Archives de catégorie : ETRANGE

AU COEUR DU THÉATRE

Ce soir là, au Regent Theatre de Stoke-on-Trent, on avait joué la pièce rare L’Escholie, de qui vous savez (…)

(…) il y avait cet étrange spectateur qui assiste à toutes les pièces, qui observe sans tout à fait sans comprendre…

(…) mais qui n’en pense pas moins.

 

(…) Parce qu’il existe des coups de coeur comme des coups de théatre.

MERVEILLES AU PAYS DES VITRAUX

Vous reprendrez bien un peu d’Alice ?…


Une fois de plus, elle se trouva dans la longue salle, tout près de la petite table de verre. « Cette fois-ci, je vais m’y prendre un peu mieux », se dit-elle, et elle commença par s’emparer de la petite clé d’or et par ouvrir la porte qui donnait sur le jardin. Puis elle se mit à grignoter le champignon (dont elle avait gardé un morceau dans sa poche) jusqu’à ce qu’elle n’eût plus que trente centimètres ; puis elle traversa le petit corridor ; et puis… elle se trouva enfin dans le beau jardin, au milieu des parterres de fleurs aux couleurs vives et des fraîches fontaines.

La suite de l’aventure est à découvrir ICI

CHARLES FORT ET LE "FORTÉANISME"

« Une procession de damnés.

Par les damnés j’entends bien les exclus.

Nous tiendrons une procession de toutes les données que la Science a jugé bon d’exclure. »

Le Livre des damnés.

Charles Hoy Fort dit Charles Fort (né à Albany, USA, le 9 août 1874 et mort à New York le 3 mai 1932)est un écrivain inclassable, visionnaire peut-être et un mythe sûrement. Il est le père fondateur du mouvement fortéen (le néologisme fortéen a été forgé sur base du nom de Charles H. Fort) et le précurseur sans doute du réalisme fantastique. Assez méconnu dans les milieux intelectuels francophone, il jouit, le monde anglo-saxon d’une très grand réputaion. Le magazine Fortean Times est la publication la plus importante de ce mouvement. Les lecteur français pourront, quant à eux, découvrir LA GAZETTE FORTÉENNE.

Son œuvre s’est attachée à recenser et documenter des phénomènes non expliqués ou extraordinaires (pluies de grenouilles, apparitions de crocodiles sur les côtes anglaises, chute lente de météorites ultra-légères, vestiges archéologiques liliputiens, observations d’engins volants non-identifiés, etc.) et à proposer des hypothèses quelquefois singulières. Dans l’introduction du Livre des damnés, Charles Fort se décrit comme un « intermédiariste ». « Nous vivons une quasi-existence » écrit-il, dans « un état intermédiaire entre le réel et l’irréel. »)

Toutefois, Charles Fort est le premier chercheur « sérieux » sur les phénomènes paranormaux, les ovnis, et toutes sortes de sujets inexpliqués. Mais il se singularise de ses descendants, par son ton mordant, humoristique, provocant et, paradoxalement sceptique. Pour lui, on ne peut rien prouver, on observe seulement, on constate. Robert Benayoum a assez bien défini sa méthode : « la connaissance par l’absurde ». « Peut-être, suis-je le pionnier d’une littérature à venir dont les traîtres et les héros seront des raz-de-marée et des étoiles, des scarabées et des tremblements de terre. » C.H. Fort (traduction de Robert Benayoun, 1955)

Quelques héritiers

En 1939, Eric Frank Russell publie dans la revue Unknown son roman Sinister Barrier (Guerre aux Invisibles), totalement basé sur les théories de Charles Fort. Ses écrits auraient eu une influence notable sur Lovecraft, qui le cite dans deux de ses nouvelles (Le descendant et Celui qui murmurait dans les ténèbres). Certains passages du Livre des damnés rappellent d’ailleurs la prose de l’auteur au sujet des Grands Anciens. Le Mélanicus de Charles Fort n’est pas sans évoquer le Cthulhu de Lovecraft.

Le livre des damnés est publié en français pour la première fois en 1955 aux éditions des Deux Rives, alors que Louis Pauwels y est directeur littéraire de leur collection « Lumière interdite » et que Jacques Bergier assure la préface de l’ouvrage. Malheureusement, il passe quasi inaperçu. La sortie en 1960 du best-seller Le Matin des Magiciens, une introduction de 500 pages au réalisme fantastique de Pauwels et Bergier, où les auteurs présentent Charles Fort comme l’un de leurs modèles, lui offre un regain d’intérêt, renforcé par la publication de larges extraits de l’œuvre dans les revues à grand tirage « Planète » numéros 29 et 30 de l’été 1966, ce qui permettra une seconde édition en 1967 par Éric Losfeld. Mais l’auteur reste encore largement méconnu en France, et seul son second livre Lo! sera également traduit, 15 ans plus tard chez Belfond en 1981. Aujourd’hui, toutes les éditions françaises de Charles Fort sont épuisées ou presque. Une nouvelle traduction du Livre des damnés vient cependant de paraître en 2006 (Editions Durante…)

Dans le monde de la science, Charles Fort occupe une position comparable à celle des cryptozoologues et l’on a souvent présenté Charles Fort comme « l’ennemi de la science ». Il partage avec les dadaïstes le goût de la provocation, de la dérision, une liberté totale de création. Charles Fort ne doit d’ailleurs pas être confondu avec l’ésotérisme ou l’occultisme. « Je ne crois rien de ce que j’écris ». Pour lui, la croyance n’a pas sa place dans la science, seule « l’acceptation temporelle » est envisageable. Du reste, charle Fort écrit « je pese » mais jamais « je crois ». De la même façon que les dadaïstes ont apporté à l’art, Charles Fort semble être le précurseur d’une science en mouvement, prête à se remettre en cause à tout moment, sachant bien à quel point toute connaissance est relative.


EDITO de Jean-Luc Riveira (la Gazette Fortéenne tome 1)

Le premier volume d’une publication comme celle-ci requiert sans doute quelques mots d’introduction pour expliquer sa venue au monde, car le Fortéanisme n’est guère connu en France.

