du Festival Interpol’Art se déroulera du 26 mai au 1er juin 2008.

Quelques invités :

– Journaliste et historienne diplômée de Science-Po, Clémentine Portier-Kaltenbach, auteur du livre « Histoire d’Os et autres Illustres Abattis » aux éditions Lattès, est aussi chroniqueuse au « Nouvel Observateur ». Passionnée d’Histoire, elle appartient à des sociétés historiques, aussi diverses qu’originales. Elle a également participé à la rédaction des questions du Trivial Poursuit sur Paris. « Histoires d’os et autres illustres abattis » est son premier livre et il a été sélectionné dans les vingt meilleurs livres de l’année 2007 par le journal Le Point.

Même morts, nos grands hommes ne sont pas tranquilles ! A peine refroidis, on se dispute leurs cheveux, leur crâne, leurs doigts, leurs dents Clémentine Portier-Kaltenbach, en véritable détective, s’est livrée à une enquête passionnante – avec un certain humour – sur l’histoire et le destin de ces étonnantes reliques historiques dont la possession suscite tant de convoitise ; elles incarnent symboliquement des morceaux d’histoire de France tragiques ou héroïques.

– Né en 1968, Fabrice Bourland vit et travaille en région parisienne. Avec quelques adeptes de la fiction courte, il a fondé en 1992 la revue L’Imbriaque, dans laquelle il a publié de nombreux textes et aphorismes sous le pseudonyme de Clément Destroit. Entre 1999 et 2004, il a été collaborateur puis rédacteur en chef de Nouvelle Donne, magazine consacré à l’actualité de la nouvelle. Depuis 2003, il dirige aux éditions Nestiveqnen une collection de littérature fantastique. Grand admirateur d’Edgar Poe, Jean Ray, Stevenson ou Hoffmann, ses textes ont été publiés dans différentes revues, collectifs et anthologies.

Fabrice Bourland fait un usage érudit et très habile de la mythologie holmésienne – le lecteur verra même passer le docteur Watson ! – et plus encore de la biographie de Conan Doyle, qui délaissa les fastes de la déduction et de l’enquête pour vanter ceux de la communication avec les défunts.
(Jacques Baudou )

Londres, 1932. Depuis que la municipalité a attribué à la maison du major Hipwood le n° 221 à Baker Street, le salon du premier étage semble hanté. S’agit-il d’un esprit, comme le prétendent certains

Venez rencontrer et écouter des auteurs à la MEDIATHEQUE Jean FALALA

10H30 : Polar ésotérique et polar fantastique avec Eric GIACOMETTI et Fabrice BOURLAND (table-ronde animée par Eric POINDRON)

Après le Code Vinci, des dizaines de thrillers ésotériques sortent chaque année, en France et dans le monde. Templiers, sociétés secrètes, francs-maçons, alchimie, conspiration, etc. le genre s’est installé dans les rayons et les lecteurs sont accros, si l’on en juge au niveau des ventes. Décrié par les purs et durs du polar, ce genre n’a pourtant pas été créé par Dan Brown. Daniel Easterman, Morrel, et bien d’autres avaient labouré ce terrain sombre. En France, on trouvait dans la série télévisée Belphégor tous les ingrédients d’un bon polar ésotérique.

Eric Giacometti, auteur avec Jacques Ravenne des enquêtes du commissaires Marcas, flic franc-maçon.

Fabrice BOURLAND, auteur des enquêtes d’Andrew Singleton et de James Trelawney, qui enquête dans le monde du spiritisme et traquent les fantômes.

Découvrir tout LE PROGRAMMME DU FESTIVAL

DES LIVRES ET VOUS – SAMEDI 17 mai

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

SAMEDI17 mai

PERDU TOUVÉ ANTHOLOGIE DE LA LITTÉRATURE OUBLIÉE, dirigié par Benoît Virot, (Toussaint Louverture)

sous-titré :

Voilà une jeune, singulière, et jubilatoire maison d’édition. Les livres sont soignés, précieux et accessibles, aussi il ne faut pas ne pas les découvrir

Il est possible de commencer la découverte et la lecture par un Collectif, Perdus / Trouvés, Anthologie de littérature oubliée, dirigé par Benoit Virot qui anime l’icconoclaste et salutaire revue LE NOUVEL ATTILA, la revue qui met du sang dans son vin….

« Tout le monde se fout des auteurs oubliés. Sinon ils ne serait pas oubliés ».

C’est sur ce constat un brin provocateur que la jeune et iconoclaste maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture ouvre le bal des dédaignés, à défauts des débutants. Benoît Virot, fondateur de la revue et de la maison d’édition LE NOUVEL ATTILA est l’« éditeur invité » de ce livre soigné qui séduit d’emblée le lecteur par ses qualités graphiques et sa belle allure bibliophilique. En chef d’orchestre littéraire l’éditeur inspiré a dû puiser dans sa bibliothèque et celle des autres pour exhumer de vieilles plumes certes, mais d’une étonnante acuité littéraire. Si les noms de Adolfo Bioy Casares, Hans H. Ewers – auteur de l’effrayant La Mandragore – Noël Calef, Loïs Masson ou Marc Agapit disent encore « quelque chose » aux lettrés et aux lecteurs exigeants, qu’en est-il d’André Baillon, de Pierre Humbourg ou de Clark Ashton Smith ? Ce qu’aime par-dessus tout Benoît Virot, ce sont les maudits et les oubliés – c’est ici son credo – , les « soleils noirs » ou les « tricards » de la littérature. Alors pour nous les faire découvrir, il ne ménage ni ses efforts ni sa curiosité. L’éditeur justifie ces choix, peste contre les ignorants et clame haut que les écrivains dont il dit du bien, il les a lus !

Les auteurs présentés, ici et ainsi, sont par la plupart inédits en France, épuisés en librairie et même réellement bannie de la mémoire collective. Aussi pour inviter le lecteur à faire de véritables découvertes, Benoît Virot a pris soin de convoquer d’autres jolies plumes – Hubert Haddad, Guy Darol ou François rivière pour ne citer qu’eux – afin qu’ils présentent les nouveaux re-venus. Portraits alertes et bibliographie complètent ainsi les textes rares.

On l’aura deviné Benoît est un passeur littéraire qui a su faire d’un seul livre une bibliothèque en devenir et de qualité.

A découvrir aussi sur le Site de MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE :

des listes foutraques, des petites annonces, des textes qui ne manquant ni de style ni de chien, des plumes caustiques ou assassines…

M.T.L. V O U S R E C O M M A N D E, entre autres…

Les vieux dictionnaires.

Il y a toujours des surprises dans ces vieux dictionnaires, des planches noir et blanc étonnantes, des définitions jamais complétes, la reliure en tissu toujours sur le point de se déchirer, on en a tous. Gardez-les !

Le matricule des anges

Personnellement nous ne l’achetons jamais. Nous n’avons pas d’argent à dépenser là-dedans. Nous nous contentons de le lire debout dans les rayons, de les voler dans les soirées, de photocopier les articles qui nous plaisent et d’en parler à tout le monde.

MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE UNE OUVERTURE SUR LE MONDE

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PETIT GUIDE DE LA SUISSE INSOLITE MADE IN SWITZERLAND guide français-anglais illustré du temps des dinosaures à nos jours, de Mavis Guinard (Métropolis)

Voici un guide français/anglais qui a pour ambition de faire découvrir une Suisse insolite aux touristes curieux, audacieux, lassés des itinéraires conventionnels et des clichés partout placardés tout en lui fournissant les informations nécessaires et pratiques pour satisfaire ses appétits de nouveautés. La Suisse insolite, c’est son inventivité : ses petits trains de montagne à crémaillère ; ses barrages dans les Alpes ; le luxe de ses palaces qu’elle exportera à travers les grandes capitales. C’est la longue vie de ses mythes, sa démocratie directe, son regard sur les femmes – ne fut-elle pas la dernière démocratie à leur accorder le droit de vote? Ce guide vous fera découvrir également que la Suisse touristique telle que vous la connaissez, est une invention anglo-saxonne du 19e siècle romantique. Ce sont eux, les Anglais, qui, les premiers, se sont aventurés sur ses sommets réputés jusque-là imprenables. Car s’il est vrai que la traversée des Alpes a toujours été le plus court chemin pour rejoindre le Sud, elles avaient fort mauvaise réputation. Ces excentriques de la première heure sont les premiers grimpeurs, les premiers skieurs, les premiers lugeurs. Ainsi, ce lieu de passage, connu depuis l’époque des dinosaures, pauvre et désolé, deviendra un lieu privilégié de villégiature de nombreux écrivains et de touristes célèbres qui feront la richesse et la renommée de ses habitants. Le lac Léman lui aussi sera un lieu recherché jusqu’à nos jours. Le “Frankenstein” de Mary Shelley ne fut-il pas inspiré à Genève par une nuit d’orage sur le lac, et “L‘île au Trésor” de Stevenson par les hivers rigoureux de Davos ?

