
Sur FRANCE 3 LORRAINE CHAMPAGNE ARDENNE
Tous les SAMEDIS à 12 H 10
Animé par Éric Poindron

LES FANTÔMES DE BAKER STREET & LES PORTES DU SOMMEIL, de Fabrice Bourland ([10 – 18, coll. « Grands Détectives »)
ÉLÉMENTAIRE MON CHER BOURLAND
Par Éric poindron
Le 221 b, à Baker Street – lieu de résidence d’un certain Sherlock Holmes à Londres – est sans doute aucun l’adresse la plus célèbre de la littérature universelle. Fort de ce constat Fabrice Bourland, écrivain à la plume agile comme un fleuret s’en donne à cœur à joie, dans Les Fantômes de Baker Street, pour revisiter la capitale anglaise et quelques-uns de ses mythes effrayants. Si notre détective escorté de son Watson de Docteur règne sur l’époque victorienne, Fabrice Bourland, quant à lui, préfère explorer les bas-fonds londoniens des années 30. Pour ce il met en scène avec maestria deux nouveaux détectives – littéraires et occultes – qui feront date dans l’histoire du polar fantastique : Andrew Singleton et James Trewlaney. Quand le second est athlétique et sanguin, le premier se révèle être un lettré usant de son érudition pour résoudre de bien étranges affaires… Il va alors être question de table tournante, de séance de spiritisme, d’ectoplasme et d’apparition, pour le moins inopinée. L’auteur s’amuse à mettre en scène une cohorte monstre comme seul Londres a pu les enfanter… Il est ici question d’un certain Dorian G., de Jack the R. et d’un Mister H.. Mais ne confessons pas l’innommable afin de laisser quelque poire pour la soif du lecteur…
Dans Les Portes du sommeil, opus II des aventures de nos nouveaux détectives, c’est à Paris, à l’ombre déjà grandi de la Tour Saint Jacques et sous les auspices du fantôme de Gérard de Nerval que nos héros s’abattent en plein surréalisme. André Breton et de la partie et malheur à celui qui s’endort sans crier gare…
Alexandre Dumas pensait que l’« on a le droit de violer l’histoire à conditions de lui faire des beaux enfants » , c’est ce qu’à fait le jeune romancier en écoutant les conseils précieux de son illustre aîné.
À lire sa prose fluide comme les feuilletonistes et les romanciers populaires d’antan, on pourrait s’écrier, sous forme d’hommage à peine déguisé, « élémentaire mon cher Bourland. ».

L’AFFAIRE DU CHIEN DES BASKERVILLE, de Pierre Bayard (éditions de Minuit)
Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l »intérieur des textes et vont jusqu’à commettre des meurtres à l’insu de l’auteur.
Faute de l’avoir compris, Conan Doyle a laissé Sherlock Holmes se tromper dans sa plus célèbre enquête, Le Chien des Baskerville, et accuser à tort un malheureux animal, permettant au véritable assassin d’échapper à la justice. Ce livre rétablit la vérité.
Extraits :
Comment Conan Doyle a-t-il pu se tromper à ce point ? Il lui manquait sans doute, pour résoudre une énigme aussi complexe, les outils de la réflexion contemporaine sur les personnages littéraires. Ceux-ci ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent dans les livres une existence autonome, allant parfois jusqu’à commettre des meurtres à l’insu de l’auteur. Faute de mesurer cette indépendance, Conan Doyle ne s’est pas aperçu que l’un de ses personnages avait définitivement échappé à son contrôle et s’amusait à induire son détective en erreur.
Cet essai, en engageant une véritable réflexion théorique sur la nature des personnages littéraires, leurs compétences insoupçonnées et les droits qu’ils peuvent revendiquer, se propose donc de rouvrir le dossier du Chien des Baskerville et de résoudre enfin l’enquête inachevée de Sherlock Holmes, permettant par là à la jeune morte de la lande de Dartmoor, errante depuis des siècles dans l’un de ces mondes intermédiaires qui environnent la littérature, de trouver le repos .
EN VRAC
Histoires d’os et autres illustres abattis : Morceaux choisis de l’Histoire de France, de Clémentine Portier-Kaltenbach (J-C. Lattès)
« Les ossements sans histoire se comptent par millions. Chacune des trente-six mille communes de France possède un ou plusieurs cimetière où cohabitent pacifiquement des générations entière de trépassés. Ces défunts-là, célèbres ou inconnus, ont été ensevelis une fois pour toutes après leur disparition. Reposant six pieds sous terre sous une dalle déclinant leur état-civil, ils sont en quelques sorte les nantis du royaume de morts. De profundis, fin de l’histoire ! »
Même morts nos grands hommes ne sont pas tranquilles ! A peine refroidis, leurs cheveux, leurs dents, le moindre de leurs os font l’objet d’un commerce insolite, d’une spéculation effrénée. Clémentine Portier-Kaltenbach, en véritable détective, en historienne légiste, a mené une enquête passionnante sur le destin de ces reliques dont la possession suscite tant de convoitise. Quel chemin mystérieux le corps de Descartes a-t-il suivi avant de trouver la paix dans l’église Saint-Germain-des-Prés ? En quoi la barbiche de Richelieu prouve-t-elle l’authenticité de son crâne ? Qu’en est-il des vestiges des héros entrés par la grande porte du Panthéon – Mirabeau, Marat… – et sortis en toute discrétion par la petite ? Qu’a-t-on découvert en ouvrant les cercueils de Voltaire et Rousseau ? Et Napoléon, y a t-il un mystère des Invalides ? Sans oublier les énigmes qui entourent la côte de Jeanne d’Arc, la jambe de Catherine de Médicis, les dents de Louis XIV, le cœur de Louis XVII… et surtout le fabuleux reliquaire de Vivant Denon dont le contenu défie l’imagination ! Ce sont ainsi des épisodes – des morceaux – de l’histoire de France, inconnus, saugrenus, surprenants qui surgissent du passé non pas comme des fantômes mais comme la preuve que les destins exceptionnels continuent à vivre dans notre présent.
« Que la seule idée de reliques « dermiques » n’inspire que répugnance ne dipense pas pour autant de rechercher si oui ou non de telles reliques existent. Le saint nombril ou le saint prépuce du Christ ont déjà été cités, et quelques sanctuaires possèdent bien des parcelles de « peau de saints » ; mais Dieu soit loué, serait-on tenté de dire, le petit monde des reliques d’hommes célèbres ne présente guère de trophées équivalents. »