Fortéanisme

Ce néologisme vient de Charles Fort (1874-1932), un américain qui consacra sa vie à rechercher dans la littérature scientifique et journalistique des bibliothèques de New York et de Londres tous les faits anomaliques que la science de son époque rejetait ou ignorait, et ce dans tous les domaines. Il en résulta quatre livres :

The Book of the Damned (1919), New Lands (1923), Lo ! (1931) et Wild Talents (1932). Leur parution suscita un certain enthousiasme chez des écrivains et intellectuels qui aboutit à la création de la Fortean Society par Tiffany Thayer en 1931, dont Fort refusa la présidence car il ne voulait pas être à la tête d’un mouvement d’idées. La société publia Doubt, première revue fortéenne au monde. À partir de là, l’étude des faits étranges et des idées bizarres et rejetées se développa dans le monde anglo-saxon, trouvant un nouvel essor avec l’apparition des premières “soucoupes volantes” en 1947 et le développement de la parapsychologie. Des auteurs comme Vincent Gaddis et John Keel furent parmi les pionniers de cette nouvelle discipline, dont les organes principaux furent Fate Magazine et les nombreuses publications de Ray Palmer. Aujourd’hui, la grande revue du fortéanisme est le Fortean Times de Londres, né de la passion de Bob Rickard, qui a donné naissance il y a quelques années aux remarquables Fortean Studies à parution annuelle.

Mais que recouvre ce terme de Fortéanisme ? Il englobe un grand nombre de domaines différents qui vont de l’ufologie à la cryptozoologie, en passant par la parapsychologie, l’occultisme, les conspirations, le folklore, la mythologie, les sciences et cosmologies alternatives, les théories archéologiques sur les civilisations disparues ou inconnues etc…

La liste est sans fin car les centres d’intérêt des fortéens sont aussi variés que divers. Leur caractéristique principale est de ne pas être enfermés dans un domaine particulier et d’être ouverts à toutes les idées, y compris les plus excentriques.

La France a été peu touchée par le fortéanisme pour diverses raisons. La première est sans doute la barrière de la langue — Le Livre des Damnés a été traduit en français en 1955 grâce à Jacques Bergier, ce pionnier dont il faut saluer la mémoire et l’influence, Lo ! Le Nouveau livre des Damnés ne paraîtra qu’en 1981 — et la difficulté de trouver les diverses éditions publiées quasi-confidentiellement. Une seconde est la spécialisation à outrance de la plupart des auteurs français : lorsque l’on est un ufologue, on ne connaît pas la cryptozoologie ou la parapsychologie et inversement. À l’exception de Jacques Bergier qui essaya de faire connaître les fortéens américains et italiens en publiant dans les années 1970 quelques volumes de traductions chez Albin Michel, dans la collection Les Chemins de l’Impossible, il n’y a quasiment rien. Enfin, le ridicule qui est attaché dans notre pays à tous ces domaines hors norme constitue un obstacle puissant au développement de ces études.

Depuis plusieurs années, au travers de nombreuses discussions avec Joseph Altairac et Michel Meurger, je caressais le rêve de publier en France une revue proprement fortéenne, à côté des diverses revues ufologiques et parapsychologiques qui existent, ayant un contenu non pas commercial comme celui de certains magazines distribués en kiosque mais calqué sur le modèle des Fortean Studies et de The Anomalist. Le soutien enthousiaste de Philippe Marlin, président de l’Association L’Œil du Sphinx, et d’un certain nombre de chercheurs et amis français et étrangers, a permis à ce projet d’aboutir et de constituer un reflet du fortéanisme mondial contemporain. Vous tenez le résultat entre vos mains.

Ce premier volume est dédié avec admiration et affection à la mémoire d’un grand chercheur, qui nous quitté l’année dernière : Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie et un esprit universel, curieux de toutes choses. In memoriam.


Pour en savoir plus

cliquez sur

LA GAZETTE FORTÉENNE

 N.B. Les illustrations sont les couvertures d’un comics américains (DC comics) tentant à prouver à quel point « L’esprit » et le personnage de Charles Fort est encore « vivant » aujourd’hui.

HACKER USA OVNI

Gry McKinnon en est convaincu : les Etats-Unis ont eu des contacts avec des extraterrestres, et la NASA et l’armée américaine font partie d’une conspiration visant à dissimuler les preuves de ces rencontres du troisième type. C’est une théorie du complot assez populaire, mais Gary McKinnon n’est pas un conspirationniste comme les autres. Ce citoyen britannique, âgé de 43 ans aujourd’hui, est également un fin connaisseur des réseaux informatiques. Peu après les attentats du 11 septembre 2001, il parvient à s’introduire dans les systèmes de la NASA et de l’armée américaine. Gary McKinnon « visite » au moins 97 ordinateurs de l’agence spatiale et de plusieurs services militaires, à la recherche de preuves d’une vie extraterrestre. Il affirme avoir découvert des éléments attestant que les Etats-Unis détiennent une source illimitée d’énergie créée à partir de vaisseaux spatiaux tombés entre leurs mains.
Lorsqu’ils découvrent l’intrusion, les services américains remontent sa piste, et demandent l’aide de la Grande-Bretagne pour arrêter et extrader Gary McKinnon. Interpellé en 2002, le hacker engage une longue bataille juridique pour être jugé au Royaume-Uni. D’après la législation américaine, il encourt une peine qui peut aller jusqu’à soixante-dix ans de réclusion dans une prison de haute sécurité, pour ce que le procureur américain appelle « la plus importante intrusion jamais réalisée contre un réseau informatique militaire ».

LA SOUVERAINETÉ BRITANNIQUE EN QUESTION

Le hacker a bénéficié, en Grande-Bretagne, du soutien d’une partie de l’opinion publique et de nombreux élus. Il souffre du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, incompatible selon ses partisans avec une détention en quartier de haute sécurité, qui l’exposerait à un risque de suicide ou de psychose. La Cour européenne des droits de l’homme avait jugé l’an dernier que son extradition était compatible avec son état. Et ce vendredi, la dernière procédure d’appel a été rejetée par un tribunal britannique.

Au-delà de l’aspect humanitaire, l’affaire McKinnon a aussi pris un tour politique en Grande-Bretagne. Plusieurs médias et hommes politiques dénoncent la convention d’extradition qui lie les Etats-Unis et le Royaume-Uni, considérant que l’accord favorise indûment le gouvernement américain. L’extradition de suspects britanniques vers les Etats-Unis n’est qu’exceptionellement refusée par Londres, tandis que les suspects américains sont rarement jugés au Royaume-Uni. L’avocat de Gary McKinnon avait plaidé que son client ayant commis les intrusions depuis le sol britannique, il devait être jugé au Royaume-Uni, sans succès. Gary McKinnon devrait être extradé dès le mois de septembre.