L’arc à Romainmôtier, Suisse.

EN VRAC

D’UNE BIBLIOTHÈQUE L’AUTRE, de Enis Batur (Bleu Autour)

Pour Alberto Manguel, voici « un merveilleux petit livre qui pourrait prêter son titre à une possible autobiographie », celle d’un amoureux des livres, son « alter ego », l’écrivain turc Enis Batur.

De Ptolémée à Borges et à Manguel, d’une bibliothèque à l’autre, celle qu’il a perdue, celle qu’il recrée, celles de Londres, de Parme, de Sarajevo et d’ailleurs, celles aussi d’un petit hôtel ou d’une maison d’emprunt, Enis Batur nous entraîne à sa suite dans un dédale de réflexions :« la maison des livres », c’est toute une histoire…

Enis Batur, qui vit à Istanbul, est l’une des figures centrales de la littérature turque depuis vingt-cinq ans. Né en 1952 à Eski?ehir (Turquie), il a reçu une éducation françaiseau lycée Saint-Joseph d’Istanbul, avant de faire des étudesde lettres et de philosophie en Turquie et en France, où il séjourne régulièrement. Il est l’auteur d’une centaine d’ouvrages, souvent traduits dans de nombreuses langues étrangères.

DÉCOUVRIR LES ÉDITIONS BLEU AUTOUR

DES LIVRES ET VOUS SAMEDI 19 AVRIL

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

LE MANUSCRIT TROUVÉ À SARAGOSSE, de Jan Potocki, préface de Roger Caillois (Gallimard – L’Imaginaire)

Ce classique de la littérature fantastique mondiale, écrit directement en français et publié pour la première fois à Saint-Pétersbourg vers 1804-1805, est considéré comme le texte fondateur du romantisme fantastique et le précurseur du fantastique moderne :

 » C’était un manuscrit espagnol ; je ne connaissais que fort peu cette langue, mais, cependant, j’en savais assez pour comprendre que ce livre pouvait être amusant : on y parlait de brigands, de revenants, de cabalistes, et rien n’était plus propre à me distraire des fatigues de la campagne que la lecture d’un roman bizarre. Persuadé que ce livre ne reviendrait plus à son légitime propriétaire, je n’hésitais point à m’en emparer. « 

Roman somme, le chef-d’œuvre de Potocki, tardivement découvert en France, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Considéré par Roger Caillois et les surréalistes comme un des précurseurs de l’esthétique fantastique, il a longtemps été présenté aux lecteurs sous cet angle. Tzvetan Todorov, dans son Introduction à La littérature fantastique le désigne même comme le roman modèle de ce qu’il nomme le fantastique-étrange.

Mais les travaux plus récents et, surtout, la version complète du roman montrent que celui-ci va beaucoup plus loin. En effet, il n’emprunte pas seulement à la littérature gothique et fantastique mais explore aussi les voies du roman d’apprentissage, du roman libertin, du roman à tiroirs, philosophique, picaresque, et la liste est longue. Le Manuscrit trouvé à Saragosse est plus qu’un livre fantastique, un roman sur le discours et sur le roman lui-même.

  • L’auteur

Jean Potocki (1761-1815), fut un voyageur (Europe, Afrique du Nord, Asie…) et diplomate polonais, conseiller privé du tsar Alexandre 1er, assoiffé de grands espaces, du Maroc au Caucase, de l’Egypte à la Turquie et à la lointaine Chine, lecteur et érudit insatiable, de culture française, romancier prodigieux dont Le Manuscrit trouvé à Saragosse est un chef-d’oeuvre de la littérature universelle.

Né aux marches d’une Pologne à l’agonie, dans un espace trop étriqué pour retenir une âme en pérégrination permanente, mais assez vaste néanmoins dans sa planitude infinie, et trop ouvert pour contenir les poussées de la mélancolie, il lui a été donné de vivre dans une époque de l’entre-deux : l’héritage des Lumières n’avait plus grande valeur au temps de toutes les révolutions et moins encore sous la botte impériale.

Comme personnage dans son temps, comme objet potentiel de biographie, Potocki est un matériau rêvé parce qu’il a fait et vécu tout ce qui était possible, voire davantage, mais un matériau piégé parce qu’il n’a rien fait, ni rien vécu comme tout le monde.

L’histoire de sa vie, émaillée d’introuvables bizarreries au milieu des plus hautes dignités, semble inventée et racontée distraitement par un romancier farceur. Ses engagements politiques furent assez spectaculaires, mais rigoureusement donquichottesques.

En 1815, il polit son suicide comme son chef-d’oeuvre, ce qui fascina Caillois et les surréalistes. Si le personnage est étrange et fascinant, son oeuvre ne l’est pas moins. C’est un bonheur d’aller à leur rencontre.

  • Le Film, proposé avec le livre.

Le jeune Alfonse Von Worden, capitaine au service du Roi d’Espagne, doit se rendre à Madrid. Dans une auberge, il fait la rencontre de deux étranges jeunes femmes, Emina et Zibelda. Elles lui font une révélation : il est promis à un destin de grand seigneur mais il devra d’abord se soumettre à une série d’épreuves pour prouver son courage. La frontière entre les rêves et la réalité commence alors à se briser entraînant Alfonse Von Worden dans une série d’aventures toutes plus surprenantes les unes que les autres…

Lire et relire l’étrange Manuscrit, c’est s’aventurer au coeur des littératures improbables, s’égarer sur les mystérieux chemins romanesques et assister aux tours de passe-passe littéraires d’un roman complexe, magique et unique (Éric Poindron)

A LIRE AUSSI : JEAN POTOCKI, BIOGRAPHIE, de François Rosset et Dominique Triaire(Flammarion , collection Grandes biographies)

De Jean Potocki, on sait qu’il écrivit un livre appelé à devenir mythique, le Manuscrit trouvé à Saragosse, et qu’il polit son suicide comme son chef-d’oeuvre, avec une minutie qui fascina Caillois et les surréalistes. Mais, où que l’on aborde dans la vie du comte Jean, c’est l’étrangeté qui surgit. Ce grand seigneur polonais, richissime, peut se piquer de politique et de patriotisme, devenir député en son pays, le goût de l’aventure le jette bientôt à la découverte du monde, là où l’Histoire palpite: la France de la Révolution, où il fréquente Mirabeau et Mme de Staël, qui l’appelle son «beau ténébreux», la Russie, où il devient conseiller privé du jeune tsar Alexandre 1er, la cour du sultan du Maroc, où il promène ses innombrables malles… Dans les salons aristocratiques, le désert d’Égypte ou les steppes du Caucase, le comte laisse derrière lui le souvenir d’un original, d’un érudit distrait et gaffeur. Car ce fils des Lumières, passionné de sciences et d’histoire, se livre corps et âme aux projets les plus fous: il se fait construire un ballon en son palais de Varsovie afin de survoler la ville, il échafaude pour le tsar l’annexion de la Tchétchénie, il crée une imprimerie pour diffuser ses livres, il imagine de fonder une ville nouvelle en Crimée… Et puis, en 1815, d’une balle dans la tête, le comte Jean tire sa révérence au monde. Il a, en guise d’ultime pensée, jeté quelques dessins fantastiques sur une feuille de papier…

BIBLIOLEXICOGRAPHIQUE À L’USAGE DE L’AMATEUR DE LIVRES, de Jean-Paul Fontaine (Éditions des Cendres)

BIBLIO-QUELQUE CHOSE

Par Eric Poindron

Chacun sait qu’un un bibliothécaire veille sur une bibliothèque tandis qu’un bibliophile veille jalousement sur SA bibliothèque. Qui sait en revanche qu’un bibliomane est un amoureux des livres et qu’un bibliopathe, est atteint de bibliopathie, à savoir d’une pathologie liée à l’amour des livres ? Qui sait enfin qu’un bibliophobe déteste les livres – oui ça existe ! – et qu’un biblioclaste, en plus de les haïr, se fait un devoir – sacrilège – de les détruire…

Ces quelques définitions sont le résultat, oh combien passionnant, des recherches de Jean-Paul Fontaine, bibliomanographe – qui manifeste l’obsession d’écrire au sujet des livres – et historien du livre. Après avoir écrit Le Livre des livres, un ouvrage monumental consacré à l’histoire dudit livre, l’auteur propose un Bibliolexique à l’usage de l’amateur de livres, opuscule léger et raffiné à l’usage des bibliophilo-facétieux et des autres.