- INTERPOLART
La troisième édition du Festival Interpol’Art se déroulera du 26 mai au 1er juin 2008.

Quelques invités :
– Journaliste et historienne diplômée de Science-Po, Clémentine Portier-Kaltenbach, auteur du livre « Histoire d’Os et autres Illustres Abattis » aux éditions Lattès, est aussi chroniqueuse au « Nouvel Observateur ». Passionnée d’Histoire, elle appartient à des sociétés historiques, aussi diverses qu’originales. Elle a également participé à la rédaction des questions du Trivial Poursuit sur Paris. « Histoires d’os et autres illustres abattis » est son premier livre et il a été sélectionné dans les vingt meilleurs livres de l’année 2007 par le journal Le Point.
Même morts, nos grands hommes ne sont pas tranquilles ! A peine refroidis, on se dispute leurs cheveux, leur crâne, leurs doigts, leurs dents Clémentine Portier-Kaltenbach, en véritable détective, s’est livrée à une enquête passionnante – avec un certain humour – sur l’histoire et le destin de ces étonnantes reliques historiques dont la possession suscite tant de convoitise ; elles incarnent symboliquement des morceaux d’histoire de France tragiques ou héroïques.
– Né en 1968, Fabrice Bourland vit et travaille en région parisienne. Avec quelques adeptes de la fiction courte, il a fondé en 1992 la revue L’Imbriaque, dans laquelle il a publié de nombreux textes et aphorismes sous le pseudonyme de Clément Destroit. Entre 1999 et 2004, il a été collaborateur puis rédacteur en chef de Nouvelle Donne, magazine consacré à l’actualité de la nouvelle. Depuis 2003, il dirige aux éditions Nestiveqnen une collection de littérature fantastique. Grand admirateur d’Edgar Poe, Jean Ray, Stevenson ou Hoffmann, ses textes ont été publiés dans différentes revues, collectifs et anthologies.
Fabrice Bourland fait un usage érudit et très habile de la mythologie holmésienne – le lecteur verra même passer le docteur Watson ! – et plus encore de la biographie de Conan Doyle, qui délaissa les fastes de la déduction et de l’enquête pour vanter ceux de la communication avec les défunts.
(Jacques Baudou )
Londres, 1932. Depuis que la municipalité a attribué à la maison du major Hipwood le n° 221 à Baker Street, le salon du premier étage semble hanté. S’agit-il d’un esprit, comme le prétendent certains
Venez rencontrer et écouter des auteurs à la MEDIATHEQUE Jean FALALA
10H30 : Polar ésotérique et polar fantastique avec Eric GIACOMETTI et Fabrice BOURLAND (table-ronde animée par Eric POINDRON)
Après le Code Vinci, des dizaines de thrillers ésotériques sortent chaque année, en France et dans le monde. Templiers, sociétés secrètes, francs-maçons, alchimie, conspiration, etc. le genre s’est installé dans les rayons et les lecteurs sont accros, si l’on en juge au niveau des ventes. Décrié par les purs et durs du polar, ce genre n’a pourtant pas été créé par Dan Brown. Daniel Easterman, Morrel, et bien d’autres avaient labouré ce terrain sombre. En France, on trouvait dans la série télévisée Belphégor tous les ingrédients d’un bon polar ésotérique.
Eric Giacometti, auteur avec Jacques Ravenne des enquêtes du commissaires Marcas, flic franc-maçon.
Fabrice BOURLAND, auteur des enquêtes d’Andrew Singleton et de James Trelawney, qui enquête dans le monde du spiritisme et traquent les fantômes.
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