Gary Mc Kinnon s’est confié à Spencer Kelly, présentateur de « Clic » sur la BBC, pour raconter son histoire :

Spencer Kelly : Vous êtes accusé d’avoir pénétré les réseaux de l’armée, la Marine, l’Armée de l’Air, le département de la Défense, et la NASA, entre autres choses. Pourquoi ?
Gary Mc Kinnon : J’étais à la recherche d’éléments d’une technologie qu’on laisse au placard, désignée par moquerie sous le nom de technologie Ovni. Je pense que c’est le secret le mieux gardé au monde en raison de sa charge de dérision, mais c’est une chose très importante. Les retraités ne peuvent pas payer leurs factures de carburant, des pays sont envahis pour que des nations occidentales s’attribuent des contrats pétroliers, et pendant ce temps des membres du gouvernement secret dissimulent des technologies concernant l’énergie libre.
SK : Comment avez-vous procédé pour trouver ce que vous recherchiez dans les ordinateurs de la NASA, ou du Département de la Défense ?
GM : Contrairement à ce que la presse aimerait vous faire croire, ce n’était pas si difficile. J’ai recherché des mots de passe en blanc, j’ai écrit un tout petit script en langage Perl qui reliait d’autres programmes de recherche de mots de passe en blanc, ainsi vous pouvez interroger 65.000 machines en moins de huit minutes.
SK : Vous dites avoir ouvert des ordinateurs ayant un statut supposé de haute protection, correspondant à un haut niveau de responsabilités, sur lesquels personne n’avait institué de mot de passe ? Qui n’avaient que le mot de passe par défaut ?
GM : Oui, c’est bien ça. Un rapport officiel américain a encore récemment publié un rapport dénonçant le très très bas niveau de sécurité fédérale.
SK : Pendant combien de temps avez-vous fouillé ? Une semaine ?
GM : Non, pendant deux ans.
SK : Et vous êtes passés inaperçu pendant cette période ?
GM : Oui. Je faisais attention aux heures. Je jonglais avec les fuseaux horaires. La nuit il n’y a pas beaucoup de gens devant les machines. Mais une fois un ingénieur-réseau m’a vu et nous avons dialogué sur WordPad, ce qui était très, très étrange. Il a demandé : « Qu’est-ce que vous faites ici ? » ce qui m’a surpris. J’ai répondu que je faisais partie de la Sécurité Militaire informatique, et ça l’a totalement convaincu.
SK : Avez-vous trouvé ce que vous recherchiez ?
GM : J’ai observé un genre de vaisseau ou de satellite, mais construit par des moyens que je n’avais jamais vus auparavant. Il n’y avait pas de rivet, pas de soudure, ça avait l’air construit d’une seule pièce.
SK : Qu’avez-vous trouvé à la NASA ?
GM : Une des personnes était un expert photographique de la NASA, et elle a dit que dans le bâtiment 8 du Centre Spatial Johnson ils passent leur temps à retoucher les images satellite à haute résolution pour effacer les ovnis : ils ont des dossiers nommés «filtrées» et «non-filtrées», «à traiter» et «brutes». J’ai sorti une image d’un de ces dossiers, mais je ne disposais que d’une connexion téléphonique très lente, à 56K, et, en utilisant une commande à distance j’ai dégradé l’information de couleurs à 4bit avec une résolution d’écran vraiment très basse, mais l’image s’affichait toujours par saccades. Et ce qui est apparu sur mon écran était étonnant. C’était le point culminant de tous mes efforts. C’était une image de quelque chose qui n’était certainement pas synthétique. Ca se trouvait au-dessus de l’hémisphère terrestre. Un genre de satellite. En forme de cigare avec des dômes géodésiques au-dessus, en-dessous, vers la gauche, la droite et à ses extrêmités, et bien que ce soit une image de basse résolution ça apparaissait bien défini. Cette chose flottait dans l’espace, avec l’hémisphère terrestre bien visible en-dessous, et sans rivets, ni soudures, rien qui ait l’aspect de nos constructions habituelles.
SK : Est-il possible que ce soit une représentation artistique ?
GM : Je ne sais pas. Pour moi, c’était plus qu’une coïncidence. Une femme m’avait dit : « C’est ce qu’on peut voir, dans ce bâtiment, dans ce Centre Spatial ». J’ai pénétré dans ce bâtiment, et c’est exactement ce que j’ai vu.
SK : Avez-vous une copie de ce document ? Elle a été capturée sur votre machine…
GM : Non, la visionneuse à distance affiche image par image. C’est une application Java, donc on ne peut rien sauver sur son disque dur, ou du moins seulement une image à la fois.
SK : Ainsi vous avez obtenu au moins une image ?
GM : Non.
SK : Que s’est-il produit ?
GM : Quand j’ai été coupé, l’image a juste disparu. J’ai été coupé pendant que je téléchargeais l’image.
SK : Quelle serait la punition appropriée pour quelqu’un comme vous ?
GM : Premièrement, en raison de ce que je recherchais, je pense que j’étais moralement correct. Bien que je le regrette maintenant, je pense que la technologie d’énergie libre devrait être publiquement divulguée. Je veux être jugé dans mon propre pays, pour intrusion informatique, et je veux que les Américains fournissent la preuve avant de m’extrader, parce que je sais il n’y a aucune preuve d’un quelconque dommage.

N.B. La NASA a déclaré à « Clic » qu’elle n’entendait pas discuter des questions de sécurité informatique ou des problèmes légaux. Elle a nié avoir jamais trafiqué des images dans le but de tromper et déclaré qu’elle avait une politique d’ouverture et de totale divulgation, ajoutant ne détenir aucune preuve directe de la vie extraterrestre.

 

© D’après différentes sources dont l’AFP

Le gardien vous recommande de vous renseigner sur Le livres des damnés, de Charles Fort et La Gazette fortéenne (éditions oeil du sphynx)

Mais que recouvre ce terme de Fortéanisme ? Il englobe un grand nombre de domaines différents qui vont de l’ufologie à la cryptozoologie, en passant par la parapsychologie, l’occultisme, les conspirations, le folklore, la mythologie, les sciences et cosmologies alternatives, les théories archéologiques sur les civilisations disparues ou inconnues etc…
La liste est sans fin car les centres d’intérêt des fortéens sont aussi variés que divers. Leur caractéristique principale est de ne pas être enfermés dans un domaine particulier et d’être ouverts à toutes les idées, y compris les plus excentriques.