L’auteur, en détective obsessionnel et en lecteur insatiable à traqué les mots commençant par la racine biblio – de biblion qui signifie livre en grec – dans les dictionnaires d’autrefois, chez les écrivains oubliés ou les bibliophiles d’antan ; sans pour autant oublier les néologismes qui feront, peut-être, école. Pour expliquer en partie ses recherches, il confie que : « Estimant que nombre d’entre eux étaient désuets, inusités ou bizarres, les lexicographes n’ont offert qu’un nombre restreint de ces mots aux dictionnaires…»

Aussi, de bibliana, – récolte d’anecdote sur le livre, jusqu’à bibliuguiancie – art de réparer les livres, Jean-Paul fontaine nous propose cent quatre-vingt-un mot – et il en a collecté de nouveaux depuis – Quand le dictionnaire Le Robert en propose huit et le Littré seulement dix-neuf ! Pour chaque mot recensé, Jean-Paul Fontaine dresse une définition du mot évoqué, propose une date de naissance et une bibliographie lorsqu’elle existe. Aussi bienvenue en Biblionomadie, une itinérance à travers les livres, un mot en forme de voyage léger inventé par votre serviteur.

Bibliana / bibliarchie / bibliatélie / biblio-autographomanie / bibliobrève / bibliobus / bibliocamelote / bibliocapèle / bibliocar / biblio-chose / biblio-chrome / bibliochryse / bibliocide / biblioclasme / biblioclastie / biblioclub / bibliocombine / bibliocycle / biblioexploitation / bibliofolie / bibliogenèse / bibliographie / bibliognosie / bibliogonie / bibliograffiti / bibliographe / bibliographicitation / bibliographie / biblioguide / bibliogynie / biblioholisme / biblio-holocauste / bibliojurisprudence / biblioklepte / bibliolathe / bibliolâtre / bibliolétie / bibliolexique / bibliologie / bibliolyte / bibliomancie / bibliomane / bibliomante, etc.

  • L’auteur

Jean-Paul Fontaine est médecin et historien – amateur est inspiré – du livre. il écrit régulièrement dans LE MAGAZINE DU BIBLIOPHILE – Bibliopolie & autres portraits – et sur LE BLOG DU BIBLIOPHILE où l’on peut bavarder avec lui.

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EN VRAC

L’AMATEUR DE LIVRES, de Charles Nodier (Le Castor Astral)

NODIER, UN AMATEUR « BIEN NOMMÉ »

Par Éric Poindron

Même si la collection s’intitule « les inattendus », L’Amateur de livres de Charles Nodier est une édition – agrémenté de textes rares et dispersées – de toute première importance que chacun aura plaisir à glisser de nouveau dans sa bibliothèque auprès des éditions plus anciennes.

Charles Nodier, qui fut tout à la fois conservateur de l’Arsenal, polygraphe, spécialiste des sociétés secrètes, l’ami de Nerval, de Hugo et protecteur de la génération romantique, déclare ici l’affection et l’obsession qu’il porte à la bel ouvrage imprimé :

L’amateur est un type qu’il est important de saisir , car tout présage qu’il va bientôt s’effacer. Le livre imprimé n’existe que depuis quatre cents ans tout au plus, et il s’accumule déjà sans certains pays de manière à mettre en péril le vieil équilibre du globe.

(…)

A considérer l’amateur de livre comme une espèce qui se subdivise en nombreuses variétés, le premier rang de cette ingénieuse et capricieuse famille est dû au bibliophile.

Au fil des pages, c’est un Bibliomane qui lève le voile sur d’autres bibliomane, auteurs bizarres ou inclassables de manière étonnantes et drôles. L’objet élégant, à la typographie soigné, rend hommages à tous ceux qui sont ivres de livres et de lecture. ON L’AURA COMPRIS, CELUI-LÀ N’AURAIT JAMAIS FAIT DE MAL À UN LIVRE

L’Amateur de livres, précédé du Bibliomane, de bibliographie des fous et De la monnomanie réflective, de Charles Nodier. Edition présenté par Jean-luc Steinmetz (éditions Le Castor Astral, collection « les inattendus »)

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ASCENSION, de Ludwig Hohl (Attila)

Repris, corrigé et réécrit six fois entre 1916 et 1940, avant de recevoir sa forme définitive (et un succès critique sans précédent) en 1975, Ascension est le récit d’une ascension en montagne.

Deux hommes partent à l’assaut d’un glacier ; les conditions sont mauvaises. Le malaise de l’un s’intensifie devant la dureté des éléments, à tel point qu’il abandonne, et que l’autre entreprend une ascension solitaire folle, mais consciemment assumée. Lente ascension, ou lente agonie ?

On suit pied à pied les héros dans leurs trajectoires opposées, les accidents qui se multiplient, et les songes dont ils peuplent la montagne… Labyrinthe de glace sans trace humaine, ni perspective, et bordé d’abîmes, celle-ci prend un relief fantasmatique et monstrueux. Dans cet univers à la fois transparent et ténébreux, où la réalité tend à se dissoudre, peuvent surgir des événements décisifs et tragiques.

L’écriture à ellipses de Ludwig Hohl fascine par sa minutie et sa sobriété. L’auteur tente de percer la personnalité de la montagne à travers ses couleurs, ses méandres, ses formes, son climat… Ascension est une parabole impeccable, dans la lignée du Vieil homme et la mer d’Hemingway, ou du Moby Dick de Melville.

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DES LIVRES & VOUS – DÉLIVREZ-VOUS – SAMEDI 23 FÉVRIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

UN OEIL BIEN PÂLE, de Louis Bayard (Le Cherche midi)

À la façon de Caleb Carr dans L’Aliéniste, ou de Matthew Pearl dans Le Cercle de Dante, Louis Bayard nous propose avec Un œil bleu pâle un thriller gothique et érudit d’une intensité rare. Multipliant les énigmes, les fausses pistes, les trompe-l’œil, il construit une intrigue qui prend racine dans la vie et les œuvres d’Edgar Poe, au suspense constant et au final étourdissant. 1830. Landor est un vétéran de la police de New York, désormais à la retraite. Personnage complexe, usé par les années de service et des tragédies personnelles, il répond à l’appel des autorités de l’académie voisine de West Point lorsque la dépouille d’un élève officier, retrouvé pendu, est atrocement profanée. Landor accepte de mener l’enquête et prend pour assistant un élève de West Point sombre et tourmenté, nommé Edgar Poe. C’est le début d’un terrible voyage au cœur des ténèbres pour les deux hommes qui, lancés sur la piste d’un tueur aussi terrifiant que machiavélique, devront affronter leurs propres démons, alors que l’académie entière est prête à basculer dans la folie. Tandis que les cadavres se multiplient, Landor et Poe pénètrent les arcanes mystérieux de West Point, entre sociétés secrètes et sacrifices rituels, jusqu’à une conclusion aussi stupéfiante qu’imprévisible.

LE MYSTÉRIEUX FU MANCHU de Sax Rohmer (Zulma)

Le mystérieux docteur Fu Manchu — le péril jaune incarné en un seul homme ! — a jeté son dévolu sur l’Occident.

Fu Manchu est un esthète du crime, il tue en série et en beauté. Pour l’empêcher de nuire : le brillan agent secret Nayland Smith, flanqué du discret docteur Petrie, sorte de Watson plutôt fleur bleue et chroniqueur des innombrables méfaits du terrible Chinois.