Jean-Luc Rivera, rédacteur en Chef de La Gazette fortéenne

SPIRITISME

par Marcel Schwob

Je trouvai sur ma table, en rentrant, une invitation du Cercle Spirite. Nous avions joué au poker, et il était très tard. Néanmoins je fus tenté par la curiosité ; le programme annonçait un spectacle distingué, une évocation surprenante d’esprits. Il me passa par la tête l’envie de causer avec une demi-douzaine de célébrités disparues. Je n’avais jamais vu de séance spirite, et je n’étais pas fâché de cette occasion. Quoique j’éprouvasse un certain picotement des paupières, un tremblement assez caractérisé des mains, et que mon cerveau me parût noyé dans un brouillard suffisamment fumeux, je crus pouvoir affronter la conversation et je préparai mentalement quelques « colles » pour les âmes qui manqueraient de mémoire.

Le Cercle Spirite est un endroit singulier. On vous débarrasse de votre canne à l’entrée, de peur que vous frappiez à contretemps. Lorsque j’arrivai, la séance était déjà fort avancée. Il y avait autour d’une table en noyer une dizaine d’individus, les uns très chevelus, les autres très chauves, qui avaient la mine excitée. Sur un guéridon, à droite, une soucoupe renversée était marquée des lettres de l’alphabet crayonnées au charbon. Une personne pâle se tenait au milieu, un carnet d’une main, un crayon de l’autre. Je reconnus Stéphane Winnicox, le banquier Colliwobles, Herr Professor Zahnweh. Je fus frappé de l’absence de linge, des redingotes qui semblaient boutonnées sans boutons et des yeux qui fleuraient l’absinthe.

Comme je m’asseyais sur une chaise qui, apparemment, n’était animée d’aucun mouvement, l’un des individus me toucha l’épaule et m’apprit que la personne pâle qui tenait un carnet se nommait M. Médium. Je le remerciai poliment, et je le remis aussitôt. C’était un de mes anciens camarades de collège – non pas l’un des plus forts. Il avait eu l’habitude autrefois de rythmer la classe avec des roulements de pieds. Je le lui rappelai, et il sourit d’un air de supériorité en me disant que ces bruits devaient être attribués aux Esprits Frappeurs.

Un autre membre du Cercle, qui portait une rosette multicolore, mais dont le col de chemise semblait s’être converti par une progression de teinture lente en prolongement de son habit, me proposa d’évoquer quelques-unes de mes connaissances. J’acceptai, et, me dirigeant vers la table, je demandai à haute voix si Gerson était présent.

Il y eut un chuchotement parmi les membres du Cercle. M. Médium me regarda fixement, et je crus voir qu’on demandait des renseignements à mon camarade.

- Nous ne savons, me dit M. Médium, si M. Gerson sera libre ce soir. Vous êtes bien sûr qu’il est mort ?…

- Il doit être, répondis-je, dans la situation d’un chien noyé depuis plusieurs années au bord d’une rive désavantageuse, car le cimetière des Innocents n’était pas, à cette époque, en fort bon état.

Les amis de M. Médium et M. Médium lui-même parurent surpris. Mon camarade me demanda si ce n’était pas Ivry que je voulais dire.

- Peut-être que c’est Ivry, peut-être que c’est le Père-la-Chaise, – je n’en sais rien, dis-je. Il doit connaître cela mieux que moi. Je ne suis pas de première force sur la topographie de Paris.

M. Médium s’assit, planta son crayon debout sur le carnet, tandis que nous restions muets autour de lui. Puis, tout à coup, il fut pris d’une danse de Saint-Guy et son crayon fournit l’assortiment de signes le plus hétéroclite que j’aie jamais vu. Il considéra ce grimoire et déclara que les Esprits étaient allés chercher M. Gerson, qui viendrait bientôt en personne spirituelle.

Nous attendîmes quelques minutes, lorsque la table se mit peu à peu à craquer et à gémir ; ce qui signifiait, me dit mon camarade dans l’oreille, que M. Gerson était arrivé et qu’il désirait répondre à mes questions.

Mais M. Médium s’avança et demanda premièrement d’une voix forte si M. Gerson était mort depuis longtemps, s’il était disposé à nous dire depuis combien de temps et s’il voudrait bien convenir de frapper cinq coups par année – afin d’abréger le calcul – avec les pieds de derrière de la table, ce qui nous permettrait de connaître le chiffre.

M. Gerson, qui paraît avoir été une personne vigoureuse dans son temps, se mit immédiatement en devoir de répondre, et fit exécuter à la table une série de sauts-de-mouton sur ses pieds de devant. Les pieds de derrière frappaient le plancher d’une manière prodigieuse. Ma tête aurait éclaté s’il m’avait fallu compter les coups ; mais M. Médium les suivait avec une habitude consommée en hochant la tête d’un air entendu.

Au bout d’une heure et demie environ, la table donna des signes évidents de fatigue : on ne l’entendait pas souffler, mais M. Gerson devait avoir les bras rompus et les derniers coups ressemblaient au petit bruit d’une pipe qu’on fait claquer sur l’ongle, M. Médium nous dit qu’il avait enregistré le nombre extraordinaire de 2 255, ce qui donnait quatre cent cinquante et un ans coup pour coup.

Il me demanda ensuite si je désirais savoir le mois, le jour et l’heure ; mais je préférai y renoncer.

Je m’avançai vers la table habitée par M. Gerson, et je lui dis, d’une voix très douce :

- Monsieur Gerson, je suppose que vous me comprenez, même si je ne parle pas latin. Il y a une question qui me tourmente beaucoup. Pouvez-vous me dire si vous êtes vraiment l’auteur de l’Imitation, ou si c’est un de vos amis ?

Gerson ne répondit pas aussitôt, parce que M. Médium était en train de passer avec lui une série de conventions alphabétiques. Une fois la communication établie, la table s’abaissa un certain nombre de fois, puis s’arrêta.

M. Médium nous dit que ces frappements représentaient la syllabe BU. Mon camarade suggéra Bucéphale, en rassemblant tous ses souvenirs classiques ; mais je lui rappelai que c’était le cheval d’Alexandre, et, quelques versions de Quinte-Curce pesant sur sa conscience, il ne dit plus rien, jusqu’à ce qu’il s’écriât, d’un ton triomphant : « Buridan, c’est de l’époque ! »

La table prit un mouvement giratoire prononcé, M. Médium nous dit que c’était sa façon de secouer la tête. Elle n’avait même pas l’air flatté. «Ce qui prouve, dit quelqu’un, en faveur de l’histoire de l’âne !»