Sax Rohmer nous entraîne à leur suite dans un Londres nocturne, tout en chausse-trapes, où le moindre ponton cache un laboratoire clandestin, le moindre entrepôt un caravansérail, la moindre passante une princesse arabe…

Premier volume d’une série culte, dans une nouvelle traduction !

Boris Karloff, dans Le masque de Fu Manchu.

EN VRAC

HARRY DICKSON, de Jean Ray, (Le Cri) (de 9 à 12)

Jean Ray, pseudonyme de Raymond Jean Marie De Kremer (Gand, 1887-1964), tissa sa légende personnelle d’« écumeur de mers », de « flibustier d’un autre âge », de « trafiquant à l’époque de la prohibition ». Romancier, il signa Malpertuis. Il fut l’auteur d’un grand nombre de contes qui l’ont conduit à la notoriété lors de la publication des Contes du whisky en 1925. Parmi son œuvre : La Cité de l’indicible peur, Les Derniers Contes de Canterbury, Le Livre des fantômes, Les Contes noirs du golf. Ses livres ont été traduits en anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, japonais, etc. Son œuvre a fasciné de nombreux cinéastes et a été adaptée à l’écran par Harry Kümel (Malpertuis) et Jean-Pierre Mocky (La Grande frousse). Ami de Michel de Ghelderode, cette figure hors du commun — il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages écrits en néerlandais sous le pseudonyme de John Flanders — tend peu à peu à se confondre avec sa légende. Jean Ray n’en demeure pas moins le maître incontesté du fantastique policier. Voici enfin rééditées ses plus belles aventures de Harry Dickson.

DES LIVRES ET VOUS – DÉLIVREZ VOUS SAMEDI 16 FÉVRIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

OSCAR WILDE, de Frédéric Ferney (Menges)

Figure emblématique de la littérature, Oscar Wilde n’a jamaiS douté de son avenir :  » Je serai poète, écrivain et dramaturge. D’une façon ou d’une autre, je serai célèbre et si je ne suis pas célèbre, je serai connu « .

Né à Dublin en 1854, fils d’un chirurgien irlandais, Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde ne se trompait pas. Séduisant et raffiné, il fit de brillantes études à Oxford et développa rapidement sa
célèbre théorie de l’esthétisme suite à sa rencontre avec John Ruskin. Installé à Londres, il fut l’homme qui choqua la société mondaine par ses extravagances et son cynisme, ses pièces de théâtre étant souvent interdites de représentation. Son premier et unique roman, Le Portrait de Dorian Gray, marqua le début de sa célébrité littéraire. Il dévoile toute sa personnalité : vive intelligence, humour cinglant et dévastateur à l’égard de la haute société de son temps, misogynie à peine dissimulée, refus de céder au conformisme… et enfin le culte immodéré du Beau.

Cependant, en 1891, alors que sa réputation se faisait mondiale, il rencontra Lord Alfred Douglas de Queensberry, s’en éprit et afficha publiquement son homosexualité. Le père d’Alfred, John Sholto Douglas, marquis de Queensberry, désapprouvait cette relation. À l’heure où l’homosexualité était punie par la loi, un procès retentissant conduisit Oscar Wilde à deux années de travaux forcés.

Tout entier sous le charme de cet écrivain agaçant et cabotin, étonnant de sincérité et de candeur, d’un courage extrême allant jusqu’au tragique, Frédéric Ferney offre au lecteur le passionnant portrait d’un homme dont toute la vie a été consacrée à… l’art de la vie :  » Si tout art, y compris l’art de vivre, est invention d’une forme, d’une fiction plus belle que la réalité, alors Oscar est l’auteur d’un chef-d’oeuvre : sa vie. Cette vie, qui est aussi un combat, ne peut se réduire à un recueil d’anecdotes. Car jusqu’au bout des ongles, Oscar demeure un artiste : il ne doute pas que le costume est plus vrai que l’homme, et que le masque de l’acteur est plus vrai que son visage. Plus vrai, plus beau. Plus Wilde. « 

Et si Frédéric Ferney avoue qu’il s’est demandé parfois –  » avec la naïveté du biographe attendri  » qu’il n’est pas -, s’il aurait pu être l’ami d’Oscar Wilde, il nous prouve avec brio, d’une plume acérée trempée d’humour et de verve généreuse, qu’il est indéfectiblement attaché à ce personnage dont l’âme fut joyeuse et désespérée, un écrivain qu’il est urgent de rencontrer pour apprendre ou réapprendre à le lire  » comme un poème, comme une offense, comme une blague « .

JARRY 100 ANS, collectif (Les amis de l’Ardenne)

Le collectif littéraire ardennais nous enchante, une fois encore, avec cette belle revue dynamique, hétéroclite et sérieuse. Oui l’érudition et la littérature peuvent être jubilatoires.

UBU CYCLISTE de Alfred Jarrry (le pas d’oiseau)

Les éditions Le Pas d’oiseau, qui se penchent avec assiduité sur le petit véhicule – son histoire, ses vertus, ses hérauts –, ne pouvaient que croiser, au détour d’un virage relevé – le centenaire de sa mort –, l’ombre rayonnante d’Alfred Jarry.

À la force de la plume et du jarret, Jarry s’est fait une place au panthéon du Cycle. Derrière le masque d’Ubu, à travers l’œuvre et la correspondance, surgit un Jarry cycliste pratiquant, avide d’exercice physique et de sensations nouvelles, amoureux de la « Clément luxe 96 » – restée à jamais impayée – avec laquelle il partageait sa chambre.
« Ubu cycliste » rassemble les écrits « à bicyclette » d’Alfred Jarry.

EN VRAC

HOMMAGE À JARRY, Collectif (Cynthia 3000)

Présentation des éditions Cynthia 3000

Cynthia 3000 : un nouveau pressing dans votre quartier ? l’événement du salon de l’auto ? la colocataire d’Ulla ? 1 pseudo tro grave ?

Cynthia 3000 est une maison d’édition fondée dans l’intention que nos productions littéraires, diffusées en partie par internet sur nos blogs, connaissent une existence matérielle (d’autant plus que certaines de ces séries furent conçues dans l’objectif du livre). Pour ce faire et dans le souci de conserver une grande indépendance, il nous a paru évident de créer notre propre structure — par conséquent de fabriquer, diffuser et mettre en vente nous-mêmes nos ouvrages.

Avec la première parution, Etant donnés , nous commençons donc par une auto-publication. Dans cette voie, cinq de nos textes sont déjà prévus pour l’année à venir : des écrits où l’intérêt pour la langue et l’expérimentation dominent, où le sens se trame plus qu’il ne s’énonce, préférant même se faire non-sens, une poésie jouant de l’instabilité, des bifurcations et dérapages…

Nous projetons également d’éditer d’autres auteurs contemporains, se situant hors des modes et des compromis, ne se préoccupant ni de se faire bien voir du gratin poétique ni de tortiller bigotement du cut-up.

Un autre volet des éditions Cynthia 3000 est consacré à la réédition d’œuvres insolites, méconnues et pour la plupart devenues introuvables, qui nous semblent mériter de rencontrer des lecteurs d’aujourd’hui.


Ce site, extension des éditions, présente nos parutions, les auteurs, toutes informations concernant nos activités, et permet la commande en ligne de nos livres. Il est accompagné d’un blog où il sera question de nos lectures, de nos centres d’intérêt littéraires et artistiques, et où l’on trouvera des extraits de textes en cours et tout le tralala.


Céline Brun-Picard & Grégory Haleux.

Hommage à Jarry

Cent ans jour pour jour après la mort d’Alfred Jarry, notre cinquième publication rend hommage à « celui qui revolver » : 16 petits livres par 16 auteurs commentant l’oeuvre géniale ou créant dans un amusement tout pataphysique.

OMAJAJARI

« Alfred Jarry aimait à rappeler qu’il était venu au monde le jour de la Nativité de la Vierge, le 8 septembre 1873 ; il est mort le jour de la Toussaint, avec une grande précision, dirait-il lui-même. » (Alfred Vallette, Mercure de France, 16 novembre 1907).
Plus précisément, Alfred Jarry est mort le 27 haha 35 E.P., il y a donc très exactement 100 ans.