Mon camarade proposa de nouveau : Budée. Mais un savant de l’assistance l’informa que Budaeus n’avait pu composer l’Imitation, pour l’excellente raison qu’il était né cent ans après.

Là-dessus, il se tut pour de bon. Puis M. Médium ayant remarqué des indices de loquacité dans la table, les développa subitement et en tira la syllabe TOR.

Le monsieur savant nous dit qu’il ne connaissait aucun personnage de ce nom et qu’il était extrêment improbable que l’Imitation fut l’oeuvre d’un oiseau. Toutefois la table répéta avec complaisance : Butor, butor, butor, jusqu’au moment où le monsieur savant émit la conjecture que nous étions victimes des esprits de tous les suppôts de la Fête des Fous, contre laquelle Gerson avait prêché.

Dès lors, il se produisit un effroyable vacarme. La table se cabra ; les chaises tournoyèrent sur un pied ; le guéridon exécuta une sarabande, et la soucoupe, évoluant avec habileté, vint aplatir le nez de différents membres du Cercle.

M. Médium nous dit que les esprits étant agités ce soir ne voudraient plus parler, et il éteignit le gaz de l’établissement.

Après avoir tâtonné dans l’escalier très étroit, je retournais me coucher, lorsque je fus accosté par mon camarade. Il me dit que son hôtel devait être fermé, et me demanda si je ne pouvais pas le recevoir. Je l’emmenai et je le couchai dans ma chambre, sur un divan matelassé.

Sitôt que je fus au lit, je m’endormis d’un profond sommeil. Au bout d’un temps, il me sembla voir de la lumière et entendre souffler. Je me dressai : mon camarade, en chemise, agenouillé devant le guéridon de nuit le caressait à petits coups de main, en murmurant : «Là – oh là ! ch-t ch-t»

- Qu’est-ce que tu fais ? criai-je.

- C’est le guéridon qui tourne, dit-il, j’essaie de le calmer. – Ah ! tu veux tourner ; tu ne veux pas t’arrêter… – Oust, par la fenêtre !

Le guéridon vola contre les vitres.

Je lui dis : « Voyons, il est inutile de causer avec les meubles. Les meubles n’ont pas d’oreilles. On ne peut pas expostuler avec eux. Ne dérange pas mon mobilier. Les meubles les mieux fabriqués n’entendront jamais raison». Mais il continua, posément, sans répondre. Après avoir fait ch-ch-t, pendant quelque temps, il caressa la table, voulut la calmer, puis, saisi de fureur, la précipita par les carreaux. Je l’entendis se briser sur le pavé.

Je lui dis à nouveau : « À quoi cela sert-il ? Laisse, oh ! laisse-moi mon armoire à glace, ma table de toilette. Je te garantis leur moralité. Elles ne tournent jamais. Elles ne t’écouteront pas, – ne les jette pas dans la rue ! »

Il ne répondit rien, parla à l’armoire et l’envoya se fracasser sur le trottoir, dit quelques mots à la toilette, puis la projeta vers le balcon. Enfin il devint giroyant lui-même, s’invectiva, les yeux hagards, essaya de s’empêcher de tourner, et d’un seul blond s’envoya à travers la croisée, la tête la première, dans le vide.

C’est le seul spirite que j’ai vu mourir. J’espère qu’ils ne détruisent pas toujours leur mobilier auparavant. Je regrette beaucoup le mien. Il était de pure époque Louis XV. En tout cas, je suis heureux de pouvoir prier les Cercles Spirites, par la voie de ce papier, d’expédier dorénavant leurs invitations ailleurs que chez moi.

Le gardien vous recommande la lecture de :

Oeuvres, de Marcel Schwob, Phébus

Vies imaginaires, de Marcel Schwob, Garnier-Flammarion

Marcel Schwob ou Les Vies imaginaire (au Cherche-midi), de Syvain Goudemare, éditeur et libraire épatant, 9 rue du Cardinal Lemoine, 75005, Paris, rue où vécut ce lecteur, vicieux impuni Valery Larbaud.

??? !!!

EXPLICATION :

少し前にポストしたユーゼフ・メホフェル(Józef Mehoffer)とは同い年で、メホフェルと同じく「若きポーランド)」派の芸術運動に参加した芸術家の一人。当時のポーランドの若い芸術家たちは海外の芸術のスタイルに影響を受けることが多かったらしく、メホフェルと同様 もアールヌーヴォーからの影響を受けている。
作家としては愛国的な傾向があり、「若きポーランド」派の芸術的理念の中で一連の象徴主義的で愛国的なドラマを制作。モダニズム的傾向をポーランドの民俗伝統やポーランド・ロマン主義と上手くつないだ芸術家として、時代の転換期に大きな足跡を残した。

私はすべての写真家より初の写真家です

MODE D’EMPLOI :

私はすべての写真家より初の写真家です、私は私の4人の子供を愛しています、私は美しい女性を愛しています、私はビューティーネスと’stile’を好み ます、私は愛と情熱のあらゆる表現が好きです、私は、私のすべての情熱で、私が料理して欲しいすべてをしようとします、私は撮影していること好きです、私 はテレビが嫌いです、私はファーストフードが嫌いです、私は安いワインが嫌いです、私は無知を憎みます、私は犬が好きです、私は古いヴェスパが好きです、 私は景色が好きです、私は大きい都市を好みます、私は最初の写真を覚えていませんが多分友人を撮りました、私は12歳の頃父が古いコンタックスの35mm カメラをくれたのを憶えています、私のおじいちゃんはアマチュアカメラマンで、おじいちゃんの古いネガ箱が好きです。

APRES LES ZOMBIES, LES PIEUVRES

Souvenez-vous, voilà quelques mois,je vous présentais Pride and Prejudice and Zombies: The Classic Regency Romance – Now With Ultraviolent Zombie Mayhem !, de Jane Austen & Seth Grahame-Smith.. 

« Mr Darcy regardait Elisabeth et ses sœurs se frayer un chemin jusqu’à l’extérieur, décapitant zombie sur zombie. Il ne connaissait qu’une seule autre femme dans toute la Grande-Bretagne qui brandît une dague avec une telle adresse, une telle grâce et une telle mortelle précision. »

A la lecture de cette phrase peu anodine, Jane Austen a dû se retourner sortir de sa tombe, et peut-être en sortir. L’irrévecieux et talentueux Seth Grahame-Smith a osé – et c’est le mot – jouer un vilain tour au chef d’oeuvre de Jane Austen, Orgueil et préjugés, un classique tombé dans le domaine public. L’écrivain américain, à la fois provocateur et admirateur, empoigne l’ouvrage victorien pour mieux le transformer en hommage gore. Ici on égorge, ça sanguinole et quand il y a bal, les morts vivants sont de la fête.