Afin de lui rendre dignement, en ce jour des Saints/Morts vulg., l’hommage qui s’impose, 16 auteurs sont réunis pour 16 livres impairs aux couvertures illustrées par eux-mêmes : tandis que certains spéculent savamment autour de l’œuvre (Arrivé, Cornille, Jouet) ou de ses marges (Barbaut, Bordillon, Dussert, Quintane), d’autres mirlitonent ou carnavalisent (Prigent, Suel), détournent le théâtre d’Ubu (Dranty, Edwards, Foutre de Dieu, Maraud), ou bien naviguent sur les eaux pataphysiques de Faustroll (Christoffel, Lequette, ZiegelmeyeR).

Ainsi Omajajari reflète-t-il, cent ans après, la variété, la monstruosité et la drôlerie de l’oeuvre de Jarry.

Voici, par ordre strictement alphabétique de noms d’auteurs, la liste des livres constituant notre Omajajari :

Michel Arrivé, Il n’y a que la lettre qui soit littérature

Jacques Barbaut, des ch 1 ffres & des 1 ettres d’A.J. (1907-2007)

Henri Bordillon, Spéculation en forme de poire autour d’Ubu

David Christoffel, Faustroll à l’étouffé

Jean-Louis Cornille, Honte au génie (débuts et fins de Jarry)

Billy Dranty, Ubu bu – drame-vitesse en un acte vain dédié aux bons qu’à rien

Eric Dussert, Alfred et l’Omnibus

Paul Edwards, Projet de mise en scène d’Ubu Roi dans les rues de Paris

Foutre de Dieu, Rosalie superstar

Jacques Jouet , Jarry contre le théâtre (tout contre)

Samuel Lequette, Introduction à l’Herménoptique

Clément Maraud , Le Massacre du roy Venceslas – scénographie en dix tableaux

Christian Prigent, Criterium Jarry suivi de Bienvenue au Père Ubu

Nathalie Quintane, Finis ton potache ! – Jarry lecteur de Daudet

Lucien Suel, Déjà vu, déjà lu, déjà ri (hommaRge à Jarry)

Pierre Ziegelmeyer , Actes & Paroles de Sangulus Epiphène, renézidorien

DÉCOUVRIR LES ÉDITIONS CYNTHIA 3000

DES LIVRES & VOUS – DÉLIVREZ VOUS SAMEDI 9 FÉVRIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

LES COMPAGNONS DE L’OMBRE, Collectif (éditions Rivière blanche)

Les Compagnons de l’Ombre sont les héros et vilains de la culture populaire qui ont bercé notre adolescence.

Dans les égouts de Paris, Judex affronte le Monstre de Frankenstein… Le Comte de Monte-Cristo et le Chevalier Dupin affrontent les Habits Noirs… Sherlock Holmes et Arsène Lupin croisent à nouveau le fer… Le Fantôme de l’Opéra engage de drôle de dames… L’Explorateur du Temps poursuit d’Artagnan et la mémoire de Fantômas fait toujours frémir le futur…

Au fil de vingt-deux nouvelles, pastiches, parodies et hommages littéraires, quatorze auteurs français, américains, anglais et australiens font partager au lecteur leurs rêves d’enfants quand, eux aussi, s’amusaient à inventer de nouvelles aventures pour leur héros préférés.

Textes de Matthew Baugh, Bill Cunningham, Terrance Dicks, Win Scott Eckert, Serge Lehman, Jean-Marc Lofficier, Xavier Mauméjean, Brad Mengel, Sylvie Miller & Philippe Ward, Kim Newman, John Peel, Chris Roberson et Robert Sheckley.

Découvrir LES ÉDITIONS RIVIÈRE BLANCHE

LE FANTÔME DE BAKER STREET, de Fabrice Bourland (10-18)

Dotée d’une mémoire livresque hors du commun, Andrew Singleton développe depuis son enfance un goût immodéré pour la lecture et l’écriture. Ce jeune homme de 23 ans est le fils d’un riche négociant canadien qui, après la mort de sa femme, s’est jeté à corps perdu dans le spiritisme. Supportant mal le fanatisme effrené de son père pour le monde des esprits, Andrew quitte le foyer familial et nourrit l’espoir de devenir écrivain.

Sa rencontre avec James Trelawney, son double inversé, aussi athlétique et impulsif qu’il est chétif et taciturne, va changer le cours de sa vie. Tous deux passionnés de romans policiers, James le convainc d’ouvrir une agence de détectives, persuadé qu’avec son talent d’observation et la finesse d’analyse dont fait preuve Andrew, ils formeront les nouveaux Sherlock Holmes et Dr Watson. Installés à Londres, ils sont loin d’imaginer où va les conduire leur première affaire ! Pour résoudre leurs enquêtes, de séances spirites en transes médiumniques, les deux amis vont devoir laisser leur scepticisme de côté pour affronter une réalité dont ils sont loin de soupçonner l’existence.

Londres, 1932. Depuis que la municipalité a attribué à la maison du major Hipwood le n° 221 à Baker Street, le salon du premier étage semble hanté. S’agit-il d’un esprit, comme le prétendent certains ? Existe-t-il un lien entre ces manifestations et la série de crimes qui ensanglante Whitechapel et les beaux quartiers du West End ? Motivée par un funeste pressentiment, lady Conan Doyle, la veuve de l’écrivain, sollicite l’aide de deux détectives amateurs, Andrew Singleton et James Trelawney. Lors d’une séance de spiritisme organisée à Baker Street, ces derniers découvrent avec effarement l’identité du fantôme. Et quand ils comprennent que les meurtres à la une des journaux imitent ceux commis par Jack l’Éventreur, Dracula, Mr Hyde et Dorian Gray, nos jeunes enquêteurs sont entraînés dans une aventure qu’ils ne sont pas près d’oublier. Un hymne enflammé à la littérature victorienne et à ses monstres sacrés !

LES PORTES DU SOMMEIL, de Fabrice Bourland (10-18)

Paris, 1934. Andrew Singleton et James Trelawney sont chargés d’enquêter sur une étrange affaire. Un spécialiste du sommeil et un poète surréaliste, dont le seul point commun semble être l’intérêt pour l’étude des rêves, ont été littéralement trouvés morts de peur dans leur lit. Fait troublant, un énigmatique « personnage en noir » a visité chacune des victimes quelques jours avant leur disparition. Mais qui est cet homme de l’ombre ? Quelle terrible machination prépare-t-il ? Et que signifient les visions de cette belle inconnue qui hantent les nuits d’Andrew ? Cette course-pourquite palpitante conduira nos jeunes détectives des milieux surréalistes parisiens jusqu’à un mystérieux château sur les bords du Danube. Au-delà des portes du sommeil.

EN VRAC

JACK LONDON, de Jennifer Lesieur (Tallandier)

Mort à quarante ans, brisé par la gloire et les excès, consumé par sa propre énergie, Jack London (1876-1916) aura vécu cent vies : ouvrier, pilleur d’huîtres, chasseur de phoques, chercheur d’or, militant socialiste, correspondant de guerre, agriculteur… Autant de métiers, autant de best-sellers. Une famille instable, une enfance de labeur, de pauvreté et d’errance : la vie de Jack London débute comme une nouvelle de Jack London. La suite ressemble à l’un de ses romans : voyages autour du monde, engagement politique, lumières et contradictions humanistes… Curieusement, la vie de l’écrivain américain le plus lu dans le monde, qui va nourrir et irriguer l’ensemble d’une oeuvre prodigieusement fertile, n’avait jamais été racontée en français. Quelques études critiques, des préfaces, mais aucune biographie. L’oeuvre sans la vie. Jennifer Lesieur s’est penchée sur le cas London. Elle a retracé, mille par mille, la route de l’auteur de Martin Eden, foulé ses terres, croisé ses fantômes et retrouvé au passage un manuscrit inédit, Carnet du trimard, publié en 2007 chez Tallandier. Découvrez l’histoire de Jack London, l’écrivain du rêve américain.