 

Si vous souahaitez voir Elizabeth Bennet, et ses quatre soeurs, faire le coup de poing avec des créatures d’outre-tombe, ce livre est pour vous. Les anglo-saxons semblent raffoler de cette cruelle fantaisie puisque le remake est véritablement dévoréspar les lecteurs de tout poil – loup garous compris ? Les piles descendent à vue d’oeil et les lecteurs  s’arrachent l’ouvrage comme le ferait du membre d’un enemi. Beau joueur, Seth Grahame-Smith « accepte » de co-signer son oeuvre horrifique avec Jane Austen, puisque le nom de cette dernière apparaît sur la couverture effrayant ». Un livre à quatre mains ? Pas vraiment, Seth Grahame-Smith se permet seulement – mais quel seulement ! – de s’immiscer dans le récit afin d’y déposer ça et là sa patte griffue. Il sait se montrer drôle, horrible et irrévencieux ; un veritable gentilhomme, en somme. Alors avec orgueil, mais sans préjugés, souhaitons longue vie àce divertisement rouge sang remplie de morts vivants, car bon sang ne saurait empêcher de lire.

Pride and Prejudice and Zombies: The Classic Regency Romance – Now With Ultraviolent Zombie Mayhem !, de Jane Austen & Seth Grahame-Smith (Quirk Books,US)

Et bien désormais, il faudra aussi compter avec Sense and Sensibility and Sea Monsters, autrementt dit les monstres marins. Cette fois, Elinor et Marianne Dashwood, les deux héroïnes de Raison et Sentiments, ont dû quitter la maison de leur enfance pour une île mystérieuse. Elles s’y retrouvent aux prises avec des langoustes géantes, des pieuvres déchaînées ou encore des serpents à deux têtes. Cette fois, aux côtés de Jane Austen, c’est Ben H. Winters, écrivain new-yorkais qui s’y colle…

Quant à Jason Rekulak, directeur littéraire chez Quirk Books, il nous promets d’autres suites et d’autres classiques..

Sense and Sensibility and Sea Monsters, by Jane Austen & Ben H. Winters (Quirk Books)

En attendant le livre, voilà une bande annonce, extrait du véritable court-métrage, qui servira de promotion au livre, à paraître le 15 septembre.

CRAYONNER LE NOIR

Cette nuit-là, cette étrange nuit, ils avaient enfermé les filles et les garçons – des poètes dit-on – dans le palais ; comme dans ce conte  qui n’existe pas. Cette étrange nuit, là, blanche  et noire comme une nuit de poète – puisqu’ils était poètes. On leur avait offert le palais en forme de T comme on offre le thé. Celui-là lisait roberto Juarroz – Quinzième poésie verticale – et croyait aux fantômes ; cet autre observait le mouvements des gargouilles sur la cathédrale ; cet autre encore  faisait la conversation aux rois gigantesques, transformés en statues. Il faisait froid à pierre fendre les pierres abîmées des cathédrales et des palais. Il fait si froid dans l’Histoire de France. À croire ce poète qui lisait Juaroz et croyait aux fantômes, la nuit était remplie de mots limoneux et en silence ; ce limon qui contient une trace de terre, une boue de poésie, un bout de tout…

Je l’ai entendu celui qui, dans la salle basse, chuchotait à qui l’entendait : « écrivez sur les vignes, sur les fantômes et les oiseaux de cathédrale ; ou écrivez sur vous, mais écrivez. » C’est ce que nous avons fait, les filles et les garçons poètes. Nous avons endossé la robe des prélats et des caudataires pour qu’il fasse moins froid dans notre histoire.

Nouveau sacre, nous sommes les petits rois de l’ombre. C’était cette nuit-là, avec ou sans lune, je ne sais pas. Tout au bout du silence, allongé sur cette banquette, au cœur des étoffes « fleurdelisées » à traquer les pas, et troquer les mots de passage.

(…) Cette « étrange nuit » où vous avec été enfermé dans le palais, et comment vous vous y êtes perdus…

Envie de dormir parce que les fantômes ne font pas assez de bruit. Et ce chien gigantesque, gargouille sans raison et surveille mes rêves à demi. Je me réveille… Cet autre poète armé d’une mine grasse qui crayonne le noir… Et encore des pas en silence… Je n’ai pas rêvé, on a lâché des poètes. Au cœur du tout, du tau ou du thé. Et je me suis réveillé… j’ai déambulé à nouveau dans les salles basses, les souterrains et les endroits où je croyais que l’on donnait des banquets.

Çà et là des poètes dormaient, écrivaient, faisaient des alexandrins ou des vœux, au cœur de cette étrange nuit. J’entendais des chants aussi, des miracles, et des sacres. Ou j’imaginais que c’était vrai.

Et puis je l’ai entendu. Son chant. La si reine. Ma dame blanche et noire. Je suis devenu roi. Au cœur des gouffres en chapelet. J’ai suivi la reine et nous avons dansé dans cette grande salle. Nous nous sommes mariés sans un mot. Elle a seulement chuchoté : « À l’heure de minuit, des musiciens passeront en silence, pourtant tu entendras les chants et les voix. Il n’y aura qu’à recopier ».

Cette nuit, les petites lampes frémissent. Le vent vient de loin, des souterrains et des nuits noire et bleues du petit jour… La belle a attendu l’aurore pour quitter le palais. C’est l’histoire que j’ai raconté.

Il faut savoir s’orienter la nuit en se fiant aux si-reines comme le faisaient autrefois les poètes. À bien y regarder, le palais est une carte. Les rêves remplacent les pas…

A BRAN, VAMPIRE CONTRE HASBOURG

Le château de Bran, demeure légendaire de Dracula, appartient à la célèbre famille des Habsbourg, qui vient de récupérer son bien après une longue période de confiscation par l’Etat. Un journaliste du quotidien roumain Jurnalul National a visité les lieux.


La région (…) était située à l’est du pays, à la frontière des trois États – Transylvanie, Moldavie, Bukovine – dans les Carpates. Une des parties de l’Europe les moins connues, et les plus sauvages. Mais aucun livre, aucune carte ne put me renseigner sur l’endroit exact où se trouvait le château du comte Dracula, car il n’existe aucune carte détaillée de ce pays.