CARNET D’UN TRIMARD, de Jack London (Tallandier)

mars 1894, Jack London a 18 ans. Il traverse les États-Unis avec « l’Armée de Kelly », une marche de protestation constituée de chômeurs et de laissés-pour-compte d’un 1929 avant l’heure. Entre raisin et colère, il bifurque, puis vagabonde seul, apprend, découvre. Ce texte est le premier écrit attesté de London. Composé comme le journal d’un chemineau dans un argot novateur et savoureux, il radiographie les États-Unis en pleine crise économique (1894-1895) et contient en germe une découverte du socialisme.

Un Jack London formidable et inédit !

DÉLIVRES-VOUS SAMEDI 2 FÉVRIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

LE NOUVEAU MAGASIN D’ÉCRITURE, de Hubert Haddad (Zulma).

À la fois livre « Monstre » et « livre-monde », encyclopédie sans mesure ou labyrinthe livresque et gigantesque, « folie » littéraire , « Le Nouveau magasin d’écriture » est un peu tout cela à la fois : un concentré de mille et une bibliothèque qui ravira toux ceux que la littérature passionne, et les mystères de l’écriture fascine. Un livre, unique, essentiel et considérable.

De l’art de la nouvelle et du conte à celui du roman, du sonnet baroque à la poésie contemporaine, du haïku au genre épistolaire, des cadavres exquis surréalistes aux expérimentations oulipiennes, sillonnant entre Rimbaud, Proust, Emily Brontë, Kafka, Borges, René Daumal, André Hardellet, Karl Kraus et cent autres, cet objet littéraire non identifié débride joyeusement l’imaginaire autant qu’il explore les arcanes de la création littéraire – ou comment trouver un sujet, circonvenir une panne d’inspiration, investir de façon ludique la poésie, le théâtre ou le mot d’esprit, s’adonner aux délices de l’analogie et de la métaphore… Foisonnant, passionné, érudit et simple, terriblement excitant, le Nouveau Magasin d’écriture est tout à la fois une encyclopédie subjective, un dictionnaire portatif, un bréviaire de style et un réservoir magique d’inspiration – en somme: un véritable manuel d’écriture et de littérature en action, pour tous les fous de littérature.

– LE NOUVEAU NOUVEAU MAGASIN D’ÉCRITURE, de Hubert Haddad (Zulma)

Pour ceux qui craignaient que le Nouveau magasin d’écriture publié l’année dernière par Hubert Haddad n’ait tari le réservoir d’imaginaire en lançant, en un millier de pages, des méthodes, des sujets, des thèmes ou des anecdotes, voici la réponse flamboyante : plus de six cents pages d’un « nouveau nouveau » magasin, ou plutôt d’un vaste bazar de l’imaginaire où l’on fouille avec jubilation parmi les anecdotes, les citations, les jeux d’esprits, les pistes d’écriture… L’illustration est plus abondante que dans le précédent, et structure (le plus sommairement possible !) le livre en dix-sept albums entrelardés de cinquante-neuf entresols : de la simple suggestion de titre à la méthode sophistiquée, c’est une invitation perpétuelle à ranimer en nous la source de l’écriture.

Et cela marche ! À chaque ligne, à chaque rencontre de mots ou d’images, on est tenté d’interrompre la lecture pour se lancer dans un roman. Ici, dans l’humour — mariage par procuration d’un maharadjah et de la fille d’un mineur du Yorkshire. Parfois grinçant — guillotine à marionnettes, poupées et caniches pour enfants riches désœuvrés. Parfois kafkaïen — assignation discrétionnaire des ombres et reflets pour l’invalidation des images naturelles. Là-bas dans la poésie — le livre inconnu qui rend immortel dès lors que le lecteur y pénètre vraiment. Parfois angoissante — les ruches d’or du scribe amnésique. Et parfois humoristique — Invention de la lumière ou l’ophtalmologue circoncis.

Parfois, ce sont des rencontres de mots qui nous ouvrent des pistes, comme le « rêve frappeur » qui tombe sur vous comme la foudre. Parfois des rencontres d’images, comme le visage d’écorché succédant la tête de Méduse. Ou des rencontres de textes, une fable de La Fontaine et un extrait de Thérèse d’Avila… Si la beauté, selon Lautréamont, peut se définir comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie, nous avons ici du Beau à l’état pur, natif, un gisement de Beau qui réveille en nous des envies d’orpailleurs de l’invisible. Le livre qui rend immortel le lecteur qui y pénètre vraiment ? Ce serait sans doute celui-ci, tant il est difficile d’en sortir.

Le Mot de l’éditeur

Au-delà du monumental Nouveau Magasin d’écriture, ce Nouveau Nouveau Magasin vient confirmer combien l’imaginaire se renouvelle sans cesse au contact de l’art, avec humour, générosité et l’infini pouvoir d’enchantement de la littérature.

On ouvre ce Nouveau Nouveau Magasin d’écriture comme une boîte à secrets : pour rêver, inventer, écrire et… lire ! Comme une machinerie fabuleuse à produire de la fiction et à investir les territoires de l’imaginaire.

Gravures, dessins, tableaux aux forces évocatrices, caricatures ou curiosités d’almanach, c’est tout un monde de textes et d’images qui s’offre à nous. Hubert Haddad a puisé dans l’art symboliste, fantastique ou baroque, mais avant tout chez ces peintres passionnément inspirés par la littérature ou qui ont fait eux-mêmes œuvre de fiction (Goya, Doré, Klinger, Bresdin, Kubin, Rops, Redon…).

Au plaisir des yeux répond celui de l’analyse et de la rêverie. On emprunte dès lors les sentiers qui bifurquent du merveilleux labyrinthe de la fiction universelle.

Aux côtés de Kafka, Valéry, Ovide ou Hugo, mais aussi de nombreux botanistes, inventeurs, grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, on y découvre un univers peuplé de monstres, de diables et de girafes, un monde de fantaisie et d’inquiétante étrangeté.

EN VRAC

L’ÉCOUTE INTÉRIEURE, neuf entretiens sur la littérature avec Jean Védrines, de Michel Chaillou (Fayard)

En neuf entretiens menés à bâtons rompus, Michel Chaillou tente (et c’est le jeu de la mémoire) de repasser, d’affûter les événements de sa vie, ses rencontres, ses amitiés, ses sympathies, ses lectures, pour essayer d’y discerner justement les graines possibles de son style (s’il en a un), d’expliquer à son interlocuteur, Jean Védrines, mais aussi à lui-même et aux autres, comment a pu naître l’écriture qui lui est propre, sa manière d’être dans les mots, ses mille façons d’y respirer, d’y vivre. Et cela grâce à une notion qu’il nomme l’écoute intérieure, une manière de poser l’oreille sur le sol de la page pour enfin entendre le mystère de ce qui survient ! Car écrire, c’est lire (cette autre façon d’écouter), mais lire ce qui n’existe pas encore. Comme lire serait pressentir ce que le style nous fait entendre inconsciemment d’une œuvre. Mais alors à quels signes sait-on qu’on a affaire à de la littérature ? Autant de questions impossibles auxquelles Michel Chaillou, dans cette autobiographie intellectuelle, s’efforce au mieux de répondre.

LE ROI VIENT QUANT IL VEUT, de Pierre Michon (Albin Michel)

« Parmi les entretiens quej’ai donnés depuis 1984,j’en ai réuni trente. On y trouve le jeu de masque que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l’incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires. et puis, relisant ces propos, je me dis qu’à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m’ont constitué : le panthéon aztèque et la chasse à Dieu dans Moby dick, ‘le petit roman de trente pages’ de Lautréamont et le rasoir d’un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est sa scène primitive, des lieux et des noms. Meleville et Faulkner, Beckett y voyagent parmi des toponymes limousins; Mes mort bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo y fréquentent des prolétaires morts sans discours.J’ajoute que, sij’ai peu touché aux entretiens quej’avais donnés par écrit,j’ai retouché librement ceux qui, enregistrés, avaient été récrits par mes interlocuteurs. que ceux-ci ne me tiennent pas rigueur de cette réappropriation. » (Pierre Michon).

Un livre remarquable, incontournable, définitif.

DÉLIVREZ-VOUS SAMEDI 26 JANVIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

CUISINER AU CHAMPAGNE, de Sandra Rota, Agnès Noyau, Ragnar Fridrikson et François Bonal (éditions du coq à l’Ane)

“La cuisine au champagne, c’est à la fois une histoire élégante et une aventure culinaire exceptionnelle”.