Bram Stoker, Dracula

La principale attraction touristique de Roumanie est connue dans le monde entier. Le château de Bran a forgé sa réputation grâce à son célèbre locataire : le comte Dracula, le vampire inventé par Bram Stoker, inspiré d’un personnage réel. Une manne pour la région mais aussi pour le pays, qui se retrouve aujourd’hui au cœur d’une histoire d’héritage au sein d’une des plus prestigieuses familles d’Europe : les Habsbourg.

Le sanguinaire vovoïde Vlad Tepes qui inspira à Bram Stoker le personnage de Dracula

Car, en réalité, ce ne sont pas les descendants du vampire qui sont les propriétaires du domaine de Bran mais les petits-fils du roi Ferdinand et de la reine Maria de Roumanie. L’archiduc Dominiq de Habsbourg, Maria Magdalena Holzhausen et Elisabeth Sandhofer sont les trois descendants de la princesse Ileana et de l’archiduc Anton de Habsbourg, derniers propriétaires du château. En 1920, la ville de Brasov donne le château à la reine Maria en remerciement de sa contribution à la réunification des principautés roumaines, le 1er décembre 1918. Dans son testament, la reine lègue le château à sa plus jeune fille, la princesse Ileana. En 1948, après l’expulsion de la famille royale, le château devient la propriété de l’Etat roumain. Pendant la période communiste, Bran sera abandonné et vandalisé, aucun petit vampire égaré ne pouvant plus y demeurer. L’année 1956 marque la réouverture du château au grand public : il est aménagé partiellement en musée d’histoire et d’art médiévaux. Les travaux de restauration s’achèvent en 1993.

Mais en 2001, la famille des Habsbourg lance la procédure de rétrocession de son bien. Au premier acte, Corin Trandafir, le représentant légal du New-Yorkais Dominic de Habsbourg et avocat de la famille royale, demande la restitution du château en valeur équivalente, soit 25 millions de dollars. L’Etat roumain refuse. Le deuxième acte s’ouvre en 2005, avec la demande de restitution du château en nature. Nombreux sont ceux qui se sont demandé pourquoi l’Etat roumain avait refusé de verser les 25 millions de dollars qui lui auraient permis de conserver le château de Bran dans le patrimoine national. Maintenant que le changement de propriétaire est effectif et que les Habsbourg ont récupéré leur bien, l’Etat n’a plus aucun droit de regard sur ce qui y sera entrepris. Seul le statut de monument historique subsiste.

Le 1er juin dernier, le château de Bran a rouvert ses portes aux visiteurs. Une sensation étrange saisit celui qui y pénètre : tous les objets traditionnels, qui racontaient l’histoire locale ou nationale, ceux que les anciens touristes connaissaient, ont disparu. Il ne reste que les portes et les cheminées d’origine. A leur place ont été installées les collections personnelles des Habsbourg. Une salle de projection a été aménagée, des vieux films en noir et blanc y sont projetés. Une autre pièce, baptisée « salle Bram Stoker », retrace l’histoire du château de Bran, du voïvode Vlad Tepes et de Dracula. Les visiteurs pourront s’ils le veulent se convaincre que les vampires n’existent pas – ou plus – en dormant dans l’appartement de la tour ronde. Les nouveaux propriétaires souhaitent rénover la maison de thé de la reine Maria et ouvrir un restaurant.

Pour financer cette rénovation, les propriétaires réclament 400 000 euros d’arriérés de loyers à l’Etat roumain, une somme qui correspond à l’hébergement des collections nationales qui doivent être transférées dans un nouveau musée en cours de construction. La famille des Habsbourg compte aussi sur les vignes du domaine : une cuvée limitée de Château-Bran 2007 (merlot) a été produite ainsi qu’une série de bouteilles de cabernet-sauvignon 2007 signées par l’archiduc Dominic.

Avec le retour des Habsbourg au château de Bran, une page de son histoire mouvementée s’est tournée. D’autant plus que les héritiers de la reine Maria s’appliquent à dissocier le domaine de Bran de la mémoire du sinistre prince des ténèbres. Malgré leurs efforts, l’impression que rien n’a vraiment changé flotte dans les couloirs du château.

Repères :

Le château de Bran est situé en Transylvanie, au centre de la Roumanie, au cœur des Carpates. C’est au XVe siècle que le prince de Valachie, Vlad Tepes alias Vlad l’Empaleur, est emprisonné dans la tour ronde du château. Ses ennemis jurés, les Turcs, l’ont affublé d’un surnom : Dracula – dracul en roumain, « le dragon » mais aussi « le diable ». C’est sur cette ambiguïté lexicale que Bram Stoker, écrivain irlandais, construisit la légende du prince des ténèbres, publiée pour la première fois en 1897. Ce vampire reclus dans son manoir connaîtra un destin artistique hors norme, notamment en se retrouvant à l’affiche de 130 films.

Un article de Costin Anghel, pour Jurnalul National, quotidien de Bucarest.

Note du Gardien :

Malgré les affirmations de notre ami Costin Anghel, il n’est aucunement certains que Vlad Tepes,  le IVe IV – et non Vlad III comme on peut souvent le lire – dit « Drakul », dit « l’empaleur », ait été emprisonné dans le château . C’est une erreur historique grave. Quelques historiens pensent qu’il a pu y dormir une nuit, mais aune preuve ne vient accréditer cette conjecture. mais chacun sait que les légendes, et surtout ici, ont la dent dure

Signalons aussi que Vlad possédait un frère, Radeau, dit aussi « le beau » ou « l’élégant ». l’histoire raconte que c’était un homme sage et modéré qui chercha souvent à être de bons conseils pour son frère aîné.

Signalons enfin que C’est Arminius Vambery, érudit, polyglotte, faux derviche tourneur, écrivain, voyage et camélon qui souffla à Bram Stoker l’existence des mythes vampirqiues en Roumanie. L’écrivain irlandais se servira des connaissances éethnologiques de son ami pour créer le personnage du Comte de Dracula. Le gardien se fendera peut-être d’un article sur Vambery, ce personnage fasciant, si ses gentils lecteurs le souhaitent…

Hermann Bamberger dit « Arminius Vambery »

Le gardien, possédant une belle bibliothèque vampiraque est tout à fait disposé à vous glisser quelques titres rares ou incontournables…


GRAND GUIGNOL

L’histoire est vrai, heureusement-hélas.