Un bel ouvrage gourmand qui met l’eau ou mieux, le vin à la bouche : « CUISINER AU CHAMPAGNE ». Des histoires et des recettes d’hier à aujourd’hui. Un livre dans lequel les auteurs honorent le produit, tout en le replaçant dans son contexte. Des recettes populaires et de recettes de chef, du plus simple au plus sophistiqué, de l’entrée au dessert afin magnifier la table et le plus célèbre de des vins..


GIONO, LE JEU DU CONDOTTIÈRE, de Jean-François Durand (Edisud)

Donner à Giono sa place légitime dans la littérature française du XXe siècle aux côtés des plus grands, Proust, Céline, Aragon, aux antipodes d’une certaine lecture régionaliste et pastorale qui a desservi son œuvre, c’est l’ambition de ce livre. Tout au long de cinquante ans de vie d’écriture, l’œuvre gionienne est une véritable traversée du siècle, d’un siècle terrible, marqué par deux conflits mondiaux et l’omniprésence de ta tentation totalitaire. Giono, rescapé de 1914-1918, développe une puissante inspiration romanesque autour de deux figures qui prirent sous sa plume une dimension mythique : l’artiste et te déserteur. Dans les deux cas, l’écrivain dresse le portrait d’individus qui s’accomplissent dans leur création, en dehors des mécanismes destructeurs de l’Histoire de leur temps. Le jeu du condottiere est dès lors un exercice de suprême liberté, qui mise tout sur l’invention créatrice et la poésie.


LA SOLUTION FINALE, de Michel Chambon (Robert Laffont)

Linus Steiman, petit garçon juif ayant fui l’Allemagne nazie, est accueilli dans une famille anglaise. Il n’a qu’un seul ami : Bruno, un perroquet merveilleusement doué, qui chante en allemand d’une bouleversante voix de femme et récite de longues séries de chiffres mystérieux.
Ces chiffres sont-ils les clefs d’un code ultrasecret de l’armée allemande? Ceux des comptes bancaires suisses de la famille de Linus, disparue dans les camps d’extermination ?

Les secrets dont Bruno est le dépositaire déchaînent les curiosités. Bientôt un crime a lieu, et l’oiseau disparaît.

Pour l’amour du petit garçon solitaire, un vieux détective, célèbre en son temps pour son flair infaillible et ses méthodes peu orthodoxes, accepte de se charger de l’enquête.

Michael Chabon rend ici un hommage aussi savoureux qu’émouvant à Conan Doyle. Profondément attaché à la mémoire de l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle, il lie l’enquête policière au drame des enfants exilés durant la dernière guerre. Il dote ainsi d’une dimension historique poignante les brillantes investigations de son vieux détective.


EN VRAC


VOTEZ FOU, de Bruno Fuligni (Horay)

Candidats bizarres, utopistes, chimériques, mystiques, marginaux, farceurs et farfelus – De 1848 à nos jours, les élus auxquels vous avez échappé

Depuis l’institution du suffrage universel en 1848, des individus isolés tentent leur chance en marge des partis organisés. Inventeurs, mystiques, farfelus ou simples farceurs, ces utopistes sauvages se présentent devant les électeurs avec des programmes politiquement inclassables. Du Captain Cap à Coluche en passant par Ferdinand Lop, ces grands réformateurs portent à ses limites extrêmes le jeu démocratique, en proposant aux foules les projets les plus grandioses, dans tous les domaines : organisation sociale, moyens d’éclairage et de transport, religion nouvelle, programmes de paix perpétuelle, réformes de la sexualité… Pour la première fois, Bruno Fuligni rassemble dans une anthologie ces singuliers du suffrage universel.

DÉLIVREZ-VOUS SAMEDI 19 JANVIER

DÉLIVREZ-VOUS SAMEDI 19 JANVIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

LA VIE EST UNE PARTIE D’ÉCHECS, de Garry Kasparov (JC Lattès)

La vie et le jeu d’échecs ont-ils des points communs ? Pour Kasparov, c’est une évidence. Sur les 64 cases du célèbre jeu se jouent, en concentré, beaucoup de défis, de combats que nous affrontons aussi dans la vraie vie. Comment prenons-nous une décision aux échecs et dans la vie quotidienne ? Sait-on vraiment et précisément mesurer les dangers ? Comment peut-on bien évaluer et analyser la situation, son adversaire, son rival, sans le sous-estimer ni le surestimer ? Quelles sont les techniques pour rattraper une position qui dérape ? Comment lutter contre ses faiblesses et accentuer ses forces ? C’est en prenant conscience de ces questions et en travaillant régulièrement sur les fragilités de notre action que l’on peut très sensiblement améliorer son jeu… comme l’on peut considérablement améliorer son attitude dans la vie. Kasparov illustre sa conviction d’une multitude d’exemples issus de l’histoire des échecs. Et de son engagement politique en Russie qu’il développe aussi dans ce livre, il tire des leçons pour bâtir la stratégie la plus efficace dans la partie serrée et violente qu’il joue contre le régime de Vladimir Poutine.

LA VESLE ET SA VALLÉES, PROMENADES ET HISTOIRES AU FIL DE REIMS ET DES VILLAGES, de Michel Thibault (Éditions du coq à l’Ane)

L’auteur rémois Michel Thibault vient de publier un ouvrage sur la Vesle et sa vallée. Il y retrace la petite et la grande histoire de cette fabuleuse rivière. Rencontre.
ELLE mesure très exactement 146 km. Elle prend sa source à Somme-Vesle pour se jeter dans les bras de l’Aisne à Condé-sur-Aisne. Petite rivière aux multiples histoires, la Vesle méritait bien un livre. Pour la raconter, il fallait un passionné. Michel Thibault ne pouvait être que celui-là. Ce cartophile rémois amoureux de sa ville est aussi un auteur prolifique. Avec « La Vesle et sa vallée », il signe là son huitième ouvrage.

« J’aime mettre ma ville en valeur », confie-t-il, « raconter ses monuments, son passé ». « Sur la Vesle, rien n’avait encore été écrit. C’est une rivière attachante, pleine de charme et dotée d’une histoire très intéressante. »

Michel Thibault voue également une affection particulière au cours d’eau. « J’ai vécu ma jeunesse en bord de Vesle », explique-t-il. « Mes grands-parents puis mes parents avaient une maison toute proche. Je me souviens que mon père a même essayé de m’apprendre à nager dans cette rivière. »

A travers les 192 pages de l’ouvrage, Michel Thibault retrace la vie de la rivière : son débit, son tracé, ses affluents, ses crues mais aussi la faune, la flore, la pêche, la pollution… Au fil de l’eau, il fait halte dans chaque village en amont et en aval de Reims racontant au passage la vie de ces com- munes.
Textes, poèmes, le livre laisse aussi une large place aux photos et cartes postales qui, pour l’occasion, ont été colorisées, donnant à l’ouvrage un cachet tout particulier.
Pendant deux années, l’auteur a accumulé des données, des illustrations. « Les archives départementales, municipales ont été des sources efficaces », assure-t-il. « Le service des eaux m’a également beaucoup apporté. Sur place, les rencontres m’ont été précieuses. Grâce à elles, j’ai eu de nouvelles pistes, de nouvelles histoires. J’ai moi-même beaucoup appris en réalisant cet ouvrage. »

Ce qui l’a le plus étonné dans ses recherches : « Le nombre d’artistes peintres qui y ont installé leur chevalet pour l’immortaliser ». L’auteur se souvient d’ailleurs d’avoir croisé Paul Bocquet, peintre impressionniste champenois, en 1942. « J’avais 7 ans. Mais je le vois encore devant son chevalet. A l’époque, cela m’avait marqué ». Il ajoute : « Deux autres peintres, Edmond Chauvet en 1931, Guillaume Pellus en 1932 avaient quelques années auparavant posé leur chevalet entre Saint- Brice-Courcelles et Tinqueux ». (Catherine Tellier)

Achille Laviarde, Roi d’Auracanie-patagonie, personnage fantasque et poétique qui logeait sur les bords de Vesle.

VILLES ENFUIES, de Benoît Peeters (Les Impressions Nouvelles)

Ce volume rassemble cinq textes, à tonalité très littéraire : « Paris-Bruxelles », « Prague » (qui avait été publié sous forme d’album illustré aux éditions Autrement en 1985), « Moscou-Vladivostok, notes transsibériennes », « Poussière de voyages » et « Cendres ». À mille lieues des guides touristiques, Villes enfuies trouve les mots les plus justes pour donner forme à l’une de nos expériences fondamentales : le voyage.

« Il comprend bientôt qu’il va quitter Prague pour n’y plus revenir, qu’il ne fera pas son film. Il voudrait partir vers une autre ville, lointaine, perdue, une ville où rien ne l’attirerait, une ville sans histoire, sans statues, sans printemps, une ville sans pavés ni réverbères, une ville inondée de soleil, bordée d’interminables plages, une ville aux odeurs fortes, à la poussière omniprésente, une ville envahie de moustiques. Puis il devine que toute ville, si différente de Prague qu’elle puisse paraître, ne cessera de le lui rappeler. Il voudrait se lancer dans un voyage qui n’en finirait pas, un voyage soumis à des règles obscures et compliquées, lui faisant traverser d’innombrables villes dont il ne connaîtrait même pas le nom, des villes que relierait un fil ténu, par exemple leurs ponts, des villes qu’il ne regarderait jamais, des villes qu’il aimerait seulement quitter. »

EN VRAC

MES JEUNES ANNÉES, de Winston Churchill (Texto, Le goût de l’histoire)

Homme d’État exceptionnel, Winston Churchill fut également un écrivain prolixe, puisant dans sa propre vie une source inégalable d’inspiration. Né en 1874, petit-fils du vice-roi d’Irlande, il sera l’un des témoins privilégiés, et plus tard l’acteur, des principaux événements des XIXe et XXe siècles. Élève plus que médiocre, il entre au 4e hussards, poursuit une carrière d’officier et de journaliste à Cuba, en Inde, en Égypte et en Afrique du Sud puis quitte finalement l’armée pour entrer en politique. Il n’a pas encore 30 ans. Apprentissage difficile du latin, charges au sabre clair contre les armées du Mahdi, évasion mouvementée des geôles boers, Mes jeunes années regorge de morceaux de bravoure et d’anecdotes savoureuses. C’est au son des balles, au fil des dépêches que s’est forgé le plus fort caractère du XXe siècle et le plus glorieux enfant de l’Empire britannique.

Winston Churchill (1874-1965) commença sa carrière politique en 1900. Député, plusieurs fois ministre, il dirigea le gouvernement britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, jouant un rôle prédominant dans la résistance au nazisme. Il reçut le prix Nobel de littérature en 1953.

DéLIVREZ-VOUS 12 JANVIER

Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE

Tous les SAMEDIS à 12 H 10

Animé par Éric Poindron

PETITE ANTHOLOGIE DES MOTS RARES ET CHARMANTS, de Daniel Lacotte (Albin Michel)

Qu’il soit gros ou petit, sémillant, évocateur, expressif, aberrant, insensé voire extravagant, vivant ou absurde, le mot fait sens d’une manière parfois très imagée. Daniel Lacotte a déniché plus de 500 formules bigarrées parmi les écrits et dictionnaires d’antan. Il nous livre un lexique répertoriant 390 mots rares et charmants ainsi que 150 expressions d’hier et d’aujourd’hui dont il donne l’origine précise et le sens caché. Plein de verve, d’humour et d’anecdotes, ce facétieux voyage nous entraîne au cœur d’un langage tonique. Jubilatoire et tendre !

SAGESSE ET MALICE DE NASSREDINE LE FOU QUI ÉTAIT SAGE, de Jihad darwich et David B (Albin Michel)

Nasreddine Hodja est un personnage commun à de nombreuses traditions orientales, qui le connaissent sous différents noms. Beaucoup d’origines lui sont prêtées par la légende, il a même plusieurs tombes dans divers pays. Au Maghreb, en Iran ou au Pakistan, tout le monde le connaît. Certaines de ses aventures ont été importées en Occident sous forme d’histoires drôles mettant en scène un fou : par exemple celle dans laquelle Nasreddine, chargé de « ne pas quitter la porte » pour empêcher les voleurs d’entrer dans la maison, ne la quitte pas en effet, puisqu’il la démonte pour se promener avec ! Car Nasreddine est à coup sûr un farfelu qui pousse la logique dans ses derniers retranchements, jusqu’à l’absurde. C’est un simplet, capable d’être rusé comme un renard ou bête comme une oie. Ses aventures prennent la forme de récits très courts, toujours amusants, qui cachent le plus souvent sous leur apparente absurdité un grand fond de sagesse. Ils ne sont pas exempts de cruauté parfois, de lucidité toujours, de cynisme aussi. Comme toutes les bonnes blagues. L’auteur a ici rassemblé soixante facéties de Nasreddine Hodja, que l’on peut lire en famille pour rire et sourire ensemble. (Pascale Wester)

Connaissez-vous le fou qui était sage ? Il se nomme Nasreddine Hodja et ses brèves histoires ont fait le tour du monde : petits et grands malins y découvriront, derrière le rire, des vérités simples et lumineuses comme le jour. Un recueil de plus de 60 histoires tout en sagesse, à la lisière de l’absurde et de la raison.

Les Iilluminés, une histoire de Nasrudin

On demanda un jour au Mullah Nasrudin :

- Nasrudin, est-ce que certains de tes étudiants sont déjà parvenus à l’illumination ?

- Bien sûr. Beaucoup d’entre eux, répondit Nasrudin.

- Mais comment peux-tu en être certain ?

- C’est facile. Ils ont cessé de me suivre et de suivre quiconque, ils ont cessé de parler sans cesse de «maîtres», d’«enseignements», de «spiritualité» et autres choses du même genre, et ils poursuivent leurs vies libres des peurs et des faux-semblants.

HENRI VERNES & BOB MORANE, UNE DOUBLE VIE D’AVENTURE, De Daniel Fano (le Castor Astral)

une mère coiffeuse et d’un père boucher, le jeune Charles Dewisme était loin d’être prédestiné à devenir l’un des romanciers populaires les plus lus au monde. C’est son goût prononcé pour l’aventure qui le pousse dès 19 ans à s’embarquer pour la Chine, direction Canton, puis Shangaï. Ce voyage le marque à jamais et l’incite à poursuivre ses balades à travers la planète. Son premier roman, ‘La porte ouverte’ paraît en 1944. Beaucoup d’autres suivent, signés Jacques Colombo, Lew Shannon, Jack Seyr, Ray Stevens et Henri Vernes. C’est sous ce pseudonyme qu’il crée, en 1953, le personnage de Bob Morane. Symbole de liberté, de courage et de justice, ce dernier conquiert rapidement le coeur de centaines de milliers d’adolescents. Parallèlement à sa série romanesque, Henri Vernes participe à l’adaptation de son personnage en BD, illustrée tour à tour par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria. On compte à son actif plus de 180 romans d’aventures, souvent mêlés de science-fiction, se déroulant dans le monde entier, et même au-delà de notre Galaxie.

Henri Vernes, le créateur de Bob Morane.

EN VRAC

RECUEIL DE BEAUX MOTS ET EXPRESSIONS DE LA CHAMPAGNE, de Sandra Rota, d’après “le Patois champenois de Prosper Tarbé. Postface de Jean-Paul Fontaine (éditions du Coq à l’Ane)

« Recueil de beaux mots et expressions de la Champagne » d’après « le Patois Champenois » de Prosper Tarbé est remis au goût du jour par Sandra Rota. De « A basset ou à seri » (à voix basse) jusqu’à « yvrenage » (travaux des champs à l’entrée de l’hiver), ce recueil d’expressions vous livrera tous les secrets des mots propres à la Champagne.

Le Patois champenois enfin reconstitué

Il est bon d’avoir un patois. Nos termes régionaux viennent d’ailleurs de toute l’Europe puisque c’est en Champagne que tant de peuples se sont croisés… Remises au goût du jour par Sandra Rota, ces expressions qui nous lient au passé et à sa poésie sont une invitation à revisiter la langue et sa délectable finesse. Et au prix de l’ouvrage, pas question d’être “chiche- crotte »- enfin, de se montrer radin !

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