Après avoir répondu au président lors de son procès : « Comment ? Vous dites  J’ai fait disparaître quelqu’un ? Si vous croyez ce que racontent les journaux ! » ,

Monsieur Henri Désiré Landru est condamné à la peine capitale. Avant le trépas, il demande une dernière faveur, se laver les pieds ?! On lui refuse.

Puis le bon prêtre s’adresse au vilain farceur  et lui demande :

– Mons fils, croyez-vous en Dieu ?

Et Landru lui répond :

– Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes !

L »acte de vente de la Cuisinière de Landru – cuisinière dans laquelle Landru était supposé avoir fait brûler les corps de ses victimes et qui fut transportée dans la salle d’audience comme pièce à conviction – fait aujourd’hui partie de la collection insolite de l’immense écrivain Claude Seignolle.

Pendant que Désire Landru assassinait 11 femmes, tandis Anatole Deibler « raccourcissait » 395 condamnés. Paradoxalement on se souvient de Landru et peu du bourreau. Le premier est un monstre et le second – presque – un bienfaiteur. Moralité : Je n’y mettrais pas ma tête à couper mais les bras m’en tombent !

 Le gardien du Cabinet vous recommande la lecture de :

Landru, Précurseur du Féminisme : la correspondance inédite, 1919-1922, de Jean-Baptiste Botul (éditions Mille et une nuits)

Carnets d’exécutions – Anatole Deibler 1885-1939, de Anatole Deibler (l’Archipel), édition établie par Gérard A. Jaeger, auteur par ailleurs de Anatole Deibler, l’homme qui trancha 400 têtes (éditions du félin)

Anatole Deibler (1836-1939). Petit-bourgeois rangé du 16e arrondissement, fils et petit-fils de bourreau d’abord réticent à exercer sa charge, il l’accomplira finalement avec minutie et perfectionnisme. En 1885, et pour la première fois, l’héritier faisait tomber le couperet de la  » veuve « , comme on surnommait la guillotine. À vingt-six ans, il avait déjà cent têtes à son actif, un nom à porter, une réputation à tenir. Ravachol, Landru, Pilorge, Caserio, Raymond la Science (de la bande à Bonnot), Gorguloff immortalisé  par Jean Genet, et bien sûr Landru, furent executés par lui. L’originalité de ce livre tient au fait que l’auteur a eu accès aux carnets (D’abord il consignait, au crayon, quelques faits relatifs à la condamnation, glanés dans la presse et auprès des tribunaux d’assises. Puis, le jour venu de l’exécution, il recopiait ces pages à l’encre brune, ajoutant, pour être quitte, quelques observations de son cru sur les derniers instants des suppliciés..), et plus largement aux archives de la famille d’Anatole Deibler, où il notait scrupuleusement ses réflexions. En décalage avec l’évolution des moeurs de son époque, réticent à commencer son rôle, fuyant les journalistes et choqué par la ferveur populaire lors des exécutions, Deibler est un personnage troublant qui permet d’évoquer plusieurs décennies de l’histoire française dont celle des attentats anarchistes et l’évolution de l’opinion publique.

La vente publique des fameux carnets de Deibler à l’Hôtel Drouot en février 2003 fit grand Bruit. Un libraire d’autographes mit la main sur les dits-carnet pour la somme de 100000 euros.

Grand Guignol, de François Rivière et Gabrielle Wittkop (éditions Veyrier)

Le livre de référence – hélas difficilement trouvable – sur feu le plus raffiné théatre (1897-1962)  sanguinolant de Paris.

Le grand guignol, le théâtre des peurs de la Belle-Epoque, collectif, sous la direction d’Agnès Pierron (Robert Laffont, collections « bouquins »)

Le Grand-Guignol genre théâtral modeste – et réservé à un  public averti  -  n’a rien du spectacle de marionnettes. Spectacle d’horreur et d’épouvante où se jouent les effrois et les cauchemars de chacun. Jadis situé impasse Chaptal, non loin du musée Renan-Scheffer, le  Grand-Guignol désigne aussi le théatre où furent montés les pièces comiques et les drames terrifiants – à cemmencer par les écritss nombreux de André de Lorde – appartenant à ce répertoire. Genre méconnu et disparu – le théatre ferma en 1963), le Grand-Guignol mettait en scène toutes les peurs et les interrogations de l’époque : peur de la folie, peur des maladies contagieuses, peur du progrès, peur de l’étranger… A chaque thème traité sur le mode dramatique correspondait une comédie. Le livre regorge de docments inestimables pour l’amateur du genre.

LANDRU

paroles et musique de Charles Trénet

Monsieur le Procureur, je regrette de n’avoir à vous offrir que ma tête, Oh !
…Silence ou je fais évacuer la salle

Landru, Landru, Landru, vilain barbu
Tu fais peur aux enfants
Tu séduis les mamans
Landru, Landru, ton crâne et ton poil dru
Ont fait tomber bien plus d’un prix d’vertu
C’était, je crois, en mill’ neuf cent vingt-trois
Que ton procès eut le succès qu’l'on sait
Landru, Landru, dommage qu’elles t’aient cru
Tout’s cell’s qui sous ton toit
Brûlèr’nt pour toi

Tu leur parlais si bien lorsque tu leur disais
Venez ma douce amie, allons vite à Gambais
J’ai une petite villa, rien que monter descendre
Hélas elles montaient et descendaient en cendres

Landru, Landru, de quel bois te chauffes-tu
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Ton four fait d’la fumée
Sous la verte ramée
Landru, Landru, un ramoneur est v’nu
Il a dans ta ch’minée trouvé un nez
Calciné
Pendant l’verdict, pas un mot, pas un tic
Énigmatique, tu restas hiératique
Landru, Landru en jaquette en bottines
Y a un’ veuve qui t’a eu,
La Guillotine

Landru, Landru, on prétend qu’on t’a vu
En bon p’tit grand-père
Vivant à Buenos-Aires
La barbe rasée et la moustache frisée
Plus rien de l’homme d’alors,
C’est ça la mort
Disons, tout d’suite, qu’en mill’ neuf cent vingt-huit
Ce genre d’histoire était facile à croire

Landru, Landru, tout passe avec le temps
A présent, tu n’fais plus peur aux enfants
Mais tu séduis pourtant bien des grand’mamans
Et d’Plougastel à Tarhes
Elles rêvent de ta barbe
Et de son poil dru, vieux Landru.

Landru (Charles Denner) au Jardin du Luxembourg

dans le film de Claude Chabrol

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